שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebe'al Peh, Kelal Aleph (3/3)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Au troisième chapitre de Makkot, Rav Gidel a dit au nom de Rav qu’un non-kohen qui a mangé d’un sacrifice pour le péché et d’un sacrifice de culpabilité avant l’aspersion reçoit des coups ; on a retenu qu’il est exempt. Pourquoi a-t-il fallu corrompre la version de Rav, plutôt que de dire que Rav est un tanna (docteur de la Michna) et qu’il diverge ? Le Chla rapporte du Maharik que le Ritva résout par le Torat Kohanim, le Sifra de l’école de Rav, et que le Maharik préfère dire que Rav Gidel s’est trompé plutôt que Rav soit un tanna.

Aussi : une baraita réfute Rabbi au chapitre Ha-muflet, le Rachba tenant qu’il a reconnu ; sur une chose réelle, Rabbi n’a pas d’avantage ; objecteur et résolvant s’occupent de Torah ensemble et parfois s’inversent

בפ"ג דמכות (יח, ב) אמר רב גידל אמר רב זר שאכל מחטאת ואשם לפני זריקה לוקה מתיב רבא וכו' אלא אי אתמר הכי אתמר אמר רב גידל אמר רב זר שאכל מחטאת ואשם לפני זריקה פטור וקשה אמאי אצטריך לשבוש סיטר' דרב לימא רב תנא הוא ופליג ומהרי"ק כתב בכללי תלמוד שלו וז"ל ותירץ הריטב"א ז"ל דטעמ' משום דהא מתניחין בת"כ דהוא ספרא דכי רב ולי נראה לתרץ בע"א דשאני הכא דרב גידל אמרה משמי' דרב וטפי עדיף לומר דטעי רב גידל מלומר רב תנא הוא כו' עכ"ל:

Au 3e chapitre de Makkot (18b), Rav Gidel a dit, Rav a dit : un non-kohen qui a mangé d'un sacrifice pour le péché et d'un sacrifice de culpabilité avant l'aspersion reçoit des coups. Rava a objecté, etc.

Mais si cela a été dit, c'est ainsi que cela a été dit : Rav Gidel a dit, Rav a dit : un non-kohen qui a mangé d'un sacrifice pour le péché et d'un sacrifice de culpabilité avant l'aspersion est exempt. Et c'est difficile : pourquoi a-t-il fallu corrompre la version de Rav ?

Qu'on dise : Rav est un tanna (docteur de la Michna) et il diverge. Et le Maharik (notre maître Rabbi Yossef Kolon) a écrit dans ses règles du Talmud, et voici son langage : et le Ritva (Rabbi Yom Tov ben Avraham), de mémoire bénie, a résolu que la raison est parce que cette michna est dans le Torat Kohanim, qui est le Sifra de l'école de Rav.

Et il me paraît de résoudre autrement : car ici c'est différent, puisque Rav Gidel l'a dite au nom de Rav, et il est préférable de dire que Rav Gidel s'est trompé plutôt que de dire Rav est un tanna, etc. Jusqu-ici son langage.

עוד כתב מהרי"ק וז"ל דע שמצינו דבר מתמיה דמתיב לר' מבריית' ומסיק בתיובת' בפרק המופלת (נידה כו, ב) בעא רבי יוסי מרבי המפולת כמין עירב ושליא קשורה בו מהו א"ל דבר שאינו שאלת איתיביה המפולת בהמה חיה ועוף וכו' תיובתא וכתב הרשב"א ז"ל בזה מסתברא דר' הוא עצמו דחזר והודה דבריית' הוה תיובתיה דאי לאו הכי היכי מותבינן מבריית' לרבי אי רבי לא שנאה רבי חייא מנא ליה וכתב דההלכה באותה בריית' עכ"ל ואין דעתי נוחה בתירוץ הזה דא"כ לא הוה שתיק תלמודא לומר דברים כהווייתן ורש"י ז"ל כתב תיובתא דרבי דאמר דבר שאינו שאלת עכ"ל:

Encore le Maharik a écrit, et voici son langage : sache que nous trouvons une chose étonnante, que l'on objecte à Rabbi d'après une baraita (enseignement tannaitique hors Michna) et que l'on conclut par une réfutation, au chapitre Ha-muflet (Niddah 26b). Rabbi Yossi a demandé à Rabbi : celle qui avorte une chose comme un corbeau, et le placenta y est attaché, quelle est la loi ?

Il lui a dit : tu demandes une chose qui n'existe pas. Il lui a objecté : celle qui avorte une bête domestique, une bête sauvage et un oiseau, etc.

C'est une réfutation. Et le Rashba (Rabbi Chelomo ben Aderet), de mémoire bénie, a écrit sur ceci : il est raisonnable que Rabbi lui-même soit revenu et ait reconnu, que la baraita était sa réfutation ; car si ce n'était ainsi, comment objecte-t-on d'une baraita à Rabbi ?

Si Rabbi ne l'a pas enseignée, d'où Rabbi Hiyya l'aurait-il ? Et il a écrit que la halakha est selon cette baraita.

Jusqu-ici son langage. Et mon avis n'est pas à l'aise dans cette résolution, car s'il en est ainsi le Talmud n'aurait pas été silencieux de dire les choses comme elles sont.

Et Rachi, de mémoire bénie, a écrit : c'est une réfutation de Rabbi, qui a dit tu demandes une chose qui n'existe pas. Jusqu-ici son langage.

