תורה אור

Torah Or — Torah Ohr, Shemot.4

Rabbi Chnéour Zalman de Liadi - discours sur Berechit, Chemot et Esther
En bref

« Ceci est Mon Nom » (Exode 3, 15) : l'Admour Hazaken explique pourquoi la racine des interdictions dépasse celle des mitsvot positives. Les commandements positifs s'accomplissent par des actes matériels, car leur lumière se revêt dans des réceptacles (kelim). La racine des interdictions est trop élevée pour s'incarner ainsi ; sa révélation est attirée seulement par la négation de son contraire. De même, la racine des paroles des scribes s'élève au-dessus de la Torah écrite. Ces décrets, comme les bénédictions prononcées avant les mitsvot, attirent une lumière enveloppante (or makif) qui se maintient au-dessus du réceptacle de l'action.

Aussi : pourquoi certains commandements divins à Moché n'ont pas été mis par écrit ; l'amour dissimulé au-dessus de la raison que révèlent l'accomplissement des mitsvot et le Chabbat ; le mouvement de retrait et d'expansion dans la formule de la bénédiction.

זה שמי לעולם וזה זכרי לדר דר. איתא בת"ז שמי עם י"ה שס"ה זכרי עם ו"ה רמ"ח.

וצ"ל מפני מה שרש מל"ת גבוה יותר משרש המ"ע שהל"ת נמשכי' מבחי' י"ה דהוי' והמ"ע נמשכים מבחי' ו"ה דהוי"ה. גם י"ל מפני מה לא ניתנה תושבע"פ ג"כ בכתב.

הענין הוא דכתיב איה סופר וגו'. ונת' במ"א הפי' דבחי' אי"ה עצמו הוא הסופר (והוא בחי' איה מקום כבודו) כי איתא בס"י בג' דברים ברא הקב"ה את העולם בסופר וספר וספור.

והנה תושב"כ נק' ספר ובחי' סופר שלמעלה מבחי' ספר הוא בחי' אי"ה שהוא א' י"ה כי מקור ושרש י"ה דשם הוי"ה נמשך מבחי' האל"ף שהוא בחי' חכמה דאצילות (ר"ל מקור ושרש החכמה כמ"ש במ"א בכוונת א' דאחד דק"ש שהוא בחי' מזל נוצר דמשם יונק אבא או ר"ל חכמה סתימאה) כמ"ש אאלפך חכמה. ועוד שבאות אל"ף נכללו בו ג' אותיות דשם הוי' ב"ה כנודע מהאריז"ל שתמונת האל"ף בתושב"כ הוא י' ו' י' ובתפילין י' ו' ד'.

מפני שבתושב"כ מלובש אור אבא דאצי' כי אורייתא מח"ע נפקת והיינו מבחי' יסוד אבא לכך נכתב גם הקוץ התחתון של האל"ף כתמונת י' רמז לחכמה דאצי' שהוא בחי' י' דשם הוי' כנודע. אבל בתפילין נכתב קוץ התחתון של האל"ף בתמונת ד' שהוא בחי' מחשבה עילאה שהוא בחי' לאה שהוא עד"מ כמו הד' שיש בו התפשטות לאורך ורוחב.

"Ceci est Mon Nom pour l'éternité, et ceci est Mon souvenir de génération en génération" (Exode 3, 15). Il est dit dans les Tikouné Zohar : Mon Nom avec yod-hé fait 365, Mon souvenir avec vav-hé fait 248.

Et il faut comprendre pourquoi la racine des mitsvot lo taassé est plus élevée que la racine des mitsvot assé, car les interdictions sont attirées de l'aspect de yod-hé du nom ה', et les mitsvot assé sont attirées de l'aspect de vav-hé du nom ה'. On peut aussi comprendre pourquoi la Torah orale n'a pas été donnée elle aussi par écrit.

Le sujet est qu'il est écrit : "Où est le scribe, etc." (Isaïe 33, 18). Et il a été expliqué ailleurs le sens : l'aspect d'ayeh lui-même est le scribe (et c'est l'aspect d'"où est le lieu de Sa gloire"), car il est dit dans le Sefer Yetsira : "par trois choses le Saint, béni soit-Il, a créé le monde : par le scribe (sofer), le livre (sefer) et le récit (sipour)" (Sefer Yetsira 1, 1).

