Le Chla copie Rabbi Its'hak Canpanton : celui qui veut devenir sage multiplie l'assise sur le sefer et examine fois après fois, car à chaque retour quelque chose se renouvelle. Qu'il siège seul, diminue le commerce, s'efforce de toute sa vigueur et cherche miséricorde auprès de Celui à Qui appartient la sagesse. « Celui qui considère une chose trouvera le bien, et qui se confie en Hachem, heureux est-il » : il atteint sa volonté avec l'aide de D.ieu. Grand principe : préciser le langage jusqu'à ce que chaque mot enseigne une chose nouvelle, et tenir les interlocuteurs pour des maîtres d'intellect dont toutes les paroles sont paroles d'Elokim vivant.
Aussi : examiner d'abord la Guemara puis les commentateurs pour voir ce que Rachi écarte ; parcourir la sougia, puis pchat et diyouk, et connaître qui parle et la raison de chaque dit ; distinguer deux sujets semblables dont le jugement change.
כלל עיון הריני מעתיק דברי הרב רבי יצחק קאנפטון בדרכי התלמוד שלו וז"ל הרוצה שיחכם ירבה בישיבה ר"ל ירבה לישב על הספר לעיין היטב כי לא די לו בפעם אחת או בשתים שיעיין הדבר ההוא פעם אחר פעם כי בכל פעם שיחזור לעיין יתחדש לו איזה דבר וזהו שארז"ל (חגיגה ט, ב) אינו דומה שונה פרקו ק' פעמים לשונה פרקו ק"א פעמים או ירצה כי לא ילך בסחורתו ובמשאו ובמתנו רק ירבה בישיבה ישב בדד וידום כמ"ש ז"ל (אבות ב, ה) לא כל המרבה בסחורה מחכים ואמרו (ב"ב כה, ב) הרוצה שיתחכם ידרים והרוצה שיתעשר יצפין נקוט האי כלל' בידך כל מבוקש שתבקש ולא השגת אותו בפעם ראשון הוא שיש עיכוב בדבר ולא ישיגנו כי אם בטרוח גדול ועמל אז תשיגנו ועל כן השתדל במריצות וחריצות פעם אחר פעם להשיג המבוקש שתבקש או מכוון שלא תשיגהו צריך להשתדל בכל מאמצי כחו ולהבין ולטרוח עצמו בכל יכולתו להשיג כי ההשתדלות והחריצות בכל דבר הכרחי א"א בלתו ועם כל זה צריך גם כו לבקש רחמים הגה"הכבר כתבתי במקו' אחר כי לפעמי' החטא גורם שנעשה מסך מבדיל בפני השכל שלא יוכל להבין ע"כ אמרו המקובלי' האחרוני' שבאם ארע לו כן יפשפש במעשיו ויתודה ויתפלל להש"י שיתן לו לב להבין.שיסייעוהו מן השמים ואל יאמר כחי ועוצם ידי עשה וכמ"ש בנדה פרק בתר' (ע, ב) מה יעשה אדם ויחכם הרבה ירבה בישיבה וימעט בסחורה הרבה עשו כן ולא הועילו יבקש רחמים ממי שהחכמה שלו זה"ש שהמע"ה משכיל על דבר ימצא טוב ובוטח בה' אשריו ר"ל המשתדל בחריצות למצוא איזה מכוון או מבוקש טוב וג"כ בוטח בה' ולא בכח שכלו וגבורתו אשריו כי זה ישיג רצונו בעזר האל:
Kelal Iyun (principe de l'examen). Voici que je copie les paroles du rav Rabbi Yitzhak Canpanton dans ses Darkhei ha-Talmud, et voici son langage : celui qui veut devenir sage, qu'il multiplie l'assise, c'est-à-dire qu'il multiplie le fait de s'asseoir sur le sefer pour examiner bien, car une fois ou deux ne lui suffit pas : qu'il examine cette chose-là fois après fois, car à chaque fois qu'il revient examiner, quelque chose se renouvelle pour lui.
Et c'est ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Haguiga 9b) : celui qui répète son chapitre cent fois n'est pas comparable à celui qui répète son chapitre cent une fois. Ou l'intention est qu'il n'aille pas dans son commerce et dans son fardeau et dans son échange, seulement qu'il multiplie l'assise : qu'il siège seul et se taise (Lamentations 3,28), comme ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Avot 2,5) : ce n'est pas quiconque multiplie le commerce qui devient sage.
