« Et Hachem dit : Voici un seul peuple, et une seule langue » (Genèse 11, 6) : comment la génération de la Dispersion peut-elle agir contre la volonté divine ? Selon Rabbi 'Haïm Vital, ces hommes veulent capter un afflux de bien divin par la force. L'Admour Hazaken explique que le monde de la réparation (tikoun) unit les sefirot grâce à l'effacement de soi (bitoul). Pour s'affranchir de cette soumission, ils bâtissent une tour et instaurent une stricte unité matérielle afin de puiser directement dans la lumière suprême des sefirot cachées. D.ieu les disperse pour empêcher que cette puissance ne nourrisse le mal, car l'union des impies détruit le monde.
Aussi : les mondes des Akoudim, Nekoudim et Beroudim ; le nom divin associé à la sefira de tiféret (Yaakov) ; la Torah et les trois piliers du monde fondés sur l'effacement de soi
ויאמר ה' הן עם אחד ושפה א' לכלם כו' ועתה לא יבצר מהם וגו'. ולכאורה תמוה איך לא יבצר מהם נגד רצונו ית' ומי זה אמר ותהי אם ה' לא צוה.
גם מה הי' מחשבותם לעשות מגדל וראשו בשמים שכל זה תמוה. אך הנה בלק"ת להרח"ו ז"ל כתב בענין דור הפלגה שכוונתם הי' להמשיך להם השפעת טובה בהכרח בכח שמוש השמות אף אם לא היו טובים כו' ע"ש.
"Et ה' dit : Voici un seul peuple, et une seule langue pour eux tous", etc., "et maintenant rien ne leur sera inaccessible", etc. (Genèse 11, 6).
À première vue, c'est étonnant : comment rien ne leur serait-il inaccessible, à l'encontre de Sa volonté, béni soit-Il ? "Qui est celui qui a parlé, et la chose fut, si ה' ne l'a pas ordonné ?" (Lamentations 3, 37).
De même, quelle était leur pensée, de faire une tour dont le sommet fût dans les cieux ? Tout cela est étonnant.
Or, voici : dans le Likoutei Torah de Rabbi 'Haïm Vital, de mémoire bénie, il a écrit au sujet de la génération de la Dispersion que leur intention était de prolonger pour eux, par force, un influx de bien, par le pouvoir de l'usage des Noms, même s'ils n'étaient pas bons, etc. Voir là-bas.
וביאור הענין יובן במ"ש בכהאריז"ל ובפרדס בענין ז' שמות שאינן נמחקין שם אל בחסד שם אלקים בגבורה ושם הוי"ה בתפארת. ופי' דהיינו בהכלים דחג"ת כי האור הוא בכולם משם הוי"ה ורק בהכלים הוא בחסד שם אל כו'.
ובתפארת אפי' בהכלי מאיר שם הוי"ה (ועמ"ש בפ' בא בפסוק בעצם היום הזה). ולהבין זה מפני מה בתפארת הוא הכלי ג"כ מבחי' שם הוי"ה משא"כ בשארי הספי'.
ויש להבין מ"ש במאמר דפתח אליהו אנת הוא דאפיקת עשר תיקונין וקרינן להון עשר ספירן. חסד דרועא ימינא כו' חכמה מוחא בינה לבא כו'.
Et l'explication du sujet se comprendra par ce qui est écrit chez l'Ari, de mémoire bénie, et dans le Pardès, au sujet des sept noms qui ne s'effacent pas : le nom El dans le 'hessed, le nom Elokim dans la guevoura, et le nom ה' dans la tiféret. Et le sens : c'est dans les kelim de 'hessed, guevoura et tiféret, car la lumière est, en tous, issue du nom ה', et ce n'est que dans les kelim que, dans le 'hessed, c'est le nom El, etc.
Et dans la tiféret, même dans le kli, luit le nom ה'. (Et voir ce qui est écrit dans la paracha Bo, sur le verset "en ce jour même".) Et pour comprendre ceci : pourquoi, dans la tiféret, le kli aussi est-il de l'aspect du nom ה', ce qui n'est pas le cas des autres sefirot ?
Et il faut comprendre ce qui est dit dans le discours de Pata'h Eliyahou : "C'est Toi qui as fait émaner dix tikounim, et nous les appelons dix sefirot. Le 'hessed est le bras droit", etc.
"La 'hokhma est le cerveau, la bina est le cœur", etc.
וכל ספירה אית לה שם ידיעא כו' ואנת לית לך שם ידיעא אנת הוא חכים ולא בחכמה ידיעא אנת הוא מבין ולא בבינה ידיעא. דהנה תחלה הזכיר חו"ב חכמה מוחא ובינה לבא ומהו שאמר אח"כ אנת הוא חכים דאין ר"ל אנת הוא חכים שמתלבש באותו בחי' חכמה שהזכיר תחלה שהוא מהע"ס.
דמדקאמר וכל ספירה אית לה שם ידיעא ואנת לית לך שם ידיעא אנת הוא חכים. זה מורה דפי' אנת הוא חכים הוא ג"כ בבחי' דלית לך שם ידיעא.
"Et chaque sefira a un nom connu", etc., "et Toi, Tu n'as pas de nom connu. C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue ; c'est Toi qui comprends, mais non d'une intelligence connue".
