Pechita (c’est évident) et lama (pourquoi). Le Chla rapporte du R"Ch Sidilo : parfois l’objecteur objecte d’abord une difficulté de pechita, et après la résolution il revient objecter une difficulté de lama. Rabbi Its’hak Aboab objecte que ce n’est pas la difficulté d’un homme intelligent, car il a objecté qu’il n’est pas besoin de le dire, on a répondu qu’il est besoin de le dire, et comment revient-il objecter qu’il ne dit pas vrai. Sa résolution : un sujet supporte deux voies, chacune avec une difficulté ; de deux choses l’une. Dans Berakhot, Tefilat ha-Cha’har, l’objecteur vise « jusqu’à midi » : pour les vatikin (ponctuels) ou pour le reste des gens.
Aussi : les coupures (pesik) dans la Torah afin qu’un sujet ne se mêle pas à un autre ; tsourba mi-rabanan, un jeune homme, et hahu mi-rabanan, un talmid ’hakham âgé ; Baba Kama, Metsia et Batra, un seul traité Nezikin.
פשיטא ולמה ז"ל הר"ש סודיל"ו לפעמים המקשן תחלה מקשה קושיית פשיטא ואחר שמשיב לו התרצן חוזר המקשן להקשות קושית למה ועל זה היה מקשה מורי וחמי הר"ר יצחק אבוה"ב ז"ל שהקושיא הזאת אינה קושיית משכיל שתחלה הקשה שאין צריך לאומרו והשיב שצריך לאומרו והיאך חוזר ומקשה שאינו אומר אמת. ותירוץ הוא ז"ל כי לפני המקשן יש נושא שסובל ב' דרכים ועל כל אחד מהם יש לו קושיא וה"ק מה נפשך או כך הוא הדרך או לא ואם כך הוא הדרך קשיה קושיא למה שאינו אומר אמת בברכות ריש פרק תפלת השחר (כו, א) אקשינן ורמינהי מצותה עם הנץ החמה כו' ומשני כו' דאמר ר' יוחנן כו' ודכ"ע עד חצות ואקשינן ותו לא כו' ומשני כו' הרי לך דבראשונה הקשה ורמינהי שהיא קושיית למה.
ואחר התירוץ חוזר להקשות והאמר רבי ירמיה דהוא קושיית פשיטא דמשמע שאומר אמת ובראשונה הקשה שאינו אומר אמת. והענין הוא שכוונת המקשן להקשות קושיית ממה נפשך וכך אמר האי דקתני עד חצות אם הוא לוותיקין או לשאר אינשי אם נפשך לומר לוותיקין קשיא לו קושיית ורמינהי לפי שהוותיקין עם הנץ החמה והיכי קתני עד חצות ואם נפשך לומר כי תניא ההיא כו' ולותיקין והאי דקתני עד חצות לשאר אנשי קשיא לי קושיית פשיטא דלא כבעי' שהיא עד חצות אבל זמן עוד נהגו להם חכמים שהיא עד שעת המנחה וזהו שהקשה טעה ולא התפלל כו' ויש דרך אחרת כי על ב' הכוונות הקשה קושיא למה והכי קאמר האי דקתני עד חצות מה נפשך אם נפשך לומר שהוא לוותיקין אינו כן שזמן הוותיקין הוא קצר שהוא עם הנץ החמה והמאריך האריך זמנם עד שעת המנחה והיאך קצר זמנם עד חצות דמשמע שאין זמנם ארוך יותר אלא דוקא עד חצות:
Pshita (c'est évident) et lama (pourquoi). Le R"Sh Sidilo (Rabbi Shmuel Sidilo), de mémoire bénie : parfois l'objecteur d'abord objecte une difficulté de pshita, et après que le résolvant lui répond, l'objecteur revient objecter une difficulté de lama.
Et sur ceci objectait mon maître et beau-père Rabbi Yitshak Aboab, de mémoire bénie : que cette difficulté n'est pas une difficulté d'un homme intelligent, car d'abord il a objecté qu'il n'est pas besoin de le dire, et il a répondu qu'il est besoin de le dire, et comment revient-il objecter qu'il ne dit pas vrai. Et sa résolution, de mémoire bénie : car devant l'objecteur il y a un sujet qui supporte deux voies, et sur chacune d'elles il a une difficulté ; et voici ce qu'il dit : de deux choses l'une, ou telle est la voie ou non ; et si telle est la voie, elle a une difficulté de lama, qu'il ne dit pas vrai.
