Nous trouvons une difficulté de la force de la réalité, non d'une Michna ni d'une baraita (enseignement tannaitique hors Michna) : R"I (Rabbenou Its'hak) écrit que l'on objecte de l'usage quotidien, comme un chaudron sur un chaudron. Le Chla explique que l'on double « en quoi diffèrent » lorsque les deux clauses ont un poids égal. Il rapporte de Cheerit Yosef qu'une difficulté d'un texte en lui-même est plus forte que celle qui va vers un autre, et qu'il faut une raison si l'on n'a pas objecté ainsi, selon Rachi et le Rachba. Deux baraitot de force égale s'opposent par vraminhou (et l'on oppose) ; contre un amora (sage de la Guemara) l'on dit meitivei (on a objecté).
Aussi : le langage de 'Halikhot Olam (teyouvta, matkif, havaya) et les remarques du Maharik ; mai lav, mai bainaihou et bemai ka miplagui ; l'explicite et le général, objecter pour soutenir, ta chema
מצינו קושי' והיא לא ממשנה ולא מברייתא אלא מכח המציאות כההיא דבפרק במה טומנין (שבת מח, א), דפריך מ"ש מיחם ע"ג מיחם וכתב שם ר"י דלא מכח בריית' פריך אלא ממעשה בכל יום שנותנים מיחם ע"ג מיחם וכן הוא הפי' בבריית' דר' חייא מדכת' (יומא פא, ב), וכי בתשעה מתענין והלא בעשרה מתענין וק"ל:
Nous trouvons une difficulté, et elle n'est pas d'une Michna ni d'une baraita (enseignement tannaitique hors Michna) mais de la force de la réalité, comme celle du chapitre Bameh Tomnin (Chabbat 48a), où l'on objecte : en quoi un chaudron sur un chaudron est-il différent. Et R"I (Rabbenu Yitzhak) a écrit là qu'il n'objecte pas de la force d'une baraita mais de l'usage de tous les jours, que l'on met un chaudron sur un chaudron.
Et ainsi est l'explication dans la baraita de Rabbi Hiyya, d'après ce qui est dit (Yoma 81b) : est-ce au neuvième que l'on jeûne, et n'est-ce pas au dixième que l'on jeûne ? Et c'est facile.
מאי שנא רישא ומ"ש סיפא וכיוצא בזה כשמקשה מ"ש כופל הענין והלא היה די לו בפע' א' לומ' מ"ש ריש' מסיפ' או מ"ש סיפ' מרישא ונראה דזה לא שייך אלא כשמסתבר ליה הרישא יותר מסיפ' או הסיפ' יותר מרישא אבל כששני הסברות שקולות אומר מ"ש ב' פעמים כלומר אם הסבר' דדיש' עדיף מ"ש סיפא ואם הסברא דסיפא עדיף מ"ש רישא כך היה נראה בעיני אמנם בפ' מי שאחזו דעז"ה לא משמע כן דתני' ה"ז גיטך והנייר שלי אינה מגורשת ע"מ שתחזיר לי הנייר הרי זו מגורשת ופריך בגמרא מ"ש רישא ומ"ש סיפא כתבו התוס' דקשי' ליה רישא ובפ' מי שאחזו דע"ג על הא דתני' אם מתי מחזלי זה דפריך גמרא מ"ש ומ"ש פרש"י דרישא קשיא ליה:
Mai shna reisha ou mai shna seifa (en quoi la première clause, et en quoi la dernière) et ce qui lui ressemble : lorsqu'il objecte en quoi diffèrent, il double le propos, et n'aurait-il pas suffi une seule fois de dire en quoi la première clause diffère de la dernière, ou en quoi la dernière diffère de la première ? Et il paraît que ceci n'a lieu que lorsque la première clause lui est plus raisonnable que la dernière, ou la dernière plus que la première ; mais lorsque les deux raisonnements sont d'un poids égal, il dit en quoi diffèrent deux fois, c'est-à-dire : si le raisonnement de la première l'emporte, en quoi la dernière est-elle différente, et si le raisonnement de la dernière l'emporte, en quoi la première est-elle différente.
Ainsi cela paraissait à mes yeux. Cependant au chapitre Mi she-Akhazo cela n'implique pas ainsi, car il est enseigné : voici ton acte de divorce et le papier est à moi -- elle n'est pas divorcée ; à condition que tu me rendes le papier -- voici elle est divorcée.
Et la Guemara objecte : en quoi la première clause et en quoi la dernière. Les Tossefot ont écrit que c'est la première clause qui lui est difficile.
Et plus loin au chapitre Mi she-Akhazo, sur ce qui est enseigné : si je meurs de cette maladie, voici celui-ci, que la Guemara objecte en quoi diffèrent et en quoi diffèrent, Rachi a expliqué que c'est la première clause qui lui est difficile.