Et ils ont dit (Baba Batra 25b) : celui qui veut devenir sage, qu'il se tourne vers le sud ; et celui qui veut s'enrichir, qu'il se tourne vers le nord. Tiens ce principe en ta main : tout objet cherché que tu chercheras et que tu n'as pas atteint du premier coup, c'est qu'il y a un retardement dans la chose, et tu ne l'atteindras que par une grande peine et un labeur ; alors tu l'atteindras.
C'est pourquoi efforce-toi avec ardeur et application, fois après fois, d'atteindre l'objet cherché que tu cherches. Ou une intention que tu n'atteindrais pas : il faut s'efforcer de toutes les forces de sa vigueur, et comprendre, et se peiner de tout son pouvoir pour atteindre, car l'effort et l'application en toute chose sont nécessaires, il est impossible sans eux.
Et avec tout cela, il faut aussi chercher miséricorde. Glose : j'ai déjà écrit en un autre lieu que parfois la faute cause qu'un écran se fasse, séparant devant l'intellect, de sorte qu'il ne puisse comprendre.
C'est pourquoi les kabbalistes derniers ont dit : si cela lui arrive, qu'il fouille ses actes et qu'il confesse et qu'il prie le Nom, qu'Il soit béni, qu'Il lui donne un cœur pour comprendre, qu'on l'assiste des cieux, et qu'il ne dise pas : ma force et la vigueur de ma main ont fait cela (Deutéronome 8,17). Et comme il est dit dans Nidda, dernier chapitre (70b) : que fera un homme et il deviendra sage ? beaucoup : qu'il multiplie l'assise et qu'il diminue le commerce.
Beaucoup ont fait ainsi et cela n'a pas profité ; qu'il cherche miséricorde auprès de Celui à Qui appartient la sagesse. C'est ce qu'a dit Shelomo le roi, que la paix soit sur lui : celui qui considère une chose trouvera le bien, et qui se confie en ה', heureux est-il (Proverbes 16,20).
C'est-à-dire : celui qui s'efforce avec application de trouver quelque intention ou quelque objet cherché bon, et aussi se confie en ה' et non en la force de son intellect et de sa puissance, heureux est-il, car celui-ci atteindra sa volonté avec l'aide de D.ieu.
כלל גדול בעיון שתדקדק הלשון היטב ותשתדל אם יש בו יתור לשון או כפל ענין ואם יש חדוש בענין ההוא או במאמר ההוא או לא ובכל שינוי לשון ובשינוי דין או ענין שבין נושא לנושא ודרשת וחקרת ושאלת היטב ותשתדל להוציא כל הלשון בענין שכל מלה ומלה בכל חלק ממנו יורה על דבר חדוש שלא היה מובן מכל הקודם ותדע ותשכיל הדבר ההוא בשורש ובעצם והגבלת אותו סביב בגבוליו בענין שתדע מהו הנושא ומהו משפטו בתחלת עיונך תשים במונח במחשבתך כי כל אחד מהדברים אחד השואל ואחד המשיב שהם בעלי שכל ושכל דבריהם בחכמה ובתבונה ובדעת אין בהם נפתל ועקש והכי אמרינן אטו בשופטני עסקינן ולכן יש לך לעיין בכל דבריהם ולראות אם הם דברים של טעם בריאים וחזקים כראוי מוצק או אם תפל בלי מלח ודברים חלושים ואם דברים מתקרבים אל השכל או מתרחקים ויש לך להשתדל בדבריהם ולתקנם בענין שהם נאותים ומתקרבים אצל השכל ושלא לשאת עליהם עון אשמה של סבר' רעועה או חלושה כי לא נפל מדבריהם ארצה כי כולם דברי א-להים חיים ואם ריק הוא מכם וזה"ש מעיקר' מאי סבר ולבסוף מאי סבחר:
Grand principe dans l'examen : que tu précises bien le langage et que tu t'efforces [de voir] s'il y a en lui un superflu de langage ou un redoublement de sujet, et s'il y a une nouveauté dans ce sujet-là ou dans ce dit-là, ou non ; et en tout changement de langage et en tout changement de loi ou de sujet d'un sujet à un sujet, tu exposeras et tu enquêteras et tu interrogeras bien (Deutéronome 13,15), et tu t'efforceras de faire sortir tout le langage de telle sorte que chaque mot et mot, en chaque partie de lui, enseigne une chose nouvelle qui n'était pas comprise de tout ce qui précède ; et tu sauras et tu concevras cette chose-là en sa racine et en son essence, et tu la délimites autour en ses limites, de sorte que tu saches quel est le sujet et quelle est sa loi. Au commencement de ton examen, tu poseras comme posé dans ta pensée que chacun des interlocuteurs, l'un le questionneur et l'un le répondant, sont des maîtres d'intellect, et que toutes leurs paroles sont en sagesse et en intelligence et en connaissance, il n'y a en elles ni torsion ni perversité (Proverbes 8,8).
