« Plus grand que Mar est Rav, plus grand que Rav est Rabbi, plus grand que Rabbi est Rabban, plus grand que Rabban est son nom », comme Chimon haTsadik, Chemaya et Avtalyon. Le Chla rapporte que tout Rav et Mar est de Bavel et tout Rabbi d'Erets Israël, parce qu'on y conférait la semikha (ordination) pour les amendes ; Rav Zeira devient Rabbi après sa montée. « Acherim omrim » est Rabbi Méir et « yech omrim » Rabbi Natan, pour avoir voulu rabaisser Rabban Chimon ben Gamliel. Acherim reste Rabbi Méir même à côté de Rabbi Méir : il a pu revenir dans sa vieillesse, quand on lui assigna ce nom.
Aussi : les michnayot et beraitot anonymes selon Rabbi Méir, Rabbi Ne'hemia, Rabbi Youda et Rabbi Yichmaël ; les louanges d'Isi ben Youda ; Rav Abba et Chemouel Aryokh.
כלל יחוסי החכמים ארז"ל (תוספתא עדויות ג, ד) גדול ממרב רבי גדול מר' רבן גדול מרבן שמו כמו שמעון הצדיק שמעי' ואבטליון שנקראו כן מרובג מעלתם כדרך הנביאים שאין מכנין אותן כל רב ומר מבבל וכל רבי מא"י לפי שבא"י היו סומכין לדון דיני קנסות וקורין אותו רבי דכתיב (שמות כב, ה) עד הא-להים יבא דבר שניהם ואין א-להים אלא מומחה ומוסמך כדאיתא בסנהדרין (ג, ב). וזהו שתמצא בתלמוד בהרבה מקומות רב זירא ורבי זירא ומפרשים בכתובות שקודם שעלה לא"י היו קורין לו רב ולאחר שעלה ונסמך נקרא רבי ולא מצינו בחכמי המשנה מי שנקרא מר ורב כן כתוב בהליכות עולם וכתב עליו מהרי"ק ז"ל דאישתמטיתי' מ"ש בערוך אביי וז"ל ויש בתנאים שקוראים רב במקומות ידועים כמו רב חמא בשבת רב אדא בהודאה תחילה וסוף בברכות רב אבא אמר שאלתי את סומכוס בכתובות עכ"ל ובפרק התכלת משמע דרבינ' מא"י הוה וכן פרש"י ז"ל עכ"ל:
Kelal Yichusei ha-Chachamim. Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Tossefta Eduyot 3,4) : plus grand que Mar est Rav, plus grand que Rav est Rabbi, plus grand que Rabbi est Rabban, plus grand que Rabban est son nom, comme Shimon ha-Tsadik, Shemaya et Avtalyon, qui ont été appelés ainsi à cause de l'abondance de leur stature, à la manière des prophètes que l'on ne surnomme pas.
Tout Rav et Mar est de Bavel et tout Rabbi d'Erets Israël, parce qu'en Erets Israël on conférait la semikha (ordination) pour juger les cas d'amendes et on l'appelle Rabbi, il est écrit (Shemot 22,8) : l'affaire des deux viendra jusqu'à Elokim, et Elokim n'est rien d'autre qu'un expert et un ordonné, comme il est dans Sanhédrin (3b). Et c'est ce que tu trouves dans le Talmud en beaucoup de lieux, Rav Zeira et Rabbi Zeira, et ils expliquent dans Ketoubot qu'avant qu'il monte en Erets Israël on l'appelait Rav, et après qu'il fut monté et reçut la semikha il fut appelé Rabbi.
Et nous n'avons pas trouvé parmi les sages de la Michna quelqu'un appelé Mar et Rav. Ainsi est-il écrit dans Halikhot Olam.
Et le Maharik (Rabbi Yossef Kolon), de mémoire bénie, a écrit sur lui qu'il lui a échappé ce qui est écrit dans l'Aroukh, Abaye, et voici son langage : et il y a parmi les tannaim que l'on appelle Rav en des lieux connus, comme Rav Hama dans Chabbat, Rav Ada dans Hodaah, commencement et fin dans Berakhot, Rav Abba a dit : j'ai demandé à Soumkhos dans Ketoubot. Jusqu-ici son langage.
Et au chapitre Ha-Tekhelet il ressort que Ravina était d'Erets Israël, et ainsi a expliqué Rachi, de mémoire bénie. Jusqu-ici son langage.
