« Qu'on apporte le vêtement royal dont le roi s'est revêtu, et le cheval sur lequel le roi est monté, et sur la tête duquel a été placée la couronne royale » (Esther 6, 8). L'Admour Hazaken explique que ces attributs désignent les révélations accordées au don de la Torah et à Pourim. Le vêtement royal incarne la majesté par laquelle D.ieu crée le monde matériel à partir du néant. Cette lumière transcendante descend ici-bas lorsque l'homme accomplit les mitsvot physiques. La couronne désigne le plaisir divin suscité par le don de soi d'Israël. Le cheval représente les combinaisons de lettres dévoilant la lumière infinie.
Aussi : la différence entre les termes é'had et ya'hid ; pourquoi le livre d'Esther et les hala'hot ne seront jamais annulés ; l'élévation du cœur dans le service divin.
יביאו לבוש מלכות אשר לבש בו המלך וסוס אשר רכב עליו המלך ואשר נתן כתר מלכות בראשו. הנה ענין לבוש מלכות הוא ענין מ"ש ה' מלך גאות לבש שנתלבש בלבוש גאות להיות מלך העולם.
"Qu'on apporte le vêtement royal dont le roi s'est revêtu, et le cheval sur lequel le roi est monté, et sur la tête duquel a été placée la couronne royale" (Esther 6, 8). Voici : le sujet du vêtement royal est le sujet de ce qui est écrit : "ה' règne, Il s'est revêtu de majesté" (Psaumes 93, 1), qu'Il s'est revêtu du vêtement de majesté pour être le Roi du monde.
וסוס אשר רכב עליו המלך הוא ענין מ"ש במ"ת כי תרכב על סוסיך מרכבותיך ישועה. ואשר נתן כתר מלכות בראשו הוא ענין מ"ש בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו זה מ"ת.
כי הנה כל הבחי' שנתגלה במ"ת נתגלה ג"כ בפורים בימי מרדכי שנא' וקבל היהודים את אשר החלו לעשות כי במ"ת שאמרו ישראל נעשה ונשמע החלו לעשות שהיה רק התחלה ובימי מרדכי היה גמר הקבלה:
Et "le cheval sur lequel le roi est monté" est le sujet de ce qui est écrit au don de la Torah : "car Tu montes sur Tes chevaux, Tes chars sont le salut" (Habacuc 3, 8). Et "sur la tête duquel a été placée la couronne royale" est le sujet de ce qui est écrit : "de la couronne dont sa mère l'a couronné au jour de ses noces" (Cantique des Cantiques 3, 11) : "c'est le don de la Torah" (Ta'anit 26b).
Car voici : tous les aspects qui se sont révélés au don de la Torah se sont également révélés à Pourim, aux jours de Mordekhaï, ainsi qu'il est dit : "et les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé de faire" (Esther 9, 23) ; car au don de la Torah, lorsqu'Israël dit "nous ferons et nous écouterons" (Exode 24, 7), ils commencèrent à faire, ce qui n'était qu'un commencement, et aux jours de Mordekhaï ce fut l'achèvement de l'acceptation.
וביאור הדברים יובן בהקדים לבאר מארז"ל תכלית חכמה תשובה ומע"ט שנאמר ראשית חכמה יראת ה' שכל טוב לכל עושיהם ללומדיהם לא נאמ' כו'. והלומד שלא לעשו' נוח לו אלו נהפכה שלייתו על פניו מפני שהעיקר הוא המעשה והיינו במצוה שא"א לעשות ע"י אחרים אבל במצוה שאפשר לעשות ע"י אחרים ארז"ל ע"פ וכל חפצים לא ישוו בה אפי' חפצי שמים שכל המצות אינם שוים אפי' לדבר אחד מדברי תורה שיש בחי' מעלה יתירה בדברי תורה על קיום המצות ויש מעלה יתירה בקיום המצות על דברי תורה.
Et l'explication de ces choses se comprendra en exposant d'abord ce que nos Sages ont dit : "Le but de la sagesse est la techouva et les bonnes actions" (Berakhot 17a), ainsi qu'il est dit : "Le commencement de la sagesse est la crainte de ה', un bon sens pour tous ceux qui les pratiquent" (Psaumes 111, 10) ; "pour ceux qui les étudient" n'est pas dit, etc. Et "celui qui étudie sans pratiquer, mieux vaudrait pour lui que son placenta se fût retourné sur son visage" (Talmud de Jérusalem, Chabbat 1, 2), parce que l'essentiel est l'acte ; et cela concerne une mitsva qu'il est impossible d'accomplir par l'intermédiaire d'autrui.
Mais pour une mitsva qu'il est possible d'accomplir par l'intermédiaire d'autrui, nos Sages ont dit, sur le verset "et tous les objets précieux ne l'égalent pas" (Proverbes 8, 11), même les objets précieux du ciel, que toutes les mitsvot ne valent même pas une seule parole des paroles de la Torah (Moed Katan 9b). Il y a un aspect de supériorité dans les paroles de la Torah sur l'accomplissement des mitsvot, et il y a un aspect de supériorité dans l'accomplissement des mitsvot sur les paroles de la Torah.
ונבאר עתה בחי' ומעלה שיש בקיום מצות על ד"ת ע"ד מאמר תכלית חכמה כנ"ל. והלומד שלא לעשות כו'.
והענין כי הנה חכמה היא ראשית ההשתלשלות. ובחי' ההשתלשלות היא כשלשלת מהרבה טבעות אחוזות זו בזו.
כך החכמה היא בבחינת ההשתלשלות שממנה נשתלשלו המדות.
Et nous expliquerons maintenant l'aspect et la supériorité qu'il y a dans l'accomplissement des mitsvot sur les paroles de la Torah, à la manière du propos "le but de la sagesse", comme ci-dessus, et "celui qui étudie sans pratiquer", etc. Et le sujet est que voici : la 'hokhma est le commencement de l'enchaînement (hichtalchelout).
Et l'aspect de l'enchaînement est comme une chaîne de nombreux anneaux accrochés les uns aux autres. Ainsi la 'hokhma est dans l'aspect de l'enchaînement, car d'elle se sont enchaînées les middot.
והחכמה עצמה מלובשת היא בתוכן והמדות מלובשות במחשבה ומחשבה בדבור ומעשה. ועם היות שהחכמה מאין תמצא והיא בחי' מקור ושרש לכל ההשתלשלות עכ"ז בהיותה נק' ראשי' הגלוי הרי יש לה שניה ושלישי' שגם הראשונה נמנית מן המנין למנות אחרי' שני' ושלישי' לכן אברהם שהית' מדתו מדת החסד נק' אב"ר מ"ה שהוא בבחי' אבר וכלי להתלבשות בחי' חכמה כח מ"ה שהחכמה עצמה היא המלובשת בתוך המדות ולכן כתיב והחכמה מאין תמצא ולא אין ממש.
Et la 'hokhma elle-même est revêtue en elles, et les middot sont revêtues dans la pensée, et la pensée dans la parole et l'action. Et bien que "la sagesse, de l'ayin se trouve" (Job 28, 12), et qu'elle soit l'aspect de source et de racine de tout l'enchaînement, néanmoins, du fait qu'elle est appelée commencement du révélé, elle a un second et un troisième, car même la première est comptée dans le compte, afin de compter après elle un second et un troisième.
C'est pourquoi Avraham, dont la mida était la mida du 'hessed, est appelé "ever mah" (organe de mah), ce qui est l'aspect d'un organe et d'un keli pour le revêtement de l'aspect de 'hokhma, koa'h mah (la force de mah), car la 'hokhma elle-même est celle qui est revêtue à l'intérieur des middot ; et c'est pourquoi il est écrit "et la sagesse, de l'ayin (le néant) se trouve", et non un ayin véritable.