Dans Berakhot, début du chapitre Tefilat ha-Shahar (26a) : nous objectons, et ils ont opposé : sa mitsva est avec le lever du soleil, etc., et ils résolvent, etc., que Rabbi Yo'hanan a dit, etc., et selon tous jusqu'à midi ; et nous objectons : et pas davantage, etc., et ils résolvent, etc. Voici pour toi : d'abord il a objecté ve-raminhu (et ils ont opposé), qui est une difficulté de lama.
Et après la résolution il revient objecter : et Rabbi Yirmeya n'a-t-il pas dit, qui est une difficulté de pshita, qui implique qu'il dit vrai, et d'abord il a objecté qu'il ne dit pas vrai. Et le sujet est que l'intention de l'objecteur est d'objecter une difficulté de deux choses l'une.
Et ainsi il a dit : ceci qu'il enseigne jusqu'à midi, s'il est pour les vatikin (les ponctuels) ou pour le reste des gens : si tu veux dire pour les vatikin, il a la difficulté de ve-raminhu, parce que les vatikin sont avec le lever du soleil, et comment enseigne-t-il jusqu'à midi ; et si tu veux dire que cela a été enseigné, etc., et pour les vatikin, et ceci qu'il enseigne jusqu'à midi est pour le reste des gens, j'ai la difficulté de pshita, que ce n'est pas comme il faut, qu'elle est jusqu'à midi, mais ils ont encore un temps que les Sages ont pratiqué pour eux, qui est jusqu'à l'heure de la minha ; et c'est ce qu'il a objecté : s'il a erré et n'a pas prié, etc. Et il y a une autre voie : que sur les deux intentions il a objecté une difficulté de lama.
Et voici ce qu'il dit : ceci qu'il enseigne jusqu'à midi, de deux choses l'une : si tu veux dire que c'est pour les vatikin, il n'en est pas ainsi, car le temps des vatikin est court, qui est avec le lever du soleil, et celui qui allonge a allongé leur temps jusqu'à l'heure de la minha, et comment a-t-il raccourci leur temps jusqu'à midi, ce qui implique que leur temps n'est pas plus long, seulement spécifiquement jusqu'à midi.
פסיק הפסקות הרבה בתורה חלוקות זו מזו כדי שלא יתערב ענין לענין פרשה לפרשה ורוב ההפסקות הם על ידי הריוח שבין פרשה לפרשה או בין ענין לענין. ויש הפסקות שאין די בריוח ונותן פסוק מיותר להפסיק יותר עם הריוח כדי שלא יתערבו הפרשיות כגון בסוף פרשת פנחס דכתיב (ל, א) ויאמר משה אל בני ישראל ככל אשר צוה ה' פסוק זה נכתב להפסיק בין נדרי מזבח דכתיב קמיה נדריכם ונדבותיכם ובין נדרי איסור דכתיב בתריה פרשת ראשי המטות שלא ידמו זה לזה כמו שמפורש במקומו מויש פסוקים שאף על פי שיש ביניהם נקודות דהיינו פסקי טעמים אין די בכך וכותב תיבה בסוף הפסוק שלא יתערב עם של אחריו כגון וכל אשה יודעת איש למשכב זכר הרוגו למה נאמר והלא כבר נאמר הרגו בראש הפסוק אלא להפסיק הענין שלא תערב עם וכל הטף החיו ויש שאין צריך שום הפסקה מההפסקות הנזכרות ודי לו בהפסק טעם אתנחתא כדאיתא בפ"ק דחגיגה:
Pesik (coupure). Les coupures sont nombreuses dans la Torah, distinctes les unes des autres, afin qu'un sujet ne se mêle pas à un sujet, une paracha à une paracha.
Et la plupart des coupures sont par l'espace entre une paracha et une paracha ou entre un sujet et un sujet. Et il y a des coupures où l'espace ne suffit pas, et il donne un verset superflu pour couper davantage avec l'espace afin que les parachiot ne se mêlent pas, comme à la fin de la paracha Pinhas, où il est écrit (Nombres 30,1) : et Moché dit aux enfants d'Israël selon tout ce que le Nom a commandé.
Ce verset a été écrit pour couper entre les vœux de l'autel, comme il est écrit avant lui : vos vœux et vos offrandes volontaires, et les vœux d'interdit, comme il est écrit après lui : la paracha Rashei ha-Matot, afin qu'on ne les assimile pas l'un à l'autre, comme il est expliqué en son lieu. Et il y a des versets qui, bien qu'il y ait entre eux des points, c'est-à-dire des pauses de taamim (accents de lecture), cela ne suffit pas, et il écrit un mot à la fin du verset afin qu'il ne se mêle pas avec celui d'après, comme : et toute femme qui a connu un homme pour un lit d'homme, tuez-la (Nombres 31,17) -- pourquoi est-ce dit, et n'est-il pas déjà dit tuez au début du verset ; seulement pour couper le sujet, afin que tu ne le mêles pas avec : et tous les petits enfants, laissez-les vivre (Nombres 31,18).