ז"ל שארית יוסף כל קושיא אשר מינה ובה הוא קושיא יותר חזקה מאשר ממנה לזולתה וכ"כ הרשב"א בשיטותיו והדבר מבואר מנפשו וכן יראה מהתוס' פרק המוצי' יין דף ע"ט גבי מה ששנינו קלף כדי לכתוב פרשה קטנה דפריך גמ' מן הבריי' מריש' והדר פריך מסיפ' וכתבו שם התוס' דה"מ למפרך בריית גופה רישא לסיפ' ותרצו בשם ר"י שכן מצינו בהמפקיד (ב"מ לז, א) גבי רמי גזל אגזל אבל רש"י נראה לו כל זה דוחק וכתב ז"ל והא סיפ' כו' וקשי' רישא אסיפ' ע"כ ונפק' מינה שכאשר יקשה המקשה ממשנה לזולתה או מן הבריית' והיה יכול להקשות במשנה או בבריית' מינה ובה ולא הקשה שצריך לבקש טעם לפחות לדעת רש"י והרשב"א דאלו ליפרש ר"י אין כל כך קפיד' עכ"ל:
Et voici le langage de Sheerit Yosef : toute difficulté qui vient d'elle-même et en elle-même est une difficulté plus forte que celle qui vient d'elle vers une autre. Et ainsi a écrit le Rashba (Rabbi Chelomo ben Aderet) dans ses commentaires, et la chose est claire d'elle-même.
Et ainsi l'on voit des Tossefot, chapitre Ha-Motsi Yayin folio 79, au sujet de ce que nous avons appris : du parchemin de quoi écrire une petite paracha, que la Guemara objecte de la baraita d'après la première clause et ensuite objecte d'après la dernière. Et les Tossefot ont écrit là qu'il aurait pu objecter de la baraita elle-même, la première clause contre la dernière, et ils ont résolu au nom de R"I que ainsi nous trouvons dans Ha-Mafkid (Baba Metsia 37a) au sujet de il a opposé un vol à un vol.
Mais pour Rachi tout ceci lui paraît forcé, et il a écrit, voici son langage : et voici la dernière clause, etc., et c'est difficile, la première clause contre la dernière. Jusqu-ici.
Et il en ressort que lorsque l'objecteur objecte d'une Michna vers une autre, ou d'une baraita, et qu'il aurait pu objecter dans la Michna ou dans la baraita d'elle-même et en elle-même et qu'il n'a pas objecté, il faut chercher une raison, du moins selon l'avis de Rachi et du Rashba ; car selon l'explication de R"I il n'y a pas tant de scrupule. Jusqu-ici son langage.
ורמינהי דרך התלמוד כשסותרת ברייתא לברייתא אומר ורמינהי ר"ל שמפילה זו לזו וזו לזו וזה לפי שכחן בשוה כי כשמקשינן לאמור' אין לומר ורמינהי דכחה ברייתא טפי ואומר מיתיבי דהוה פירכ' לאמור' דאיך ידמה אהדדי דודאי האמור' הוא המוקשה וכשמקשה המשנה או הבריית' מדירה לדידיה אין דרך לומר ודמינהי אלא קשיא ריש אסיפ'מ וכבר ימצ' שמקשה ריש' אסיפ' בלשון ודמינהי ביבמות פ' ב"ש (יבמות דף ק"ח) גבי הממאנה באיש וכו' וכן שאמר ממשנה לפסוק ורמינהי בפרק איזהו נשך (בבא מציעא דף ע"א) גבי גר תושב האמור לענין ריבית מאי היא דכתיב וכי ימוך אחיך וכו' ורמינהי לווין מהם כו' ולשון ורמינהי מלשון ירה בים:
Vraminhu (et l'on oppose) : la voie du Talmud, lorsqu'une baraita contredit une baraita, est de dire vraminhu, c'est-à-dire qu'il fait tomber celle-ci sur celle-là et celle-là sur celle-ci, et cela parce que leur force est égale. Car lorsque l'on objecte à un amora (sage de la Guemara), l'on ne dit pas vraminhu, car la force de la baraita est plus grande, et l'on dit meitivei (on a objecté), car c'est une objection contre l'amora : comment les comparerait-on l'un à l'autre, car certes c'est l'amora qui est l'objet de la difficulté.
Et lorsque la Michna ou la baraita objecte d'elle-même contre elle-même, la voie n'est pas de dire vraminhu, mais : c'est difficile, la première clause contre la dernière. Et déjà l'on trouve qu'il objecte la première clause contre la dernière dans le langage vraminhu, dans Yevamot chapitre Beit Shammai (Yevamot folio 108) au sujet de celle qui refuse un homme, etc.