אחרים אומרים ר' מאיר וי"א ד' נתן והעלו להם אלו השמות משום מעשה שהיה בסוף הוריות (יג, ב). שבקשו לזלזל ולעקור כבודו של רשב"ג נשיא ישראל וקנסינהו דלא לימרו שמעתת' משמייהו ואסיקו לר' מאיר אחרים ולר' נתן יש אומרים וכתב בה"ע והיה קשה למורי החכם נר"ו ע"ז הכלל קושיא נוצחת שהרי נמצא בהרבה מקומות דתני ר' מאיר ואחרים גבי הדדי בברייתא א' בברכות פ"ג שאכלו (מז, ב) גבי איזהו ע"ה דפליגי אחרים ור"מ וכן במקומות אחרים אח"כ מצאתי בברייתות שאומר שכשהיה ר"מ אומר דבריו בשם אלישע בן אבויה אשר בשם אחר יכונה אז היו אומרים עליו אחרים אומרים התוספות ז"ל הך אחרים אין זה ר' מאיר וה"נ איכא טוב' י"א שאינו רבי נתן עכ"ל:
Acherim omrim : Rabbi Meir, et yech omrim : Rabbi Natan, et on leur a élevé ces noms à cause d'un fait qui fut à la fin de Horayot (13b). Qu'ils ont voulu rabaisser et déraciner l'honneur de Rabban Shimon ben Gamliel, nassi d'Israël, et on les a frappés d'une amende de ne pas dire les enseignements en leur nom, et on a assigné à Rabbi Meir Acherim et à Rabbi Natan yech omrim.
Et il a écrit dans Halikhot Olam : et ceci a été difficile à mon maître le sage, que sa lumière brille, sur cette règle, une difficulté décisivement victorieuse, car on trouve en beaucoup de lieux que l'on enseigne Rabbi Meir et Acherim l'un auprès de l'autre dans une seule beraita, dans Berakhot chapitre 3, Mi she-Akhalu (47b), au sujet de qui est un am ha-arets, que Acherim et Rabbi Meir divergent, et de même en d'autres lieux. Ensuite j'ai trouvé dans les beraitot qui disent que lorsque Rabbi Meir disait ses paroles au nom d'Elisha ben Avouya, qui est surnommé Acher, alors on disait de lui Acherim omrim.
Les Tossefot, de mémoire bénie : cet Acherim n'est pas Rabbi Meir, et de même il y a beaucoup de yech omrim qui ne sont pas Rabbi Natan. Jusqu-ici son langage.
ומ"ש הכריתות שנקר' אחרים על שם אחר וה' לכאורה נגד מ"ש בסוףת דשום שה שהיה אסיקו שמיה אחרים אפשר דהא והא אית' ע"כ נקר' אחרים לשון רבים:
Et ce qu'a écrit le Keritot, qu'il est appelé Acherim d'après Acher, et ceci est à première vue contre ce qui est écrit à la fin de Horayot, qu'on lui a assigné le nom Acherim. Il est possible que ceci et cela obtiennent, c'est pourquoi il est appelé Acherim, langage du pluriel.
ולעניות דעתי נראה לתרץ דלעולם אחרים הוא ר"מ אף במקום שהוזכר אצל ר"מ ופליג כי אפשר בילדותו אמר ר' מאיד כך בזקנותו חזר וחזרתו היתה בעת שאסיקו שמיה אחרים ומבואר למבין:
Et à mon humble avis il paraît de résoudre : que Acherim est toujours Rabbi Meir, même au lieu où il est mentionné à côté de Rabbi Meir et diverge, car il est possible que dans sa jeunesse Rabbi Meir a dit ainsi, et dans sa vieillesse il est revenu, et son retour était au temps où on lui a assigné le nom Acherim. Et c'est clair pour qui comprend.
אמנם ביש אומרים מצינו לפעמים בהדי' דאינו ר' נתן בפרק (ב"ב) דף צ"ג אמרו מאן י"א רשב"ג וכתבו התוספות ז"ל אע"ג די"א היינו ר' נתן הכא קבלה היתה בידן דהא י"א רשב"ג ובפ' חזקת הבתים (בבא בתרא דף ל"ו) גבי ניר דקאמר מאן י"א ר' אחא ובפ"ק דף ט"ו פליגי י"א ור' נתן גבי איוב. בנן של קדושים הוא ר' מנחם בר סמאי ואמאי קרו ליה בגן של קדושים דלא הוה מסתכל אפילו בצורתא דזוזא כדאית' במסכת ע"ז (נ, א).