Et il y a qui n'ont besoin d'aucune coupure parmi les coupures mentionnées, et il leur suffit de la coupure du taam etnahta, comme il est au premier chapitre de Hagiga.
אות צדי"ק
Lettre tsadi
צורבא מרבנן ולפעמים איתא ההוא מרבנן כל היכא דאמרי' צורבא מרבנן פי' בחור וההוא מרבנן ת"ח זקן. תעניות פ"ק (ד, א) גבי ההיא דאמרינן ההוא מרבנן דרתח אורייתא הוא דרתח ופירש"י ז"ל צורבא מרבנן בחור כמו ביעי דצירבן ביצה פרק יו"ט (ז, א).
ת"ח זקן לא קרו ליה צורבא מרבנן אלא ההוא מרבנן קרו ליה עכ"ל. וההפרש שבין חכם לת"ח.
חכם יודע לדרוש מעצמו דבר הלכה ות"ח יודע להבין ולשמוע דבר הלכה ואינו יודע לדרוש מעצמו. ועיין ברש"י מתני' דיומא (יח, ב) אם חכם הוא דורש:
Tsourba mi-rabanan (jeune savant parmi les rabbins). Et parfois il y a hahu mi-rabanan (celui-là parmi les rabbins).
En tout lieu où nous disons tsourba mi-rabanan, explication : un jeune homme ; et hahu mi-rabanan : un talmid 'hakham âgé. Taanit, premier chapitre (4a), au sujet de ceci que nous disons : celui-là parmi les rabbins qui s'est emporté -- c'est la Torah qui s'est emportée.
Et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : tsourba mi-rabanan, un jeune homme, comme beiei de-tsirban (œufs rôtis), Beitsa, chapitre Yom Tov (7a). Un talmid 'hakham âgé, on ne l'appelle pas tsourba mi-rabanan, seulement on l'appelle hahu mi-rabanan.
Jusqu-ici son langage. Et la différence entre un sage et un talmid 'hakham : un sage sait exposer de lui-même une chose de halakha, et un talmid 'hakham sait comprendre et entendre une chose de halakha et ne sait pas exposer de lui-même.
Et vois dans Rachi, la Michna de Yoma (18b) : s'il est sage, il expose.
אות קו"ף
Lettre kof
קמא דע כי שלשה בבות דהיינו קמא מציעא בתרא כולם מסכתא אחת ונקרא מסכת נזיקין ונחלקת לשלשה בבות. ואע"ג דהסדר כולו נקרא נזיקין מכל מקום ההיא מסכתא נקרא ג"כ נזיקין דמצינו לפעמים הפרט נקרא בשם הכלל וכן סדר טהרות ומסכתא אחת מזה הסדר נקרא טהרות.
וכן ז' כוכבי לכת והאחד מהן נקרא בשם כוכב. וכ"כ הרמב"ם בהקדמת זרעים על סדר הזה וז"ל חלק המסכתא הראשונה לשלשה חלקים והתחיל בבבא קמא כו' ובפרק הגוזל עצים (בבא קמא דף ק"ד) פליגי רב הונא ורב יוסף דרב הונא ס"ל כולה נזיקין לאו חדא מסכתא היא ורב יוסף סבירא ליה כולה חדא מסכתא היא והרמב"ם פסק כרב יוסף משום דמסתבר' כוותיה מדקרי להו רבינו הקדוש קמא מציעא ובתרא ש"מ דשייכי אהדדי וחלקי חדא מסכתא:
Kama. Sache que les trois babot (portes), c'est-à-dire kama, metsia, batra, sont toutes un seul traité et il est appelé traité Nezikin, et il se divise en trois babot.
Et bien que l'ordre entier soit appelé Nezikin, néanmoins ce traité-là est aussi appelé Nezikin, car nous trouvons parfois que le particulier est appelé du nom du général. Et ainsi Seder Taharot, et un traité de cet ordre est appelé Taharot.
Et ainsi les sept planètes, et l'une d'elles est appelée du nom kokhav. Et ainsi a écrit le Rambam dans l'introduction de Zeraim sur cet ordre, et voici son langage : il a divisé le premier traité en trois parties et il a commencé par Baba Kama, etc.
Et au chapitre ha-Gozel Etsim (Baba Kama folio 104) Rav Huna et Rav Yossef divergent : Rav Huna tient que tout Nezikin n'est pas un seul traité, et Rav Yossef tient que le tout est un seul traité. Et le Rambam a tranché comme Rav Yossef parce qu'il est raisonnable comme lui, du fait que Rabbenou ha-Kadoch les a appelés kama, metsia et batra -- tu apprends de là qu'ils se rattachent l'un à l'autre et sont des parties d'un seul traité.
