« Ton cœur méditera la terreur : où est le scribe, où est celui qui pèse » (Yechaya 33,18) : le Zohar associe ce verset au rayon divin qui mesure les dix sefirot. L'Admour Hazaken explique que ce retrait (tsimtsoum) ne se sépare pas de la lumière infinie. Le terme signifiant « où » (ayeh) désigne la lumière transcendante : D.ieu s'abaisse Lui-même pour délimiter chaque être. La Torah et les mitsvot relèvent aussi de cette mesure précise. En méditant sur le fait que l'Infini s'implique dans les aspects les plus infimes, l'homme ressent une grande crainte de D.ieu qui annule toute peur matérielle extérieure.
Aussi : la descente de D.ieu en Égypte ; la valeur numérique du mot saint (kadoch) ; la question posée par les anges sur le lieu de la gloire divine.
לבך יהגה אימה איה סופר איה שוקל וגו'. איתא בזהר ספרא דצניעותא תקיל במתקלא.
והוא ענין קו המדה שהוא המודד ושוקל כל הע"ס דאצי' בשיעור ומדה כמה יהיה המשכת והתפשטות מדת החסד וכמה יהיה המשכת מדת הגבורה ואיך שיתחלקו בבחי' קוין ימין ושמאל בד' רוחות ומעומ"ט שהם ו"ק דז"א כו' (ולפיכך נקראו הספי' לשון מדות ע"ש שנמדדו כמ"ש במ"א) ומדה זו היא בחי' גבורה וצמצום לצמצם שיהיה ההמשכה בשיעור ומדה כו'. וכ"ז נעשה ע"י בחי' קו המדה שהוא הנק' בזהר בוצינא דקרדוניתא דנקיב כו' שהוא ענין גבורה דע"י המתלבשת במו"ס וע"ז אמר הכתוב איה סופר איה שוקל.
פי' דהוה ס"ד כיון שמדה ומשקל זה הוא בחי' גבורה וצמצום לגבי עצמות א"ס ב"ה המופשט מגדר גבול ומדה ומגדר התחלקות קוין וספי' כו' אלא סובב הכל בסקירה אחת וקמיה כחשיכה כאורה שוין כנודע. א"כ הוה ס"ד דבחי' זו דקו המדה הוא מהות נפרד כו' ע"כ אמר איה סופר איה שוקל כו' פי' איה הוא בחי' העיגול הגדול בחי' סובב דקמיה כחשיכה כאור' שוין הנה הוא עצמו ממש הוא הסופר והשוקל בבחי' מתקלא וקו המדה הנ"ל ואין זה מהות בפ"ע ח"ו כי ממך הכל כתיב והוא כל יכול להשפיל א"ע כ"כ למדוד הספי' בצמצום והתחלקות כו' שמדה וצמצום זה נמשך דוקא מן הסובב העיגול הגדול שנק' אי"ה (שלהיותו מגביה לשבת לכך יכול להשפיל א"ע כ"כ למדוד כל פרטי הבחי' שבהעולמות כו'.
וכמ"ש כי רם ה' ושפל יראה) וכעין מ"ש ועברתי בארץ מצרים אני ולא מלאך שבבחי' מצרים לא הי' יכול לירד שום מלאך זולת הקב"ה בכבודו ובעצמו כביכול כמ"ש במ"א:
"Ton cœur méditera la terreur : où est le scribe, où est celui qui pèse, etc." (Isaïe 33, 18). Il est dit dans le Zohar, Sifra deTseniouta : "pesé dans la balance".
Et c'est le sujet du kav (rayon) de la mesure, qui mesure et pèse toutes les dix sefirot d'Atsilout selon une estimation et une mesure : combien sera l'attraction et l'expansion de la mida de 'hessed, et combien sera l'attraction de la mida de guevoura, et comment elles se répartiront dans l'aspect des lignes de droite et de gauche, dans les quatre directions et en haut et en bas, qui sont les six extrémités de Zeir Anpin, etc. (et c'est pourquoi les sefirot sont appelées du nom de middot, du fait qu'elles ont été mesurées, comme il est écrit ailleurs).
Et cette mesure est un aspect de guevoura et de tsimtsoum (retrait), pour restreindre afin que l'attraction soit selon une estimation et une mesure, etc. Et tout cela se fait par l'aspect du kav de la mesure, qui est appelé dans le Zohar boutsina dekardinouta (la lampe obscure) qui perce, etc., ce qui est le sujet de la guevoura d'Atik Yomin qui se revêt dans le mo'ha stimaa.
Et c'est à ce sujet que le verset dit : "où est le scribe, où est celui qui pèse". L'explication : on aurait pensé que, puisque cette mesure et ce poids sont un aspect de guevoura et de tsimtsoum par rapport à l'essence de l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, qui est dégagé de la catégorie de limite et de mesure et de la catégorie de division en lignes et en sefirot, etc., mais qui entoure tout d'un seul regard, et "devant Lui, l'obscurité est comme la lumière" (Psaumes 139, 12), elles sont égales, comme il est connu.
Donc on aurait pensé que cet aspect du kav de la mesure est une essence séparée, etc. C'est pourquoi il dit : "où est le scribe, où est celui qui pèse", etc.