Or la Torah écrite est appelée livre, et l'aspect du scribe qui est au-dessus de l'aspect du livre est l'aspect d'ayeh, qui est alef-yod-hé, car la source et la racine de yod-hé du nom ה' est attirée de l'aspect de l'alef, qui est l'aspect de la 'hokhma d'Atsilout (c'est-à-dire la source et la racine de la 'hokhma, comme il est écrit ailleurs dans l'intention de l'alef de e'had du Chema, qui est l'aspect du mazal notser, d'où Abba reçoit sa nourriture, ou bien c'est-à-dire la 'hokhma setimaa), comme il est écrit : "Je t'enseignerai la sagesse" (Job 33, 33). Et encore, dans la lettre alef sont incluses trois lettres du nom ה', béni soit-Il, comme il est connu de l'Ari z"l, que la forme de l'alef dans la Torah écrite est yod-vav-yod, et dans les téfilines yod-vav-dalet.

Parce que dans la Torah écrite est revêtue la lumière d'Abba d'Atsilout, car la Torah sort de la 'hokhma ilaa, et c'est de l'aspect du yessod d'Abba ; c'est pourquoi est écrit aussi le trait inférieur de l'alef sous la forme d'un yod, allusion à la 'hokhma d'Atsilout, qui est l'aspect du yod du nom ה', comme il est connu. Mais dans les téfilines est écrit le trait inférieur de l'alef sous la forme d'un dalet, qui est l'aspect de la pensée supérieure, qui est l'aspect de Léa, qui est par exemple comme le dalet dans lequel il y a une extension en longueur et en largeur.

וזהו איה סופר. דהיינו שמקור של התושב"כ שנק' ספר עילאה כמ"ש בזהר אית ספר ואית ספר.

הוא בחי' אי"ה א' עם י"ה שהאל"ף הוא מקור לי"ה כנ"ל שהוא הסופר את הספר דהיינו שהוא מקור התושב"כ שנמשכי' הימנו:

Et c'est "Où est le scribe". C'est-à-dire que la source de la Torah écrite, qui est appelée livre supérieur, comme il est écrit dans le Zohar "il y a un livre et il y a un livre", est l'aspect d'ayeh, alef avec yod-hé, l'alef étant la source de yod-hé comme ci-dessus, qui est celui qui écrit le livre, c'est-à-dire qu'il est la source de la Torah écrite qui est attirée de lui.

דהנה כללות התושב"כ הוא מדבר בענין קיום מצות עשה. שנמשכים מבחי' ו"ה שהוא בחי' ז"א דאצי' שהאורות מחולקים בתוך הכלים שהן רמ"ח אברים דז"א שמשם נמשכים רמ"ח מ"ע ולכך המקיים מ"ע ממשיך עליו אור עליון דז"א ולכך ניתנה התורה בכתב להיות האורות דז"א מתלבשים בכלים ממש  לכך נתלבשה חכמת התורה ג"כ בכתב כו' באותיות ותגין כו' אמנם שרש הל"ת אף שהן ג"כ בתושב"כ מ"מ הן למעלה ממדרגת המ"ע אלא שהם נמשכים מבחי' י"ה.

מפני ששרש הל"ת הוא מבחי' ומדרגה גבוה שאינו יכול להתלבש בתוך כלים כמו המ"ע שהתפילין והאתרוג הם כלים להאור כו' משא"כ הל"ת שאין לאותו האור כלי שיוכל לשכון בו בבחי' הן ע"י מעשה רק ע"י לאו ושלילה הוא מושג שאין יכולים להכיר מהותו רק לשלול ההפוך כמו לא תאכל חלב ודם לפי שזהו מנגד לקדושת האור לפי שהיא מבחי' סט"א.

Voici : l'ensemble de la Torah écrite parle du sujet de l'accomplissement des mitsvot assé, qui sont attirées de l'aspect de vav-hé, qui est l'aspect de Zeir Anpin d'Atsilout, dont les lumières sont réparties à l'intérieur des kelim, qui sont les 248 organes de Zeir Anpin, d'où sont attirées les 248 mitsvot assé. C'est pourquoi celui qui accomplit une mitsva assé attire sur lui une lumière supérieure de Zeir Anpin, et c'est pourquoi la Torah a été donnée par écrit, afin que les lumières de Zeir Anpin se revêtent dans des kelim véritablement ; c'est pourquoi la sagesse de la Torah s'est elle aussi revêtue dans l'écrit, etc., dans les lettres et les couronnes, etc.

Cependant la racine des interdictions, bien qu'elles soient aussi dans la Torah écrite, est néanmoins au-dessus du degré des mitsvot assé, mais elles sont attirées de l'aspect de yod-hé. Parce que la racine des interdictions est d'un aspect et d'un degré élevé qui ne peut pas se revêtir à l'intérieur de kelim comme les mitsvot assé, dont les téfilines et l'etrog sont des kelim pour la lumière, etc., ce qui n'est pas le cas des interdictions, pour lesquelles cette lumière n'a pas de keli dans lequel elle puisse résider de manière affirmative par un acte, mais seulement par la négation et le déni elle est saisie, car on ne peut connaître son essence, seulement nier le contraire, comme "tu ne mangeras pas de graisse ni de sang" (Lévitique 3, 17), parce que cela s'oppose à la sainteté de la lumière, car elle est de l'aspect de la sitra a'hra (l'autre côté).

