שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebe'al Peh, Kelal Heh (1/2)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Le sujet de l'ordonnateur s'appelle Heh, car הא est un langage de voici et de préparation, comme « voici pour vous de la semence » (Berechit 47,23), et c'est un sujet ordonné. Selon Rachi, que le Chla rapporte, Rav Achi et Ravina ont établi les enseignements des amoraim selon l'ordre des traités, chacun à côté de la Michna qui lui convient, avec les difficultés à objecter et leur résolution. Il rapporte du Cheerit Yossef que la voie de Ravina et de Rav Achi est d'abréger, d'omettre, d'inverser, d'ajouter, d'expliquer et d'ordonner, et de changer un raisonnement. La Guemara anonyme est tantôt celle des fils de la yechiva, tantôt celle de Rav Achi, selon Rabbenou Yonah.

Aussi : tanya et tanya be-baraita désignent un enseignement hors de l'école de Rabbi ; les tannaim tiennent closes leurs paroles et l'on peut les forcer, les amoraim expliquent ; le maître du Talmud explique parfois les paroles d'un amora.

כלל הא כסדרן. וענין הסדרן נקרא הא כי הא הוא לשון הנה והזמנה כמו הא לכם זרע והוא ענין מסודר:

Kelal Heh : ke-sidran. Et le sujet de l'ordonnateur est appelé Heh, car הא est un langage de voici et de préparation, comme voici pour vous de la semence (Genèse 47,23), et c'est un sujet ordonné.

דרך המסדר ידוע הוא לכל שרב אשי סדר הגמרא כמו שהביאו התוס' בריש חולין ובשבת פ"ק ושאר דוכתי ז"ל רש"י ריש השוכר את הפועלים (פו, א) על הא דאמר רב אשי ורבינא סוף הוראה כל האמוראים עד ימיהם לא היתה גמר' על הסדר אלא כשהיתה שאלה נשאלת בטעם המשנה בבית המדרש או שאלה על מעשה המאורע כל אחד אומר טעמו ורב אשי ורבינא סדרו שמועות האמוראים שלפניהם וקבעו על סדר המסכתות כל אחד ואחד אצל המשנה הראויה והקשו קושיות שיש להשיב ופירוקם שראויין לתרץ הם והאמוראים שעמהם וקבעו הכל בגמרא מתיבי ורמינהי ואבעי' להו והתירוצים שעליהם מה ששיירו אותם שלפניהם ואותם שאמרו לפניהם הקושיות והתירוצים לא קבעום בגמרא על סדר המסכתות והמשנה שסדר ובאו רב אשי ורבינא וקבעום עכ"ל. וכתב בשארית יוסף וקשה לי דבפרק כירה (שבת דף מ"ג) גבי פורשין מחצלת על גבי דבורים בשבת הקשה רב עוקבא לרב אשי והשיב סתמא דגמ' לא נצרכה וכו' ובסוף הסוגי' מביא תירוץ רב אשי ועל זה כתבו התוספות וז"ל מסתמא רב אשי השיב מיד לרב עוקבא כששאלו אלא שסידר הגמ' תירוץ שלו תחלה וכו' ואם רב אשי הוא המסדר והוא בסוף הביא תירוצו מה הוא זה שאמר שמסדר הגמרא תירץ שלו והלא רב אשי הוא המסדר ודוחק הוא לומר דתירוץ שלו חזר לרב עוקבא דהוא אמר ליה והוא מתרץ לה ועם כל זה שאל דעת רב אשי.

ועם מה שפירש רש"י לעיל אפשר לתרץ דקרי גמ' למה שהוקשו הראשונים ותירצו על אותה שאלה ורב אשי סדרו כמו שמצאו ואחר זה באו בזמנו רב עוקבא והקשה אותה קושי' ורב אשי השיב מיד אבל כאשר קבע הדברים קבע ראשונה מה שמצא מן הראשונים. אי נמי מה שאמר שסדר הגמ' תירוץ שלו מיירי על בני הישיבה אשר לפניו והם השיבו אותו תירוץ שמביא הגמ' סתמא ורב אשי קבעו באותו סגנון ומצינו דסתמא דגמ' מקרי בני הישיבה שהרי על הא דתנן לא ישב אדם לפני הספר סמוך למנחה הביא סתמ' דגמ' (שבת א, ב) אוקימתא אחת ואחריה דעת רב אחא בר יעקב וכתב הרא"ש שם דהלכה כלישנ' קמא דסתמא דגמר' קאמר ליה דהיינו רב אשי ובסוף לשונו הביא דעת רבינו יונה דפסק כלישנ' בתרא משום דלישנ' קמא לאו רב אשי אמרה אלא בני הישיבה שנשאו ונתנו בדבר ועמדו בקושי' והוצרכו לתרץ בדוחק שלא יצאו מבית המדרש עד שמצא רב אחא בר יעקב שינוייא דחיקא ע"כ ולפי זה נאמר דתרי סתמ' דגמר' נינהו חדא מבני הישיבה וחדא מרב אשי הוא כפי דעת הקדוש ההוא רבינו יונה עכ"ל:

