Ce passage poursuit : le nazir (voué à l'abstinence) pur n'apporte les deux tourterelles pour le péché contre l'âme que s'il a répété le péché. Selon le Chla, même d'après Rachi, tout dépend de la souffrance imposée : devenu impur, les premiers jours tombent, la souffrance du vin s'ajoute, il regrette et apporte des offrandes profanes dans la cour du Temple. Même le nazir par nécessité pèche par ce surplus et par le regret du cœur. L'homme souillé pèche contre sa nechama (âme) s'il ne se voue pas au nazireat ; s'il est pur et capable sans négliger l'étude, Rabbi Elazar l'appelle kadoch (saint) et Rech Lakich hassid (pieux) ; sinon le corps est l'outil des mitsvot.
Aussi : la purification d'Israël à Mara à l'image de la sotah ; le nazireat loin du vin après une sotah, et la bénédiction des Cohanim ; les Lévites nommés avant d'être choisis, pour se préparer
ולפי מה שכתבתי נוכל לומר דעל כן לא כתב בנזיר טהור, משום דמיירי בענין שאינו חוטא, דהיינו שקיבל עליו נזירות כפי המצטרך לנקות אותו ולזככו, או מפני איזה תקון פרצה. משא"כ בנזיר חוטא שהימים הראשונים יפלו, דעל כל פנים חוטא על הנפש מה שנוהג יותר ממה שהיה אומדן שלו.
דיש לומר דמקשה שפיר לענין דינא למה לא אשתמט בשום דוכתא דאף נזיר טהור, כשהוא חוטא על הנפש ומצער עצמו, יביא זה הקרבן הבא מחמת חטא על הנפש, דהיינו שתי תורים או שני בני יונה, נוסף על הקרבנות שמביא הנזיר ביום מלאות נזרו, שהם גזירת הכתוב מטעם אחר. ואנחנו לא מצינו בנזיר טהור אף כשהיה חוטא על מה שציער, למר כדאית ליה ולמר כדאית ליה, לא מצינו שמחויב להביא אלו שני תורים או בני יונה, וקשה מאי טעמא.
על כן הוצרך לתרץ דלא חייבו התורה להביא ב' תורים או בני יונה מחמת שחטא על הנפש אלא א"כ שנה בחטא, ופירשו התוספות, הואיל ושנה בחטא שלא נזהר מטומאה והאריך צער על צערו מהיין, עכ"ל. הם הולכים לשיטתן כמובן בדבריהם דלעיל שכל מצער עצמו נקרא חוטא.
אבל לשון רש"י הוא בענין אחר וזה לשונו, הואיל ושנה בחטא, שכבר הזיר עצמו מהיין, ועכשיו שינה בחטא שהיה לו לזהר מן הטומאה ונטמא, עד כאן לשונו:
Et selon ce que j'ai écrit, nous pouvons dire que c'est pourquoi il n'a pas écrit le cas du nazir (personne vouée à l'abstinence) pur: il traite du cas où celui-ci n'est pas pécheur, c'est-à-dire qu'il a pris sur lui le nazireat selon ce qui était nécessaire pour le nettoyer et le purifier, ou afin de réparer quelque brèche. Ce n'est pas le cas du nazir pécheur, dont les premiers jours tombent, car, à tout le moins, il pèche contre son âme en adoptant une pratique qui dépasse l'évaluation de ce qu'il pouvait supporter.
Car l'objection est bonne du point de vue de la loi: pourquoi ne trouve-t-on nulle part que même un nazir pur, lorsqu'il pèche contre son âme et s'inflige une souffrance, apporte cette offrande qui vient pour le péché contre l'âme, à savoir deux tourterelles ou deux jeunes colombes, en plus des sacrifices que le nazir apporte au jour où son nazireat arrive à terme, lesquels relèvent d'un décret de l'Écriture pour une autre raison? Or, chez le nazir pur, même lorsqu'il a péché en s'infligeant cette souffrance, selon l'opinion de l'un ou de l'autre, nous ne trouvons pas qu'il soit tenu d'apporter ces deux tourterelles ou ces jeunes colombes, et la raison est difficile à comprendre.