כל מקום שאתה מוצא משום רבי ישמעאל אמר תלמיד א' לפני ר' עקיבא מוכח פרק קמא דעירובין שהוא ר' מאיר אשר שמש את שניהם בישיבה פ"ק דסנהדרין כל היכא דאיכא הדנין לפני החכמים הם שמעון בן עזאי ושמעון בן זומא וחנן המצרי וחנניה רבותינוש בא"י ר' אחא רבותינו שבבבל רב ושמואל למדין לפני חכמים הגה"הוכתבו התו' ז"ל בפ"ב דמעילה שיש למדין לפני החכמים דלא הוו אלו:לוי מרב דייני גולה קרנ' דייני א"י ר' אמי ור' אסי דייני דסור' רב ור' יצחק דייני דפומבדיתא רב פפא בר שמואל דייני דנהרדע' רב אחא בר מניומי סבי דסור' רב הונא ורב חסדא סבי דפומבדיתא עינ' ואבימי בני רחבה אמוראי דפומבדית' רבה ורב יוסף אמוראי דנהרדע' רב חמא אמרי בי רב רב המנונ' אמרי במערב' ר' ירמיה אמרו עליו במערב' רבי חנינא שלחו מתם רבי אליעזר כל זה בפרק קמא דסנהדרין (יז, ב).
Toutefois en yech omrim nous trouvons parfois explicitement que ce n'est pas Rabbi Natan : au chapitre (Bava Batra) folio 93 ils ont dit : qui est yech omrim ? Rabban Shimon ben Gamliel.
Et les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit : bien que yech omrim soit Rabbi Natan, ici une tradition était en leurs mains que ce yech omrim est Rabban Shimon ben Gamliel. Et au chapitre Hezkat ha-Batim (Bava Batra folio 36) au sujet du labourage, qu'il dit : qui est yech omrim ?
Rabbi Aha. Et au premier chapitre folio 15, yech omrim et Rabbi Natan divergent au sujet de Iyov.
Benan shel Kedoshim est Rabbi Menachem bar Simai, et pourquoi l'a-t-on appelé Benan shel Kedoshim ? Parce qu'il ne regardait même pas l'effigie d'une pièce, comme il est dans le traité Avoda Zara (50a).
En tout lieu où tu trouves : au nom de Rabbi Yishmael un disciple a dit devant Rabbi Akiva, il est prouvé au premier chapitre d'Erouvin que c'est Rabbi Meir, qui a servi les deux à la yechiva. Au premier chapitre de Sanhédrin : partout où il y a ceux qui jugent devant les sages, ce sont Shimon ben Azzai et Shimon ben Zoma et Hanan ha-Mitsri et Hanania.
Nos maîtres en Erets Israël : Rabbi Aha. Nos maîtres à Bavel : Rav et Shmuel.
Ceux qui étudient devant les sages. Glose : et les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit au chapitre 2 de Meilah qu'il y a de ceux qui étudient devant les sages qui n'étaient pas ceux-ci.
Levi, de Rabbi. Les juges de l'exil : Karna.
Les juges d'Erets Israël : Rabbi Ami et Rabbi Asi. Les juges de Soura : Rav et Rabbi Yitschak.
Les juges de Poumbedita : Rav Papa bar Shmuel. Les juges de Nehardea : Rav Aha bar Minyomi.
Les anciens de Soura : Rav Huna et Rav Hisda. Les anciens de Poumbedita : Eina et Avimi fils de Rahava.
Les amoraim de Poumbedita : Rabbah et Rav Yossef. Les amoraim de Nehardea : Rav Hama.
On dit à la maison de Rav : Rav Hamnuna. On dit en Occident : Rabbi Yirmeya.
On a dit de lui en Occident : Rabbi Hanina. On a envoyé de là-bas : Rabbi Eliezer.
Tout ceci au premier chapitre de Sanhédrin (17b).
כל ר' יהושע סתם האמור במשנה הוא ר' יהושע בן חנניה. ר' אלעזר סתם הוא ר' אליעזר בן הורקנוס ר' יודא סתם הוא ר' יודא בן עלאי.
ר' שמעון סתם הוא ר' שמעון בן יוחי. יוחנן כ"ג הוא יוחנן בן מתתי' שהיה בימי חשמונאי ובניו.
ר' יהושע בן קרחה כתבו שהוא בנו של ר' עקיבא ונקרא כן לפי שר' עקיבא קרח היה כמ"ש עליו בן עזאי (בכורות נח, א) כל חכמי ישראל לפני כקליפת השום חוץ מן הקרח הזה כן כתב בהליכות עולם. אמנם במסכת שבת פרק השואל דף ק"ו כתבו התוספות מתחילה כן בשם י"א.