וע"י שלילת ההפוך נמשך גלוי האור אבל א"א להמשיכו ע"י מעשה כמו ע"י תפילין וציצית ע"ד האורות הנמשכים ע"י מ"ע לפי שמעלת האורות הנמשכים ע"י ל"ת גדולים וגבוהים יותר מהנמשכים ע"י מ"ע וא"א לעשות להם כלים בבחי' הן רק ע"י לאו שקדם להן דהיינו ע"י שלילת ההפוך. וזהו בארץ לא זרועה וזהו שהל"ת נמשכים מבחינת י"ה שלמעלה מו"ה:

Et par la négation du contraire est attirée la révélation de la lumière, mais il est impossible de l'attirer par un acte comme par les téfilines et les tsitsit, à la manière des lumières attirées par les mitsvot assé, parce que la supériorité des lumières attirées par les interdictions est plus grande et plus élevée que celles qui sont attirées par les mitsvot assé, et il est impossible de leur faire des kelim de manière affirmative, seulement par la négation qui les précède, c'est-à-dire par la négation du contraire. Et c'est "dans une terre non ensemencée" (Jérémie 2, 2), et c'est que les interdictions sont attirées de l'aspect de yod-hé qui est au-dessus de vav-hé.

והנה כל דברי סופרים הוא הכל עד"ז של הל"ת שהרי ד"ס הם לעשות סייג לתורה עשו משמרת למשמרתי כו' לכך נקרא דברי סופרים ששרשם מבחי' סופר שהוא בחי' אי"ה סופר שהוא ענין א' י"ה כנ"ל שהל"ת נמשכים מי"ה. וכמו"כ כל ד"ס נמשכים משם לכן הם למעלה מתושב"כ שנק' ספר דרמ"ח מ"ע נמשכים מו"ה שהם מתלבשים בכלים.

משא"כ ד"ס הם מבחי' שלמעלה מזו לכן לא היה באפשר להתלבש במעשה הכתב אלא בעל פה דוקא כי אבא יסד ברתא שבחי' הדבור נמשך מן הח"ע שהוא בחי' איה סופר כנ"ל (וע' מ"ש ע"פ שחורה אני ונאוה מענין זה):

Or toutes les paroles des scribes sont entièrement à la manière des interdictions, car les paroles des scribes sont pour faire une haie à la Torah (Avot 1, 1) : "faites une garde à Ma garde", etc. (Yevamot 21a).

C'est pourquoi elles sont appelées paroles des scribes, car leur racine est de l'aspect du scribe, qui est l'aspect d'"ayeh sofer", qui est le sujet d'alef-yod-hé comme ci-dessus, dont les interdictions sont attirées de yod-hé. De même toutes les paroles des scribes sont attirées de là, c'est pourquoi elles sont au-dessus de la Torah écrite qui est appelée livre, car les 248 mitsvot assé sont attirées de vav-hé, qui se revêtent dans des kelim.

Ce qui n'est pas le cas des paroles des scribes, qui sont d'un aspect supérieur à celui-ci, c'est pourquoi il n'était pas possible qu'elles se revêtent dans l'acte de l'écrit, mais oralement précisément, car "Abba a fondé la fille", l'aspect de la parole étant attiré de la 'hokhma ilaa, qui est l'aspect d'"où est le scribe" comme ci-dessus (et voir ce qui est écrit sur le verset "Je suis noire et belle" (Cantique des Cantiques 1, 5) au sujet de ceci).

והנה גם בתושב"כ עצמה ימצאו ענינים אשר לא נכתבו מצד מעלתן הרמה. דהיינו שלפעמים נאמר וידבר ה' אל משה לאמר כך וכך.

שנתפרש ונכתב בתורה הצווי והאמירה של הקב"ה למשה בענין מצוה ההיא.

Or même dans la Torah écrite elle-même se trouvent des sujets qui n'ont pas été écrits en raison de leur degré élevé. C'est-à-dire que parfois il est dit "Et ה' parla à Moché en disant : ainsi et ainsi", où sont expliqués et écrits dans la Torah l'ordre et la parole du Saint, béni soit-Il à Moché au sujet de cette mitsva.

ולפעמים לא נכתב רק הצווי של משה לישראל בענין מצוה ההיא ולא נכתב הצווי של הקב"ה אליו וכמו כל משנה תורה שאמר משה לישראל כמה מצות אשר לא נתפרשו היכן צוהו הש"י ע"ז.

