« Je descendrai donc et Je verrai » (Berechit 18, 21) : pourquoi D.ieu doit-Il descendre des cieux pour examiner un cri ? L'Admour Hazaken explique que ce cri au féminin désigne l'attribut de la royauté (mal'hout), qui incarne le jugement. Il s'élève d'en bas vers en haut par les vases (kelim) divins, appelant le châtiment. En revanche, la vision relève de la bonté ('hessed), la ligne droite des sefirot qui s'épanche d'en haut vers en bas. Par cette descente, D.ieu attire la miséricorde à l'intérieur du jugement : Il regarde l'action avec bonté afin de trouver un mérite aux accusés.
Aussi : la difficulté des philosophes sur la providence particulière ; la différence entre le daat (connaissance) supérieur qui préserve le libre choix et le daat inférieur ; l'enseignement de Rachi pour les juges.
ארדה נא וגו'. הנה הכצעקתה הוא לשון נקבה וכן הבאה.
ועשו לשון נקבה ולשון זכר. וגם להבין מהו ארדה נא ואראה הלא משמים הביט ה'.
אך פי' הכצעקתה היינו הצעקה העולה מבחי' מדת הדין שהיא בחי' מדת מלכות שנק' דין דינא דמלכותא דינא רק שהוא דינא רפיא מלך במשפט יעמיד ארץ וז"ש הכצעקתה הבאה וכמ"ש בערב היא באה.
"Je descendrai donc", etc. (Genèse 18, 21).
Voici : "le cri qui s'élève d'elle" est au féminin, et de même "qui vient". Et "ils ont fait" est au féminin et au masculin.
Et aussi pour comprendre ce qu'est "Je descendrai donc et Je verrai", des cieux, ה' n'a-t-Il pas regardé ? Mais l'explication de "le cri qui s'élève d'elle", c'est le cri qui monte de l'aspect de l'attribut du jugement, qui est l'aspect de l'attribut de malkhout, appelée din : "dina demalkhouta dina" (la loi du royaume est loi), seulement c'est un din adouci (dina rafia) : "un roi, par le jugement, affermit la terre" (Proverbes 29, 4).
Et c'est ce qui est dit : "le cri qui s'élève d'elle, qui vient", et comme il est écrit : "le soir, elle vient".
ורחל באה. וביאור הענין הנה מתחלה יש להקדים לשון השגור בדחז"ל גלוי וידוע לפני מי שאמר והיה העולם.
גלוי וידוע דייקא. כי הנה הפילוסופים נלאו להשיג ענין ההשגחה פרטית כמו אין אדם נוקף אצבעו מלמטה אא"כ מכריזין עליו מלמעלה דקשה להם כיון שהוא ית' יחיד ומיוחד אחד האמת וא"כ איך יתכן ידיעת הש"י הפרטים וההשגחה פרטי' לתת דעתו על ענינים רבים שהרי זה בחי' רבוי.
Et Ra'hel vint. Et l'explication de la chose : voici qu'il faut d'abord faire précéder le langage courant dans les paroles de nos Sages, de mémoire bénie : "Révélé et connu devant Celui qui a dit et le monde fut".
"Révélé et connu" précisément. Car voici que les philosophes se sont épuisés à comprendre la notion de la providence particulière, comme "aucun homme ne se cogne le doigt d'en bas à moins qu'on ne le proclame sur lui d'en haut", ce qui leur est difficile, puisque Lui, béni soit-Il, est unique et unifié, l'Un véritable, et s'il en est ainsi, comment se peut la connaissance, par D.ieu, béni soit-Il, des particuliers et la providence particulière, pour porter Son attention sur des affaires nombreuses, car cela est un aspect de multiplicité.
וחז"ל כיוונו לתרץ זה בדבור אחד באמרם גלוי וידוע לפני כו' שאין ידיעתו ית' כדמיון ידיעת האדם איזו דבר שדעתו השיג הדבר ומתחלה לא ידעו וכשיודע הדבר הרי דעתו מלובשת בידיעה זו ומחשבה זו שנותן דעתו להשיגה וקודם ידיעתו היה דעתו פנוי וה"ז בחי' שינוי והתפעלות משא"כ למעלה ידיעתו ית' שיודע כל העולמות ופרטיהן אין הענין שדעתו מתלבשת ונתפסת בזה אלא ע"ד גלוי וידוע שהכל גלוי וידוע לפניו ית' ממילא וא"צ להיות נתפס ומתלבש בהדבר לידע (במכש"כ ממה שמחיה ומהווה הדבר שלא ע"י התלבשות בהדבר כ"א על ידי היותו סוכ"ע. וכ"ש וק"ו שידיעת הדבר ופרטיו א"צ להיות ע"י התלבשות ותפיסה בהדבר כו') וכיון שהוא גלוי וידוע אין שייך כלל קושייתם שהוא בחי' רבוי כי זה אינו רק במין ידיעת האדם שא"א לו לידע דבר כ"א ע"י שדעתו ומחשבתו מתלבשים בידיעת הדבר.