אות רי"ש
Lettre resh
ראיות ממקרא וממשנה מביא הראיה באחרונה מהמשנה וקשי' דה"ל להביא ראיה מהפסוק באחרונה הואיל והיא ראיה יותר חזק ויש לומר שכן מצינו דבר זה כתוב בתורה ושני בנביאים ומשולש בכתובים ושנוי במשנה. וא"ת והרי בקדושין (ו, א) על הראייה שהביא מיוד' שקורין לארוסה חרופה אחר שקדם ראיה מהפסוק אקשינן ויוד' ועוד לקר' משמע דקפיד תלמוד' בקדימת ראיית הכתוב וראיית המשנה וי"ל דאי קפיד התם לא קפיד אלא משום דאמר לשון ועוד דאי הוה אמר וכן ביוד' קורין לא הוה מקפיד.
אבל מפני שאמר ועוד שקורין ביוד' משמע מלשון ועוד שהיה איזה חולשא בקר' שהוצרך לומר ועוד זה אינו כן אלא אם היה מקדים מה שקורין ביוד' היה שייך לומר ועוד קרא כי ראיה מהפסוק היא חשובה יותר אבל בכל מקום דלא אמרינן לשון ועוד אינו מדוחק לאקדומי קרא קודם המשנה:
Preuves de l'Écriture et de la Michna : il apporte la preuve en dernier de la Michna. Et c'est difficile : il aurait dû apporter la preuve du verset en dernier, puisqu'elle est une preuve plus forte.
Et l'on peut dire : car ainsi nous trouvons cette chose écrite dans la Torah, et répétée dans les Prophètes, et une troisième fois dans les Écrits, et enseignée dans la Michna. Et si tu dis : mais dans Kidoushin (6a), sur la preuve qu'il a apportée de Yehouda, qu'on appelle une fiancée harufa (esclave promise), après qu'une preuve du verset ait précédé, nous objectons : et Yehouda, et encore le verset -- il implique que le Talmud est attentif à faire précéder la preuve de l'Écrit sur la preuve de la Michna.
Et l'on peut dire : s'il est attentif là, il n'est attentif que parce qu'il a dit le langage et encore ; car s'il avait dit et ainsi en Yehouda on appelle, il n'aurait pas été attentif. Mais parce qu'il a dit et encore, qu'on appelle en Yehouda, il implique du langage et encore qu'il y avait quelque faiblesse dans le verset, qu'il a eu besoin de dire et encore -- il n'en est pas ainsi ; seulement s'il avait fait précéder ce qu'on appelle en Yehouda, il aurait convenu de dire et encore le verset, car une preuve du verset est plus importante.
Mais en tout lieu où nous ne disons pas le langage et encore, il n'y a pas de contrainte à faire précéder le verset avant la Michna.
רבי ביבי בר אביי כך צריך לקרות השם בציר"י תחת בי"ת ראשון ובקמ"ץ תחת בי"ת שני ושם זה תמצא בעזר' (ב, י) בני בבי שש מאות עשרים ושלשה:
Rabbi Beivai bar Abaye : ainsi faut-il lire le nom, avec un tsere sous le premier beit et avec un kamats sous le second beit. Et ce nom, tu le trouveras dans Ezra (2,10) : les fils de Bevai, six cent vingt-trois.
ריבוי ומיעוט ז"ל הליכות עולם בכל דוכת' אמרינן אין רובי אחר ריבוי אלא למעט ואין מיעוט אחר מיעוט אלא לרבות ודין זה צ"ע דבכמה דוכתין אשכחן מיעוט אחר מיעוט ודריש כולהו למעט כי הך דקאמרינן מן הבהמה מן הבקר ומן הצאן מן הבהמה להוציא את הנעבד מן הבקר להושציא את המקוצר ומן הצאן להוציא רובע ונרבע וכיוצא בו בכמה דוכתין. וכן ריבוי אחר ריבוי דריש להו בבריית' דר' אליעזר ברבי יוסי הגלילי בל"ב מדות שלו.
לכך יש מי שאומר דכי אמרינן אין ריבוי אחר ריבוי אלא למעט ואין מיעוט אחר מיעוט אלא לרבות דוקא שאין לנו לדרוש ולקיים הריבויים או המיעוטים דאז אמרינן ודאי שהכתוב הפליג בריבויים לרמוז שיש בדברים מיעוט והפליג במיעוטים לרמוז שיש בדבר רבוי אבל היכא דאפשר לדרוש ולקיים הריבויים והמיעוטים דרשינן להו ומוקמינן להו אדינייהו ר"ל הרבויים לרבות והמועטים למעט ויש להוסיף בכאן די"ל דכשאמרינן אין ריבוי אחר ריבוי אלא למעט או איפכא דאם הכוונה היתה כשאומר ריבוין למעט ה"ל למעט מיעוט א' וסגי ליה או איפכא במיעוט אחר מיעוט. ועוד אין נראה ברבויים דאתי למעט ובמעוטים דאתי לרבות.