Et parfois n'est écrit que l'ordre de Moché à Israël au sujet de cette mitsva, et n'est pas écrit l'ordre du Saint, béni soit-Il à lui, comme dans tout le Deutéronome que Moché a dit à Israël plusieurs mitsvot dont il n'est pas expliqué où D.ieu, béni soit-Il, le lui a ordonné à ce sujet.

וכה"ג נמצא הרבה בתורה. וצריך להבין למה לא נכתב הצווי של הקב"ה.

אך הענין כי משה הוא בחי' יסוד אבא ולכן זכה שתנתן התורה על ידו דאורייתא מח"ע נפקת. ופי' ויאמר או וידבר ה' אל משה.

הוא בחי' הדבור וההמשכה מן המאציל אור א"ס ב"ה ליסוד אבא ח"ע בענין המצוה ההיא או ההגדה ההיא.

Et de cette manière on en trouve beaucoup dans la Torah. Et il faut comprendre pourquoi l'ordre du Saint, béni soit-Il n'a pas été écrit.

Mais le sujet est que Moché est l'aspect du yessod d'Abba, et c'est pourquoi il a mérité que la Torah soit donnée par lui, car la Torah sort de la 'hokhma ilaa. Et l'explication de "et ה' dit" ou "et ה' parla à Moché", c'est l'aspect de la parole et de l'attraction, de l'Emanateur, Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, vers le yessod d'Abba, la 'hokhma ilaa, au sujet de cette mitsva ou de ce récit.

וענין וידבר משה אל בנ"י הוא ההמשכה שנמשך מיסוד אבא גילוי ענין ההוא לישראל. ולכך יש איזו ענינים גבוהים מאד.

שלא היה יכול להתלבש בכתב ענין ההמשכה מאור א"ס ב"ה בח"ע בענין ההוא רק נכתב ההמשכה והגלוי מיסוד אבא למטה שזהו ענין וידבר משה כו'. וכמו בענין הארבה שהתרה משה את פרעה כי אם מאן אתה כו' הנני מביא מחר ארבה כו' ולא נאמר הצווי של הקב"ה בענין ההתראה.

והיינו להיות ששרש הארבה גבוה מאד כידוע בענין וארבה את זרעו ואתן לו את יצחק כו' (צ"ע דאח"כ נכתב הצווי של הקב"ה בענין הארבה נטה את ידך וצ"ל דבענין ההתראה לפרעה לא היה יכול להיות נכתב) ויש ענינים שיוכל להיות נכתב הצווי של הקב"ה למשה ולא נכתב הצווי של משה לישראל בענין ההוא רק שממילא מובן שמסתמא אמר משה לישראל מאחר שנכתב שאמר השי"ת למשה כו':

Et le sujet de "et Moché parla aux enfants d'Israël", c'est l'attraction qui est attirée du yessod d'Abba, la révélation de ce sujet à Israël. Et c'est pourquoi il y a certains sujets très élevés, dont le sujet de l'attraction de la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans la 'hokhma ilaa concernant ce sujet ne pouvait pas se revêtir dans l'écrit, mais seule fut écrite l'attraction et la révélation du yessod d'Abba vers le bas, ce qui est le sujet de "et Moché parla, etc.".

Et comme dans le sujet des sauterelles, où Moché avertit Paro : "Car si tu refuses, etc., voici que j'amène demain des sauterelles, etc." (Exode 10, 4), et le commandement du Saint, béni soit-Il concernant l'avertissement n'est pas dit. Et c'est parce que la racine des sauterelles est très élevée, comme on le sait dans le sujet de "et Je multipliai sa descendance, et Je lui donnai Its'hak, etc." (Josué 24, 3) (il faut examiner, car ensuite le commandement du Saint, béni soit-Il concernant les sauterelles fut écrit : "étends ta main" (Exode 10, 12), et il faut dire que concernant l'avertissement à Paro il ne pouvait pas être écrit).

Et il y a des sujets où le commandement du Saint, béni soit-Il à Moché pouvait être écrit, mais le commandement de Moché à Israël concernant ce sujet ne fut pas écrit, seulement il est compris de soi-même que sans doute Moché le dit à Israël, puisqu'il est écrit que D.ieu, béni soit-Il, le dit à Moché, etc.

להבין מארז"ל ע"פ כי טובים דודיך מיין. ערבים עלי דברי סופרים יותר מיינה של תורה.

וי"ל לשון עלי והל"ל לי. הנה כתיב לאהבה את ה' אלקיך כי הוא חייך.

פי' כי הוא חייך. היינו נתינת טעם.

Pour comprendre le dire de nos Sages sur le verset "car tes caresses sont meilleures que le vin" (Cantique des Cantiques 1, 2) : "Les paroles des scribes me sont plus agréables que le vin de la Torah" (Avoda Zara 35a). Et il faut comprendre l'expression "sur moi" (alaï), alors qu'il aurait fallu dire "à moi" (li).