וזהו כי לא מחשבותי מחשבותיכם כו' כי הוא גלוי וידוע כו' (והמשכיל יבין דקות הדברים ולאו כל מוחא סביל דא). והנה כתיב (זכרי' סי' ד') שבעה אלה עיני ה' המה משוטטים בכל הארץ וכתיב (ד"ה ב' י"ו ט') כי ה' עיניו משוטטות בכל הארץ.
ויש להבין דענין משוטטים ומשוטטות משמע שנמשך לראות ולעיין הדבר על ידי ראיה זו והרי זה כמו בחי' התלבשות בהדבר הנראה וידוע וזה לכאורה הפך ממ"ש בפי' גלוי וידוע. אך הענין כי נודע שבע"ס יש אורות וכלים כי בחי' חו"ג זהו בחי' כלי אבל האור הוא הארה מא"ס ב"ה דלאו מכל אינון מדות איהו כלל רק שהאור מתלבש בהכלי שהוא חו"ג ושאר המדות שהן נקראים בחינת כלים שהם מגבילים את האור ובהן ועל ידם נמשך האור להיות מחיה נבראים בע"ג להיות התהוות מיכאל וגבריאל מחנה מיכאל מקבלים מבחי' חסד וגבריאל מבחי' גבורה שא"א להיות המשכה זו מהאור עצמו כ"א ע"י הכלים.
כמו שא"א להיות השפעת כסף וזהב מהנשמה אא"כ מלובשת בגוף ונותנת הנשמה צדקה לעני ע"י היד הגשמי.
Et nos Sages, de mémoire bénie, ont visé à résoudre cela en une seule parole, en disant "Révélé et connu devant etc.", que Sa connaissance, béni soit-Il, n'est pas à la ressemblance de la connaissance de l'homme d'une chose que sa pensée a saisie, et auparavant il ne la savait pas, et lorsqu'il connaît la chose, voici que sa pensée est revêtue de cette connaissance et de cette pensée qu'il porte pour la saisir, et avant sa connaissance sa pensée était libre, et cela est un aspect de changement et d'être affecté. Ce qui n'est pas le cas en haut : Sa connaissance, béni soit-Il, qui connaît tous les mondes et leurs particuliers, ce n'est pas que Sa pensée se revête et soit saisie en cela, mais à la manière de "révélé et connu", que tout est révélé et connu devant Lui, béni soit-Il, de soi-même, et il n'est pas besoin d'être saisi et revêtu dans la chose pour connaître (à plus forte raison de ce qu'Il vivifie et fait venir à l'existence la chose, non par un revêtement dans la chose, mais par le fait qu'Il est sovev kol almin (qui entoure tous les mondes).
Et à plus forte raison et a fortiori, que la connaissance de la chose et de ses particuliers n'a pas besoin d'être par revêtement et saisie dans la chose etc.). Et puisqu'il est révélé et connu, leur difficulté n'a aucun rapport du tout, à savoir que ce serait un aspect de multiplicité, car cela n'est que dans l'espèce de la connaissance de l'homme, à qui il est impossible de connaître une chose sinon par le fait que sa pensée et son idée se revêtent dans la connaissance de la chose.
Et c'est "car Mes pensées ne sont pas vos pensées", etc. (Isaïe 55, 8), car c'est révélé et connu, etc.
(et l'intelligent comprendra la finesse des choses, et tout esprit n'est pas capable de supporter cela). Et voici qu'il est écrit (Zacharie 4) : "ces sept sont les yeux de ה', ils parcourent toute la terre", et il est écrit (II Chroniques 16, 9) : "car les yeux de ה' parcourent toute la terre".
Et il faut comprendre que la notion de "parcourent" et "parcourent" implique qu'il se prolonge pour voir et examiner la chose par cette vision, et voici que cela est comme un aspect de revêtement dans la chose vue et connue, et cela est apparemment le contraire de ce qui est dit dans l'explication de "révélé et connu". Mais la chose est qu'il est connu que dans les dix sefirot il y a des lumières et des kelim, car l'aspect de 'hessed et guevoura est l'aspect de kli, mais la lumière est une illumination de l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, qui n'est aucunement de toutes ces middot, seulement que la lumière se revêt dans le kli, qui est 'hessed et guevoura et les autres middot, lesquelles sont appelées aspect de kelim, qui limitent la lumière, et en elles et par elles la lumière se prolonge pour vivifier des créatures limitées, afin qu'il y ait l'existence de Mikhael et de Gavriel : le camp de Mikhael reçoit de l'aspect de 'hessed, et Gavriel de l'aspect de guevoura, car il est impossible que cette prolongation soit de la lumière elle-même, sinon par les kelim.
Comme il est impossible qu'il y ait un influx d'argent et d'or de la part de l'âme, à moins qu'elle ne soit revêtue dans le corps, et que l'âme donne la tsédaka au pauvre par la main corporelle.
והנה כמו כן ע"י הכלים דע"ס הוא ג"כ בחי' העלאת הזכות וחוב של כל נברא כי ע"י שהאדם עובר עבירה קונה לו קטיגור אחד נעשה פגם וכתם באותו המלאך הממונה ע"ז כי יש מלאכים שמקבלים ממדה זו ויש ממדה זו כנ"ל בענין מיכאל וגבריאל כו' ומלאך זה מעלה הדבר למלאך גבוה ממנו עד שמתעלה בכלים דע"ס דמלכות דאצי' המתלבשים בבי"ע ובתוך הכלי מלובש האור מא"ס ב"ה.
