Les mitsvot de cette paracha sont sur six piliers d'argent : Torah, avoda, guemilout 'hassadim, jugement, vérité et paix. Le Chla demande pourquoi l'Écrit dit « tu te donneras » des juges, et « tu placeras sur toi » un roi. Le Sanhédrin juge selon la Torah ; le roi perce une clôture pour une horaat chaah (décision de l'heure). Israël a fauté aux jours de Chemouel en demandant un roi pour juger, rôle des juges. « Justice, justice tu poursuivras » vise ces deux justices. Sans roi, le beit din tient les deux, comme Moché, roi et tête du Sanhédrin.
Aussi : vérité contre sorcelleries et faux prophète, paix même en guerre et pour l'arbre utile ; Léviim sans part au pays afin d'enseigner ; écouter le juge de ses jours, fût-il à l'inverse d'un Gaon
מצות הנזכרות בפרשה זו הם על ששה עמודי כסף, דהיינו ששה עמודים דתנן (אבות א-ב, יז) שעליהם העולם עומד, דהיינו תורה עבודה וגמילות חסדים, ודין אמת שלום:
Les mitsvot mentionnées dans cette paracha sont sur six piliers d'argent, c'est-à-dire les six piliers qu'il est enseigné (Avot 1-2, 17) sur lesquels le monde se tient, c'est-à-dire Torah, avoda et guemilout hassadim, et jugement, vérité, paix :
עמוד הדין היא פרשה ראשונה, מינוי שופטים וסנהדרין, ולשמוע על פי התורה שיורו, ודין זקן ממרא, ושימת מלך כדי שיכוף את העם להדריכם בדרך התורה, וכל דיני המלך, ומלך פורץ גדר, אבל לאחריני איסור השגת גבול. ובכלל עמוד הדין לא יקום עד אחד, ודין עדים זוממים:
Le pilier du jugement, c'est la première section : nomination des juges et du Sanhédrin, et écouter selon la Torah qu'ils enseigneront, et la loi du zaken mamre (ancien rebelle), et la nomination d'un roi afin qu'il contraigne le peuple à les conduire dans le chemin de la Torah, et toutes les lois du roi, et un roi perce une clôture, mais pour les autres l'interdit d'empiéter sur la borne. Et dans l'ensemble du pilier du jugement : un seul témoin ne se lèvera pas, et la loi des témoins conjurés :
עמוד האמת, נאסרו הכישופים והנחושים כו', שהם מסטרא דשקר, כי הבל המה מעשה תעתועים. ומהשפעתם מתעורר ענין נביא שקר, שלא לשמוע לו ושלא לגור ממנו, רק נביא אמת אקים לך וגו' אליו תשמעון:
Le pilier de la vérité : les sorcelleries et les augures etc. ont été interdits, car ils sont du côté du mensonge, car ils sont vanité, œuvre de tromperies. Et de leur influence s'éveille le sujet du faux prophète, de ne pas l'écouter et de ne pas le craindre, seulement un prophète de vérité Je te susciterai etc., vers lui vous écouterez :
עמוד השלום, אפילו במלחמה נצטוינו בשלום, כמו שנאמר במלחמת הרשות (דברים כ, י) וקראת אליה לשלום, אני שלום וכי אדבר המה למלחמה. ובמלחמת מצוה לא תחיה כל נשמה, כי אלו אנשים רעים וחטאים במאוד, וכליון שלהם גורם שינוח העולם בשלום.
ונצטווינו גם על שלום הצומח אם יש בו תועלת, כמו שנאמר (שם יט) לא תשחית את עצה, אפילו בשעת מלחמה. וענין כהן משוח המשמיע לרבים ככתוב, ומעורר אהבת המקום יתברך, אז שלום לנו והמלחמה על צרינו, על כן לא נערוץ מפני האויב:
Le pilier de la paix : même dans la guerre nous avons été commandés concernant la paix, comme il est dit dans la guerre facultative (Deutéronome 20,10) : tu crieras vers elle pour la paix ; moi je suis paix, et quand je parle, eux sont pour la guerre. Et dans la guerre de mitsva tu ne laisseras vivre aucune âme, car ceux-ci sont des hommes très méchants et pécheurs, et leur anéantissement fait que le monde repose dans la paix.