Or, d'abord il a mentionné 'hokhma et bina : "la 'hokhma est le cerveau, et la bina est le cœur". Que signifie donc ce qu'il dit ensuite : "C'est Toi qui es sage" ?
Car on ne veut pas dire que "C'est Toi qui es sage" désigne celui qui se revêt dans cet aspect de 'hokhma qu'il a mentionné d'abord, lequel fait partie des dix sefirot. Puisque, du moment qu'il dit : "Et chaque sefira a un nom connu, et Toi Tu n'as pas de nom connu ; c'est Toi qui es sage", cela montre que le sens de "C'est Toi qui es sage" est lui aussi dans l'aspect de "Tu n'as pas de nom connu".
ואלו בהתלבשות אור א"ס ב"ה בע"ס דאצי' אזי נקרא הוא ית' בשם לפי הספי' שמתלבש בה כמ"ש בפרדס שער השמות באריכות וכנ"ל שם אל בחסד כו'. וא"כ איך יתכן בחי' אנת הוא חכים וגם לית לך שם ידיעא.
אלא הפי' דמתחלה אמר אנת הוא חד ולא בחושבן ואע"ג דאפיקת עשר תקונין שהם ע"ס דתקון דאצי' אשר כל ספירה היא בחינה מיוחדת מזולתה חכמה חסד כו' וא"כ הוה ס"ד שגם בהעצמות יש ח"ו ג"כ בחינות מיוחדות חכמה חסד כו' לזה אומר שאינו כן כי בחי' אנת הוא חכים הוא ולא בחכמה ידיעא. ר"ל כי חכמה דאצי' נק' חכמה ידיעא אע"פ שהיא ג"כ באמת למעלה מעלה ממהות חכמה דבי"ע מ"מ כיון שהיא מקור ושרש להן נקראת חכמה ידיעא והיינו ששם הוא בחי' כלים ממש חכמה יש לה כלי בפ"ע בינה בפ"ע.
Tandis que, lors du revêtement de l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, dans les dix sefirot d'Atsilout, alors Il est appelé, béni soit-Il, d'un nom selon la sefira dans laquelle Il se revêt, comme il est écrit dans le Pardès, porte des Noms, longuement, et comme ci-dessus : le nom El dans le 'hessed, etc. Dès lors, comment se peut l'aspect de "C'est Toi qui es sage", et aussi "Tu n'as pas de nom connu" ?
Mais le sens est qu'il a d'abord dit : "C'est Toi qui es un, mais non dans le nombre". Et bien que "Tu aies fait émaner dix tikounim", qui sont les dix sefirot du tikoun d'Atsilout, dont chaque sefira est un aspect distinct de l'autre, 'hokhma, 'hessed, etc., on aurait donc pu penser que, dans l'essence aussi, à D.ieu ne plaise, il y a également des aspects distincts, 'hokhma, 'hessed, etc.
C'est pour cela qu'il dit qu'il n'en est pas ainsi : car l'aspect de "C'est Toi qui es sage", c'est "mais non d'une sagesse connue". C'est-à-dire : la 'hokhma d'Atsilout est appelée "sagesse connue", bien qu'elle soit, elle aussi, en vérité, bien au-dessus de l'essence de la 'hokhma de Beria, Yetsira et Assiya ; néanmoins, puisqu'elle en est la source et la racine, elle est appelée "sagesse connue".
À savoir que là il y a un aspect de kelim véritables : la 'hokhma a un kli à part, la bina à part.
וזהו דייקא בע"ס דאצילו'. אבל מה דאנת הוא חכים הוא לא בחכמה ידיעא כלל עד שהתהוות חכמה דאצי' מבחי' אנת הוא חכים הוא ע"ד התהוות יש מאין ולא בחי' עילה ועלול כלל ולא ע"ד התהוות חכמה דבי"ע מחכמה דאצי' שזה נק' ג"כ השתלשלות שלכך נק' חכמה דאצי' חכמה ידיעא ואיך היא ידיעא אלא שלפי שחכמה דבי"ע נתהווה ממנה ע"י השתלשלו' והיא גלויה וידועה לכך גם החכמה דאצי' נק' חכמה ידיעא.
Et c'est précisément dans les dix sefirot d'Atsilout. Mais "C'est Toi qui es sage" n'est pas du tout d'une sagesse connue, au point que la venue à l'être de la 'hokhma d'Atsilout, à partir de l'aspect de "C'est Toi qui es sage", est à la manière de la venue à l'être du yech (l'être, le moi) à partir de l'ayin (le néant), et nullement un aspect de cause et d'effet, et non à la manière de la venue à l'être de la 'hokhma de Beria, Yetsira et Assiya à partir de la 'hokhma d'Atsilout, ce qui s'appelle aussi un enchaînement.
C'est pour cela que la 'hokhma d'Atsilout est appelée "sagesse connue". Et en quoi est-elle connue ?
Seulement parce que la 'hokhma de Beria, Yetsira et Assiya vient à l'être à partir d'elle par un enchaînement, et qu'elle est révélée et connue : c'est pourquoi la 'hokhma d'Atsilout, elle aussi, est appelée "sagesse connue".
וכמו ע"ד שנק' אדם דאצי' אדם דעשייה. משא"כ בחי' אנת הוא חכים הוא לא בחכמה ידיעא וזהו הנק' בלשון הפרדס עשר ספירות הגנוזות במאצילן שע"ז אמר אנת הוא חכים כו'.