אבל ר"ת סתר זה בראיות ברורות ע"ש:
Tout Rabbi Yehoshoua non spécifié dit dans la Michna est Rabbi Yehoshoua ben Hanania. Rabbi Elazar non spécifié est Rabbi Eliezer ben Hourkanos.
Rabbi Youda non spécifié est Rabbi Youda ben Ilai. Rabbi Shimon non spécifié est Rabbi Shimon ben Yohai.
Yo'hanan kohen gadol est Yo'hanan ben Mattityahou, qui était aux jours de Hashmonai et de ses fils. Rabbi Yehoshoua ben Korha, ils ont écrit qu'il est le fils de Rabbi Akiva, et il a été appelé ainsi parce que Rabbi Akiva était chauve, comme Ben Azzai a dit de lui (Bekhorot 58a) : tous les sages d'Israël sont devant moi comme une peau d'ail, hors ce chauve-là.
Ainsi a-t-il écrit dans Halikhot Olam. Toutefois dans le traité Chabbat, chapitre Ha-Shoel, folio 106, les Tossefot ont écrit d'abord ainsi au nom de yech omrim.
Mais Rabbenou Tam a détruit ceci par des preuves claires, vois là.
כל מקום שאומר מעשה בחסיד אחד הוא ר' יודא בן בבא או ר' יודא בר עלאי כן הוא בהגוזל קמא ר' מאיר הוא ר' נהוראי שהיה מאיר ומנהיר עיני חכמים בהלכה ושמו ר' נחמיה כדאיתא בעירובין פ"ק. כל 'ר אלעזר סתם האמור בתלמוד הוא רבי אלעזר בן פדת:
En tout lieu où l'on dit : un fait concernant un hasid, c'est Rabbi Youda ben Bava ou Rabbi Youda bar Ilai, ainsi est-il dans Ha-Gozel Kama. Rabbi Meir est Rabbi Nehorai, qui éclairait et illuminait les yeux des sages dans la halakha, et son nom est Rabbi Nehemia, comme il est dans Erouvin, premier chapitre.
Tout Rabbi Elazar non spécifié dit dans le Talmud est Rabbi Elazar ben Pedat.
בפרק הנשרפין (סנהדרין פו, א) סתם מתני' ר' מאיר. סתם תוספת' רבי נחמי'.
סתם ספרא ר' יודא. סתם ספרי ר' ישמעאל וכולהו אליבא דר' עקיבא משום דכולהו תלמידייהו היו וסתמה דר 'הוה רגיל למסתם אדעתייהו דהני.
אבל זימנין דקים ליה לתלמודא שיש משניות נסתמות על דעת אחרים כדאמרינן במסכת מגילה (כא, א) זו דברי רבי מנחם בר יוסי סתימתאה וכיוצא בו במקומות אחרים:
Au chapitre Ha-Nisrafin (Sanhédrin 86a) : une Michna anonyme est Rabbi Meir. Une Tossefta anonyme est Rabbi Nehemia.
Un Sifra anonyme est Rabbi Youda. Un Sifrei anonyme est Rabbi Yishmael.
Et tous selon Rabbi Akiva, parce qu'ils étaient tous ses disciples, et l'anonyme de Rabbi avait l'habitude d'anonymiser selon l'avis de ceux-ci. Mais parfois il est établi pour le Talmud qu'il y a des michnayot anonymisées selon l'avis d'autres, comme nous disons dans le traité Megilla (21a) : ce sont les paroles de Rabbi Menachem bar Yossi le Setimtaah (l'anonymiseur), et ainsi de suite en d'autres lieux.
תנאים המשובחים בחכמתם בברייתא בפרק האומר התקבל לי גיטי (סז, א). תניא איסי בן יודא היה מונה שבחן של חכמים ר' מאיר חכם וסופר.