Et voici que de même, par les kelim des dix sefirot, il y a aussi l'aspect de l'élévation du mérite et de la faute de toute créature, car par le fait que l'homme transgresse une faute, il acquiert un accusateur, il se fait une atteinte et une tache dans cet ange préposé à cela, car il y a des anges qui reçoivent de cette mida et il y en a de cette mida, comme ci-dessus au sujet de Mikhael et Gavriel etc., et cet ange élève la chose vers un ange plus élevé que lui, jusqu'à ce qu'elle s'élève dans les kelim des dix sefirot de la malkhout d'Atsilout qui se revêtent dans Beria, Yetsira, Assiya, et à l'intérieur du kli est revêtue la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il.
ונמצא ע"י הכלים מתעלה להאור א"ס ב"ה המלובש בהכלים דע"ס. ולכן נאמר ע"ז עיניו משוטטות שהוא בחי' הכלים דע"ס.
וגם המלאכים המקבלים מהם נק' מארי דעיינין ויש מארי דאודנין.
Et il se trouve que par les kelim elle s'élève vers la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, revêtue dans les kelim des dix sefirot. Et c'est pourquoi il est dit à ce sujet "Ses yeux parcourent", qui est l'aspect des kelim des dix sefirot.
Et aussi les anges qui reçoivent d'eux sont appelés maîtres des yeux, et il y a des maîtres des oreilles.
והם משוטטים בכל הארץ כמאמר דע מה למעלה ממך עין רואה כו' ובהכלים שייך לומר משוטטים בבחינת התלבשות בהדבר. ובהם וע"י מתעלה הדבר בבחי' האור המלובש בתוכן מא"ס ב"ה והוא ע"ד גלוי וידוע שידיעה זו שבכלים דע"ס שעל ידי עיניו משוטטים היא בחי' גלוי וידוע לאור א"ס ב"ה המלובש בהכלים כיון שהאור באמת לאו מכל אינון מדות איהו כלל אע"פ שמלובש בהכלי כו'.
Et ils parcourent toute la terre, comme la parole "sache ce qui est au-dessus de toi : un œil voit etc.", et dans les kelim il convient de dire "parcourent", dans l'aspect du revêtement dans la chose. Et en eux et par eux la chose s'élève dans l'aspect de la lumière revêtue en eux, de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et cela est à la manière de "révélé et connu", que cette connaissance qui est dans les kelim des dix sefirot, par "Ses yeux parcourent", est un aspect de "révélé et connu" pour la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, revêtue dans les kelim, puisque la lumière, en vérité, n'est aucunement de toutes ces middot, bien qu'elle soit revêtue dans le kli etc.
וזהו תירוץ לקושיית הפילוסופים שאין ידיעה והשגחה זו גורם בחי' רבוי כי ההשגחה ע"ד עיניו משוטטות הוא ע"י הכלים כנ"ל אבל הידיעה בא"ס ב"ה המלובש בהכלים מה שיודע ורואה מה שעיניו משוטטות הנה ידיעתו יתברך זו היא בבחי' גלוי וידוע כו':
Et c'est la résolution de la difficulté des philosophes, que cette connaissance et cette providence ne causent pas un aspect de multiplicité, car la providence à la manière de "Ses yeux parcourent" est par les kelim, comme ci-dessus, mais la connaissance dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, revêtu dans les kelim, ce qu'Il connaît et voit de ce que Ses yeux parcourent, voici que cette connaissance, béni soit-Il, est dans l'aspect de "révélé et connu" etc.
הגה"ה (ועיין בפרדס שער פ"ח ושער ד' פ"ט מענין זה ובזוהר פקודי רנ"ב ע"א ואלין עיני ה' כולהו נטלי אשגחותא כו' עיי"ש וברע"מ פ' שופטים ד' ער"ה סע"א. ויש להבין כיון דפי' עיני ה' הם הכלים דע"ס דאבי"ע והמלאכים.
א"כ איך שייך שהבורא ית' יצטרך לידע את כל הנבראים ע"י אמצעות הע"ס והרי היוצר עין הלא יביט בעצמו דבשלמא לענין ההשפעה והמשכת החיות בהנבראים הוצרך להיות ע"י הכלים דע"ס שאל"כ לא יוכלו הנבראי' לקבל משא"כ לענין ידיעת השי"ת שיודע את כל הנבראי' אין שייך לומר כן ח"ו וא"כ למה צ"ל בחי' העינים שהם הכלים משוטטים כו' דהא בודאי הכל גלוי וידוע לפניו ית' בעצמו ביתר שאת שלא ע"י אמצעו'הכלי' כלל:) אך הענין כמ"ש כי אל דעות ה' שיש ב' בחי' בדעת דעת עליון וד"ת. ד"ע הוא בחי' מקיף וסוכ"ע היינו כי יש בחי' דעת שיודע ורואה הכל רק שהדעת הוא בבחי' מקיף דהיינו שאינו מתפשט בהמדו' להיות התפעלות מהדבר שהוא יודע או רואה וכענין שנאמר לא הביט און ביעקב שאין הפי' שלא הביט כלל אלא כמ"ש וירא און ולא התבונן וכמ"ש אם צדקת מה תתן לו וע"ז נאמר טהור עינים מראות ברע שאין ראיתו הרע עושה רושם והתפעלות כלל כי שממית בידים תתפש ומשם מקור הסליחה והרחמים שאין מגיע שם שום פגם והוא למעלה מהכלים דע"ס.
