Parfois nos maîtres disent dans le Talmud : cette chose est une halakha à Moché du Sinaï, alors que toute la Torah, généralités et particularités, a été dite du Sinaï. Le Chla rapporte du Rambam que les interprétations reçues, sans divergence, s’extraient de l’Écrit par raisonnements, asmakhtot (appuis scripturaires) et allusions ; les débats, comme celui du « fruit d’un arbre splendide » (Vayikra 23,40), cherchent cette allusion, l’etrog étant déjà pris depuis Yehochoua. On ne dit « halakha à Moché du Sinaï » que d’une chose sans allusion ni lien à l’Écrit, impossible à extraire par raisonnement ; les chiourin (mesures) en sont, et « un pays de froment et d’orge » (Devarim 8,8) n’est qu’un signe : « le verset n’est qu’une asmakhta ».
Aussi : la halakha comme Rabbi Yossi contre son compagnon ; teiku Méir-Chimon : Halikhot Olam comme le plus strict, le Maharik comme le plus indulgent chez les Sofrim ; selon le Rachal, teiku d’interdiction à la rigueur, d’argent à l’indulgence.
כלל הלכה ענין מה שנמצא פעמים בדברי רבותינו ז"ל בתלמוד דבר זה הלכה למשה מסיני. יש להקשות הלא אמרו כל התורה נאמרה כללותיה ופרטותיה ודקדוקיה מסיני.
והרמב"ם בהקדמת זרעים ביאר זה הענין באר היטב וז"ל אבל אע"פ שהן מקובלים ואין מחלוקת בהן מחכמת התורה הכתובה לנו נוכל להוציא ממנה אלו הפרושים בדרך הסברות והאסמכתות והראיות והרמזים המצוין במקרא וכשתראה אותם בתלמוד מעיינים וחולקים זה על זה במערכות העיון ומביאין ראיות על אחד מאלו הפרושים והדומה להן כגון מה שאמר במאמר הכתוב בפרי עץ הדר אלו יהיו רמונים או חבושים או זולתם עד שהביא ראיה עליו ממה שנאמר פרי עץ הדר ואמר שטעם עצו ופריו שוה ואמר אחד פרי הדר באילנו משנה לשנה ואמר אחד פרי הדר על כל מים אלו הראיות לאאום פני שנשתבש עליהם הענין עד שנודע להם מהראיות האלה אבל ראינו בלא ספק מיהושע עד עתה שהאתרוג היו לוקחים עם הלולב בכל שנה ואין בו מחלוקת אבל חקרו על הרמז הנמצ' בכתוב לזה הפירוש מקובל וכן היא ראייתם על ההדס וראייתם על דיני אברים בעונש ממון והוא מה שחייב למיל שהשחית אבר מאברי חבירו וראייתם ג"כ על בת איש כהן הנזכרת לשם שהיה אשת איש וכל הדומה לו שהוא נוהג על העיקר הזה וזה ענין מה שאמרו כללותיה ופרטותיה רצו לומר העניינים שנוכל להוציאם כלל ובפרט ובשאר שלש עשרה מדות והם מקובלים מפי משה מסיני וכולם אע"פ שהם מקובלים מפי משה לא נאמר בהם הלכה למשה מסיני שאין לומר פרי עץ הדר הוא אתרוג הלכה למשה מסיני או חובל בחיבור משלם ממון הלכה למשה מסיני שכבר נתברר לנו שאלו הפרושים כולם הם מפי משה ויש להם רמזים במקרא או יוציאו אותה בדרך מדרכי הסבר' כמו שאמרנו ועל דבר שאין לו רמז במקרא ואינו נקשר בו ואי אפשר לה להוציאו בדרך מדרכי הסבר' עליו לבדו נאמר הלכה למשה מסיני ובשביל זה כשאמרנו (סוכה ה, ב) שעורין הלכה למשה מסיני הקשו עלינו ואמרו מפני מה אתם אומרים שהם הלכה למשה מסיני והנה שעורין נרמז עליהם באמרו ארץ חטה ושעורה תהיה התשובה שהוא הלכה למשה מסיני ואין לשעורים עיקר להוצי' אותה ממנו בדרך סבר' ואין להם רמז בכל התורה אבל נסמכה זאת המצוה לזה הפסוק לסימן כדי שיהא נודע ונזכר ואינו מענין הכתוב וזה ענין מה שאמרו קרא אסמכת' בעלמ' בכל מקום שיזכרוה עכ"ל דברי פי חכם חן ושפתים יושק:
Kelal Halakha : le sujet de ce que l'on trouve parfois dans les paroles de nos maîtres, de mémoire bénie, dans le Talmud : cette chose est une halakha à Moche du Sinaï. Il y a à objecter : n'ont-ils pas dit que toute la Torah, ses généralités et ses particularités et ses précisions, a été dite du Sinaï.