Et ainsi disons-nous : sommes-nous donc occupés de sots ? C'est pourquoi tu as à examiner toutes leurs paroles et à voir si ce sont paroles de goût, saines et fortes, comme il convient, compactes, ou si c'est fade sans sel (Job 6,6) et paroles faibles, et si ce sont paroles qui s'approchent de l'intellect ou qui s'en éloignent.
Et tu as à t'efforcer dans leurs paroles et à les rectifier de sorte qu'elles soient convenables et s'approchent auprès de l'intellect, et à ne pas porter sur elles une faute de culpabilité d'un raisonnement ruineux ou faible, car rien de leurs paroles n'est tombé à terre (I Samuel 3,19), car toutes sont paroles d'Elokim vivant, et s'il est vide, c'est de vous (Deutéronome 32,47). Et c'est ce qui est dit : au début, que pensait-il, et à la fin, que pensait-il ?
בתחלת עיונך בספרי המפרשים יש לך לעיין על איזה לשון הכתוב מדבר ומפרש ולהסתכל מהו אשר מוסיף ומהו לשון הגמרא ולדעת מהו כוונתו אם הוא מתקן הלשון או מפרש ענין או מתרץ קושי' או מגיע ספק או נשאר מפירושים אחרים לראות אם יש חלוק בין גרסתו לגרסתינו ואחר שתדע כוונתו או דבורו או פירושו הוי מדקדק בו וראה מה הפכו ומקבילו ובו תדע ממה שנשמר רש"י ומה שהוא דוחה והדרך ישר הוא שתעיין כל מה שתוכל להבין מהגמרא ואח"כ תבוא עליו:
Au commencement de ton examen dans les sefarim des commentateurs, tu as à examiner sur quel langage l'Écrit parle et explique, et à regarder ce qu'il ajoute et ce qui est le langage de la Guemara, et à savoir quelle est son intention : s'il rectifie le langage, ou s'il explique un sujet, ou s'il résout une difficulté, ou s'il atteint un doute, ou s'il reste d'autres commentaires, pour voir s'il y a une différence entre sa version et notre version. Et après que tu sauras son intention ou son discours ou son commentaire, sois précis en lui et vois quel est son contraire et son parallèle ; et par là tu sauras de quoi Rachi s'est gardé et ce qu'il écarte.
Et la voie droite est que tu examines tout ce que tu pourras comprendre de la Guemara, et ensuite tu viendras sur lui.
וראה גם ראה אם מה שהבנת מסכים עם מה שהוא מפרש או לא ואחר שיהיה ידוע אצלך כוונתו תחקור מהו הפירוש שהוא דוחה וממה נשמר ומה הכרח לפירושו וכל עוד שלא כוונת דבריו ואפילו שהוא רוצה לקיים היאך תדע מה שהוא דוחה ויש לך לעיין הגמרא או הכתוב בפני עצמו לדקדק אותו היטב ואח"כ תבו' לעיין השטה ואח"כ חזור ליישב הכל על לשון הגמרא וכל דבור ודבור של תוספות וחדושים אשר בהלכה ולאחר שתדע כוונתו או הספק או הקושי' יש לך לחזור ולעיין בדברי רש"י ז"ל ולראות אם הרגיש בה ונשאר ממנה ואם שניהם מסכימים לדרך אחד או אם הם מוחלפים ובכלל יש לך בכל השמועה לעיין ולדעת במה הם מוסכמים המוליכים שטה אחת או במה הם מוחלפים:
Et vois, vois encore, si ce que tu as compris s'accorde avec ce qu'il explique, ou non. Et après que son intention sera connue chez toi, tu enquéras quel est le commentaire qu'il écarte, et de quoi il s'est gardé, et quelle est la nécessité de son commentaire.
Et tant que tu n'as pas visé ses paroles, et même s'il veut maintenir, comment sauras-tu ce qu'il écarte ? Et tu as à examiner la Guemara ou l'Écrit pour lui-même, pour le préciser bien ; et ensuite tu viendras examiner la ligne, et ensuite reviens installer le tout sur le langage de la Guemara, et chaque discours et discours des Tossefot et des nouveautés qui sont dans la halakha.
