שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebe'al Peh, Kelal Yagdil Torah

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

« Il agrandira la Torah et la glorifiera » (Yechaya 42,21). Au chapitre Elu Terefot, on demande pourquoi écrire nageoire et écailles (kaskeset) alors que l’on s’appuie sur les écailles : si le Miséricordieux n’avait écrit que kaskeset, on aurait dit que c’est la nageoire, même d’un poisson impur ; « une cuirasse d’écailles » (I Samuel 17,5) apprend que kaskeset est un vêtement fixé. Rabbi Abba et le tanna de l’école de Rech Lakich disent : Yagdil Torah ve-Yaadir. Le Chla enseigne que même ce qui est superflu ici fait entendre une chose nouvelle ailleurs, et qu’il en sort une différence pratique en un autre lieu, appuyée ici parce qu’elle s’y rattache.

Aussi : secrets des signes de pureté selon la racine spirituelle ; exposer et recevoir une récompense pour le peu fréquent ; une halakha pour le Messie s’étudie sans en fixer l’usage

כלל יגדיל תורה ויאדיר בפ' אלו טריפות (חולין דף ס"ו) כל שיש לו קשקשת יש לו סנפיר ויש שיש לו סנפיר ואין לו קשקשת מכדי אקשקשת קא סמכינן לכתוב רחמנא קשקשת ולא לכתוב סנפיר אייכתב רחמנא קשקשת ולא כתב סנפיר ה"א מאי קשקשת סנפיר ואפילו דג טמא כתב רחמנא סנפיר וקשקשת והשתא דכתב רחמנא סנפיר וקשקשת ממאי דקשקשת לבושא היא דכתיב ושריון קשקשים הוא לבוש ולכתוב רחמנא קשקשת ולא נכתב סנפיר (פרש"י ופרכינן והשתא דכתיבו תרווייהו מנלן דקשקשת לבושא הוא דמפרש תנא דמתניתין קשקשין אלו הקבועין בו ע"כ מהאי קרא משתמע ושריון קשקשים וגומר וכיון דפשיטא לן דקשקשת הוא לבושא לכתוב קשקשת לחודא דהא עלה סמכינן והשתא ליכא למימר ה"א מאי קשקשת סנפיר עד כאן לשונו). אמר רבי אבא וכן תנא דבי ר"ל יגדיל תורה ויאדיר עד כאן.

ויש לתמוה מה תועלת להרבות תורה בדבר שאין צורך בו והתוספות אמרו בזה הלשון יגדיל תורה ויאדיר הרבה תורה לנו טעמים לידע מהו קשקשת עכ"ל נראה דהם סוברים דהתירוץ הראשון נשאר במקומו דאי כתב רחמנא קשקשת ולא סנפיר ה"א קשקשת הוא סנפיר לכך כתב שתיהן ואף על גב דנודע דקשקשת הן הקבועין מכח ושריון קשקשים מ"מ הרבה לנו תורה והיד עלנו עוד הוכחה לידע שהקבועין הם סי' טהרה ויש סיוע לכאורה מה שלא אמר אלא אמר דבי אבהו אמנם לפי הארכת לשון רש"י שהבאתי משמע דחוזר מההוא דלעיל ואומר שהוא מיותר ואינו אלא להגדיל תורה ומה שלא אמר אלא הוא משום שזו הקושיה היא בעצמה קושיה ראשונה ואינו חוזר מכח קושיא אחרת וא"כ צריך להבין מהו הענין של יגדיל תורה ואף התוספות בעצמם נראה מדבריהם במקום אחר שס"ל ג"כ יגדיל תורה אפילו בדבר שאין בו צורך וז"ל בפרק אלו עובדין (פסחים מז, ב), כתישה בי"ט מי שדי כתבו התוספות ה"מ לשנויי חריש' בי"ט מי שרי אלא דמשני ליה בענין אחר משום יגדיל תורה ויאדיר ובריש ב"ק (ב, א, ד"ה לא) גבי להלכותיהן כתבו התוס' ה"מ למימר דכולי אצטריך למכתב וכו' ומתני' לא קתני אלא משום יגדיל תורה ויאדיר:

Kelal Yagdil Torah ve-Yaadir (Il agrandira la Torah et la glorifiera, Isaie 42,21). Au chapitre Elu Terefot (Houlin folio 66) : tout ce qui a des écailles a une nageoire, et il y a qui a une nageoire et n'a pas d'écailles.

Puisque c'est sur les écailles que nous nous appuyons, que le Miséricordieux écrive écailles et qu'Il n'écrive pas nageoire. Si le Miséricordieux avait écrit écailles et n'avait pas écrit nageoire, j'aurais dit : qu'est-ce que kaskeset ? c'est nageoire, et même un poisson impur.