רק הפגם והשכר והעונש הוא נמשך ע"י הדעת המתפשט ונמשך במדות ונק' דעת תחתון והוא המתלבש בבחי' ממכ"ע היינו בכלים דע"ס דאבי"ע ולכן ידיעה זו היא ע"י בחי' עיני ה' שהם הכלים והמדות שעי"ז נמשך ההתפעלות שכר ועונש שהפגם מגיע בהכלים דייקא משא"כ ע"י הידיעה שבדעת העליון שלא ע"י הכלים דע"ס אע"פ שהכל גלוי וידוע לא נמשך מזה התפעלות כו'.
Note (et voir dans le Pardès, chapitre 8, et porte 4, chapitre 9, au sujet de cela, et dans le Zohar Pekoudei 252a : "et ces yeux de ה', tous prennent la providence etc.", voir là, et dans le Ra'aya Meheimna, paracha Choftim, folio 275a. Et il faut comprendre : puisque l'explication de "les yeux de ה'" ce sont les kelim des dix sefirot d'Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya et les anges, s'il en est ainsi, comment convient-il que le Créateur, béni soit-Il, ait besoin de connaître toutes les créatures par l'intermédiaire des dix sefirot, alors que "Celui qui forme l'œil ne regardera-t-Il pas ?" (Psaumes 94, 9), Lui-même ?
Car pour ce qui est de l'influence et de la prolongation de la vitalité dans les créatures, il a fallu que ce soit par les kelim des dix sefirot, car sinon les créatures ne pourraient recevoir, ce qui n'est pas le cas pour la connaissance de D.ieu, béni soit-Il, qui connaît toutes les créatures : il ne convient pas de dire ainsi, à D.ieu ne plaise. Et s'il en est ainsi, pourquoi faut-il l'aspect des yeux, qui sont les kelim, qui parcourent etc., puisque assurément tout est révélé et connu devant Lui, béni soit-Il, Lui-même, avec surcroît, non par l'intermédiaire des kelim du tout.) Mais le sujet est comme il est écrit "car ה' est un El de connaissances" (I Samuel 2, 3), qu'il y a deux aspects dans le daat : daat supérieur et daat inférieur.
Le daat supérieur est l'aspect de makif et de sovev kol almin, c'est-à-dire qu'il y a un aspect de daat qui connaît et voit tout, seulement que le daat est dans l'aspect de makif, c'est-à-dire qu'il ne se répand pas dans les middot pour qu'il y ait une affection par la chose qu'il connaît ou voit, et comme le sujet de ce qui est dit "Il n'a pas regardé l'iniquité en Yaakov" (Nombres 23, 21), dont le sens n'est pas qu'Il n'a pas regardé du tout, mais comme il est écrit "Il voit l'iniquité et n'y prête pas attention" (Job 11, 11), et comme il est écrit "si tu es juste, que Lui donnes-tu ?" (Job 35, 7), et sur cela il est dit "Tes yeux sont trop purs pour voir le mal" (Habacuc 1, 13), que Sa vision du mal ne fait aucune empreinte ni affection du tout, car "l'araignée se saisit avec les mains" (Proverbes 30, 28), et de là est la source du pardon et des miséricordes, où n'arrive aucune atteinte, et c'est au-dessus des kelim des dix sefirot. Seulement l'atteinte, la récompense et le châtiment se prolongent par le daat qui se répand et se prolonge dans les middot, et il est appelé daat inférieur, et c'est lui qui se revêt dans l'aspect de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes), c'est-à-dire dans les kelim des dix sefirot d'Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya, et c'est pourquoi cette connaissance est par l'aspect des yeux de ה', qui sont les kelim et les middot, par lesquels se prolonge l'affection, récompense et châtiment, car l'atteinte arrive dans les kelim précisément, ce qui n'est pas le cas par la connaissance qui est dans le daat supérieur, non par les kelim des dix sefirot : bien que tout soit révélé et connu, il ne se prolonge pas de cela d'affection etc.
ותדע שכן הוא מענין ידיעה ובחירה שאין הידיעה שהשי"ת יודע שזה יהיה צדיק או רשע מכרחת את הבחירה כלל. ואיך הוא.
אלא לפי שידיעה זו שהש"י יודע הכל מקודם אשר נעשה זהו בבחי' דעת עליון שלא ע"י הכלים דע"ס דהא עיני ה' משוטטים לראות המעשה שכבר נעשה שזה נראה לבחי' המלאכים והכלים דבי"ע שנעשה עי"ז פגם וכתם בהמלאך כו' וכנ"ל משא"כ הידיעה שהקב"ה יודע העתיד ומעשה האדם קודם שנעשה אינו על ידם כלל כ"א ידיעה זו היא במקום גבוה מאד בחי' דעת עליון ולהיות דעת זה בחי' מקיף אינו מכריח את הבחירה שאין האדם מתפעל מזה כמו שלא נמשך מדעת זה התפעלות אפי' בהמדות עליונים חו"ג להיות מזה שכר ועונש כנ"ל.