La voie de l'ordonnateur est connue de tous, que Rav Ashi a ordonné la Guemara, comme l'ont apporté les Tossefot au début de Houlin et dans Chabbat premier chapitre et d'autres lieux, de mémoire bénie. Rachi au début de Ha-sokher et ha-poalim (Baba Metsia 86a) sur ce qu'ont dit Rav Ashi et Ravina : fin de l'enseignement : tous les amoraim (sages de la Guemara) jusqu'à leurs jours, il n'y avait pas de Guemara selon l'ordre, mais lorsqu'une question était posée sur la raison de la Michna dans la maison d'étude, ou une question sur un fait survenu, chacun disait sa raison ; et Rav Ashi et Ravina ont ordonné les enseignements des amoraim qui étaient avant eux et les ont établis selon l'ordre des traités, chacun à côté de la Michna qui lui convient, et ils ont objecté les difficultés qu'il y a à objecter et leur résolution qu'il convient de résoudre, eux et les amoraim qui étaient avec eux, et ils ont établi le tout dans la Guemara : on a objecté, et l'on oppose, et une question leur a été posée, et les résolutions sur elles, ce que ceux d'avant eux avaient laissé ; et ceux qui ont dit avant eux les difficultés et les résolutions ne les ont pas établies dans la Guemara selon l'ordre des traités et de la Michna qu'il a ordonnée, et Rav Ashi et Ravina sont venus et les ont établies.

Jusqu-ici ses paroles. Et il a écrit dans Sheerit Yossef : et c'est difficile pour moi, que au chapitre Kirah (Chabbat folio 43) au sujet de l'on étend une natte sur des abeilles le Chabbat, Rav Oukva a objecté à Rav Ashi, et la Guemara anonyme a répondu : ce n'était pas nécessaire, etc. ; et à la fin de la discussion il apporte la résolution de Rav Ashi, et sur ceci les Tossefot ont écrit, et voici leur langage : selon le présumable, Rav Ashi a répondu aussitôt à Rav Oukva lorsqu'il l'a interrogé, seulement que celui qui a ordonné la Guemara a mis sa résolution d'abord, etc.

Et si Rav Ashi est l'ordonnateur, et qu'il a à la fin apporté sa résolution, qu'est-ce que ceci qu'il a dit que l'ordonnateur de la Guemara a résolu la sienne, et voici que Rav Ashi est l'ordonnateur ; et c'est forcé de dire que sa résolution est revenue à Rav Oukva, qu'il lui a dit et qu'il la résout, et avec tout cela il a demandé l'avis de Rav Ashi. Et avec ce qu'a expliqué Rachi plus haut, il est possible de résoudre : qu'il appelle Guemara ce que les premiers ont objecté et résolu sur cette question, et Rav Ashi l'a ordonnée comme il l'a trouvée, et après cela est venu en son temps Rav Oukva et a objecté cette difficulté, et Rav Ashi a répondu aussitôt, mais lorsqu'il a établi les paroles, il a établi d'abord ce qu'il a trouvé des premiers.

Ou bien : ce qu'il a dit que l'ordonnateur de la Guemara [a mis] sa résolution se rapporte aux fils de la yechiva qui étaient devant lui, et eux ont répondu cette résolution que la Guemara apporte de façon anonyme, et Rav Ashi l'a établie dans ce style ; et nous trouvons que la Guemara anonyme est appelée les fils de la yechiva, car sur ce qu'il est enseigné : un homme ne s'assiéra pas devant le barbier près de minha, la Guemara anonyme (Chabbat 1b) a apporté un établissement et après lui l'avis de Rav Aha bar Yaakov ; et le Roch (Rabbenou Acher) a écrit là que la halakha est selon la première version, car la Guemara anonyme l'a dite, c'est-à-dire Rav Ashi ; et à la fin de son langage il a apporté l'avis de Rabbenou Yonah qui a décidé selon la dernière version, parce que la première version, ce n'est pas Rav Ashi qui l'a dite, mais les fils de la yechiva qui ont discuté de la chose et sont restés dans la difficulté et ont dû résoudre à l'étroit, qu'ils ne sont pas sortis de la maison d'étude jusqu'à ce que Rav Aha bar Yaakov ait trouvé une résolution forcée. Jusqu-ici.

Et selon ceci nous dirons qu'il y a deux Guemarot anonymes : l'une des fils de la yechiva et l'une de Rav Ashi, selon l'avis de ce saint, Rabbenou Yonah. Jusqu-ici ses paroles.