Le Miséricordieux a écrit nageoire et écailles. Et maintenant que le Miséricordieux a écrit nageoire et écailles, d'où que kaskeset est un vêtement ?

Il est écrit : et une cuirasse d'écailles il porte (I Samuel 17,5). Alors que le Miséricordieux écrive écailles et que nageoire ne soit pas écrit.

(Rachi a expliqué, et nous objectons : et maintenant que les deux sont écrits, d'où tenons-nous que kaskeset est un vêtement, que le tanna de notre Michna explique : kaskeshin, ce sont ceux qui sont fixés en lui -- jusqu-ici ; de ce verset cela s'entend : et une cuirasse d'écailles, etc. Et puisque c'est évident pour nous que kaskeset est un vêtement, qu'Il écrive kaskeset seule, car c'est sur elle que nous nous appuyons, et maintenant il n'y a plus lieu de dire : j'aurais dit, qu'est-ce que kaskeset ? c'est nageoire.

Jusqu-ici son langage.) Rabbi Abba a dit, et ainsi a enseigné le tanna de l'école de Resh Lakish (Rabbi Shimon ben Lakish) : Yagdil Torah ve-Yaadir. Jusqu-ici.

Et il y a à s'étonner : quelle utilité à multiplier la Torah en une chose dont il n'est pas besoin. Et les Tossefot ont dit en ce langage : Yagdil Torah ve-Yaadir -- Il a multiplié la Torah pour nous, des raisons pour savoir ce qu'est kaskeset.

Jusqu-ici leur langage. Il paraît qu'ils tiennent que la première résolution reste à sa place : que si le Miséricordieux avait écrit kaskeset et non nageoire, j'aurais dit que kaskeset est nageoire ; c'est pourquoi Il a écrit les deux.

Et bien que l'on sache que kaskeset ce sont ceux qui sont fixés, de la force de : et une cuirasse d'écailles, néanmoins Il a multiplié pour nous la Torah et Il a encore laissé sur nous une autre preuve pour savoir que ceux qui sont fixés sont un signe de pureté. Et il y a un soutien à première vue de ce qu'il n'a pas dit ela (plutôt) : il a dit [l'enseignement de] l'école de Abbahu.

Toutefois, selon la longueur du langage de Rachi que j'ai apporté, il s'entend qu'il revient de celui d'en haut et dit que c'est superflu et que ce n'est que pour agrandir la Torah. Et ce qu'il n'a pas dit ela, c'est parce que cette difficulté est elle-même la première difficulté, et il ne revient pas de la force d'une autre difficulté.

Et s'il en est ainsi, il faut comprendre quel est le sujet de Yagdil Torah. Et même les Tossefot eux-mêmes, il paraît de leurs paroles en un autre lieu qu'ils tiennent aussi Yagdil Torah même en une chose dont il n'est pas besoin.

Et voici leur langage au chapitre Elu Ovedin (Pessahim 47b) : le broyage à Yom Tov, est-il permis. Les Tossefot ont écrit : il aurait pu résoudre : le labour à Yom Tov, est-il permis ; seulement il lui a résolu d'une autre manière, à cause de Yagdil Torah ve-Yaadir.

Et au début de Baba Kama (2a, au mot lo), au sujet de : à leurs lois, les Tossefot ont écrit : il aurait pu dire que tous étaient nécessaires à écrire, etc., et la Michna n'a enseigné que à cause de Yagdil Torah ve-Yaadir.

הענין הוא כי אף שהוא מיותר ואינו ענין להך מילת' מ"מ יש ללמוד ממנו איזה לימוד למקום אחר ואיין להקשות מאחר שהוא מיותר בכאן ואין בו צורך אלא ללמד ממנו דבר חדש במקום אחר יכתוב זה הדבר החדש במקום אחר זה אינו קושיא כי עתה שעסוק בעניני סי' טהרה דדגים השמיענו שני הסימנים אעפ"י שסימן השני הוא ההכרח מהראשון ודוגמ' לזה מצינו בפ"ק דחולין (יז, א) בעי רבי ירמיה אברי בשר נחירה שהכניסו בני ישראל לארץ מהו ופרש"י התם לענין דרוש וקבל שכר בעי לה דצריכין אנו להעמיד על האמת אע"פ שכבר עבר וכתב הרא"ש וז"ל ולא נהירא לי דדוקא למסבר קרא דרשינן אע"פ שכבר עבר אבל לקבוע בעיא בתלמוד בדבר שאין בו צורך לא אשכחן והכי אמרינן פ"ק דיומא (ה, ב) כיצד הלבישו מאי דהוה הוה אלא כיצד מלבישין לעתיד לבוא כשיבאו אהרן ובניו ומשה עמהן אלא כיצד מלבישין למסבר קראי בצואה כתיב כו' ונראה לי דנ"מ בבעי' זו לאדם שאוסר עצמו באחד מן המינין מזמן ידוע ואילך וכשהגיע הזמן היה לו מאותו המין שהי' אוכל והולך עד שהגיע הזמן אם מותר לאכול מה שניתותר בידו א"ג כגיון שרצו ב"ד לאסור דבר אחד כמו שאסרו גבינות הגויים ושקלות וכיוצא בהן אם אסור מה שיש ממנו מאותו המין ביד ישראל עכ"ל:

Le sujet est que même s'il est superflu et qu'il n'est pas un sujet pour cette chose, néanmoins il y a à apprendre de lui quelque enseignement pour un autre lieu. Et il n'y a pas à objecter : puisque il est superflu ici et qu'il n'y a en lui besoin que pour enseigner de lui une chose nouvelle en un autre lieu, qu'Il écrive cette chose nouvelle en l'autre lieu -- ceci n'est pas une difficulté, car maintenant qu'Il s'occupe des sujets des signes de pureté des poissons, Il nous a fait entendre les deux signes, bien que le second signe soit la nécessité du premier.

Et un exemple de ceci, nous trouvons au premier chapitre de Houlin (17a) : Rabbi Yirmiya a demandé : des membres de viande de nehira (abattage par perçage) que les enfants d'Israël ont fait entrer dans le Pays, quel est [le din]. Et Rachi a expliqué là : c'est au sujet de expose et reçois une récompense qu'il l'a demandée, car nous avons besoin d'établir sur la vérité, bien que cela soit déjà passé.

Et le Roch (Rabbenou Acher) a écrit, et voici son langage : et cela ne m'est pas clair, car spécifiquement pour expliquer un verset nous exposons bien que cela soit déjà passé, mais pour établir une question dans le Talmud en une chose dont il n'est pas besoin, nous n'avons pas trouvé. Et ainsi nous disons au premier chapitre de Yoma (5b) : comment les a-t-il vêtus -- ce qui a été a été ; seulement, comment vêt-on pour l'avenir à venir, quand viendront Aharon et ses fils et Moché avec eux ; seulement, comment vêt-on -- pour expliquer les versets : il est écrit en commandement, etc.

Et il me paraît qu'il y a une différence pratique en cette question pour un homme qui s'interdit lui-même l'une des espèces à partir d'un temps connu et ensuite, et quand le temps est arrivé il avait de cette espèce, qu'il mangeait et allait jusqu'à ce que le temps arrive : est-il permis de manger ce qui est resté en sa main. Ou encore, comme si un tribunal a voulu interdire une chose, comme ils ont interdit les fromages des nations et les légumes bouillis et ce qui leur ressemble : est-il interdit ce qu'il y en a de cette espèce en la main d'Israël.

Jusqu-ici son langage.

הרי לך שהבעיה לא על עצמה יאצה אלא ללמוד ממנה דבר זה שכתב הרא"ש ואפ"ה סמך האבעיא לדבר שאשכחן שהיה במציאות כן אני אומר בכל יגדיל תורה הן בפסוק הן בדברי התנא שיוצא ממנו נפקותא במקום אחר אף של הענין שבכאן אין בו צורך מ"מ סמכו למקום זה דמישך שייך ביה וכן הענין בכל האבעיות התמוהות הנמצאות אשר הם כמעט בחלק הנמנע שיזדמנו לא על עצמם היו האבעיות אלא לצורך ענין אחד ללמוד מזה ונאמרו כאן כי כאן הוא מקומם דמישך שייכי בזה הענין כגון הנך אבעיות תמוהות דבפרק בהמה המקשה (חולין דף ע') בלעתהו חולדה והוציאתו והכניסתו והקאיהו ויצא מאליו מהו הדביק שני רחמים יצא מזה ונכנס לזה מהו כו' והענין בכולם הוא כמה שכתוב והוא ענין יגדיל תורה ויאדיר:הגה"הבענין קשקשת וסנפיר יש לי עוד ענין לפרש בו יגדיל תורה ויאדיר והכוונה אע"פ שלא הוצרך התור' להודיענו לענין דינא סנפיר כי היה די לנו בסי' קשקשת מ"מ הרוצה לידע טעם המצו' וסודן אז הוא מן הצורך להודיע שגם הטהרה הוא מכח הסנפיר כי אין ספק של אילו סימני טהרה יש סודות בשרשם העליון מצד הרוחניות השורה בבעל חי זה ולא לחנם זה טהור וזה טמא אלא הכל מצד הרוחניות שורשו למעלה אם מסטר' דמסאבא טמא הוא וסימנו מוכיח עליו ואם מסיטרא דקדושה אז טהור הוא והסי' סי' טהרה ודי בזה למבין.