Et après que tu sauras son intention ou le doute ou la difficulté, tu as à revenir et examiner les paroles de Rachi, de mémoire bénie, et à voir s'il l'a sentie et s'il en est resté, et si tous deux s'accordent vers une même voie ou s'ils sont divergents. Et en général, tu as, dans tout l'enseignement, à examiner et à savoir en quoi s'accordent ceux qui mènent une même ligne, ou en quoi ils divergent.
בתחלה יש לך לעבור כל הסוגי' ולדעת כוונתה ולהקיף אותה דרך כלל ואח"כ תחזור לעיין כל דבר ודבר ממנה ולראות מי הוא שמקשה אותה ותשא הכלל העולה על ראשך ואח"כ חזור פעם שנישת עוד הלשון וראה אם מה שבלבך מסכים עמו ואח"כ יש לך לעיין על שורש הדבר ההוא וטעמו ולחקור על כל פרטיו וסבותיו כמ"ש (איוב כח, כז) אז ראה ויספרה הכינה וגם חקרה שרוצה לומר שבתחלה תראה אותה דרך כלל ולקחה בשכלך וזהו ויספרה ואח"כ חזור לתקן מה שהבין על הלשון שזהו הכונה ואח"כ חקור עליו לדעת אם הוא צודק או כזב ולדעת ג"כ טעמי הענין ההוא וסבותיו ושרשיו שזהו וגם חקרה ואח"כ ויאמר לאדם וכל ספק שיהיה לך במה שאתה מעיין או איזה דוחק או קושי' אל יקל בעיניך ואל תזוז ממנו עד שיודע לך ואל בינתך אל תשען עד שתשאל לחבירך ותחקור עליו מה שהבנת בו אם הוא צודק או אם יש כנגדו פירכא כי אין אדם רואה חובה לעצמו וחביריך יקיימוה בידיך ובכל מאמר ומאמר ובכל דבור ודבור אשר בא בשמועה הוי מרבה לחקור מהו התועלת או תועלת דין ודינים יוצאים לנו ממנה ומהו הכלל העולה מאותם המאמרים וספרת לך כהא דאמרינן ש"מ תלת ש"מ תרתי סימנ' מלת' היא לכן בכל ענין או דרוש יש לך לחקור על שרשיו ועל ענפיו לשום בה סימנים וכללים ועניינים שיזכרו ויפקדו על לבך לעולם כמו שבא בתלמוד סימנים בשמועה ולתת בהם מספר כמו האשה נקנית בשלשה דרכים ד' אבות נזיקין ט"ו נשים פוטרות וכדומה זלה בכל סך:
D'abord tu as à parcourir toute la sougia (discussion) et à connaître son intention et à l'entourer par voie générale ; et ensuite tu reviendras examiner chaque chose et chose d'elle, et voir qui est celui qui objecte celle-là, et tu porteras le principe qui en ressort sur ta tête ; et ensuite reviens une seconde fois encore sur le langage et vois si ce qui est en ton cœur s'accorde avec lui ; et ensuite tu as à examiner la racine de cette chose-là et sa raison, et à enquérir sur tous ses détails et ses causes, comme il est écrit (Job 28,27) : alors Il l'a vue et Il l'a racontée, Il l'a préparée et aussi Il l'a scrutée, c'est-à-dire qu'au début tu la verras par voie générale et tu la prendras dans ton intellect, et c'est : et Il l'a racontée ; et ensuite reviens rectifier ce que tu as compris sur le langage, et c'est : Il l'a préparée ; et ensuite enquête sur lui pour savoir s'il est juste ou mensonge, et pour connaître aussi les raisons de ce sujet-là et ses causes et ses racines, et c'est : et aussi Il l'a scrutée ; et ensuite : et Il a dit à l'homme (Job 28,28). Et tout doute que tu auras dans ce que tu examines, ou quelque contrainte ou difficulté, que cela ne soit pas léger à tes yeux, et ne t'en écarte pas jusqu'à ce que ce te soit connu ; et ne t'appuie pas sur ton intelligence (Proverbes 3,5) jusqu'à ce que tu demandes à ton compagnon et que tu enquêtes auprès de lui sur ce que tu as compris en cela, s'il est juste ou s'il y a contre cela une réfutation, car un homme ne voit pas de charge contre lui-même, et tes compagnons l'établiront en tes mains.