וכתב עוד בשארית יוסף דרך האיתנים האלה רבינא ורב אשי. לקצר.

לדלג. להפך.

להוסיף. לפרש.

לסדר. לקצר ולדלג הם דברי התוספות בשמעתת' דבהרת וכן אמרו בסוכה פ"ק ובכמה מקומות דדרך הגמ' לקצר משניות של טהרות ולא לבד בקצור לשון כי אם בקצור ענין או דין שכן מצינו בפרק לולב הגזול (סוכה מא, ב) דאמר רבא הילך אתרוג זה ע"מ שתחזירהו לי כו' וכתבו התוס' אין הגמ' מדקדק תנאי קודם למעשה והן קודם ללאו אע"ג דבהא מיירי ומקצר לשונו לפי שלא על חידוש זה בא להשמיענו וכן בקניא דרבא פ"ג דנדרים (כה, א) דמוקי בגמ' דא"ל פרעתיך.

כתב הר"ן דא"ל פרעתיך במקצת דאי הכל היכי נקט ס"ת הא לא מחייב אלא היסת דליתיה בנקיטת חפץ אלא מקצת היה והגמ' לא חש לפרש כיון דלאו בההוא דינא עסיק:

Et il a encore écrit dans Sheerit Yossef : la voie de ces puissants, Ravina et Rav Ashi : abréger, omettre, inverser, ajouter, expliquer, ordonner. Abréger et omettre, ce sont les paroles des Tossefot dans la discussion de la baheret, et ainsi ont-ils dit dans Soucca premier chapitre et en plusieurs lieux, que la voie de la Guemara est d'abréger les michnayot de Taharot, et non seulement par abrégé de langage mais par abrégé de sujet ou de loi ; ainsi que nous trouvons au chapitre Loulav ha-Gazoul (Soucca 41b) que Rava a dit : voici cet etrog à condition que tu me le rendes, etc., et les Tossefot ont écrit : la Guemara n'est pas précisé à mettre la condition avant l'acte et le oui avant le non, bien qu'elle s'occupe de ceci, et elle abrège son langage parce que ce n'est pas sur cette nouveauté qu'elle est venue nous enseigner ; et ainsi dans le roseau de Rava, 3e chapitre de Nedarim (25a), que la Guemara établit qu'il lui a dit : je t'ai payé.

Le Ran (Rabbenou Nissim) a écrit qu'il lui a dit : je t'ai payé en partie, car si c'était le tout, comment a-t-il pris un sefer Torah, voici qu'il n'est tenu que d'un serment rabbinique qui n'est pas avec prise d'objet, seulement c'était une partie, et la Guemara ne s'est pas souciée d'expliquer, puisqu'elle ne s'occupe pas de cette loi.

להפך בפרק המפלת (נדה כו, ב) מביא המשנה ומהפכה שנינו שם בתנור תחלתו כל שהוא משתגמור מלאכתו ושיריו ברובו וכמה כל שהוא אמר רבי ינאי טפח וכתבו התוספות וז"ל במשניות גרסינן תחלתו כל שהוא שיריו ברובו משתגמר מלאכתו ואיזה הוא גמר מלאכתו וכו' ודרך הגמ' שמהפך פעמים מסדר המשנה לפי הצורך משום דבפרק העור והרוטב בעי רובו טפח למאי חזי תני ליה בסושף ע"ב:

Inverser : au chapitre Ha-mapelet (Nidda 26b) il apporte la Michna et l'inverse : nous avons appris là, dans un four : son commencement de quelque peu une fois que son ouvrage est achevé, et ses restes dans sa majeure partie ; et combien est quelque peu ? Rabbi Yanai a dit : un empan ; et les Tossefot ont écrit, et voici leur langage : dans les michnayot nous lisons : son commencement de quelque peu, ses restes dans sa majeure partie une fois que son ouvrage est achevé, et quel est l'achèvement de son ouvrage, etc. ; et la voie de la Guemara est qu'elle inverse parfois l'ordre de la Michna selon le besoin, parce que au chapitre Ha-or ve-ha-rotev il demande : sa majeure partie, un empan, à quoi est-il propre, il l'enseigne à la fin.

Jusqu-ici.

להוסיף מצינו בפרק המפלת כו' (נדה כו, א), דתניא חמשה שיעורן טפח. שיליא שופר שדרה דופן סוכה והאיזוב ואמר בגמ' טפח שדרה מאי היא א"ר פנך א"ר יוחנן שדרו של לולב צריך שיצא מן ההדס טפח והקשו התוספות דתקשי מברייתא זו לרב יודא דאמר דאין צריך ומשני בתירוץ שני דברייתא לא תני שדרה והגמ' קבע בברייתא שדרה משום דקים ליה הכי:

Ajouter : nous trouvons au chapitre Ha-mapelet etc. (Nidda 26a), qu'il est enseigné : cinq, leur mesure est un empan : le placenta, le shofar, la colonne, le mur de soucca et l'hysope ; et la Guemara a dit : un empan de colonne, qu'est-ce ?