Et sache qu'il en est ainsi du sujet de la connaissance et du libre choix, que la connaissance par laquelle D.ieu, béni soit-Il, sait que celui-ci sera juste ou méchant ne contraint aucunement le libre choix. Et comment cela ?
Mais c'est parce que cette connaissance par laquelle D.ieu, béni soit-Il, connaît tout avant que cela ne se fasse, est dans l'aspect de daat supérieur, non par les kelim des dix sefirot, car les yeux de ה' parcourent pour voir l'acte déjà fait, que cela apparaît à l'aspect des anges et des kelim de Beria, Yetsira, Assiya, par quoi se fait une atteinte et une tache dans l'ange etc., comme ci-dessus, ce qui n'est pas le cas de la connaissance par laquelle le Saint, béni soit-Il, connaît l'avenir et l'acte de l'homme avant qu'il ne soit fait : elle n'est aucunement par eux, mais cette connaissance est dans un lieu très élevé, aspect de daat supérieur, et du fait que ce daat est un aspect de makif, il ne contraint pas le libre choix, car l'homme n'est pas affecté par cela, comme il ne se prolonge pas de ce daat d'affection même dans les middot supérieures, 'hessed et guevoura, pour qu'il y ait de cela récompense et châtiment, comme ci-dessus.
ושיהי' שכר ועונש זהו דוקא ע"י דעת תחתון שע"י הכלים והעינים. ועיין בפרדס ש"ד פ"ט בענין ידיעה ובחירה שכ' כי יש חילוק בידיעה קודם שיחטא האדם אעפ"י שעתיד לחטוא.
לאחר שחטא כו' ע"ש.
Et pour qu'il y ait récompense et châtiment, c'est précisément par le daat inférieur, qui est par les kelim et les yeux. Et voir dans le Pardès, porte 4, chapitre 9, au sujet de la connaissance et du libre choix, où il est écrit qu'il y a une distinction dans la connaissance avant que l'homme ne faute, bien qu'il doive fauter, après qu'il a fauté etc., voir là.
ולפמ"ש יובן כי הידיעה קודם שיחטא זהו בבחי' דעת עליון וכנ"ל. וז"ש בפ' שמות וירא אלקים את בנ"י וידע אלקים פי' לא שנתחדש' הידיעה אלא שמקודם היה בדעת עליון שלא נמשך מזה התפעלות להיות עונש לפרעה ושכר לישראל וע"י וירא אלהים ע"י בחי' עיני ה' לראות המעשה כשכבר נעשה בפועל עי"ז וידע אלקים שנמשך בחי' הדעת תחתון המתפשט במדות להיות שכר ועונש.
Et d'après ce qui est écrit, on comprendra que la connaissance avant qu'il ne faute est dans l'aspect de daat supérieur, comme ci-dessus. Et c'est ce qui est dit dans la paracha de Chemot : "et Elokim vit les enfants d'Israël, et Elokim connut" (Exode 2, 25).
L'explication n'est pas que la connaissance se soit renouvelée, mais qu'auparavant c'était dans le daat supérieur, dont ne se prolongeait pas d'affection pour qu'il y ait châtiment pour Pharaon et récompense pour Israël, et par "et Elokim vit", par l'aspect des yeux de ה' pour voir l'acte lorsqu'il a déjà été fait en acte, par cela "et Elokim connut", que se prolonge l'aspect du daat inférieur qui se répand dans les middot pour qu'il y ait récompense et châtiment.
והנה השגחה זו מבחי' דעת עליון ע"ז נאמר עין ה' אל יראיו וכתיב עין בעין נראה כדפי' באד"ר דף ק"ל ע"א וע"ש דיוסף הצדיק זכה לזה וזהו בן פורת עלי עין וזכה לזה ע"י ויכלכל יוסף וזהו טוב עין הוא יבורך כי נתן מלחמו לדל ע"ש. ומזה יובן דבעון סדום שפגמו בזה ע"כ נמנע מהם גלוי בחי' עליונה זו הממתיק כל הדינים בחי' ורב חסד כו':
Et voici que cette providence de l'aspect de daat supérieur, sur cela il est dit "l'œil de ה' est vers ceux qui Le craignent" (Psaumes 33, 18), et il est écrit "œil dans œil ils verront" (Isaïe 52, 8), comme expliqué dans l'Idra Rabba, folio 130a, et voir là que Yossef le juste a mérité cela, et c'est "un fils fructueux au-dessus de l'œil" (Genèse 49, 22), et il a mérité cela par "et Yossef pourvut" (Genèse 47, 12), et c'est "celui qui a l'œil bon sera béni, car il a donné de son pain au pauvre" (Proverbes 22, 9), voir là. Et de cela on comprendra que dans la faute de Sedom, qui ont causé une atteinte en cela, c'est pourquoi leur a été empêché le dévoilement de cet aspect supérieur qui adoucit tous les jugements, l'aspect de "et abondant en 'hessed" etc.
