שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebe'al Peh, Kelal Leshonot Sugyot (5/10)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Le mot ve-tsarikh (et il faut) signifie lekhatehila (d’emblée), comme dans Berakhot, chapitre Haya Kore : il faut qu’il fasse entendre à son oreille ; Rachi explique que tout ve-tsarikh signifie lekhatehila, donc diavad (après coup) c’est permis. La Guemara lui donne une signification : même diavad il n’a pas de remède, car il dit « il faut, et il n’a pas de remède ». De ceci le Chla entend qu’il supporte davantage l’explication lekhatehila que ce dont le sens est même diavad.

Aussi : zot omeret ; lo zo af zo et zo ein tsarikh lomar zo ; zavin ve-zavin tagara ; zo divrei peloni ; le homer ; hada minaihu nakit ; le langage précis de la Michna et du Talmud ; yativ peloni ; le mot kol

וצריך כל היכא דאמרינן תיבת וצריך לכתחילה משמע כדאיתא בברכות פרק היה קורא (יג, א), דקתני וצריך שישמיע לאזנו ופרש"י דכל וצריך לכתחילה משמע הא דיעבד שרי והגמרא נותן לו משמעות ואפילו בדיעבד אין לו תקנה דקאמר צריך ואין לו תקנה קמ"ל וכו' ומהא דשמעינן דיותר סובל פי' לכתחילה ממה שנאמר דמשמעו אפילו דיעבד:

Vé-tsarikh (et il faut). En tout lieu où nous disons le mot ve-tsarikh, cela signifie lekhatehila (d'emblée), comme il est dans Berakhot, chapitre Haya Kore (13a), qu'il enseigne : et il faut qu'il fasse entendre à son oreille ; et Rachi a expliqué : tout ve-tsarikh signifie lekhatehila, donc diavad (après coup) c'est permis.

Et la Guemara lui donne une signification : et même diavad il n'a pas de remède, car il dit : il faut, et il n'a pas de remède ; cela nous enseigne, etc. Et de ceci nous entendons qu'il supporte davantage l'explication lekhatehila que ce qui est dit dont le sens est même diavad :

אות זיי"ן

Lettre zayin

זאת אומרת לעולם כשיש משנה או ברייתא ואומר התלמוד עליה זאת אומרת פירושו דבלאו המשנה או הברייתא ההיא לא שמעי' ההוא דינא דאי בלאו המשנה ההיא הוא פשוט מעצמו למה אצטריך למימר זאת אומרת ואין לומר דאע"ג דדינא פשיטא היא דאף מהברייתא או המשנה שמעינן נמי דינא הכי שאינו כן אלא שהדין ליכא למשמע אלא מתוך המשנה או הברייתא עיין בפרק המוכר את הבית (ב"ב סג, א) גבי תנו רבנן בן לוי וכו':

Zot omeret (ceci dit). Toujours, quand il y a une Michna ou une baraita (enseignement hors Michna) et que le Talmud dit sur elle zot omeret, son explication est : sans cette Michna ou cette baraita-là, nous n'entendrions pas cette loi-là ; car si sans cette Michna elle était évidente d'elle-même, pourquoi avait-il besoin de dire zot omeret.

Et l'on n'a pas à dire : bien que la loi soit évidente, que même de la baraita ou de la Michna nous entendons aussi la loi ainsi -- car ce n'est pas ainsi ; seulement, la loi, il n'y a pas à l'entendre sinon du sein de la Michna ou de la baraita. Vois au chapitre ha-Mokher et ha-Bayit (Baba Batra 63a), au sujet de : nos maîtres ont enseigné, un ben Levi, etc. :

וזו אין צריך לומר זו וענין לא זו אף זו כתב רבינו שמשון בספר כריתות הענין של לא זו אף זו הוא שהתנא שמע לשון ראשון וכתבו ושוב שמע לשון שני וכתבו לפי שנראה לו חידוש יותר ואעפ"י שלפי זה לא היה צריך לאומרו לא רצה לסלקו ממשנתו וזה הטעם בזו אצ"ל זו שמע ראשונה לשון א' וכתבו שוב שמע לשון שני וכתבו אעפ"י שאין צריך כלל למען כי רצה לכתוב כל דברי התנאים שהיו לפני. וכתב בשארית יוסף וז"ל, ושמעתי שכוונת התנא לומר שלא נחשוב החלוקה המחודשת לפשוטה מפני שלא דאינו חולק כי בודאי נמצא חולק עליה שלא ירצה לתפוש המרובה לכן מי שירצה להחמיר כבר ימצא מי שחשבו לדין ולא לחומרא וז"ל הכריתות עזר ונראה שכתוב הך דאצ"ל זו ע"ד אלו ואלו דברי א-להים חיים כדאיתא פ"ק דעדות (משנה ו') למה נכתבו דברי היחיד בין המרובים לבטלה שאם יאמר אדם דברי זה יאמרו אלו כדברי איש פלוני שמעת כך כתב הלשון השני שאם ישמע אדם או יראה ברייתא בענין יאמר ששמע רבי בסוף וכתבו שמעת' או שמא יסמכו על אותו לשון שני מדרך שכתב בעדיות שאם יראו ב"ר וכו' ואולי גם בענין לא זו אף זו לא רצה לסלק הראשון אע"פ שאינו צריך:

Vé-zo ein tsarikh lomar zo (et ceci, il n'est pas besoin de dire ceci) et le sujet de lo zo af zo (non seulement ceci, même ceci). Rabbenou Shimshon a écrit dans le sefer Keritot : le sujet de lo zo af zo est que le tanna (docteur de la Michna) a entendu un premier langage et l'a écrit, et encore il a entendu un second langage et l'a écrit, parce qu'il lui a paru davantage une nouveauté ; et bien que selon ceci il n'aurait pas eu besoin de le dire, il n'a pas voulu l'écarter de sa Michna.

Et c'est le motif dans zo ein tsarikh lomar zo : il a entendu d'abord un langage et l'a écrit, encore il a entendu un second langage et l'a écrit, bien qu'il n'en soit pas besoin du tout, afin qu'il a voulu écrire toutes les paroles des tannaim qui étaient devant lui. Et il a écrit dans She'erit Yossef, et voici son langage : et j'ai entendu que l'intention du tanna est de dire que nous ne pensions pas la clause novatrice comme évidente, parce que nous n'avons pas vu de divergent ; car certainement il se trouve un divergent sur elle, qui ne voudra pas saisir le plus nombreux ; c'est pourquoi celui qui voudra être strict trouvera déjà quelqu'un qui l'a tenu pour une loi et non pour une stricte.

Et voici le langage du Keritot, Ezer : et il paraît que cet ein tsarikh lomar zo est écrit à la manière de : ceux-ci et ceux-ci sont paroles de l'Elokim vivant, comme il est au premier chapitre d'Edouyot (Michna 6) : pourquoi ont été écrites les paroles de l'individu parmi les nombreux, pour rien ? Afin que si un homme dit les paroles de celui-ci, on lui dira : tu as entendu selon les paroles d'un tel.

Ainsi il a écrit le second langage : afin que si un homme entend ou voit une baraita sur le sujet, il dise que Rabbi a entendu à la fin et l'a écrite, tu l'as entendue ; ou peut-être on s'appuiera sur ce second langage, à la manière de ce qu'il a écrit dans Edouyot : afin que s'ils voient un beit din, etc. Et peut-être aussi dans le sujet de lo zo af zo il n'a pas voulu écarter le premier, bien qu'il n'en soit pas besoin :