ר' יודא חכם לכשירצה )פרש"י כשהיה רוצה להיות מתון ומתיישב בדבריו היה חכם וכתבו התוספות חכם לכשירצה יותר מר"מ ודלמ' ר"מ חריף ומקשה ור"י מתון ומסיק וכה"ג אמרינן בסוף הוריות( ר' טרפון גל של אגוזים )פרש"י מפרש באבות דר"ן מה ג"ל של אגוזים אם נוטל אחת מהן הם נקבצות ונופלות זו על זו כולן כך ר' טרפון בא תלמיד ושאלו דבר חיה מביא לו ראיה מקרא מדרש הלכה ואגדה( ר' ישמעאל חנות מיוזנות )פרש"י יינה מוכן בה תמיד שאין החנוני צריך לומר ללוקחים המתינו ואביא לכם כך נצרך אדם ללמוד מפיו מזומן לו ותלמודו ערוך בפיו ע"כ. וכתבו התוספות חנות מיוזנות לשון מזון ואית דגרסי מזוינת לשון זיון ע"כ( ר' עקיבא אוצר בלום )פרש"י כך מפורש באבות דר"ן למה היה ר' עקיבא דומה לעני שנטל קופתו ויצא לשדה מצא שעורים קצר ונתן בה מצא חיטים נתן בה וכן פולין וכן עדשים וכשבא לביתו בירר כל מין ומין לעצמו כך ר' עקיבא כשלמד מרבותיו שמע דבר מקרא מרבותיו ואחריו הלכה ואחריו מדרש ואחריו הגדה נתן אל לבו לחזור עליהן ולגרסן עד שיהיו סדורים בפיו ולא אמר אלמוד מקרא לעצמו מדרש לעצמו אבל כשנעשה חכם גדול עשה כל התורה מטבעות מטבעות סדר מדרש ספרי וספר' לבדן ושנאן לעצמן לתלמידיו והלכות לעצמן ואגדות לעצמן.
ונראה בעיני אוצר בלום סגור מסגרות לבדם מחיצות מחיצות כמו שעושים בתיבות גדולות ליתן חטים מכאן שעורים מכאן עדשים מכאן כמו פיו בלום בבכורות. והתוספות כתבו אית דגרסי בסמ"ך כמו בב"ר משל למלך שהיו אוצרותיו בלוסים וחתומים ומעורבים ע"כ( רבי יוחנן בן נורי קופת הרוכלין )פרש"י ז"ל מפרש התם מה רוכל זה שבא לעיר שואלין ממנו אפרסמון עמך אומר הן פלייטון עמך אומר הן קנמון עמך אומר הן כך נצרך אדם לשאול דבר ממקרא משיבו וכן בתלמוד וכן במדרש וכן באגדה ואין שבח זה דומה לשל רבי עקיבא שנתן לבו תחילה ולמד הכל מבולבל ואחר כך סדרן( רבי אליעזר בן עזריה קופ' של בשמים )פרש"י קופה של בשמים דומה לקופת הרוכלין אלא שהרוכל מתוך שאומנתו בכך מרבה מינין יותר וקושר כל א' בצרור לבדו להיות מזומן לשואלו( משנת ראב"י קב ונקי )פרש"י לא הרבה תלמוד כשאר חביריו אלא מה שאומר בב"ה נקי הוא שהלכה כמותו לעולם( רבי יוסי נימוקו עמו )פרש"י פי' עמו לתת טעם לכל דבריו שהוא מיישב דבריו( ר' שמעון טוחן הרבה ומוציא קימעה ותנא משכח קימעה ומה שמוציא אינו מוציא אלא סובין )פרש"י טוחן הרבה שנה הרבה מוציא קימעה מפרש לה תנא משכח קימעה מתלמודו ומה שמוציא אינו מוציא אלא סובין מה ששכח מתלמודו לא שכח אלא דברים שלא נראה שהלכה כמותן( וכן אמר ר' טרפון לתלמידיו בני שנו מדותיו שמדותי תרומות מתרומת מדותיו של ר' עקיבא )פרש"י שנו מדותי למדו תורתי שמדותי תרומות מתרומות מדותיו של ר"ע בחרתם והרמתים מתוך עיקרי משניותיו של ר' עקיבא והיינו ברירה אחר ברירה(:
Les tannaim loués en leur sagesse, dans une beraita au chapitre Ha-Omer Hitkabel Li Gitti (67a). Il a été enseigné : Isi ben Youda énumérait la louange des sages.
Rabbi Meir : sage et scribe. Rabbi Youda : sage lorsqu'il voudra (Rachi : lorsqu'il voulait être posé et s'asseoir dans ses paroles, il était sage.
Et les Tossefot ont écrit : sage lorsqu'il voudra, plus que Rabbi Meir, et peut-être Rabbi Meir est affûté et objecte, et Rabbi Youda pose et conclut, et de cette sorte nous disons à la fin de Horayot). Rabbi Tarfon : un tas de noix (Rachi explique dans Avot de-Rabbi Natan : qu'est-ce qu'un tas de noix ?