(ע"כ הגה"ה):
(Fin de la note).
והנה בזוהר בסבא דמשפטים דק"ז ע"א פי' מ"ש עיניו משוטטות אלין נוקבין ומ"ש המה משוטטים אלין דכורין וכ"ה בזוהר ויחי דרמ"א סע"א דפי' משוטטים הם בתקוני שכינתא לתתא כו' היינו כי יש מלאכים שהם מז"א ויש מלאכים שהם ממלכות כמ"ש הרח"ו עמ"ש בזוהר ר"פ שמות דף ד' ע"א בענין איש וביתו באו וז"ל נ"ב ת"ת ומלכות ור"ל המלאכים שמן הז"א והמלאכים שמן המל' עכ"ל המק"מ שם.
Et voici que dans le Zohar, dans le Saba de Michpatim, folio 107a, l'explication de ce qui est dit "Ses yeux parcourent" : ce sont les féminins, et de ce qui est dit "ils parcourent" : ce sont les masculins. Et de même dans le Zohar Vayé'hi, folio 241a, que l'explication de "parcourent" est dans les tikounim de la Chekhina d'en bas etc., c'est-à-dire qu'il y a des anges qui sont de Zeir Anpin et il y a des anges qui sont de la malkhout, comme l'a écrit Rabbi 'Haïm Vital sur ce qui est dit dans le Zohar, début de la paracha Chemot, folio 4a, au sujet de "l'homme et sa maison vinrent", et voici ses paroles : note : tiféret et malkhout, c'est-à-dire les anges qui sont de Zeir Anpin et les anges qui sont de la malkhout, fin de citation du Mikdach Melekh là.
והמלאכים שהם בתקוני שכינתא היא בחי' מלכות דאצי' נק' נוקבין וכמש"ש בזוהר ד' רמ"ז ע"א בפי' בנות צעדה למיהוי עלי שור. בנות צעדה.
צעדות מיבעי לי' אלא ההוא עין דכתיב לעילא ומאן איהו עין משפט כו' ואיהו עין צעדה ופסעת למיטל בנות לתקונהא והיינו בנות צעדה ולא בנים פי' שההשגחה הנמשכת ע"י הע"ס דמלכות דאצי' שהיא בחי' עין משפט ע"ש מלך במשפט יעמיד ארץ הוא נמשך ומתלבש בהמלאכים הנקראים בנות שהם בחי' נוקבין.
Et les anges qui sont dans les tikounim de la Chekhina, c'est l'aspect de la malkhout d'Atsilout, appelés noukbin, et comme il est dit là dans le Zohar, folio 247a, dans l'explication de "les filles ont marché pour être sur le rempart". "Les filles ont marché" (tsaada, au singulier) : il aurait fallu dire tsaadot (au pluriel) ?
Mais c'est cet œil dont il est écrit plus haut, et quel est-il, "l'œil du jugement" etc., et c'est l'œil qui marche et qui avance pour prendre des filles pour son tikoun, et c'est "les filles ont marché" et non des fils. Explication : la providence qui se prolonge par les dix sefirot de la malkhout d'Atsilout, qui est l'aspect de "l'œil du jugement", d'après le verset "un roi, par le jugement, affermit la terre", se prolonge et se revêt dans les anges appelés filles, qui sont l'aspect de noukbin.
וזהו בנות צעדה שהמל' צועדת על הבנות עלי שור לראות ולהשגיח מעשה התחתונים וע"ז נאמר עיניו משוטטות לשון נוקבא. וזהו ענין הכצעקתה הבאה אלי.
לשון נקבה שהיא בחי' מלכות שנק' דינא דמלכותא והוא העלאת הפגם ע"י המלאכים שמבחי' מל' והכלים דע"ס דבחי' מל' הבאה אלי לאא"ס ב"ה המלובש בע"ס דאצי'.
Et c'est "les filles ont marché", que la malkhout marche sur les filles, "sur le rempart", pour voir et veiller sur l'action des inférieurs, et sur cela il est dit "Ses yeux parcourent", au féminin. Et c'est le sujet de "le cri qui s'élève d'elle, qui vient vers Moi", au féminin, qui est l'aspect de malkhout, appelée dina demalkhouta, et c'est l'élévation de l'atteinte par les anges qui sont de l'aspect de malkhout et les kelim des dix sefirot de l'aspect de malkhout, "qui vient vers Moi", vers l'Or Ein Sof, béni soit-Il, revêtu dans les dix sefirot d'Atsilout.
ועז"נ ארדה נא ואראה ע"י מדת החסד וכנודע שז"א רובו חסדים אנפוי דמלכא נהירין שהוא מ"ש עיני ה' הם משוטטים ל' זכר שהם בחי' דכורין שהוא בחי' חסד ואראה הכצעקתה כו' שאולי ע"י מדת החסד ימצא להם זכות.