Et nous avons été commandés aussi concernant la paix du végétal s'il y a en lui une utilité, comme il est dit (ibid. 19) : tu ne détruiras pas son arbre, même à l'heure de la guerre.
Et le sujet du kohen oint qui proclame à la multitude comme il est écrit, et éveille l'amour du Lieu, qu'Il soit béni, alors la paix est à nous et la guerre sur nos adversaires, c'est pourquoi nous ne tremblerons pas devant l'ennemi :
עמוד התורה, כל ענין שבט לוי לא יהיה להם חלק בארץ, כי נבחרו לעמוד התורה, כמו שנאמר (דברים לג, י) יורו משפטיך ליעקב ותורתך לישראל. ואם היה להם חלק בארץ, זה רץ לכרמו וזה רץ לזיתו כו', אם כן תורה מה תהא עליה.
וכן כתיב (דה"ב לא, ד) לתת מנת ה' למחזיקים בתורה, ועל כן נצטווינו ליתן להם כדי שיהיו פנוים לעסוק בתורה בלי טרדה. ונתרבו הכהנים במתנות קדשים ונתחלקו למשמרות, מכל מקום ברגל חולקין בשוה.
גם להם ניתן מתנות זרוע ולחיים וקיבה, וראשית הגז:
Le pilier de la Torah : tout le sujet de la tribu de Levi, ils n'auront pas de part dans le pays, car ils ont été choisis pour le pilier de la Torah, comme il est dit (Deutéronome 33,10) : ils enseigneront Tes jugements à Yaakov et Ta Torah à Israël. Et s'ils avaient une part dans le pays, celui-ci court à sa vigne et celui-là court à son olivier etc., ainsi la Torah, que deviendrait-elle.
Et ainsi il est écrit (Chroniques II 31,4) : pour donner la portion de ה' à ceux qui tiennent à la Torah, et c'est pourquoi nous avons été commandés de leur donner afin qu'ils soient libres de s'occuper de la Torah sans tracas. Et les kohanim se sont multipliés dans les dons des choses saintes et ont été divisés en services, néanmoins à la fête ils partagent à égalité.
Aussi leur ont été donnés les dons de l'épaule et des mâchoires et de la panse, et le premier de la toison :
עמוד העבודה, לא תטע אשירה אצל מזבח, ולא להקים מצבה, ולא תזבח אשר יהיה בו מום:
Le pilier de l'avoda : tu ne planteras pas d'ashéra (arbre sacré) auprès de l'autel, et de ne pas ériger de stèle, et tu ne sacrifieras pas ce en quoi il y a un défaut :
עמוד גמילות חסדים, החסד שעושים עם המתים הוא חסד של אמת, ובזה הענין שש ערי מקלט, ועגלה ערופה כאשר יתבאר. ועתה אבאר עניינם אחת אחת:
Le pilier de la guemilout hassadim : la bonté que l'on fait avec les morts est une bonté de vérité, et dans ce sujet les six villes de refuge, et l'egla aroufa (génisse à la nuque brisée) comme il sera expliqué. Et maintenant j'expliquerai leurs sujets un à un :
עמוד הדין
Le pilier du jugement
שופטים ושופטים תתן לך וגומר. מתחילה אפרש על דרך פשוטו, ואח"כ יתבאר הסוד.
שופטים ושוטרים תתן לך. קשה שופטים ושוטרים תשים עליך הוי ליה למימר, כמו (דברים יז, ו) שום תשים עליך מלך.
ואין לומר עליך לא שייך רק דוקא במלך, דהא דרשו רז"ל (יבמות מה, ב) כל משימות שאתה משים עליך יהיו מקרב עמיך:
Juges et officiers tu te donneras etc. D'abord j'expliquerai selon la voie de son sens simple, et ensuite le secret sera expliqué.
Juges et officiers tu te donneras. Difficulté : juges et officiers tu placeras sur toi, il aurait dû dire, comme (Deutéronome 17,6) : placer tu placeras sur toi un roi.
Et l'on ne peut dire que 'sur toi' n'appartient qu'uniquement au roi, car voici que Razal ont expliqué (Yevamot 45b) : toutes les nominations que tu places sur toi seront du sein de ton peuple :
ויש ליישב על פי שנקדים לבאר פרשת מלך אשר נתחבטו בה הראשונים והאחרונים דמה חטאו ישראל במה שבקשו מלך, הלא הוא מצות עשה שום תשים עליך מלך. ובמסכת סנהדרין פרק כהן גדול (כ, ב) איתא שם, רבי יוסי אומר, כל האמור בפרשת מלך, מלך מותר בו.