י"ל דכשאומר מיעוט אחר מיעוט הוא מרבה בזה האופן המיעוט הראשון שאומר במשל ממעט ארבעה אנשים מפעולה אחת. חוזר המיעוט השני וממעט השנים מהם א"כ הוא מרבה האחרים שיעשו הפעולה הנזכרת.
וכן בריבוי אחר ריבוי הראשון משמע ריבוי כללי בא הריבוי השני לומר וזה הריבוי אינו משמע כללי אלא פרטי במה שמרבה ולא בדבר זולתו כך נ"ל עכ"ל הליכות עולם. וז"ל מהרי"ק עליו ריבוי אחר ריבוי וכו' כתבו התוספות ז"ל בפ"ה דיומ' (ס' א, ד"ה תרי) בשם רבינו שמואל ז"ל שמקשה היכי אמרינן אין מיעוט אחר מיעוט אלא לרבות דאם כן לשתוק מינייהו לגמרי ומהיכא תיתי למעוטי דאצטריך לרבות.
ותירץ דשמא הוה ממעטין מכח שום דרש' או ק"ו או בנין אב עכ"ל. וכן י"ל ברבוי אחר רבוי.
ומ"ש ויש להוסיף בכאן וכו' אין דבריו נוחים אצלי אבל טעם הדבר שכך למדנו מסיני כלל זה לדרוש התורה כך עכ"ל מהרי"ק. הנה ס"ל למהרי"ק דאין טעם למדה זו רק מקובלת הלכה למשה מסיני.
ואל תתמה על דבריו שהרי כך כתב רש"י בחולין פ' כל הבשר (קטו, ב) שאין טעם להמדות שהתורה נדרשת בהם רק הם מקובלים מסיני והבאתי דברי רש"י לעיל בכלל מדות אמנם מי שמוצא טעם הגון כדי שיהיה הלכתא בטעמא הרי זה משובח:
Ribouy (inclusion) et miout (exclusion). Voici le langage de Halikhot Olam : en tout lieu nous disons : il n'y a pas de ribouy après un ribouy sinon pour exclure, et il n'y a pas de miout après un miout sinon pour inclure.
Et cette loi a besoin d'examen, car en plusieurs lieux nous trouvons miout après miout et il expose tous pour exclure, comme celle que nous disons : du bétail, du gros bétail et du menu bétail (Lévitique 1,2) -- du bétail, pour exclure celui qui a été adoré ; du gros bétail, pour exclure celui qui est mutilé ; et du menu bétail, pour exclure celui qui a couvert et celui qui a été couvert ; et ce qui lui ressemble en plusieurs lieux. Et ainsi ribouy après ribouy : il les expose dans la baraita de Rabbi Eliezer fils de Rabbi Yosse ha-Gelili, dans ses trente-deux midot (règles d'exposition).
C'est pourquoi il y a qui dit : quand nous disons il n'y a pas de ribouy après un ribouy sinon pour exclure, et il n'y a pas de miout après un miout sinon pour inclure, spécifiquement quand nous n'avons pas à exposer et à établir les ribouyim ou les mioutim ; alors nous disons certainement que l'Écrit à exagéré en ribouyim pour faire allusion qu'il y a dans les choses un miout, et a exagéré en mioutim pour faire allusion qu'il y a dans la chose un ribouy. Mais là où il est possible d'exposer et d'établir les ribouyim et les mioutim, nous les exposons et nous les établissons selon leur loi, c'est-à-dire les ribouyim pour inclure et les rares pour exclure.
Et il y a à ajouter ici : l'on peut dire que quand nous disons il n'y a pas de ribouy après un ribouy sinon pour exclure, ou l'inverse -- que si l'intention était, quand il dit des ribouyim pour exclure, il aurait dû exclure un seul miout et cela lui aurait suffi, ou l'inverse dans miout après miout. Et encore cela ne paraît pas, dans les ribouyim qui viennent pour exclure et dans les mioutim qui viennent pour inclure.
L'on peut dire : quand il dit miout après miout, il inclut de cette manière le premier miout : par exemple il exclut quatre hommes d'une seule action ; le second miout revient et exclut deux d'entre eux -- s'il en est ainsi, il inclut les autres, qu'ils fassent l'action mentionnée. Et ainsi dans ribouy après ribouy : le premier implique une inclusion générale ; le second ribouy vient dire : et cette inclusion n'implique pas générale, seulement particulière dans ce qu'il inclut et non dans une autre chose.
