שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebe'al Peh, Kelal Leshonot Sugyot (10/10)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

« Tani tel et tel » : la lecture est teini, un tsere sous le tav. Tani be-Chabbat s’explique : donné ceci. Teiku, selon le Chla, se dit en tout lieu du Talmud où la réponse n’est pas connue pour résoudre la question : c’est le langage de tikoun, et aussi de tik (étui), car comme l’étui du sefer on ignore ce qu’il y a à l’intérieur ; ainsi a expliqué le Aroukh. Il y a qui disent : teiku, initiales de « le Tichbi résoudra les difficultés et les questions ».

Aussi : tikoun sofrim : euphémismes précisés par les scribes, selon le Rachba et le Maharik ; talmid 'haver, compagnon devenu élève du maître ; tartei, objection de contradiction, et tartei lama li de doublement.

תני כך וכך הקריאה היא בציר"י תחת התי"ו תיני כך וכך כי תני בשבת פירושו תן זה. תיקו בכל דוכתא בתלמוד שהתשובה אינה נודעת לפשוט ממנה האבעיא אומר תיקון ולשון תיקו הוא מלשון תיק כי כמו שהתיק שבו הספר אינו נודע מה שבתוכו כך פשיטות האבעיא אינו נודע.

וכן פי' הערוך. וי"א תיקו.

ר"ת "תשבי "יתרץ "קושיות "ואבעיות:

Tani (on a enseigné) tel et tel : la lecture est avec un tsere sous le tav : teini tel et tel. Car tani be-Chabbat, son explication est : donné ceci.

Teiku : en tout lieu dans le Talmud où la réponse n'est pas connue pour résoudre d'elle la question, on dit tikoun ; et le langage teiku est du langage de tik (étui), car comme l'étui dans lequel est le sefer, on ne sait pas ce qu'il y a à l'intérieur, ainsi la résolution de la question n'est pas connue. Et ainsi a expliqué le Aroukh.

Et il y a qui disent : teiku, initiales de תשבי יתרץ קושיות ואבעיות (le Tishbi résoudra les difficultés et les questions).

תיקון סופרים כתב הרשב"א ז"ל הא דאמרינן בכמה מקומות תיקון סופרים הוא זה אין הכונה חלילה שהוסיפו או שהותירו על מ"ש בתור' אפילו אות אחת אבל ענין תיקון סופרים הוא שהן דקדקו ומצאו לפי ענין כל א' וא' מהכתובים ההם שעיקר הכונה לא היתה כמה שנראה ממה שכתוב בספר אלא צד כוונה אחרת ולא היה לו לכתוב כן. אלא כן כמו ואברהם עודנו עומד לפני ה' וה' עודנו הל"ל אלא שכינה הכתוב ולא קראום תיקון סופרים אלא שהם דקדקו ופירשו שהם כינויים עכ"ל וז"ל מהרי"ק הא דאמרינן תיקון סופרים כו' הר"ר יוד' כלן כתב ר"ל שנכתב בתוררה ע"ד תיקון סופרים שמתקנים מה שכותבים שיהיה דרך כבוד שעל דרך משל דוד המלך יצו' לסופר מהיר שיכתוב שדוד מצוה לפלוני שיעשה כך וכך הנה הסופר יתקן לשונו הכתוב כשיאמר המלך דוד מצוה לפלוני עכ"ל:

Tikoun sofrim (correction des scribes). Le Rashba (Rabbi Shlomo ben Aderet), de mémoire bénie, a écrit : ceci que nous disons en plusieurs lieux, ceci est un tikoun sofrim -- l'intention n'est pas, loin de nous, qu'ils aient ajouté ou retranché de ce qui est écrit dans la Torah même une seule lettre ; mais le sujet de tikoun sofrim est qu'ils ont précisé et trouvé, selon le sujet de chacun de ces écrits, que l'intention principale n'était pas comme il paraît de ce qui est écrit dans le sefer, mais un autre côté d'intention, et il n'aurait pas dû écrire ainsi, seulement ainsi : comme et Avraham se tenait encore devant ה' (Genèse 18,22) -- et ה' se tenait encore, il aurait dû dire, seulement l'Écrit à employé un euphémisme ; et ils ne les ont appelés tikoun sofrim que parce qu'ils ont précisé et expliqué que ce sont des euphémismes.