רבי יודא אומר, לא נאמרה פרשה זו אלא כדי לאיים עליהם, שנאמר שום תשים עליך מלך, שתהא אימתו עליך. וכן היה רבי יודא אומר, שלשה מצות נצטוו ישראל בכניסתן לארץ, להעמיד להם מלך, ולהכרית זרעו של עמלק, ולבנות בית הבחירה.
רבי נהוראי אומר, לא נאמרה פרשה זו אלא כנגד תרעומתן, שנאמר (דברים יז, יד) ואמרת ואשימה עלי מלך וגומר. רבי אליעזר אומר, זקנים שבדור כהוגן שאלו, שנאמר (ש"א ח, ו) תנה לנו מלך לשפטנו.
אבל עמי הארץ שבהן קלקלו, שנאמר (שם כ) והיינו גם אנחנו ככל הגוים ושפטנו מלכנו ויצא לפנינו. והרב אברבנאל בפירוש על התורה הביא כל הדעות.
ועל רבי אליעזר הקשה האברבנאל, דגם בתורה כתיב (דברים יז, יד) בכל הגוים אשר סביבותיהם, ועיין שם באברבנאל מה שכתב הוא בעצמו בזה הענין עיין שם באורך. ולמי שעיני שכל לו יראה שיש לפרש דברי רבי נהוראי כדעת האברבנאל:
Et l'on peut résoudre d'après que nous ferons précéder d'expliquer la section du roi, sur laquelle se sont débattus les premiers et les derniers : en quoi Israël ont-ils fauté en ce qu'ils ont demandé un roi, n'est-ce pas une mitsva positive : placer tu placeras sur toi un roi. Et dans le traité Sanhédrin, chapitre Kohen gadol (20b), il est là : Rabbi Yose dit, tout ce qui est dit dans la section du roi, le roi y est permis.
Rabbi Youda dit, cette section n'a été dite que pour les intimider, il est dit : placer tu placeras sur toi un roi, que sa terreur soit sur toi. Et ainsi Rabbi Youda disait : trois mitsvot Israël ont été commandés à leur entrée dans le pays, de leur établir un roi, et de retrancher la semence d'Amalek, et de bâtir le Temple.
Rabbi Nehorai dit, cette section n'a été dite que contre leur plainte, il est dit (Deutéronome 17,14) : et tu diras, je mettrai sur moi un roi etc. Rabbi Eliezer dit, les anciens de la génération ont demandé de façon convenable, il est dit (Samuel I 8,6) : donne-nous un roi pour nous juger.
Mais les amei haarets (ignorants) parmi eux ont gâté, il est dit (ibid. 20) : et nous aussi nous serons comme toutes les nations, et notre roi nous jugera et sortira devant nous.
Et le Rav Abarbanel dans le commentaire sur la Torah a apporté tous les avis. Et sur Rabbi Eliezer Abarbanel a objecté, que aussi dans la Torah il est écrit (Deutéronome 17,14) : comme toutes les nations qui sont autour d'eux, et vois là dans Abarbanel ce qu'il a écrit lui-même sur ce sujet, vois là en longueur.
Et pour qui a des yeux d'intelligence il apparaîtra qu'il y a à expliquer les paroles de Rabbi Nehorai selon l'avis d'Abarbanel :
ובספרי ר' נהוראי אומר לא בקשו מלך אלא להעבידם עבודה זרה, שנאמר (ש"א ח, כ) והיינו אנחנו ככל הגוים. ועל הספרי הקשה האברבנאל, כשאמר הקב"ה לשמואל ועתה שמע בקולם, למה לא הזהירם הקב"ה רק שלא יעבדו עבודה זרה כו'.
ונראה לפרש כי נרמז תוכחת במה שאמר (ש"א ח, ז) לא אותך מאסו כי אם אותי וגו'. והרמב"ן כתב בפסוק (בראשית מט, י) לא יסור שבט מיהודה כו', שחטאם היה שעשו כן לשמואל.