כתב הליכות עולם זה לשונו זה הטעם בזו ואצ"ל זו אינו שוה לי ולקוצר דעתי אין צורך לפי שדרך התנא לומר זו ואצ"ל זו בפירוש, כמו שאיתא בפרק היה קורא (ברכות יג, ב) בפרקים שואל מפני הכבוד ואין צריך לומר שמשיב ופעמים יקצר התג וישמיט זו ואצ"ל זו והיינו מ"ש הגמרא זו ואצ"ל קתני כאלו אמר בפי' זו ואצ"ל זו ע"כ וכתב שארית יוסף וז"ל ומ"ש דרך התנא לומר ואצ"ל בפי' איני מבין כי גם שם אקשה מה הוצרך לומר ואצ"ל קהני כאלו אמר בפי' זו ואצ"ל זו ע"כ וכתב שארית יוסף וז"ל ומ"ש דרך התנא לומר ואצ"ל בפי' איני מבין כי גם שם אקשה מה הוצרך לומר ואצ"ל זו אם אינו צריך אלא על כרחין דעת תנא אחד הוא והתנא הביאו בלשון ואצ"ל זו עכ"ל. עוד מצאתי בשארית יוסף שכתב וז"ל ובשטת הרמב"ן היה כתוב ז"ל התנא בתחלת עיונו ראה ב' חלוקותה א' מחודשת והב' מחודשת ממנה ומשום תפשת מועט לא כתב אלא המחודשת קצת אחר זה בטוב ההשקפה ראה שכפי הדין גם המחודשת ביותר ראוי לכתוב וכתבה אחר הראשונה ולא מחק הראשונה כי לא יכול לפי שכבר נתפשטה בין התלמידים ונשאר אותה הבבא בלא זו אף זו וכשאומר זו ואצ"ל זו עד"ז היה כי ראה התנא חלוק' מחודשת וכתבה ואחר עיון השני הבין חלוקה אחרת יותר מחודשת וכתבה אבל לא כתבה אחר החלוקה הראשונה כמו שעשה בלא זו אף זו אלא מפני חשיבות' כי היא מחודשת תכלית החידוש הקדימה וכתבה למעלה מהראשונה ונשארה ראשונה לאחרונה והיינו זו ואצ"ל זו עתה שנכתבו כסדר זה ולא עשה כן בלא זו אף זו מפני שהחידוש היה מועט ולא חבבו להקדימו וכתבו באחרונה וראיה לזה בפ"נ דיבמות (לב, א) לגבי ג' אחים שנים מהם נישואין לשתי אחיות וכו' אשר שם ב' משניות שהשניה באה מכ"ש דראשונה ותרצו בגמרא הך תנא בריש' וכו' ואיירי דחביבה ליה אקדמה ומשנה לא זזה ממקומה ופרש"י משנה זו אחרונה שנה בתחלה וההיא דלעיל לא היה בדעתו למתני סיפ' אלא הואיל ונשנית לא זזה ממקומה ויש כאן בנין אב לכל מקום שאומר זו ואצ"ל זו כי ע"ד זה היה הענין ע'כ ויש על שטה זו גמגום וכ"ש למה שפירשו התוספות שם וז"ל איירי דחביבי' לי' אקדמה בשאר מקומות אין דוחק לומר כן אלא אומר זו ואצ"ל זו קתני וכאן דוחק לומר כן לפי שבב' שלימה היא ולא צריכה ע"כ למדנו מדבריהם שאין תירוץ איירי דחביבה ליה תירץ זו ואצ"ל זו ושני' דתירוץ איידי דחביבה הוא תירוץ יותר דחוק מזו ואצ"ל זו וכל זה שלא כדברי השיט' ההיא ולכן חזרנו לדברי רבינו שמשון וכדאי הוא לסמוך עליו עכ"ל:

Halikhot Olam a écrit, voici son langage : ce motif dans zo ve-ein tsarikh lomar zo n'est pas égal pour moi, et selon la courte portée de mon avis il n'y a pas besoin, parce que la voie du tanna est de dire zo ve-ein tsarikh lomar zo explicitement, comme il est au chapitre Haya Kore (Berakhot 13b) : dans les chapitres, il interrompt à cause de l'honneur, et il n'est pas besoin de dire qu'il répond ; et parfois le tanna abrège et omet zo ve-ein tsarikh lomar zo, et c'est ce qu'a dit la Guemara : zo ve-ein tsarikh lomar, il enseigne, comme s'il avait dit explicitement zo ve-ein tsarikh lomar zo. Jusqu-ici.

Et il a écrit She'erit Yossef, et voici son langage : et ce qu'il a dit, la voie du tanna est de dire ve-ein tsarikh lomar explicitement, je ne comprends pas, car là aussi j'objecterai : pourquoi a-t-il eu besoin de dire ve-ein tsarikh lomar zo s'il n'en est pas besoin ; seulement, nécessairement c'est l'avis d'un tanna, et le tanna l'a apporté au langage ve-ein tsarikh lomar zo. Jusqu-ici ses paroles.

Encore j'ai trouvé dans She'erit Yossef qu'il a écrit, et voici son langage : et dans la voie du Ramban était écrit, voici son langage : le tanna, au début de son examen, a vu deux clauses : l'une novatrice et la seconde plus novatrice qu'elle ; et à cause de tafashta muat (tu as saisi le peu), il n'a écrit que celle un peu novatrice ; après ceci, dans le bon regard, il a vu que selon la loi, celle davantage novatrice aussi est digne d'être écrite, et il l'a écrite après la première, et il n'a pas effacé la première car il n'a pas pu, parce qu'elle s'était déjà répandue parmi les élèves ; et cette clause est restée en lo zo af zo. Et quand il dit zo ve-ein tsarikh lomar zo, c'était de cette manière : car le tanna a vu une clause novatrice et l'a écrite, et après le second examen il a compris une autre clause davantage novatrice et l'a écrite ; mais il ne l'a pas écrite après la première clause comme il a fait en lo zo af zo, seulement à cause de son importance, car elle est novatrice au comble de la nouveauté, il l'a faite précéder et l'a écrite au-dessus de la première, et la première est restée pour la dernière ; et c'est zo ve-ein tsarikh lomar zo, maintenant qu'elles ont été écrites en cet ordre.

