« Lettre alef. » Le Chla ouvre le général des langages des sugyot (passages talmudiques) : il cesse de le compter, car la mer du Talmud est plus profonde que toute mer ; il explique ce qu’il a appris des sefarim et des scribes, selon l’alef-bet. Il n’y a pas d’antérieur ni de postérieur dans la Torah en deux parachiot, mais en une seule paracha il y en a. Comment y a-t-il une avance et un retard dans une Torah au comble de l’ordre ? Le sujet est dans un ordre juste : selon le secret, la Torah tout entière est Ses Noms ; même dans le révélé, le général est avec une intention visée, et ce n’est pas une chose vide.
Aussi : il n’y a pas d’ordre à la Michna entre deux traités ; le silence d’un amora n’est aveu que s’il est élève de l’objecteur ; un interdit ne prend pas effet sur un interdit
אות האל"ף
Lettre alef
כלל לשונות סוגיות זה הכלל חדל לספור כי אין מספר כי ים התלמוד עמוק מיני ים מ"מ אבאר מה שלמדתי מפי ספרים ומפי סופרים ולסדר ע"ד אלפ"א ביתא כפי אשר הורוני קדמונים:
Général des langages des sugyot (passages talmudiques). Ce général, j'ai cessé de le compter, car il n'y a pas de nombre, car la mer du Talmud est plus profonde que toute mer.
Néanmoins j'expliquerai ce que j'ai appris de la bouche des sefarim et de la bouche des scribes, et pour ordonner selon l'alef-bet, comme me l'ont enseigné les anciens :
אין מוקדם ומאוחר בתורה בפרק קמא דפסחים דף ו' אית' דוקא בשתי פרשיות אבל בחד פרשא יש מוקדם ויש מאוחר דאל"כ כלל ופרט דלמא פרט וכלל הוא וכן פרט וכלל דלמא כלל ופרט הוא. וכן איתא בפ"ו דפסחים והכי מסיק בגמרא דזבחים ויש לכאורה לתמוה תורתינו הקדושה אשר היא בתכלית השלימות ובודאי היא המוסדרת בתכלית הסידור ואיך יש בה קידום ואיחוד אלא הענין היא בסדר נכון לא מבעיא על פי הסוד שהתורה כולה שמותיו פשיטא ופשיטא שהיא כסדר השמות אלא אפילו בנגלה של היש טעמים ועניינים כפי הסדר שהם מסודרים ולא דבר רק הוא ואם רק הוא מכם וזה ענין אין מוקדם ומאוחר בתורה כלומר לא תימא שיש קידום ואיחור כי היה ראוי להקדים זה ולאחר זה כי זה אינו רק הכלל בכוונה מכוונת ואז הוא הכל לפי סדר הנכון:
Il n'y a pas d'antérieur ni de postérieur dans la Torah. Au premier chapitre de Pessahim, folio 6, il est dit : spécifiquement en deux parachiot, mais en une seule paracha il y a de l'antérieur et du postérieur ; sinon, un général et un particulier, peut-être est-ce un particulier et un général, et de même un particulier et un général, peut-être est-ce un général et un particulier.
Et ainsi il est au chapitre 6 de Pessahim, et ainsi conclut la Guemara de Zevahim. Et il y a lieu, à première vue, de s'étonner : notre sainte Torah, qui est au comble de la perfection, et certainement elle est ordonnée au comble de l'ordre, et comment y a-t-il en elle une avance et un retard ?
Seulement le sujet est dans un ordre juste : non seulement selon le secret, que la Torah tout entière est Ses Noms, il est évident et évident qu'elle est selon l'ordre des Noms, mais même dans le révélé, qu'il y a des raisons et des sujets selon l'ordre où ils sont rangés, et ce n'est pas une chose vide, et si elle est vide c'est de vous (Deutéronome 32,47). Et c'est le sujet de : il n'y a pas d'antérieur ni de postérieur dans la Torah, c'est-à-dire : ne dis pas qu'il y a une avance et un retard, qu'il aurait convenu de faire précéder ceci et de retarder cela, car ceci n'est pas ; seulement le général est avec une intention visée, et alors tout est selon l'ordre juste :
אין סדר למשנה כתבו התוספות ה"מ כשיש שתי מסכתות זו אצל זו ובמסכת ראשונה מביא דין א' בסתם בלא מחלוקת ובמסכת שניה מביא הדין ההוא במחלוקת או בהפך. אז אין לנו הכלל המסור בידינו בסתם ואח"כ מחלוקת הלכה כמחלוקת ומחלוקת ואח"כ סתם הלכה כסתם אבל במסכת חדא יש סדר:
Il n'y a pas d'ordre à la Michna. Les Tossefot ont écrit : ceci s'applique quand il y a deux traités l'un à côté de l'autre, et dans le premier traité il apporte une loi en anonyme sans dispute, et dans le second traité il apporte cette loi-là en dispute, ou l'inverse.
