« Kol heikha de-tani ha-kol » (partout où il enseigne tout) : la Guemara dit ha-kol le-atuyei mai (tout, pour inclure quoi) et en apporte beaucoup dans Arakhin et ailleurs. S’il enseigne kol, parfois il en tire une nouveauté et parfois non ; beaucoup de kol n’ont pas besoin de le-atuyei mai. Rabbenou Chimchon, Keritot, tient que kol ne vient pour aucune exposition, et que ceux où l’on précise viennent de la superfluité, comme tout lieu où l’on n’introduit pas de hamets, Michna superflue d’après l’autre clause. Le Maharik objecte ; le Chla écrit déjà plus haut (kelal 2).
Aussi : koaha de-hetira adif, la force du permis l’emporte, sauf à Beitsa ; kivyakhol, contre notre gré selon Rachi, ou comme s’il est possible selon le Maharik ; un interdit général (lav she-bi-khlalot), on n’en reçoit pas de coups.
כל היכא דתני הכל אומר הגמרא הכל לאתויי מאי ומייתי הרבה בשמעתת' קמייתא דערכין ובהרבה מקומות אבל אי תני כל זמנין דריש מיניה חידוש וזימנין לא כגון כל מקום שמכניסין בו חמץ אומר כל לאתויי מאי (פסחים ח, א), ויש כל אין מספר דלא בעי לאתויי מאי ורבינו שמשון כריתות ס"ל דתיבת כל לא אתי לשום דרשא בשום מקום ואותן שמדקדק בהן לאו מלישנא ומשמעות' דכל אלא מיתור' כגון הך דכל מקום שאין מכניסין בו חמץ דמשנה יתירה היא דהא באידך בבא קתני שתי שורות במרתף במקום שמכניסין בו חמץ משמע הוא מקום שאין מכניסין בו חמץ א"צ בדיקה וא"כ הך דכל מקום יתורא הוא ואתי להא דתניא כו' וכן כל כיוצא בזה ע"כ ומהרי"ק השיג ע"ז וכבר כתבתי למעלה (כלל ב' רבי):
Kol heikha de-tani ha-kol (partout où il enseigne tout) : la Guemara dit ha-kol le-atuyei mai (tout, pour inclure quoi) et elle en apporte beaucoup dans la première discussion d'Arakhin et en beaucoup de lieux. Mais s'il enseigne kol, parfois il en tire une nouveauté et parfois non, comme : tout lieu où l'on y introduit du hamets, il dit kol le-atuyei mai (Pessahim 8a).
Et il y a des kol sans nombre qui n'ont pas besoin de le-atuyei mai. Et Rabbenou Shimshon, Keritot, tient que le mot kol ne vient pour aucune exposition en aucun lieu ; et ceux dans lesquels on précise, ce n'est pas du langage et du sens de kol, mais de la superfluité.
Comme celui de : tout lieu où l'on n'y introduit pas de hamets, c'est une Michna superflue, car dans l'autre clause il enseigne deux rangées dans la cave, dans un lieu où l'on y introduit du hamets : cela signifie qu'un lieu où l'on n'y introduit pas de hamets n'a pas besoin de fouille. Et si ainsi, celui de tout lieu est une superfluité, et il vient pour ce qui est enseigné, etc.
Et ainsi tout ce qui lui ressemble. Jusqu-ici.
Et le Maharik (Rabbi Yossef Kolon) a objecté à ceci. Et j'ai déjà écrit plus haut (kelal 2, Rabbi) :
כחה דהתירא עדיף כך דרך התלמוד להשיב בכמה מקומות ולא פריך ולפלגו בתרווייהו כדפריך בריש ביצה (ב, ב) אדמפלגי בביצה לפלגי בתרווייהו ולתני תרנגולת היא וביצתה ב"ש אומרים כו' ויש מחלקים היכ' דהלשון ארוך אין לאשמועינן תרווייהו אלא כחה דהתירא עדיף לבד אבל היכא דהלשון קצר להודיעך כח דהאוסר והמתיר אומר שתיהם כי ההיא דביצה וי"א דביצה דוק' פריך הכי משום דתרנגולת וביצתה חדא מילתא היא:
Koaha de-hetira adif (la force du permis l'emporte). Ainsi est la voie du Talmud de répondre en plusieurs lieux, et il n'objecte pas : et qu'ils divergent dans les deux, comme il objecte au début de Beitsa (2b) : au lieu de diverger dans l'œuf, qu'ils divergent dans les deux, et qu'il enseigne : la poule elle-même et son œuf, Beit Shammai disent, etc.