וענין זה עולה בקנה אחד עם מ"ש בע"ח שיש עקודים נקודים וברודים והיינו שבעקודים כל הע"ס הם עקודים בכלי א' ואין שם שום התחלקות כלל לע"ס ובנקודים הוא שנחלקו לעשר נקודות וברודים הוא עולם התקון בחי' פרצופים כו' וז"ש אליהו אנת הוא דאפיקת עשר תקונין שהם ע"ס דברודים. אמנם שרשם ומקורם שהם בחי' עקודים הרי הם בכלי א' ממש כל הבחי' חו"ב כו' והיינו לפי שהם למעלה מעלה ממהות בחי' חכמה ובינה הידועים דאצילות (והתהוות חכמה ובינה דאצילות הוא יש מאין היינו ע"י צמצום א"ק וצמצום הדיקנא עד דאו"א יונקים רק מבחי' שערות כו' משא"כ מאצי' לבריאה אינו רק ע"י פרסא שאינו מערך הצמצומים אלו שבין א"ק לאצילות ולכן נק' השתלשלות) ולכן נקראים בשם ע"ס הגנוזות.
ויובן עד"מ כי הנה כחות הנפש המתלבשים באברי הגוף הרי הם מתחלקים כל כח מהות בפ"ע ובאבר מיוחד בפ"ע. כח הראיה בעין וכח השמיעה באוזן וכח המעשה בידים.
וכן בכחות עליונים מהן כח השכל במוח וכח המדות בלב.
Et de même, à la manière dont l'Adam d'Atsilout est appelé Adam d'Assiya. Tandis que l'aspect de "C'est Toi qui es sage" est "mais non d'une sagesse connue".
Et c'est là ce qui est appelé, dans le langage du Pardès, les dix sefirot cachées dans leur Émanateur ; c'est de cela qu'il a dit : "C'est Toi qui es sage", etc. Et ce sujet revient au même que ce qui est écrit dans Ets 'Haïm : il y a les Akoudim, les Nekoudim et les Beroudim.
À savoir que, dans les Akoudim, toutes les dix sefirot sont liées dans un seul kli, et il n'y a là aucune division en dix sefirot ; dans les Nekoudim, c'est qu'elles se sont divisées en dix points ; et les Beroudim, c'est le monde du tikoun, l'aspect des partsoufim, etc. Et c'est ce qu'a dit Eliyahou : "C'est Toi qui as fait émaner dix tikounim", qui sont les dix sefirot des Beroudim.
Cependant, leur racine et leur source, qui sont l'aspect des Akoudim, les voilà dans un seul kli véritablement, tous les aspects, 'hokhma et bina, etc. Et cela, parce qu'ils sont bien au-dessus de l'essence de l'aspect de la 'hokhma et de la bina connues d'Atsilout.
(Et la venue à l'être de la 'hokhma et de la bina d'Atsilout est du yech à partir de l'ayin, à savoir par le tsimtsoum (retrait) d'Adam Kadmon et le tsimtsoum de la dikna (la barbe), jusqu'à ce qu'Abba et Imma ne tètent que de l'aspect des cheveux, etc. Tandis que d'Atsilout à Beria, ce n'est que par un parsa (un voile), qui n'est pas de l'ordre de ces tsimtsoumim qui sont entre Adam Kadmon et Atsilout, et c'est pourquoi cela s'appelle un enchaînement.) C'est pourquoi elles sont appelées du nom de dix sefirot cachées.
Et cela se comprendra par une comparaison. Car voici : les facultés de l'âme qui se revêtent dans les membres du corps se divisent, chaque faculté étant une essence à part, et dans un membre particulier à part.
La faculté de la vue est dans l'œil, la faculté de l'ouïe dans l'oreille, et la faculté de l'action dans les mains. Et de même pour les facultés qui leur sont supérieures : la faculté de l'intellect dans le cerveau, et la faculté des middot dans le cœur.
והנה כל כחות אלו נמשכים ומתפשטים מן הנפש האחת שהיא עצם א' וא"כ החילוקי כחות הנ"ל כשהיו עדיין כלולים בהנפש ודאי היו כולם בהתכללות אחת ממש בלי שום התחלקות וכמו שהנפש היא עצם א'.
Or, toutes ces facultés se prolongent et se répandent à partir de l'âme une, qui est une seule substance. Dès lors, les distinctions des facultés susdites, lorsqu'elles étaient encore incluses dans l'âme, étaient certainement toutes dans une seule inclusion véritable, sans aucune division, de même que l'âme est une seule substance.
ואיך הוא זה והלא אנו רואים ראיה ושמיעה הם שני בחינות שונות זו מזו אלא ודאי משום כשהיו בחי' כחות אלו בנפש הם בבחי' דקה ורוחני' יותר לאין שיעור מכשהם אח"כ בגוף החומרי עד ששם הם כולם מיוחדים כאלו הם רק דבר א' ממש.
Et comment cela se fait-il ? Ne voyons-nous pas que la vue et l'ouïe sont deux aspects différents l'un de l'autre ?
Mais c'est certainement parce que, lorsque ces aspects de facultés étaient dans l'âme, ils étaient dans un aspect plus subtil et plus spirituel, sans aucune mesure, que lorsqu'ils sont ensuite dans le corps matériel, au point que, là, ils sont tous unis, comme s'ils n'étaient véritablement qu'une seule chose.
