שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebe'al Peh, Kelal Halacha (4/4)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

La halakha n'est pas comme le disciple à la place du maître. Selon le Ran, cela s'applique quand ils ont divergé du vivant du maître ; après sa mort, on tient comme les derniers. Cette règle va jusqu'à Abaye et Rava ; un Gaon écrit qu'à partir d'eux on examine toutes les opinions et l'on tient comme les derniers. Le Roch tient comme Rabbah contre Abaye et Rava. Le Chla écarte l'appui du Mahari Karo sur le Rif, le Rambam et le Roch plus affûtés : depuis Abaye et Rava on tient comme les derniers, et Rabbenou Moché Isserlès chemine ainsi dans le Choul'han Aroukh.

Aussi : Rav Papa contre Rava selon le Raa, le Ramban et le Rachba ; un Gaon : le disciple qui a vécu de longs jours et s'est grandi en sagesse ; bat kol (voix céleste) : Beit Hillel, doux et humiliés.

אין הלכה כתלמיד במקום הרב וכתב הר"ן ז"ל בריש סוכה דה"מ כשחלק עמו בחייו דכיון דלא קבל רבו דבריו נדחו דברי התלמיד אבל כשנחלק עמו לאחר מיתה לא אדרבה ק"ל הלכה כבתראי אע"ג דבתראי תלמידי דקמאי ננהו פירוש דבר זה מסורת בידינו מהגאונים ז"ל. וזה הכלל דאין הלכה כתלמיד במקום הרב הוא עד אביי ורבא אבל מאביי ורבא ואילך ק"ל הלכה כבתראי והטעם כתב גאון מפני שקודם אביי לא היו התלמידים שונין אלא מה שקבלו מרבם זה שונה ברייתא דר' חייא וזה בריית' דפלוני אבל מאביי ורבא ואילך חקרו כל הדעות ופעמים מצינו שהלך הרב בשטה שאינה הלכה וז"ש בתענית ואנן מתנינן הלכה בי"ג פנים משמע אבל לא בימי הרב:

La halakha n'est pas comme le disciple à la place du maître. Et le Ran, de mémoire bénie, a écrit au début de Soucca que ceci s'applique lorsqu'il a divergé avec lui de son vivant : puisque son maître n'a pas reçu ses paroles, les paroles du disciple sont écartées ; mais lorsqu'il a divergé avec lui après la mort, non : au contraire, nous tenons que la halakha est comme les derniers, bien que les derniers soient disciples des premiers.

L'explication de cette chose est une tradition en nos mains des Géonim, de mémoire bénie. Et cette règle que la halakha n'est pas comme le disciple à la place du maître va jusqu'à Abaye et Rava ; mais depuis Abaye et Rava et au-delà, nous tenons que la halakha est comme les derniers.

Et la raison, un Gaon l'a écrite : parce qu'avant Abaye les disciples ne récitaient que ce qu'ils avaient reçu de leur maître, celui-ci récitait la beraita de Rabbi Hiyya et celui-ci la beraita d'un tel ; mais depuis Abaye et Rava et au-delà ils ont examiné toutes les opinions, et parfois nous trouvons que le maître est allé selon une voie qui n'est pas la halakha. Et c'est ce qui est dit dans Taanit : et nous enseignons la halakha sous treize aspects, ce qui implique : mais non aux jours du maître.