Alors nous n'avons pas le général transmis en nos mains : anonyme et ensuite dispute, la halakha est comme la dispute ; et dispute et ensuite anonyme, la halakha est comme l'anonyme. Mais en un seul traité, il y a un ordre :
איידי מצינו כמה פעמים בתלמודא וגדולה מזו מצינו בתלמודא שאומר איידי אפילו בקראי בפרק החובל (בבא קמא דף פ"ח) בפסוק דלא יומתו אבות על בנים ובנים על אבות דאיידי דכתב רחמנא כו':
Iydei (du fait que). Nous le trouvons plusieurs fois dans le Talmud, et plus grand que cela nous trouvons dans le Talmud qu'il dit iydei même dans les versets, au chapitre ha-Hovel (Baba Kama folio 88), au verset : les pères ne seront pas mis à mort pour les fils, et les fils pour les pères (Deutéronome 24,16), que du fait que le Miséricordieux a écrit, etc. :
אף על גב אע"פ המורגל בתלמוד כתב הר"ש סודיל"ו וז"ל כשיש לנו מימרא או משנה או ברייתא (או מימרא) אמרינן אע"ג כלומר אע"ג דמימרא או המשנה או הברייתא ההיא נראה דקשיא לן יש לנו לתרץ כך. והכונה הזאת נמי בלשון אף על פי ומלת פי פיורשה מאמר ור"ל אף על מה שאמר והוי כאילו אומר אף על המשנה ההיא או על הברייתא או על מאמר ההוא יש לתרץ ולומר עכ"ל.
ולי נראה לפרש אע"פ שהוא הדבר השגור בפי כל אע"ג כלומר שהוא נראה לכל וגב לשון חוץ כמו כלי חרס אין מטמא מגבו. והכוונה הענין מבואר בנגלה אפילו נ"ל שהוא מורכב משתי תיבות ואף אילוץ:
Af al gav, af al pi, l'habituel dans le Talmud. Le R"Sh Sidilo (Rabbi Shmuel Sidilo) a écrit, et voici son langage : quand nous avons une déclaration, ou une Michna, ou une baraita (enseignement hors Michna) (ou une déclaration), nous disons af al gav, c'est-à-dire : bien que cette déclaration ou cette Michna ou cette baraita paraisse nous être difficile, nous avons à résoudre ainsi.
Et cette intention est aussi dans le langage af al pi, et le mot pi, son explication est une parole, et c'est-à-dire : même sur ce qu'il a dit, et c'est comme s'il disait : même sur cette Michna-là, ou sur la baraita, ou sur cette parole-là, il y a à résoudre et à dire. Jusqu-ici ses paroles.
Et il me paraît d'expliquer : af al pi, que c'est la chose courante dans la bouche de tous ; af al gav, c'est-à-dire qu'elle paraît à tous, et gav est un langage de dehors, comme : un vase de terre ne se souille pas par son dos. Et l'intention, le sujet est clair dans le révélé.
Afillu, il me paraît qu'il est composé de deux mots : af et ilutz (contrainte) :
אלמלא לפעמים בנמצא בתלמוד אלמלא ב'א באחרונה, ולפעמים אלמלי ב'י' באחרונה. וכתב רבינו תם בתוספות דמגילה (כא, א) דבמקום שהוא כמו אלו לא, כתוב אלמלא ב'א' בסוף, ובמקום שהוא כמו אילו, כתוב 'י' באחרונה, ונקראת ה'ל' ב'חיריק'.*א*:
Almela. Parfois se trouve dans le Talmud almela, un alef à la fin, et parfois almeli, un youd à la fin.
Et Rabbenou Tam a écrit dans les Tossefot de Meguila (21a) que là où c'est comme ilu lo (si ce n'est), il est écrit almela, un alef à la fin, et là où c'est comme ilu (si), il est écrit un youd à la fin, et le lamed se lit avec un hirik :
אלמא סתם אלמא שבתלמוד הוא כמו שמע מינה. ויש אלמא שהוא כמו למה אלמא תניא כו' או אלמא אמר פלוני כך ואז צריך לקרות אלמ' בקמץ תחת הלמ"ד.