Ainsi il me paraît. Jusqu-ici le langage de Halikhot Olam.
Et voici le langage du Maharik (Rabbi Yossef Kolon) sur lui : ribouy après ribouy, etc. Les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit au cinquième chapitre de Yoma (60a, au mot trei) au nom de Rabbenou Shmuel, de mémoire bénie, qui objecte : comment disons-nous il n'y a pas de miout après un miout sinon pour inclure -- car s'il en est ainsi, qu'il se taise d'eux entièrement, et d'où viendrait-on a exclure, qu'il ait eu besoin d'inclure.
Et il a résolu : peut-être aurait-on exclu par la force de quelque exposition ou d'un a fortiori ou d'un binyan av (construction d'un cas type). Jusqu-ici son langage.
Et ainsi l'on peut dire dans ribouy après ribouy. Et ce qu'il a écrit : et il y a à ajouter ici, etc. -- ses paroles ne me sont pas agréables ; mais la raison de la chose est que ainsi nous avons appris du Sinaï ce principe, d'exposer la Torah ainsi.
Jusqu-ici le langage du Maharik. Voici : le Maharik tient qu'il n'y a pas de raison à cette mida, seulement elle est reçue, loi à Moché depuis le Sinaï.
Et ne t'étonne pas de ses paroles, car ainsi a écrit Rachi dans Houlin, chapitre Kol ha-Basar (115b), qu'il n'y a pas de raison aux midot par lesquelles la Torah s'expose, seulement elles sont reçues du Sinaï. Et j'ai apporté les paroles de Rachi plus haut dans le kelal des midot.
Toutefois celui qui trouve une raison convenable afin que la loi soit avec une raison, celui-ci est louable.
ולעניות דעתי נראה לומר דכשבא ריבוי אחד או מיעוט אחד הוא כללי כלומר רבוי כל מילי דאפשר לרבות על ענין המוזכר או ממעט כל מילי דאפשר למעט על ענין המוזכר אבל כשיש ב' רבויים ע"כ אין הריבוי כללי דאל"כ לכתוב ריבוי א' אלא כתב שני ריבויים לרבות שני דברים ממילא ממועט ענין שלישי כענין שני כתובים הבאים כאחד שאין מלמדין. וכן הוא הדין במעוט אחר מיעוט.
נמצא כל מקום שתמצא רבוי אחר רבוי צריך אתה ליתן מקום לכל רבוי מה שהוא מרב'. אף שלא הוזכר בגמרא מה הוא תחפש ותמצא.
נמצא שענין השלישי שהיה שייך לרבויי הוא ממועט. וכן במיעוט אחר מעוט צריך אתה לחפש ענין לכל מיעוט מה שממעט.
וממילא ענין שלישי הוא מרובה מדלא מעוט אלא שני דברים ובמקום שמוציא ענין ג' לרבות או למעט. אומר רבוי אחד ריבוי למעט וכן מעוט אחר מעוט לרבות.
אבל במקום שאין מוצא ענין ג' אז אינו אומר לשון זה רק דורש הריבויים או המיעוטים בפ"ק דהוריות דף ג' כתב רש"י דהא דאמרינן אין מיעוט אחר מיעוט אלא לרבות ה"מ היכא דליכא אלא שני מיעוטים אבל היכא דאיכא ג' מיעוטין בחד קרא זה אחר זה כולהו אתי למעוטי ודברי רש"י סותרים קצת את מה שכתבי ומבואר למבין:
Et selon mon humble avis il paraît de dire : quand vient un seul ribouy ou un seul miout, il est général, c'est-à-dire inclusion de toutes les choses qu'il est possible d'inclure sur le sujet mentionné, ou il exclut toutes les choses qu'il est possible d'exclure sur le sujet mentionné. Mais quand il y a deux ribouyim, nécessairement l'inclusion n'est pas générale, car sinon qu'il écrive un seul ribouy ; seulement il a écrit deux ribouyim pour inclure deux choses -- de soi-même un troisième sujet est exclu, à la manière de deux versets qui viennent comme un, qui n'enseignent pas.
Et ainsi est la loi dans miout après miout. Il en résulte : tout lieu où tu trouves ribouy après ribouy, tu dois donner une place à chaque ribouy pour ce qu'il inclut ; même si la Guemara n'a pas mentionné ce que c'est, cherche et tu trouveras.
Il en résulte que le troisième sujet qui était propre à être inclus est exclu. Et ainsi dans miout après miout, tu dois chercher un sujet pour chaque miout pour ce qu'il exclut.