Rabbi Pinhas a dit, Rabbi Yo'hanan a dit : la colonne du loulav doit sortir du myrte d'un empan ; et les Tossefot ont objecté que cette baraita devrait être difficile pour Rav Yehuda qui a dit qu'il n'est pas nécessaire, et elle résout en seconde résolution que la baraita n'a pas enseigné colonne, et la Guemara a établi dans la baraita colonne parce que cela lui est établi ainsi.

לשנות ר"ל שינוי סברא כמו שמצינו ריש כיצד מברכין (ברכות לה, א) וז"ל תוספות אלא סברא הוא דאסור לאדם שיהנה מן העולם בלא ברכה וקרא דנסיב לעיל אסתמכא בעלמא והגמרא היה סבור דלמוד גמור הוא ע"כ. וכן מצינו שמהפך הסבר' ממסכת למסכת' כמו שמצינו בריש ב"מ דף ד' דקאמר דלרבי מאיר עדים מחייבין אותו אשם והקשו התוספות דבארבע שומרים תנן דעדים אין מחייבין אשם ומוקי לה בפ' הגוזל דלרבי מאיר היא ותירצו דסוגי' דהכא דלרבי מאיר דעדים מחייבין אשם לא יעמיד ההיא משנה כר"מ אלא כאוקימת' אחרת דאוקי התם וסוגי' דהתם דלר"מ עדים לא מחייבין אשם לא סדבר כסוגי' דהכא אלא כמסקנה דהכא וכן ריש יבמות דף ה' כתבו התוספות וז"ל סוגי' דהכא סברא דאצטריך ראשו לאשמועינן דהקפת כל הראש שמה הקפה אבל ההיא דשני נזירים סוברת דמסברא ידעינן לה ע"כ:

Changer : c'est-à-dire un changement de raisonnement, comme nous trouvons au début de Keitsad Mevarkhin (Berakhot 35a), et voici le langage des Tossefot : plutôt c'est un raisonnement, qu'il est interdit à l'homme de jouir du monde sans berakha, et le verset qu'il a pris plus haut n'est qu'un appui seulement, et la Guemara pensait que c'est un enseignement complet. Jusqu-ici.

Et ainsi nous trouvons qu'il inverse le raisonnement d'un traité à un traité, comme nous trouvons au début de Baba Metsia folio 4, qu'il dit que pour Rabbi Meir les témoins le tiennent d'un sacrifice de culpabilité ; et les Tossefot ont objecté que dans Arba Shomrim nous avons appris que les témoins ne tiennent pas d'un sacrifice de culpabilité, et elle l'établit au chapitre Ha-gozel que c'est selon Rabbi Meir ; et ils ont résolu que la discussion d'ici, que pour Rabbi Meir les témoins tiennent d'un sacrifice de culpabilité, n'établira pas cette Michna comme Rabbi Meir mais comme un autre établissement qu'elle a établi là, et la discussion de là, que pour Rabbi Meir les témoins ne tiennent pas d'un sacrifice de culpabilité, ne tient pas comme la discussion d'ici mais comme la conclusion d'ici ; et ainsi au début de Yevamot folio 5 les Tossefot ont écrit, et voici leur langage : la discussion d'ici tient qu'il a fallu sa tête pour nous enseigner que l'encerclement de toute la tête, son nom est encerclement, mais celle de Shnei Nezirim tient que par le raisonnement nous le savons. Jusqu-ici.

לפרש ר"ל שדרך רש אשי לפרש בכל ענין כל הצורך. אין להקשות והלא אמרת שדרכו לקצר ואפילו בענין או דין שהרי אמרנו הטעם למעלה למה קצר ולא פירש כההיא דקניא דרבא וההיא דאתרוג וכאשר תאמר למראית עין מצינו הגמ' מקצר עד שהוצרך פירוש ופירוש לפירושו י"ל שאם קיצר במקום אחד כבר האריך ופירש במקום אחר וכמ"ש התוס' ריש פ"ק דנדרים דרגילות הגמ' לקצר במקום אחד ולהאריך במקום אחר.