ומהרי"ק ז"ל כתב לשון אלמא תניא אני אומר שהוא כמו על מה תניא בחילוף עי"ן באל"ף וכן הוא בירושלמי ועל מה תניא עכ"ל:
Alma. Un alma simple qui est dans le Talmud est comme chema mineh, tu en infères.
Et il y a un alma qui est comme : pourquoi, alma il est enseigné, etc., ou alma un tel a dit ainsi, et alors il faut lire alma avec un kamatz sous le lamed. Et le Maharik (Rabbi Yossef Kolon), de mémoire bénie, a écrit : le langage alma il est enseigné, je dis qu'il est comme al mah il est enseigné, par l'échange d'un ayin en alef, et ainsi il est dans le Yerouchalmi : et al mah il est enseigné.
Jusqu-ici ses paroles :
אמרי תרווייהו. כל הכי' דאיכא פלוני ופלוני אמרי תרוויוהו בידוע שהוא בר פלוגתי' במקומות אחרות כמו רב ושמואל דאמרי תרווייהו.
רבה ורב יוסף דאמרי תרווייהו. אביי ורבא דאמרי תרווייהו וכן הרבה:
Amrei tarvaihu, les deux disent. En tout lieu où il y a un tel et un tel, amrei tarvaihu, il est connu qu'il est son contradicteur en d'autres lieux, comme Rav et Shmouel qui amrei tarvaihu, Rabba et Rav Yossef qui amrei tarvaihu, Abaye et Rava qui amrei tarvaihu, et ainsi beaucoup :
אע"פ שאין ראיה לדבר זכר לדבר. כתב הר"ר יונה בריש ברכות (רי"ף א, ב) מפני שאינו מוכיח לגמרי אומר כון ורש"י ז"ל והר"ן ז"ל בפרק קמא דפסחים כתבו דמ"ה אמרו אע"פ שאין ראיה לדבר משום דדברי תורה מדברי קבלה לא ילפינן אלו ואלו דברי א-להים חיים כי פליגי תרי אמוראי בדין או באיסור והיתר כל א' אומר הכי מסתבר טעמא אין כאן שקר דכל חד וחד סברה דידיה קאמר מר יהיב טעמ' להיתר מר יהיב טעמא לאיסור מר מדמי מילתא למילתא זמר מדמי בעיניינ' אחרינא ואיכא למימר אלו ואלו דברי אלקים חיים הם דזימנין שייך האי טעמא וזימנין שייך האי טעמ' שהטעם מתהפך לפי שינוי הדברים בשינוי מעט מרש"י ז"ל פרק אע"פ.
ואני הארכתי בביאור ענין זה של אלו ואלו דברי אלקים חיים ע"ד האמת בהקדמת תולדות אדם שלי ובמסכת שבועות שלי:
Bien qu'il n'y ait pas de preuve pour la chose, un souvenir pour la chose. Le rav Rabbi Yona a écrit au début de Berakhot (Rif 1b) : parce que cela ne prouve pas complètement, il dit ainsi.
Et Rachi, de mémoire bénie, et le Ran, de mémoire bénie, au premier chapitre de Pessahim, ont écrit que c'est pourquoi ils ont dit : bien qu'il n'y ait pas de preuve pour la chose, parce que des paroles de Torah on ne déduit pas des paroles de Kabbalah (Prophètes et Écrits). Celles-ci et celles-là sont paroles de l'Elokim vivant : quand deux amoraim divergent en une loi ou en interdit et permis, chacun dit : ainsi le motif est raisonnable, il n'y a pas ici de mensonge, car chacun dit son raisonnement : l'un donne un motif pour le permis, l'un donne un motif pour l'interdit, l'un compare une chose à une chose, et l'un compare en un autre sujet.
Et l'on peut dire : celles-ci et celles-là sont paroles de l'Elokim vivant, car parfois ce motif-ci s'applique et parfois ce motif-là s'applique, car le motif s'inverse selon le changement des choses, par un petit changement. De Rachi, de mémoire bénie, chapitre Af al pi.