ועד"ז יובן הנמשל שענין ע"ס דאצי' שהם כל בחי' בכלי בפ"ע חכמה בחי' בפ"ע וחסד בפ"ע כו' אבל בשרשן בבחי' ע"ס הגנוזות הם בעילוי יותר דק ונעלה לאין קץ עד ששם הם כולם רק דבר א' ממש וזהו שהן עקודים בכלי א' ממש. וזה שבאצי' חכמה וחסד הם שני דברים שונים זמ"ז היינו לפי שחכמה דאצי' אינה בערך כלל מהות החכמה דעקודים וכנ"ל שהיא הנק' חכמה ידיעא.
Et de cette manière se comprendra ce qui est visé. Le sujet des dix sefirot d'Atsilout, c'est que chaque aspect est dans un kli à part : la 'hokhma, un aspect à part, et le 'hessed, à part, etc.
Mais dans leur racine, dans l'aspect des dix sefirot cachées, elles sont dans une élévation plus subtile et plus haute, à l'infini, au point que, là, elles ne sont toutes véritablement qu'une seule chose. Et c'est là qu'elles sont liées dans un seul kli véritablement.
Et ceci, qu'en Atsilout la 'hokhma et le 'hessed sont deux choses différentes l'une de l'autre : c'est parce que la 'hokhma d'Atsilout n'a aucune commune mesure avec l'essence de la 'hokhma des Akoudim, et, comme ci-dessus, c'est elle qui est appelée "sagesse connue".
והנה אח"כ נמשך בחי' עולם הנקודים ושם כל ספי' בפ"ע והן עשר נקודות. והיינו שכבר ירדו בירידה גדולה ממדרגת ע"ס דעקודים שהן כולם דבר א' כנ"ל משא"כ בע"ס דנקודים וזהו כמו בחי' חכמה ידיעא כו'.
(והרי מובן גודל הצמצום והירידה כי מלבד זה שבעקודים וע"ס הגנוזות היו בעילוי רב יותר עד שנק' חכים ולא בחכמה ידיעא כנ"ל. הרי עוד זאת כי התם כיון שכולן בכלי א' ואין בהם שום התחלקות א"כ בהמשכת בחי' חכמה עד"מ הרי יש בזה כל הע"ס הגנוזות יחד ולא בחי' חכמה בפ"ע כיון דהתם אין חכמה בחי' בפ"ע כלל לבדה.
כ"א כל הע"ס הגנוזות הם דבר א' ממש. א"כ אין שייך כלל לומר המשכת חכמה בפ"ע כ"א המשכת דבר הנק' ע"ס הגנוזות כו' יחד.
משא"כ בבחי' ע"ס דנקודים נתצמצם להיות חכמה נמשכת בחי' א' לבדה ממש וכן חסד כו'. והרי מובן שאין ערוך כלל בחי' חכמה כשהיא בפ"ע לבחי' הכוללת כל הע"ס יחד ממש וכמו שאין ערוך אות אחת הנפרדת מתיבת למשפחותיכם עד"מ לגבי התיבה כולה כשהיו כל האותיות יחד.
מלבד מה שבחי' החכמה זו כשהיא בפ"ע נק' חכמה ידיעא משא"כ החכמה דע"ס דעקודים נק' חכים ולא בחכמה ידיעא. וגם ע"ז שייך אנת הוא חד ולא בחושבן כיון שאין שם בחי' התחלקות עשר ספירות כנ"ל.
ומ"מ אור א"ס ב"ה עצמו הוא למעלה מעלה מבחי' עקודים כי גם עקודים נק' אדם דבריאה לגבי א"ס ב"ה ועמ"ש ע"פ את שבתותי תשמרו בענין שבת תתאה ושבת עלאה). ועד"ז ההפרש בין הארת הקו להרשימו שנשאר אחר הצמצום ומקום פנוי.
דהנה הארת הקו מאיר בכל עולם לפי ערכו אך הרשימו היא בחי' הכוללת לכל העולמות. (וצ"ע דמבואר בכמה מקומות דהקו גבוה הרבה מהרשימו וע' באגה"ק מאמר איהו וחיוהי הארת הקו והארה דהארה והארה דהארה דהארה כו'):
Or, ensuite se prolonge l'aspect du monde des Nekoudim, et là chaque sefira est à part : ce sont dix points. C'est-à-dire qu'elles sont déjà descendues d'une grande descente par rapport au degré des dix sefirot des Akoudim, qui sont toutes une seule chose, comme dit plus haut ; ce qui n'est pas le cas des dix sefirot des Nekoudim.
Et c'est comme l'aspect de la "sagesse connue", etc. (Et l'on comprend par là la grandeur du tsimtsoum et de la descente.
Car, outre ceci, que dans les Akoudim et les dix sefirot cachées elles étaient dans une élévation bien plus grande, au point d'être appelées "sage, mais non d'une sagesse connue", comme dit plus haut, il y a encore ceci : là-bas, puisque toutes sont dans un seul kli et qu'il n'y a en elles aucune division, dès lors, dans la prolongation de l'aspect de la 'hokhma, par exemple, il y a en cela toutes les dix sefirot cachées ensemble, et non un aspect de 'hokhma à part, puisque, là-bas, la 'hokhma n'est aucunement un aspect à part, seule. Au contraire, toutes les dix sefirot cachées sont véritablement une seule chose.
