« Salka da'atach amina » (on aurait pu penser) : le Talmud en est plein, et à première vue c'est difficile sur l'arrangeur : pourquoi a-t-il arrangé ce qui n'est pas selon la vérité, au lieu d'arranger aussitôt la conclusion ? Pour le Chla, aucune chose n'est mentionnée en vain dans le Talmud saint : le raisonnement du salka da'atach reste vérité quant à un autre sujet. Il a trouvé dans le sefer Assara Maamarot que le salka da'atach est au contraire le principal, le premier langage toujours le principal, l'auteur ne se trompant pas dans sa première parole. De ce rav l'homme apprend à expliquer tout le Talmud selon les paroles de vérité et de justice.
Aussi : sur quoi ils ont divergé, à la manière de ce sur quoi ils n'ont pas divergé ; jusqu'ici un tel n'a pas dit là, chacun selon tous ; iruv parshiyot (mélange de parachiot), un verset qui porte ici et ici.
ס"ד אמינא כו' התלמוד מלא מזה שהיה סלק' דעתיך מעיקר' כן ואחר כך במסקנה חוזר. ולכאורה קשה על הסדרן למה סידר מה שהיה ס"ד מאחר שאינו לפי האמת היה לו לסדר תיכף מסקנ' דמלת אבל דע כי לא נזכר דבר א' לבטלה בתלמוד שלנו הקדוש והכל הוא אמת ואף שהס"ד לא נשאר במסקנ' לענין הא מלתא מ"מ הסבר' של ס"ד נשאר אמת לענין אחד וצריך המעיין לראות אחר זה להבין ולהשכיל ודבר זה הוא תורת אמת שיעסוק האדם בעומק התלמוד ויתבונן דכל מה שכתוב בתלמוד הוא דברי א-להים חיים.
וגדולה מזה מצאתי בספר בעשרה מאמרות ששם עיונו להתבונן שאדרבה הס"ד הוא העיקר וז"ל בפ"ח ממאמר חיקור הדין תחלת כלד בר לב כל חכם ישכיל פיהו במה שאנו רגילין לפרש שאין בעל המאמר שונה בדבורו הראשון עד שהוצרך לחזור בו ולהפכו מכח תמיהתינו אלא בא זה ולימד על זה ולעולם לשון ראשון עיקר כמו שזכרנו על הנמנים מעשרה ראשונים בב"ה וכמו שיב' גבי צדיק גמור וצדיק שאינו גמור כו' וכבר נמצ' מאמר מאלו בפרק יציאות השבת חוזר וניער פעמים שלש וכ"ש שהוסיף בנו אהבה בביאור הכלל הזה כדגרסינן התם תנא אף ידים הבאות מחמת הספר פוסלות את התרומה משום דר' פרנך דא"ר פרנך א"ר יוחנן האוחז ס"ת ערום נקבר ערום ערום ס"ד אלא אמר ר' זעיר' ערום בלא מצות בלא מצות ס"ד אלא אימ' ערום בלא אותה מצוה והכוונה כי העובר על דבריהם במגע ס"ת דרך בזיון גזרו עליו החכמים שיהיה פוסל את התרומה מדכתיב ונתתם ממנו את תרומת ה' לאהרן הכהן מה אהרן חבר אף בניו חברים. ואולם הערום מן המצות הוא ערום לגמרי מהנהו חלוקי דרבנן הידועים לבעלי מצות והבוזה ס"ת מעיד על עצמו שבזה מה שכתוב ביה וממילא ידעינן ביה שהוא עושה מצות שלא לשמן והיותו ערום מאותה מצוה המיוחדת גורם היותו ערום מכל המצות כיון שהן בזויות עליו ומבואר מזה דסתמ' דגמר' עם הדיבור הראשון הביא מופת ראי' דר' זירא ור' זירא גופ' מופת סיבת למימריה דר' פרנך שהוא שורש הלימוד ועקרו היותר מבהיל ומגזם על מי שהמצות בזויות עליו ושלשלתם יחד משפטים ישרים ותורת אמת עכ"ל.
והרב הזה טרח בכמה מאמרים ליישבם שכל דבריהם אמת וצדק. וממנו ילמד האדם בכל התלמוד לפרש בדברי האמת וצדק.