Jusqu-ici son langage. Et voici le langage du Maharik (Rabbi Yossef Kolon) : ceci que nous disons tikoun sofrim, etc. -- le rav Rabbi Youda Kalon a écrit : cela signifie que cela a été écrit dans la Torah selon la voie du tikoun sofrim, qui corrigent ce qu'ils écrivent pour que ce soit par voie d'honneur ; que par exemple David le roi ordonnerait à un scribe agile d'écrire que David ordonne à un tel de faire telle et telle chose : voici, le scribe corrigera le langage écrit lorsqu'il dira le roi David ordonne à un tel.

Jusqu-ici son langage.

תלמיד חבר בכל מקום שאומר כה"ג ר"ל שהיו חברים תחילה ואח"כ נתחכם אחד מהם באופן שהשני נעשה תלמידו כמה שהיה בן עזאי חבר לר' עקיבא ונתחכם ר' עקיבא והיה בן עזאי תלמידו ואמרו בגמרא בן עזאי תלמיד חבר לר' עקיבא היה והוי כאלו אמר נעשה תלמיד מי שהיה חבר בתחילה אבל אין הפי' מי שהיה תלמוד נתחכם עד שעת' נעשה חבר אבל הפי' הוא עתה נעשה תלמוד מי שהיה כבר חבר להודיע חכמת הרב שגדלה עד שנעשה רבי למי שהיה לו חבר בתחילה כי לא בא להודיע גדולת חכמת התלמוד ע"כ מצאתי. אמנם רש"י במסכת עירובין פר' הדר דף ס"ג פי' תלמוד חבר שהוא חכם כמותו רק שלמד ממנו דבר אחד או יותר ע"כ:

Talmid haver (élève-compagnon). En tout lieu où il dit ainsi, cela signifie qu'ils étaient compagnons d'abord, et ensuite l'un d'eux s'est instruit de telle manière que le second est devenu son élève : comme Ben Azai était compagnon de Rabbi Akiva, et Rabbi Akiva s'est instruit, et Ben Azai était son élève ; et ils ont dit dans la Guemara : Ben Azai était talmid haver de Rabbi Akiva -- et c'est comme s'il avait dit : celui qui était compagnon au début est devenu élève.

Mais l'explication n'est pas : celui qui était élève s'est instruit jusqu'à ce qu'il soit devenu compagnon ; mais l'explication est : maintenant est devenu élève celui qui était déjà compagnon, pour faire connaître la sagesse du maître, qui a grandi jusqu'à ce qu'il soit devenu maître pour celui qui lui était compagnon au début ; car il n'est pas venu faire connaître la grandeur de la sagesse de l'élève. Jusqu-ici j'ai trouvé.

Toutefois Rachi, dans le traité Erouvin, chapitre ha-Dar, folio 63, a expliqué talmid haver : qu'il est sage comme lui, seulement qu'il a appris de lui une chose ou davantage. Jusqu-ici.

תרתי ברוב המקומות המוזכר בתלמוד שהמקשן מקשה תרתי פירושו תרתי מילי דסתרן זה את זה ובהליכות עולם כתב על כלל זה וז"ל יש מקומות דלא סתרן אבל נגען דבחד מינייהו סגי' כההי' דפ"ק דקידושין (יט, א) דאמר שם אין יעוד אלא מדעת ואין יעוד אלא בגדול ופריך תרתי כלומר חדא מלת' נגהו ותרתי למה לי וכן בסוכה פרק הישן (כט, א) דאמר עד שיאור ויעלה עמוד השחר ופריך התם תרתי עכ"ל ובשארית יוסף כתב על זה וז"ל ונראה לי שהראיות אלו שהביא אינם מכריחות שהרי באותה שהביא פרק הישן (סוכה דף כ"ט) מצינו שפרש"י וז"ל דברים אלו סותרים זה לזה שיאור משמע שהאיר לו המזרח ויעלה עמוד השחר שמעמ קודם והראיה שמביא מפ"ק דקדושין גם כן אינה ראיה דאע"ג דלדעת רש"י משם יש לו לבעל הליכות עולם סיוע להר"ר אלחנן שהביאו שם התוספות פירושו תרתי דסתרן אהדדי דריש' אמרינן אין יעוד אלא בגדול משמע אפילו בגדול שלא מדעת מהני והדר אמר אין יעוד אלא מדעת אבל שלא מדעת לא מהני ע"כ וכיון דברוב המקומות משמע דסתרן ואפילו באותן שהביא הליכות עולם יש להם פירוש דלא כפירושו נראה מזה שהפירוש הטבעי כשאומר תרתי הוא להקשות מסתירה וכן נראה שהרי כשרצה הגמרא להקשות מכפל אומר תרתי למה לי דלשון למה לי היא קושיה מכפל עכ"ל:

Tartei (deux). En la plupart des lieux mentionnés dans le Talmud, lorsque l'objecteur objecte tartei, son explication est : deux choses qui se contredisent l'une l'autre.

Et dans Halikhot Olam il a écrit sur ce principe, et voici son langage : il y a des lieux où elles ne se contredisent pas, mais elles se touchent, car d'une seule d'entre elles il suffit : comme celle du premier chapitre de Kidoushin (19a), où il dit là : il n'y a de yeoud (désignation comme épouse) que de son gré, et il n'y a de yeoud que pour une adulte ; et il objecte tartei -- c'est-à-dire : c'est une seule chose, et pourquoi m'en faut-il deux. Et ainsi dans Soucca, chapitre ha-Yashen (29a), où il dit : jusqu'à ce qu'il fasse jour et que se lève la colonne de l'aube ; et il objecte là tartei.

Jusqu-ici son langage. Et dans She'erit Yossef il a écrit sur ceci, et voici son langage : et il me paraît que ces preuves qu'il a apportées ne sont pas décisives ; car dans celle qu'il a apportée, chapitre ha-Yashen (Soucca folio 29), nous trouvons que Rachi a expliqué, et voici son langage : ces choses se contredisent l'une l'autre, car jusqu'à ce qu'il fasse jour signifie que l'orient lui a éclairé, et que se lève la colonne de l'aube implique avant.

Et la preuve qu'il apporte du premier chapitre de Kidoushin n'est pas non plus une preuve : car bien que selon l'avis de Rachi, de là, l'auteur de Halikhot Olam ait un soutien, selon le rav Rabbi Elhanan, que les Tossefot ont apporté là, son explication est : deux qui se contredisent l'une l'autre : car d'abord nous disons il n'y a de yeoud que pour une adulte -- cela implique que même chez une adulte, sans son gré, cela est efficace ; et ensuite il a dit il n'y a de yeoud que de son gré, mais sans son gré cela n'est pas efficace. Jusqu-ici.

Et puisque en la plupart des lieux il implique qu'elles se contredisent, et même dans celles qu'a apportées Halikhot Olam il y a une explication qui n'est pas selon son explication, il paraît de ceci que l'explication naturelle, quand il dit tartei, est d'objecter d'une contradiction ; et ainsi il paraît, car lorsque la Guemara a voulu objecter d'un doublement, elle dit tartei lama li (pourquoi m'en faut-il deux), car le langage lama li est une difficulté d'un doublement. Jusqu-ici son langage.

נשלם האלפ"א בית"א מקצת לשונות וסוגיות התלמוד וידעתי כי יש כהנה וכהנה מי מנה ואני לא באתי לפרוט רק אחת מהנה כי ההכרח לא יגונה ועל השאר יש לסמוך על מי שבו דעת חכמה ובינה:

Voici achevé l'alef-beit de quelques langages et discussions du Talmud ; et j'ai su qu'il y en a comme ceux-ci et comme ceux-ci, qui les a comptés ; et moi je ne suis venu énumérer qu'une d'entre elles, car la nécessité n'est pas à blâmer ; et pour le reste, il y a à s'appuyer sur celui en qui il y a un esprit de sagesse et d'intelligence.

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