Dès lors, il ne convient aucunement de parler d'une prolongation de la 'hokhma à part, mais seulement de la prolongation d'une chose appelée les dix sefirot cachées, etc., ensemble. Tandis que, dans l'aspect des dix sefirot des Nekoudim, il y a eu resserrement, pour que la 'hokhma se prolonge comme un seul aspect, seule, véritablement, et de même le 'hessed, etc.
Et l'on comprend par là qu'il n'y a aucune commune mesure entre l'aspect de la 'hokhma lorsqu'elle est à part et l'aspect qui inclut toutes les dix sefirot ensemble, véritablement. Comme il n'y a aucune commune mesure entre une seule lettre détachée du mot למשפחותיכם, par exemple, et le mot tout entier, lorsque toutes les lettres étaient ensemble.
Outre que cet aspect de la 'hokhma, lorsqu'elle est à part, est appelé "sagesse connue", tandis que la 'hokhma des dix sefirot des Akoudim est appelée "sage, mais non d'une sagesse connue". Et à cela aussi s'applique : "C'est Toi qui es un, mais non dans le nombre", puisqu'il n'y a pas là l'aspect d'une division en dix sefirot, comme dit plus haut.
Et néanmoins, l'Or Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même, est bien au-dessus de l'aspect des Akoudim, car même les Akoudim sont appelés l'Adam de Beria au regard de l'Ein Sof, béni soit-Il. Et voir ce qui est écrit sur le verset "Vous garderez Mes Chabbats", au sujet du Chabbat d'en bas et du Chabbat d'en haut.) Et de cette manière, la différence entre l'illumination du kav (rayon) et le rechimou (trace) qui est resté après le tsimtsoum, dans l'espace vide.
Car voici : l'illumination du kav éclaire dans chaque monde selon sa mesure ; mais le rechimou est l'aspect qui inclut tous les mondes. (Et cela demande examen, car il est expliqué en plusieurs endroits que le kav est bien plus élevé que le rechimou.
Et voir dans Igueret Hakodech, le discours "Lui et Ses vies" : l'illumination du kav, et une illumination de l'illumination, et une illumination de l'illumination de l'illumination, etc.)
והנה בעולם הנקודים הי' שבה"כ שזהו ענין עולם התהו והיינו לפי שהיו רק בבחי' נקודות כל א' בחי' בפ"ע ואח"כ עולם הברודים הוא עולם התקון שנעשו בבחי' פרצופים שהוא להיות בחי' התכללות. שלא יהיה חכמה בפ"ע כ"א תהיה כלולה ג"כ מכל הע"ס ונק' פרצוף אבא וכן פרצוף ז"א שעיקרו בחי' המדות אך כולן היו כלולים יחד וגם המוחי' דאו"א מאירים בהם.
וה"ז מעלה יתירה מבבחי' נקודים שהי' רק כל בחי' בפ"ע חסד לבדו וגבורה לבדו. אבל בתקון יש בחי' התכללות והתחברות (כמו עד"מ חבור האותיות שנפרדו להיות מצטרפין יחד לתיבות ומ"מ אין זה כמו בחי' עקודים שהיו כולן דבר א' ממש עד שהיו רק בכלי א' משא"כ בברודים שכל ספירה יש לה כלי בפ"ע רק שמתכללים מכל הע"ס וכו' ומ"מ ע"י התכללות זו מאיר בהן הארה עליונה מא"ס ב"ה כי אור א"ס ב"ה מאיר ונמשך דוקא במקום שיש חבור והתכללות.
וכמו למטה זכר ונקבה בראם ועי"ז ויברך אותם ע"י ההתכללות כו' וכמו בצירוף עשרה אומרים דבר שבקדושה דאכל בי עשרה שכינתא שריא משא"כ אם היו אלו העשרה כ"א בפ"ע כו'). וזהו ע"י שם מ"ה המאיר בעולם התקון ששרשו למעלה מבחי' נקודים כי הוא שם מ"ה דא"ק שהוא בחי' האור הכללי ע"ד הנ"ל בעקודים ע"כ ממנו נמשך התקון שיהיה נעשה ההתכללות בברודים והיינו כי שם מ"ה הוא בחי' בטול מלשון ונחנו מה וההתכללות נמשך מחמת הבטול לאור א"ס ב"ה.
ולכן ע"י שם מ"ה נעשה ג"כ ההתכללות בע"ס דתיקון כו':
Or, dans le monde des Nekoudim, il y eut la brisure des kelim, et c'est le sujet du monde du tohu. À savoir, parce qu'ils n'étaient que dans l'aspect de points, chacun un aspect à part.
Et ensuite, le monde des Beroudim est le monde du tikoun, où ils furent constitués dans l'aspect de partsoufim, c'est-à-dire pour qu'il y ait l'aspect de l'inclusion : que la 'hokhma ne soit pas à part, mais qu'elle soit composée aussi de toutes les dix sefirot, et elle est appelée le partsouf d'Abba ; et de même le partsouf de Zeir Anpin, dont l'essentiel est l'aspect des middot, mais toutes étaient incluses ensemble, et les mohin d'Abba et d'Imma luisent aussi en eux. Et c'est un avantage de plus par rapport à l'aspect des Nekoudim, où il n'y avait que chaque aspect à part, le 'hessed seul et la guevoura seule.