ומשרבע"ה שהיה בבחי' ונחנו מה דהיינו בבחי' אין ממש אמר כבד פה וכבד לשון אנכי כבד פה לגבי תושבע"פ וכבד לשון בתושב"כ שהית' מדרגת נשמתו למעלה מבחי' התורה דאורייתא מחכמ' נפקת שהיא בבחי' ראשית והתלבשות אוא"ס ב"ה שבה הוא בבחי' ממכ"ע כסדר ההשתלשלות שמתלבש בבחינת עלמין בכל עולם לפי מדרגתו. אבל הארת והמשכת אוא"ס ב"ה במעש' המצות גשמיות תרומות ומעשרות כו' הוא בבחי' סוכ"ע שלא בדרך הדרגה והשתלשלו' אלא בדרך דילוג.
כמ"ש קול דודי דופק כו' מדלג על ההרים כו'. לפי שאין ההארה ההיא מלובשת ממש בדברים גשמיים שבהם נעשים המצות כמו החכמה המלובשת במדות ומדות במחשבה כו'.
אלא בחי' הארה בעלמא.
Et Moché notre maître, qui était dans l'aspect de "et nous, que sommes-nous" (Exode 16, 7), c'est-à-dire dans l'aspect d'un ayin véritable, dit : "je suis lourd de bouche et lourd de langue" (Exode 4, 10) : lourd de bouche à l'égard de la Torah orale, et lourd de langue dans la Torah écrite, car le degré de son âme était au-dessus de l'aspect de la Torah, "la Torah sort de la 'hokhma" (Zohar), laquelle est dans l'aspect de commencement et de revêtement de l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, en laquelle Il est dans l'aspect de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes), selon l'ordre de l'enchaînement, qui se revêt dans l'aspect des mondes, en chaque monde selon son degré. Mais l'illumination et l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans l'acte des mitsvot matérielles, les prélèvements et les dîmes, etc., est dans l'aspect de sovev kol almin (qui entoure tous les mondes), non par voie de gradation et d'enchaînement, mais par voie de saut.
Ainsi qu'il est écrit : "la voix de mon bien-aimé frappe", etc. (Cantique des Cantiques 5, 2), "bondissant sur les montagnes", etc.
(Cantique des Cantiques 2, 8). Parce que cette illumination n'est pas véritablement revêtue dans les choses matérielles par lesquelles s'accomplissent les mitsvot, comme la 'hokhma qui est revêtue dans les middot, et les middot dans la pensée, etc., mais seulement un aspect d'illumination.
והענין הוא כי אם היתה המשכת אוא"ס שבתוך עלמין רק בדרך התפשטות והתלבשות בבחי' ממכ"ע בסדר ההשתלשלות בדרך עילה ועלול לא היו יכולים הנבראי' להיות מאין ליש כלל רק היו בטלים במקורם ושרשן ואפי' התהוות בחי' ח"ע להיות חכים ולא בחכמה ידיעא מ"מ מאחר שנק' בשם חכמה הרי הוא בחי' דבר מה עד שעולה בשם בפ"ע ולא הי' זה אפשר להיות מאוא"ס ב"ה שכשמו כן הוא אין לו סוף כנ"ל רק היתה כלולה במקור' ושרשה כמו התכללו' המדו'בשכל עד"מ שהרי המדות נולדו ונתהוו משכל המולידן ובודאי היו כלולין בשכל תחלה קודם שנולדו ונתהוו בבחי' מדות מורגשות בפ"ע אלא שבעודן כלולים בשכל אין עולות בשם מדות כלל אלא אחר שנולדו ונתגלה להיות מדה בפ"ע.
Et le sujet est que si l'attraction de l'Or Ein Sof qui est à l'intérieur des mondes n'était que par voie d'extension et de revêtement, dans l'aspect de memalé kol almin, selon l'ordre de l'enchaînement, par voie de cause et d'effet, les créatures ne pourraient absolument pas être de l'ayin au yech (l'être, le moi) ; elles ne seraient qu'en bitoul (effacement de soi) dans leur source et leur racine. Et même la venue à l'être de l'aspect de la 'hokhma ilaa, pour être sage, mais non d'une sagesse connue, néanmoins, puisqu'elle est appelée du nom de 'hokhma, c'est un aspect de quelque chose, au point qu'elle s'élève en un nom par elle-même ; et cela n'aurait pas été possible à partir de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui, tel est son nom, tel Il est, n'a pas de fin, comme ci-dessus ; elle n'aurait été qu'incluse dans sa source et sa racine, comme l'inclusion des middot dans l'intellect, par exemple : car les middot sont nées et sont venues à l'être de l'intellect qui les engendre, et assurément elles étaient incluses dans l'intellect d'abord, avant de naître et de venir à l'être en aspect de middot ressenties par elles-mêmes ; si ce n'est que, tant qu'elles sont incluses dans l'intellect, elles ne s'élèvent absolument pas au nom de middot, mais seulement après qu'elles sont nées et se sont révélées pour être une mida par elle-même.
וכך בחי' ח"ע אינה עולה בשם חכמה אלא אחר יציאתה מן ההעלם אל הגילוי ויציאה זו שמההעלם אל הגילוי אינה בבחינת ההשתלשלות אלא החכמה מאין תמצא מבחינת אין ממש דרך מציאה.
Et de même l'aspect de la 'hokhma ilaa ne s'élève au nom de 'hokhma qu'après sa sortie du caché vers le révélé ; et cette sortie du caché vers le révélé n'est pas dans l'aspect de l'enchaînement, mais "la sagesse, de l'ayin se trouve" (Job 28, 12), à partir de l'aspect d'un ayin véritable, par voie de trouvaille.
והיינו מהארת בחי' סוכ"ע ומכ"ש להיות התהוות מאין ליש גשמיות שאין התהוות הגשמיות מן הרוחניו' דרך השתלשלות עו"ע לפי שאין ערוך בין רוחניות לגשמיות כלל. כי מה שנפש הבהמות היא נמשך מבחי' פני שור שבמרכב' והעופות מפני נשר.
Et cela vient de l'illumination de l'aspect de sovev kol almin ; à plus forte raison pour qu'il y ait la venue à l'être de l'ayin au yech matériel, car la venue à l'être du matériel à partir du spirituel n'est pas par voie d'enchaînement de cause et d'effet, parce qu'il n'y a absolument aucune commune mesure entre le spirituel et le matériel. Car le fait que l'âme des bêtes soit attirée de l'aspect de la face de bœuf qui est dans la merkava, et celle des oiseaux de la face d'aigle,
ונה"ב שבאדם כו' היינו בחי' הנפש היא הרוחניות וחיות אבל גוף הגשמי של אדם ובהמה וחיות ועופות לא נתהוו מרוחניות כלל אלא התהוות הגשמי הוא מהארת בחי' א"ס ב"ה ממש הסוכ"ע שהוא ית' כל יכול וקמיה כחשכה כאורה ורוחניות וגשמיות שוין לפניו משם נמשך הארה והמשכה להיות בחי' יש ודבר בהשתלשלות העולמות עד שמתהוה אפי' יש גשמי מחומריות העוה"ז ואוא"ס ב"ה הסוכ"ע מאיר וממשיך חיות לכולם בשוה בבחי' סובב ומקיף עליהם מלמעלה.
et la nefech habéhamit qui est dans l'homme, etc., c'est-à-dire l'aspect de l'âme, c'est le spirituel et la vitalité ; mais le corps matériel de l'homme, de la bête, des bêtes sauvages et des oiseaux n'est absolument pas venu à l'être du spirituel, mais la venue à l'être du matériel vient de l'illumination de l'aspect de l'Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, qui est sovev kol almin, car Lui, béni soit-Il, est tout-puissant, et devant Lui, "comme les ténèbres ainsi la lumière" (Psaumes 139, 12), et le spirituel et le matériel sont égaux devant Lui ; de là est attirée une illumination et une attraction pour être l'aspect de yech et de chose dans l'enchaînement des mondes, jusqu'à ce que vienne à l'être même un yech matériel, de la matérialité de ce monde-ci ; et l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est sovev kol almin, illumine et attire la vitalité à tous également, dans l'aspect de sovev et de makif sur eux d'en haut.