Et il y a qui distinguent : là où le langage est long, il n'y a pas à nous enseigner les deux, seulement koaha de-hetira adif seulement ; mais là où le langage est court, pour te faire connaître la force de celui qui interdit et de celui qui permet, il dit les deux, comme celle de Beitsa. Et il y a qui disent : spécifiquement dans Beitsa il objecte ainsi, parce que la poule et son œuf sont une seule chose :
כל דתיקון רבנן כעין דאורייתא תיקון פעמים מקשה התלמוד מאיסורא דאוריית' לאיסור' דרבנן ומתרץ לא דמי דאורייתא לדרבנן ואין להקשות דקארי לה מאי קארי לה משום דהמקשה היה סובר לדמותם מכח ההיא סברא דכל דתיקון רבנן כו' וכן הוא בפ"ק דיבמות (יא, א) גבי צרת סוטה דמקשה מסוטה דאורייתא ומתרץ אמינא אנא דאורייתא זאת אמרת רבנן ואמרינן ודקארי לה מאי קארי לה כל דתקון רבנן כעין דאורייתא תיקון:
Kol de-tikun rabbanan ke-ein de-oraita tikun (tout ce que les Sages ont institué, ils l'ont institué à la manière de la Torah). Parfois le Talmud objecte d'un interdit de la Torah à un interdit des Sages et répond : la Torah n'est pas semblable aux Sages.
Et l'on n'a pas à objecter : et celui qui l'a lue, pourquoi l'a-t-il lue, parce que l'objecteur pensait les comparer par la force de ce raisonnement : kol de-tikun rabbanan, etc. Et ainsi est-il au premier chapitre de Yevamot (11a), au sujet de la co-épouse de la sota (femme soupçonnée) : il objecte de la sota de la Torah et répond : je disais, moi, de la Torah ; ceci, tu as dit, des Sages.
Et nous disons : et celui qui l'a lue, pourquoi l'a-t-il lue -- kol de-tikun rabbanan ke-ein de-oraita tikun :
כדי לאכול בהם וכו' כל מקום ששנינו כדי לאכול בו או כדי לאכול בהם אינו אלא כדי לאכול בו בלפתן כאדם שטובל ואוכל דהיינו שעור מועט אבל מקום ששנינו כדי לאכול הימנו או כדי לאכול מהם אינו אלא מהן עצמן ואין אכילת דבר אחר עמהם:
Kedai le'ekhol bahem etc. (afin d'y manger, etc.).
En tout lieu où nous avons enseigné kedai le'ekhol bo ou kedai le'ekhol bahem, ce n'est que afin d'y manger avec un accompagnement, comme un homme qui trempe et mange, c'est-à-dire une petite mesure. Mais un lieu où nous avons enseigné kedai le'ekhol heimenu ou kedai le'ekhol mehem, ce n'est que d'eux-mêmes, et il n'y a pas de consommation d'autre chose avec eux :
כיצד כל כיצד שבתלמוד היא מלה מורכבת משלש מלות באיזה צד על איזה ענין כו' כ"כ הרמב"ם בריש פרק כיצד מברכין וכן תמצא בהדיא באיזה צד במשנה בריש הזהב ובפרק כיצד מברכין:
Keitsad (de quelle manière). Tout keitsad dans le Talmud est un mot composé de trois mots : be-eizeh tsad (de quel côté), sur quel sujet, etc.