Et en chaque dit et dit et en chaque discours et discours qui vient dans l'enseignement, sois abondant à enquérir quelle est l'utilité, ou l'utilité d'une loi et de lois qui nous sortent d'elle, et quel est le principe qui ressort de ces dits-là, et tu te feras un compte, comme ce que nous disons : nous apprenons de là trois, nous apprenons de là deux ; un signe est une chose. C'est pourquoi en tout sujet ou derush tu as à enquérir sur ses racines et sur ses branches, pour y poser des signes et des principes et des sujets qui se souviennent et se rappellent sur ton cœur à jamais, comme il est venu dans le Talmud des signes dans l'enseignement, et pour leur donner un nombre, comme : la femme s'acquiert par trois voies, quatre pères des dommages, quinze femmes dispensent, et de semblable, et ainsi de suite en tout dénombrement.
כשיהיו פרושים מחודשים או גרסאות יש לך לחקור על כל פי' ופי' לראות שרשם וחילופים ולקח עוד אחד מהם בידך ואז לא ימושו מפיך וגם כן יש לך לבקש הדמיונות והמשלים לכל דבר ודבר עד שיקרב לשכלך ותדבק בלבך ולא תשכחנה כמ"ש (שהש"ר א, ח) אל יהי משל קל בעיניך שהרי שלמה וכו' וזה יועיל לנזק השכחה ומכשוליה ומוסיף חוזק ואומץ בעיון יפה שעה אחת בעיון של קורת רוח מבקר וערב ולבו טרוד בל עמו ע"כ בחר לך שעה ראויה שיהיה שכלך פנוי מכל ענייני העולם ולא יהי מחשבתך משוטטת ופונה אל דברים אחרים ואל תאמר לכשאפנה אשנה אלא הוי דוחה כל הדברים מפני תלמוד תורה ואחר שתבין הדבר חזור עליו ותחפש אם יש כנגדו פירכא או ספק כמ"ש (מלכים א יח, לד) שנו וישנו שלשו וישלשו ובזה ישאר שכלך מה שהבנת לנצח:
Quand il y aura des commentaires renouvelés ou des versions, tu as à enquérir sur chaque commentaire et commentaire pour voir leur racine et leurs divergences, et tu en prendras encore un en ta main, et alors ils ne s'écarteront pas de ta bouche (Josue 1,8). Et aussi tu as à chercher les comparaisons et les paraboles pour chaque chose et chose, jusqu'à ce qu'elle s'approche de ton intellect et s'attache à ton cœur et que tu ne les oublies pas, comme il est dit (Shir ha-Shirim Rabba 1,8) : que la parabole ne soit pas légère à tes yeux, car voici Shelomo, etc.
Et ceci profitera contre le dommage de l'oubli et ses écueils, et ajoute force et vigueur dans l'examen. Une heure d'examen de tranquillité d'esprit vaut mieux qu'un matin et un soir alors que son cœur est troublé, qu'il n'est pas avec lui.
C'est pourquoi choisis-toi une heure convenable, que ton intellect soit libre de toutes les affaires du monde, et que ta pensée ne soit pas errante et tournée vers d'autres choses. Et ne dis pas : quand je serai libre j'étudierai (Avot 2,4), mais sois celui qui écarte toutes les choses devant l'étude de la Torah.
Et après que tu auras compris la chose, reviens sur elle et cherche s'il y a contre elle une réfutation ou un doute, comme il est écrit (I Rois 18,34) : faites une seconde fois, et ils firent une seconde fois ; faites une troisième fois, et ils firent une troisième fois. Et par ceci restera dans ton intellect ce que tu as compris, à jamais.