Et il n'a pas fait ainsi en lo zo af zo, parce que la nouveauté était peu, et il ne l'a pas chérie pour la faire précéder, et il l'a écrite à la fin. Et une preuve pour ceci au chapitre de Yevamot (32a), au sujet de trois frères, deux d'entre eux mariés à deux sœurs, etc., où il y a là deux Michnayot, que la seconde vient à plus forte raison de la première ; et ils ont résolu dans la Guemara : ce tanna, au début, etc., et puisqu'elle lui était chère, il l'a faite précéder, et une Michna n'a pas bougé de sa place.

Et Rachi a expliqué : cette Michna dernière, il l'a enseignée d'abord, et celle d'en haut, il n'était pas dans son avis d'enseigner la clause finale ; seulement, puisqu'elle a été enseignée, elle n'a pas bougé de sa place. Et il y a ici un binyan av (cas-modèle) pour tout lieu où il dit zo ve-ein tsarikh lomar zo, car de cette manière était le sujet.

Jusqu-ici. Et il y a sur cette voie une hésitation, et à plus forte raison d'après ce qu'ont expliqué les Tossefot là, et voici leur langage : puisqu'elle lui était chère, il l'a faite précéder -- en d'autres lieux, il n'y a pas de contrainte à dire ainsi, seulement on dit : zo ve-ein tsarikh lomar zo, il enseigne ; et ici il y a contrainte à dire ainsi, parce que c'est une clause entière et elle n'est pas nécessaire.

Jusqu-ici. Nous avons appris de leurs paroles que la résolution puisqu'elle lui était chère n'est pas la résolution de zo ve-ein tsarikh lomar zo ; et secondement, que la résolution puisqu'elle était chère est une résolution plus forcée que zo ve-ein tsarikh lomar zo.

Et tout ceci n'est pas selon les paroles de cette voie-là. Et c'est pourquoi nous sommes revenus aux paroles de Rabbenou Shimshon, et il est digne de s'appuyer sur lui.

Jusqu-ici ses paroles :

זבין וזבין תגר' אקרי פירש בתמיה' וכי יקנה אדם וימכור בסכום שקנה כדי שיקרא תגר כי אם אדם טורח ואוכל ואינו מרויח וממה יאכל אם אינו מרויח אין לך פסיד' גדולה כך פרשב"ם פרק המוכר את הספינה זו דברי פלוני כשהגמרא אומר זו דברי פלוני על הסתם פליג עלי' ולא סבר כוותי' וכ"כ התוספות בפרק חזקת הבתים (בבא בתרא דף ל"ה) וז"ל זו דברי סומכוס משמע זו ולא ס"ל אף על גב דמוכח בפרק בית כור דאיכא זו וס"ל מיהו סתם זו לא ס"ל וכ"כ הר"ן פרק אלו נערות דזו לא סבירא לי' כל היכא דלא מפרש בהדיא זו וסבירא ליה:

Zavin ve-zavin tagara ikri (il a acheté et il a vendu, il est appelé marchand). Il a expliqué en étonnement : un homme achèterait-il et vendrait-il pour la somme qu'il a achetée afin d'être appelé marchand ?

Seulement : un homme peine et mange et ne profite pas, et de quoi mangera-t-il s'il ne profite pas ? Tu n'as pas de perte plus grande.

Ainsi a expliqué le Rashbam (Rabbi Shmuel ben Meir), chapitre ha-Mokher et ha-Sefinah. Zo divrei peloni (ceci sont les paroles d'un tel).

Quand la Guemara dit zo divrei peloni sur l'anonyme, il diverge de lui et ne tient pas comme lui. Et ainsi ont écrit les Tossefot au chapitre Hezkat ha-Batim (Baba Batra folio 35), et voici leur langage : zo divrei Sumkhos, cela signifie ceci, et il ne le tient pas ; bien qu'il soit prouvé au chapitre Beit Kor qu'il y a zo ve-savir la (ceci, et il le tient), toutefois un zo anonyme, il ne le tient pas.