ובענין אביי ורבא בעצמם אם הלכה כמותם כנגד רבם או לא בזה יש דעותש וז"ל הרי"ף בפ"ק דקמא רבה אמר דמי עמיר בזול ורבא אמר דמי שעורין בזול איכא מאן דפסק כרבה משום דהוא רביה דרבא ואיכא מאן דפסיק כרבא דהוא בתרא עכ"ל. אלו לשונות פליגי אם בדור רבא היה הלכה כבתראי או אם דוק' אחר רבא ואילך הלכה כבתראי ודור רבא הוא בעצמו בכלל שאין הלכה כתלמיד במקום רבו והרא"ש במסכת בבא מציע' השיב כמה פעמים על הרי"ף דלפעמים נראה שפוסק כרבא שהוא בתראי ולפעמים פוסק כרבה משום שהוא רביה דרבא ואני הקטן משיג ג"כ על הרא"ש בזה דבפרק עושין פסין כתב וז"ל טחו בטיט ויכול לעמוד בפני עצמו הוה מיעוט אינו יכול לעמוד בפ"ע רבה אמר הוה מיעוט רבא אמר לא הוה מיעוט ר"מ והראב"ד והר"ן הלוי ז"ל פסקו כרבא והרמב"ם ז"ל פסק כרבה וכן נראה דאין הלכה כתלמיד במקום הרב ומאביי ורבא ואילך הוא דק"ל כבתראי ולא כאביי ורבא נגד רבן עכ"ל.

ובפ' הזהב פסק כאביי נגד רבה וז"ל אמנם יראה דרבה גרס הכי ולא רבא שלא בכלהתלמוד שקבע רב אשי דברי רבא קודם אביי כי אביי מלך קודם רבא והיה פותח תחילה בבית המדרש הלכך נקבעו דבריו תחילה וכיון דגריס רבה א"כ הלכה כאביי דבתראי הוא עכ"ל הרי שבפ' עושין פסין לא פסק אפילו כרבא דהלכה כוותיה נגד אביי נגד רבה וכאן פסק כאביי נגד רבה:

Et au sujet d'Abaye et de Rava eux-mêmes, si la halakha est comme eux contre leur maître ou non : en ceci il y a des avis. Et voici le langage du Rif au premier chapitre de Kama : Rabbah a dit : le prix du fourrage à bon marché, et Rava a dit : le prix de l'orge à bon marché ; il y a qui décide comme Rabbah parce qu'il est le maître de Rava, et il y a qui décide comme Rava parce qu'il est le dernier.

Jusqu-ici son langage. Ces langages divergent : si à la génération de Rava la halakha était comme les derniers, ou si précisément après Rava et au-delà la halakha est comme les derniers, et la génération de Rava elle-même est dans le principe que la halakha n'est pas comme le disciple à la place de son maître.

Et le Roch, dans le traité Bava Metsia, a répondu plusieurs fois contre le Rif : que parfois il paraît qu'il décide comme Rava parce qu'il est le dernier, et parfois il décide comme Rabbah parce qu'il est le maître de Rava. Et moi, le petit, je m'élève aussi contre le Roch en ceci : car au chapitre Osin Pasin il a écrit, et voici son langage : s'ils l'ont enduit de boue et qu'il peut tenir par lui-même, c'est une diminution ; s'il ne peut pas tenir par lui-même, Rabbah a dit : c'est une diminution, Rava a dit : ce n'est pas une diminution.

Rabbenou Meir et le Raavad et le Ran ha-Levi, de mémoire bénie, ont décidé comme Rava, et le Rambam, de mémoire bénie, a décidé comme Rabbah ; et ainsi il paraît, que la halakha n'est pas comme le disciple à la place du maître, et que c'est depuis Abaye et Rava et au-delà que nous tenons comme les derniers, et non comme Abaye et Rava contre leur maître. Jusqu-ici son langage.

Et au chapitre Ha-Zahav il a décidé comme Abaye contre Rabbah, et voici son langage : toutefois il paraît que l'on lit Rabbah ainsi, et non Rava, car ce n'est pas dans tout le Talmud que Rav Ashi a fixé les paroles de Rava avant Abaye, puisque Abaye a régné avant Rava et ouvrait en premier à la maison d'étude, c'est pourquoi ses paroles ont été fixées en premier ; et puisqu'on lit Rabbah, donc la halakha est comme Abaye, qui est le dernier. Jusqu-ici son langage.