וקשה א"כ לא סגי בלא חטא, דכל שופט הוא כשמואל, דיפתח בדורו כשמואל בדורו (ר"ה כה, ב). והמחוור שבכולן הוא דעת הר"ן בדרשותיו, ונראה שזה יהיה דעת רבי אליעזר, והוא שהם שני ענייני הנהגות.
א' הוא משפט על פי התורה, ועל זה נתמנו הסנהדרין. וא' הוא נגד דין התורה, וזה נקרא הוראת שעה כי השעה צריכה לכך, ולא חרבה ירושלים אלא שהעמידו דבריהם על דין תורה (ב"מ ל, ב).
ועל זה בא דרך רמז (דברים כא, ט) ואתה תבער דם הנקי, כי לפעמים מבערין דם נקי מכין ועונשים שלא כדין מפני צורך שעה. ועל זה היה תכלית שימת המלך, כי מלך פורץ גדר (פסחים קי, א).
ועל זה אמר הכתוב (תהלים קכב, ה) כי שמה ישבו כסאות למשפט כסאות לבית דוד, כסאות למשפט הם הסנהדרין, כסאות לבית דוד הוא כסא מלכות בית דוד:
Et dans le Sifri, Rabbi Nehorai dit : ils n'ont demandé un roi que pour les faire servir l'idolâtrie, il est dit (Samuel I 8,20) : et nous serons nous comme toutes les nations. Et sur le Sifri Abarbanel a objecté : lorsque le Saint, béni soit-Il, a dit à Shmuel : et maintenant écoute leur voix, pourquoi le Saint, béni soit-Il, ne les a-t-Il avertis que de ne pas servir l'idolâtrie etc.
Et il paraît d'expliquer que le reproche est allude dans ce qu'Il a dit (Samuel I 8,7) : ce n'est pas toi qu'ils ont rejeté mais Moi etc. Et le Ramban a écrit au verset (Genèse 49,10) : le sceptre ne s'écartera pas de Yéhoudah etc., que leur faute fut qu'ils ont fait ainsi à Shmuel.
Et c'est difficile : ainsi il n'y a pas moyen sans faute, car tout juge est comme Shmuel, car Yiftah en sa génération est comme Shmuel en sa génération (Roch Hachana 25b). Et le plus clair de tous est l'avis du Ran (Rabbenou Nissim) dans ses Derachot, et il paraît que ce sera l'avis de Rabbi Eliezer, et c'est qu'ils sont deux sujets de conduites.
L'un est le jugement selon la Torah, et pour cela le Sanhédrin a été nommé. Et l'un est contre la loi de la Torah, et cela s'appelle horaat shaah (décision de l'heure), car l'heure en a besoin, et Jérusalem n'a été détruite que parce qu'ils ont tenu leurs paroles sur la loi de Torah (Bava Metsia 30b).
Et sur cela vient par voie d'allusion (Deutéronome 21,9) : et toi tu ôteras le sang innocent, car parfois on ôte un sang innocent, on frappe et on punit hors la loi à cause du besoin de l'heure. Et sur cela était le but de la nomination du roi, car un roi perce une clôture (Pessahim 110a).
Et sur cela a dit l'Écrit (Psaumes 122,5) : car là se sont assis des trônes pour le jugement, des trônes pour la maison de David ; les trônes pour le jugement, ce sont le Sanhédrin ; les trônes pour la maison de David, c'est le trône de royauté de la maison de David :
הכלל העולה, סנהדרין שפטו משפט צדק על פי התורה, וכשהיה צורך הוראת שעה אז היה מלך דן ופורץ גדר נגד משפט התורה. וזהו רמז (דברים טז, כ) צדק צדק תרדוף.
צדק אחד נגד הסנהדרין שהוא משפט צדק. וצדק השני להוראת שעה, ועליו אמר (שם טז, כ) למען תחיה וירשת את הארץ, כי לא חרבה ירושלים אלא שהעמידו דבריהם על דין תורה:
La règle qui en ressort : le Sanhédrin jugeait un jugement de justice selon la Torah, et lorsqu'il y avait besoin d'horaat shaah alors le roi jugeait et perçait une clôture contre le jugement de la Torah. Et c'est l'allusion (Deutéronome 16,20) : justice, justice tu poursuivras.