ושכרו מרובה.:
Salka da'atach amina etc. (on aurait pu penser).
Le Talmud est plein de ceci : qu'il était venu à ton esprit au début ainsi, et ensuite dans la conclusion il revient. Et à première vue c'est difficile sur l'arrangeur : pourquoi a-t-il arrangé ce qui était salka da'atach, puisqu'il n'est pas selon la vérité -- il aurait dû arranger aussitôt la conclusion.
Mais sache qu'il n'est mentionné aucune chose en vain dans notre Talmud saint, et tout est vérité ; et même que le salka da'atach n'est pas resté dans la conclusion quant à cette affaire, néanmoins le raisonnement du salka da'atach reste vérité quant à un autre sujet ; et l'examinateur doit regarder après cela pour comprendre et discerner ; et cette chose est une Torah de vérité : que l'homme s'occupe dans la profondeur du Talmud et contemple que tout ce qui est écrit dans le Talmud est paroles d'Elokim vivants. Et plus grand que ceci, j'ai trouvé dans le sefer Assara Maamarot, que là son examen est de contempler qu'au contraire le salka da'atach est le principal ; et voici son langage, au chapitre 8 du discours Hikor ha-Din : commencement de tout sujet, le cœur de tout sage rendra sa bouche intelligente dans ce que nous avons l'habitude d'expliquer : que l'auteur de l'enseignement ne se trompe pas dans sa première parole jusqu'à ce qu'il ait dû y revenir et la renverser par la force de notre étonnement ; seulement celui-ci est venu et a enseigné sur celui-là, et toujours le premier langage est le principal, comme nous l'avons mentionné au sujet de ceux comptés parmi les dix premiers à la synagogue, et comme il sera expliqué au sujet du tsadik complet et du tsadik qui n'est pas complet, etc. ; et déjà on a trouvé un enseignement de ceux-ci au chapitre Yetsiot ha-Chabbat, qui revient et s'agite deux ou trois fois ; et à plus forte raison que son fils a ajouté de l'amour dans l'explication de ce principe, comme nous lisons là : un tanna a enseigné : même les mains qui viennent à cause du sefer disqualifient la teruma, à cause de Rabbi Parnakh, car Rabbi Parnakh a dit, Rabbi Yo'hanan a dit : celui qui tient un sefer Torah nu est enterré nu.
Nu, serait-ce venu à l'esprit ? Seulement Rabbi Zeira a dit : nu sans mitsvot.
Sans mitsvot, serait-ce venu à l'esprit ? Seulement dis : nu sans cette mitsva.
Et l'intention : car celui qui transgresse leurs paroles par le contact d'un sefer Torah par voie de mépris, les Sages ont décrété sur lui qu'il disqualifie la teruma, car il est écrit : et vous en donnerez la teruma du Nom à Aharon le kohen (Nombres 18,28) -- comme Aharon est haver (associé), ainsi ses fils sont haverim. Toutefois celui qui est nu des mitsvot est nu entièrement de ces distinctions des Sages connues aux possesseurs de mitsvot ; et celui qui méprise un sefer Torah témoigne sur lui-même qu'il méprise ce qui est écrit en lui, et de soi-même nous savons de lui qu'il fait les mitsvot non pour elles-mêmes ; et son être nu de cette mitsva particulière cause son être nu de toutes les mitsvot, puisqu'elles sont méprisées par lui.
Et il est clair de ceci que l'anonyme de la Guemara avec la première parole a apporté une preuve-démonstration de Rabbi Zeira, et Rabbi Zeira lui-même est une preuve de la cause de la parole de Rabbi Parnakh, qui est la racine de l'enseignement et son principal, le plus effrayant et exagérant sur celui pour qui les mitsvot sont méprisées ; et leur chaîne ensemble, jugements droits et Torah de vérité. Jusqu-ici son langage.
Et ce rav s'est peiné en plusieurs enseignements à les résoudre, que toutes leurs paroles sont vérité et justice. Et de lui l'homme apprendra dans tout le Talmud à expliquer selon les paroles de vérité et de justice.
Et son salaire est abondant.