Et de même ce qu'il a dit d'une Michna vers un verset, vraminhu, au chapitre Eizehu Neshekh (Baba Metsia folio 71) au sujet de l'étranger résident dit pour le prêt à intérêt, qu'est-ce, car il est écrit : et si ton frère s'appauvrit, etc. (Lévitique 25,35), et l'on oppose : on emprunte d'eux, etc.
Et le langage vraminhu est du langage de il a jeté dans la mer (Exode 15,4).
ומצינו שמקשה מברייתא לברייתא אחרת בלשון מיתיבי בפ' הגוזל עצים (ב"ק צד, ב) ת"ר הגזלנים ומלוה ריבית וכו' מיתיבי הניח להם אביהם כו' ת"ש הגזלנים וכו' וזה תימה דמאי אולמיה דהאי דפריך עלה בלשון מתיבי מהאי ולא הוה ליה לומר אלא ודמינהי ושמ' משום דבברייתא קמייתא קתני והמקבל מהם אין רוח החכמים נוחה הימנו מתיב עלה דמשבשת' היא וכו' דאין סברא לומר שאם באו להחזיר שלא יקבלו מהם אי נמי כמו שכתבו התוספות ז"ל דפריך מסתם ברייתות שסידר ר' חיי' תלמידו של רבי:
Et nous trouvons qu'il objecte d'une baraita à une autre baraita dans le langage meitivei, au chapitre Ha-Gozel Etsim (Baba Kama 94b) : nos maîtres ont enseigné : les voleurs et le prêteur à intérêt, etc. On a objecté : leur père leur a laissé, etc.
Viens et entends : les voleurs, etc. Et ceci est étonnant : quelle est la supériorité de celle d'où il objecte dans le langage meitivei par rapport à celle-ci, et il n'aurait dû dire que vraminhu.
Et il apparaît que c'est parce que dans la première baraita il enseigne : et celui qui reçoit d'eux, l'esprit des sages n'est pas à l'aise de lui ; il objecte contre elle qu'elle est corrompue, etc., car il n'y a pas de raisonnement à dire que s'ils sont venus pour restituer l'on ne reçoive pas d'eux. Ou bien, comme ont écrit les Tossefot, de mémoire bénie : il objecte d'après des baraitot anonymes que Rabbi Hiyya, élève de Rabbi, a ordonnées.
ז"ל הליכות עולם כל מיתיבי ורמינהי ומתקיף והוי לשון קושי' הם אלא שהם מתחלפים בענין שלשלון תיובת' שייך כשהמקשה משיב על האמור' מכח משנה או בריית' כי האמור' אין לו כח לחלוק על התנא ומצינו לשון תיובת' על התנ' מן הפסוק בע"ז פ' אין מעמידין (כד, ב) במחלוקת ר' אליעזר ורבנן מתיבי ויאמר משה גם אתה תתן בידינו וכו' וכן במקומות אחרים ולשון אתקפת' שייך כשמקשה ומשיב להאמור' מכח פלפול וסברא בעלמא ולא מכח משנה ובריית' וכן הוא ענין פריך ומגדף הנמצא בהרבה מקומות כגון פריך רב אחאי בפ' החולץ ומגדף ר' אבהו פ' אין מעמידין ומפני שגוי וזרות הלשון שלא נמצ' כן בחבור האמוראים רבינ' ורב אשי יש מי שאומר דהנך רבנן רב אחזאי ור' אבהו לאו אמוראי ננהו אלא מדרבנן סבוראי הם שהוסיפו קצת תוספות בתלמוד כגון בריש קדושין שכל הגמר' עד כסף מנלן מדברים שהוסיפו הוא מצינו מתקיף שאינו מקשה לשום אדם אלא לעצמו שהו' המח בעצמו על דבר משנה ויודע שהוא אמת אלא שמתמיה לדעת טעמ' כגון בריש המפקיד (ב"מ לג, ב) מתקיף ליה רמי בר חמא הוא אין מקנה דשב"ל וכו' ופרש"י ז"ל מתקיף לה רמי אמתני' קא מתמה כו' ומיהו הברייתות רוצה ליישב השטח כאשר מתקיף דעלמ' ואומר דדמי מקשה על לשון התלמוד דעביר התם צריכות' אי תנא בהמה ה"א בהמה הוא דמקני ליה כפיל' אבל כלים דלא נפיש מדחייהו אימ' לא מקני ליה כפיל' וכו' כלו' הבעלים לא מקנו ליה לשומר כפל וכו' א"כ תלי טעמ' בקנין וע"ז מתקיף והא אין אדם מקנה דשב"ל ואמהני' גופה לא קשה דה"א טעמ' דמתני' דקתני נמצ' הנגב משלם למי שהפקדון אצלו דלא תלי בקנין אלא בתקנת חכמים הוא כמו ההיא דלעיל השוכר את הפועל ילקט בנו אחריו כו' ע"ש ולשון הויה היא סוגיית התלמוד ומש' ומהן בדברי המשנה כדאמרינן בעלמא הויה דאביי ורב' הוו בהן ר' אבהו הוי בה ר' יוחנן והוינן בה והרבה ביוצ' בהן עד כאן לשונו:
Et voici le langage de Halikhot Olam : tout meitivei, vraminhu, matkif (il s'élève contre) et havi sont un langage de difficulté, seulement ils changent selon le sujet. Le domaine de teyuvta (réfutation) a lieu lorsque l'objecteur répond à l'amora de la force d'une Michna ou d'une baraita, car l'amora n'a pas force de diverger du tanna (docteur de la Michna).