Ainsi a écrit le Rambam au début du chapitre Keitsad Mevarkhin. Et ainsi tu trouveras explicitement be-eizeh tsad dans la Michna au début de ha-Zahav et au chapitre Keitsad Mevarkhin :
כל שכן זה מורגל בכל התלמוד ונ"ל שכך פירושו כל ר"ל שבכאן כל כלומר כל הקולות או החמורות והן גורמות שכן יהיה הדין:
Kol she-ken (à plus forte raison). Ceci est habituel dans tout le Talmud.
Et il me paraît que telle est son explication : kol signifie ici tout, c'est-à-dire toutes les indulgences ou les sévérités, et elles causent que ainsi sera la loi :
כביכול זה הלשון מורגל בתלמוד ובמדרשים בריש יומא (ג, ב) מה ת"ל קח לך כביכול משלך אני רוצה יותר משלהם פרש"י ז"ל לפי שהוא דבר קשה לומר שהקב"ה קץ בישראל אמר כביכול כלומר על כרחינו יאמר כן כאלו אי אפשר לומר וכן כל כביכול שבתלמוד וכתב מהרי"ק ונ"ל שיש ט"ס וצריך למחוק א"כ ולכתוב במקומו כאלו אפשר ע"כ נמצא לפרש"י צריך לקרות כביכול בחיר"ק תחת הכ"ף ושו"א תחת הבית כו' ואז פיורוש כאלו יכול ואפשר לומר כן ובהליכות עולם כתב כביכול רוצה לומר התורה שנתנה בכ"ב אותיות יכולה לומר דבר זה אבל לנו אי אפשר לאומרו א"ג כ"ב ר"ת כתבו בתורה בענין אמרם בהרבה מקומות אלמלא מקרא כתוב אין הפה יכול לאומרו וכן ראיתי בתוספות מגילה עכ"ל:
Kivyakhol (pour ainsi dire). Ce langage est habituel dans le Talmud et dans les Midrashim.
Au début de Yoma (3b) : que vient enseigner l'Écrit : prends pour toi (Exode 30,34) -- kivyakhol, du tien je veux davantage que du leur. Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : parce que c'est une chose difficile à dire que le Saint, béni soit-Il, a en aversion Israël, il a dit kivyakhol, c'est-à-dire : contre notre gré on dira ainsi, comme s'il n'est pas possible de le dire.
Et ainsi tout kivyakhol dans le Talmud. Et le Maharik a écrit : et il me paraît qu'il y a une erreur de copiste, et il faut effacer ainsi et écrire à sa place : comme s'il est possible.
Jusqu-ici. Il se trouve selon Rachi qu'il faut lire kivyakhol avec un hirik sous le kaf et un sheva sous le beit, etc. ; et alors l'explication est : comme s'il peut et qu'il est possible de le dire ainsi.
Et dans Halikhot Olam il a écrit : kivyakhol veut dire : la Torah qui a été donnée en vingt-deux lettres peut dire cette chose, mais à nous il n'est pas possible de la dire. Autre version : כב est un acronyme de כתבו בתורה, au sujet de ce qu'ils ont dit en beaucoup de lieux : si ce n'était un verset écrit, la bouche ne pourrait le dire.
Et ainsi j'ai vu dans les Tossefot de Meguila. Jusqu-ici son langage :
כל יתור כנטול דמי פ' בטריפות כל היתר בנושא אחר כדין הנטול באותו הנוש' דמי מה הנטול ברגל מד' רגלים טרפה אף בעלת חמש טריפה ומה הניטל בכליות כשרה אף היתר בהן כגון שיש ג' כליות כשרה וזהו לפי דרך רש"י והרמב"ם ז"ל אבל הרשב"א כתב בתורת הבית שלו דכנטול בלחוד קאמרינן כאלו נטל הוא לבדו וכ"ת א"כ יתר ברגל למה היא טריפה משכחת לה כגון שהיתה מחובר במקום בוקה דאטמ' הענין שאם תעקור את זה ישמוט בוק' דאטמ' של חבירו וכן גם הוא מחובר במקום צומת הגידין בענין שאם ניטל כו' יחתוך צומת הגידין של חבירו הא יכול לטלו בלא קלקול חבירו אפילו ברגל כשרה עיין בהר"ן פרק אלו טרפות:
Kol yitur ke-natul dami (tout superflu est comme ôté). Au chapitre des terefot : tout superflu dans un organe, sa loi est comme celui qui est ôté dans cet organe.