Et de soi-même un troisième sujet est inclus, puisqu'il n'a exclu que deux choses. Et au lieu où il sort un troisième sujet pour inclure ou pour exclure, il dit ribouy après ribouy pour exclure, et ainsi miout après miout pour inclure.
Mais au lieu où il ne trouve pas de troisième sujet, alors il ne dit pas ce langage, seulement il expose les ribouyim ou les mioutim. Au premier chapitre de Horayot, folio 3, Rachi a écrit : que ceci que nous disons il n'y a pas de miout après un miout sinon pour inclure, cela s'applique là où il n'y a que deux mioutim ; mais là où il y a trois mioutim dans un seul verset, l'un après l'autre, tous viennent pour exclure.
Et les paroles de Rachi contredisent un peu ce que j'ai écrit, et c'est clair pour qui comprend.
אות שי"ן
Lettre chin
שני כתובים הבאין כאחד אין מלמדין ויש בזה פלגותא איכא מ"ד אין מלמדין ואיכא מ"ד מלמדין אבל ג' כתובים הבאין כאחד ד"ה אין מלמדין והטעם רמ"ד בשני כתובים הבאים כאחד אין מלמדין דמצי גמר חד מחברי' בבנין אב כלומר דלכתוב רחמנא חד מינייהו ולגמור אידך מיניה ומדאצטריך למכתב תרוייהו גלי לך קרא דדוק' הני אבל אחריני לא שלכך טרח וכתב את שניהם הלכך אין מלמדין פי' לעלמא ולמאן דאמר מלמדין ס"ל דאע"ג דאתי' חד מחברי' מ"מ מילתא דאתיא בבנין אב טרח וכתב לה קרא כמו שאמר בק"ו מילת' דאתיא בק"ו טרח וכתב לה קרא הלכך שפיר קאמר ליה דמלמדין אבל שלשה כתובים הבאין כאחד דכולי האי לא טרח קרא לר"ה אין מלמדין דודאי גלי לך קרא בהני ג' לאפוקי כולהו אחרינ' כך הטעם בספר כריתות. שינוי יי' דחוקה לא סמכינן עלייהו הכלל הזה בפ' יש נוחלין (ב"ב קלד, ב) בשמעתתא דאר"ח בר אבין אמר רבי יוחנן בעל שאמר גרשתי את אשתי נאמן ורב נחמן בר יצחק אמר רבי יוחנן אינו נאמן וקשי' דרבי יוחנן אדר"י ומשנינן לא קשי' כאן למפרע כאן להכ' כו' עד ואמר אביי אנן אשינויי' ניקום ונסמך בתמיהה:
Shnei ketuvim habaim ke-ehad ein melamdin (deux versets qui viennent comme un n'enseignent pas). Et il y a en ceci une dispute : il y a un avis : ils n'enseignent pas, et il y a un avis : ils enseignent.
Mais trois versets qui viennent comme un, tous conviennent : ils n'enseignent pas. Et la raison de celui qui dit, pour deux versets qui viennent comme un, ils n'enseignent pas : qu'il aurait pu apprendre l'un de son compagnon par binyan av, c'est-à-dire que le Miséricordieux écrive l'un d'eux et que l'on apprenne l'autre de lui ; et puisqu'il a eu besoin d'écrire les deux, le verset t'a révélé que spécifiquement ceux-ci, mais les autres non -- c'est pourquoi il s'est peiné et a écrit les deux ; dès lors ils n'enseignent pas, explication : pour le reste.
Et celui qui dit ils enseignent tient : bien que l'un vienne de son compagnon, néanmoins une chose qui vient par binyan av, le verset se peine et l'écrit, comme il a dit pour l'a fortiori : une chose qui vient par a fortiori, le verset se peine et l'écrit ; dès lors il dit bien qu'ils enseignent. Mais trois versets qui viennent comme un -- à ce point le verset ne se peine pas ; selon tous ils n'enseignent pas, car certainement le verset t'a révélé en ces trois pour exclure tous les autres.
Telle est la raison dans le Sefer Keritut. Shinuyei dehuka (résolutions forcées), nous ne nous appuyons pas sur elles.
Ce principe est au chapitre Yech Nohalin (Baba Batra 134b), dans la discussion de : Rabbi Hanin bar Avin a dit, Rabbi Yo'hanan a dit : un mari qui a dit j'ai renvoyé ma femme est cru ; et Rav Nahman bar Yitshak a dit, Rabbi Yo'hanan a dit : il n'est pas cru. Et c'est difficile : Rabbi Yo'hanan contre Rabbi Yo'hanan.