Mais dans le tikoun, il y a l'aspect de l'inclusion et de la jonction. (Comme, à titre de comparaison, la jonction des lettres qui s'étaient séparées, pour se réunir ensemble en des mots.
Et néanmoins, ce n'est pas comme l'aspect des Akoudim, où elles étaient toutes véritablement une seule chose, au point de n'être que dans un seul kli. Tandis que, dans les Beroudim, chaque sefira a un kli à part ; seulement, chacune inclut toutes les dix sefirot, etc.
Et néanmoins, par cette inclusion, une illumination supérieure, venue de l'Ein Sof, béni soit-Il, luit en elles : car l'Or Ein Sof, béni soit-Il, luit et se prolonge précisément là où il y a jonction et inclusion. Et comme ici-bas : "mâle et femelle Il les créa" (Genèse 1, 27), et par là "Il les bénit", par l'inclusion, etc.
Et comme, par la réunion de dix, on dit une parole de sainteté, car "en tout lieu où sont dix, la Chekhina réside" ; tandis que si ces dix étaient chacun à part, etc.) Et c'est par le nom Mah (מ"ה), qui luit dans le monde du tikoun, dont la racine est au-dessus de l'aspect des Nekoudim : car c'est le nom Mah d'Adam Kadmon, qui est l'aspect de la lumière générale, à la manière susdite dans les Akoudim. C'est pourquoi, de lui, se prolonge le tikoun, pour que se fasse l'inclusion dans les Beroudim.
À savoir que le nom Mah est l'aspect du bitoul (effacement de soi), selon le langage de "et nous, que sommes-nous ?" (Exode 16, 7) ; et l'inclusion se prolonge du fait du bitoul envers l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Et c'est pourquoi, par le nom Mah, se fait aussi l'inclusion dans les dix sefirot du tikoun, etc.
ומעתה יובן מה דבתפארת בהכלי ג"כ הוא מבחי' שם הוי"ה משא"כ בכלים דחו"ג כי הנה עיקר ההתכללות הנעשה בעולם התקון הוא ע"י קו האמצעי שהוא בחי' תפארת מדתו של יעקב שלימו דאבהן ישב אוהלים שמחבר בחי' חו"ג ולכן יעקב המשיך בחי' עקודים נקודים וברודים שהמשיך מבחי' עקודים גם בברודים ע"י שם מ"ה להיות התכללות כו' ולכן תפארת נק' אות אמת (עי' בזוהר ר"פ ויקרא) מפני שמחבר ועושה התכללות שלא יהיו המדות חו"ג נגדיים זה לזה. והנה הגדול הגבור הוא בחי' חו"ג והנורא הוא בחי' תפארת ויש בו תוספת וי"ו והנורא שנמשך המשכה עליונה שעי"ז נעשה ההתכללות וכענין הנ"ל דהתקון וההתכללות הוא ע"י המשכת שם מ"ה וכן ביעקב נאמר מה נורא המקום הזה.
וזהו דבכלי הת"ת הוא מאיר שם הוי"ה שהוא הארה גדולה ונעלית יותר מבכלים דחו"ג והיינו כי ע"י שם הוי"ה נמשך בחי' ההתכללות וז"ש הוי"ה אחד (ועמ"ש ע"פ לתת נקמת הוי"ה במדין). והנה התורה נק' תורת הוי"ה כי בתורה כתיב וכל נתיבותיה שלום וכמ"ש או יחזיק במעוזי יעשה שלום לי וגו' שלום בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה שיהי' בחי' ההתכללות ויחוד הספירות וההיכלות ועי"ז יומשך גילוי אור א"ס ב"ה.
והתכללות זו הוא ע"י הבטול. וזהו יסוד כל התורה להיות בטול היש לאין וכל השלשה דברים שעליהם העולם עומד היינו תורה ועבודה וגמ"ח כולם ענינם בטול היש לאין וע"י הבטול נעשה ההתכללות משא"כ בבחי' יש כו'.
Et maintenant se comprendra pourquoi, dans la tiféret, dans le kli aussi, c'est de l'aspect du nom ה', ce qui n'est pas le cas des kelim de 'hessed et de guevoura. Car voici : l'essentiel de l'inclusion qui se fait dans le monde du tikoun se fait par la ligne du milieu, qui est l'aspect de la tiféret, la mesure de Jacob, le parfait des patriarches, "il siégeait dans les tentes", qui joint l'aspect de 'hessed et de guevoura.
Et c'est pourquoi Jacob a prolongé l'aspect des Akoudim, des Nekoudim et des Beroudim : il a prolongé depuis l'aspect des Akoudim jusque dans les Beroudim aussi, par le nom Mah, pour qu'il y ait inclusion, etc. Et c'est pourquoi la tiféret est appelée le signe de vérité (voir dans le Zohar, au début de la paracha Vayikra), parce qu'elle joint et fait l'inclusion, afin que les mesures de 'hessed et de guevoura ne soient pas opposées l'une à l'autre.