Il fallut donc répondre que la Torah ne l'a pas obligé à apporter deux tourterelles ou deux jeunes colombes pour avoir péché contre son âme, à moins qu'il n'ait répété le péché. Les Tossafot (commentaires additionnels) ont expliqué: puisqu'il a répété le péché en ne se gardant pas de l'impureté et en prolongeant, par l'abstinence de vin, une souffrance ajoutée à sa souffrance.
Fin de citation. Ils suivent leur méthode, comme il ressort de leurs propos précédents, selon laquelle quiconque s'inflige une souffrance est appelé pécheur.
Mais les termes de Rachi sont d'un autre ordre, et voici ses paroles: 'Puisqu'il a répété le péché: il s'est déjà abstenu de vin, et maintenant il a répété le péché, car il aurait dû se garder de l'impureté et il est devenu impur.' Fin de citation.
והנה לכאורה פירוש התוספות יותר מרווח, שהם פירשו גם שינוי בחטא על שציער, ואז ניחא דברי ר"א הקפר שתלוי הכל במה שציער. אמנם לרש"י שנוי החטא הוא במה שנטמא:
À première vue, l'explication des Tossafot est plus large, car ils expliquent aussi la répétition du péché par la souffrance qu'il s'est imposée; les paroles de Rabbi Elazar ha-Kappar, qui fait tout dépendre de la souffrance qu'il s'est imposée, deviennent alors satisfaisantes. Mais selon Rachi, la répétition du péché consiste en ce qu'il est devenu impur:
אמנם דע, דאף לדברי רש"י הכל הוא מצד שציער עצמו, והוא על דרך בפ"ק דנזיר ריש דף ג' (א) אפילו לר"א הקפר דאמר נזיר חוטא, הני מילי גבי נזיר טמא, דאיידי דבעי מסתר דאמר רחמנא והימים הראשונים יפלו כי טמא נזרו התם הוא דלמא אתי למיעבר על נזירותיה. אבל נזיר טהור לאו חוטא קרי ליה.
וזה לשון רש"י, דאיידי דבעי מסתר, ימים הראשונים ומיהדר וממני זימנא אחריתי, אריכא ליה מילתא ודילמא אתי למעבר על נזירותיה, כדאמר בפרק קמא דנדרים (ט, ב) כשהן מטמאין ורבה עליהן ימי טומאה מתחרטין בהן ונמצאו מביאין חולין לעזרה, עד כאן לשונו. ואיתא שם בפ"ק דנדרים סוף דף ט' (ב), אי הכי אפילו נזיר טהור, פירש רש"י דדילמא מתחרט על נזירותו ונמצא מביא חולין לעזרה.
ומתרץ דאמודי אמיד נפשיה דיכול לנדור, פירש רש"י דאי לאו דאמיד בנפשיה דיכול לעמוד בו לא הוה נדר ולא מתחרט כל היכא דלא נטמא, עד כאן לשונו:
Mais sache que, même selon Rachi, tout dépend de la souffrance qu'il s'est imposée. Cela se comprend à la lumière de ce qui est dit au début du premier chapitre de Nazir (3a): même selon Rabbi Elazar ha-Kappar, qui dit que le nazir est un pécheur, cela ne vaut que pour un nazir impur, car il doit annuler ses premiers jours, reprendre et compter une autre période; la chose s'allonge pour lui et il risque de transgresser son nazireat.
Mais un nazir pur n'est pas appelé pécheur. Rachi écrit: 'Parce qu'il doit annuler les premiers jours, reprendre et compter une autre période, la chose s'allonge pour lui et il risque de transgresser son nazireat, comme il est dit dans le premier chapitre de Nedarim (9b): lorsqu'ils deviennent impurs et que les jours d'impureté s'ajoutent pour eux, ils regrettent leur vœu et il se trouve qu'ils apportent des offrandes profanes dans la cour du Temple.' Fin de citation.
Il est rapporté là-bas, à la fin du premier chapitre de Nedarim (9b): 'Si ainsi, même un nazir pur.' Rachi explique: il risque de regretter son nazireat, et il se trouve qu'il apporte des offrandes profanes dans la cour du Temple. Et il répond qu'il s'est estimé capable de faire ce vœu.