וכ"כ התוס' בפ' מי שאחזו דע"ב דכיון דדקדק במקום אחד לא חזר להאריך וכמ"ש (ירושלמי ר"ה פ"ה ה"ה) ד"ת עניות במקום א' ועשירות במקום אחר הלא תראה דברי הר"ן בנדרים בב' מקומות בפ"ק דף י"ב גבי איזהו איסור וז"ל הך סוגיא סוגיא קטיע היא דלא פירש גמרא מאי אתא לאשמועינן והכא אהתם סמיך וכן בפרק ד' נדרים (נדרים דף ל"א) וז"ל לא חש לפרש בדקייצי דמיה דאפרק הספינה סמיך וכן נמי התם לא חש לפרושי דמיירי בזבינא חריפא כי הכא משום דההיא דהתם אהכא סמיך עכ"ל:

Expliquer : c'est-à-dire que la voie de Rav Ashi est d'expliquer en tout sujet tout le besoin. Il n'y a pas à objecter : et n'as-tu pas dit que sa voie est d'abréger, et même en un sujet ou une loi, car nous avons dit plus haut la raison pourquoi il a abrégé et n'a pas expliqué, comme celle du roseau de Rava et celle de l'etrog ; et lorsque tu diras, à première vue nous trouvons la Guemara abréger jusqu'à ce qu'il ait fallu une explication et une explication de son explication, l'on peut dire que s'il a abrégé en un lieu, déjà il a allongé et expliqué en un autre lieu, comme ont écrit les Tossefot au début du premier chapitre de Nedarim, que c'est l'habitude de la Guemara d'abréger en un lieu et d'allonger en un autre.

Et ainsi ont écrit les Tossefot au chapitre Mi she-Akhazo folio 72, que puisqu'il a été précis en un lieu il n'est pas revenu allonger ; et comme il est écrit (Yerouchalmi Roch Hachana chapitre 5, halakha 5) : les paroles de Torah sont pauvreté en un lieu et richesse en un autre. Ne vois-tu pas les paroles du Ran dans Nedarim en 2 lieux, au premier chapitre folio 12 au sujet de quel est l'interdit, et voici son langage : cette discussion est une discussion tronquée, que la Guemara n'a pas expliqué ce qu'elle est venue nous enseigner, et ici elle s'appuie sur la ; et ainsi au chapitre 4 de Nedarim (Nedarim folio 31), et voici son langage : il ne s'est pas soucié d'expliquer au sujet de ceux dont le prix est fixé, car il s'appuie sur le chapitre Ha-sefina ; et de même là il ne s'est pas soucié d'expliquer qu'il s'agit d'une vente vive comme ici, parce que celle de là s'appuie sur ici.

Jusqu-ici ses paroles.

כל היכא דאמרינן רב ורבי יוחנן ורבי חנינא ורב חביבא מתנו כלומר הך שמעתא דאמרו בסמוך והשתא פסיק תלמודא למילתייהו וקאמר דכל סדר מועד כל כהאי גוונא שמחליפין ר' יוחנן ומכניסין ר' יונתן כן פירשו התוס' בפ' במה בהמה:

En tout lieu où nous disons : Rav et Rabbi Yo'hanan et Rabbi Hanina et Rav Haviva ont enseigné, c'est-à-dire cet enseignement qu'ils ont dit ci-près, et maintenant le Talmud coupe leurs paroles et dit que tout l'ordre Moed, tout de cette manière, on échange Rabbi Yo'hanan et l'on introduit Rabbi Yonatan ; ainsi ont expliqué les Tossefot au chapitre Bameh Behemah.

יתיב פלוני קמיה דפלוני ויתיב וקאמר כל היכא דאקרינן בתלמודא כה"ג לא אמרינן הכי אלא במקום שחולק עליו או שהיה הוא האומר אבל אם לא אמר איהו כלום ולא נחלק עליו בכלום לא אמרינן הכי כן כתב הרשב"א ז"ל בחידושיו במס' יבמות מצאתי סידור שמסדר התלמוד דברי אמורא אחרון קודם הראשון. בשמעת' קמייתא דפרק אין מעמידין דמסדר התם דברי רבינא ורבא לפני דברי רבי פדת ורבי פדת היה בנו של רבי אליעזר בן פדת שהיה בימי תנאים כדאיתא בפ"ק דנידה הטעם משום דכל א' מוסיף על חבירו ומאן דטפי מילתא אחבריה ראוי לקובעו באחרונה.

א"נ משום דהך דרבי פדת עיקר קבעו הספר באחרונה וכן כל כיוצא בזה:

Un tel était assis devant un tel et était assis et disait : en tout lieu où nous lisons dans le Talmud de cette manière, nous ne disons ainsi que dans un lieu où il diverge de lui ou qu'il était lui celui qui dit, mais s'il n'a rien dit lui-même et n'a divergé de lui en rien, nous ne disons pas ainsi ; ainsi a écrit le Rashba (Rabbi Chelomo ben Aderet), de mémoire bénie, dans ses commentaires du traité Yevamot. J'ai trouvé un ordre par lequel le Talmud ordonne les paroles d'un amora dernier avant le premier.