Or, "le grand, le puissant" est l'aspect de 'hessed et de guevoura, et "le redoutable" est l'aspect de la tiféret ; et il y a en lui un vav ajouté, והנורא, en ce qu'une prolongation supérieure se prolonge, par laquelle se fait l'inclusion. Et c'est comme le sujet susdit : le tikoun et l'inclusion se font par la prolongation du nom Mah.
Et de même, au sujet de Jacob, il est dit : "Que ce lieu est redoutable" (Genèse 28, 17). Et c'est pourquoi, dans le kli de la tiféret, luit le nom ה', qui est une illumination plus grande et plus élevée que dans les kelim de 'hessed et de guevoura.
À savoir que, par le nom ה', se prolonge l'aspect de l'inclusion. Et c'est le sens de "ה' est un" (et voir ce qui est écrit sur le verset "pour exercer la vengeance de ה' sur Madian").
Or, la Torah est appelée la Torah de ה', car dans la Torah il est écrit : "et toutes ses voies sont la paix" (Proverbes 3, 17). Et comme il est écrit : "Ou bien qu'il saisisse Ma forteresse, il fera la paix pour Moi", etc.
(Isaïe 27, 5) : paix dans la cour d'en haut et dans la cour d'en bas, afin qu'il y ait l'aspect de l'inclusion et de l'union des sefirot et des palais, et que par là se prolonge la révélation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Et cette inclusion se fait par le bitoul.
Et c'est le fondement de toute la Torah : qu'il y ait le bitoul du yech à l'ayin. Et toutes les trois choses sur lesquelles le monde se tient, à savoir la Torah, le service et la bienfaisance, ont toutes pour sujet le bitoul du yech à l'ayin ; et par le bitoul se fait l'inclusion, ce qui n'est pas le cas dans l'aspect du yech, etc.
והנה דור הפלגה אמרו ונעשה לנו שם פן נפוץ כו' פי' שרצו ג"כ שיקבלו השפע מבחי' שם הוי"ה שהוא המשכה עליונה. וזהו ונעשה לנו שם פן נפוץ פי' שלא רצו שיומשך להם ההשפעה מבחי' שלמטה במדרגה שמשם יניקת החיצונים שיניקתם מאחוריים דשם אלקים ונק' לכך אלקים אחרים כו' כי זהו כל עיקר מעלת עולם התקון שהוא בחי' ההתכללות ולכן נאמר גבי יעקב שבעים נפש לשון יחיד משא"כ בעולם התהו מחמת שלא היה התכללות נמשך שבה"כ.
Or, la génération de la Dispersion dit : "Et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés", etc. (Genèse 11, 4).
Le sens : ils voulurent, eux aussi, recevoir l'influx de l'aspect du nom ה', qui est une prolongation supérieure. Et c'est le sens de "et faisons-nous un nom, de peur que nous ne soyons dispersés" : ils ne voulurent pas que l'influx se prolonge vers eux depuis un aspect inférieur en degré, d'où les forces extérieures tirent leur nourriture, elles qui se nourrissent des a'horayim (l'arrière) du nom Elokim, et qui pour cela sont appelées "autres elokim", etc.
Car c'est là tout l'essentiel de la supériorité du monde du tikoun, qui est l'aspect de l'inclusion. Et c'est pourquoi il est dit au sujet de Jacob "soixante-dix âmes", au singulier ; tandis que, dans le monde du tohu, du fait qu'il n'y avait pas d'inclusion, s'ensuivit la brisure des kelim.
ואמנם הם ידעו אשר לקבל מעולם התקון הוא ע"י בטול היש כנ"ל בענין התקון ע"י שם מ"ה והם לא רצו בזה וכמ"ש בלק"ת להרח"ו ז"ל שרצו לילך בשרירות לבם ושאעפ"כ יומשך להם השפעת טובה כו' ע"כ נתחכמו לעשות המגדל והעיר.
Cependant ils savaient que recevoir du monde du tikoun se fait par le bitoul du yech, comme dit plus haut au sujet du tikoun par le nom Mah ; et ils ne le voulurent pas. Et comme il est écrit dans le Likoutei Torah de Rabbi 'Haïm Vital, de mémoire bénie : ils voulurent suivre l'obstination de leur cœur, et que néanmoins se prolonge vers eux un influx de bien, etc.
C'est pourquoi ils s'avisèrent de faire la tour et la ville.
והוא שנתייעצו שע"י האחדות שיהיה ביניהם להיות חבור עצבים ע"כ עי"ז ימשיכו להם טובה והשפעה גשמית עכ"פ אף אם לא יהיה להם הבטול ועבודת השי"ת. והיינו כי ידעו בכח שמוש השמות עליונים שבבחי' התכללות מאיר אור עליון ביותר וכמש"ל בענין עקודים בכלי א' שהוא בחי' ומדרגה גבוה מאד שהוא למעלה מעולם התהו ומעולם התקון.
À savoir qu'ils se concertèrent : par l'unité qu'il y aurait entre eux, pour être "une association d'idolâtres" (Osée 4, 17), c'est par là qu'ils prolongeraient pour eux un bien et un influx matériel, à tout le moins, même s'ils n'avaient pas le bitoul ni le service de D.ieu, béni soit-Il. À savoir qu'ils savaient, par la force de l'usage des noms supérieurs, que, dans l'aspect de l'inclusion, luit une lumière supérieure au plus haut point, comme expliqué plus haut au sujet des Akoudim dans un seul kli, qui est un aspect et un degré très élevé, au-dessus du monde du tohu et du monde du tikoun.