Rachi explique: s'il ne s'était pas estimé capable de s'y tenir, il n'aurait pas fait de vœu; et il ne regrette pas tant qu'il ne devient pas impur. Fin de citation.
הרי מבואר דשנוי החטא במה שנטמא תלי בצער היין דאז מתחרט ומביא חולין לעזרה. ומה שכתב רש"י שכבר הזיר עצמו מהיין, נמצא סובר רש"י דבזה חטא חטא אחד, הלא לפעמים אינו חוטא כשמזיד עצמו לצורך וכדפירש:
Il ressort donc clairement que le fait d'avoir répété le péché en devenant impur dépend de la souffrance due au vin: alors il regrette et apporte des offrandes profanes dans la cour du Temple. Et ce qu'écrit Rachi, qu'il s'était déjà abstenu de vin, indique que, sur ce point, Rachi estime qu'il a commis un seul péché; pourtant, parfois il n'est pas pécheur lorsqu'il se voue au nazireat pour une nécessité, comme cela a été expliqué.
יש לומר דרש"י כותב כן לפי דרך המקשה, למה לא אשתמט בשום דוכתא שיהא נזיר טהור צריך להביא ב' תורים או בני יונה בשלא הוצרך לנזירתו נמצא חוטא על הנפש וכדפירש. ועל זה תירץ אף שחוטא בזה לא שנה בחטא, לכך לא חייבו התורה בקרבן זה.
אמנם כשנטמא הימים הראשונים יפלו אז מתחרט מחמת צער היין נוסף על האומדנא שהיה לו מה שיכול לסבול, אז שנה בחטא מחמת צער היין:
Il faut dire que Rachi écrit ainsi selon la manière de l'objecteur: pourquoi ne trouve-t-on nulle part qu'un nazir pur doive apporter deux tourterelles ou deux jeunes colombes lorsque son nazireat ne lui était pas nécessaire, de sorte qu'il est pécheur contre son âme, comme expliqué? À cela il répond: bien qu'il pèche ainsi, il n'a pas répété le péché; c'est pourquoi la Torah ne l'a pas astreint à cette offrande.
Mais lorsqu'il est devenu impur et que les premiers jours tombent, il regrette à cause de la souffrance du vin qui s'ajoute à l'évaluation qu'il avait faite de ce qu'il pouvait supporter; c'est alors qu'il a répété le péché à cause de la souffrance du vin.
ואין להקשות, נזיר שלא חטא על הנפש במה שציער את עצמו כי עשה לצורך רק אח"כ נטמא אם כן מה שנא בחטא יש כאן. יש לומר, כי יש שנה בחטא, כי חוטא על הנפש בזה המותר כמו שכתבתי לעיל.
והנה אף שסובל זה הצער ואינו עובר על נזירותו, מכל מקום מוסיף חטא במה שמתחרט בלבו והוא כמביא חולין לעזרה:
Et l'on ne doit pas objecter: un nazir qui n'a pas péché contre son âme en s'infligeant une souffrance, parce qu'il l'avait fait pour une nécessité, puis est devenu impur, quelle répétition de péché y aurait-il en cela? Il faut dire qu'il y a répétition dans le péché, car il pèche contre son âme par ce surplus, comme je l'ai écrit plus haut.
Or, même s'il supporte cette souffrance et ne transgresse pas son nazireat, il ajoute pourtant un péché en regrettant dans son cœur; il est alors comme celui qui apporte des offrandes profanes dans la cour du Temple.
ובזה מתורץ שם בההוא סוגיא דפרק מי שאמר הריני נזיר מגלח דף י"ט (א), מאן תנא להא דתנו רבנן אשה שנדרה בנזיר ונטמא ואח"כ היפר לה בעלה מביאה חטאת העוף כו', ומוקי לה כרבי ישמעאל, וסבירא ליה כר"א הקפר דחטאת העוף באה על צער מהיין. משמע דוקא אם נטמאה, אבל אם לא נטמאה והיפר בעלה אינו מביא כפרה על שציערה עצמה.
והתוספות שם כתבו מה שכתבו. אבל אין צורך בדבריהם.