Voici donc qu'au chapitre Osin Pasin il n'a pas décidé même comme Rava, dont la halakha est comme lui contre Abaye, contre Rabbah ; et ici il a décidé comme Abaye contre Rabbah.

אך יש ליישב דהרא"ש כתב כן לפי סברת הרי"ף שהביא שם בזה הענין שפסק כרבא וע"ז כתב הרא"ש דרבה גרסינן ואביי פליג ולפי מה שרגיל בקצת מקומות הרי"ף לפסוק הגה"הכתבו התוספות ז"ל בפ"ג דיומא אפילו אי אביי פליג אריב"ל כל הלכה כאביי דבתראי הואאפילו כאביי ורבא נגד רבם א"כ כאן הלכה כאביי כך נוכל לפרש דעת הרא"ש אמנם הרא"ש בעצמו ס"ל הלכה כרבה נגד אביי ורבא:

Toutefois on peut résoudre : que le Roch a écrit ainsi selon le raisonnement du Rif qu'il a apporté là en cette affaire, qui a décidé comme Rava ; et sur cela le Roch a écrit que nous lisons Rabbah, et qu'Abaye diverge. Et selon ce que le Rif a l'habitude en quelques lieux de décider, Glose : les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit au chapitre 3 de Yoma : même si Abaye diverge contre Rabbi Yehoshoua ben Levi, toute la halakha est comme Abaye, car il est le dernier, même comme Abaye et Rava contre leur maître, donc ici la halakha est comme Abaye.

Ainsi pouvons-nous expliquer l'avis du Roch. Toutefois le Roch lui-même tient que la halakha est comme Rabbah contre Abaye et Rava.

כתב הר"ן בפ' ר"א דתולין הרא"ה ז"ל פסק כר"פ דבתראה הוא והרמב"ן ז"ל השיג עליו וכתב רבא רביה דר"פ הוא ואין הלכה כתלמיד במקום הרב והרשב"א כתב דאי מהא לא איריא דבתראי לא אמרי הכי דהא רב נחמן רביה דרבא הוא ואפ"ה כל שלא היה יושב רבא לפני רב נחמן ק"ל כרבא וסימנא איכא במילתא דכל דאשכחן א"ל רבא לרב נחמן הוא דחשבינן ליה כתלמיד יושב לפני רבו ולא קי"ל כוותיה אבל כשנחלקו שניהם בשני חולקים בעלמא הלכה כרבא וה"נ ר"פ הוא שנחלק על רבא ואפשר דכיון דבתר' הוא קי"ל כוותיה עכ"ל. ומצאתי כתוב בשם גאון אם התלמיד האריך ימים אחר רבו ונתגדל בחכמה למה לא יהיה הלכה כמותו עכ"ל וכן הוא בנמוקי יוסף פ' כיצד הרגל ע"ש וכתב בשלטי הגבורים אם כלל זה הוא אמת יש לסלק כמה קושיות שעושה הרא"ש על הרי"ף במסכת בבא מציע' ולתרצם כה"ג:

Le Ran a écrit au chapitre Rabbi Eliezer de-Tolim : le Raah (Rabbi Aharon ha-Levi), de mémoire bénie, a décidé comme Rav Papa, car il est le dernier ; et le Ramban, de mémoire bénie, a objecté contre lui et a écrit : Rava est le maître de Rav Papa, et la halakha n'est pas comme le disciple à la place du maître. Et le Rashba a écrit : si c'est de ceci, ce n'est pas une preuve, car les derniers ne disent pas ainsi : voici, Rav Nahman est le maître de Rava, et même ainsi, chaque fois que Rava n'était pas assis devant Rav Nahman, nous tenons comme Rava.

Et il y a un signe dans la chose : que partout où nous trouvons "Rava a dit à Rav Nahman", nous le considérons comme un disciple assis devant son maître, et nous ne tenons pas comme lui ; mais lorsqu'ils ont tous deux divergé comme deux disputants ordinaires, la halakha est comme Rava. Et ici aussi, c'est Rav Papa qui a divergé contre Rava, et il est possible que, puisqu'il est le dernier, nous tenons comme lui.