וע"כ אמרו ונעשה לנו שם שימשיכו ג"כ משם הוי"ה דהיינו ממקום הכולל לכל ההשתלשלות בשוה שהוא אור כללי כנ"ל ולא יצטרכו להיות נכנעים תח"י הקדושה דעולם התקון דאצי' שמשם א"א להם לקבל רק מבחי' חיצוניות כו'.
Et c'est pourquoi ils dirent : "Et faisons-nous un nom" : qu'ils prolongent aussi depuis le nom ה', c'est-à-dire depuis l'endroit qui inclut tout l'enchaînement à égalité, qui est une lumière générale, comme dit plus haut ; et ils n'auraient pas besoin d'être soumis sous la main de la sainteté du monde du tikoun d'Atsilout, d'où il leur est impossible de recevoir autrement que de l'aspect de l'extériorité, etc.
והיינו ע"י האחדות וההתכללות שיהיה ביניהם ולכן עשו העיר ומגדל דהיינו שהיה סימן להם שלא יתפרדו איש מעל אחיו כי רועי צאן היו זה הולך אנה וזה אנה ע"כ עשו עיר ומגדל גבוה כדי שיתקבצו כולם שם ולא יפרדו איש מעל אחיו וכמ"ש הראב"ע. וגם ע"פ רוחניות ג"כ ענין העיר והמגדל היה לתועלת החבור והיחוד (ע' בזוהר פ' נח דף ע"ד ע"ה).
וזהו מה שאמר הקב"ה הן עם אחד ושפה אחת לכולם כו' ועתה לא יבצר מהם כל אשר יזמו לעשות. פי' כי לפי שבאמת ע"י ההתכללות והחבור נמשך ממקום עליון ביותר וכמ"ש חבור עצבים וגו' וא"כ לא יבצר מהם כו' וא"כ הרי ח"ו ימשיכו המים היוצאים מבית ה' לבית הכסא כו' אשת הזמה כו' כיון שהם היו הולכים בשרירות לבם כו' ולא רצו לקבל הבטול והעול (וזהו כעין מ"ש פן ישלח ידו ולקח גם מעץ החיים ואכל וחי לעולם ואין זה ראוי כיון שכבר נפגם ע"י עץ הדעת א"כ ימשיך תוקף זה דעץ החיים בסטרא אוחרא ויגביר הרע וכמ"ש במ"א וכך הוא כאן).
ועל כן הבה ונבלה שפתם כו' פיזור לרשעים הנאה להם והנאה לעולם. וכנוס לצדיקים שיש בהם הבטול להש"י הנאה להם והנאה לעולם כי ע"י ההתכללות נמשך ממקום עליון כנ"ל ולכן השלום הוא הכלי המחזיק ברכה:
À savoir, par l'unité et l'inclusion qu'il y aurait entre eux. Et c'est pourquoi ils firent la ville et la tour : c'est-à-dire que ce leur était un signe, pour ne pas se séparer l'homme d'avec son frère.
Car ils étaient bergers de menu bétail : celui-ci allait d'un côté, et celui-là de l'autre. C'est pourquoi ils firent une ville et une haute tour, afin que tous s'y rassemblent et que l'homme ne se sépare pas de son frère, et comme l'a écrit Rabbi Abraham ibn Ezra.
Et sur le plan spirituel aussi, le sujet de la ville et de la tour était pour l'utilité de la jonction et de l'union (voir dans le Zohar, paracha Noa'h, folios 74 et 75). Et c'est ce que dit le Saint, béni soit-Il : "Voici un seul peuple, et une seule langue pour eux tous", etc., "et maintenant rien ne leur sera inaccessible de tout ce qu'ils ont projeté de faire".
Le sens : car, en vérité, par l'inclusion et la jonction, il se prolonge depuis un endroit plus élevé encore, et comme il est écrit : "une association d'idolâtres", etc. Dès lors, rien ne leur sera inaccessible, etc.
Dès lors, à D.ieu ne plaise, ils prolongeraient les eaux qui sortent de la maison de ה' vers les lieux d'aisances, etc., la femme de débauche, etc., puisqu'ils allaient selon l'obstination de leur cœur, etc., et qu'ils ne voulurent pas recevoir le bitoul et le joug. (Et cela est à la manière de ce qui est écrit : "de peur qu'il n'étende sa main, et ne prenne aussi de l'arbre de vie, et n'en mange, et ne vive à jamais" (Genèse 3, 22).
Et cela ne convient pas : puisqu'il a déjà été atteint par l'arbre de la connaissance, il prolongerait dès lors cette force de l'arbre de vie dans le sitra a'hra (l'autre côté), et il fortifierait le mal, comme il est écrit ailleurs. Et il en est ainsi ici.) Et c'est pourquoi : "Allons, confondons leur langue", etc.
La dispersion, pour les méchants, est un avantage pour eux et un avantage pour le monde. Et le rassemblement, pour les tsadikim en qui est le bitoul envers D.ieu, béni soit-Il, est un avantage pour eux et un avantage pour le monde.
Car, par l'inclusion, il se prolonge depuis un endroit supérieur, comme dit plus haut. Et c'est pourquoi la paix est le réceptacle qui contient la bénédiction.