Comme celui dont une patte a été ôtée parmi quatre pattes est terefa, de même celle qui en a cinq est terefa ; et comme celui dont les reins ont été ôtés est kasher, de même le superflu en eux, comme s'il y a trois reins, est kasher. Et ceci selon la voie de Rachi et du Rambam, de mémoire bénie.
Mais le Rashba (Rabbi Shlomo ben Aderet) a écrit dans son Torat ha-Bayit : nous disons ke-natul seulement, comme s'il a été ôté lui seul. Et si tu dis : si ainsi, un superflu à la patte, pourquoi est-elle terefa -- tu le trouves, par exemple qu'elle était attachée au lieu de la buka de-atma (cavité de la hanche) : le sujet est que si tu arraches celui-ci, la buka de-atma de son compagnon se décroche ; et de même il est aussi attaché au lieu de la jonction des tendons, de manière que s'il est ôté, etc., il coupera la jonction des tendons de son compagnon.
Voici, s'il peut l'ôter sans gâter son compagnon, même à la patte elle est kasher. Vois dans le Ran (Rabbenou Nissim), chapitre Elu Terefot :
אות הלמ"ד
Lettre lamed
לאו שבכללות אין לוקין עליו איכא דאמרי תרתי הוא דלא לקי הא חדא לקי ואיכא דאמרי אפילו חדא לא לקי דהא לא מייחד ליה לאו מיוחד וכתב הליכות עולם וענין לאו שבכללות רבו בו הדיעות והמחוור שבכולן דלא מקרי לאו שבכללות אלא כגון שהוציא הכתוב הרבה דברים בשם אחד כגון לא תאכלו על הדם דדרשינן מיניה כמה עניינים או אפילו הוציאם בכמה שמות אלא שיש להם שם אחד יכלול כולם כמו ולחם וקלי וכרמל שכלולים בשם אחד כל כה"ג מקרי לאו שבכללות אבל כשאין להם שם אחד יכלול את כולם אינו נקרא לאו שבכללות אע"פ שכללן בלאו אחד כגון הך דמנחות גבי שאור ודבש דאתמר המעלה שאור ודבש ע"ג המזבח לוקה משום שאור ולוקה משום דבש וכה"ג עכ"ל:
Lav she-bi-khlalot ein lokin alav (un interdit général, on n'en reçoit pas de coups). Il y a qui disent : deux, on n'en reçoit pas, mais un, on en reçoit ; et il y a qui disent : même un, on n'en reçoit pas, car il n'a pas un interdit qui lui soit propre.
Et Halikhot Olam a écrit : et le sujet de lav she-bi-khlalot, les avis y sont nombreux, et le plus exact de tous : il n'est appelé lav she-bi-khlalot que lorsque l'Écrit à sorti beaucoup de choses sous un seul nom, comme : vous ne mangerez pas sur le sang (Lévitique 19,26), dont nous exposons plusieurs sujets ; ou même s'il les a sortis sous plusieurs noms, seulement qu'ils ont un nom unique qui les comprend tous, comme : et pain, et grains grillés, et épis frais (Lévitique 23,14), qui sont compris sous un seul nom. Tout tel est appelé lav she-bi-khlalot.
Mais quand ils n'ont pas un nom unique qui les comprenne tous, il n'est pas appelé lav she-bi-khlalot, bien qu'il les ait compris dans un seul interdit, comme celui de Menahot au sujet du levain et du miel : il a été dit : celui qui fait monter du levain et du miel sur l'autel reçoit des coups à cause du levain et reçoit des coups à cause du miel. Et ce qui lui ressemble.
