שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebe'al Peh, Kelal Lamed (2/2)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

« Parfois nous trouvons dans le Talmud deux qui divergent sur un sujet » : l'un objecte, et son disputant répond par ve-lit'amekh, par ela mai, ou sans ces intermédiaires. Selon le Chla, ve-lit'amekh s'emploie lorsqu'on n'a de réponse qu'à l'étroit : nécessairement tu dois reconnaître cette réponse bien qu'elle soit serrée. Ela mai s'emploie lorsque, sans répondre ainsi, il paraîtrait que dans les paroles de l'objecteur il n'y a aucune difficulté, ou qu'elle n'est que pour celui qui répond ; on lui fait savoir qu'aussi pour soi il y a une difficulté. Lorsqu'on répond hors de cela, c'est que celui qui répond n'a vu aucune difficulté du tout.

Aussi : lecture de tani au tsere, « ainsi tu enseigneras », à Nedarim « ainsi il a dit » ; résolutions différentes d'un lieu à l'autre, comme ika de-amrei selon le Rachba ; elle ne résout que l'objection, parfois moins aisée pour une ligne uniforme.

אלא מאי לפעמים מצינו בתלמוד שני חולקים בנושא אחד וחדא מינייהו מקשה לבר פלוגתיה ובר פלוגתיה משיב לו באמצעית קושיית וליטעמך. ולפעמים משיב באמצעית קושיית אלא מאי.

ולפעמים משיב בלי אמצעיות הללו הענין כששמשיב באמצעית וליטעמך הוא מוכרח להשיב כך מפני שאין לו תשובה אלא בדוחק ובשביל שהמקשן יהיה לו תשובתו אף על פי שהיא תשובה דחוקה א"ל וליטעמך כלומר בהכרח צריך אתה להודות לתשובה זו אעפ"י שהיא דחוקה. וכשמשיב באמצעית אלא מאי או שמשיב זולת זה התשובה הוא מרווחת כי כשמשיב באמצעית אלא מאי הצריכות לומר כן מפני שאם שלא ישיב כן היה נראה שבדברי המקשן אין קושיא כלל ואם יש קושיא הוא למשיב בלבד ולכן המשיב הודיעו דאף נמי לדידיה איכא קושי' ולכן אמר אלא מאי וכשמשיב בזולת זה מפני שהמשיב לא ראה בדברי המקשן קושי' כלל מצאתי:

Ela mai (mais alors quoi) : parfois nous trouvons dans le Talmud deux qui divergent sur un sujet, et l'un d'eux objecte à son disputant, et son disputant lui répond au moyen de la difficulté ve-lit'amekh. Et parfois il répond au moyen de la difficulté ela mai.

Et parfois il répond sans ces intermédiaires. Le sujet est : lorsqu'il répond au moyen de ve-lit'amekh, il est forcé de répondre ainsi parce qu'il n'a de réponse qu'à l'étroit, et afin que l'objecteur ait sa réponse bien qu'elle soit une réponse serrée, il lui dit ve-lit'amekh, c'est-à-dire : nécessairement tu dois reconnaître cette réponse bien qu'elle soit serrée.

Et lorsqu'il répond au moyen de ela mai, ou lorsqu'il répond hors de cela, la réponse est aisée ; car lorsqu'il répond au moyen de ela mai, la nécessité de parler ainsi est parce que s'il ne répondait pas ainsi, il paraîtrait que dans les paroles de l'objecteur il n'y a aucune difficulté, et s'il y a une difficulté elle n'est que pour celui qui répond ; c'est pourquoi celui qui répond lui a fait savoir que aussi pour lui il y a une difficulté, et c'est pourquoi il a dit ela mai. Et lorsqu'il répond hors de cela, c'est parce que celui qui répond n'a vu dans les paroles de l'objecteur aucune difficulté du tout.

J'ai trouvé.

תני כך וכך זה מצינו הרבה פעמים בתלמוד כשמשנה ל' המשנה. והרבה משבשים בגירסתם וקוראים תיבת תני בשו"א תחת תי"ו וטועים כי תני בשו"א הוא לשון נתינה לנוכח כאומר תן לי.

אך צריך לקרות בניקוד ציר"י תחת תי"ו תני כך וכך כלומר כך תשנה. כך הוא פירושו של תני בכל מקומות שבתלמוד שמשנה לשון המשנה.