Et nous trouvons le langage teyuvta contre le tanna d'après le verset, dans Avoda Zara chapitre Ein Ma'amidin (24b), dans la divergence de Rabbi Eliezer et des Sages : on a objecté : et Moché dit, tu donneras aussi en nos mains, etc. (Exode 10,25).
Et ainsi en d'autres lieux. Et le langage atkafta a lieu lorsqu'il objecte et répond à l'amora de la force d'une dialectique et d'un raisonnement seulement, et non de la force d'une Michna et d'une baraita.
Et ainsi est le sujet de il objecte et il raille, que l'on trouve en beaucoup de lieux, par exemple Rav Ahai objecte au chapitre Ha-Holets, et Rabbi Abbahu raille au chapitre Ein Ma'amidin. Et parce que c'est une bizarrerie et une étrangeté du langage, qui ne se trouve pas ainsi dans la composition des amoraim Ravina et Rav Ashi, il y a qui dit que ces maîtres, Rav Ahai et Rabbi Abbahu, ne sont pas des amoraim mais des savora'im, qui ont ajouté quelques ajouts dans le Talmud, comme au début de Kidouchin, que toute la Guemara jusqu'à l'argent, d'où le savons-nous, est de choses qu'ils ont ajoutées.
Nous trouvons un matkif qui n'objecte à personne mais à lui-même : c'est lui qui s'étonne lui-même sur une parole de Michna et sait qu'elle est vraie, seulement il s'étonne pour connaître sa raison. Par exemple au début de Ha-Mafkid (Baba Metsia 33b) : Rami bar Hama s'est élevé contre lui : celui-ci ne transfère pas une chose qui n'est pas encore venue au monde, etc.
Et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : Rami s'élève contre elle, c'est sur la Michna qu'il s'étonne, etc. Cependant les baraitot, il veut établir le sens simple, lorsqu'il s'élève comme à l'ordinaire, et il dit que cela ressemble à celui qui objecte contre le langage du Talmud, qui a fait la une nécessité : si l'on avait enseigné une bête, j'aurais dit : c'est la bête qu'il lui transfère, le double ; mais les ustensiles, dont la perte n'est pas fréquente, je dirais qu'il ne lui transfère pas le double, etc.
C'est-à-dire : les propriétaires ne lui transfèrent pas au gardien le double, etc. S'il en est ainsi, la raison dépend de l'acquisition, et sur ceci il s'élève : or un homme ne transfère pas une chose qui n'est pas encore venue au monde.
Et contre la Michna elle-même ce n'est pas difficile, car j'aurais dit : la raison de la Michna qui enseigne si le voleur est trouvé, il paie à celui chez qui est le dépôt, ne dépend pas de l'acquisition, mais c'est un décret de nos Sages, comme celle plus haut : celui qui embauche l'ouvrier, son fils glane après lui, etc. Vois là.
Et le langage havaya est la discussion du Talmud, et certaines d'entre elles dans les paroles de la Michna, comme nous disons en général : la havaya d'Abaye et de Rava ; ils étaient impliqués en elles ; Rabbi Abbahu était implique en elle ; Rabbi Yo'hanan ; et nous étions impliqués en elle ; et beaucoup de semblables. Jusqu-ici son langage.