אות עיין
Lettre ayin
על מה נחלקו דומי' דלא נחלקו כלומר כמו שבנושא שלא נחלקו התנאים הוא באופן זה במה נחלקו הוא באופן ההוא ולפעמים אין התלמוד אומר דבמה נחלקו הוא דומי' דלא נחלקו מפני שאין צריך לפרש. עיין בפ"ק די"ט (ביצה יד, א) מתני' ב"ש אומר תבלין נידוכין במדוך של עץ והמלה בפך של חרס ובעץ הפרור והוא העץ שמניסין בו את הקדירה וב"ה אומר תבלין נידוכין כדרכן במדוך של אבן והמלח במדוך של עץ.
ואמר עלה בגמרא אמר רב יודא אמר שמואל כל הנדוכין נדוכין כדרכן ואפילו מלח והא אמר רב מלח בעי שינוי הוא דאמר כהאי תנא דתני' אמר ר"מ לא נחלקו ב"ש וב"ה על הנדוכין שנדוכין כדרכן ומלח עמהן לא נחלקו אלא לדוכן בפני עצמן שבש"א בפך ובעץ הפרור לצלי אבל לא לקדירה ובה"א לכל דבר יש לפ' בכאן ב' פירושים הא' לא נחלקו ב"ש וב"ה על התבלין שנדכין ען המלח כדרכן בין לצלי בין לקדירה במה נחלקו בשידוך המלח בפני עצמו דלב"ש צריך שהמלח נדוכת דרך שינוי בפך ולא כדרכה ועוד לצלי ולא לקדירה ובה"א לכל דבר כלומר מודיג' לך שתהיה נדוכת בשינוי ופליג'. דאף לקדירה מותר והפי' השני במלח בפני עצמו לדעת ב"ש צריך שינוי בכף ועוד לצלי ולא לקדירה וב"ה אומרים לכל דבר כלומר שאף לקדירה נדוכת כדרכה ואין הפרש בין נדוכת עם תבלין בין נדוכת בפני עצמה והפי' הזה לקח לו רש"י שכתב וז"ל לכל דבר ואפילו לקדירה ועל כרחין כדרכן קאמר שכן דרך שטת התלמוד דעל מה נחלקו דומי' דלא נחלקו קאמר לא נחלקו על התבלין והמלח כאחד שנדוכין כדרכן ועל מה נחלקו לדוד כדרכו על מלח בפני עצמו שבש"א בפך בשינוי ועוד מחמרי לצלי ולא לקדירה ובה"א לכל דבר נדוכת כדרכה ולא הוצרך לפרש פירוש שם עכ"ל.
הרי לך שבכל מקום שתמצא לא נחלקו אבל נחלקו צריך לפרש בנחלקו שלדעת תנא האחד אין הבדל בדין בשני הנושאים בין בנושא שלא נחלקו ובין בנושא שנחלקו ולשניהם דין שוה מפני שיטת דתלמוד ר"ל דנחלקו דומי' דלא נחלקו מה לא נחלקו הוא כדרכן גם בנחלקו הן כדרכן דלבית הלל בנושא שנחלקו אין הבדל בדין שבכל דבר מותר:
Al mah nehleku dumia de-lo nehleku (sur quoi ils ont divergé, à la manière de ce sur quoi ils n'ont pas divergé). C'est-à-dire : comme dans le sujet sur lequel les tannaim n'ont pas divergé, c'est de cette manière, sur quoi ils ont divergé, c'est de cette manière-là ; et parfois le Talmud ne dit pas que sur quoi ils ont divergé c'est dumia de-lo nehleku, parce qu'il n'est pas besoin d'expliquer.
Vois au premier chapitre de Yom Tov (Beitsa 14a) : Michna : Beit Shammai disent : les épices se pilent avec un pilon de bois, et le sel dans un pot de terre et avec le bois du touilleur, et c'est le bois avec lequel on remue la marmite ; et Beit Hillel disent : les épices se pilent à leur manière habituelle avec un pilon de pierre, et le sel avec un pilon de bois. Et il a dit dessus dans la Guemara : Rav Youda a dit, Shmouel a dit : tout ce qui se pile se pile à sa manière habituelle, et même le sel.