ונראה שנתכוין לתרץ תמיהא זו שאלו הי' דבר התלוי בדין היינו אומרים אם רבי לא שנאה ר"ח מנ"ל אבל דבר התלוי במציאות אם ישנו אם אינו אין לר' יתרון על שאר בני אדם וידע התלמוד שדברי הברייתא אמת שהוא דבר שישנו ולי נראה לתרץ בע"א דהא דמסיק תיובתא ה"פ אותה ברייתא מוקשת ולית הלכתא כותיה דכי אמר מיתיבי להקשות לברייתא הוא דאתא ועי"ל דלא לר' הוא דמתיב אלא לר' יוסי בן שאול שאמר כן משמיה דר' דמכח ברייתא זו שמעינן דלא היו דברים מעולם עכ"ל:

Et il paraît qu'il a eu l'intention de résoudre cette chose étonnante : que si c'était une chose qui dépend de la loi, nous dirions : si Rabbi ne l'a pas enseignée, d'où Rabbi Hiyya l'aurait-il ? Mais une chose qui dépend de la réalité, si elle existe ou si elle n'existe pas, Rabbi n'a pas d'avantage sur le reste des hommes, et le Talmud a su que les paroles de la baraita sont vraies, que c'est une chose qui existe.

Et il me paraît de résoudre autrement : que ceci qu'il conclut c'est une réfutation, voici son sens : cette baraita est difficile, et la halakha n'est pas comme elle ; car lorsqu'il a dit on a objecté, c'est pour objecter à la baraita qu'il est venu. Et l'on peut encore dire que ce n'est pas à Rabbi que l'on objecte, mais à Rabbi Yossi ben Shaul qui a dit ainsi au nom de Rabbi ; car de la force de cette baraita nous entendons que ces choses n'ont jamais été.

Jusqu-ici son langage.

הרבה מקומות מצינו בתלמוד במחלוקת שני אמוראים שהמקשן מקשה בתחלה על אמורא א' ממשנה או בריית' והמתרץ מתרץ לו והדר המקשן ומקשה על האמורא השני ממשנה או ברייתא אחרת. והנה יש קושיא בלא מחלוקת האמוראים איך הבין המקשן המשניות או הברייתות הסותרות זו את זו לפי הבנתו ולמה לא רמי אותם אהדדי בלא אלו האמוראים ויש לראשי ישיבות הרבה דרכים על זה לתרץ על דרך חידוד אבל שלא ליצא ממרכז האמת אני אומר שאם נוכל להמציא סברא שלישית כמו מכריע בין שני הסברות של האמוראים החולקים למשל זה האמור' אוס' לגמרי בכל הצדדי' וזה מתיר לגמרי בכל הצדדי' והמקשן היה סובר לאסור בצ"א ולהתיר בצד אחר ובז' הי' ניח' לי' המשניו' או הבריי' הסותרות אבל לאינך אמוראי תרווייהו קשה זהו הדרך ישר בגאם המצא ימצא כן ואף אם לא אין שום דוחק בעיני לומר שהם תרי גברי והתרצן נתהפך למקשן וכן אני מאמין בכל שטת התלמוד שאף שאומרים סתם מקשן סתם תרצן מ"ם הכי יש שייכות לומר המקשן לעולם היה מקשן ולא היה יודע לעולם שום תירוץ וכן התרצן לעולם הוא מתרץ ולא היה קשה לו לעולם שום קושיא אלא הענין הוא אלו שני בני עליה עסקו ביחד בפלפולם להבין ולירד לעומק העניינים ולפעמים היה זה מקשה וזה מתרץ ולפעמים איפכא כדרך שנים שעוסקים בתורה ביחד:

Nous trouvons beaucoup de lieux dans le Talmud, dans une divergence de deux amoraim (sages de la Guemara), que l'objecteur objecte d'abord contre un amora d'après une michna ou une baraita, et le résolvant lui résout, et ensuite l'objecteur objecte contre le second amora d'après une autre michna ou baraita. Et voici il y a une difficulté sans la divergence des amoraim : comment l'objecteur a-t-il compris les michna ou les baraitot qui se contredisent l'une l'autre selon son entendement, et pourquoi ne les a-t-il pas opposées l'une à l'autre sans ces amoraim ?

Et les chefs des maisons d'étude ont beaucoup de voies sur ceci pour résoudre par voie de finesse ; mais afin de ne pas sortir du centre de la vérité, je dis que si nous pouvons inventer un troisième raisonnement comme un départage entre les deux raisonnements des amoraim qui divergent, par exemple cet amora interdit entièrement de tous les côtés et celui-ci permet entièrement de tous les côtés, et l'objecteur tenait à interdire d'un côté et à permettre d'un autre côté, et par ceci les michna ou les baraitot contradictoires lui étaient à l'aise, mais pour ces amoraim-là les deux sont difficiles -- c'est la voie droite en ceci, si l'on peut trouver ainsi. Et même si non, il n'y a aucun serrement à mes yeux à dire qu'ils sont deux hommes et que le résolvant s'est inversé en objecteur.

Et ainsi je crois dans tout le système du Talmud : que même si l'on dit un objecteur anonyme, un résolvant anonyme, néanmoins il y a une pertinence à dire que l'objecteur était toujours objecteur et ne savait jamais aucune résolution, et de même le résolvant résout toujours et jamais aucune difficulté ne lui était difficile ; mais le sujet est : ces deux hommes d'élévation se sont occupés ensemble dans leur dialectique à comprendre et à descendre à la profondeur des sujets, et parfois celui-ci objectait et celui-là résolvait, et parfois l'inverse, à la manière de deux qui s'occupent de Torah ensemble.

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