Dans le premier enseignement du chapitre Ein Ma'amidin, qu'il ordonne là les paroles de Ravina et de Rava avant les paroles de Rabbi Pedat, et Rabbi Pedat était le fils de Rabbi Eliezer ben Pedat qui était aux jours des tannaim, comme il est au premier chapitre de Nidda ; la raison est que chacun ajoute sur son compagnon, et celui qui a ajouté une parole sur son compagnon, il convient de l'établir en dernier. Ou bien : parce que celle de Rabbi Pedat est le principal, ils l'ont établie en dernier dans le sefer, et ainsi tout ce qui lui ressemble.

תניא פעמים בתלמוד כשר"ל איזה ברייתא אומר תניא בלבד. ולפעמים אומר תניא בברייתא ואין הפרש בהבנה בשתי הלשונות כי תניא בברייתא פי' לימוד שלמדו מחוץ ממדרשו של רבינו הקדוש וזה כי תיבת מתניתין פירושה משנה שלנו כי למה שלמד רבי במדרש אנו אומרים לימוד שלנו הרי א"כ שתיבת תניא פירושו לימוד שלנו שהיה בחוץ שאם פירושה לימוד שלנו כמו תיבת מתני' היה לו לומר תנינא או תנן שפירושם לימוד שלנו והשת' דקאמר תני' הפירוש הוא לימוד ואינו לימוד שלנו אבל היא לימוד חוץ ממדרשו של רבינו הקדוש והוא לימוד דר' חייא ור' אושעיא שהם כתבו הברייתות.

וכן כשאומר תניתוה הוא בריית' ולא משנה וכך פרש"י פ' ואלו מגחלין והוי כאלו אומר תשנו אותה ואין לומר תשנו אלא בברייתא שלמדו חוץ ממדרשו של רבינו הקדוש:

Tanya : parfois dans le Talmud, lorsqu'il veut dire quelque baraita, il dit tanya seulement. Et parfois il dit tanya be-baraita, et il n'y a pas de différence dans l'entendement entre les deux langages, car tanya be-baraita, le sens est un enseignement qu'ils ont appris hors de l'école de notre saint maître ; et ceci, car le mot matnitin, son sens est notre Michna, car de ce que Rabbi a appris dans l'école nous disons notre enseignement ; voici donc que le mot tanya, son sens est notre enseignement qui était au-dehors, car si son sens était notre enseignement comme le mot matnitin, il aurait dû dire tenina ou tenan dont le sens est notre enseignement ; et maintenant qu'il dit tanya, le sens est un enseignement et ce n'est pas notre enseignement, mais c'est un enseignement hors de l'école de notre saint maître, et c'est l'enseignement de Rabbi Hiyya et de Rabbi Oshaya qui ont écrit les baraitot.

Et ainsi lorsqu'il dit tenituha, c'est une baraita et non une Michna, et ainsi a expliqué Rachi au chapitre Ve-élu Megalahin, et c'est comme s'il disait : vous l'avez enseignée, et l'on ne dit vous avez enseigné que d'une baraita qu'ils ont apprise hors de l'école de notre saint maître.

תנא דרכו לסתום דבריו. דרכי התנאים לסתום דבריהם ולא לפרש ולזה אנו יכולים לדחקם ולהוציאם ממשמעותם ולומר הב"ע או ה"ק וכיוצא בזה מהדוחקים הרבה בכולא תלמודא שאומר גבי התנאים אבל דרכי האמוראים לפרש ולא לסתום ולזה אין אנו יכולין לדוחקם ולהוציאם ממשמעותן בשום פנים ולומר הב"ע או ה"ק וכיוצא בזה מהדוחקים שאומרים גבי התנאים שהאמורא היה לו לבאר ולפרש ומדלא פירש דבריו ממשמען כפשוטן.

והענין כי הראשונים היה לבן רחב ודי היה למבין במלות קצרות. אבל בכל דור ודור במיעוט ההבנה.

אזי בכל דור ודור צריך יותר לפרש ולברר דבריו:

Le tanna, sa voie est de tenir closes ses paroles. Les voies des tannaim sont de tenir closes leurs paroles et de ne pas expliquer, et c'est pourquoi nous pouvons les forcer et les extraire de leur signification et dire ici de quoi nous occupons-nous, ou ainsi il a dit, et ce qui leur ressemble des nombreux forçages dans tout le Talmud que l'on dit au sujet des tannaim ; mais les voies des amoraim sont d'expliquer et de ne pas tenir closes, et c'est pourquoi nous ne pouvons pas les forcer et les extraire de leur signification en aucune manière et dire ici de quoi nous occupons-nous ou ainsi il a dit et ce qui leur ressemble des forçages que l'on dit au sujet des tannaim, car l'amora avait à clarifier et à expliquer, et du fait qu'il n'a pas expliqué, ses paroles sont selon leur signification comme leur sens simple.