Une justice en regard du Sanhédrin, qui est un jugement de justice. Et la seconde justice pour l'horaat shaah, et sur elle Il a dit (ibid.
16,20) : afin que tu vives et que tu hérites le pays, car Jérusalem n'a été détruite que parce qu'ils ont tenu leurs paroles sur la loi de Torah :
וישראל בימי שמואל חטאו שאמרו (ש"א ח, ו) תן לנו מלך לשפטנו, בקשו מלך להיות שופט, וזהו נגד רצון הש"י. כי להיות שופט לשפוט משפט התורה לזה שופטים ושוטרים תתן, דהיינו סנהדרין.
ושימת המלך יהיה נגד משפט התורה לעשות הוראת שעה. ולזה שייך לשון שימה עליך, כי הוא מושל עליך ופורץ המשפט הנתון בתורה:
Et Israël aux jours de Shmuel ont fauté en ce qu'ils ont dit (Samuel I 8,6) : donne-nous un roi pour nous juger ; ils ont demandé un roi pour être juge, et cela est contre la volonté du Nom, qu'Il soit béni. Car pour être juge afin de juger le jugement de la Torah, pour cela : juges et officiers tu donneras, c'est-à-dire le Sanhédrin.
Et la nomination du roi sera contre le jugement de la Torah pour faire une horaat shaah. Et à cela appartient le langage de placement sur toi, car il gouverne sur toi et perce le jugement donné dans la Torah :
וקודם מלוך מלך לישראל, אז היו הבית דין דנין שני עניינים אלו, דהיינו משפט התורה, וג"כ הוראת שעה. ועל כן נקרא משה רבינו ע"ה מלך, כמו שנאמר (דברים לג, ה) ויהי בישורון מלך, שהיה ראש סנהדרין וגם מלך.
וכן לאחר חורבן כשאין מלך בישראל אזי תניא רבי אליעזר אומר שמעתי שבית דין מכין ועונשין אפילו שלא מהדין כו' (סנהדרין מו, א):
Et avant qu'un roi règne pour Israël, alors le beit din jugeait ces deux sujets, c'est-à-dire le jugement de la Torah, et aussi l'horaat shaah. Et c'est pourquoi Moché notre maître, paix sur lui, est appelé roi, comme il est dit (Deutéronome 33,5) : et il fut en Yeshouroun un roi, car il était tête du Sanhédrin et aussi roi.
Et de même après la destruction, lorsqu'il n'y a pas de roi en Israël, alors il est enseigné : Rabbi Eliezer dit, j'ai entendu que le beit din frappe et punit même hors de la loi etc. (Sanhédrin 46a) :
ועל פי זה יתבאר מאמר הכתוב (דברים יז, יא) לא תסור [מן הדבר אשר יגידו לך] ימין ושמאל, אפילו אומר לך על ימין שהוא שמאל, ועל שמאל שהוא ימין כו' (ספרי דברים יז, יא). וזהו דוקא כל זמן שלא נתמנה מלך בישראל, [אבל אח"כ] אזי כל אחד בדידיה, הסנהדרין במשפט צדק, והמלך בהוראת שעה.
וכשבקשו מלך לענין משפט אזי חטאו, וזה יהיה דעת רבי אליעזר. ומחלק הפסוק (ש"א ח, ה) שימה לנו מלך לשפטנו ככל הגוים, לשני מאמרים שהיו אומרים ב' כתות, דהיינו זקנים, ועמי הארצות.
דקשה ליה שימה עלינו הוה ליה למימר, ומה זה לנו. אלא הזקנים אמרו יהיה מצורף לנו, דהיינו אנחנו (שוטרים) [שופטים] ומינוי זה לא יגרע, רק יהיה לו ג"כ מינוי בצרכי צבור.
ועמי הארץ אמרו גם לשפטנו, כמו שמבואר בסוף באריכת דברים מלך יהיה עלינו, והיינו גם אנחנו וגומר:
Et d'après cela s'expliquera le dire de l'Écrit (Deutéronome 17,11) : tu ne t'écarteras pas [de la chose qu'ils te diront] à droite et à gauche, même s'il te dit sur la droite que c'est gauche, et sur la gauche que c'est droite etc. (Sifri Deutéronome 17,11).