Et le Rambam, dans l'introduction de Zeraim, a expliqué ce sujet fort bien, et voici son langage : mais bien qu'elles soient reçues et qu'il n'y ait pas de divergence en elles, de la sagesse de la Torah écrite qui nous a été donnée nous pouvons extraire ces interprétations par voie de raisonnements et d'asmakhtot (appuis scripturaires) et de preuves et d'allusions qui se trouvent dans l'Écrit. Et lorsque tu les vois dans le Talmud examiner et diverger l'un contre l'autre dans les rangées de l'examen, et apporter des preuves sur l'une de ces interprétations et ce qui leur ressemble, comme ce qu'il a dit au sujet de la parole écrite : le fruit d'un arbre splendide (Lévitique 23,40), que ceux-ci seraient des grenades ou des coings ou d'autres, jusqu'à ce qu'il ait apporté une preuve sur elle de ce qu'il est dit : le fruit d'un arbre splendide, et il a dit que la raison est que le goût de son bois et de son fruit est le même ; et l'un a dit : un fruit splendide dans son arbre d'année en année ; et l'un a dit : un fruit splendide sur toutes les eaux.
Ces preuves n'étaient pas parce que le sujet s'était brouillé pour eux jusqu'à ce qu'il leur soit connu de ces preuves, mais nous avons vu sans doute, de Yehoshoua jusqu'à maintenant, que l'etrog ils le prenaient avec le loulav chaque année et il n'y a pas de divergence en cela ; mais ils ont recherché l'allusion qui se trouve dans l'Écrit pour cette interprétation reçue. Et ainsi est leur preuve sur le myrte, et leur preuve sur les lois des membres dans une peine d'argent, et c'est ce qui oblige celui qui a détruit un membre des membres de son compagnon ; et leur preuve aussi sur la fille d'un homme kohen mentionnée là, qu'elle était femme d'un homme, et tout ce qui lui ressemble, qui se comporte selon ce principe.
Et c'est le sujet de ce qu'ils ont dit : ses généralités et ses particularités, ils veulent dire les sujets que nous pouvons extraire en général et en particulier et par le reste des treize midot, et elles sont reçues de la bouche de Moche du Sinaï. Et toutes, bien qu'elles soient reçues de la bouche de Moche, l'on n'a pas dit d'elles une halakha à Moche du Sinaï ; car l'on ne doit pas dire : le fruit d'un arbre splendide est un etrog, halakha à Moche du Sinaï, ou : celui qui blesse son compagnon paie de l'argent, halakha à Moche du Sinaï ; car il nous a déjà été clarifié que ces interprétations toutes sont de la bouche de Moche et elles ont des allusions dans l'Écrit, ou ils l'extraient par une voie des voies du raisonnement, comme nous l'avons dit.
Et sur une chose qui n'a pas d'allusion dans l'Écrit et n'est pas liée à lui et qu'il est impossible de l'extraire par une voie des voies du raisonnement, sur elle seule l'on a dit : halakha à Moche du Sinaï. Et à cause de cela, lorsque nous avons dit (Soucca 5b) : les shiourin (mesures) sont une halakha à Moche du Sinaï, ils ont objecté contre nous et ont dit : pourquoi dites-vous qu'elles sont une halakha à Moche du Sinaï, et voici que les shiourin, il y a une allusion à elles en ce qu'il a dit : un pays de froment et d'orge (Deutéronome 8,8).
La réponse sera que c'est une halakha à Moche du Sinaï, et il n'y a pas pour les shiourin de racine pour l'extraire d'elle par voie de raisonnement, et elles n'ont pas d'allusion dans toute la Torah ; mais cette mitsva a été appuyée à ce verset pour un signe, afin qu'elle soit connue et rappelée, et ce n'est pas du sujet de l'Écrit. Et c'est le sujet de ce qu'ils ont dit : le verset n'est qu'une asmakhta, en tout lieu où ils la mentionnent.