ולכן נק' הבריאה מאין ליש כי מאחר שלא היה כדרך השתלשלות דרך עו"ע אלא דרך דלוג הרי אין ההארה ההיא מלובשת ממש בתוך עלמין אלא הארה בעלמא וה"ז יש מאין ממש.
Et c'est pourquoi la création est appelée de l'ayin au yech, car puisque ce n'était pas selon la voie de l'enchaînement, voie de cause et d'effet, mais selon la voie du saut, cette illumination n'est donc pas véritablement revêtue à l'intérieur des mondes, mais seulement une illumination, et c'est un yech à partir d'un ayin véritable.
ולכן אמרו תכלית חכמה תשובה ומע"ט כו' כי חכמה היא בבחי' השתלשלות בחי' ממכ"ע אלא שהיא נמנית ראשונה שהיא ראשי' ומקור לכולם ומ"מ מאחר שנק' ראשית הוא מן המנין וראוי למנות אחריה שניה ושלישית כו'. משא"כ תשובה ומע"ט היא המשכת אוא"ס ב"ה הסוכ"ע.
Et c'est pourquoi ils ont dit : "Le but de la sagesse est la techouva et les bonnes actions", etc., car la 'hokhma est dans l'aspect de l'enchaînement, aspect de memalé kol almin, si ce n'est qu'elle est comptée la première, car elle est le commencement et la source de tous ; et néanmoins, puisqu'elle est appelée commencement, elle fait partie du compte, et il convient de compter après elle un second et un troisième, etc. Ce qui n'est pas le cas de la techouva et des bonnes actions : c'est l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est sovev kol almin.
והגם שאינו בבחי' גדר כל עלמין ואינו נמשך אלא הארה בעלמא בחי' אין ממש מ"מ מאחר שהארתה והמשכת' הוא אוא"ס ב"ה ממש הסוכ"ע הרי היא בבחי' ומדרגת יותר נעלה על המשכת אוא"ס ב"ה הנמשך בבחי' ההשתלשלות דרך עילה ועלול הוא בחי' ממכ"ע. רק לא כל המעשים שוים רק מע"ט דוקא הם דברים שנעשה בהם המצות שהם רצה"ע ב"ה להיות צצית של צמר וקלף של תפלין ובהם מאיר אוא"ס ב"ה הסוכ"ע בגלוי ממש בלי שום הסתר פנים ולבוש.
משא"כ שאר כל המעשים אשר לא לה' המה הגם שאוא"ס ב"ה הוא הסוכ"ע ומקיף כל העולמות בהשוואה אחת הוא המהוה היש והעשיה יש מאין מ"מ יש שם לבוש והסתר פנים המכסה ומסתיר אור ה' וקדושתו ונראים ליש ודבר נפרד בפ"ע. משא"כ דברים הנעשים בהם המצות שהם רצונו ית' הרי הם בטלים לאור ה' וקדושתו ואוא"ס מתגלה בהם בלי הסתר פנים ולבוש.
הגם שהן מלובשים בדברים גשמיים. הנה מאחר שיש בהם גלוי אוא"ס ב"ה הסוכ"ע ומקיף את כולם בהשוואה אחת הרי כל מה שלמטה מטה במדרגה יותר ובפרט מדרגה התחתונה שבעשיה גשמית יש בה גלוי יותר מהארת אור א"ס ב"ה הסוכ"ע שמזה נעשה היש כנ"ל:
Et bien que ce ne soit pas dans l'aspect de la limite de tous les mondes, et qu'il ne soit attiré qu'une illumination seulement, aspect d'un ayin véritable, néanmoins, puisque son illumination et son attraction sont l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, qui est sovev kol almin, elle est dans un aspect et un degré plus élevé que l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est attiré dans l'aspect de l'enchaînement selon la voie de cause et d'effet, lequel est l'aspect de memalé kol almin. Seulement, tous les actes ne sont pas égaux : ce sont précisément les bonnes actions, choses dans lesquelles s'accomplissent les mitsvot, qui sont la volonté suprême, béni soit-Il, pour qu'il y ait des tsitsit de laine et un parchemin de téfilines, et en elles illumine l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est sovev kol almin, en révélation véritable, sans aucun voilement de la face ni vêtement.
Ce qui n'est pas le cas de tous les autres actes qui ne sont pas pour ה' : bien que l'Or Ein Sof, béni soit-Il, soit sovev kol almin et makif de tous les mondes en une seule égalité, et qu'Il fasse venir à l'être le yech et l'acte, yech à partir de l'ayin, néanmoins il y a là un vêtement et un voilement de la face qui couvre et cache la lumière de ה' et Sa sainteté, et ils apparaissent comme un yech et une chose séparée par elle-même. Ce qui n'est pas le cas des choses dans lesquelles s'accomplissent les mitsvot, qui sont Sa volonté, béni soit-Il : elles sont en bitoul à la lumière de ה' et à Sa sainteté, et l'Or Ein Sof se révèle en elles sans voilement de la face ni vêtement, bien qu'elles soient revêtues dans des choses matérielles.
Voici : puisqu'il y a en elles la révélation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est sovev kol almin et makif de tous en une seule égalité, tout ce qui est plus bas, plus bas, d'un degré plus inférieur, et en particulier le degré le plus bas qui est dans l'Assiya matérielle, a en lui une révélation plus grande de l'illumination de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est sovev kol almin, et c'est de cela que se fait le yech, comme ci-dessus.
והנה על הארה והמשכה זו שמבחי' סוכ"ע שאינה אלא הארה בעלמא נאמר ה' מלך גאות לבש. והענין הוא כמאמר יחיד חי העולמים מלך כו'.
שהוא ית' יחיד ומיוחד הוא לבדו כמו קודם שנבה"ע כו'.
Et voici : sur cette illumination et cette attraction qui vient de l'aspect de sovev kol almin, qui n'est qu'une illumination seulement, il est dit : "ה' règne, Il s'est revêtu de majesté". Et le sujet est comme le propos : "Unique, Vivant des mondes, Roi", etc.
Car Lui, béni soit-Il, est unique et unifié, Lui seul, comme avant que le monde fût créé, etc.
וכמ"ש אתה ה' לבדך כו'. וזהו ההפרש שבין פי' וביאור מלת אחד לפי' וביאור מלת יחיד.
כי מלת אחד מורה על המשכת יחודו ית'. ונמשך בז' רקיעים וארץ וד' רוחות העולם להיות בטלים ונכללים ביחודו העליון ית' בבחי' בטול והתכללות ממש ולא יהי' תופס מקום ויש ודבר נפרד כו'.
משא"כ בחי' יחיד מורה על יחודו ית' האמת ממש טרם שנמשך בעולמות שהוא לבדו הוא ולכך אחר בריאת העולמות אין עוד מלבדו כתיב דכולא קמיה כלא חשיבי ממש אלא שנמשך להיות חי העולמים הוא רק בחי' מלך בחי' מל' מכ"ע דהיינו כמו המלך המושל במדינה עד"מ שאין עצמותו ומהותו נתפס ומתפשט במדינה כולה רק שמו לבדו שנק' מלך עליהם וכבוד מלכותו ותפארת גדולתו הוא המתפשט במדינתו מזה מקבלים עול מלכותו וממשלתו עליהם כך המשכה זו שמסוכ"ע לקיום וחיות והתהוות יש מאין הוא בבחי' התפשטות מלכותו והתנשאותו ית' כי לפי שהוא המלך המרומ' לבדו מאז והמתנשא מימות עולם מזה נמשך חיות והתהוות כל הנבראים ליש מאין דהיינו מבחי' ההתנשאות שהוא הארת אין ממש:
Et ainsi qu'il est écrit : "Toi, ה', Toi seul", etc. (Néhémie 9, 6).
Et c'est la différence entre l'explication du mot é'had et l'explication du mot ya'hid. Car le mot é'had indique l'attraction de Son unité, béni soit-Il ; et elle est attirée dans les sept firmaments, la terre et les quatre directions du monde, pour qu'ils soient en bitoul et inclus dans Son unité suprême, béni soit-Il, dans l'aspect d'un bitoul et d'une inclusion véritables, et qu'ils ne tiennent pas de place, ni yech, ni chose séparée, etc.