וז"ל מהרי"ק מ"ש יש מי שאומר דהנך רב אחאי ור' אבהו לאו אמוראי גנהו התוספות ז"ל בריש כתובות חולקים ע"ז ומצינו לשון אחר והוא ההי בה ר' יוחנן פרק מרובה (בבא קמא דף ע"ו) ופרק הדר ופרש"י תהי לשון מדיח כמו בת תיהא כלומר מחשב ומעיין לדעת טעמו של דבר וכן ברשב"ם ז"ל בפרק חזקת הבתים ומ"ש ומצינו מתקיף כו' ומיהו הכריתות כו' ואני אומר שנמצא מקום שאין לו בית מנוס בפרק מציאת האשה (כתובות דף ס"ה) דתנן התם בושתה ופגמה שלה ור"י בן בתיר' אומר שיש לבעל חלק בהן מתקיף רבא בר חנין אלא מעתה וכו' ופרש"י ז"ל מתקיף אדרבי יודא בן בתירא בפ"ק דקדושין דף ה' מתקיף דרב פפא אבריית' נראה מכאן דלשון אתקפת' אינו לשון קושי' על מה שאמר קודם דהא הכא ודאי דברי משנה ובריית' הם אמת אלא שקשי' אצלו ואינו יודע ליישבם וכן נראה ממה שכתבו התוספות ז"ל פ' אלמנה ניזונית דף צ"ו דיבור אלמנה שתפסה מטלטלים וכו' דההוא מתקיף דאמר התם אינו אלא אתקפת' בעלמ' וליה לא ס"ל עד כאן לשונו:
Et voici le langage du Maharik (notre maître Rabbi Yossef Kolon) : ce qu'il a écrit, il y a qui dit que ces Rav Ahai et Rabbi Abbahu ne sont pas des amoraim, les Tossefot, de mémoire bénie, au début de Ketoubot divergent sur ceci. Et nous trouvons un autre langage, et c'est tehi bah Rabbi Yo'hanan, chapitre Meruba (Baba Kama folio 76) et chapitre Ha-Dar, et Rachi a expliqué : tehi est le langage de celui qui examine, comme bat tiha, c'est-à-dire il pense et approfondit pour connaître la raison de la chose.
Et ainsi dans le Rashbam (Rabbi Shmuel ben Meir), de mémoire bénie, au chapitre Hezkat ha-Batim. Et ce qu'il a écrit : et nous trouvons matkif, etc., et cependant les baraitot, etc. -- et moi je dis que l'on trouve un lieu qui n'a pas de refuge, au chapitre Metsiat ha-Isha (Ketoubot folio 65), où il est enseigné là : sa honte et son dommage sont à elle, et Rabbi Yehuda ben Beteira dit que le mari a une part en eux ; Rava bar Hanin s'est élevé : mais désormais, etc.
Et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : il s'élève contre Rabbi Yehuda ben Beteira. Au premier chapitre de Kidouchin folio 5, Rav Papa s'est élevé contre une baraita.
Il paraît de ici que le langage atkafta n'est pas un langage de difficulté contre ce que l'on a dit auparavant, car ici certes les paroles de la Michna et de la baraita sont vraies, seulement c'est difficile chez lui et il ne sait pas les établir. Et ainsi paraît de ce qu'ont écrit les Tossefot, de mémoire bénie, chapitre Almanah Nizonet folio 96, aux mots une veuve qui a saisi des meubles, etc. : que ce matkif que l'on a dit là n'est qu'une atkafta seulement, et il ne tient pas ainsi.
Jusqu-ici son langage.
מאי לאו תיבת מאי פירושו מהו בדרך המורגל בבעיות דבעי הכא מאי דפירושו מהו כלומר אם דינא כך או כך וכן במאי עסקינן ע"כ בכל מקום דאיתא בגמרא מאי לאו צריך ליתן הפסק בין תיבת מאי לתיבת לאו כלומר מהו ענייניו של זה לאו לשון בתמיה וכי אינו כך וכך:
Mai lav : le mot mai, son sens est qu'est-ce, selon la voie habituelle dans les questions, que l'on demande ici mai, dont le sens est qu'est-ce, c'est-à-dire si la loi est ainsi ou ainsi. Et de même de quoi nous occupons-nous.
Jusqu-ici. En tout lieu où se trouve dans la Guemara mai lav, il faut mettre une coupure entre le mot mai et le mot lav, c'est-à-dire : qu'est-ce que le sujet de ceci ?
Lav est un langage d'étonnement : n'est-ce pas ainsi et ainsi ?
מאי בינייהו היא שאלה על מחלוקת אמוראים בטעם הדין ושואל מהו הדין שיש ביניהם עד שבאו למחלותק בטעם דדינא והיא שאלת מה נפשך אם אין להם מחלוקת בדין למה באו למחלוקת בטעם שיהיה טעם זה או טעם זה ואם יש להם מחלוקת בדין מהו הדין שיש ביניהם עד שבאו למחלוקת בטעם:
Mai bainaihu (quelle différence y a-t-il entre eux) est une question sur une divergence d'amoraim dans la raison de la loi, et il demande quelle est la loi qu'il y a entre eux jusqu'à ce qu'ils en soient venus à diverger dans la raison de la loi. Et c'est une question de quoi que tu prennes : s'ils n'ont pas de divergence dans la loi, pourquoi en sont-ils venus à diverger dans la raison, que ce soit cette raison-ci ou cette raison-là ; et s'ils ont une divergence dans la loi, quelle est la loi qu'il y a entre eux jusqu'à ce qu'ils en soient venus à diverger dans la raison.