Et le sujet est que les premiers, leur cœur était large, et il suffisait à celui qui comprend par des mots courts. Mais en chaque génération et génération, par la diminution de l'entendement, alors en chaque génération et génération il faut davantage expliquer et éclaircir ses paroles.

כתב הר"ן ז"ל בפרק כל הגט. יש בתלמוד סוגיות מתחלפות בחילוף המסכתות ולא ידענו על איזה נסמוך גם בריש המביא כדי יין (ביצה ל, א) גבי הנח להם לישראל כו' מיחלפא ההוא סוגיא בסוגיא דפ' השואל (שבת קמח, א).

ובההיא פירקא גופיה גבי משקין בכלים מיחלפא בסוגיית כל הכלים וכ"כ התוספות ז"ל בפ' הוציאו לו ובפרק נגמר הדין כמה סוגיות מתחלפים בחילוף המסכתות וכתבו התוספות בפרק ארבע מיתות ובריש כריתות משני אצטריך סד"א וכו' ודרך התלמוד בכמה מקומות כן בפ"ק דחולין (כב, א) ידו הימנית מדרבא נפקרא ומשני כהונה בעיא אצבע ובסוף פרק התורה (מנחות פג, א) משני כדי נסבא ובסוף פרק דם חטאת (זבחים צח, א) משני הנך תרי שינויי והבאתי לעיל תשובת הרשב"א מה שכתב בזה. וכל זה כתב הר"ן ז"ל בפ"ק דקידושין בשם הרמב"ם ז"ל וסיים בה שמפני שלא נשנו כאחד לא נאמר בהם איכא דאמרי ודברי ר"ת ז"ל בנדה דף כ"ג ועל דרך זה ליישב לרש"י ז"ל שפירש בפרק קמא דחולין בענין אחד ופרק שני פי' בענין אחר דהוה כלישנא אחרינא:

Le Ran, de mémoire bénie, a écrit au chapitre Kol ha-Get : il y a dans le Talmud des discussions qui changent avec le changement des traités, et nous ne savons pas sur laquelle nous appuyer ; aussi au début de Ha-mevi Kadei Yayin (Beitsa 30a) au sujet de laissez Israël, etc., cette discussion-là est échangée avec la discussion du chapitre Ha-shoel (Chabbat 148a). Et dans ce chapitre lui-même au sujet des liquides dans les vases elle est échangée avec la discussion de Kol ha-Kelim ; et ainsi ont écrit les Tossefot, de mémoire bénie, au chapitre Hotziu lo et au chapitre Nigmar ha-Din, plusieurs discussions qui changent avec le changement des traités ; et les Tossefot ont écrit au chapitre Arba Mitot et au début de Keritot : elle résout, il a fallu, tu aurais dit, etc. ; et la voie du Talmud en plusieurs lieux est ainsi, au premier chapitre de Houlin (22a) : sa main droite se tire de Rava, et elle résout : le sacerdoce requiert un doigt ; et à la fin du chapitre Ha-todah (Menahot 83a) elle résout : il l'a pris sans nécessité ; et à la fin du chapitre Dam Hatat (Zevahim 98a) elle résout ces deux changements.

Et j'ai apporté plus haut la réponse du Rashba, ce qu'il a écrit là-dessus. Et tout ceci le Ran, de mémoire bénie, l'a écrit au premier chapitre de Kidouchin au nom du Rambam, de mémoire bénie, et il a conclu en cela que parce qu'elles n'ont pas été enseignées comme une, l'on n'a pas dit en elles il y a qui disent ; et les paroles de Rabbenou Tam, de mémoire bénie, dans Nidda folio 23, et de cette voie pour accorder pour Rachi, de mémoire bénie, qui a expliqué au premier chapitre de Houlin d'une manière et au second chapitre il a expliqué d'une autre manière, que c'est comme une autre version.

מצינו בפרק שני שיעירים (יומא סג, ב) שמביא מימרא דרב ואחר כך מימרא דרבן ואומר עליהם ופליגא דר' חזקיה וכתבו התוספות דלעיל ברב דימי ה"מ למימר ופליגא ונטר עד סוף לומר ופליגא אתרווייהו:

Nous trouvons au chapitre Shnei Se'irim (Yoma 63b) qu'il apporte un dit de Rav et ensuite un dit de nos rabbins et dit sur eux : et cela diverge de Rabbi Hizkiyah ; et les Tossefot ont écrit que plus haut, chez Rav Dimi, il aurait pu dire et cela diverge, et il a attendu jusqu'à la fin pour dire et cela diverge des deux.