אך בנדרים פרק השותפין נמצא זרות דלשון תני הוא הכי קאמר כלומר לא ס"ד שהבנת לשון המשנה אלא הכי הוה ונסתלקה הקושיא:

Tani ainsi et ainsi : ceci nous le trouvons beaucoup de fois dans le Talmud lorsqu'il change le langage de la Michna. Et beaucoup corrompent dans leur version et lisent le mot tani avec un sheva (voyelle muette) sous le tav, et ils se trompent, car tani avec un sheva est un langage de donation à la deuxième personne, comme celui qui dit : donne-moi.

Mais il faut lire avec le point-voyelle tsere sous le tav : tani ainsi et ainsi, c'est-à-dire : ainsi tu enseigneras. Telle est l'explication de tani en tous les lieux du Talmud où il change le langage de la Michna.

Mais dans Nedarim, chapitre Ha-choutafin, l'on trouve une étrangeté : que le langage tani est ainsi il a dit, c'est-à-dire : il ne te viendrait pas à l'esprit que tu aies compris le langage de la Michna, mais ainsi cela était, et la difficulté s'est retirée.

לפעמים נמצא שבמקום אחד יתרץ כן ובמקום אחר תירוץ אחר וכתבו התוספות פרק ד' מיתות (סנהדרין דף ס"ה) (ע"ב ד"ה יצא), דדרך הגמ' הוא כן והביאו ראיה מפ"ק דחולין (כב, א) דאמר דידו הימנית מדרבה בר בר חנה נפקא ומשני כהונה בעיא אצבע ובסוף פרק התודה (מנחות פג, א) משני כדי נסבה ובסוף דם חטאת (זבחים צח, א) משני הנך תרי שנויים מ"מ מי שיוכל למצוא טעם לדבר טוב עושה. וכן מצינו בתוספות עצמם בפ"ק דחולין דף ז' אשר תירץ מקום הניחו לנו אבותינו והקשו התוספות למה לא תירץ כמו שתירוץ בפרק במה בהמה וכתבו מה שכתבו.

וטעם הדבר למה ישנה התירוצים נלמוד מתשובות הרשב"א שאלה רצ"ח כתב וז"ל בקצור על מה שמצינו שהגמרא הבבלי שינה התירוץ מה שתירץ בירושלמי אפילו בגמרתינו יראה כן שיתרץ במקום אחד ענין אחד ובמקום אחר בענין אחר והוה כאיכא דאמרי וגדולה מזו הרבה בגמרתנו סוגיות מתחלפות והוי כלישנא אחרינ' וכדברי ר"ת ז"ל וכ"ש שאירע כן הבבלי והירושלמי ע"כ:

Parfois l'on trouve qu'en un lieu il résout ainsi et en un autre lieu une autre résolution. Et les Tossefot ont écrit au chapitre Arba Mitot (Sanhédrin folio 65b, aux mots Yatsa), que telle est la voie de la Guemara, et ils ont apporté une preuve du premier chapitre de Houlin (22a) : qu'il a dit, sa main droite se tire de Rabbah bar bar Hanna, et il résout : le sacerdoce requiert un doigt ; et à la fin du chapitre Ha-todah (Menahot 83a) il résout : il l'a pris sans nécessité ; et à la fin de Dam Hatat (Zevahim 98a) il résout ces deux changements.

En tout cas, qui peut trouver une raison à la chose fait bien. Et ainsi nous trouvons dans les Tossefot eux-mêmes au premier chapitre de Houlin folio 7, où il a résolu : nos pères nous ont laissé une place ; et les Tossefot ont objecté : pourquoi n'a-t-il pas résolu comme la résolution au chapitre Bameh Behemah ; et ils ont écrit ce qu'ils ont écrit.

Et la raison de la chose, pourquoi il change les résolutions, nous l'apprendrons des responsa du Rashba (Rabbi Chelomo ben Aderet), question 298 : il a écrit, et voici son langage en abrégé, sur ce que nous trouvons que la Guemara de Bavel a changé la résolution de ce qu'elle a résolu dans le Yerouchalmi : même dans notre Guemara il apparaît ainsi, qu'il résout en un lieu un sujet et en un autre lieu d'un autre sujet, et c'est comme ika de-amrei (il y a qui disent) ; et plus grand que cela, beaucoup dans notre Guemara des discussions qui diffèrent, et c'est comme une autre version ; et selon les paroles de Rabbenou Tam, de mémoire bénie ; et à plus forte raison que cela est arrivé ainsi le Bavli et le Yerouchalmi. Jusqu-ici.