Jusqu-ici son langage :
לימא כתנאי כל לימא כתנאי דחיקה לי' מילת' שיאמר האמורא דבר סתם דלא בכ"ע שאם לפסוק הלכה בא לימא בהדי' הלכ' כפלוגי כ"כ התוספות בפרק האיש מקדש (מז, א), שאין לומר שחלקו האמוראים במחלוקת התנאים ולכן תמה בעל התלמוד על כך ומשתדל להעמידם דלא כתנאי וכשאין לו בית מנוס אומר כתנאי כלומר אל תתמה לומר לימא כתנאי דע"כ בתנאי היא ואפשר דברייתא לא שמיע להו או משום דאיכא דמפכי להו וכמו שתירץ התלמוד פרק המפקיד (ב"מ מג, ב)
Lima ke-tannai (dirons-nous : selon des tannaim). Tout lima ke-tannai : la chose lui est forcée, qu'un amora (maître de la Guemara) dise une chose anonyme qui n'est pas en tout lieu ; car s'il venait statuer la halakha, qu'il dise explicitement : la halakha est comme un tel.
Ainsi ont écrit les Tossefot au chapitre ha-Ish Mekadesh (47a) : qu'il n'y a pas à dire que les amoraim ont divergé dans une dispute des tannaim ; c'est pourquoi l'auteur du Talmud s'en étonne, et il s'efforce de les établir non comme des tannaim ; et quand il n'a pas de refuge, il dit ke-tannai, c'est-à-dire : ne t'étonne pas de dire lima ke-tannai, car nécessairement c'est selon des tannaim ; et il est possible que la baraita (enseignement hors Michna) ne leur était pas entendue, ou parce qu'il y en a qui les inversent, comme le Talmud a résolu au chapitre ha-Mafkid (Baba Metsia 43b) :
לימא תני תנאי כהני תנאי כתב הליכות עולם ר"ל מי נימא דפלוגת' דהני תנאי ודחיק' ליה מילת' לתלמוד' שיב' מחלוקות א' בעצמו בב' מקומות ובתרי לישני ועוד מי שסידר המשנה והברייתא הוה לי' למיתנינהו גבי הדדי ולימא פלוני ופלוני אומרים כך עכ"ל וז"ל מהרי"ק מ"ש ודחיקה לי מילת' כו' אינו נ"ל דהא אפשר שנחלקו בשתי ישיבות ולא שמעו אלו מחלוקתן של אלו וכן מ"ש מי שסידר המשנה וכו' אני אומר כששני המחלוקות הם במשנה יש מקום לטענה זו כיון שהכל היה ידוע למסדר המשנה וכ"כ התוס' ז"ל אבל אם הם בברייתא אינה טענה שאפשר שזו ברייתא דר' חייא וזו דר' אושעי' וכל א' לא ידע אלא מחלוקת א' ולי נראה שמה ששואל התלמוד לימ' וכו' הוא כדי לברר היאך נפסק הלכה ע"פ הכללים המסודרים בידינו פלוני ופלוני הלכה כפלוני ועוד יש נפקות' אחרת בדבר שאם נמצא לאחד מהם שאמר בהפך במקום אחר נקשה עליו מדידי' אדירי' גם כי אגב גרר' לפעמים מפרש דברי התנאים שהם סתומים ועל דרך זה הוא מה שאומר על מחלוקת אמוראים ופלוגת' בפרק מרובה ובריש הוריות עכ"ל:
Lima tani tannai ke-hani tannai (dirons-nous : les tannaim ont enseigné comme ces tannaim). Halikhot Olam a écrit : c'est-à-dire, dirons-nous que c'est la dispute de ces tannaim ; et la chose est forcée pour le Talmud, qu'il y ait deux disputes d'une seule elle-même en deux lieux et en deux langages.
Et encore : celui qui a ordonné la Michna et la baraita aurait dû les enseigner l'une auprès de l'autre et dire : un tel et un tel disent ainsi. Jusqu-ici son langage.