Mais Rav n'a-t-il pas dit : le sel a besoin d'un changement ? C'est qu'il a dit selon ce tanna, car il est enseigné : Rabbi Meir a dit : Beit Shammai et Beit Hillel n'ont pas divergé sur ce qui se pile, qu'on le pile à sa manière habituelle, et le sel avec eux ; ils n'ont divergé que pour le piler à part : Beit Shammai disent dans un pot et avec le bois du touilleur, pour le rôti mais non pour la marmite ; et Beit Hillel disent pour toute chose.
Il y a à expliquer ici deux explications. La première : ils n'ont pas divergé, Beit Shammai et Beit Hillel, sur les épices qu'on pile avec le sel à leur manière habituelle, que ce soit pour le rôti ou pour la marmite ; sur quoi ils ont divergé : sur le pilage du sel à part, que selon Beit Shammai il faut que le sel soit pilé par voie de changement dans un pot et non à sa manière habituelle, et encore pour le rôti et non pour la marmite ; et Beit Hillel disent pour toute chose, c'est-à-dire : je te concède que ce soit pilé avec un changement, et ils divergent : que même pour la marmite c'est permis.
Et la seconde explication : pour le sel à part, selon l'avis de Beit Shammai il faut un changement dans une cuiller, et encore pour le rôti et non pour la marmite ; et Beit Hillel disent pour toute chose, c'est-à-dire que même pour la marmite on le pile à sa manière habituelle, et il n'y a pas de différence entre ce qui est pilé avec des épices et ce qui est pilé à part. Et cette explication, Rachi l'a prise, qui a écrit, et voici son langage : pour toute chose, et même pour la marmite ; et force est qu'il dise à leur manière habituelle, car telle est la voie du système du Talmud : que sur quoi ils ont divergé, dumia de-lo nehleku, il dit ; ils n'ont pas divergé sur les épices et le sel ensemble, qu'on les pile à leur manière habituelle ; et sur quoi ils ont divergé : piler à sa manière habituelle le sel à part, que Beit Shammai disent dans un pot, avec un changement, et encore ils sont sévères : pour le rôti et non pour la marmite ; et Beit Hillel disent pour toute chose on le pile à sa manière habituelle ; et il n'a pas eu besoin d'expliquer l'explication là.
Jusqu-ici son langage. Voici pour toi : en tout lieu où tu trouveras ils n'ont pas divergé mais ils ont divergé, il faut expliquer dans ils ont divergé que selon l'avis d'un tanna il n'y a pas de différence dans la loi entre les deux sujets, entre le sujet sur lequel ils n'ont pas divergé et le sujet sur lequel ils ont divergé, et pour les deux la loi est égale, à cause du système du Talmud, c'est-à-dire qu'ils ont divergé dumia de-lo nehleku : ce sur quoi ils n'ont pas divergé, c'est à leur manière habituelle, aussi dans ce sur quoi ils ont divergé ils sont à leur manière habituelle ; car pour Beit Hillel, dans le sujet sur lequel ils ont divergé, il n'y a pas de différence dans la loi, qu'en toute chose c'est permis.
עד כאן לא קאמר פלוני התם כו' אעתיק א' מהמקומות וממנו תלמדו לכולם שילהי פרק משילין (ביצה מ, א) אתמר המפקיד פירות אצל חבירו רב אמר כרגלי מי שהפקידן אצלו ושמואל אמר כרגלי המפקיד לימא אזדו לטעמייהו דתנן אם הבנים ברשות. בעל החצר חייב רבי אומר בכולן אינו חייב עד שיקבל עליו בעל הבית לשמור אמר רב הונא אמר רב הלכה כדברי חכמים ושמואל אמר הלכה כרבי ואקשינן לימא רב דאמר כרבנן ושמואל אמר כרבי ומשני אמר לך אנא דאמרי אפילו כרבי ע"כ לא קאמר רבי התם דבסתמא לא קביל עליה נטירותא אבל הכא הא קביל עליה נטירותא ושמואל אמר אנא דאמרי אפילו כרבנן ע"כ לא קאמרי רבנן התם דניחא להו כו' וופרש"י שאם הכניס ברשות שורו וקדרותיו לחצר חבירו בעל החצר חייב בנזקן ורישא דהך מתני' בבבא קמא דכי אמר ליה עול דאינטר' לך קאמר ליה לימ' הך פלוגתא דהכ' כהך אזלא דמשום דאמר רב הלכה כרבנן דקיימי ברשותיה לענין שמירה ה"ה לענין תחומין אמר לך רב בהא אפילו לרבי דאלו לא פליג אלא בדלא פריש א"ל וסבר עול ותנטור את קאמר ליה אבל מפקיד פירות לאו בסתמ' עסקינן אלא בדקביל עליה נטירות' ושמואל דאמר אנא דאמרי אפי' לרבנן וכו' עכ"ל רש"י ז"ל.