בראשית תקרא הלשון שנים או ג' פעמים בשמחה ובקול רם ואח"כ חזור לעיין הלשון היטב וקח בידך הבנת הלשון ההוא כפשוטו ותחזור לעיין שנית המובן מכל הלשון ההוא והדברים ההם. והנה הא' נקרא' פשט והב' דיוק' דמתני' ובעלי מלאכת ההגיון קראו לפשט הקדמה ולדיוק תולדה ואח"כ חזור לעיין אם כמו כן מן העיון יש חדוש או לאו וראה ג"כ אם יש חדוש כמו כן מכלל אותו הלשון כי אם יש חדוש כפשוטו אף אם אין חדוש בדיוקו לא תקשי אבל אם אין חדוש תקשה על האומר מאמר כזה כי יאמר דמאי קמ"ל פשיטא ואם יש חדוש בדיוק המאמר ההוא ואין חדוש בעצם המאמר אפשר לומר משום דיוק' נקט ליה ולפעמים יהיו שני מאמרים שאין חדוש אלא באחד מהם וכשיהיה החדוש בראש המאמר ולא בסופו נתרץ אגב ריש' נקט סיפ' וכשיהיה בסוף המאמר יתורץ איידי דבעי למיתני סיפ' תני נמי ריש' וראה גם ראה בכל מאמר ומאמר מה היית סובר מסברתך או דן מדעתך בטרם שיבא התנא או האמורא ההוא ויצא לך מזה תועלת גדול כי אם היית סובר מעצמך במוחו תקשי לך מאי אתא לאשמועינן פשיט' ואם סברתך מנגדת לו יש לך לדעת ולחפש מהו ההכרח שיש לו לומר כון ומהו החולשא או הריעותא שיש במה שהיית סובר אתה וזהו הנקר' סבר' מבחוץ וכן תעשה כשתעיין בגמר' או במקרא כי בתחלה תעיין בכל מאמצי כח והוי משתדל להבין כל הנזכר בשכלך כל מה שתוכל בטרם תבא לראות מה שפירשו המפרשים על אותה משנה או גמרא או מקרא כי יצא לך מזה התועלת הנזכר והוי מרבה לחקור לדעת כל דין וכל דין שאמר התנא מאיזה טעם אמרו ולדעת סברתו וסברת כל א' מהם במה הם חולקים ומה שורש ומה ענף יש לאותו דין בתורה.
ומאיזו דין ומאיזו מצוה משתלשלין ומשתרגין או אם מדאורייתא או מדרבנן ואחר שזכרנו זה נשוב לסדר קצת דרכים שצריך לדרוך בהם ולזכור אותם תמיד המעיין בדבר הלכה ובלישנ' דתלמוד' ובכל מאמר הוי משתדל לידע מי הוא המדבר ומי הוא המשיב ומי הוא השואל ומי הוא המקשה ומי המתרץ וראה אם הוא תנא עם תנא או אמורא עם אמורא או רב עם תלמידו. תשא את שמותם והשמר לך שלא יתחלפו לך מקשה בשביל מתרץ או בהפך.
בכל מאמר ומאמר אשר יאמרו לך התנא או האמורא הוי מסתכל מהו צד הספק אשר היה אפשר להם להסתפק בו אם לא אמרו שהוצרך לאמרו ומפני מה היינו מסתפקים בו ואחר שידוע לך הספק וטעמו יש לך לדעת למה לא נאמר כן רוצה לומר כספק ההוא ולבקש טעם והכרח למה שאמר התנא וטעם זה כי אם מ"ש התנא הוא ודאי בלא שם ספק מה צורך לאמרו ואם יאמר האומר זאת הטבעת היא מכסף או זהב דמאי אתא לאשמועינן אם א"א להסתפק בה שהוא מדבר אחר הלא דיבור כזה הוא יתור גמור ואין לשום בעל שכל לאומרו כל שכן התנא או האמורא ועל דיבור כזה מקשה התלמוד מאי אתא לאשמועינן ולפעמים ישיב המשיב בהודעת הספק מהו דתימ' סד"א כו' ולפעמים ישוב המקשה להקשות ולמה לא נאמר ועל זה נאמר בגמרא ואימא הכי נמי וזהו שמבקש הכרח למה התנא ואז ישיב לו המשיב בהודעת ההכרח:
Au commencement tu liras le langage deux ou trois fois, dans la joie et à voix haute ; et ensuite reviens examiner le langage bien, et prends en ta main la compréhension de ce langage-là selon son pchat (sens simple) ; et tu reviendras examiner une seconde fois ce qui se comprend de tout ce langage-là et de ces choses-là. Et voici : le premier s'appelle pchat, et le second diyouk (inférence) de la Michna.
Et les maîtres de l'art de la logique ont appelé le pchat prémisse, et le diyouk conséquence. Et ensuite reviens examiner si, de même, de l'examen il y a une nouveauté, ou non ; et vois aussi s'il y a une nouveauté de même de l'ensemble de ce langage-là ; car s'il y a une nouveauté selon son pchat, même s'il n'y a pas de nouveauté dans son diyouk, tu n'objecteras pas ; mais s'il n'y a pas de nouveauté, tu objecteras à celui qui dit un tel dit, car on dira : que nous enseigne-t-il ? c'est évident.