Voici qu'il est écrit : "pour aimer ה' ton Elokim, car Il est ta vie" (Deutéronome 30, 20). L'explication de "car Il est ta vie", c'est-à-dire une raison donnée.

וכנודע דכי משמש בארבע לשונות. וכאן הוא משמש בלשון דהא.

שהוא נתינת טעם לאהבה את ה' אלקיך מפני שהוא חייך. שהמאציל העליון ב"ה הוא מקור החיים ומקור התענוגים כמ"ש כי עמך מקור חיים וגו' וממך הכל כתיב שממנו נמשכו כל החיים והתענוגים הנמצאים בארבעה עולמות אבי"ע והוא ית' הוא חיי החיים.

Et comme on le sait, "ki" sert en quatre sens (Roch Hachana 3a). Et ici il sert dans le sens de "deha", qui est une raison donnée pour aimer ה' ton Elokim, parce qu'Il est ta vie.

Car l'Emanateur suprême, béni soit-Il, est la source de la vie et la source des délices, comme il est écrit "car auprès de Toi est la source de la vie, etc." (Psaumes 36, 10), et "et de Toi est tout" est écrit (I Chroniques 29, 14), car de Lui sont attirées toutes les vies et les délices qui se trouvent dans les quatre mondes Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya, et Lui, béni soit-Il, est la vie des vies.

ואי לזאת כשיתבונן האדם בזה יומשך מזה לאהבה את ה' שכמו שאוהב האדם לחיי נפשו כך יאהוב את ה' שהוא חיי החיים כולם וחיי נפשו בפרט. אך אהבה זו שנמשכה מן הטעם כי הוא חייך לא נק' עדיין מס"נ הנא' בפסוק בכל נפשך ובכל מאדך מאחר שנמשכ' מן הטעם כי הוא חייך ונודע שבחי' טנת"א הוא בבחי' הנאצלי' טעמים בחכמה כו'.

אבל המאציל א"ס ב"ה מרומם ונשגב אף מגדר החכמה כמ"ש כולם בחכמה עשית שהחכמה נחשבת לעשיי' גשמית קמיה ית'. ומזה נמשך בחי' מסירת נפש (שיש בכח בכל א' מישראל מחמת שמלובש בנשמתו הארה מבחי' א"ס ב"ה שלמעלה מן החכמה והטעם כו') למסור נפשו באחד בלי טעם ודעת כלל רק מצד אהבה הפשוטה לה' המרומם לבדו ואין ערוך אליו כלל וכמ"ש אני הוי"ה לא שניתי כו' בין קודם שנברא העולם ובין אחר שנברא העולם אין בו שום שינוי והתפעלות כלל וענין אהבה זו היינו שאינו רוצה להיות נפרד מיחודו ית' אלא למהוי אחד באחד ממש והיינו ענין בכל נפשך ובכל מאדך למסור נפשו ממש למעלה מן הטעם והדעת והוא ההתקשרות במהותו ועצמותו ית' שלמעלה מעלה מבחי' טנת"א כנ"ל:

Et c'est pourquoi, lorsque l'homme méditera sur cela, il en sera attiré d'aimer ה', car de même que l'homme aime la vie de son âme, ainsi il aimera ה' qui est la vie de toutes les vies et la vie de son âme en particulier. Mais cet amour qui est attiré de la raison "car Il est ta vie" ne s'appelle pas encore messirout nefech (don de soi) dont il est dit dans le verset "de toute ton âme et de toute ta force" (Deutéronome 6, 5), puisqu'il est attiré de la raison "car Il est ta vie".

Et on sait que l'aspect des te'amim, nekoudot, taguin, otiot est dans l'aspect des émanés : les taamim dans la 'hokhma, etc. Mais l'Emanateur, Or Ein Sof, béni soit-Il, est élevé et sublime même au-delà du niveau de la 'hokhma, comme il est écrit "Tu as tout fait avec sagesse" (Psaumes 104, 24), car la 'hokhma est considérée comme un faire matériel devant Lui, béni soit-Il.

Et de cela est attiré l'aspect de la messirout nefech (qu'il y a en puissance en chacun d'Israël du fait que dans son âme est vêtu un rayonnement de l'aspect de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est au-dessus de la 'hokhma et de la raison) pour livrer son âme dans l'Un sans raison ni connaissance du tout, seulement du côté de l'amour simple pour ה' qui est élevé Lui seul et il n'y a aucune comparaison à Lui, et comme il est écrit "Moi, ה', Je n'ai pas changé, etc." (Malachie 3, 6) : entre avant que le monde ne soit créé et après que le monde a été créé, il n'y a en Lui aucun changement ni aucune émotion du tout. Et le sujet de cet amour, c'est qu'il ne veut pas être séparé de Son unicité, béni soit-Il, mais être un dans l'Un véritablement, et c'est le sujet de "de toute ton âme et de toute ta force", livrer son âme véritablement au-dessus de la raison et de la connaissance, et c'est l'attachement à Son essence et à Son être, béni soit-Il, qui est bien au-dessus de l'aspect des te'amim, nekoudot, taguin, otiot, comme ci-dessus.