Et ainsi a écrit le Ran (Rabbenou Nissim), chapitre Elu Naarot : que zo, il ne le tient pas, en tout lieu où il n'est pas explicitement précisé zo ve-savir la :

אות חי"ת

Lettre het

חומר שעורים דע שהחומר היא מידה שנמקראת כור והכור הוא שני לתכים והלתך ט"ו סאין נמצ' החומר ל' סאין שהם עשרה איפות שהאיפה ג' סאין והחשבונות הנמשכות מאיפה סימנם גוד"ו וכתבתי לעיל באות ג' וכבר ידענו ג"כ מדברי רבותינו שמקום שיש בו חמשים אמה על חמשים אמה הוא בית סאה כלומר שהוא מזרע סאה שעורים והם אלפים וחמש מאות אמה בתשבורת:

Homer se'orim (un homer d'orges). Sache que le homer est une mesure qui est appellee kor, et le kor est deux letekh, et le letekh est quinze se'in ; il se trouve que le homer est trente se'in, qui sont dix efa, car l'efa est trois se'in.

Et les comptes qui se tirent de l'efa, leur signe est GODU (גוד"ו), et j'ai écrit plus haut à la lettre guimel. Et nous savons déjà aussi des paroles de nos maîtres qu'un lieu où il y a cinquante coudées sur cinquante coudées est un beit se'ah, c'est-à-dire qu'il est l'ensemencement d'une se'ah d'orges, et ce sont deux mille cinq cents coudées en cubage :

חדא מינייהו נקיט זמנין דמתרץ תלמודא פירוקא והוא מצי למימר פירוקא אחרינא אלא חדא מינייהו נקט וילפינן הא מילתא מפרק החולץ (יבמות מח, ב) גבי פלוגת' דרבי ישמעאל ורבי עקיבא במקיימיה עבדים שאין מולין וכו' ואמרינן ארמדשני ליה ר' עקיבא בלוקה עבד בין השמשות לישני ליה. הא ומהדר חדא מתרי טעמא נקיט וכן אומר הבריתות פעמים יש כמה פרוקים והתלמוד לא חש לתרץ אלא חד מינייהו:

Hada minaihu nakit (il en a saisi une d'entre elles). Parfois le Talmud résout une résolution, et il pourrait dire une autre résolution, seulement il en a saisi une d'entre elles.

Et nous apprenons cette chose du chapitre ha-Cholets (Yevamot 48b), au sujet de la dispute de Rabbi Yishmael et Rabbi Akiva concernant celui qui maintient des esclaves qui ne sont pas circoncis, etc. ; et nous disons : plutôt que Rabbi Akiva lui ait changé par celui qui achète un esclave au crépuscule, qu'il lui change. Voici, et il répond : il en a saisi une de deux raisons.

Et ainsi dit le Keritot : parfois il y a plusieurs résolutions, et le Talmud n'a pas pris soin de résoudre sinon une d'entre elles :