Si l'on en retire une, elles se rassemblent et tombent l'une sur l'autre toutes ; ainsi Rabbi Tarfon, un disciple venait et lui demandait une chose, il lui apportait une preuve de l'Écriture, du Midrach, de la halakha et de l'aggada). Rabbi Yishmael : une boutique approvisionnée (Rachi : son vin y est toujours prêt, que le boutiquier n'a pas besoin de dire aux acheteurs : attendez et je vous apporterai ; ainsi celui qui a besoin d'apprendre de sa bouche, c'est prêt pour lui, et son Talmud est rangé dans sa bouche.
Jusqu-ici. Et les Tossefot ont écrit : boutique approvisionnée, langage de nourriture, et il y a qui lisent מזוינת, langage d'armement.
Jusqu-ici). Rabbi Akiva : un otsar baloum (trésor fermé) (Rachi : ainsi est-il expliqué dans Avot de-Rabbi Natan : à quoi Rabbi Akiva ressemblait-il ?
À un pauvre qui a pris son panier et est sorti au champ, il a trouvé de l'orge, l'a moissonné et y a mis, il a trouvé du blé, y a mis, et de même des fèves et de même des lentilles, et quand il est venu chez lui il a trié chaque espèce à part ; ainsi Rabbi Akiva, lorsqu'il apprenait de ses maîtres, il entendait une chose de l'Écriture de ses maîtres, et après une halakha, et après un Midrach, et après une aggada, il mit à son cœur de les répéter et de les réciter jusqu'à ce qu'elles fussent rangées dans sa bouche, et il n'a pas dit : j'apprendrai l'Écriture à part, le Midrach à part ; mais lorsqu'il est devenu un grand sage, il a fait toute la Torah pièces pièces : il a ordonné le Midrach, Sifrei et Sifra à part et les a enseignés à part à ses disciples, et les halakhot à part, et les aggadot à part. Et il paraît à mes yeux : otsar baloum, fermé de fermetures à part, cloisons cloisons, comme l'on fait dans les grandes caisses pour mettre le blé d'ici, l'orge d'ici, les lentilles d'ici, comme sa bouche fermée dans Bekhorot.
Et les Tossefot ont écrit : il y a qui lisent avec un samekh, comme dans Bereishit Rabba : parabole d'un roi dont les trésors étaient fermés et scellés et mélangés. Jusqu-ici).
Rabbi Yo'hanan ben Nouri : la corbeille des colporteurs (Rachi, de mémoire bénie, explique là : qu'est-ce que ce colporteur qui vient en ville ? On lui demande : as-tu du baume ?
Il dit oui. Du foliaton ?
Il dit oui. De la cannelle ?
Il dit oui. Ainsi celui qui a besoin de demander une chose de l'Écriture, il lui répond, et de même dans le Talmud, et de même dans le Midrach, et de même dans l'aggada.
Et cette louange ne ressemble pas à celle de Rabbi Akiva, qui a mis son cœur d'abord et a appris tout mêlée, et ensuite les a ordonnées). Rabbi Eliezer ben Azarya : une corbeille d'aromates (Rachi : une corbeille d'aromates ressemble à la corbeille des colporteurs, seulement le colporteur, du fait que c'est son métier, multiplie les espèces davantage et lie chacune en un paquet à part pour être prêt à qui la demande).
La Michna de Rabbi Eliezer ben Yaakov : un kav et net (Rachi : il n'a pas beaucoup de Talmud comme le reste de ses compagnons, mais ce qu'il dit à la maison d'étude est net, que la halakha est comme lui toujours). Rabbi Yossi : son raisonnement est avec lui (Rachi : c'est-à-dire avec lui pour donner une raison à toutes ses paroles, qu'il assied ses paroles).
Rabbi Shimon : il moud beaucoup et sort un peu, et un tanna : il oublie un peu, et ce qu'il sort, il ne sort que du son (Rachi : il moud beaucoup : il a étudié beaucoup ; il sort un peu : un tanna l'explique : il oublie un peu de son Talmud ; et ce qu'il sort, il ne sort que du son : ce qu'il a oublié de son Talmud, il n'a oublié que des choses dont il ne paraît pas que la halakha soit comme elles). Et ainsi Rabbi Tarfon a dit à ses disciples : mes fils, étudiez mes mesures, car mes mesures sont des prélèvements des prélèvements des mesures de Rabbi Akiva (Rachi : étudiez mes mesures : apprenez ma Torah, car mes mesures sont des prélèvements des prélèvements des mesures de Rabbi Akiva : vous les avez choisies et élevées d'entre les principes de ses michnayot de Rabbi Akiva, et c'est un triage après un triage).