וכוונת המסקנא ליישב לכל אחד ואחד ככ"ע. והכוונה הזאת שהיה כוונת המסקנה אמרו בלשון עד כאן לא קאמר התם דבסתמ' לא קביל עליה נטירותא וכו' וכוונת רש"י ע"ז לומר שלא אמר רבי אינו חייב עד שיקבל עליו לשמור אלא בדל' פריש והיה הדבר בסתם ובסתמא לא קביל עליה נטירותא ויש להקשות עליו דלפי פירושו חסר תיבת אלא דהל"ל עד כאן לא קאמר התם אלא דבסתמא כו' ויש לפרש ביה מרווח דלשון ע"כ לא קאמר רבי התם כו' סובל שני פירושים אם שמכוין למאי דקאמר רבי אינו חייב ואם שמכוין למאי דלא קאמר ולדעת רש"י מכוין אמאי דקאמר רבי אינו מחייב ויותר טוב לפרש למאי דלא קאמר דבכה"ג לא חסר תיבת אלא וה"ק עד כאן לא קאמר רבי התם דחייב משום דבסתמא לא קביל עליה נטירותא ולפיכך אינו חייב אבל הכא קיבל עליה נטירות' מא"ח ומא"ח ולא פליגי וי"ל דלרש"י יש לחכרח מטבע הענין שיותר טוב הוא לפרש שהכונה לומר דחוזר על מה שאמר ממה שנאמר דחוזר על מה שלא אמר ולפיכך הוצרך לדחוק עצמו בתיבת אלא כדאמרן ויש לי להשיב ולומר כי יש לדקדק אמאי אמר בלשון שלילה ע"כ לא קאמר רבי התם לימא האי דקאמר רבי התם ופרשינן האי דקאמר רבי התם אינו חייב הוא בסתמא דלא קביל עליה נטירות' ובכה"ג חוזר על מה שאמר ולא חסר תיבת אלא והשת' דקאמר ע"כ לא קאמר רבי התם חוזר על מה שלא אמר וה"ק א"ה למה לא אמר רבי חייב אפילו על סתמ'.
התשובה ע"כ לא קאמר רבי התם חייב אפילו על סתמא משום דבסתמא לא קביל עליה נטירותא נמצינו למדין דבכל דוכתא דאקשינן כה"ג נימא אמורא פלוני כתנ' פלוני ואמו' פלוני כתנ' פלוני ומשני עד כאן לא קאמר פלוני התם הענין לומר דכל חד מינייהו אתי כב"ע דמא"ח ומא"ח ולא פליגי וזה על ב' פנים. אם לומר דהאי דאמר עד כאן לא קאמר תנא פלוני התם חוזר על מה שאמר כדפרש"י או חוזר על מה שלא אמר כדפירשנ' מצאתי:
Ad kan lo kamar peloni hatam etc. (jusqu'ici un tel n'a pas dit là, etc.).
J'en transcrirai un des lieux, et de lui vous apprendrez pour tous. Fin du chapitre Mashilin (Beitsa 40a) : il a été dit : celui qui dépose des fruits chez son compagnon, Rav a dit : selon les pieds de celui chez qui on les a déposés ; et Shmouel a dit : selon les pieds du déposant.
Dirons-nous qu'ils sont allés selon leurs raisons ? Car nous avons enseigné : si [on a fait entrer] avec permission, le maître de la cour est tenu ; Rabbi dit : en tous il n'est pas tenu jusqu'à ce que le maître de maison accepte sur lui de garder.