אות טי"ת

Lettre têt

טוב טעם ודעת למדני (תהלים קיט, סו). ע"ז התפלל דוד המלך ע"ה וכן בנו שהע"ה אמר (משלי טו, ב) לשון חכמים תטיב דעת על כן דע והאמין כי המשנה והתלמוד לשונם מדוקדק במאוד מאוד ואם יש יתור לשון או חסור או חליף לא דבר רק הוא ואם רק הוא מכם ומי שחלק לו ה' מן החכמה וידקדק יפתחו עיניו ויראה נפלאות מחידושי לשונם וגם ילמוד מזה כמה דינים ואביא קצת לדמיון שנינו בריש זבחים (ב, ב) כל הזבחים שנזבחו שלא לשמן כשרים אלא שלא עלו לבעלים והוקשו בגמרא מאי אלא שלא עלו ולא עלו מבעי ליה ופרש"י מפני שחייב אדם ללמוד לתלמידיו דרך קצרה ומיתור זה הוציאו בגמרא נפקית' דדינ' שאסור לזרוק דמן אוש אר עבודות שלא לשמן כי עדיין בקדושתן הם עומדים ולכן אמר אלא אשר רצה לומר שאין להם אלא אותה ירידה לבד והוא שלא עלו לבעלים וגדולה מזו מצינו פרק יש נוחלין (בבא בתרא דף קל"ח) גבי שכיב מרע שאמר תנו מאתים זוז לפלוני בעל חובי כראוי לו נוטלין ואת חובו והקשו בגמרא ודלמ' כראוי לו בחובו קאמר ותירץ רבי עקיבא היא דדריש לישנ' יתירא וכתב רשב"ם דרבנן מודי דדרשי לישנ' יתירא אלא שבדברי רבי עקיבא מפורש בבירור וראיתי כתב בשם שיטת גאון אשר דייק דקאמר נוטלין ולא אמר נותנין לו ואת חובו משמע שכבר היו הנכסין ביד היתומים ואפילו הכי אומר דמוציאין מידם הנה יראה שאע"פ שמשמעות הלשון היה נראה שבחובו קאמר כדפריך בגמרא ועוד שהנכסים בחזקת יתמי ולכל אדם היינו אומרים המע"ה כ"ש בזכות יתמי עם כל זה מכח היתור אנו אומרים דנוטלין ונוטל את חובו הרי כח הייתור עד היכן מגיע ומזה וכיוצא למדו בעלי הוראה להוציא דין מכח איזה יתור ואביא לדוגמא הרמב"ן דקדק מדקאמר אין מחזיקין דם בבני מעים ולא אמרו אין דם בבני מעים ש"מ אם רואין אותן אדומים צריכה מליחה כשאר בשר רק מן הסתם אין מחזיקין דם ובספר התשב"ץ כתב וז"ל מדגרסינן בירושלמי דמגילה תולין בספרים ולא בתפילין ומזוזות משמע דדוקא תולין הוא דלא הא לתקן אותיות בעלמא שרי וא"ל לתקן אותיות נמי לא דא"כ לימא תולין בספרים ולא בתפילין מ"ט הדר נקט ואין תולין ע"כ ואף בלישנא בעלמא דרבותינו ז"ל שאינו גוף הדין בעצמו מ"מ שיחתן צריכה תלמוד הנה בעובדא דנסכ' דרבי אבא אין חטפי ודידי חטפי אמר היכא לדייני דיינ' להאי דינא והנה הלשון הוא מיותר למה תלה הדבר בדיינים היאך ידונו הדיינים זה הדין כך היה לו לומר היאך נדון אנחנו האי דינ' ויישבתי הדבר כך באותו מעשה פסקו דם לפי ראות עיניהם וזך שכלם שהם הבינו עם מי הוא האמת וכח ביד הדיין שהוא מומחה גדול לפסוק לפי מה שנתאמץ בלבו כמבואר בטור ח"מ סימן ט"ו רק היו אומרים אם היה הדבר בא לפני דייני דעלמא שאין להם כח לפסוק אלא בדין תורה איך יפסקו זה הדין על כן אמר היכא לדיינו דיינא:

Tov taam va-daat lamdeni : enseigne-moi le bon goût et la connaissance (Psaumes 119,66). Sur ceci a prié David le roi, que la paix soit sur lui ; et ainsi son fils Shelomo, que la paix soit sur lui, a dit (Proverbes 15,2) : la langue des sages rend bonne la connaissance.

C'est pourquoi sache et crois que la Michna et le Talmud, leur langage est très, très précis ; et s'il y a un superflu de langage, ou un manque, ou un échange, ce n'est pas une chose vide ; et si c'est vide, c'est de vous. Et celui à qui ה' a départagé de la sagesse, et qui précisera, ses yeux s'ouvriront et il verra des merveilles des nouveautés de leur langage, et aussi il apprendra de ceci plusieurs lois.

Et j'apporterai un peu pour comparaison. Nous avons enseigné au début de Zevahim (2b) : tous les sacrifices qui ont été immolés non pour leur nom sont valides, seulement ils n'ont pas monté pour les propriétaires.

Et ils ont objecté dans la Guemara : que signifie seulement ils n'ont pas monté -- il aurait dû dire : et ils n'ont pas monté. Et Rachi a expliqué : parce qu'un homme est tenu d'enseigner à ses élèves par voie courte.

Et de ce superflu ils ont tiré dans la Guemara une conséquence de loi : qu'il est interdit de jeter leur sang ou le reste des avodot (services) non pour leur nom, car ils se tiennent encore dans leur sainteté ; et c'est pourquoi il a dit ela (seulement), qu'il a voulu dire qu'ils n'ont que cette descente seulement, et c'est qu'ils n'ont pas monté pour les propriétaires. Plus grand que ceci, nous trouvons au chapitre Yech Nohalin (Baba Batra folio 138), au sujet d'un shekhiv mera (malade moribond) qui a dit : donnez deux cents zouz à un tel, mon créancier, comme il lui convient : ils prennent et sa créance.