מצינו אשה חולקת עם התנאים בדין כמו תנא כמו שמצ' הכריתות בתוספת' דריש כלאים פי"א ר' טרפון מטמא וחכמים מטהרין ברוריה אמרה וכו' וכשנאמרו הדברים לפני ר' יהושיע אמר יפה אמרה ברוריה כו':
Nous trouvons une femme qui diverge avec les tannaim en din comme un tanna, comme l'a trouvé le Keritot dans la Tossefta du commencement de Kilayim chapitre 11 : Rabbi Tarfon déclare impur et les Sages déclarent pur, Berouria a dit etc., et lorsque les paroles furent dites devant Rabbi Yehoshoua, il dit : Berouria a bien parlé, etc.
קהלא קדישא הם ר' שמעון בן מנסי' ור' יוסי בן משולם שהיו משלישים ימיהם שליש בתורה שלישי בתפלה שליש במלאכה (קה"ר ט, ז). רב יודא הנשיא הוא רבינו הקדוש שחבר המשנה ואיכא אחרינא ר' יודא נשיאה.
וכתב מהרי"ק וז"ל וזהו בי דינא דשרו משחא כדאיתא בפרק שני דע"ז דף ל"ז והוא ובית דינו נקראים רבותינו כדאיתא בריש כתובות דף ב' ודע שיש ר' יודא נשיאה אחר דגרסי' בספ"ק דר"ה (כ, א) שלח ר' יודא נשיאה לר' אמי וכתבו התוספות ז"ל אין זה ר' יודא נשיאה שהתיר את השמן שהיה בימי רב ושמואל דההוא בנו של ר"ג בנו של ר' יודא הנשיא והאי דהכא תלמידו של ר' יוחנן דהיה כייף לרב ושמואל עד כאן לשונו כלומר ר' אמי תלמידו של ר"י שאותו ר' אמי הוה כייף כדאיתא בפרק הניזקין (גיטין דף נ"ט א)"נ אר' יוחנן קאי דהיה כייף לרב ושמואל כדמשמע בפרק גיד הנשה עכ"ל:
Le Kahala Kadisha (assemblée sainte), ce sont Rabbi Shimon ben Menasya et Rabbi Yossi ben Meshoulam, qui partageaient leurs jours en trois : un tiers dans la Torah, un tiers dans la tefila, un tiers dans le travail (Kohelet Rabba 9,7). Rav Youda ha-Nasi est Rabbenou ha-Kadoch qui a composé la Michna, et il y en a un autre : Rabbi Youda Nesia.
Et le Maharik a écrit, et voici son langage : et c'est le tribunal qui a permis l'huile, comme il est au chapitre 2 d'Avoda Zara folio 37, et lui et son tribunal sont appelés nos maîtres, comme il est au début de Ketoubot folio 2. Et sache qu'il y a un autre Rabbi Youda Nesia, car nous lisons à la fin du premier chapitre de Roch Hachana (20a) : Rabbi Youda Nesia a envoyé à Rabbi Ami, et les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit : ce n'est pas Rabbi Youda Nesia qui a permis l'huile, qui était aux jours de Rav et de Shmuel, car celui-là était le fils de Rabban Gamliel fils de Rabbi Youda ha-Nasi, et celui-ci ici est le disciple de Rabbi Yo'hanan, qui était soumis à Rav et à Shmuel.
Jusqu-ici son langage. C'est-à-dire Rabbi Ami disciple de Rabbi Yo'hanan, que ce Rabbi Ami était soumis, comme il est au chapitre Ha-Nizakin (Gittin folio 59a) ; ce n'est pas sur Rabbi Yo'hanan que cela se tient, qu'il était soumis à Rav et à Shmuel, comme il ressort au chapitre Gid ha-Nasheh.
Jusqu-ici son langage.