L'explication : ayeh est l'aspect du grand cercle, l'aspect de sovev (qui entoure), devant qui l'obscurité et la lumière sont égales ; voici que Lui-même véritablement est le scribe et celui qui pèse, dans l'aspect de la balance et du kav de la mesure susmentionné, et ce n'est pas une essence à part, à D.ieu ne plaise, car il est écrit "de Toi est tout" (I Chroniques 29, 14), et Il est tout-puissant pour s'abaisser Lui-même à ce point afin de mesurer les sefirot dans le tsimtsoum et la division, etc., car cette mesure et ce tsimtsoum sont attirés précisément du sovev, le grand cercle, qui est appelé ayeh (car, du fait qu'Il est élevé pour siéger (Psaumes 113, 5), c'est pourquoi Il peut s'abaisser Lui-même à ce point pour mesurer tous les détails des aspects qui sont dans les mondes, etc. Et comme il est écrit : "car ה' est élevé, et Il voit l'abaissé" (Psaumes 138, 6)).
Et à la manière de ce qui est écrit : "et Je passerai dans le pays d'Égypte, Moi et non un ange" (Exode 12, 12 ; Haggada de Pessa'h), car dans l'aspect de l'Égypte aucun ange ne pouvait descendre, si ce n'est le Saint, béni soit-Il, dans Sa gloire et en Lui-même, pour ainsi dire, comme il est écrit ailleurs.
והנה גם התורה הוא בכלל בחי' הצמצום דקו המדה שהתורה לא קדמה לעולם רק אלפים שנה היינו ב' אלפין אאלפך חכמה אאלפך בינה. אבל א"ס ב"ה עצמו רם ונשא לבדו מופשט מגדר צמצום והתחלקו' אין לו תחלה ותכלה לכך התורה שלא קדמה לעולם רק אלפים שנה היא מכלל בחי' הצמצומי' דקו המדה (וכמו שנודע שכל המצות הם בחי' שיעור וצמצום סוכה רק עד כ' אמה.
ותפילין מרובעו' דוקא כו' וכה"ג בכל המצות). אלא שבאמת אי"ה עצמו הוא הסופר והשוקל כו'.
ונא' כאן ג"פ איה נגד ג"פ קדוש שקדוש גי' ת"י שהן ת"י נימין דאריך ולזאת אומרים המלאכים איה מקום כבודו שאינו מושג שזהו בחי' קדוש שהוא מובדל דלית מחשבה תפיסא ביה (ופי' איה סופר את המגדלי' נת' במ"א ע"פ ושדי כמגדלות) וזהו ענין לבך יהגה אימה. דהיינו כשיתבונן המשכיל בענין זה איך שאיה סופר איה שוקל כו' שבחי' איה עצמו הוא הסופר והשוקל ומודד החיות וההתפשטות בכל פרטי פרטיות הנמצאים אזי תפול עליו אימה ופחד בבחי' יראה גדולה עד מאד וזהו לבך יהגה אימה.
ואזי לא יהי' עליו יראה חיצוניות פן יחסר לחמו וכה"ג וכתיב סוף דבר הכל נשמע את האלקי' ירא וגו':
Et voici que la Torah aussi est comprise dans l'aspect du tsimtsoum du kav de la mesure, car la Torah n'a précédé le monde que de deux mille ans, c'est-à-dire les deux aleph : "je t'enseignerai la 'hokhma, je t'enseignerai la bina" (Job 33, 33). Mais l'Or Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même est élevé et exalté, seul, dégagé de la catégorie du tsimtsoum et de la division ; Il n'a ni commencement ni fin.
C'est pourquoi la Torah, qui n'a précédé le monde que de deux mille ans, fait partie des aspects des tsimtsoumim du kav de la mesure (et comme il est connu que toutes les mitsvot sont un aspect d'estimation et de tsimtsoum : la soucca seulement jusqu'à vingt coudées, et les téfilines carrées précisément, etc., et de même pour toutes les mitsvot). Mais en vérité ayeh Lui-même est le scribe et celui qui pèse, etc.
Et il est dit ici trois fois "ayeh", en regard des trois fois "kadoch", car kadoch a pour guématria 410, qui sont les 410 filaments d'Arikh. Et c'est pourquoi les anges disent : "où est le lieu de Sa gloire" (Kedoucha), qui n'est pas saisi, car c'est l'aspect de kadoch, qui est séparé, "aucune pensée ne Le saisit" (Pata'h Eliyahou) (et l'explication de "où est celui qui compte les tours" est expliquée ailleurs, d'après "et tes seins sont comme des tours" (Cantique des Cantiques 8, 10)).
Et c'est le sujet de "ton cœur méditera la terreur". C'est-à-dire : lorsque l'homme intelligent méditera ce sujet, comment "où est le scribe, où est celui qui pèse", etc., que l'aspect d'ayeh Lui-même est le scribe et celui qui pèse et mesure la vitalité et l'expansion dans tous les détails les plus particuliers des êtres, alors tomberont sur lui la terreur et la crainte, dans l'aspect d'une crainte très grande, et c'est "ton cœur méditera la terreur".
Et alors il n'y aura pas sur lui une crainte extérieure, de peur que son pain ne lui manque, et de même. Et il est écrit : "La fin du discours, tout a été entendu : crains Elokim, etc." (Ecclésiaste 12, 13).