והנה אהבה ומס"נ זו יש בכל א' מישראל בכח אלא שהיא בבחי' העלם והסתר. וכדי להוציאה מההעלם אל הגלוי הוא ע"י בחינת יינה של תורה דוקא.

כמארז"ל נכנס יין יצא סוד והסוד הגנוז בנפש היא האהבה מסותרת הנ"ל וע"י שיכנס בנפשו בחי' יינה של תורה שהוא בחי' קיום התומ"צ שעי"ז נמשך התגלות האהבה המסותרת שתצא האהבה אל הגלוי בלב כנס"י שיהיו בוערים באהבה פשוטה למהוי אחד באחד.

Et voici que cet amour et cette messirout nefech se trouvent en chacun d'Israël en puissance, mais ils sont dans l'aspect du caché et du voilé. Et pour les faire sortir du caché vers le révélé, c'est précisément par l'aspect du vin de la Torah.

Comme le dire de nos Sages : "Le vin entre, le secret sort" (Erouvin 65a), et le secret caché dans l'âme est l'amour dissimulé susdit, et par le fait qu'entre dans son âme l'aspect du vin de la Torah, qui est l'aspect de l'accomplissement de la Torah et des mitsvot, par cela est attirée la révélation de l'amour dissimulé, afin que l'amour sorte vers le révélé dans le cœur de Knesset Israël, pour qu'ils brûlent d'un amour simple d'être un dans l'Un.

והנה בשבת מתגלה ג"כ בחי' האהבה מסותרת בבחי' גלוי. והענין דהנה כתיב ששת ימים עשה ה' את השמים וכו' וביום השביעי שבת.

כי בעשרה מאמרות שהם ע"ס נברא העולם. ובראשית נמי מאמר הוא דהיינו שגם החכמה דאצי' ראשית האצי' הוא ג"כ בחי' מאמר לבד לגבי מהו"ע ית' וכנ"ל בענין כלם בחכמה עשית.

Et voici que le Chabbat aussi révèle l'aspect de l'amour dissimulé dans l'aspect du révélé. Et le sujet est : voici qu'il est écrit "En six jours ה' fit le ciel, etc., et le septième jour Il cessa" (Exode 31, 17).

Car par dix paroles, qui sont les dix sefirot, le monde fut créé (Avot 5, 1). Et "Berechit" aussi est une parole (Roch Hachana 32a), c'est-à-dire que même la 'hokhma d'Atsilout, commencement d'Atsilout, est aussi un aspect de parole seulement par rapport à Son essence et Son être, béni soit-Il, et comme ci-dessus dans le sujet de "Tu as tout fait avec sagesse".

ובשי"ב נשפלו החכמה והמדות עליונות שהם הע"מ לברוא העולם כמו עד"מ האדם העושה איזה מלאכה שכותב או מצייר איזה ציור אזי משפיל שכלו ומחשבתו לעיין באותו הציור והכתב וכשגמר מחשבתו חוזרים שכלו ומחשבתו למהותן ועצמותן. כך עד"מ למעלה בשי"ב נשפלו הע"ס עליונות להיות בריאת העולם על ידיהן ובשבת שבת וינפש שנתעלו החכמה ומדות למהו"ע ית' המרומם ונשגב לבדו בבחי' אין ערוך כו' מקור התענוגים.

Et pendant les six jours de la création, la 'hokhma et les middot supérieures, qui sont les dix paroles, s'abaissèrent pour créer le monde, comme par exemple l'homme qui fait quelque ouvrage, qui écrit ou dessine quelque dessin, alors il abaisse son intellect et sa pensée pour examiner ce dessin et cette écriture, et lorsqu'il a achevé sa pensée, son intellect et sa pensée retournent à leur essence et à leur être. Ainsi, par exemple, en haut, pendant les six jours de la création, les dix sefirot supérieures s'abaissèrent pour que la création du monde se fasse par elles, et le Chabbat "Il cessa et reprit souffle" (Exode 31, 17), que la 'hokhma et les middot s'élevèrent vers Son essence et Son être, béni soit-Il, qui est élevé et sublime Lui seul, dans l'aspect de "il n'y a aucune comparaison", source des délices.