Et voici le langage du Maharik : ce qu'il a dit, et la chose lui est forcée, etc., cela ne me paraît pas, car il est possible qu'ils aient divergé dans deux maisons d'étude et que ceux-ci n'aient pas entendu la dispute de ceux-là. Et de même ce qu'il a dit : celui qui a ordonné la Michna, etc. -- je dis : quand les deux disputes sont dans la Michna, il y a lieu à cet argument, puisque tout était connu de celui qui a ordonné la Michna ; et ainsi ont écrit les Tossefot, de mémoire bénie.
Mais si elles sont dans une baraita, ce n'est pas un argument, car il est possible que celle-ci soit une baraita de Rabbi Hiyya et celle-là de Rabbi Oshaya, et que chacun n'ait connu qu'une seule dispute. Et il me paraît que ce que le Talmud demande : lima, etc., c'est afin de clarifier comment la halakha est tranchée selon les principes ordonnés en nos mains : un tel et un tel, la halakha est comme un tel.
Et encore il y a une autre conséquence dans la chose : si l'on trouve pour l'un d'eux qu'il a dit l'inverse en un autre lieu, on lui objectera de lui-même à lui-même. Aussi, par incidence, parfois il explique les paroles des tannaim qui sont obscures.
Et de cette voie est ce qu'il dit sur une dispute d'amoraim et une dispute au chapitre Meruba et au début de Horayot. Jusqu-ici son langage :
לימא תנן מתמ' דלא כפלוני בכל דוכת' דאמרינן כה"ג הכוונה לומר הואיל והלכה בסתם מתני' א"כ לית הלכתא כההוא תנא דפליג ולפעמים אומר לימא תנן סתמ' כפלוני ועל כה"ג מקשינן ומאי דחיק' ליה אם סתמא מתני' כההוא תנא וראיתי בזה טעם נכון דההוא תנא לית הלכתא כוותי' בכל דוכת' ומש"ה דחיקה לי' אי לית הלכת' כוותי' היכן תנן סתמ' כוותי' דוק ותשכח בפ"ק דעירובין (יד, ב) גבי לחיים שאמרו גבוהים עשרה דקאמר לימא תנן סתמא כר' אלעזר וכן בברכות ודחיקה לי' מילתא כיון דר' אליעזר שמותי היא ומשום הכי לית הלכתא כוותיה היכי תנן סתמא כוותיה הרי א"כ דבין אמרינן לימא תנן סתמא דלא כפלוני ובין דאמרינן לימא תנן סתמא כפלוני תרווייהו לאקשויי קאתי נמצאת למד דבכל דוכת' דקאמרינן לימא תנן סתמא כפלוני צריכה למימר דההוא פלוני לית הלכתא כוותיה ומשום הכי דחיקה ליה מלתא וקאמר לימא תנן סתמא כפלוני והליכות עולם מסיים בזה וכן ליתן טעם אי מסתברא בכהאי גוונא גבי תנאים אחרים:
Lima tenan matnita de-lo ke-peloni (dirons-nous : nous avons enseigné une Michna qui n'est pas comme un tel). En tout lieu où nous disons ainsi, l'intention est de dire : puisque la halakha est selon une Michna anonyme, si ainsi il n'y a pas de halakha comme ce tanna qui diverge.
Et parfois il dit lima tenan setama ke-peloni (dirons-nous : nous avons enseigné l'anonyme comme un tel) ; et sur un tel on objecte : et quelle contrainte y a-t-il pour lui si la Michna anonyme est comme ce tanna. Et j'ai vu en ceci un motif juste : que ce tanna, il n'y a pas de halakha comme lui en tout lieu ; et c'est pourquoi cela lui est forcé : s'il n'y a pas de halakha comme lui, où avons-nous enseigne l'anonyme comme lui.