Et cela est uniquement tout le temps qu'un roi n'a pas été nommé en Israël, [mais ensuite] alors chacun dans le sien : le Sanhédrin dans le jugement de justice, et le roi dans l'horaat shaah. Et lorsqu'ils ont demandé un roi pour le sujet du jugement alors ils ont fauté, et ce sera l'avis de Rabbi Eliezer.
Et il divise le verset (Samuel I 8,5) : place-nous un roi pour nous juger comme toutes les nations, en deux dires que disaient deux groupes, c'est-à-dire les anciens, et les amei haarets. Car c'est difficile pour lui : place sur nous, il aurait dû dire, et qu'est-ce que cela 'pour nous'.
Seulement les anciens ont dit : il sera joint à nous, c'est-à-dire nous sommes (officiers) [juges] et cette nomination ne diminuera pas, seulement il aura aussi une nomination dans les besoins du public. Et les amei haarets ont dit aussi pour nous juger, comme il est expliqué à la fin en allongeant les paroles : un roi sera sur nous, et nous aussi etc. :
נחזור לענין, דאז מתורץ מה שכתוב (דברים טז, יח) ושפטו משפט צדק, הסנהדרין, ולא הצדק שכנגד המשפט. אי נמי, הכפל של משפט צדק רומז למה שאמרו דין אמת לאמתו.
וכתבו התוספות בפ"ק דשבת (י, ב), לאפוקי דין מרומה. והתוספות בפ"ק דבבא בתרא (ח, ב ד"ה דין אמת) פירשו בעצמם דבריהם, והוא כמבואר בטור חושן משפט סימן ט"ז מה נקרא דין מרומה, עיין שם, וצריך להיות אמת לאמתו, וזה"ש משפט צדק:
Nous reviendrons au sujet : alors est résolu ce qui est écrit (Deutéronome 16,18) : et ils jugeront un jugement de justice, le Sanhédrin, et non la justice qui est contre le jugement. Ou encore, le redoublement de jugement de justice fait allusion à ce qu'ils ont dit : un jugement de vérité selon sa vérité.
Et les Tossefot ont écrit au premier chapitre de Chabbat (10b), pour exclure un jugement trompeur. Et les Tossefot au premier chapitre de Bava Batra (8b, au mot : jugement de vérité) ont expliqué eux-mêmes leurs paroles, et c'est comme il est expliqué dans le Tour Hochen Michpat siman 16 ce qu'on appelle un jugement trompeur, vois là, et il faut que ce soit vérité selon sa vérité, et c'est : jugement de justice :
צדק צדק תרדוף (דברים טז, כ). קשה הכפל וכבר פירש מורה על הוראת שעה ובסנהדרין (לב, ב) אמרו הלך אחר בית דין יפה.
ד"א אחד לדין ואחד לפשרה. ובספרי מנין ליוצא מבית דין זכאי כו'.
עוד יש לפרש צדק צדק תרדוף, על דרך (אבות א, א) הוו מתונים, שאף אם כבר בא דין זה לפניך הוי מתון בו עתה. ועל זה בא הרמז (שמות יח, טז) כי יהיה להם דבר בא אלי ושפטתי בין איש לרעהו, פירוש כשיהי' עתה לשני בעלי דינים עתה דבר ביחד מה שהיה ממש אותו דבר כבר, מכל מקום איני סומך על מה שפסקתי כבר, רק אני שופט בין איש לרעהו עתה, כי אולי הכל לפי מה שהוא האדם:
Justice, justice tu poursuivras (Deutéronome 16,20). Difficulté : le redoublement, et déjà il a expliqué que cela pointe vers l'horaat shaah, et dans Sanhédrin (32b) ils ont dit : va après un beit din excellent.
Autre interprétation : l'un pour le jugement et l'un pour le compromis. Et dans le Sifri : d'où pour celui qui sort du beit din acquitté etc.