מצינו א"ד דלא פליגי ואין המחלוקת אלא בנוסח המימרא כן הביא מגיד משנה הלכות ברכות וז"ל הני תרי לישנא חדא טעמא אית להו ואין לשם חלוקה אלא בשינוי המימרא בלבד ויש מקומות בגמרא בזה שמקפדי על נוסח המימרא היאך היתה אף על פי שאין ביניהם הפרש בענין ע"כ:

Nous trouvons il y a qui disent qu'ils ne divergent pas, et la divergence n'est que dans la version du dit ; ainsi a apporté le Magid Michne, lois des berakhot, et voici son langage : ces deux versions, elles ont une seule raison, et il n'y a là de division que dans le changement du dit seulement, et il y a des lieux dans la Guemara en ceci où l'on est strict sur la version du dit telle qu'elle était, bien qu'il n'y ait entre eux aucune différence dans le sujet. Jusqu-ici.

ז"ל מהרי"ק בכללי תלמוד שלו בפרק טרף בקלפי (יומא מ, ב, ד"ה ועשהו) כתבו התוס' ז"ל הא דאמר לעיל טעמא משום דתנא ביה קרא אין זה מדבריו אלא בעל התלמוד מפרש לדבריו הכי למאי דלא ידע אכתי ברייתא דועשהו וכה"ג יש בפ"ק דשבועות וכך כתב הרשב"א ז"ל בפ' מי שאחזו אהא דקאמר ר"ל מדמה לה לשוטה אין בדברי ר"ל שוטה אלא תלמודא הוא דקא"ל וכ"כ עוד תוספות ז"ל בנזיר שיש מקומות ששואל אמורא בעי' א' וצ"ל שאין כל אותה בעיא לשון אמורא שקצת לשון תלמוד וכ"כ עוד בפרק השוחט נראה דרבי אליעזר לא אמר לעיל אלא בחולין שנעשו על טהרת הקודש ותלמידא הוא דמסיק ודלא כר' יהושע וכ"כ עוד בפרק מרובה גבי עד זומם אם למפרע הוא נפסל וכיוצא בזה כתב הרשב"א ז"ל בפרק במה המקשה בשם הרמב"ן ז"ל וכ"כ הרשב"א ז"ל עוד בפרק הגוזל עצים גבי ולמאי דס"ד מעיקרא דלא אגרי לבטשי כתב עוד ויש כיוצא בו בפ"ק דנדרים (ז, א) דבעי רבינ' הזמינו לב"ה או לבית המרחץ כו' ובפ"ק דשבת (י, א) אמרינן דמרחץ פשיטא ליה עכ"ל:

Voici le langage du Maharik (notre maître Rabbi Yossef Kolon) dans ses règles du Talmud : au chapitre Taraf be-Kalpi (Yoma 40b, aux mots Ve-asahu) les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit : ce qu'il a dit plus haut, la raison est parce que le verset l'a enseigné, ceci n'est pas de ses paroles, mais le maître du Talmud explique ses paroles ainsi, selon qu'il ne savait pas encore la baraita de Ve-asahu ; et de cette manière il y a au premier chapitre de Shevouot ; et ainsi a écrit le Rashba, de mémoire bénie, au chapitre Mi she-Akhazo, sur ce qu'a dit Reish Lakish, il la compare à une folle : il n'y a pas dans les paroles de Reish Lakish folle, mais c'est le Talmud qui le lui a dit ; et ainsi ont encore écrit les Tossefot, de mémoire bénie, dans Nazir, qu'il y a des lieux où un amora pose une question, et il faut dire que toute cette question n'est pas le langage de l'amora, qu'une partie est langage du Talmud ; et ainsi ont-ils encore écrit au chapitre Ha-chochet : il paraît que Rabbi Eliezer n'a pas dit plus haut sinon au sujet de profane préparé dans la pureté du saint, et c'est le Talmud qui conclut, et non selon Rabbi Yehoshoua ; et ainsi ont-ils encore écrit au chapitre Meruba au sujet du témoin machinateur, s'il est disqualifié rétroactivement ; et ce qui lui ressemble, le Rashba, de mémoire bénie, l'a écrit au chapitre Ha-maksheh au nom du Ramban, de mémoire bénie ; et ainsi a encore écrit le Rashba, de mémoire bénie, au chapitre Ha-gozel Etsim au sujet de : et selon ce qui est entré dans l'esprit au début, qu'il n'a pas loué les frappeurs ; il a encore écrit : et il y a ce qui lui ressemble au premier chapitre de Nedarim (7a), que Ravina a demandé : il l'a invité à la synagogue ou à la maison de bain, etc. ; et au premier chapitre de Chabbat (10a) nous disons que le bain lui était évident. Jusqu-ici ses paroles.

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