Ce qui n'est pas le cas de l'aspect ya'hid : il indique Son unité véritable, béni soit-Il, avant qu'elle soit attirée dans les mondes, qu'Il est Lui seul ; et c'est pourquoi, après la création des mondes, il est écrit "il n'y en a point d'autre que Lui" (Deutéronome 4, 35), car tout devant Lui est véritablement considéré comme rien ; si ce n'est que ce qui est attiré pour être le Vivant des mondes n'est que l'aspect de Roi, aspect de malkhout kol olamim (la royauté de tous les mondes), c'est-à-dire comme le roi qui gouverne dans le pays, par exemple, dont l'essence et la substance ne sont pas saisies ni étendues dans tout le pays, mais seulement son nom seul, qui est appelé Roi sur eux, et l'honneur de sa royauté et la splendeur de sa grandeur, c'est cela qui s'étend dans son pays ; de cela ils reçoivent le joug de sa royauté et de son gouvernement sur eux. Ainsi cette attraction qui vient de sovev kol almin pour la subsistance, la vitalité et la venue à l'être du yech à partir de l'ayin est dans l'aspect de l'extension de Sa royauté et de Son élévation, béni soit-Il, car du fait qu'Il est le Roi élevé Lui seul depuis toujours, et Celui qui s'élève depuis les jours du monde, de cela est attirée la vitalité et la venue à l'être de toutes les créatures, yech à partir de l'ayin, c'est-à-dire à partir de l'aspect de l'élévation, qui est l'illumination d'un ayin véritable.
וזהו כי הוא לבדו מרום וקדוש פועל גבורות כו' למלך אל חי וקיים רם ונשא כו'. וזהו ה' מלך גאות לבש שנתלבש במדת גאות והתנשאות להיות בבחי' מלך על העולם שגאות והתנשאו' זו היא המאירה ומתפשטת להיות העולמות מאין ליש והוא סבת קיום היש גשמי.
והוא אף תכון תבל בל תמוט שכדי להיות תבל גשמי נתלבש במדת גאות להמשיך בחינת מלכותו ית' שמזה נמשך קיום היש גשמי כנ"ל:
Et c'est : "car Lui seul est élevé et saint, Il accomplit des exploits", etc., "au Roi, El vivant et subsistant, élevé et sublime", etc. Et c'est "ה' règne, Il s'est revêtu de majesté" : qu'Il s'est revêtu de la mida de majesté et d'élévation pour être dans l'aspect de Roi sur le monde, car cette majesté et cette élévation, c'est elle qui illumine et s'étend pour que les mondes soient de l'ayin au yech, et elle est la cause de la subsistance du yech matériel.
Et c'est "aussi le monde est affermi, il ne chancellera pas" (Psaumes 93, 1) : afin que le monde matériel soit, Il s'est revêtu de la mida de majesté pour attirer l'aspect de Sa royauté, béni soit-Il, et de cela est attirée la subsistance du yech matériel, comme ci-dessus.
וזהו יביאו לבוש מלכות כו'. הוא בחינת גאות והתנשאות אור א"ס ב"ה.
ויביאו כתיב שבחי' גאות והתנשאות להמשיך בחי' מלכותו ית' באתעדל"ת תליא מילתא כי מאחר דכולא קמיה כלא חשיב על מי יהיה שייך ונופל לשון מלוכה אלא היינו מחמת שיומשך ויאיר אור א"ס ב"ה הסוכ"ע בגלוי ממש בדברים הנעשים בהם המצות שהן הן רצונו ית' משם יאיר ויתגלה אוא"ס ב"ה ממש בגילוי בלי שום הסתר פנים לבוש להיות הדברים הגשמיים ההם הנתונים תחת ממשלת ק"נ בטלים לאור ה' וקדושתו הנמשך ומאיר בהם.
Et c'est "qu'on apporte le vêtement royal", etc. : c'est l'aspect de majesté et d'élévation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Et il est écrit "qu'on apporte" : l'aspect de majesté et d'élévation, pour attirer l'aspect de Sa royauté, béni soit-Il, la chose en dépend de l'itarouta diletata (éveil d'en bas), car puisque tout devant Lui est considéré comme rien, sur qui conviendrait et tomberait l'expression de royauté ?
Si ce n'est du fait que sera attirée et illuminera l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est sovev kol almin, en révélation véritable, dans les choses dans lesquelles s'accomplissent les mitsvot, qui sont précisément Sa volonté, béni soit-Il ; de là illuminera et se révélera l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, en révélation, sans aucun voilement de la face ni vêtement, afin que ces choses matérielles, qui sont données sous la domination de kelipat noga, soient en bitoul à la lumière de ה' et à Sa sainteté qui est attirée et illumine en elles.
והמשכה זו באתעדל"ת תליא מילתא כמ"ש אשר יעשה אתם האדם שהאדם עושה אותן למצות כו' כמ"ש במ"א. אך היינו המשכת אוא"ס ב"ה בדברים הנעשים בהם המצות כגון ציצית של צמר ותפלין של קלף ואתרוג.
Et cette attraction, la chose en dépend de l'itarouta diletata, ainsi qu'il est écrit : "que l'homme pratiquera" (Lévitique 18, 5), que l'homme les fait pour en faire des mitsvot, etc., comme il est expliqué ailleurs. Mais cela concerne l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans les choses dans lesquelles s'accomplissent les mitsvot, comme les tsitsit de laine, les téfilines de parchemin, et l'etrog.
וכיוצא בהן שהתהוות מאין ליש הגשמי שבהם הוא מאוא"ס ב"ה הסוכ"ע ומקיף כולן בהשוואה אחת. אמנם קיום המצות במעשה האדם אשר יעשה בגופו ומאודו כגון בלבישת הטלית ותפלין ונטילת האתרוג ונתינת הצדקה וכיוצא בהם שהוא המשכת אור וגילוי החיות מאור א"ס ב"ה בנפש האדם ממש הגם שהארה והמשכה זו היא ג"כ בבחי' מקיף מ"מ אין הארה זו נמשכת מאוא"ס ב"ה הסוכ"ע ומקיף את כולם בהשוואה אחת לבד כי ההארה ההיא היא מבחי' התנשאו' לבד שהוא המתנשא מימות עולם שההתנשאות מצד עצמו הוא בחי' הסתלקו' החיות מאוא"ס ב"ה שלא יאיר ויתגלה בגילוי רב ועצום כדי שלא להיות בטול העולמות במציאות ממש.
רק אחר שמתנשא מבחי' עלמין כדי להראות מלכותו והתנשאותו על כל העולמו' הרי נמשך גילוי הארת מלכותו והתנשאותו ית' והוא בחי' סוכ"ע ומקיף את כולם בהשוואה אחת. אבל ההארה הנמשכת על האדם בקיום המצות במעשה בפו"מ היא בחי' כתר מלכות והוא בחינת בעטרה שעטרה לו אמו וכתר שנעשה על ראש המלך עד"מ הוא מאבנים טובות שהם בחי' דוממים שהוא מבחי' התחתונה שבד' בחי' דצח"מ.
et ce qui leur ressemble, dont la venue à l'être, de l'ayin au yech matériel qui est en eux, vient de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est sovev kol almin et makif de tous en une seule égalité. Cependant, l'accomplissement des mitsvot dans l'acte de l'homme, qu'il accomplit de son corps et de sa puissance, comme en revêtant le talit et les téfilines, en prenant l'etrog, en donnant la tsédaka, et ce qui leur ressemble, qui est l'attraction de la lumière et de la révélation de la vitalité à partir de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans l'âme de l'homme véritablement : bien que cette illumination et cette attraction soient également dans l'aspect de makif, néanmoins cette illumination-ci n'est pas attirée seulement de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est sovev kol almin et makif de tous en une seule égalité, car celle-là n'est que de l'aspect de l'élévation, Lui "qui s'élève depuis les jours du monde", l'élévation, en elle-même, étant l'aspect du retrait de la vitalité de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, afin qu'elle n'illumine pas et ne se révèle pas en une révélation grande et puissante, pour que les mondes ne soient pas véritablement annulés dans leur existence.