Jusqu-ici son langage. Les paroles de la bouche d'un sage sont grâce, et des lèvres on baise (Ecclésiaste 10,12 ; Proverbes 24,26).
בעירובין פרק מי שהוציאוהו (מו, א) אמר רבי יעקב בר אידי אמר ר' יוחנן רבי מאיר ורבי יודא הלכה כרבי יודא. רבי יודא ורבי יוסי הלכה כרבי יוסי ואין צריך לומר רבי מאיר ורבי יוסי שהלכה כר' יוסי דהשת' במקום רבי יודא ליתי' במקום רבי יוסי מבעי'.
הגה"האך בפרק אף על פי בכתובות הלכה כרבי מאיר בגזירותיו ודוקא בגזירותיו ולא בקנסותיואמר רב אשי אף אנו נאמר רבי יוסי ורבי שמעון הלכה כר' יודא ליתי' במקום ר' יוסי מבעי' כלל' דמלת' הלכה כר' יוסי מחבירו ולא מחביריו. כן כתב בעל הליכות עולם ואע"ג דבפרק הנזכר אמרו הלכה כר' יוסי מחביריו ר' יוחנן פליג כמ"ש התוספות.
וכתבו שם ר' יודא ור' יוסי הלכה כרבי יוסי אפילו בברייתא. ואבעי' להו ר' מאיר ור' שמעון מאי תיקו.
וכתב בעל הליכות עולם הלכך הלכה כדברי המחמיר עד כאן לשונו וכתב על זה מהרי"ק בכללי תלמוד שלו וז"ל הם דברי הכריתות ואינם נראים לי אלא בשל תורה אבל בשל סופרים הלכה כרברי המיקל עכ"ל:
Dans Erouvin, chapitre Mi she-Hotziuhu (46a), Rabbi Yaakov bar Idi a dit, Rabbi Yo'hanan a dit : Rabbi Meir et Rabbi Youda, la halakha est comme Rabbi Youda. Rabbi Youda et Rabbi Yossi, la halakha est comme Rabbi Yossi ; et il n'est pas besoin de dire Rabbi Meir et Rabbi Yossi, que la halakha est comme Rabbi Yossi, car maintenant à la place de Rabbi Youda il n'est pas, à la place de Rabbi Yossi faut-il le dire.
Glose : toutefois au chapitre Af al Pi dans Ketoubot, la halakha est comme Rabbi Meir dans ses décrets, et précisément dans ses décrets et non dans ses amendes. Rav Ashi a dit : nous aussi nous dirons : Rabbi Yossi et Rabbi Shimon, la halakha est comme Rabbi Yossi, car à la place de Rabbi Youda il n'est pas, à la place de Rabbi Yossi faut-il le dire.
La règle de la chose : la halakha est comme Rabbi Yossi contre son compagnon, et non contre ses compagnons. Ainsi a écrit l'auteur de Halikhot Olam.
Et bien que dans le chapitre mentionné ils aient dit : la halakha est comme Rabbi Yossi contre ses compagnons, Rabbi Yo'hanan diverge, comme ont écrit les Tossefot. Et ils ont écrit là : Rabbi Youda et Rabbi Yossi, la halakha est comme Rabbi Yossi même dans une beraita.
Et une question leur a été posée : Rabbi Meir et Rabbi Shimon, quoi ? Teiku.
Et l'auteur de Halikhot Olam a écrit : dès lors la halakha est comme les paroles du plus strict. Jusqu-ici son langage.
Et le Maharik (Rabbi Yossef Kolon) a écrit sur ceci dans ses Kelalei Talmud, et voici son langage : ce sont les paroles du Keritot, et elles ne me paraissent pas, sinon en matière de Torah ; mais en matière des Sofrim, la halakha est comme les paroles du plus indulgent. Jusqu-ici son langage.
והואיל ואתא ענין תיקו לידן אכתוב מילי מעליית' מ"ש הגאון רש"ל ז"ל בספר ים של שלמה פ"ב סימן ה' בכל ענייני תיקו ובכל ענייני ספיק' דדינ' כיצד לנהוג וז"ל כל תיקו הנאמר בתלמוד. לענין איסורא לחומרא ולענין ממונ' לקול' והמע"ה אף שבעל הערוך לפי' אחד בשם ר"ח מספקא אם חולקים מכל מקום כל הגאונים קדמאי ובתראי תופסים כל תיקו לקול'.