Et moi je me suis étendu dans l'explication de ce sujet de : celles-ci et celles-là sont paroles de l'Elokim vivant, selon la voie de la vérité, dans l'introduction de mon Toldot Adam et dans mon traité Shevouot :
אשתיק לפעמים מקשה אמור' לאמורא והמוקשה אשתיק אינו משיב ומספק' לן בשתיקתו אם הודה למקשן וחזר ממה שאמר או שלא חש להשיב ולעולם עומד בדיבורו בענין הזה יש לומר שאם המוקשה הוא תלמיד של המקשן אמרינן שתיקה כהודאה וחזר מ"ש מחמת הקושיא שהוקשה לו רבו. ואם המקשן הוא תלמיד חבר לא אמרינן דשתיקתו הויא הודאה אלא לא חש לדבריו.
עיין בפרק המוכר את הבית (ב"ב סב, א) גבי מכר לו מיצר א' ארוך ומיצר א' קצר בפלוגתא דרב עם רב כהנא ורב אסי דאשתיק רב ועיין שם בתוספת. אתי עשה ודחי ל"ת לא אמרינן כה"ג אלא כגון מילה בצרעת וציצית וכלאים דבעידנ' דמתעקר לאו מקיים עשה כי דכשימול הצרעת באותה שעה מקיים מצות מילה ועוקר מצות ל"ת וכן כלאים בציצית דבאותה שעה שמטיל ציצית של כלאים בטלית עוקר לאו דכלאים ומקיים עשה דציצית.
אבל לעקור לאו כדי לקיים עשה הבא אחרי כן כה"ג לא אמרינן אתי עשה ודחי ל"ת אפילו ל"ת שהוא דרבנן כגון שופר של ר"ה בראש האילן כו' (ר"ה לב, ב), ואין עוברים על שבות דדבריהם רק אמרינן שב ואל תעשה עדיף משום שבשעה שעובר עדיין אין המצוה נעשית כי המצוה היא התקיעה לשמוע קול שופר וזה אינו אלא הכנה למצוה. וטעמ' דאתי עשה ודחי לא תעשה מדום דעשה עבודה מאהבה הוי ול"ת עבודה מיראה ועבודה מאהבה עדיף טפי.
מצאתי אין מבטלין איסור של תורה לכתחילה אבל איסור של דבריהם מבטלין לכתחילה עיין בפסחים בפרק כל שעה בתוס' (פסחים ל, א, ד"ה לשהינהו) רה"מ בדבר שאין לו שורש מן התורה כגון מוקצה ועיין ברמב"ם בהלכות מאכלות אסורות פט"ו ובהגהות דאיכא פלוגתא כה"ג דס"ל לרבים דאפילו בדבר ששרשו מן התורה מבטלין איסור לכתחילה כגון חלב שנפל לקדירה שיש בה בשר עוף ונתן טעם בקדירה מרבה עליוב שר עוף אחר עד שיבטל הטעם למאן דס"ל בשר עוף בחלב אינו דאורייתא וכן כל כיוצא בזה והכי מייתי לה בירושלמי דערלה פרק ב':
Ishtik, il s'est tu. Parfois un amora objecte à un amora, et celui à qui l'on objecte s'est tu, il ne répond pas, et nous sommes en doute dans son silence : s'il a avoué à l'objecteur et est revenu de ce qu'il a dit, ou s'il ne s'est pas soucié de répondre et qu'à jamais il se tient à sa parole.
En ce sujet il y a à dire : si celui à qui l'on objecte est un élève de l'objecteur, nous disons : le silence est comme un aveu, et il est revenu de ce qu'il a dit, à cause de la difficulté que son maître lui a objectée. Et si l'objecteur est un talmid haver (disciple-collègue), nous ne disons pas que son silence soit un aveu, mais il ne s'est pas soucié de ses paroles.
Vois au chapitre ha-Mokher et ha-Bayit (Baba Batra 62a), au sujet de : il lui a vendu une limite longue et une limite courte, dans la divergence de Rav avec Rav Kahana et Rav Assi, que Rav s'est tu, et vois là dans les Tossefot. Un commandement positif vient et écarte un négatif : nous ne disons pas ainsi en un tel cas, sinon comme la circoncision dans la tzaraat (lèpre) et les tzitzit et les kilayim (mélanges), qu'au moment où le négatif est arraché il accomplit le positif, car lorsqu'il circoncit la tzaraat, à cette heure-là il accomplit la mitsva de circoncision et arrache le commandement négatif ; et de même les kilayim dans les tzitzit, qu'à cette heure où il met des tzitzit de kilayim dans le talit il arrache le négatif des kilayim et accomplit le positif des tzitzit.