Seulement, après qu'Il s'élève au-dessus de l'aspect des mondes afin de montrer Sa royauté et Son élévation sur tous les mondes, est alors attirée la révélation de l'illumination de Sa royauté et de Son élévation, béni soit-Il, et c'est l'aspect de sovev kol almin et makif de tous en une seule égalité. Mais l'illumination qui est attirée sur l'homme dans l'accomplissement des mitsvot en acte effectif est l'aspect de la couronne royale, et c'est l'aspect de "la couronne dont sa mère l'a couronné" (Cantique des Cantiques 3, 11) ; et la couronne qui est faite sur la tête du roi, par exemple, est de pierres précieuses, qui sont l'aspect des inanimés (domem), ce qui est de l'aspect le plus inférieur des quatre aspects de domem, tsomea'h, 'haï, medaber.
ואעפ"כ נעשי' עטרה וכתר על הראש להתענג ולהתפאר כו'. וכך בקיום המצות אשר יעשה האדם הגם שהן מלובשים בדברים גשמיים מ"מ זה נעשה בחי' כתר עטרה למעלה דהיינו בחי' ענג העליון ב"ה נח"ר לפני שאמרתי ונעשה רצוני.
וענג ונח"ר זה מתגלים בנפש האדם בעשותה אחת מכל מצות ה' ות"ת כנגד כולם כי הלכות הן הליכות עולם שהן המשכת אוא"ס ב"ה ממש בעולם ואין להקב"ה בעולמו אלא ד"א של הלכה:
Et néanmoins elles deviennent couronne et diadème sur la tête, pour se délecter et se glorifier, etc. Et de même dans l'accomplissement des mitsvot que l'homme pratique : bien qu'elles soient revêtues dans des choses matérielles, néanmoins cela devient l'aspect d'une couronne, d'un diadème en haut, c'est-à-dire l'aspect de la délectation suprême, béni soit-Il, le na'hat roua'h devant Lui : "J'ai dit et Ma volonté a été faite".
Et cette délectation et ce na'hat roua'h se révèlent dans l'âme de l'homme lorsqu'elle accomplit une de toutes les mitsvot de ה', et l'étude de la Torah équivaut à toutes, car les halakhot sont les voies du monde, qui sont l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement dans le monde, et "le Saint, béni soit-Il, n'a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha" (Berakhot 8a).
ולכן ארז"ל (בירושל' דמגלה) הנביאים והכתובים עתידים להבטל ומגלת אסתר והלכות אין עתידים ליבטל. והענין מ"ש הנביאים והכתובים עתידים להבטל אין פי' שיבטלו לגמרי ולא יהיה גלוי הנביאים כלל ח"ו אלא שיהיה אוא"ס ב"ה כ"כ בגילוי רב ועצום עד שגילוי הנביאים יהיו בטלים כבטול זיו השמש בשמש שעם היות שהזיו ודאי יש לו אור רב במקורו ביתר שאת מהאור המאיר לארץ ולדרים עליה אלא שבמקורו הוא בטל מחמת אור השמש שהוא מקור האור.
וכך כל הנביאים עתידים להבטל באור גילוי א"ס ב"ה שיתגלה לע"ל וראו כל כו'.
Et c'est pourquoi nos Sages ont dit (dans le Yerouchalmi de Meguila) : "Les prophètes et les Écrits sont destinés à être annulés, mais la Meguilat Esther et les halakhot ne sont pas destinées à être annulées" (Talmud de Jérusalem, Meguila 1, 5). Et le sujet de ce qui est dit "les prophètes et les Écrits sont destinés à être annulés" : le sens n'est pas qu'ils seront annulés entièrement et qu'il n'y aura plus du tout de révélation des prophètes, à D.ieu ne plaise, mais que l'Or Ein Sof, béni soit-Il, sera à tel point en une révélation grande et puissante que la révélation des prophètes sera en bitoul, comme le bitoul du rayonnement du soleil dans le soleil : bien que le rayonnement ait assurément une lumière abondante dans sa source, d'une force accrue par rapport à la lumière qui éclaire la terre et ceux qui y demeurent, néanmoins dans sa source il est en bitoul à cause de la lumière du soleil, qui est la source de la lumière.
Et de même tous les prophètes sont destinés à être en bitoul dans la lumière de la révélation de l'Ein Sof, béni soit-Il, qui se révélera dans les temps à venir, "et toute chair verra", etc. (Isaïe 40, 5)
והנה ע"ז אמרו שמגלת אסתר לא תבטל. והענין כי ארז"ל אסתר מן התורה מנין דכתיב ואנכי הסתר אסתיר פני ביום ההוא שהשכינה מסתתרת בגלות בבחינת ביום ההוא בחי' עלמין סתימין דלא אתגליין.
דהנה לע"ל כתיב ואמר ביום ההוא הנה אלקינו זה קוינו לו שבחי' הוא בחי' סתים יהי' בבחי' זה שהוא בחי' התגלות כאלו הוא לנוכח דהיינו שיאיר אוא"ס ב"ה המסתתר והנעלם בבחי' עלמין סתימין להיות בגילוי בעלמין דאתגליין. משא"כ בחי' אסתר שהוא בחינת הסתר אסתר פני ביום ההוא שאפי' בבחי' ביום ההוא הוא בבחי' הסתר והעלם לפי ששרשה מבחי' סתימו דכל סתימין וע"ז נאמר אכן אתה אל מסתתר הנה אור כזה גדול מאד ורב כחו שאין לו בטול כמו זיו השמש בשמש שאור זה אינו זיו אלא מאור עצמו.
Et voici : c'est à ce sujet qu'ils ont dit que la Meguilat Esther ne sera pas annulée. Et le sujet : car nos Sages ont dit : "Esther, d'où dans la Torah ?
Car il est écrit : et Moi, assurément Je cacherai Ma face en ce jour-là" ('Houlin 139b ; Deutéronome 31, 18), que la Chekhina se cache dans l'exil, dans l'aspect de "en ce jour-là", aspect des mondes cachés qui ne se révèlent pas. Car voici, dans les temps à venir il est écrit : "et l'on dira en ce jour-là : voici notre Elokim, c'est Lui que nous espérions" (Isaïe 25, 9), que l'aspect de "Il", aspect du caché, sera dans l'aspect de "ceci", qui est l'aspect de la révélation, comme s'Il était en face, c'est-à-dire que l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est caché et dissimulé dans l'aspect des mondes cachés, illuminera pour être en révélation dans les mondes qui se révèlent.
Ce qui n'est pas le cas de l'aspect d'Esther, qui est l'aspect de "assurément Je cacherai Ma face en ce jour-là" : même dans l'aspect de "en ce jour-là", c'est l'aspect de cachette et de dissimulation, parce que sa racine est de l'aspect du caché de tous les cachés ; et à ce sujet il est dit : "Certes, Tu es un El qui se cache" (Isaïe 45, 15). Voici : une lumière comme celle-ci est très grande, et sa force est abondante ; elle n'a pas de bitoul comme le bitoul du rayonnement du soleil dans le soleil, car cette lumière n'est pas un rayonnement, mais le luminaire (maor) lui-même.
וכן הלכות שהן בחי' מרדכי. כי מרדכי מן התורה מנין דכתיב מר דרור ומתרגמינן מירא דכיא כו'.
פי' מירא דכיא מרירות שבמקום טהור דהיינו הלכות שהן דבר ה' ושרשן ומקורן בח"ע המלובשות בבחי' מרירות שהוא גשמיות גסות עוה"ז וחומריות כתרומות ומעשרות ואפי' בדברים טמאים כגון שקצים ורמשים אשר הבדילנו מהם.