Examine et tu trouveras au premier chapitre d'Erouvin (14b), au sujet des lehayim (poteaux) dont ils ont dit qu'ils sont hauts de dix, qu'il dit : lima tenan setama ke-Rabbi Elazar. Et ainsi dans Berakhot ; et la chose lui est forcée, puisque Rabbi Eliezer est shamuti (de Beit Shammai), et c'est pourquoi il n'y a pas de halakha comme lui : comment avons-nous enseigne l'anonyme comme lui.
Voici donc : que nous disions lima tenan setama de-lo ke-peloni, et que nous disions lima tenan setama ke-peloni, les deux viennent pour objecter. Tu as appris : en tout lieu où nous disons lima tenan setama ke-peloni, il faut dire que ce tel, il n'y a pas de halakha comme lui ; et c'est pourquoi la chose lui est forcée, et il dit lima tenan setama ke-peloni.
Et Halikhot Olam conclut en ceci : et de même pour donner un motif s'il est raisonnable de cette manière au sujet d'autres tannaim :
לא צריכא איכא מאן דפריש דכל לא צריכ' ה"ק לא נצרכה הא דפלו' אלא לכה"ג כי הא דחולין (ט, א) לא צריכה ששחט לפנינו שנים וכו' וכן יבא אין מספר והתלמוד קיצר בלשונו והשמיט אלא והוי כאלו אומר לא צריכ' אלא וכו' כמו שנמצא במקומות שאומר בהדי' בע"ז פ"ק (יט, ב) א"ר אלעזר ואם בנה שכרו מותר פשיט' וכו' לא נצרכה אלא לע"ז עצמה וכו' שיש שפיר דמחלק הלשון בקריאה בין לא ובין צריכ' והכי קאמר לאו פשיט' הוא כדקאמרת אבל צריכא למימרי' הרי לך שלקושית פשיט' משני לא צריכ' יש ב' דרכים אם צריכ' הוא כמו לא נצרכה אלא אע"ג דחסר מלת אלא או פסקינן בין לא לצריכ' וה"ק לאו פשיטא אלא צריכא ולהאי פירושא בתר' אינו חסרון בלשון:
Lo tserikha (ce n'est pas nécessaire). Il y a qui expliquent que tout lo tserikha, voici ce qu'il dit : cette [parole] d'un tel n'a été nécessaire que pour un tel cas.
Comme celle de Houlin (9a) : lo tserikha, qu'il a égorgé devant nous deux, etc. Et ainsi il viendra sans nombre.
Et le Talmud a abrégé dans son langage et a omis ela (seulement), et c'est comme s'il disait lo tserikha ela, etc. Comme on trouve en des lieux où il dit explicitement, dans Avoda Zara, premier chapitre (19b) : Rabbi Elazar a dit : et s'il a bâti, son salaire est permis -- c'est évident, etc. ; ce n'est nécessaire que pour l'idole elle-même, etc.
Il y a qui expliquent qu'on sépare le langage à la lecture entre lo et tserikha, et voici ce qu'il dit : ce n'est pas évident comme tu as dit, mais c'est nécessaire de le dire. Voici pour toi : pour l'objection c'est évident, quand il répond lo tserikha, il y a deux voies : si tserikha est comme ce n'est nécessaire que, bien que le mot ela manque ; ou nous coupons entre lo et tserikha, et voici ce qu'il dit : ce n'est pas évident, mais c'est nécessaire.