Et s'il y a une nouveauté dans le diyouk de ce dit-là et qu'il n'y a pas de nouveauté dans l'essence du dit, on peut dire : c'est à cause du diyouk qu'il l'a pris. Et parfois il y aura deux dits dont il n'y a de nouveauté que dans l'un d'eux ; et quand la nouveauté sera en tête du dit et non à sa fin, nous résoudrons : à l'occasion de la première clause, il a pris la dernière ; et quand elle sera à la fin du dit, on résoudra : puisque il a voulu enseigner la dernière clause, il a enseigné aussi la première.
Et vois, vois encore, en chaque dit et dit, ce que tu aurais tenu de ton raisonnement ou jugé de ton avis, avant que ne vienne ce tanna ou cet amora-là ; et il te sortira de ceci une grande utilité : car si tu tenais de toi-même comme lui, tu objecteras : que vient-il nous faire entendre ? c'est évident ; et si ton raisonnement s'oppose à lui, tu as à savoir et à chercher quelle est la nécessité qu'il a de dire ainsi, et quelle est la faiblesse ou le défaut qu'il y a dans ce que tu tenais toi ; et c'est ce qui s'appelle raisonnement du dehors. Et ainsi tu feras quand tu examineras dans la Guemara ou dans l'Écriture : car d'abord tu examineras de toutes les forces de ta vigueur, et sois celui qui s'efforce de comprendre tout ce qui est mentionné, dans ton intellect, tout ce que tu pourras, avant que tu ne viennes voir ce qu'ont expliqué les commentateurs sur cette Michna ou Guemara ou Écriture, car il te sortira de ceci l'utilité mentionnée.
Et sois abondant à enquérir, pour savoir chaque loi et chaque loi qu'a dite le tanna, de quelle raison ils l'ont dite, et pour connaître son raisonnement et le raisonnement de chacun d'eux : en quoi ils divergent, et quelle racine et quelle branche il y a à cette loi-là dans la Torah. Et de quelle loi et de quelle mitsva elles se déroulent et s'entrelacent, ou si c'est de la Torah ou des rabbins.
Et après que nous avons mentionné ceci, nous reviendrons à ordonner quelques voies dans lesquelles il faut marcher et qu'il faut se rappeler toujours, celui qui examine une chose de halakha et le langage du Talmud. Et en chaque dit, sois celui qui s'efforce de savoir qui est celui qui parle, et qui est celui qui répond, et qui est celui qui questionne, et qui est celui qui objecte, et qui est celui qui résout.
Et vois s'il est tanna avec tanna, ou amora avec amora, ou maître avec son disciple. Tu porteras leurs noms, et garde-toi qu'il ne s'échange pour toi un objecteur pour un résolvant, ou l'inverse.
En chaque dit et dit que te diront le tanna ou l'amora, sois celui qui regarde quel est le côté du doute dans lequel il leur était possible de douter, s'ils ne l'avaient pas dit, qu'il a fallu le dire, et pour quelle raison nous aurions doute en cela. Et après que le doute et sa raison te sont connus, tu as à savoir pourquoi l'on n'a pas dit ainsi, c'est-à-dire selon ce doute-là, et à chercher une raison et une nécessité pour ce qu'a dit le tanna.
Et la raison de ceci : car si ce qu'a dit le tanna est certain, sans aucun doute, quel besoin de le dire ? Et si celui qui parle dit : cette bague est d'argent ou d'or -- que vient-il nous faire entendre ?
S'il est impossible de douter d'elle qu'elle soit une autre chose, voici qu'un tel discours est un superflu complet, et il n'appartient à aucun maître d'intellect de le dire, à plus forte raison le tanna ou l'amora. Et sur un tel discours le Talmud objecte : que vient-il nous faire entendre ?
Et parfois le répondant répondra par la notification du doute : ce que tu aurais dit, tu aurais cru, etc. Et parfois l'objecteur reviendra objecter : et pourquoi n'a-t-on pas dit ?
Et sur ceci on dit dans la Guemara : et dis aussi ainsi. Et c'est celui qui cherche une nécessité pour ce qu'a dit le tanna, et alors le répondant lui répondra par la notification de la nécessité.