Et sur cela il est dit "Je descendrai donc et Je verrai", par l'attribut de 'hessed, et comme il est connu que Zeir Anpin est en majorité des 'hassadim, "le visage du Roi est lumineux", ce qui est ce qui est dit "les yeux de ה', eux, parcourent", au masculin, qui sont l'aspect de dekhorin, qui est l'aspect de 'hessed, "et Je verrai le cri qui s'élève d'elle" etc., qu'il se peut que par l'attribut de 'hessed Il leur trouve un mérite.
וכמבואר באדר"ז דרצ"ג ע"ב שבחי' ההשגחה ע"י בחי' עיניו משוטטות ל' נוקבא הוא בחי' דין וההשגחה שע"י בחי' עיני ה' המה משוטטים הוא בחי' רחמים כו' ע"ש. והענין שהוא עד"מ כמ"ש ושפטו העדה והצילו העדה.
עדה שופטת ועדה מצלת. לפי שבכל דבר יוכל ללמד זכות וחובה וע"כ ארז"ל פסילנא לי' לצורבא מרבנן לדינא דחביב עלי כגופאי ואין אדם רואה חוב לעצמו הרי אע"פ שהוא חייב באמת אינו רואה עליו חובה שמחמת קירוב הדעת והחביבות מוצא מקום ללמד זכות משא"כ למי שאינו חביב עליו כ"כ הי' מלמד חובה וכמ"ש וכל יצר מחשבות לבו רק רע כו' ועי"ז נמשך ויאמר ה' אמחה את האדם כו' הרי מחמת זה שיצר מחשבות לבו רק רע נמשך ללמד חובה ואח"כ בפ' נח כתיב ויאמר ה' אל לבו לא אוסיף לקלל עוד את האדמה בעבור האדם כי יצר לב האדם רע מנעוריו הרי שמסברא זו עצמה שיצר לב האדם רע מצא ללמד זכות שלא יוסיף לקלל את האדמה בעבור האדם והיינו לפי שהי' התגלות מדת החסד ע"י וירח ה' את ריח הניחוח שבקרבן שהקריב נח המשיך גילוי מדת החסד ללמד זכות בזו הסברא עצמה שנמשך תחלה ללמד חובה ע"י מדה"ד.
וזהו ענין החילוק בין ב' בחינות השגחות הנ"ל (ועמ"ש במ"א ע"פ לעשות הישר בעיני ה' אלקיך). וזהו פי' ארדה נא.
כי צעקתה היא הבאה מלמטה למעלה שהוא בחי' גבורות ואו"ח ולזה נאמר ארדה נא לשון ירידה הוא מלמעלה למטה דהיינו בחי' או"י שהוא בחי' חסד להשגיח במדת החסד ללמד זכות. ואראה הכצעקתה הבאה אלי עשו דהיינו אם עוונם גדול מנשוא כ"כ עד שגם ע"פ החסד לא יוכל למצוא זכות אז כלה.
ואם לא. פי' אולי ע"י החסד יוכל ללמד זכות כו'.
וז"ש במדרש ארדה נא ממדה"ר למדה"ד ובזוהר דק"ה ע"ב ארדה נא מדרגא דרחמי לדרגא דדינא ר"ל להמשיך רחמים ממדה"ר אל בחי' מדה"ד ואראה כו'.
Et comme il est expliqué dans l'Idra Zouta, folio 293b, que l'aspect de la providence par l'aspect de "ses yeux parcourent", au féminin, est l'aspect de jugement, et la providence par l'aspect de "les yeux de ה', eux, parcourent" est l'aspect de miséricorde etc., voir là. Et le sujet est à la manière de l'exemple de ce qui est écrit "et la communauté jugera, et la communauté sauvera" (Nombres 35, 24-25).
Une communauté qui juge et une communauté qui sauve. Car en toute chose on peut plaider à décharge et à charge, et c'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "je suis récusé pour juger un talmid 'hakham, car il m'est cher comme moi-même", et "nul homme ne voit sa propre culpabilité" : voici que bien qu'il soit coupable en vérité, il ne voit pas de culpabilité contre lui, car du fait de la proximité d'esprit et de l'affection il trouve place pour plaider à décharge, ce qui n'est pas le cas de celui qui ne lui est pas si cher : il plaiderait à charge.
Et comme il est écrit "et tout le penchant des pensées de son cœur n'est que mal", etc. (Genèse 6, 5), et par cela se prolonge "et ה' dit : J'effacerai l'homme", etc. : voici que du fait de cela, que le penchant des pensées de son cœur n'est que mal, il s'ensuit de plaider à charge.
Et ensuite, dans la paracha de Noa'h, il est écrit "et ה' dit en Son cœur : Je ne continuerai plus à maudire encore la terre à cause de l'homme, car le penchant du cœur de l'homme est mauvais dès sa jeunesse" (Genèse 8, 21) : voici que de ce même raisonnement, que le penchant du cœur de l'homme est mauvais, Il a trouvé à plaider à décharge, de ne plus continuer à maudire la terre à cause de l'homme. Et c'est parce qu'il y eut le dévoilement de l'attribut de 'hessed par "et ה' flaira l'odeur agréable" du sacrifice qu'offrit Noa'h, qui attira le dévoilement de l'attribut de 'hessed pour plaider à décharge dans ce même raisonnement qui s'était d'abord prolongé pour plaider à charge par l'attribut du jugement.