Et ils ont objecté dans la Guemara : et peut-être il a dit : comme il lui convient dans sa créance. Et il a résolu : c'est Rabbi Akiva, qui expose un langage superflu.

Et le Rashbam a écrit que les Sages conviennent qu'on expose un langage superflu, seulement que dans les paroles de Rabbi Akiva c'est explicite clairement. Et j'ai vu un écrit au nom d'une voie de Gaon, qui a précisé : qu'il a dit ils prennent, et il n'a pas dit on lui donne et sa créance ; cela signifie que les biens étaient déjà en la main des orphelins, et même ainsi il dit qu'on les extrait de leur main.

Voici, tu verras : bien que le sens du langage paraissait qu'il a dit dans sa créance, comme objecté la Guemara ; et encore, que les biens sont en possession des orphelins, et pour tout homme nous dirions ha-motsi me-havero alav ha-reaya (celui qui extrait de son prochain, sur lui la preuve), à plus forte raison au droit des orphelins ; avec tout ceci, par la force du superflu, nous disons : ils prennent, et il prend sa créance. Voici la force du superflu, jusqu'où elle atteint.

Et de ceci et de ce qui lui ressemble, les décideurs ont appris à extraire une loi par la force de quelque superflu. Et j'apporterai pour exemple : le Ramban a précisé, de ce qu'il a dit : on ne tient pas du sang dans les entrailles, et ils n'ont pas dit : il n'y a pas de sang dans les entrailles ; de là tu entends : s'ils les voient rouges, elles ont besoin de salage comme le reste de la viande ; seulement, par défaut, on ne tient pas du sang.

Et dans le sefer Tashbets il a écrit, et voici son langage : de ce que nous lisons dans le Yerushalmi de Megila : on suspend dans les sefarim et non dans les tefilin et les mezuzot, cela signifie : spécifiquement suspendre, non ; mais corriger des lettres en général, c'est permis. Et si tu dis : corriger des lettres aussi, non -- car si ainsi, qu'il dise : on suspend dans les sefarim et non dans les tefilin ; pour quelle raison est-il revenu et a saisi : et l'on ne suspend pas.

Jusqu-ici. Et même dans un langage quelconque de nos maîtres, de mémoire bénie, qui n'est pas le corps de la loi elle-même, toutefois leur conversation a besoin d'étude.

Voici, dans le fait du lingot de Rabbi Abba : je n'ai pas ravi, et les miens ont ravi ; il a dit : comment les juges jugeront-ils cette loi. Et voici, le langage est superflu : pourquoi a-t-il suspendu la chose aux juges, comment les juges jugeront-ils cette loi ; ainsi aurait-il du dire : comment jugerons-nous, nous, cette loi.

Et j'ai résolu la chose ainsi : dans cet acte, ils ont tranché le din selon la vue de leurs yeux et la pureté de leur intelligence, car ils ont compris avec qui est la vérité ; et le pouvoir est en la main du juge qui est un grand expert, de trancher selon ce qui s'est affermi dans son cœur, comme il est expliqué dans le Tour Hoshen Mishpat, siman 15. Seulement ils disaient : si la chose venait devant les juges du monde, qui n'ont pas le pouvoir de trancher sinon selon la loi de la Torah, comment trancheraient-ils cette loi ; c'est pourquoi il a dit : comment le juge jugera :

ומצינו בפרק הישן (סוכה כא, ב) אשר הקשו גבי משיחתו של ר"ג למדנו מדוע לא אמר מדבריו והוציא מאותו שינוי מועט ששיחת ת"ח צריכה לימוד ויש כיוצא בזה הרבה מקומות בלי ערך ובלי מספר והמבין יבין:

Et nous trouvons au chapitre ha-Yashen (Soucca 21b), où ils ont objecté au sujet de la conversation de Rabban Gamliel : nous avons appris pourquoi il n'a pas dit : de ses paroles ; et il a tiré de ce léger changement que la conversation des talmidei hakhamim (disciples des sages) a besoin d'étude. Et il y a de tels beaucoup de lieux, sans mesure et sans nombre, et qui comprend comprendra :