ושאלת במאי קא מפלני הוי על שיש להם מחלוקת בדין וזהו כמו שאלת מה נפשך אם אין להם מחלוקת בסברא למה באו למחלוקת בדין ואם יש להם מחלוקת בסברא באיזה סברא קא מפלגי עד שבאו למחלוקת בדין ולפעמים נמצא מאי בינייהו דהוה כמו במאי קא מפלגי ואינו דוחק כי לשון מאי בינייהו אפשר לחזור אם לשרש אם לענף אם לשורש דמאי בינייהו הוה כמו במאי קא מפלגי כלומר מאי היא הסברא דפליגי עלה דמ"ם כך ומ"ם כך עד שבאו למחלוקת בהאי דינא ואם לענף ר"ל מהו הדין שיש ביניהם כמ"ש בריש גיטין (ב, א) מ"ט א"ר לפי שאין בקיאין לשמה ורבא אמר לפי שאין עדים מצויין לקיימו ואמרינן מאי בינייהו איכא בינייהו כו'. וכן הרבה והתלמוד מלא בזה ואע"ג דלשון מאי בינייהו ולשון במאי קמפלגי לא מסיימי הכוונה בחדא מינייהו עד אפשר שלפרש דבין דפליגי בדינא בין דפליגי בטעמא יכול לומר מאי בינייהו או במאי קמפלני אפ"ה שאלת מאי בינייהו מדוייק כדמפלגי בטעמא לפי שהכוונה לומר אין ביניהם שום דין ולמה פליגי בטעמא ואם נמצא מאי בינייהו על פלוגתא דדין הוא זרות כפי טבע הלשון כך מצאתי.
אמנם יש הרבה מאי בינייהו שפירושם במאי קמיפלגי בפרק איזהו נשך דף מ"ג גבי מה לי הן מ"ל דמיהן דפליגי רבי יהודה ורבנן בנושה בחבירו מנה ועשה שדהו מכר וכו' מ"ב אמר רבא צד א' ברבית א"ב ובמאי פליגי וכן בפרק הזהב (ב"מ מט, א) אלא דרבי יוחנן מאי איכא בין ר"ש לרבנן פירש"י במאי קמפלני ומה טעם נותנים לדבריהם ובפ"ק דסנהדרין (יב, א) ופלוגתא דהני תנאי אין מביאין ירק מח"ל וכו' מ"ב ופרש"י במאי קא מפלגי ובסוף פרק הישן (כג, א) כתבו התוספות ז"ל בפיל קשור כ"ע וכו' לשון התלמוד משונה כאן משאר מקומות דר' זירא ואביי מפרשי טעמא דר' עקיבא והל"ל מ"ב והוא מפרש והולך בלשון פליגי כתב עוד בפרק בנות כותים (נדה דף ל"ב) ובפרק המפולת דף כ"ב ובפרק המוציא ובפרק חזקת הבתים (בבא בתרא דף מ') מאי בינייהו איכא בינייהו סתמא וכתבו התוספות ז"ל ק' לר"י מאי בעי הא בהדיא חולקים בסתמא וכתב הרשב"א ז"ל איכא למימר מ"ב לאו דוקא אלא בעי לפרושי דפליגי בסתמא כדמשמשע ובעי למפלג עלה בסמוך:
Et la question bemai ka miplagi (en quoi divergent-ils) porte sur le cas où ils ont une divergence dans la loi, et c'est comme une question de quoi que tu prennes : s'ils n'ont pas de divergence dans le raisonnement, pourquoi en sont-ils venus à diverger dans la loi ; et s'ils ont une divergence dans le raisonnement, dans quel raisonnement divergent-ils jusqu'à ce qu'ils en soient venus à diverger dans la loi. Et parfois l'on trouve mai bainaihu qui est comme bemai ka miplagi, et ce n'est pas forcé, car le langage mai bainaihu peut revenir soit à la racine soit à la branche : si à la racine, mai bainaihu est comme bemai ka miplagi, c'est-à-dire quel est le raisonnement sur lequel ils divergent, l'un dit ainsi et l'un dit ainsi, jusqu'à ce qu'ils en soient venus à diverger dans cette loi ; et si à la branche, c'est-à-dire quelle est la loi qu'il y a entre eux, comme l'on a dit au début de Gittin (2a) : quelle est la raison ?
Rabbi a dit : parce qu'ils ne sont pas experts pour son nom ; et Rava a dit : parce que des témoins ne se trouvent pas pour le confirmer. Et nous disons : quelle différence y a-t-il entre eux ?
Il y a entre eux, etc. Et ainsi beaucoup, et le Talmud en est plein.