Et de même les halakhot, qui sont l'aspect de Mordekhaï. Car "Mordekhaï, d'où dans la Torah ?
Car il est écrit : mor deror, et l'on traduit : mira dakhya", etc. ('Houlin 139b).
L'explication de "mira dakhya" : l'amertume qui est dans un lieu pur, c'est-à-dire les halakhot, qui sont la parole de ה', et leur racine et leur source sont dans la 'hokhma ilaa, revêtues dans l'aspect d'amertume, qui est la matérialité grossière de ce monde-ci et la corporéité, comme les prélèvements et les dîmes, et même dans des choses impures, comme les reptiles et les rampants dont Il nous a séparés.
וע"ז נאמר ששה חדשים בשמן המור שמן הוא בחי' ח"ע המלובשת בבחי' מרירות שהן הלכות שמלובשות בגשמיות. ופסוק זה מדבר על ענין ביאת הנשמה לג"ע שצ"ל בשמן המור.
וכמארז"ל אשרי מי שבא לכאן ותלמודו בידו.
Et à ce sujet il est dit : "six mois dans l'huile de myrrhe" (Esther 2, 12) : l'huile est l'aspect de la 'hokhma ilaa revêtue dans l'aspect d'amertume, qui sont les halakhot revêtues dans le matériel. Et ce verset parle du sujet de la venue de l'âme au Gan Eden, qu'il faut que ce soit dans l'huile de myrrhe.
Et comme nos Sages ont dit : "heureux celui qui vient ici et dont l'étude est dans sa main" (Pessa'him 50a).
ומה שההלכות מלובשות בגשמיות הוא כמשל האבוקה שמאירה למרחוק מאד. וכן חבית מלאה שנתמלאה על כל גדותיה בשפע רב ועצום עד שנשפך לחוץ באבוד וכן בחי' ההולדה אינו בקטן עד שיהי' גדול ויכנסו בו מוחין דגדלות.
Et ce que les halakhot sont revêtues dans le matériel est comme la parabole de la torche qui éclaire très loin. Et de même un tonneau plein qui a été rempli par-dessus tous ses bords, d'une abondance grande et puissante, au point qu'il se déverse au-dehors en perte ; et de même l'aspect de l'engendrement n'est pas dans le petit, jusqu'à ce qu'il soit grand et que les mohin de la grandeur entrent en lui.
ועי"ז נתוסף בו כח להוליד בדומה לו. כך הנה ההלכות המלובשות בגשמיות היינו שבאו מאור האבוקה המאירה למרחוק ומחבית שנתמלאה על כל גדותיה ושפע רב ועצום עד שנשפך לחוץ.
וזהו סימן ברכה בית שנשפך בו יין כמים כו'. ואדרבה מאור וגילוי זה שבגשמיות מובן מקור האור ושרשו שהוא בבחי' האבוקה הגדולה.
הגם שאם היה מדליק הנר במקומו היה מאיר יותר מהאור הבא מהאבוקה מרחוק מ"מ מאחר שמאיר ברחוק מאד מעיד על מקום האור ומקורו שגדול מאד והאבוקה גדולה היא ולכן אור וגילוי זה שבהלכות אין לו בטול כבטול זיו השמש. (וז"ש ויקחו אליך שמן זית זך כתית למאור שהוא בחי' מאור ולא אור וזיו לבד.
וכמארז"ל מאור שבה מאור דוקא). וכן מגלת אסתר הגם שהנס של פורים היה מלובש בדרך הטבע ע"פ אחשורוש.
הנה אדרבה מזה מובן ששרש האור וגילוי למעלה הוא ממדרגות עליונות מאד וכמשל אור האבוקה וחבית של יין המלאה עד שעוברת ממנה על כל גדותיה לחוץ. לכן כתיב וימי הפורים האלה לא יעברו מתוך היהודים.
Et par cela s'ajoute en lui une force pour engendrer à sa ressemblance. Ainsi, voici : les halakhot revêtues dans le matériel, c'est qu'elles sont venues de la lumière de la torche qui éclaire au loin, et du tonneau qui a été rempli par-dessus tous ses bords, et d'une abondance grande et puissante, au point qu'il se déverse au-dehors.
Et c'est : "signe de bénédiction : une maison dans laquelle le vin s'est répandu comme de l'eau", etc. (d'après Erouvin 65a) Et au contraire, de cette lumière et de cette révélation qui est dans le matériel, on comprend la source de la lumière et sa racine, qui est dans l'aspect de la grande torche.
Bien que, s'il avait allumé la lampe à sa place, elle aurait éclairé davantage que la lumière qui vient de la torche de loin, néanmoins, puisqu'elle éclaire de très loin, cela témoigne du lieu de la lumière et de sa source, qu'il est très grand, et que la torche est grande ; et c'est pourquoi cette lumière et cette révélation qui est dans les halakhot n'a pas de bitoul comme le bitoul du rayonnement du soleil. (Et c'est ce qui est écrit : "et ils prendront pour toi une huile d'olive pure, concassée, pour le luminaire" (Exode 27, 20), qui est l'aspect de maor, et non seulement lumière et rayonnement.
Et comme nos Sages ont dit : "le maor qui est en elle", maor précisément.) Et de même la Meguilat Esther : bien que le miracle de Pourim fût revêtu par la voie de la nature, par l'intermédiaire d'A'hachvéroch, voici qu'au contraire, de cela on comprend que la racine de la lumière et de la révélation en haut est de degrés très supérieurs, comme la parabole de la lumière de la torche et du tonneau de vin rempli jusqu'à déborder par-dessus tous ses bords au-dehors. C'est pourquoi il est écrit : "et ces jours de Pourim ne passeront pas du milieu des Juifs" (Esther 9, 28).
והנה כדי להמשיך אור וגילוי גדול כזה שאין לו בטול בבחי' זיו אמרו ישראל בשעת מ"ת נעשה ונשמע הוא ענין בטול הרצון לבעל הרצון עצמו שזהו ענין נעשה שהיו מוכנים לעשות טרם ישמעו שהוא בחי' העלאה ובטול רצון ואח"כ נשמע הוא בחינת המשכת התורה לשמוע. וזהו ענין כתר מלכות כי תרי"ג מצות דאורייתא וז' מצות דרבנן הן בגימטריא תר"ך.
וזהו תר"ך עמודי אור שבכתר כמו עמוד המחבר מעלה ומטה. כך המשכת התורה והמצות הן המשכות ממקום עליון מאד מאא"ס ב"ה ממש למקום נמוך מאד הוא העוה"ז השפל הגשמי:
Et voici, afin d'attirer une lumière et une révélation aussi grandes, qui n'ont pas de bitoul dans l'aspect de rayonnement, Israël dit au moment du don de la Torah : "nous ferons et nous écouterons" (Exode 24, 7). C'est le sujet du bitoul de la volonté au Maître de la volonté Lui-même, et c'est le sujet de "nous ferons", qu'ils étaient prêts à faire avant d'écouter, ce qui est l'aspect d'élévation et de bitoul de la volonté ; et ensuite "nous écouterons" est l'aspect de l'attraction de la Torah pour écouter.
Et c'est le sujet de la couronne royale, car les six cent treize mitsvot de la Torah et les sept mitsvot d'institution rabbinique sont en guématria 620. Et ce sont les 620 colonnes de lumière qui sont dans le keter, comme une colonne qui relie le haut et le bas.
Ainsi l'attraction de la Torah et des mitsvot sont des attractions depuis un lieu très supérieur, de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, jusqu'à un lieu très bas, qui est ce monde-ci, bas et matériel.
אך כל הב' בחניות לבוש מלכות וכתר מלכות עדיין צריכין לבחי' סוס אשר רכב עליו המלך. והוא כי הנה כתיב במ"ת כי תרכב על סוסיך מרכבותיך כו'.
והענין הוא כי הנה ארז"ל ג' שעות ראשונות של יום הקב"ה יושב וזן כו'. ובלילה רוכב על כרוב קל שלו ושט בח"י אלף עלמין:
Mais les deux aspects, le vêtement royal et la couronne royale, ont encore besoin de l'aspect du cheval sur lequel le roi est monté. Et c'est que voici, il est écrit au don de la Torah : "car Tu montes sur Tes chevaux, Tes chars", etc.