השלישית הוי משתדל לדעת טעם כל דבר ודבר שיאמר לך התנא או האמורא מהו טעמו ושרשו המחייבו לומר כן כי היודע טעם הדבר הוא היודע הדבר בסיבותיו כי הוא הידיעה השלימה והאמיתית והוא כמהלך בדרך ואבוקה בידו כי יודע איזה הדרך ישכון אור ועל זה נאמר בתלמוד מאי טעמ' דפליגי. ואח"כ שתדע הטעם חפוש ודרוש אחר הטעם וראה אם אותו הטעם מספיק לכל חלקי אותו הנושא או הדין או לא.
כי לפי ידיעת הטעם משתנה הדין כדאיתא בפרק בתר' דנדה דאמר התם (סו, ב) אמר רבא אשה לא תטבול ע"ג כלי חרס סבר רב כהנ' דטעמ' מאי משום מרחצאות הוא אסילתא שפיר דמי א"ל רב חנן התם טעמ' מאי משום דבעית' אסילת' נמי בעית' הרי כי מצד הטעם נתחייב הדבר להיות מותר או אסור:
La troisième : sois celui qui s'efforce de connaître la raison de chaque chose et chose que te dira le tanna ou l'amora, quelle est sa raison et sa racine qui l'oblige à dire ainsi, car celui qui connaît la raison de la chose est celui qui connaît la chose en ses causes, car c'est la connaissance complète et véritable, et il est comme celui qui marche sur un chemin avec un flambeau en sa main, car il sait quel est le chemin où habitera la lumière (Job 38,19). Et sur ceci on dit dans le Talmud : quelle est la raison de ceux qui divergent.
Et ensuite, quand tu sauras la raison, cherche et enquête après la raison, et vois si cette raison-là suffit à toutes les parties de ce sujet-là ou de cette loi, ou non. Car selon la connaissance de la raison la loi change, comme il se trouve au dernier chapitre de Nidda, qu'il a dit là (66b) : Rava a dit : une femme ne s'immergera pas sur un ustensile de terre ; Rav Kahana a tenu : quelle est la raison ? à cause des bains ; sur une planche, c'est bien.
Rav Hanan lui a dit : là, quelle est la raison ? parce qu'elle a peur ; sur une planche aussi elle a peur. Voici que du côté de la raison la chose s'est obligée d'être permise ou interdite.
הרביעית כאשר תראה שני נושאים מתדמים או שוים זה לזה אשר מן הראוי שיהיו ג"כ שוים במשפטם אשר ינשאו וינתנו עליה ותראה התנא או האמורא יפריש ביניהם ויחלק במשפטיהם יש לך לדעת למה נשתנה זה מזה בדינם ולבקש הסיבה בחלופה ועל זה אמרו מאי שנא וכאשר יקשה המקשה מ"ש י"ל לעיין היטב אם אותם הדברים מתחלפים בצד מה או דומים מכל צד כי אם יש ביניהם חלוף מה אפשר שאותו החליף מסבב חלוף המשפט. וכמו כן כאשר תראה שני מאמרים דומים זה לזה ופירש המפרש אחד בדרך אחד והשני בדרך אחרת תוכל להקשות ומה ראית ומאי שנא או אימא איפכא או איפוך אנא וישוב המשיב בהכרח דין או סבר' ויאמר מסתבר' וכן כאשר יביא המקשה הקדמה או הנחה בלתי מוכרחת יקשה עליו ומה ראית:
La quatrième : lorsque tu verras deux sujets semblables ou égaux l'un à l'autre, dont il serait convenable qu'ils soient aussi égaux dans leur jugement sur lequel on discute et l'on traite, et tu verras le tanna ou l'amora distinguer entre eux et partager dans leurs jugements, tu as à savoir pourquoi celui-ci a changé de celui-là dans leur loi, et à chercher la cause dans la divergence. Et sur ceci ils ont dit : en quoi cela diffère-t-il ?
Et lorsque l'objecteur objecte : en quoi cela diffère-t-il, il y a à examiner bien si ces choses-là diffèrent d'un côté quelconque, ou si elles sont semblables de tout côté, car s'il y a entre elles quelque différence, il est possible que cette différence-là cause la différence du jugement. Et de même, lorsque tu verras deux dits semblables l'un à l'autre, et que le commentateur a expliqué l'un d'une voie et le second d'une autre voie, tu pourras objecter : et qu'as-tu vu, et en quoi cela diffère-t-il, ou : dis l'inverse, ou : inverse, moi.
Et le répondant reviendra avec une nécessité de loi ou de raisonnement et dira : il est raisonnable. Et de même, lorsque l'objecteur apportera une prémisse ou une supposition non nécessitée, on objectera contre lui : et qu'as-tu vu ?