Mais pour arracher un négatif afin d'accomplir un positif qui vient ensuite, en un tel cas nous ne disons pas : un positif vient et écarte un négatif, même un négatif qui est rabbinique, comme un shofar de Roch Hachana au sommet de l'arbre, etc. (Roch Hachana 32b), et l'on ne transgresse pas un shevout de leurs paroles ; seulement nous disons : sieds-toi et ne fais pas est préférable, parce qu'à l'heure où il transgresse la mitsva n'est pas encore faite, car la mitsva est la sonnerie, d'entendre la voix du shofar, et ceci n'est qu'une préparation à la mitsva.
Et le motif qu'un positif vient et écarte un négatif est parce que le positif est un service par amour et le négatif un service par crainte, et le service par amour est plus préférable. J'ai trouvé : on n'annule pas un interdit de la Torah d'emblée, mais un interdit de leurs paroles on l'annule d'emblée ; vois dans Pessahim au chapitre Kol Shaah dans les Tossefot (Pessahim 30a, aux mots Leshehinehu).
Ceci s'applique en une chose qui n'a pas de racine de la Torah, comme le mouktse ; et vois dans le Rambam, lois des aliments interdits, chapitre 15, et dans les gloses, qu'il y a une divergence en un tel cas, que beaucoup tiennent que même en une chose dont la racine est de la Torah on annule un interdit d'emblée, comme de la graisse tombée dans une marmite où il y a de la viande de volaille, et elle a donné un goût dans la marmite : il augmente sur elle d'autre viande de volaille jusqu'à ce que le goût soit annulé, pour celui qui tient que la viande de volaille dans le lait n'est pas de la Torah ; et ainsi tout ce qui lui ressemble ; et ainsi on l'apporte dans le Yerouchalmi d'Orla, chapitre 2 :
אין איסור חל על איסור כלל גדול בכל איסורין שבתורה שאין איסור חל על איסור אא"כ היו ב' איסורין באין בבת אחת או שהיה האיסור הא' מוסיף דברים אחרים עם איסור זה. וההפרש שיש בין איסור מוסיף לאיסור כולל הוא כך דאיסור כולל קרי היכא דאין האיסור האחרון מוסיף על הראשן כלום אבל מרבה איסורין על האדם מדברים אחרים כגון נבילה בי"ה שלא בא לאוסרה אלא באכילה ובאכילה כבר אסור משום נבלה שלא הוסיף עליה איסור האחרון כלום אבל ריבה איסורים על האדם לאוסרו בכל האוכלים שבעולם.
ואמרינן מנו דחייל י"ה לאיסור בשאר אוכלים משום י"ה כולל נמי את הנבלה עמהם להתחייבה בה משום י"ה ואיסור מוסיף הוא דמוסיף על נוש' איסור הראשון דבר שהיה מותר בו כגון חתיכת חלב שלה קדש דאסור לאוכלו משום חלב ומותר לגבוה למזבח נעשה נותר נוסף עליו איסור למה שהיה מותר ונפסל להקטרה הכא אמרינן מתוך שחל עליו שם נותר אצל גבוה חל עליו שם נותר אצל האדם האוכלו להתחייב משום חלב ומשום נותר:
Un interdit ne prend pas effet sur un interdit. Grand général dans tous les interdits de la Torah : qu'un interdit ne prend pas effet sur un interdit, à moins que les deux interdits ne viennent en une seule fois, ou que le premier interdit ajoute d'autres choses avec cet interdit.
Et la différence qu'il y a entre un interdit qui ajoute et un interdit qui englobe est ainsi : on appelle interdit qui englobe là où le dernier interdit n'ajoute rien sur le premier, mais il multiplie des interdits sur l'homme à partir d'autres choses, comme une bête morte à Yom Tov, qui n'est pas venue l'interdire sinon pour le manger, et pour le manger elle est déjà interdite à cause de la bête morte, que le dernier interdit n'a rien ajouté sur elle, mais il a multiplié des interdits sur l'homme pour l'interdire dans tous les aliments du monde. Et nous disons : puisque Yom Tov prend effet pour l'interdit dans les autres aliments à cause de Yom Tov, il englobe aussi la bête morte avec eux, pour le tenir en elle à cause de Yom Tov.