וכן כתב בסמ"ג במצות לדון בנזקי איש דלא ק"ל כר"ת ולאו דוקא תיקון אלא אף כשהבעיא לא נפשטא א"כ בספיקא עומדת ואם ממונא לקולא ואיסורא לחומרא. אבל בזה נפלה מחלוקת בין הגאונים הרי"ף ורמב"ם וסמ"ג פסקו דגבי ספיקא מהני תפיסה ור"י בעל התוספות והרא"ש ורוב בתראי סברי דלעולם אין מועיל תפיסה בספיקא דדינא ואף שאין התלמוד מכריע אני באתי להכריע דבודאי דברי תוספות עיקר בדין תיקו שנסתמ' הבעיה בתלמוד ולא נתפשטא ואין רשות לשום גאון בעולם לפשטה ממתני' או מבריית' או מסבר' דהוי כחולק על תלמודא דרבינא ורב אשי כמו שאין ליישב התיובתא שנאמרה בתלמוד אבל כמה בעיות שנאמרו בתלמוד ולא נפשטו אם היה חכם אחד אפילו בזמנינו מביא ראיה לפשט' הרשות בידו ואזלינן בתריה כי מאחר שלא נאמר תיקו א"כ בספק עומד עד שיתלבן לך פשיטותו ודוגמת זה כתב ר"ח בחזרת הבתים גבי אמר שמואל ומודה לי אבא שאם מת על האחין להביא ראיה כו' ועלו דבריו בקושיי' ומכל מקום פסק ר"ח כמותו ורשב"ם הביאו וז"ל פי' ר"ח נקטינן מרז"ל כל היכא דאמר בתלמוד תיובת' דפלוני תיובת' בטלו דברי מי שהתיובת' עליו לגמרי אבל היכא דעלתה בקושיא כי הך דשמואל לא בטלו דבריו דאמרינן לא הוי ברירה להון דבטלה שמועה זו לגמרי אבל לא אשתכח פירוק' בהאי שעת' ותלי' וקיימ' ע"כ.
א"כ אף שמסיק להדי' בגמ' קשי' מכל מקום אמרינן תליא וקיימא ק"ו כשבעי' לא נפשט' ואף שרמב"ם חולק היינו משום דס"ל קשיא הוי כעין תיובתא רק שתיובתא הוא כשפריך מדברי המשנה או מברייתא וקשיא מדברי אמוראים. אבל גבי בעיי' דלא נפשטה אף הוא מודה דתליי' וקיימ' ויכול אדם לפשט' ועוד אפילו בהאי דרשב"ם אין נראה כמותו כי הרא"ש חולק עליו וגם ר"ן שהם בתראי ולשם אאריך ותדע דהא בפרק השותפין בעי סתמ' דתלמוד' אם בהדירו פליגי או בנדרו ושם לא נתפשט' ובפרק שור שנגח מצינו שנפשט' כמו שכתבתי לקמן בפרק שור שנגח את הפרה סימן נ"ד וכה"ג מצינו כמה פעמים בתלמוד שהבעיי' במקומה לא נפשט' ובמקום אחר מצינו שנפשט'.
וכן לקמן בפרק החובל (פו, ב) גבי ביישו ישן וכו' סימן י"ח. וכן מפרשים שם התוספות שדרך התלמוד כך הוא וכן מוכח מהאי פירקא גבי בעיית דרבא אם צרורות מגופו משלם כו' או יש העדאות לצרורות כו' שג"כ בספיק הם עומדים ואעפ"כ הם נפשטים כמו שכתב הרי"ף ולעיל פירשתי:
Et puisqu'est venu le sujet de teiku en notre main, j'écrirai des paroles excellentes de ce qu'a écrit le gaon Rashal (Maharshal), de mémoire bénie, dans le sefer Yam shel Shlomo, chapitre 2, siman 5, en tous les sujets de teiku et en tous les sujets d'un doute de din, comment se conduire, et voici son langage : tout teiku dit dans le Talmud, pour un sujet d'interdiction va à la rigueur, et pour un sujet d'argent va à l'indulgence, et celui qui extrait de son compagnon, sur lui est la preuve, même que l'auteur de l'Aroukh, selon une explication au nom de Rabbenou Hananel, soit dans le doute s'ils divergent ; néanmoins tous les Geonim, premiers et derniers, tiennent tout teiku à l'indulgence. Et ainsi a-t-il écrit dans le Semag (Sefer Mitsvot Gadol), dans la mitsva de juger dans les dommages d'un homme, que nous ne tenons pas comme Rabbenou Tam.