Encore y a-t-il à expliquer : justice, justice tu poursuivras, selon la voie de (Avot 1,1) : soyez délibéré, que même si déjà cette affaire est venue devant toi, sois délibéré en elle maintenant. Et sur cela vient l'allusion (Exode 18,16) : car il y aura pour eux une affaire, elle vient à moi et j'ai jugé entre un homme et son prochain, explication : lorsque maintenant il y aura pour deux plaideurs maintenant une affaire ensemble, ce qui était exactement cette même affaire déjà, néanmoins je ne m'appuie pas sur ce que j'ai déjà décidé, seulement je juge entre un homme et son prochain maintenant, car peut-être tout est selon ce qu'est l'homme :
לא תטה משפט (דברים טז, יט). יש לפרשו על דרך מה שפירשתי (לעיל ד"ה ועל פי זה) מה שאמרו (בספרי) בפסוק (שם יז, יא) ימין ושמאל, אפילו אם אומר לך על ימין שהוא שמאל כו'.
וקשה איך שייך שיאמרו על ימין שהוא שמאל כו', ולעיל פירש על הוראת שעה, אבל אין זה לפי פשוטו:
Tu ne feras pas pencher le jugement (Deutéronome 16,19). On peut l'expliquer selon la voie de ce que j'ai expliqué (plus haut, au mot : et d'après cela) ce qu'ils ont dit (dans le Sifri) au verset (ibid.
17,11) : droite et gauche, même s'il te dit sur la droite que c'est gauche etc. Et c'est difficile : comment appartient-il qu'ils disent sur la droite que c'est gauche etc., et plus haut il a expliqué sur l'horaat shaah, mais ce n'est pas selon son sens simple :
עוד הקשיתי על מה שאמרו (ר"ה כח, ב) אל השופט אשר יהיה בימים ההם, וכי סלקא דעתך שילך אל השופט אשר אינו בימיו. אלא לומר לך, אפילו אינו כשאר שופטים שהיו לפניו, אתה צריך לשמוע לו, אין לך אלא שופט שבימיך.
ותמיהא לי מלתא, לא לימא מידי, וממילא ידעינן דאין יוכל לילך לשאינו בימיו. ואין לומר דהכתוב בא לאשמועינן שלא נאמר שלא נשמע לשופט זה מאחר שאין דומה לשופטים שהיו לפניו, בודאי אי אפשר לומר כן, דא"כ תכף ומיד לא ילכו לפני יהושע מאחר שאינו דומה למשה והתורה נתנה לדורות.
בשלמא אל הכהן אשר יהיה בימים ההם אין לך כהן אלא שבימיך המוזכר בריש פרשת כי תבא לא קשה, דיש לפרש דאשמועינן שלא ילך למשמר אחר, אלא דוקא לכהן שבאותו המשמר. אבל בכאן קשה:
J'ai encore objecté sur ce qu'ils ont dit (Roch Hachana 28b) : vers le juge qui sera en ces jours-là, et entrerait-il dans l'esprit qu'il aille vers le juge qui n'est pas en ses jours. Seulement pour te dire : même s'il n'est pas comme les autres juges qui étaient avant lui, tu dois l'écouter, tu n'as que le juge qui est en tes jours.
Et la chose m'étonne : qu'il ne dise rien, et de soi-même nous saurions qu'on ne peut aller vers celui qui n'est pas en ses jours. Et l'on ne peut dire que l'Écrit vient nous enseigner que l'on ne dise pas que nous n'écouterons pas ce juge puisqu'il ne ressemble pas aux juges qui étaient avant lui, certainement il est impossible de dire ainsi, car alors aussitôt ils n'iraient pas devant Yehoshoua puisqu'il ne ressemble pas à Moché, et la Torah a été donnée pour les générations.
Cela va pour : vers le kohen qui sera en ces jours-là, tu n'as de kohen que celui de tes jours, mentionné au début de la paracha Ki Tavo, ce n'est pas difficile, car on peut expliquer que cela nous enseigne qu'il n'aille pas à un autre service, seulement au kohen de ce service-là. Mais ici c'est difficile :
אלא הענין על דרך שכתב בטור חושן משפט סימן כ"ח וזה לשונו, כתב הראב"ד, שאין אדם עתה בזמנינו רשאי לחלוק על דברי גאון כדי שישתנה הדין מדברי גאון אלא בקושיא מפורסמת, וזו דבר שאינו נמצא. לפיכך החולק על דברי גאון, הוי כטועה בדבר משנה.
וכן אם טעה בפסקי הגאונים שלא שמע דבריהם, ואלו שמע היה חוזר בו, זהו טעה בדבר משנה. ואדוני אבי הרא"ש ז"ל כתב, ודאי כל מי שטועה בדברי הגאונים שלא שמע דבריהם, וכשאמרו לו פסק הגאונים ישר בעיניו, טועה בדבר משנה הוא.