Et nous résolvons : ce n'est pas difficile : ici pour le passé, ici pour l'avenir, etc., jusqu'à ce qu'Abaye ait dit : nous, est-ce sur des résolutions que nous nous lèverons et nous appuierons -- par étonnement.
שלחו מתם ר' אלעזר שלוח הקן הוא פרק בתר' דחולין וצריך לקרות קוף דהקן בציר"י ולא בפתח דלא שייך לקרות בפת"ח אלא כשהוא דבוק כמו קן צפור אבל כשאינו דבוק הוא בציר"י כמו גם צפור מצאה בית ודרור קן לה תהלים פ"ד:
Shalhu mi-tam (ils ont envoyé de là) : Rabbi Elazar. Shiluah ha-kan (l'envoi du nid) est le dernier chapitre de Houlin.
Et il faut lire le kof de ha-kan avec un tsere et non avec un patah ; car il ne convient de lire avec un patah que lorsqu'il est attaché, comme kan tsipor (nid d'oiseau) ; mais lorsqu'il n'est pas attaché, c'est avec un tsere, comme : aussi l'oiseau a trouvé une maison, et l'hirondelle un nid pour elle (Psaumes 84,4).
אות תי"ו
Lettre tav
תוך כדי דיבור כדיבור דמי חוץ ממחרף ומגדף וע"ז וקדושין וגרושין בפרק יש נוחלין (ב"ב קכט, ב) דאמרינן התם הלכת' תוך כדי דיבור כדיבור דמי וכתבו התוספות בשם ר"ת דלכך אמר כדיבור דמי כדי שאלת תלמיד לרב היינו שלום עליך רבי. לפי שכשאדם עושה סחורה עם חבירו ויראה רבו או גדול ממנו בחכמה לא יתן לו שלום שאם יתן לו שלום לא יוכל לחזור בו ממקחו לכך תקנו שכשיעור הזה יכול לחזור.
ומ"ש כדי שאלת תלמיד לרב הקשו התוספות בפרק מרובה (בבא קמא דף ע"ג) והא דאמר בפ' תפילת השחר (ברכות כז, ב) הנותן שלום והמחזיר שלום לרבו גורם לשכינה שתסתלק מישראל היינו כשנותן שלום לרבו כמו לחבירו כמ"ש ליה שלום עליך ולא אמר רבי. והא דאמר בפ' ר' עקיבא (שבת פח, ב) כלום יש עבד שנותן שלום לרבו עבד שאני שאימת רבו עליו ובשום ענין אין ליתן לו שלום עכ"ל:
Tokh kedei dibur ke-dibur dami (dans l'intervalle d'une parole, c'est comme une parole), hors de celui qui insulte et de celui qui blasphème, et de l'idolâtrie, et des fiançailles et des divorces. Au chapitre Yech Nohalin (Baba Batra 129b), où nous disons là : la loi est tokh kedei dibur ke-dibur dami.
Et les Tossefot ont écrit au nom de Rabbenou Tam : c'est pourquoi il a dit ke-dibur dami -- la mesure de la salutation de l'élève à son maître, c'est-à-dire shalom aleikha rabbi. Parce que lorsqu'un homme fait commerce avec son compagnon et qu'il voit son maître ou un plus grand que lui en sagesse, il ne lui donnera pas le salut, car s'il lui donne le salut il ne pourra pas se rétracter de son marché ; c'est pourquoi ils ont institué que de cette mesure il peut se rétracter.
Et ce qu'il a écrit : la mesure de la salutation de l'élève à son maître -- les Tossefot ont objecté au chapitre Meruba (Baba Kama folio 73) : et ceci qu'il a dit au chapitre Tefilat ha-Shahar (Berakhot 27b) : celui qui donne le salut et celui qui rend le salut à son maître cause que la Chekhina se retire d'Israël -- c'est lorsqu'il donne le salut à son maître comme à son compagnon, comme s'il lui avait dit shalom aleikha et n'avait pas dit rabbi. Et ceci qu'il a dit au chapitre Rabbi Akiva (Chabbat 88b) : y a-t-il un serviteur qui donne le salut à son maître -- un serviteur est différent, car la crainte de son maître est sur lui, et en aucune manière il n'y a à lui donner le salut.
Jusqu-ici leur langage.
תנינא להא דת"ר פי' תנינא דמתני' להא דת"ר בברייתא והרצון שאותה ברייתא היא עיקר הואיל ושנויה במתניה:
Tanina le-ha de-tanu rabanan (nous avons déjà enseigné ceci que les Sages ont enseigné). Explication : nous avons enseigné de la Michna ceci que les Sages ont enseigné dans une baraita.
Et l'intention est que cette baraita-là est le principal, puisqu'elle est enseignée dans la Michna.