Rav Huna a dit, Rav a dit : la halakha est comme les paroles des Sages ; et Shmouel a dit : la halakha est comme Rabbi. Et nous avons objecté : dirons-nous que Rav a dit comme les Rabbins, et Shmouel a dit comme Rabbi.
Et nous résolvons : il te dit : moi, je dis même comme Rabbi : jusqu'ici Rabbi n'a pas dit là, que dans l'anonyme il n'a pas accepté sur lui la garde ; mais ici, voici qu'il a accepté sur lui la garde. Et Shmouel a dit : moi, je dis même comme les Rabbins : jusqu'ici les Rabbins n'ont pas dit là, qu'il leur convient, etc.
Et Rachi a expliqué : que s'il a fait entrer avec permission son bœuf et ses marmites dans la cour de son compagnon, le maître de la cour est tenu de leur dommage ; et le début de cette Michna est dans Baba Kama : que lorsqu'il lui a dit : entre, et je te garderai, il lui a dit. Dirons-nous que cette dispute d'ici va comme celle-là : parce que Rav a dit la halakha comme les Rabbins, qui se tiennent dans son domaine quant à la garde, de même quant aux tehumim (limites du Chabbat).
Rav te dit : en ceci, même selon Rabbi, car il n'a divergé que lorsqu'il n'a pas précisé et lui a dit ; et il a pensé : entre et tu garderas, c'est ce qu'il lui a dit ; mais celui qui dépose des fruits, nous ne traitons pas de l'anonyme, seulement de celui qui a accepté sur lui la garde. Et Shmouel qui a dit : moi, je dis même selon les Rabbins, etc.
Jusqu-ici le langage de Rachi, de mémoire bénie. Et l'intention de la conclusion est de résoudre pour chacun et chacun selon tous.
Et cette intention, qui était l'intention de la conclusion, ils l'ont dite en langage : jusqu'ici il n'a pas dit là, que dans l'anonyme il n'a pas accepté sur lui la garde, etc. Et l'intention de Rachi sur ceci est de dire que Rabbi n'a pas dit il n'est pas tenu jusqu'à ce qu'il accepte sur lui de garder, seulement lorsqu'il n'a pas précisé, et la chose était anonyme, et dans l'anonyme il n'a pas accepté sur lui la garde.
Et il y a à objecter contre lui : que selon son explication il manque le mot ela (sinon), car il aurait dû dire : jusqu'ici il n'a pas dit là sinon que dans l'anonyme, etc. Et il y a à expliquer en cela plus à l'aise : que le langage jusqu'ici Rabbi n'a pas dit là, etc., supporte deux explications : soit qu'il vise ce que Rabbi a dit il n'est pas tenu, soit qu'il vise ce qu'il n'a pas dit.
Et selon l'avis de Rachi il vise ce que Rabbi a dit il ne tient pas. Et il est mieux d'expliquer selon ce qu'il n'a pas dit, car de cette manière il ne manque pas le mot ela.
Et voici ce qu'il dit : jusqu'ici Rabbi n'a pas dit là qu'il est tenu, parce que dans l'anonyme il n'a pas accepté sur lui la garde, et c'est pourquoi il n'est pas tenu ; mais ici il a accepté sur lui la garde, de ce côté et de ce côté, et ils ne divergent pas. Et l'on peut dire : selon Rachi il y a une contrainte de la nature du sujet, qu'il est mieux d'expliquer que l'intention est de dire qu'il revient sur ce qu'il a dit, plutôt que de dire qu'il revient sur ce qu'il n'a pas dit ; et c'est pourquoi il a dû se forcer dans le mot ela, comme nous avons dit.
Et j'ai à répondre et à dire : car il y a à préciser pourquoi il a dit en langage de négation : jusqu'ici Rabbi n'a pas dit là -- qu'il dise : ceci que Rabbi a dit là ; et nous expliquerions : ceci que Rabbi a dit là, il n'est pas tenu, c'est dans l'anonyme qu'il n'a pas accepté sur lui la garde ; et de cette manière il revient sur ce qu'il a dit, et il ne manque pas le mot ela. Et maintenant qu'il a dit jusqu'ici Rabbi n'a pas dit là, il revient sur ce qu'il n'a pas dit.