Jusqu-ici son langage. Et j'ai trouvé écrit au nom d'un Gaon : si le disciple a vécu de longs jours après son maître et s'est grandi en sagesse, pourquoi la halakha ne serait-elle pas comme lui ?

Jusqu-ici son langage. Et ainsi est-il dans le Nimukei Yossef, chapitre Keitsad ha-Regel, vois là.

Et il a écrit dans Shiltei ha-Gibborim : si cette règle est vraie, il y a à écarter plusieurs difficultés que le Roch fait contre le Rif dans le traité Bava Metsia, et à les résoudre de cette manière.

במסכת עירובין פ"ק (יג, ב) אמרו דיצתה בת קול ואמרה הלכה כבית הילל ואמרו שם מפני מה זכו ב"ה לקבוע הלכה כמותן מפני שנוחין ועלובין היו כו' והענין שהיה ראוי לקבוע הלכה כב"ש משום דמחדדי טפי ואף אם ב"ה הוו רובא כדאיתא בפ"ק דיבמות היכא אזלינן בתר רובא היכ' דכי הדדי נינהו הכא ב"ש מחדדי טפי ונראה דמזה סמך הרב הגדול מהרי"ק בעל בית יוסף שבחר לעצמו שלשה עדרי ישראל הרי"ף והרמב"ם והרא"ש לפסוק כמותם או כרבים אף כשהרבה מהאחרונים נגדם מאחר שהם מחדדי טפי אבל אין זה ראיה מאחר שנפסק הלכת' מאביי ורבא ואילך כבתראי אף תלמיד כנגד רבו ע"כ ראוי לילך אחר האחרונים גדולי הפוסקים ובדרך זה דרך הגאון רבינו משה איסרלס בשלחן ערוך ומהרי"ק ז"ל בשורש פ"ד כתב דהלכה כמהר"ם והרא"ש ז"ל דבתראי נינהו עוד עיין בטור ח"מ סי' כ"ה מענין פסק הלכה בכמה מילי איך ראוי לפסוק:

Dans le traité Erouvin, premier chapitre (13b), ils ont dit qu'une bat kol (voix céleste) est sortie et a dit : la halakha est comme Beit Hillel. Et ils ont dit là : pourquoi Beit Hillel ont-ils mérité que l'on fixe la halakha comme eux ?

Parce qu'ils étaient doux et humiliés, etc. Et le sujet est qu'il était convenable de fixer la halakha comme Beit Shammai, parce qu'ils sont plus affûtés ; et même si Beit Hillel étaient la majorité, comme il est au premier chapitre de Yevamot : quand allons-nous après la majorité ?

Lorsque ils sont égaux ; ici Beit Shammai sont plus affûtés. Et il paraît que de ceci s'est appuyé le grand rav, Mahari Karo, auteur du Beit Yossef, qui s'est choisi trois troupeaux d'Israël, le Rif et le Rambam et le Roch, pour décider comme eux ou comme les nombreux, même lorsque beaucoup des derniers sont contre eux, puisqu'ils sont plus affûtés.

Mais ceci n'est pas une preuve, puisque la halakha a été décidée depuis Abaye et Rava et au-delà comme les derniers, même un disciple contre son maître ; c'est pourquoi il convient d'aller après les derniers, les grands décideurs. Et par ce chemin a cheminé le gaon Rabbenou Moche Isserlès dans le Choulhan Aroukh.

Et le Maharik, de mémoire bénie, au shoresh 84, a écrit que la halakha est comme le Maharam et le Roch, de mémoire bénie, car ils sont les derniers. Encore, vois dans le Tour Hochen Michpat, siman 25, au sujet de la décision de la halakha en plusieurs choses, comment il convient de décider.

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