ולכן מתגלה בשבת בחי' אהבה מסותרת שהיא מבחי' זו למעלה מבחי' חכמה ובחי' טעמים כו' כנ"ל. וכ"ז בא ע"י שנכנס בנפש האדם בחי' יינה של תורה היינו קיום המצות שבהם מלובש רצון העליון שהוא למעלה מבחי' חכמה כנודע וע"י גילוי רצה"ע יתעורר באדם גלוי האהבה מסותרת שהיא בחי' אהבה ורצון שלמעלה מן החכמה והטעם וזהו ענין נכנס יין יצא סוד:

Et c'est pourquoi se révèle le Chabbat l'aspect de l'amour dissimulé, qui est de cet aspect au-dessus de l'aspect de la 'hokhma et de l'aspect des taamim, comme ci-dessus. Et tout cela vient par le fait qu'entre dans l'âme de l'homme l'aspect du vin de la Torah, c'est-à-dire l'accomplissement des mitsvot, dans lesquelles est vêtu le vouloir suprême qui est au-dessus de l'aspect de la 'hokhma, comme on le sait, et par la révélation du vouloir suprême s'éveille dans l'homme la révélation de l'amour dissimulé, qui est l'aspect de l'amour et du vouloir au-dessus de la 'hokhma et de la raison, et c'est le sujet de "le vin entre, le secret sort".

ועתה יובן ענין ערבים עלי ד"ס יותר מיינה של תורה. עלי דוקא והיינו כי המצות עצמן נק' יינה של תורה כנ"ל.

והנה הברכות שמברכים על המצות הם מד"ס.

Et maintenant sera compris le sujet de "elles me sont plus agréables, les paroles des scribes, que le vin de la Torah". "Sur moi" précisément, et c'est-à-dire que les mitsvot elles-mêmes sont appelées le vin de la Torah comme ci-dessus.

Et voici, les bénédictions que l'on récite sur les mitsvot sont des paroles des scribes.

והם למעלה מקיום המצות עצמן כמ"ש בע"ח שע"י עצם המצוה נמשך בחי' האו"פ המתלבש בתוך הכלים ממש וע"י הברכה שעל המצוה ממשיכים בחי' האור מקיף שהוא למעלה מבחי' האו"פ שלכך א"י להתלבש בתוך הכלי וז"ש רז"ל כל המצות מברך עליהן עובר לעשייתן לשון עובר הוא ענין מקיף כמו עובר לסוחר.

Et elles sont au-dessus de l'accomplissement des mitsvot elles-mêmes, comme il est écrit dans Ets 'Haïm que par l'essence de la mitsva est attirée l'aspect de la lumière intérieure qui se revêt véritablement à l'intérieur des kelim, et par la bénédiction sur la mitsva on attire l'aspect de l'or makif (lumière enveloppante) qui est au-dessus de l'aspect de la lumière intérieure, c'est pourquoi elle ne peut se revêtir à l'intérieur du keli. Et c'est ce qu'ont dit nos Sages de mémoire bénie : "sur toutes les mitsvot on bénit sur elles avant leur accomplissement" (Pessa'him 7b) ; l'expression "over" est le sujet du makif, comme "over laso'her", "ayant cours chez le marchand" (Genèse 23, 16).

וזהו ענין ערבים עלי ד"ס ולא אמר לי. כי פי' עלי היינו לומר שההמשכה ע"י הברכה הוא בבחי' מקיף וזהו עלי ולכך ערבים יותר מיינה של תורה שהם רק בחי' או"פ כו' ונועם ה' והעריבות הנמשך ע"י הברכה שהוא מד"ס הוא מבחי' מקיף וזהו ערבים עלי.

Et c'est le sujet de "elles me sont plus agréables, les paroles des scribes", et il n'a pas dit "à moi". Car l'explication de "sur moi" est de dire que l'attraction par la bénédiction est dans l'aspect du makif, et c'est "sur moi", et c'est pourquoi elles sont plus agréables que le vin de la Torah, qui n'est que l'aspect de la lumière intérieure, et la douceur de ה' et l'agrément attiré par la bénédiction, qui est des paroles des scribes, est de l'aspect du makif, et c'est "elles me sont plus agréables, sur moi".

ופי' וענין ל' הברכה בא"י אמ"ה אקב"ו היינו ברוך הוא המשכ' מבחי' ראש ומקור כל ברכה מקור החיים שלמעלה מהשתלשלות. ונמשך ברכה והמשכה זו אל בחי' אתה הוא בחי' עלמא דאתגליא שיהיה בחי' הוי"ה שהוא כללות ההשתלשלות יו"ד צמצום ה"א התפשטות ו' המשכה ה' התפשטות.