Et voici ce qu'il dit : s'il en est ainsi, pourquoi Rabbi n'a-t-il pas dit tenu même sur l'anonyme. La réponse : jusqu'ici Rabbi n'a pas dit là tenu même sur l'anonyme, parce que dans l'anonyme il n'a pas accepté sur lui la garde.
Nous nous trouvons à apprendre : en tout lieu où nous objectons de cette manière : dirons-nous amora un tel comme tanna un tel, et amora un tel comme tanna un tel, et nous résolvons : jusqu'ici un tel n'a pas dit là -- le sujet est de dire que chacun d'eux vient selon tous, de ce côté et de ce côté, et ils ne divergent pas. Et ceci de deux manières : soit de dire que ceci qu'il a dit jusqu'ici tanna un tel n'a pas dit là revient sur ce qu'il a dit, comme Rachi a expliqué ; ou il revient sur ce qu'il n'a pas dit, comme nous avons expliqué.
J'ai trouvé.
עובדא הוה ביה רבי פלוני כל היכא דאמרינן עובד' הוה בי ר' פלוני ורבי פלוני בי רבי פלוני הכי פירוש' עובד' הוה בי רב פלוני ואותו ר' פלוני הלך למדרשו של רבי פלוני לעיין שניהם בדבר וכן פירש"י ז"ל בקידושין פ"ב (נג, ב) גבי עובדא הוה בי רב חסדא ורב חסדא בי רב הונא ופשטינ' מהא וכו':
Uvda havah bei Rabbi peloni (un fait est arrivé chez Rabbi un tel). En tout lieu où nous disons uvda havah bei Rabbi peloni, et Rabbi peloni bei Rabbi peloni, voici l'explication : un fait est arrivé chez Rav un tel, et ce Rabbi un tel est allé au midrach de Rabbi un tel pour que tous deux examinent la chose.
Et ainsi a expliqué Rachi, de mémoire bénie, dans Kidoushin, chapitre 2 (53b), au sujet de : un fait est arrivé chez Rav Hisda, et Rav Hisda chez Rav Huna, et nous avons résolu de ceci, etc.
עד ועד בכלל ולפעמים אמרינן עד ולא עד בכלל איתא בפרק אלו טרפות (חולין נה, ב) כוליא שהקטינה עד כמה בדקה עד כפול בגסה עד כענבה בינונית וכתב הר"ן ז"ל וז"ל כתב בה"ג דכפול וכענבה כשרה פחות מכאן טרפה. והוא תימא דבגמ' אמרינן דכל שעורי חכמים לחומרא כלומר כי הוה חומרא כי אמרינן עד ועד בכלל אמרינן ליה וכי הוה חומרא כי אמרינן עד ולא עד בכלל אמרינן ליה בכל דהוי דאורייתא הלכך הכא אית לן למיזל לחומרא ולדון בטריפה כפול וכענבא עכ"ל:
Ad ve-ad bi-khlal (jusqu'à, et jusqu'à est inclus). Et parfois nous disons ad ve-lo ad bi-khlal (jusqu'à, et jusqu'à n'est pas inclus).
Il est au chapitre Elu Terefot (Houlin 55b) : un rein qui a rapetissé, jusqu'à combien : dans le menu [bétail] jusqu'à comme une fève ; dans le gros jusqu'à comme un raisin moyen. Et le Ran (Rabbenou Nissim), de mémoire bénie, a écrit, et voici son langage : le Bahag (Baal Halakhot Gedolot) a écrit que comme une fève et comme un raisin c'est kasher, moins que cela c'est terefah.
Et c'est étonnant, car dans la Guemara nous disons que toutes les mesures des Sages sont à la sévérité, c'est-à-dire : lorsque ce serait une sévérité quand nous disons jusqu'à et jusqu'à est inclus, nous le disons ; et lorsque ce serait une sévérité quand nous disons jusqu'à et jusqu'à n'est pas inclus, nous le disons, en tout ce qui est de la Torah ; c'est pourquoi ici nous avons à aller à la sévérité et à juger terefah comme une fève et comme un raisin. Jusqu-ici son langage.