כי כבר מבואר שאין קרבן חטא על הנפש בא אלא דוקא כששנה בחטא, כך נראה לי פירוש הסוגיות:
Par cela se résout aussi cette sugya (discussion talmudique), dans le chapitre Mi she-amar Hareni Nazir Megaleah, folio 19a: 'Qui est le tanna (sage de la Michna) de ce que nos Maîtres ont enseigné: une femme qui a fait un vœu de nazireat, est devenue impure, puis dont le mari a annulé le vœu, apporte une offrande expiatoire d'oiseau, etc.?' On l'établit selon Rabbi Yichmael, qui est de l'avis de Rabbi Elazar ha-Kappar selon lequel l'offrande expiatoire d'oiseau vient pour la souffrance due au vin. Il apparaît que cela vaut précisément si elle est devenue impure; mais si elle ne l'est pas devenue et que son mari a annulé son vœu, elle n'apporte pas d'expiation pour s'être infligé une souffrance.
Les Tossafot y ont écrit ce qu'ils ont écrit, mais leurs paroles ne sont pas nécessaires: il a déjà été expliqué que l'offrande pour le péché contre l'âme ne vient que lorsqu'il a répété le péché. Tel me semble être le sens des discussions.
והכלל העולה, אדם שפגם הוא חוטא על הנפש דהיינו נשמתו כשאינו מזיר עצמו, ואדרבא יזיר ויזיר, יתענה ויתענה וכולי האי ואולי. ועל זה נאמר (מלאכי ג, ז) שובו אלי.
ומי שהוא טהור ונקי מכל חטא, ומתענה כדי להוסיף קדושה ומצי צעוריה נפשיה שאינו מבטל מלימוד, זה נקרא קדוש לרבי אלעזר, וחסיד לריש לקיש. וכן מצינו (פסחים סח, ב) מר בריה דרבינא ציים כולא שתא לבר מעצרתא ופוריא ומעלי יומא דכפורי.
ואם לא מצי צעורי נפשיה והוא טהור ונקי מהעבירות, לא יעשה כן, כי אין אומן בלא כלים, והגוף הוא כלי שבו מקיים המצות והתורה. אבל כשהכלי פגום, אז שבירתו היא טהרתו.
וכבר הזכרתי לעיל (ד"ה ובמסכת שבת) חמשה שבירות לטהרה בכלי חרס שהוא האדם, ועל זה אמרו (ויק"ר ז, ב) הקב"ה משתמש בכלים שבורים. יהי רצון יקויים בנו (יחזקאל לו, כה) וזרקתי עליכם מים טהורים:
Le principe qui en ressort est le suivant: l'homme qui est atteint d'une souillure est pécheur contre son âme, c'est-à-dire sa nechama (âme), lorsqu'il ne se voue pas au nazireat; au contraire, qu'il se voue au nazireat encore et encore, qu'il jeûne encore et encore, et ainsi de suite, peut-être. À son sujet il est dit: 'Revenez à Moi' (Malachie 3,7).
Celui qui est pur et net de tout péché, et qui jeûne pour ajouter de la sainteté, tout en étant capable de s'infliger cette souffrance sans négliger l'étude, est appelé kadoch (saint) par Rabbi Elazar et hassid (pieux) par Rech Lakich. Nous trouvons ainsi que Mar, fils de Ravina, jeûne toute l'année, sauf à Chavouot, Pourim et la veille de Yom Kippour (Pessahim 68b).
S'il n'est pas capable de s'infliger cette souffrance, tout en étant pur et net de fautes, il ne fera pas ainsi, car il n'y a pas d'artisan sans outils, et le corps est l'outil par lequel il accomplit les mitsvot (commandements) et la Torah. Mais lorsque l'outil est défectueux, sa brisure est sa purification.
J'ai déjà mentionné plus haut, sous le titre introductif 'Et dans le traité Chabbat', les cinq brisures pour purifier le vase d'argile, qui est l'homme. À ce propos, ils ont dit: 'Le Saint, béni soit-Il, utilise des vases brisés' (Vayikra Rabba 7,2).
Puisse s'accomplir en nous: 'Je répandrai sur vous des eaux pures' (Ezechiel 36,25).