Et selon cette dernière explication, il n'y a pas de manque dans le langage :
כתב הר"ש סודיל"ו וממה שראוי לדקדק בהאי תירוצ' דקאמר לא צריכ' הוא דהא ניחא כדפריך תלמוד' פירכת פשיטא וכה"ג מצינו לתרוצי לא צריכא. אבל כדקא פריך קושיית למה דקאמר אילימא כו' ומשני לא צריכ' היכי משני תירוצא דהוי לפירכא פשיט' דאיתיה נמי לקושיית למה דאי פריך דקא משקר היכי מצי למימר שהוא צריך ושמעתי למורי הר"ר יצחק דיליאו"ן ז"ל שהיה מפסיק בקריאה בין לא ובין צריכ' אף כדקא פריך פירכה למה וזה דלעיל קא פריך על חלוקה אחת כי עליה חל הפירכא ומשני פירכה למה וזה דלעיל קא פריך על חלוקה אחת כי עליה חל הפירכ' ומשני לאו כדקאמרת החלוקה שהיא כך וכך כי החלוקה ההיא אינה מוכרחת אבל הכרח הוא לומר חלוקה אחריתי וזהו פי' צריכ' כי הוא לשון הכרח כלשון וצריך אדם לומר ק"ש כי הוא לשון הכרח וכן בכל דוכת' דקאמר וצריך הרי א"כ דכי קא משנינן לא צריכ' לקושיית פשיט' הכוונה במלת צריכא לומר דאינו פשיט' אבל צריכ' לאומרו ואם הוא תירץ לקושיית למה תיבת צריכ' הוא מלשון הכרח עכ"ל:
Le R"Sh Sidilo (Rabbi Shmuel Sidilo) a écrit : et parmi ce qu'il convient d'examiner dans cette résolution qui dit lo tserikha, c'est que cela convient quand le Talmud objecte l'objection c'est évident, et tel nous trouvons à résoudre lo tserikha. Mais quand il objecte la difficulté pourquoi, qu'il dit : si tu dis, etc., et qu'il répond lo tserikha -- comment répond-il une résolution qui est pour l'objection c'est évident, laquelle est aussi pour la difficulté pourquoi ?
Car s'il objecte qu'il ment, comment peut-il dire que c'est nécessaire ? Et j'ai entendu de mon maître Rabbi Yitshak de Léon, de mémoire bénie, qu'il coupait à la lecture entre lo et tserikha, même quand il objecte l'objection pourquoi.
Et ceci de plus haut : il objecte sur une clause, car sur elle tombe l'objection, et il répond : objection pourquoi. Et ceci de plus haut : il objecte sur une clause, car sur elle tombe l'objection, et il répond : ce n'est pas comme tu as dit -- la clause qui est telle et telle, car cette clause-là n'est pas forcée, mais il y a nécessité de dire une autre clause.
Et c'est l'explication de tserikha : car c'est un langage de nécessité, comme le langage : et un homme doit dire le Chema, car c'est un langage de nécessité. Et ainsi en tout lieu où il dit ve-tsarikh.
Voici donc : quand nous répondons lo tserikha à la difficulté c'est évident, l'intention dans le mot tserikha est de dire que ce n'est pas évident, mais c'est nécessaire de le dire. Et s'il a résolu la difficulté pourquoi, le mot tserikha est du langage de nécessité.
Jusqu-ici son langage :
לפלוג וליתני בריר' פי' הוא דמהדר תנא למצוא חלוקה בדבר ולא אשכח אלא בדרך אחרת לפלוג וליתני בדירה כלומר לפי דרכו זה הוה מצי לעשות חלוקה ואמאי שבקי' לאורחי' לדלג מענין לענין בפ' איזהו נשך לדברי התוספות ז"ל אפילו אי הוה פליג ותני ברירה לא אשמועינן שום חידוש אלא ה"ק כיון דמאי דתנא השתא. לאשמועינן שום חידוש ה"ל למפלג וליתני בדידה:
Liflog ve-litni be-rireh (qu'il distingue et enseigne dans le sujet lui-même). Explication : le tanna cherche à trouver une distinction dans la chose et il n'a trouvé que par une autre voie.
Liflog ve-litni be-didah : c'est-à-dire, selon sa voie, il aurait pu faire une distinction ; et pourquoi a-t-il laissé sa voie pour sauter d'un sujet à un sujet. Au chapitre Eizehu Neshekh, selon les paroles des Tossefot, de mémoire bénie : même s'il avait distingué et enseigné dans le sujet lui-même, il ne nous aurait enseigné aucune nouveauté ; seulement voici ce qu'il dit : puisque ce qu'il a enseigné maintenant est pour nous enseigner une nouveauté, il aurait dû distinguer et enseigner dans le sujet elle-même :