(Habacuc 3, 8). Et le sujet est que voici, nos Sages ont dit : "Pendant les trois premières heures du jour, le Saint, béni soit-Il, siège et nourrit", etc.
(Avoda Zara 3b). Et la nuit, "Il chevauche Son kerouv léger et parcourt dix-huit mille mondes" (Avoda Zara 3b).
וביאור הדברים הנה תקנו חז"ל ח"י ברכאן דצלותא נגד ח"י חוליות שבשדרה. ולכאורה אינו מובן.
אך הענין הוא דהנה השדרה היא הנמשכת מן המוח אל הירכיים הן סוף המדרגות ולכן בברכה הא' כורע בברוך שהכריעות והשתחואות הן כריעת הראש והוא המשכת בחי' ח"ע. ואח"כ בברכה שלאחריו אומרים מודים אנחנו לך בחינת הודאה שהוא מבחינת ירכין.
Et l'explication de ces choses : voici, nos Sages ont institué les dix-huit bénédictions de la prière en regard des dix-huit vertèbres de la colonne vertébrale (Berakhot 28b). Et à première vue cela ne se comprend pas.
Mais le sujet est que voici : la colonne vertébrale est celle qui est attirée du cerveau vers les cuisses, qui sont la fin des degrés ; et c'est pourquoi, dans la première bénédiction, on s'incline à "Baroukh", car les inclinaisons et les prosternations sont l'inclinaison de la tête, et c'est l'attraction de l'aspect de la 'hokhma ilaa. Et ensuite, dans la bénédiction qui vient après, on dit "nous Te rendons grâce", aspect de la hodaa (reconnaissance), qui est de l'aspect des cuisses.
והנה הח"י ברכאן ממשיכים נש"י ג"פ ביום. אך המלאכים זמן שירתם היא בלילה שאז ותתן טרף לביתה ואזי נמשכים בחי' הח"י ברכאן במלאכים ושם מתחלק לח"י אלף עולמות כי רכב אלקים רבותים אלפי שנאן.
אלפי שאינן שב' אלפים חסר מרבותים שהוא ך' אלף. שנשאר ח"י אלף וכך מתחלק השפע בכל מדרגה ומדרגה לפי השגתה בכל הח"י אלף מדרגות.
והשפעה והמשכה זו היא בבחי' כרוב קל שלו היא בבחי' צירופי אותיות שנק' כך בשם כרוב.
Et voici, les dix-huit bénédictions, les âmes d'Israël les attirent trois fois par jour. Mais les anges, le temps de leur chant est la nuit, car alors "elle donne la nourriture à sa maison" (Proverbes 31, 15), et alors sont attirés les aspects des dix-huit bénédictions dans les anges, et là cela se divise en dix-huit mille mondes, car "le char d'Elokim est de deux myriades, des milliers de chin'an" (Psaumes 68, 18).
"Des milliers qui ne sont pas" : deux mille manquent aux deux myriades, qui sont vingt mille ; il reste dix-huit mille. Et ainsi l'influx se divise dans chaque degré et chaque degré selon son atteinte, dans tous les dix-huit mille degrés.
Et cet influx et cette attraction sont dans l'aspect de Son kerouv léger ; c'est dans l'aspect des combinaisons de lettres qui sont ainsi appelées du nom de kerouv.
והנה בתריה דהאי קרא רכב אלקים רבותים כו' כתיב אדני בם סיני בקדש. כלומר שכמו שנמשך שפע וגילוי בצירופי אותיות והמשכות במלאכים.
כך נמשך בבחי' סיני בקדש הם צירופי אותיות והמשכות גילוי אא"ס ממש בתורה ממש שניתנה בהר סיני.
Et voici, après ce verset "le char d'Elokim est de deux myriades, etc.", il est écrit "Adonaï est parmi eux, le Sinaï dans la sainteté" (Psaumes 68, 18). C'est-à-dire que, de même qu'est attiré un influx et un dévoilement dans les combinaisons de lettres et les attractions chez les anges, ainsi est attiré dans l'aspect de "Sinaï dans la sainteté" : ce sont des combinaisons de lettres et des attractions du dévoilement de l'Or Ein Sof (lumière infinie) véritablement, dans la Torah véritablement qui a été donnée au mont Sinaï.
וגם אחר ירידת משה מן ההר בסוף מ' יום כתיב ועשו לי מקדש ושכנתי בתוכם להיות גילוי שכינה ממש בגשמי' הדברים שנעשה בהם המשכן זהב וכסף ונחשת ויריעות וקרשים כו'. וזהו כי תרכב על סוסיך שהמשכות אלו להיות גילוי רב נק' בשם סוסים שהם צירופי אותיות שנק' כך בשם סוסים.
שיש אותיות שנק' בשם סוסים. ויש אותיות שנק' בשם כרוב.
כי יש הרבה מיני אותיות. אותיות הדבור ואותיות השכל ואותיות המחשבה ואפי' בקדמות השכל יש בחי' אותיות:
Et aussi, après la descente de Moché de la montagne, à la fin des quarante jours, il est écrit "Ils Me feront un sanctuaire et Je résiderai au milieu d'eux" (Exode 25, 8), afin qu'il y ait un dévoilement de la Chekhina véritablement dans la matérialité des choses dont fut fait le Michkan : l'or, l'argent et le cuivre, les tentures et les planches, etc. Et c'est "car Tu montes sur Tes chevaux" (Habacuc 3, 8) : ces attractions, pour qu'il y ait un grand dévoilement, sont appelées du nom de chevaux ; ce sont des combinaisons de lettres qui sont ainsi appelées du nom de chevaux.
Il y a des lettres appelées du nom de chevaux, et il y a des lettres appelées du nom de kerouv. Car il y a beaucoup d'espèces de lettres : les lettres de la parole, les lettres de l'intellect, les lettres de la pensée, et même dans l'antériorité de l'intellect il y a un aspect de lettres.
וזהו ענין וסוס אשר רכב עליו המלך שכדי להיות בחי' גילוי בחי' לבוש מלכות וכתר מלכות צ"ל ע"י בחי' סוס שהן בחי' צירופי אותיות והמשכות להמשיך גילוי א"ס ב"ה למטה כמו למעלה.
Et c'est le sujet de "et le cheval sur lequel le roi est monté" (Esther 6, 8) : afin qu'il y ait un aspect de dévoilement, l'aspect du vêtement royal et de la couronne royale, il faut que ce soit par l'intermédiaire de l'aspect du cheval, qui sont les aspects des combinaisons de lettres et des attractions, pour attirer le dévoilement de l'Ein Sof, béni soit-Il, en bas comme en haut.
והנה כל בחי' הללו נתגלו גם בפורים בימי מרדכי שאז קבל היהודים את אשר החלו לעשות במ"ת שבמ"ת אמרו נעשה ונשמע שהיה בחי' בטול רצון ובימי מרדכי ואסתר מס"נ ממש על קדוש השם שהרי המן לא רצה להרוג אלא יהודים. וכמאמר כל הכופר בעכו"ם נק' יהודי.
ולכן נק' מרדכי איש יהודי ואף שהיה משבט בנימין. ואף כהנים ולוים שבאותו הדור נק' בשם יהודים לפי שמס"נ על קדה"ש ולא המירו דתם להחיות נפשם ומחמת מס"נ זו זכה להיות גילוי בחי' לבוש מלכות וכתר מלכות וסוס אשר רכב עליו המלך:
Et voici, tous ces aspects se dévoilèrent aussi à Pourim, aux jours de Mordekhaï, car alors "les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé à faire" (Esther 9, 23) au don de la Torah ; car au don de la Torah ils dirent "nous ferons et nous écouterons" (Exode 24, 7), qui était un aspect de bitoul (effacement de soi) de la volonté, et aux jours de Mordekhaï et d'Esther une messirout nefech (don de soi) véritable pour la sanctification du Nom, puisque Haman ne voulait tuer que des Juifs. Et comme il est dit : "quiconque renie l'idolâtrie est appelé Juif" (Meguila 13a).