Et un interdit qui ajoute est qu'il ajoute sur le sujet du premier interdit une chose qui y était permise, comme un morceau de graisse du consacré, qu'il est interdit de le manger à cause de la graisse et qu'il est permis au Très-Haut pour l'autel ; il est devenu reste de sacrifice, un interdit s'est ajouté sur lui pour ce qui était permis, et il est disqualifié pour la combustion. Ici nous disons : du fait que le nom de reste à pris effet sur lui auprès du Très-Haut, le nom de reste prend effet sur lui auprès de l'homme qui le mange, pour être tenu à cause de la graisse et à cause du reste :
אין לוקין על לאו שניתן לאזהרת מיתת ב"ד והטעם שהכתוב לא ענש מיתה אא"כ הזהיר תחילה ואמר לא תעשה הלכך כשהזהירו למקום שיש בה מיתה אתאי ולא אתא למלקות שאם היה דרך הכתוב להעניש ולא להקדים אזהרה כגון שהיה אומר אם תעשה מלאכה מות תמות ולא היה מקדים באזהרה לומר לא תעשה מלאכה הייתי אומר שהאזהרה ההיא למלקות אתא אבל השת' שהכתוב לא ענש מיתה אא"כ הזהיר תחילה א"כ האזהרה שהזהיר תחילה הוי כאלו אמר לא תעשה כל מלאכה שאם תעשה מלאכה תמות א"כ האזהרה למיתה אתא ולא למלקות. אין אלו אלא דברי נביאות לא לשבח קאמר אלא שאומר דבר בלא טעם כך כתבו התוספות ז"ל בפרק הנשרפין אבל פרש"י והתוספות ז"ל בפרק כיצד מעברין (עירובין ס, ב) דהוי לשבח אבל כי קאמר עשו דבריהם כדברי נביאות לא הוי לשבח.
אמר רבי יוד' אמר שמואל כל היכא דאיכא אמר ר' פלוני כגון אמר רב יודא אמר שמואל וכיוצא בו רבו היה ושמעה ממנו וכל היכא דאיכ' אמר ר' פלוני משום ר' פלוני כגון אמר רבי יוחנן משום רשב"י לא שמעה ממנו אבל שמעה מאחר שקבלה ממנו וכ"כ רש"י בחולין:
On n'est pas fouetté pour un négatif qui a été mis en avertissement d'une mort du tribunal. Et le motif : que l'Écriture n'a pas puni de mort à moins d'avoir averti d'abord et d'avoir dit : tu ne feras pas.
Donc, quand il a averti pour un lieu où il y a une mort, il est venu pour cela et n'est pas venu pour la flagellation. Car si c'était la voie de l'Écriture de punir et de ne pas faire précéder un avertissement, comme s'il disait : si tu fais un ouvrage tu mourras de mort, et qu'il ne fît pas précéder en avertissement de dire : tu ne feras pas d'ouvrage, je dirais que cet avertissement-là est venu pour la flagellation.
Mais maintenant que l'Écriture n'a pas puni de mort à moins d'avoir averti d'abord, donc l'avertissement qu'il a averti d'abord est comme s'il avait dit : tu ne feras aucun ouvrage, que si tu fais un ouvrage tu mourras ; donc l'avertissement est venu pour la mort et non pour la flagellation. Ceux-ci ne sont que paroles de prophétie : il ne l'a pas dit pour la louange, mais qu'il dit une chose sans motif ; ainsi ont écrit les Tossefot, de mémoire bénie, au chapitre ha-Nisrafin.
Mais Rachi a expliqué, et les Tossefot, de mémoire bénie, au chapitre Keitsad Meabrin (Erouvin 60b), que c'est pour la louange ; mais quand il dit : ils ont fait leurs paroles comme paroles de prophétie, ce n'est pas pour la louange. Rabbi Yuda a dit, Shmouel a dit : en tout lieu où il y a : Rabbi un tel a dit, comme : Rav Yuda a dit, Shmouel a dit, et ce qui lui ressemble, il était son maître et il l'a entendu de lui ; et en tout lieu où il y a : Rabbi un tel a dit au nom de Rabbi un tel, comme : Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Shimon bar Yohai, il ne l'a pas entendu de lui, mais il l'a entendu d'un autre qui l'avait reçu de lui.