Et ce n'est pas précisément teiku, mais même lorsque la question n'a pas été résolue, alors elle se tient dans le doute, et si c'est de l'argent, à l'indulgence, et une interdiction, à la rigueur. Mais en ceci une divergence est tombée entre les Geonim : le Rif et le Rambam et le Semag ont décidé que, s'agissant d'un doute, la saisie est efficace ; et R"I l'auteur des Tossefot et le Roch (Rabbenou Acher) et la plupart des derniers tiennent que jamais la saisie n'est utile dans un doute de din.
Et même que le Talmud ne tranche pas, je suis venu trancher que certainement les paroles des Tossefot sont l'essentiel, dans la loi de teiku dont la question a été scellée dans le Talmud et n'a pas été résolue, et il n'y a permission à aucun gaon au monde de la résoudre d'une Michna ou d'une beraita ou d'un raisonnement, car ce serait comme diverger du Talmud de Ravina et de Rav Ashi, de même qu'il n'y a pas à établir la teyuvta (réfutation) qui a été dite dans le Talmud. Mais plusieurs questions qui ont été dites dans le Talmud et n'ont pas été résolues : si un sage, même en notre temps, apportait une preuve pour la résoudre, la permission est en sa main, et nous allons après lui ; car dès lors que teiku n'a pas été dit, alors elle se tient dans le doute jusqu'à ce que sa résolution te soit éclaircie.
Et un exemple de ceci, Rabbenou Hananel l'a écrit dans Hezkat ha-Batim, au sujet de : Shmuel a dit, et Abba m'accorde que s'il est mort, c'est sur les frères d'apporter une preuve, etc., et ses paroles sont montées en difficulté ; et néanmoins Rabbenou Hananel a décidé comme lui. Et le Rashbam (Rabbi Shmuel ben Meir) l'a apporté, et voici son langage : l'explication de Rabbenou Hananel : nous tenons de nos Sages, de mémoire bénie : en tout lieu où l'on a dit dans le Talmud teyuvta d'un tel, teyuvta, les paroles de celui sur qui est la teyuvta sont entièrement annulées ; mais là où elle est montée en difficulté, comme celle de Shmuel, ses paroles n'ont pas été annulées, car nous disons : il n'était pas clair pour eux que cet enseignement soit entièrement annulé, seulement qu'une résolution n'a pas été trouvée à cette heure, et elle est suspendue et se tient.
Jusqu-ici. S'il en est ainsi, même que la Guemara conclue explicitement : c'est difficile, néanmoins nous disons : elle est suspendue et se tient, à plus forte raison lorsqu'une question n'a pas été résolue.
Et même que le Rambam diverge, c'est parce qu'il tient que difficulté est comme une sorte de teyuvta, seulement que teyuvta c'est lorsqu'on objecte des paroles de la Michna ou d'une beraita, et difficulté des paroles d'amoraim. Mais s'agissant d'une question qui n'a pas été résolue, même lui accorde qu'elle est suspendue et se tient, et un homme peut la résoudre.
Et encore, même dans celle du Rashbam, il n'apparaît pas comme lui, car le Roch diverge de lui, et aussi le Ran (Rabbenou Nissim), qui sont des derniers, et là je m'étendrai. Et tu sauras que voici, au chapitre Ha-Shutafin, le Talmud anonyme a posé : s'ils divergent dans son heder ou dans son neder, et là elle n'a pas été résolue, et au chapitre Shor she-Nagach nous trouvons qu'elle a été résolue, comme je l'ai écrit plus loin au chapitre Shor she-Nagach et ha-Parah, siman 54.
Et de cette sorte nous trouvons plusieurs fois dans le Talmud que la question en son lieu n'a pas été résolue, et en un autre lieu nous trouvons qu'elle a été résolue. Et ainsi plus loin au chapitre Ha-Hovel (86b), au sujet de celui qui a fait honte à un endormi, etc., siman 18.
Et ainsi expliquent là les Tossefot que la voie du Talmud est ainsi. Et ainsi il est prouvé de ce chapitre, au sujet de la question de Rava : si les tzerorot (cailloux projetés) de son corps, il paie, etc., ou s'il y a des avertissements de récidive pour les tzerorot, etc., qu'eux aussi se tiennent dans le doute, et même ainsi ils sont résolus, comme a écrit le Rif, et plus haut j'ai expliqué.