Et l'explication et le sujet de la formule de la bénédiction "Baroukh Ata ה' Elokeinou Melekh ha'olam acher kidchanou bemitsvotav", c'est-à-dire "béni" est l'attraction de l'aspect de la tête et source de toute bénédiction, source de la vie qui est au-dessus de l'enchaînement. Et cette bénédiction et cette attraction sont attirées vers l'aspect de "Ata", qui est l'aspect du monde révélé, afin qu'il y ait l'aspect de ה', qui est l'ensemble de l'enchaînement : yod le tsimtsoum (retrait), hé l'expansion, vav l'attraction, hé l'expansion.

וז"ש ברכת הוי"ה היא תעשיר ובאברהם כתיב והיה ברכה שהברכה היא בחי' הוי"ה ואח"כ אומרים אמ"ה שיומשך השפע למטה עד גם בבחי' מלך העולם שהיא בחי' מל' דאצי' שהיא בחי' תחתונה שבאצי' כנודע. אשר הוא בחי' תענוג העליון כמה שכתוב באשרי כי אשרוני בנות.

בכדי לקדשנו במצותיו הקב"ה מניח תפילין כו' שהם מבחי' מהו"ע ית'.

Et c'est ce qui est dit "la bénédiction de ה' enrichit" (Proverbes 10, 22), et chez Avraham il est écrit "et tu seras une bénédiction" (Genèse 12, 2), que la bénédiction est l'aspect de ה', et ensuite on dit "Elokeinou Melekh ha'olam" afin que l'influx soit attiré en bas jusqu'également dans l'aspect de Roi du monde, qui est l'aspect de la malkhout d'Atsilout, qui est l'aspect inférieur qui est dans Atsilout, comme il est connu. "Acher" est l'aspect du délice supérieur, comme il est écrit "en mon bonheur, car les filles me diront heureuse" (Genèse 30, 13).

Afin de nous sanctifier par Ses mitsvot, "le Saint, béni soit-Il, pose les téfilines" (Berakhot 6a), etc., qui sont de l'aspect de Son essence et de Son être, béni soit-Il.

ונמצא יש בהברכה בחי' רו"ש תחלה הוא השוב להמשיך השפע למטה עד בחי' מלך העולם ואח"כ הרצוא קדשנו במצותיו במהו"ע להמשיך משם למטה. וז"ש אשרי איש ירא את ה'.

מתחלה בחי' ריחוק שירא לגשת אל הקדש מי אנכי כי באתי עד הלום.

Et l'on trouve qu'il y a dans la bénédiction l'aspect de ratso vachov : d'abord le chov pour attirer l'influx en bas jusqu'à l'aspect de Roi du monde, et ensuite le ratso, "nous a sanctifiés par Ses mitsvot", dans Son essence et Son être, pour attirer de là en bas. Et c'est ce qui est dit "Heureux l'homme qui craint ה'" (Psaumes 112, 1).

D'abord l'aspect d'éloignement, qu'il craint d'approcher du saint : "qui suis-je pour être venu jusqu'ici" (II Samuel 7, 18).

ואח"כ במצותיו חפץ מאד. דהיינו אמת שאיני ראוי לכך אך מ"מ במצותיו חפץ מאד.

והטעם שצ"ל רו"ש כי כל המשכה מלמעלה צ"ל ע"י מטי ולא מטי תחלה בחי' הסתלקות שהוא ענין לא מטי ואח"כ התפשטות בחי' מטי. ולכן צ"ל אתעדל"ת ג"כ בחי' רו"ש וזהו ענין ערבים עלי ד"ס ששרש דברי חז"ל נמשך מבחי' סופר בחי' איה סופר שהוא למעלה מבחי' יינה של תורה שתושב"כ נק' ספר כו' וכמש"ל.

ועמ"ש מענין ברכת המצות בפסוק ועשית בגדי קדש ע"ש:

Et ensuite "en Ses mitsvot il prend grand plaisir" (Psaumes 112, 1). C'est-à-dire, en vérité je n'en suis pas digne, mais néanmoins en Ses mitsvot il prend grand plaisir.

Et la raison pour laquelle il faut ratso vachov, car toute attraction d'en haut doit être par mati velo mati : d'abord l'aspect de retrait, qui est le sujet de lo mati, et ensuite l'expansion, aspect de mati. Et c'est pourquoi il faut aussi l'itarouta diletata (éveil d'en bas), aspect de ratso vachov, et c'est le sujet de "elles me sont plus agréables, les paroles des scribes", dont la racine des paroles de nos Sages est attirée de l'aspect du scribe, aspect d'"où est le scribe", qui est au-dessus de l'aspect du vin de la Torah, car la Torah écrite est appelée livre, etc., comme expliqué plus haut.

Et vois ce qui est écrit du sujet de la bénédiction des mitsvot sur le verset "et tu feras des vêtements saints" (Exode 28, 2), vois là.

💬