Et bien que le langage mai bainaihu et le langage bemai ka miplagi n'explicitent pas l'intention en l'un d'eux, jusqu'à ce qu'il soit possible d'expliquer que, qu'ils divergent dans la loi ou qu'ils divergent dans la raison, il peut dire mai bainaihu ou bemai ka miplagi, néanmoins la question mai bainaihu est précise lorsqu'ils divergent dans la raison, parce que l'intention est de dire : il n'y a entre eux aucune loi, et pourquoi divergent-ils dans la raison ; et si l'on trouve mai bainaihu sur une divergence de loi, c'est une étrangeté selon la nature du langage. Ainsi j'ai trouvé.
Cependant il y a beaucoup de mai bainaihu dont le sens est bemai ka miplagi, au chapitre Eizehu Neshekh folio 43, au sujet de que m'est-il ceux-ci, que m'est-il leur valeur, que Rabbi Yehuda et les Sages divergent : un créancier de son compagnon d'une mine, et il a fait de son champ une vente, etc. Quelle différence y a-t-il entre eux ?
Rava a dit : un côté d'intérêt. Si tu veux, dis : et en quoi divergent-ils.
Et ainsi au chapitre Ha-Zahav (Baba Metsia 49a) : mais Rabbi Yo'hanan, quelle différence y a-t-il entre Rabbi Shimon et les Sages ? Rachi a expliqué : en quoi divergent-ils, et quelle raison donnent-ils à leurs paroles.
Et au premier chapitre de Sanhédrin (12a) : et la divergence de ces tannaim : on n'apporte pas de légumes de hors du pays, etc. Quelle différence y a-t-il entre eux, et Rachi a expliqué : en quoi divergent-ils.
Et à la fin du chapitre Ha-Yashen (23a) les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit, au sujet de un éléphant attaché, tout le monde, etc. : le langage du Talmud est différent ici des autres lieux, car Rabbi Zeira et Abaye expliquent la raison de Rabbi Akiva, et il aurait dû dire quelle différence y a-t-il entre eux, et il explique et va dans le langage ils divergent. Il a encore écrit au chapitre Benot Kutim (Nidda folio 32) et au chapitre Ha-Mapolet folio 22 et au chapitre Ha-Motsi et au chapitre Hezkat ha-Batim (Baba Batra folio 40) : quelle différence y a-t-il entre eux ?
Il y a entre eux : un enseignement anonyme. Et les Tossefot, de mémoire bénie, ont écrit : c'est difficile pour R"I : que demande-t-il, voici ils divergent explicitement dans l'anonyme.
Et le Rashba, de mémoire bénie, a écrit : l'on peut dire que quelle différence y a-t-il entre eux n'est pas précis, seulement il a voulu expliquer qu'ils divergent dans l'anonyme, comme il ressort, et il a voulu diverger là-dessus tout près.
הא דפלוגי לאו כפירוש איתמר אלא מכללא איתמר לפעמים התלמוד מקשה ואי מכללא מאי כו' ולפעמים לא מקשה הענין הוא דלא שייך להקשות ואי מכללא מאי אלא היכא דשואל הא דפלוני בפירוש איתמר או מכללא ומייתי כללא ומסיק בפירוש אתמר אז שייך למפרך ואי מכללא מאי משום דכיון דטרח ומהדר לאסוקי דבפירוש אתמר ולא מכלל' נראה שיש גריעות בכלל כי ההיא דבפרק הבא על יבמתו (יבמות ס, ב) א"ר יעקב בר אידי אמר ריב"ל הלכה כרשב"י א"ל ר' זידא לר' יעקב בר אידי בפי' שמיע לך או מכללא שמיע לך מאי כלל' דאמר ריב"ל עד א"ל בפירוש שמיע לי ומקשה ואי מכללא מאי ומתרץ דא"ל שאני התם כו' וכן כל כה"ג אבל בכל מקום שאומר לפי האמת האט דפלוגי לאו בפירוש אתמר אלא מכלל' אתמר כגון ההיא דשבועות פ"ג אמר רב פפא הא דר' אבהו לאו בפירוש אתמר אלא מכלל' אתמר כו' ודכוותיה טובא בכל כה"ג לא שייך להקשות ואי מכלל' מאי משום דקושטא קאמר מאי כללא צריך לקרות בנקודה ציר"י כלומר מאי זה כלל נשמע זה:
Ceci qu'un tel a dit n'a pas été dit de façon explicite mais a été dit d'après un général : parfois le Talmud objecte, et si c'est d'après un général, qu'est-ce, et parfois il n'objecte pas. Le sujet est : il n'a lieu d'objecter et si c'est d'après un général, qu'est-ce, que lorsque l'on demande : ceci qu'un tel a dit, à-t-il été dit de façon explicite ou d'après un général, et l'on apporte le général et l'on conclut : c'est de façon explicite que cela a été dit -- alors il a lieu d'objecter et si c'est d'après un général, qu'est-ce, parce que puisqu'il s'est donné de la peine et a cherché à conclure que c'est de façon explicite que cela a été dit et non d'après un général, il paraît qu'il y a un déficit dans le général.