אין מדרך הגמרא לתרץ אלא קושי' שמקשים לו ואף ע"פ שיש שם קושי' אחרת אינו חושש כן נמצא בפרק כל הגט (גיטין דף כ"ט) הקשה מתרומה לגט ותירץ ואח"כ אומר ורמי תרומה אתרומה ועל זה כתבו התוספות וז"ל תימא וכי לא יודע היה המתרץ מתני' דתרומה ואתי לאקשויי תרומה אתרומה כדבסמוך וי"ל שכן דרך הגמרא שאינו חושש אלא מתרץ קושי' שמקשים לו ע"כ וכן כתבו התוס' פרק מרובה:

Ce n'est pas la voie de la Guemara de résoudre sinon la difficulté qu'on lui objecte, et même s'il y a là une autre difficulté, elle ne s'en soucie pas. Ainsi l'on trouve au chapitre Kol ha-Get (Gittin folio 29) : il a objecté de la terouma au get et il a résolu, et ensuite il dit : et l'on oppose terouma à terouma.

Et sur ceci les Tossefot ont écrit, et voici leur langage : il y a à s'étonner : le résolvant ne savait-il pas la Michna de terouma, et qu'il vienne objecter terouma à terouma comme ci-près ? Et l'on peut dire que telle est la voie de la Guemara, qu'elle ne s'en soucie pas, mais qu'elle ne résout que la difficulté qu'on lui objecte.

Jusqu-ici. Et ainsi ont écrit les Tossefot au chapitre Meruba.

פעמים שהיה יכול לתרץ תירוץ אחר יותר מרווח אלא מפני שאותו תיירוץ שעתה תירץ מוכרח במקום אחר לתרצו ורצה להוליך שטה שוה. וזה לשון התוספות ריש פרק הזורק (צז, ב) הוה מצי לשנויי בשכותב לו בלשון טוב המועיל אלא משום דבפרק הכותב אצטריך לשנויי כי הכא משני נמי הכא וכן במסכת נדה פרק י"א אמר הניח' ללוי אלא לרב קשי' וכתבו שם התוספות שהיה יכול לתרץ לרב תירוץ אחר אלא דניחא ליה לשנויי אליב' דתרווייהו מתני' בענין אחד.

וכן בגיטין גבי מאי שלו ושל חבירו איכא וכן מצינו בפרק חרש דף קי"ב דאמר רבי יוחנן בדמאי הקילו וכתבו התוספות דהוה מצי למימר דאפילו לא הקילו בדמאי כיון דאינו אלא מדרבנן שאני אלא משום דהאי שינויי' בכמה דוכתי:

Parfois il aurait pu résoudre une autre résolution plus aisée, mais parce que cette résolution qu'il a maintenant résolue est forcée en un autre lieu pour la résoudre, et il a voulu conduire une ligne uniforme. Et voici le langage des Tossefot au début du chapitre Ha-zorek (97b) : il aurait pu résoudre qu'il lui écrit dans un langage bon qui est utile, mais parce que au chapitre Ha-kotev il a fallu résoudre comme ici, il résout aussi ici.

Et ainsi dans le traité Nidda chapitre 11 il a dit : ceci est à l'aise pour Levi, mais pour Rav c'est difficile ; et les Tossefot ont écrit là qu'il aurait pu résoudre pour Rav une autre résolution, mais il lui plaît de résoudre selon les deux la Michna d'une seule manière. Et ainsi dans Gittin au sujet de : quoi, le sien et celui de son compagnon il y a.

Et ainsi nous trouvons au chapitre 'Herech folio 112, que Rabbi Yo'hanan a dit : dans le demai (produit de dîme douteuse) ils ont été indulgents ; et les Tossefot ont écrit qu'il aurait pu dire que même s'ils n'ont pas été indulgents dans le demai, puisqu'il n'est que de nos rabbins c'est différent ; mais parce que cette résolution est en plusieurs lieux.

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