ולא מבעיא בפסקי הגאונים, אלא אפילו חכמי כל דור ודור שאחר הגאונים לא קטלי קניא באגמא הוו, ואם פסק הדיין שלא כדבריהם, וכששמע דבריהם ישרו בעיניו והודה שטעה, טעה בדבר משנה הוא וחוזר. אבל אם לא ישרו בעיניו, ומביא ראיה לדבריו המקובל לאנשי דורו, יפתח בדורו כשמואל בדורו, ואין לך אלא כל שופט ושופט אשר יהיה בימים ההם ויכול לסתור דבריהם, כי כל הדברים שאינם מבוארים בתלמוד שסדרו רבינא ורב אשי יכול לסתור ולבנות, אפילו לחלוק על דברי הגאונים, עד כאן לשונו.
הרי מבואר בדברי הרא"ש שרשאי לחלוק על הגאונים שקדמו לפניו בראיות ברורות, ואנחנו צריכין לשמוע לו. וזהו אל השופט אשר יהיה בימים ההם, ולא אחר השופט הקדום לו שפסק בענין אחר.
וזהו על ימין שהוא שמאל, כלומר שזה מחייב והקדום לו היה מזכה, או להיפך על שמאל שהוא ימין שהקדום היה מחייב וזה שמאל והוא מזכה, על זה רומז ג"כ כאן לא תטה משפט הישר בעיניך, אף שגאון גדול לא כתב כן לא תכיר פנים:
Seulement le sujet est selon la voie de ce qu'a écrit le Tour Hochen Michpat siman 28, et voici son langage : le Raavad (Rabbi Avraham ben David) a écrit qu'un homme maintenant en notre temps n'est pas permis de diverger des paroles d'un Gaon afin que la loi change des paroles d'un Gaon, sauf par une objection fameuse, et cela est une chose qui ne se trouve pas. C'est pourquoi celui qui diverge des paroles d'un Gaon est comme celui qui se trompe en une chose de Michna.
Et de même s'il s'est trompé dans les décisions des Géonim qu'il n'a pas entendu leurs paroles, et s'il avait entendu il serait revenu, c'est celui qui s'est trompé en une chose de Michna. Et mon maître mon père le Roch (Rabbenou Acher), de mémoire bénie, a écrit : certainement quiconque se trompe dans les paroles des Géonim qu'il n'a pas entendu leurs paroles, et lorsqu'on lui a dit la décision des Géonim elle était droite à ses yeux, il est celui qui se trompe en une chose de Michna.
Et non seulement dans les décisions des Géonim, mais même les sages de chaque génération et génération après les Géonim n'étaient pas des coupeurs de roseaux dans le marécage, et si le juge a décidé non selon leurs paroles, et lorsqu'il a entendu leurs paroles elles ont été droites à ses yeux et il a avoué qu'il s'était trompé, il est celui qui s'est trompé en une chose de Michna et il revient. Mais si elles n'ont pas été droites à ses yeux, et qu'il apporte une preuve à ses paroles acceptée aux hommes de sa génération, Yiftah en sa génération est comme Shmuel en sa génération, et tu n'as que chaque juge et juge qui sera en ces jours-là et il peut renverser leurs paroles, car toutes les choses qui ne sont pas expliquées dans le Talmud qu'ont arrangé Ravina et Rav Ashi, il peut renverser et bâtir, même diverger des paroles des Géonim, jusqu-ici ses paroles.
Voici qu'il est clair dans les paroles du Roch qu'il est permis de diverger des Géonim qui l'ont précédé avec des preuves claires, et nous devons l'écouter. Et c'est : vers le juge qui sera en ces jours-là, et non d'après le juge qui l'a précédé, qui a décidé dans un autre sujet.
Et c'est : sur la droite que c'est gauche, c'est-à-dire que celui-ci condamne et celui qui l'a précédé acquittait, ou à l'inverse sur la gauche que c'est droite, que le précédent condamnait et celui-ci est gauche et il acquitte ; sur cela fait aussi allusion ici : tu ne feras pas pencher le jugement droit à tes yeux, même si un grand Gaon n'a pas écrit ainsi, tu ne reconnaîtras pas les visages :