C'est pourquoi Mordekhaï est appelé "un homme juif" (Esther 2, 5), bien qu'il fût de la tribu de Binyamin. Et même les cohanim et les Léviim de cette génération furent appelés du nom de Juifs, parce qu'ils se livrèrent pour la sanctification du Nom et n'échangèrent pas leur religion pour sauver leur vie ; et du fait de cette messirout nefech, on mérita le dévoilement de l'aspect du vêtement royal, de la couronne royale et du cheval sur lequel le roi est monté.
אך להבין מ"ש ויקח המן את הלבוש ואת הסוס כו' מאין זכה המן לבחי' הללו. הנה ארז"ל המן מן התורה מנין דכתיב המן העץ כו'.
והענין דכתיב ראשית גוים עמלק שכל העכו"ם הן מבחי' עה"ד טו"ר ועמלק הוא למעלה מהן. וזהו המן העץ בתמיה שהוא למעלה מבחי' העץ.
ומ"מ מאחר דכתיב המן העץ אפי' בלשון תמיה הרי יש לו עכ"פ קצת שייכות אל העץ. שאל"כ למה מזכירו אצל העץ.
אך הענין שהוא בבחי' מקיף להעץ נוגע ואינו נוגע והוא בחי' חוצפה וגסות הרוח.
Mais pour comprendre ce qui est écrit "et Haman prit le vêtement et le cheval, etc." (Esther 6, 11), d'où Haman a-t-il mérité ces aspects ? Voici, nos Sages ont dit : "Haman, d'où dans la Torah ?
Car il est écrit : est-ce de l'arbre, etc." ('Houlin 139b). Et le sujet : il est écrit "le commencement des nations, Amalek" (Nombres 24, 20), car toutes les nations idolâtres sont de l'aspect de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et Amalek est au-dessus d'elles.
Et c'est "est-ce de l'arbre ?" (Genèse 3, 11) sur le mode de l'étonnement : il est au-dessus de l'aspect de l'arbre. Néanmoins, puisqu'il est écrit "est-ce de l'arbre", même sur le mode de l'étonnement, il a en tout cas quelque rapport avec l'arbre ; sinon, pourquoi le mentionner auprès de l'arbre.
Mais le sujet est qu'il est dans l'aspect de makif pour l'arbre, touchant et ne touchant pas, et c'est l'aspect de l'insolence et de la grossièreté d'esprit.
והנה לעומת זה יש בקדושה ונק' ג"כ בחי' המן לאחר הבירור. כי מבני בניו של המן למדו תורה ברבים.
הרי שיש בחי' המן לאחר הבירור שנכלל בקדושה והוא ויגבה לבו בדרכי ה' וכמארז"ל שצ"ל עיניו למטה ולבו למעלה. עינים הם בחי' חכמה כח מ"ה בחי' משה שהיה ענו מכל האדם בחינת בטול.
Et voici, en face de cela il y a dans la sainteté, et cela s'appelle aussi l'aspect de Haman après le tri. Car parmi les fils des fils de Haman, on enseigna la Torah en public (d'après Sanhédrin 96b).
Ainsi il y a un aspect de Haman après le tri, qui est inclus dans la sainteté, et c'est "et son cœur s'éleva dans les voies de ה'" (II Chroniques 17, 6), et comme nos Sages l'ont dit : il faut que "ses yeux soient en bas et son cœur en haut" (Yevamot 105b). Les yeux sont l'aspect de la 'hokhma, la force de Mah (45), l'aspect de Moché qui était "humble plus que tout homme" (Nombres 12, 3), aspect de bitoul.
ובחי' הלב צ"ל למעלה ששם יסוד האש והצמאון וטבע האש להגביה ולעלות למעלה. והאדם צ"ל כלול משניהם.
כי אם לא יהיה בבחי' הגבהה כלל לא יערב לבו לגשת אל העבודה באמרו מי אנכי ומה עבודתי. לכך צריך לו הגבהת הלב בתשוקה והצמאון שבו.
Et l'aspect du cœur doit être en haut, car là est l'élément du feu et de la soif, et la nature du feu est de s'élever et de monter en haut. Et l'homme doit être composé des deux.
Car s'il n'était pas du tout dans l'aspect de l'élévation, son cœur n'oserait pas s'approcher du service, en disant : qui suis-je et qu'est mon service. C'est pourquoi il lui faut l'élévation du cœur, dans le désir et la soif qui sont en lui.
וגם בחי' עינים למטה להיות בחי' בטול ממש באוא"ס ב"ה בהמשכת ח"ע כח מ"ה בעסק התורה דאורייתא מחכמה נפקת וכמ"ש ודברי אשר שמתי בפיך כו'. וזהו ענין שהת"ח צריך להיות בו שמינית שבשמינית.
כי הנה בבחי' חכמה יש ל"ב נתיבות החכמה וגם לב בגימטריא ל"ב וכללות שניהם עולה ס"ד.
Et aussi l'aspect des yeux en bas, pour qu'il y ait un aspect de bitoul véritable dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, par l'attraction de la 'hokhma supérieure, la force de Mah (45), dans l'étude de la Torah, car "la Torah sort de la 'hokhma" (Zohar), et comme il est écrit "et Mes paroles que J'ai mises dans ta bouche, etc." (Isaïe 59, 21). Et c'est le sujet de ce que le talmid 'hakham doit avoir en lui "un huitième de huitième" (Sota 5a).
Car voici, dans l'aspect de la 'hokhma il y a les trente-deux sentiers de la 'hokhma, et "cœur" aussi a pour guématria trente-deux, et l'ensemble des deux monte à soixante-quatre.
ושמינית שבשמינית הוא חלק א' מס"ד והיינו הגבהת הלב המחובר אל מוח החכמה כי העיקר היא החכמה המשכת בחי' הבטול אלא שצריכה העלאה תחלה בבחינת הגבהת הלב כדי להמשיך אח"כ שאם אין העלאה אין המשכה.
Et un huitième de huitième est une part sur soixante-quatre, c'est-à-dire l'élévation du cœur jointe au cerveau de la 'hokhma ; car l'essentiel est la 'hokhma, l'attraction de l'aspect du bitoul, mais il faut d'abord une élévation dans l'aspect de l'élévation du cœur afin d'attirer ensuite, car s'il n'y a pas d'élévation il n'y a pas d'attraction.
והגבהה והעלאה זו הוא בחי' התנשאות דקדושה בחי' המן לאחר הבירור ומקורה ושרשה למעלה באורות עליונים הם בחינת לבוש וסוס. כי הלבוש הוא ה' מלך גאות לבש בבחי' גאות והתנשאות.
וסוס בגימטריא ב"פ ס"ג. משא"כ בחי' כתר מלכות הוא בחינת בעטרה שעטרה לו אמו דוקא שאין בזלעו"ז בבחי' המן בחי' זו כלל אלא היא בחי' בטול רצון ממש נעשה קודם לנשמע כו' וד"ל:
Et cette élévation et cette montée sont l'aspect de l'exaltation de la sainteté, l'aspect de Haman après le tri, et sa source et sa racine sont en haut, dans les lumières supérieures : ce sont l'aspect du vêtement et du cheval. Car le vêtement, c'est "ה' règne, Il s'est revêtu de majesté" (Psaumes 93, 1), dans l'aspect de la majesté et de l'exaltation.
Et "cheval" a pour guématria deux fois Sag (63). Par contre, l'aspect de la couronne royale est l'aspect de "la couronne dont sa mère l'a couronné" (Cantique des Cantiques 3, 11) précisément, car dans le ceci en face de cela, dans l'aspect de Haman, cet aspect n'existe pas du tout ; mais c'est l'aspect du bitoul de la volonté véritable, "nous ferons" avant "nous écouterons", etc., et cela suffit à qui comprend.