Et ainsi a écrit Rachi dans Houlin :
כתב הליכות עולם וז"ל כל מקום שיש מחלוקת בין החכמים אומר הגמרא בחכם האחרון פלוני אמר שמקדים שמו לאמירתו ולא אמר אמר פלוני וכלל זה יהיה שמור בידך שכל מקום שתמצא בגמרא פלוני אומר בידוע שהוא חולק אמר פלוני בידוע שאינו חולק ולא בא אלא לסייע או להוסיף ע"כ וכ'כ רשב"ם בפרק יש נוחין דף קכ"ב ה"ג אמר רבי יודא כו' ולא בא לחלוק מדלא קתני רבי יודא אומר ומ"מ מצינו בפ"ק דבב' קמא דף י"ג ומעלה מעל בה' לרבות קדשים קלים דברי ר' יוסי הגלילי בן עזאי אומר לרבות השלמים ופרש"י בן עזאי מלת' דר' יוסי מפרש הרי שאמר פלוני אומר ועכ"ז אינו חולק אלא מפרש ובגמר' עצמה מצינו בפרק קמא דבב' מציעא דף י"א ריש לקיש אמר קטנה אין לה חצר ואין לה ד' אמות ר' יוחנן אמר יש לה חצר ויש לה ד"א ומסי' בגמרא מר אמר חדא ומר אמר חדא ולא פליגי כו' ובמועד קטן (ה, א) רב פפא אמר סלו סלו כו' וכתבו התוספות דלא פליגי אלא אורחא דמילת' כל חד וחד מסיק אדעתיה דלא מסיק חבריה ע"כ. אשר יראה שאף על פי שאמר פלוני אומר אינו חולק.
כתב הרא"ש סוף פרק קמא דקדושין וז"ל לכן סמך רב אשי דברי רבי אליעזר בתר רב רב ינאי לאשמועינן דפליג עליה והא דלא קאמר רבי אליעזר אומר לפי שלא היה בדורו של ר' ינאי ע"כ:
Halikhot Olam a écrit, et voici son langage : en tout lieu où il y a une dispute entre les sages, la Guemara dit, pour le dernier sage : un tel a dit, qu'il fait précéder son nom à son dire, et il n'a pas dit : à dit un tel. Et cette règle sera gardée en ta main : qu'en tout lieu où tu trouveras dans la Guemara : un tel dit, il est connu qu'il contredit ; a dit un tel, il est connu qu'il ne contredit pas et qu'il n'est venu que pour soutenir ou pour ajouter.
Jusqu-ici. Et ainsi a écrit le Rashbam (Rabbi Shmouel ben Meir) au chapitre Yech Nohalin, folio 122 : ainsi est la version : a dit Rabbi Yuda, etc., et il n'est pas venu pour contredire, du fait qu'il n'a pas enseigné : Rabbi Yuda dit.
Et néanmoins nous trouvons au premier chapitre de Baba Kama, folio 13 : et il commet un détournement envers le Nom (Lévitique 5,21), pour inclure les choses saintes légères, paroles de Rabbi Yossi ha-Gelili ; Ben Azai dit : pour inclure les sacrifices de paix. Et Rachi a expliqué : Ben Azai explique les paroles de Rabbi Yossi.
Voici qu'il a dit : un tel dit, et même ainsi il ne contredit pas, mais il explique. Et dans la Guemara elle-même nous trouvons au premier chapitre de Baba Metsia, folio 11 : Reish Lakish a dit : une petite n'a pas de cour et n'a pas quatre coudées ; Rabbi Yo'hanan a dit : elle a une cour et elle a quatre coudées.
Et la Guemara conclut : l'un a dit une chose et l'un a dit une chose, et ils ne divergent pas, etc. Et dans Moed Katan (5a) Rav Pappa a dit : salu salu, etc., et les Tossefot ont écrit qu'ils ne divergent pas, mais c'est la voie de la chose : chacun porte à son esprit ce que son compagnon ne porte pas.
Jusqu-ici. D'où il paraît que même s'il a dit : un tel dit, il ne contredit pas.