Comme celle du chapitre Ha-Ba al Yevimto (Yevamot 60b) : Rabbi Yaakov bar Idi a dit, Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : la halakha est comme Rabbi Shimon bar Yohai. Rabbi Zeira a dit à Rabbi Yaakov bar Idi : l'as-tu entendu de façon explicite, ou l'as-tu entendu d'après un général ?
Quel général ? Que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit, etc.
Il lui a dit : je l'ai entendu de façon explicite. Et l'on objecte : et si c'est d'après un général, qu'est-ce ?
Et l'on résout qu'il lui a dit : là c'est différent, etc. Et ainsi tout de cette sorte.
Mais en tout lieu où l'on dit selon la vérité : ceci qu'un tel a dit n'a pas été dit de façon explicite mais a été dit d'après un général, comme celle de Shevouot 3e chapitre : Rav Papa a dit : ceci de Rabbi Abbahu n'a pas été dit de façon explicite mais a été dit d'après un général, etc., et beaucoup de semblables -- en toute chose de cette sorte il n'a lieu d'objecter et si c'est d'après un général, qu'est-ce, parce qu'il dit la vérité. Mai kelala (quel général) : il faut lire avec le point-voyelle tsere, c'est-à-dire : de quel général ceci s'entend-il ?
מתיב פלוני לסיוע לפלוני לפעמים לא קאמר אלא מתיב גרידא ולפעמים אומר מתיב פלוני לסיוע לפלוני כי הא דבתרא פ' חזקת הבתים (לט, א) מתיב רבא לסיוע לרבה וכו' פי' רשב"ם ז"ל דבל' הזה אמרה בבהמ"ד וכן תניא כוותיה דרבא ותיובתא לאביי:
Meitiv peloni lesiyua le-peloni (un tel objecte pour soutenir un tel) : parfois il ne dit que il objecte seulement, et parfois il dit un tel objecte pour soutenir un tel, comme celle de Batra chapitre Hezkat ha-Batim (39a) : Rava a objecté pour soutenir Rabba, etc. Le Rashbam, de mémoire bénie, a expliqué : c'est dans ce langage qu'il l'a dite dans la maison d'étude.
Et ainsi : il est enseigné comme Rava, et c'est une réfutation d'Abaye.
תא שמע מדרך התלמוד כשבא להקשות לאמורא מברייתא או ממשנה תחלה אומר מיתיבי וכשבא האמורא לתרץ הבריית' או המשנה ובא עליו המקשן להקשות ממשנה או בריית' אחרת אומר ת"ש כלומר אם הקושיא שהקשיתי לך תרצת אותה תבוא ותשמע הקושי' שיש לך ממקום אחר ואל תדמה בנפשך שאין לך להקשות נגדך אבל כשבא התלמוד להקשות בתחלה לאמורא אינו אומר ת"ש אלא מיתיבי ולפעמים תמצא שבתחלה אומר ת"ש מפני שבתחלה הקשה קושיות אחרות מבריית' לאמורא אחר בלשון ת"ש והשתא שמביא אמורא אחר ומקשה עליו מאותר בריית' אומר ג"כ ת"ש לפעמים מסייע לאמורא ומתחיל ג"כ ת"ש והלשון סובל שניהם כי ל' ת"ש פירושו בא ותשמע מה שאומר לך הן לאקשויי הן לפשוט בעיא:
Ta chema (viens et entends) : d'après la voie du Talmud, lorsqu'il vient objecter à un amora d'une baraita ou d'une Michna, d'abord il dit meitivei ; et lorsque l'amora vient résoudre la baraita ou la Michna, et que l'objecteur vient contre lui objecter d'une autre Michna ou baraita, il dit ta chema, c'est-à-dire : si la difficulté que je t'ai objectée, tu l'as résolue, viens et entends la difficulté que tu as d'un autre lieu, et ne t'imagine pas en toi-même que l'on n'a plus à objecter contre toi. Mais lorsque le Talmud vient objecter d'abord à un amora, il ne dit pas ta chema mais meitivei.
Et parfois tu trouveras qu'au début il dit ta chema, parce qu'au début il a objecté d'autres difficultés d'une baraita à un autre amora dans le langage ta chema, et maintenant qu'il apporte un autre amora et objecte contre lui de cette même baraita, il dit aussi ta chema. Parfois il soutient un amora et commence aussi par ta chema, et le langage supporte les deux, car le langage ta chema, son sens est : viens et entends ce que je te dis, soit pour objecter, soit pour résoudre une question.