Et c'est le sujet de la distinction entre les deux aspects de providences susdits (et voir ce qui est écrit ailleurs sur le verset "pour faire ce qui est droit aux yeux de ה' ton Elokim"). Et c'est l'explication de "Je descendrai donc".
Car son cri est ce qui vient d'en bas vers en haut, qui est l'aspect des guevourot et de l'or 'hozer, et pour cela il est dit "Je descendrai donc", langage de descente : c'est d'en haut vers en bas, c'est-à-dire l'aspect de l'or yachar, qui est l'aspect de 'hessed, pour veiller par l'attribut de 'hessed afin de plaider à décharge. "Et Je verrai le cri qui s'élève d'elle, qui vient vers Moi : ont-ils fait", c'est-à-dire si leur faute est trop grande pour être portée, au point que même selon le 'hessed Il ne pourra trouver de mérite, alors : anéantissement.
"Et sinon" : explication : peut-être que par le 'hessed Il pourra plaider à décharge, etc. Et c'est ce qui est dit dans le Midrach : "Je descendrai donc de l'attribut de la miséricorde à l'attribut du jugement", et dans le Zohar, folio 105b : "Je descendrai donc du degré de la miséricorde au degré du jugement", c'est-à-dire attirer la miséricorde de l'attribut de la miséricorde vers l'aspect de l'attribut du jugement, "et Je verrai" etc.
והנה רש"י פי' בחומש ארדה נא למד לדיינים שלא יפסקו דיני נפשות אלא בראיה. והענין דאיתא בת"ז ואלין עשר ספירן אינון אזלין כסדרן חד אריך וחד קציר וחד בינוני.
פי' כי ע"ס נחלקי' לג' קוין קו הימין חח"נ נק' חד אריך כי החסד נמשך ומתפשט יותר ולכן גמ"ח בין לעניים בין לעשירים הרי שהחסד מתפשט יותר מהרחמים שעל העשיר אין שייך רחמנות כ"א על העני. וקו השמאל בג"ה נק' חד קציר שאינו נמשך כ"א למי שהגון ביותר.
וקו האמצעי נק' בינוני שמרחם על מי שנופל רחמנות.
Et voici que Rachi a expliqué dans le 'Houmach "Je descendrai donc" : il a enseigné aux juges qu'ils ne tranchent les jugements capitaux qu'après avoir vu. Et le sujet est qu'il est dans les Tikounim : "et ces dix sefirot vont selon leur ordre, l'un long, l'un court et l'un intermédiaire".
Explication : car les dix sefirot se divisent en trois lignes. La ligne de droite, 'hessed, 'hokhma, netsa'h, est appelée "l'un long", car le 'hessed se prolonge et s'étend davantage, et c'est pourquoi la bienfaisance est tant envers les pauvres qu'envers les riches : voici que le 'hessed s'étend davantage que la miséricorde, car envers le riche la compassion n'a pas lieu, mais seulement envers le pauvre.
Et la ligne de gauche, bina, guevoura, hod, est appelée "l'un court", qui ne se prolonge que vers celui qui est le plus digne. Et la ligne du milieu est appelée intermédiaire, qui a compassion de celui qui inspire la compassion.
והנה יש ראיה ושמיעה הראיה נמשך מבחי' חכמה קו הימין ושמיעה מבינה קו השמאל. וכנודע מענין ראובן ושמעון ולכן הראי' היא מלמעלה למטה והשמיעה ממטה למעלה שהאותיות מתעלים ונכנסים לאוזן השומע ולזה ג"כ הראי' נשפלת למטה יותר מהשמיעה שרואה דבר גשמי משא"כ השמיעה היא רק קול ודבור כי הראי' היא מבחי' חד אריך וכנודע שיסוד אבא אריך כו'.
וזהו מ"ש ארדה נא ואראה כי הכצעקתה הבאה זהו כמו בחי' שמיעה שמבחי' בינה ולכן היא הבאה מלמטה למעלה והוא בחי' קו השמאל אבל ארדה נא ואראה בבחי' ראיה שהוא בחי' חסדים כו':
Et voici qu'il y a vision et audition. La vision se prolonge de l'aspect de 'hokhma, ligne de droite, et l'audition de bina, ligne de gauche.
Et comme il est connu du sujet de Reouven et Chim'on. Et c'est pourquoi la vision est d'en haut vers en bas, et l'audition d'en bas vers en haut, car les lettres s'élèvent et entrent dans l'oreille de celui qui écoute.
Et pour cela aussi la vision s'abaisse en bas davantage que l'audition, car elle voit une chose corporelle, ce qui n'est pas le cas de l'audition, qui n'est que voix et parole, car la vision est de l'aspect de "l'un long", et comme il est connu que le yessod d'Abba est long etc. Et c'est ce qui est dit "Je descendrai donc et Je verrai", car "le cri qui s'élève d'elle, qui vient", c'est comme l'aspect de l'audition qui est de l'aspect de bina, et c'est pourquoi elle est "qui vient" d'en bas vers en haut, et c'est l'aspect de la ligne de gauche, mais "Je descendrai donc et Je verrai" dans l'aspect de la vision, qui est l'aspect des 'hassadim etc.