Voici pour toi que la question n'est pas sortie pour elle-même, seulement pour apprendre d'elle cette chose qu'a écrite le Roch. Et même ainsi, il a appuyé la question à une chose dont nous avons trouvé qu'elle était ainsi dans la réalité.

Ainsi je dis en tout Yagdil Torah, soit dans un verset soit dans les paroles du tanna, qu'il en sort une différence pratique en un autre lieu ; même si du sujet qui est ici il n'est pas besoin, néanmoins ils l'ont appuyé à ce lieu, car il s'y rattache. Et ainsi est le sujet en toutes les questions étonnantes que l'on trouve, qui sont presque dans la part de l'impossible qu'elles surviennent : ce n'est pas sur elles-mêmes qu'étaient les questions, seulement pour le besoin d'un autre sujet, pour apprendre de ceci, et elles ont été dites ici car ici est leur lieu, car elles se rattachent à ce sujet.

Comme ces questions étonnantes du chapitre Behemah ha-Maksheh (Houlin folio 70) : une belette l'a avalé et l'a fait sortir et l'a fait entrer et l'a vomi et il est sorti de lui-même, quel est [le din] ; il a collé deux matrices, il est sorti de celle-ci et est entré dans celle-là, quel est [le din], etc. Et le sujet en toutes est comme ce qui est écrit, et c'est le sujet de Yagdil Torah ve-Yaadir.

Hagaha (note). Au sujet des écailles et de la nageoire j'ai encore un sujet pour y expliquer Yagdil Torah ve-Yaadir.

Et l'intention : bien que la Torah n'ait pas eu besoin de nous faire savoir, pour le sujet du din, la nageoire, car le signe des écailles nous aurait suffi, néanmoins celui qui veut savoir la raison des mitsvot et leur secret, alors il est du besoin de faire savoir que la pureté aussi est de la force de la nageoire. Car il n'y a pas de doute que ces signes de pureté ont des secrets dans leur racine supérieure, du côté de la spiritualité qui repose sur ce vivant ; et ce n'est pas pour rien que celui-ci est pur et celui-là impur, seulement le tout est du côté de la spiritualité de sa racine en haut : s'il est du côté de l'impureté, il est impur et son signe témoigne sur lui ; et s'il est du côté de la sainteté, alors il est pur et le signe est un signe de pureté.

Et cela suffit à celui qui comprend.

כתבו התוספות בפ"ק דכתובות אשכחן כמה דברים דלא שכיחי ומיירי בהם התלמוד לדרוש ולקבל שכר ע"כ ונראה דזה מיירי בדבר שאפשר להיות במציאות רק לא שכיח בפרק ד' דזבחים דף מ"ד כתבו דתוס' ז"ל אימתי פריך הלכת' למשיח' אמר רב הלכה כר' אליעזר אמר רבא הלכתא למשיח' אמר אביי אלא כל שחיטת קדשים לא ליתני אלא דרוש וקבל שכר א"ל הלכה קאמינא ופרש"י הא דקא מתמהנה אקביעת הלכה הוא דוקא מתמהנה מגרס הוא דבעי מהני משניות ומחלוקת הלכות עבודה לפי שתורה היא ודרוש וקבל שכר אבל לקבוע הלכה אינו אלא להורות הלכה ועכשיו אינו נוהג עכ"ל בדף מ"ה:

Les Tossefot ont écrit au premier chapitre de Ketoubot : nous avons trouvé plusieurs choses qui ne sont pas fréquentes, et le Talmud s'en occupe pour exposer et recevoir une récompense. Jusqu-ici.

Et il paraît que ceci s'occupe d'une chose qui peut être dans la réalité, seulement elle n'est pas fréquente. Au chapitre 4 de Zevahim, folio 44, les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit : quand objecte-t-on hilkheta le-meshicha (une loi pour le Messie).

Rav a dit : la halakha est comme Rabbi Eliezer. Rava a dit : une loi pour le Messie.

Abaye a dit : alors que l'on n'enseigne pas tout l'abattage des sacrifices, seulement expose et reçois une récompense. Il lui a dit : c'est une halakha que je dis.

Et Rachi a expliqué : ceci dont je m'étonne, c'est spécifiquement sur la fixation de la halakha que je m'étonne ; c'est d'étudier que l'on a besoin, de ces michnayot et des disputes des lois du service, parce que c'est Torah et expose et reçois une récompense ; mais fixer une halakha n'est que pour instruire la halakha, et maintenant elle n'est pas en usage. Jusqu-ici son langage, au folio 45.

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