עירוב פרשיות פי' פסוק שהוא מפרשה אחרת ונתערב בכאן שאינו מקומו עוקרין אותו מזו ונותנים אותו במקומו כדאמר בפרק הגוזל קמא (ב"ק קח, ב) גבי הא דאמר ר' יוחנן הטוען טענת גנב בפקדון אינו חייב עד שיודה במקצת ופליגא דר' חייא בר יוסף דאמר עירוב פרשיות כתוב כאן דכי כתיב כי הוא זה אמלוה כתיב פי' האי קרא דאשר יאמר כי הוא זה דהיינו מודה במקצת ה"ל למכתב באם כסף תלוה דהתם קאי כדמפרש טעמא התם ואלו הך פרשה דפקדון בלא הודה מקצת נמי חייב זו דעת רש"י ז"ל בעירוב פרשיות ואחרים פירשו דדין עירוב פרשיות אינו עוקר לגמרי הפסוק מהפרשה שנכתבה בה דא"כ אין זה עירוב פרשיות כי אם עיקר פרשיות אלא ר"ל דקאי הכא והכא והיינו עירוב פרשיות שמערב הפרשיות ועומד בשניהם:
Iruv parshiyot (mélange de parachiot). Explication : un verset qui est d'une autre paracha et s'est mêlé ici, qui n'est pas son lieu : on l'arrache d'ici et on le met à son lieu.
Comme il a dit au chapitre ha-Gozel Kama (Baba Kama 108b), au sujet de ceci que Rabbi Yo'hanan a dit : celui qui prétend une prétention de voleur dans un dépôt n'est pas tenu jusqu'à ce qu'il avoue en partie ; et cela diverge de Rabbi Hiyya bar Yossef, qui a dit : un iruv parshiyot est écrit ici, car lorsqu'il est écrit car c'est ceci (Exode 22,8), c'est sur un prêt que c'est écrit. Explication : ce verset qu'il dira car c'est ceci -- c'est-à-dire celui qui avoue en partie -- il aurait dû l'écrire dans si tu prêtes de l'argent (Exode 22,24), car là il porte, comme le motif est expliqué là ; et cette paracha du dépôt, même sans qu'il ait avoué en partie, il est aussi tenu.
C'est l'avis de Rachi, de mémoire bénie, dans iruv parshiyot. Et d'autres ont expliqué que la loi d'iruv parshiyot n'arrache pas entièrement le verset de la paracha dans laquelle il a été écrit ; car s'il en était ainsi, ce n'est pas iruv parshiyot mais ikar parshiyot (racine des parachiot) ; seulement cela signifie qu'il porte ici et ici, et c'est iruv parshiyot : qu'il mêle les parachiot et se tient dans les deux.
עשה דוחה ל"ת כדאיתא ביבמות (ז, א). ורבים תמהו איך יבא עשה הקל ודחי ל"ת החמור טעמו של דבר כי העשה תנאי בלא תעשה כאלו תאמר דלא תעשה כך אלא בדבר פלוני והוא אמרם ז"ל (מכילתא יתרו ז, ח) מחלליה מות יומת וביום השבת שני כבשים בדבור אחד נאמרו והוא ענין התנאי שאמרנו וכבר הארכתי במקום אחר בענין דחיית עשה את לא תעשה:
Aseh doheh lo ta'aseh (un commandement positif écarte un commandement négatif). Comme il est dans Yevamot (7a).
Et beaucoup se sont étonnés : comment un commandement positif léger viendra-t-il et écartera un commandement négatif sévère. Le motif de la chose : car le commandement positif est une condition dans le commandement négatif, comme si tu disais : ne fais pas ainsi sinon dans telle chose.
Et c'est leur dire, de mémoire bénie (Mekhilta Yitro 7,8) : ceux qui le profanent mourront de mort (Exode 31,14) et au jour du Chabbat deux agneaux (Nombres 28,9) ont été dits en une seule parole ; et c'est le sujet de la condition que nous avons dite. Et je me suis déjà étendu ailleurs sur le sujet d'un commandement positif qui écarte un commandement négatif.
עוקר הרים רבה חבירו של רב יוסף ונקרא כן לפי שהיה חריף ומפולפל:
Oker harim (arracheur de montagnes). Rabbah, le compagnon de Rav Yossef, et il a été appelé ainsi parce qu'il était vif et subtil.
אות פ"א
Lettre pe