Le Roch (Rabbenou Acher) a écrit à la fin du premier chapitre de Kidouchin, et voici son langage : c'est pourquoi Rav Ashi a rapproché les paroles de Rabbi Eliezer après Rav Yanai, pour nous faire entendre qu'il diverge de lui ; et ceci qu'il n'a pas dit : Rabbi Eliezer dit, parce qu'il n'était pas dans la génération de Rabbi Yanai. Jusqu-ici :
אם למקרא ואם למסורת כתב בהלכיות עולם וז"ל פי' אם למקרא שעושים עיקר ואם מהקריאה לדרוש כפי הדיבור הקרוי ואם למסורת פי' ע"פ הכתב ופלוגת' היא בכל דוכת' כגון בפ' כיצד צולי (פסחים פו, ב) גבי בבית א' יאכל ר' יהודה סבר יש אם למסורת ויאכל כתיב ולאוכל קא מזהיר רחמנא שלא יאכל אותו אלא במקום אחר ולא בשנים ור"ש סבר יש אם למקרא ויאכל קרי ועל הפסח קא מזהיר שיאכל בחבורה אחת ולא בשתי חבורות אבל חבורה אחת בשני מקומות רשאין ודכוותה פ"ק דסוכה (ו, ב) סוכת סכת רבנן סברי יש אם למסורות וכיון שנכתבו ב' חסידים וא' מלא דרשינן להו למנין הדפנות בסוכה א' ור"ש סבר יש אם למקרא כו' כדאיתא התם. ויש לשאול דר"ש דקאמר יש אם למקרא הוא גופיה קא דריש בפירקא קמא דקידושין (יח, ב) מקרא ומסורת ביחד גבי בבגדו בה דדריש לשון בגידה ובגד והיינו מקרא כדמפרש התם לכך אמר רש"י ז"ל שם דהיכא דיש לקיים שניהם דורש מקרא ומסורת לכ"ע דלא לחנם נכתבו כי ההוא דקידושין אבל היכא דמכחישין להדרי ואי איתא להאי ליתא להאי בהא פליגי מ"מ מקרא עיקר ומ"מ מסורת עיקר וההיא דסוכה מכחישין הן אם ג' דפנות הכשרת לא תדרוש מקרא ואם תפסול לא תדרוש מסורת עכ"ל.
וכמ"ש רש"י ז"ל כ"כ גם התוספות ז"ל פרק כיצד צולין ובפרק קמא דסנהדרין (ד, ב), ושם כתבו מה שקשה על זה. ועיין בריש פרק הגוזל ברש"י ובתוסו' ז"ל:
S'il y a une mère à la lecture et s'il y a une mère à la massoret. Il a écrit dans Halikhot Olam, et voici son langage : l'explication de : s'il y a une mère à la lecture, qu'ils font l'essentiel d'après la lecture, pour exposer selon la parole lue ; et s'il y a une mère à la massoret, l'explication est d'après l'écrit.
Et c'est une dispute en tout lieu, comme au chapitre Keitsad Tzolin (Pessahim 86b), au sujet de : dans une maison il sera mangé (Exode 12,46) : Rabbi Yehuda tient qu'il y a une mère à la massoret, et il est écrit yeakhel, et le Miséricordieux avertit le mangeur de ne le manger que dans un lieu et non dans deux ; et Rabbi Shimon tient qu'il y a une mère à la lecture, et il est lu yeakhel, et il avertit sur le Pessa'h qu'il soit mangé en un seul groupe et non en deux groupes, mais un seul groupe en deux lieux est permis. Et de même au premier chapitre de Soucca (6b) : סוכת סכת, les Sages tiennent qu'il y a une mère à la massoret, et puisqu'ils ont été écrits deux défectifs et un plein, nous les exposons pour le nombre des parois en une soucca ; et Rabbi Shimon tient qu'il y a une mère à la lecture, etc., comme il est là.
Et il y a à demander : que Rabbi Shimon, qui a dit qu'il y a une mère à la lecture, lui-même expose au premier chapitre de Kidouchin (18b) la lecture et la massoret ensemble, au sujet de בבגדו בה (Exode 21,8), qu'il expose le langage de trahison et de vêtement, et c'est la lecture, comme il explique là. C'est pourquoi Rachi, de mémoire bénie, a dit là : que là où il y a à maintenir les deux, tous exposent la lecture et la massoret, car ce n'est pas en vain qu'ils ont été écrits, comme celui de Kidouchin ; mais là où ils se démentent l'un l'autre, et si ceci est, cela n'est pas, en cela ils divergent : l'un dit la lecture est l'essentiel, et l'un dit la massoret est l'essentiel.
Et celui de Soucca, ils se démentent : si tu valides trois parois, tu n'exposeras pas la lecture, et si tu disqualifiés, tu n'exposeras pas la massoret. Jusqu-ici ses paroles.
Et comme a écrit Rachi, de mémoire bénie, ainsi ont écrit aussi les Tossefot, de mémoire bénie, au chapitre Keitsad Tzolin et au premier chapitre de Sanhédrin (4b), et là ils ont écrit ce qui est difficile contre ceci. Et vois au début du chapitre ha-Gozel dans Rachi et dans les Tossefot, de mémoire bénie :