אזכיר קצת מהאמוראים:
Je mentionnerai un peu des amoraim :
רב גדול העולם היה שהרי ר' יוחנן היה כותב לרב כל זמן שהיה קיים לקדם רבינו שבבבל וכשמת היה כותב לשמואל לקדם חברינו (חולין צה, ב). ובפרק אלו טריפות (חולין נד, א) א"ל ר' יוחנן לריש לקיש אינך זכור מאן הוא רב והלא ראיתיו קודם שהלך לבבל שהיה משמש את רבי ואת ר' חייא וכל אותן שנים אני שמשתי בעמידה והוא בישיבה ובערוך כתב ז"ל רב הוא מכלל לוי ובר קפרא ורבן שמעון ברבי ור"ג ברבי ואם מצינו ברייתא חולקות על רב הוי כחולק תנא עם תנא ורש"י בפ"ק די"ט (ט, א, ד"ה והאמר) כתב ז"ל רב רבן של כל בני גולה וראש ישיבה לישראל חוץ משמואל ואין סברא דפליג עליה רב חנן ומוהר"י קולון כתב דלכל האמוראים פרכינן מרב חוץ מלשמואל ורב אבא היה שמו אלא שכמו שקורין לר' יודא הנשיא רבי בא"י קורין לו רב בבבל כן כתב רשב"ם פרק חזקת הבתים (רשב"ם פסחים קט ,ב).
וקבלתי שר' אבא המוזכר בזוהר הוא רב:
Rav était le grand du monde, car Rabbi Yo'hanan écrivait à Rav tout le temps qu'il était en vie : à l'accueil de notre maître qui est à Bavel, et lorsqu'il mourut il écrivait à Shmuel : à l'accueil de notre compagnon (Houlin 95b). Et au chapitre Elu Terefot (Houlin 54a) Rabbi Yo'hanan a dit à Reish Lakish : tu ne te souviens pas qui est Rav ?
Et ne l'ai-je pas vu avant qu'il aille à Bavel, qu'il servait Rabbi et Rabbi Hiyya, et toutes ces années-là je servais debout et lui assis. Et dans l'Aroukh il a écrit, et voici son langage : Rav est de l'ensemble de Levi et Bar Kappara et Rabban Shimon be-Rabbi et Rabban Gamliel be-Rabbi, et si nous trouvons une beraita qui diverge contre Rav, c'est comme un tanna qui diverge avec un tanna.
Et Rachi au premier chapitre de Yom Tov (9a, au mot veha-amar) a écrit, et voici son langage : Rav est le maître de tous les enfants de l'exil et tête de yechiva pour Israël, hors Shmuel, et il n'y a pas de raison que Rav Hanan diverge contre lui. Et Mahari Kolon a écrit que pour tous les amoraim nous objectons à partir de Rav, hors Shmuel.
Et son nom était Rav Abba, seulement que comme l'on appelle Rabbi Youda ha-Nasi Rabbi en Erets Israël, on l'appelle Rav à Bavel ; ainsi a écrit le Rashbam (Rabbenou Shmuel ben Meir) au chapitre Hezkat ha-Batim (Rashbam Pesahim 109b). Et j'ai reçu que Rabbi Abba mentionné dans le Zohar est Rav.
שמואל חבירו של רב היה ורב קרי עליה וכל רז לא אניס ליה מ"מ רב אסי ורב כהנ' שהיו תלמיד חבר לרב היו גדולים משמואל ובפרק מרובה (בבא קמא דף פ') שמואל לא עייל מקמיה הרב אסי ורב אסי לא עייל מקמיה דרב כו'. נמצא צריכין לומר דשמואל תלמיד חבר דרב הוה כדכתב רשב"ם בערבי פסחים שמואל היו קורין לו אריוך על שם שהלכה כמותו בדינא ודינא דמלכותא דינא.
א"נ משום דכתיב אריוך מלך אלסר כלומר שמואל היה מלך בכולהו מילי לא באיסורא דלית הלכתא כוותיה כ"כ בהליכות עולם:
Shmuel était le compagnon de Rav, et Rav a crié sur lui : et tout secret ne lui est pas refusé (Daniel 4,6). Toutefois Rav Asi et Rav Kahana, qui étaient talmid-haver (disciple-compagnon) de Rav, étaient plus grands que Shmuel.
Et au chapitre Merubeh (Bava Kama folio 80) Shmuel n'entrait pas avant Rav Asi, et Rav Asi n'entrait pas avant Rav, etc. Il en ressort qu'il faut dire que Shmuel était talmid-haver de Rav, comme a écrit le Rashbam dans Arvei Pesahim.
On appelait Shmuel Aryokh, parce que la halakha est comme lui dans les dinim, et dina de-malkhuta dina (la loi du royaume est loi). Ou bien parce qu'il est écrit : Aryokh roi d'Ellasar (Bereishit 14,1), c'est-à-dire que Shmuel était roi en toutes les choses, non dans les interdits, car la halakha n'est pas comme lui.
Ainsi est-il écrit dans Halikhot Olam.