אות יו"ד

Lettre youd

יתיב פלוני קמיה פלוני ז"ל הליכות עולם הא דאמרינן בכול' תלמוד' יתיב פלוני קמיה פלוני ויתיב וקאמר לא אמרינן הכי אלא במקום שחולק עליו או שהיה הוא האומר אבל אם לא אמר הוא כלום ולא נחלק עליו בכלום לא אמרינן הכי כן כתב הרשב"א ז"ל בחידושיו במסכת יבמות עכ"ל וכתב מהרי"ק ע"ז אין לשון זה מכוון שאם אומר ויתיב וקאמר הרי הוא האומר ומה צורך לדברי הרשב"א ז"ל אבל הלשון המכוון הוא כמ"ש התוספות בחולין דף פ"ג כל מקום שאומר ויתיב פלוני גבייהו מזכירו כן לפי שהורה להם דבר חידוש וכתבו עוד ואף על גב דאיכא בע"ז חד יתיב גבייהו ולא דיבר כלום אומר ר"ת ז"ל כי זה המעשה היה עם אותו דכתובות א"ל רבי חיי' ועל אותו דבר הוזכר והתלמוד הביא הדברים על סדר המסכתות עכ"ל:

Yativ peloni kameh peloni (un tel était assis devant un tel). Voici le langage de Halikhot Olam : ce que nous disons dans tout le Talmud : yativ peloni kameh peloni, ve-yativ ve-kamar (et il était assis et il dit), nous ne disons ainsi que là où il diverge de lui, ou que c'était lui qui disait ; mais s'il n'a rien dit lui-même et n'a divergé de lui en rien, nous ne disons pas ainsi.

Ainsi a écrit le Rashba (Rabbi Shlomo ben Aderet), de mémoire bénie, dans ses Nouveautés dans le traité Yevamot. Jusqu-ici ses paroles.

Et le Maharik a écrit sur ceci : ce langage n'est pas exact ; car s'il dit ve-yativ ve-kamar, voici qu'il est celui qui dit, et quel besoin des paroles du Rashba, de mémoire bénie. Mais le langage exact est comme ont écrit les Tossefot dans Houlin folio 83 : en tout lieu où il dit ve-yativ peloni gavaihu (et un tel était assis auprès d'eux), il le mentionne ainsi parce qu'il leur a enseigné une chose de nouveauté.

Et ils ont encore écrit : et bien qu'il y ait dans Avoda Zara un : yativ gavaihu, et il n'a rien parlé, Rabbenou Tam, de mémoire bénie, dit que cet acte était avec celui de Ketoubot : Rabbi Hiyya lui dit ; et pour cette chose il a été mentionné, et le Talmud a apporté les paroles selon l'ordre des traités. Jusqu-ici ses paroles :

אות כ"ף

Lettre kaf

כל תיבה זו דרכה לקבץ פרטים רבים ולפעמים נמצא שאינו מקבץ רק פרט אחד והטעם שאומר מלת כל על פרט אחד אין הכוונה שמלת כל היא על הפרט אחד אלא שמביא כלל ע"ד הקדמה להוציא תולדה על הפרט דוק ותשכח בפרק הזהב (ב"מ מז, ב) פיסק' משך ממנו פירות תנן ר"ש אומר כל שהכסף בידו ידו על העליונה מוכר מצי הדר ביה לוקח לא מצי הדר ביה וקשה מאחר שתיבת כל אינו מקבץ אלא למוכר ולא ללוקח למה אמר כל וצריך לומר שמביא ראיה מן הכללות להוליד דין למוכר בכל נושא שיזדמן מן הראוי הוא שמי שהכסף בידו ידו על העליונה הלכך המוכר שהכזף בידו מצי הדר ביה:

Kol (tout). Ce mot, sa voie est de rassembler beaucoup de détails ; et parfois il se trouve qu'il ne rassemble qu'un seul détail.

Et le motif qu'il dit le mot kol sur un seul détail : l'intention n'est pas que le mot kol porte sur le détail unique, seulement qu'il apporte un principe à la manière d'une introduction, pour extraire une conséquence sur le détail. Examine et tu trouveras au chapitre ha-Zahav (Baba Metsia 47b), passage : il a tiré de lui des fruits ; nous avons enseigné : Rabbi Shimon dit : quiconque a l'argent en sa main, sa main est supérieure ; le vendeur peut se rétracter, l'acheteur ne peut se rétracter.

Et c'est difficile : puisque le mot kol ne rassemble que pour le vendeur et non pour l'acheteur, pourquoi a-t-il dit kol. Et il faut dire qu'il apporte une preuve des généralités pour engendrer une loi pour le vendeur, en tout sujet qui se présentera : il est convenable que celui qui a l'argent en sa main, sa main soit supérieure ; c'est pourquoi le vendeur, que l'argent est en sa main, peut se rétracter :

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