צריך האדם לנקות עצמו מכל חשד להראות שהוא נקי מה' ומישראל, כמו שמצינו בסוטה שהיתה צריכה להראות שהיא נקיה, ומבואר בזוהר (ח"ג קכד, ב) שכל ישראל עשו כן כדמות סוטה, דאיתא שם כדמיון זה עשה משה לכל ישראל במרה כשיצאו מהמצרים, שנאמר (שמות טו, כג) ויבואו מרתה ולא יכלו לשתות מים ממרה כי מרים הם, שנתן להם לשתות מי מרים המאררים, לפי שכל המצריים היו אומרים שכל בני ישראל שיצאו ממצרים הם ממצרים שבאו על נשותיהן של ישראל, והיו כמה בישראל שהיו חושדין לנשותיהן בכך, וכן הנשים חשדו לאנשים שנטמאו בנשי מצרים, בכן אמר הקב"ה למשה משה תבדוק את כולם במי המרים ולא יהיה נשאר לעז על בניו. ואז (שם כה) שם שם לו חק ומשפט ושם נסהו, והכתוב מעיד אליהם באמרו (תהלים קכב, ד) שבטי י"ה עדות לישראל, כענין (במדבר כו, ז-יד עי' שהש"ר ד, כה) הראובני השמעוני וכן כולם ראש וסוף התיבה י"ה, לעדות שלא נטמאו במצריים.
וכן כאן בודק הכהן במים את הסוטה ובשם הקודש:
L'homme doit se purifier de tout soupçon, afin de montrer qu'il est pur devant le Nom et devant Israël, comme la sotah (femme soupçonnée d'adultère), qui devait montrer qu'elle était pure. Il est expliqué dans le Zohar (Livre de la Splendeur, III, 124b) que tout Israël fit de même, à l'image de la sotah.
Il y est dit que Mose fit à tout Israël la même chose à Mara, lorsqu'ils sortirent d'Égypte, comme il est dit: 'Ils arrivèrent à Mara, mais ils ne purent boire les eaux de Mara car elles étaient amères' (Exode 15,23). Il leur fit boire les eaux amères qui portent malédiction, car tous les Égyptiens affirmaient que tous les enfants d'Israël sortis d'Égypte étaient issus d'Égyptiens qui s'étaient unis aux femmes d'Israël.
Nombre d'Israélites soupçonnaient leurs femmes de cela; les femmes aussi soupçonnaient les hommes de s'être souillés avec des femmes égyptiennes. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, dit à Mose: 'Mose, examine-les tous par les eaux amères, et aucune calomnie ne subsistera contre Mes enfants.' Alors: 'Là, Il leur fixa une loi et une règle, et là Il les mit à l'épreuve' (Exode 15,25).
L'Écriture leur rend témoignage en disant: 'Les tribus de י"ה sont un témoignage pour Israël' (Psaumes 122,4), comme dans 'le Réoubenite, le Chiméonite' et ainsi pour tous (Nombres 26,7-14; voir Chir ha-Chirim Rabba 4,25): au début et à la fin du mot figure י"ה, en témoignage qu'ils ne se sont pas souillés en Égypte. De même ici, le Cohen éprouve la sotah par les eaux et par le Nom sacré.
הרואה סוטה בקלקולה יזיר עצמו מהיין (ברכות סג, א). כתבתי לעיל (בדרוש לפ' במדבר-נשא ד"ה וסוד הענין) כי (במדבר ה, כז) והיתה האשה לאלה, היא מצד ארור הנחש שבא על חוה כו'.
לכן יזיר עצמו מהיין, כי חוה סחטה אשכול של ענבים, ולאחר התיקון חוזר לברכה ברכת כהנים וכמו שכתבתי לעיל:
Celui qui voit une sotah dans sa perversion doit se vouer au nazireat loin du vin (Berakhot 63a). J'ai écrit plus haut, dans le derouch (exposé) sur Bamidbar-Nasso, sous l'intitulé 'Le secret de la chose', que 'la femme deviendra une malédiction' (Nombres 5,27) procède de la malédiction du serpent qui s'unit à Ève, etc.
C'est pourquoi il se vouera au nazireat loin du vin, car Ève pressa une grappe de raisins; après le tikoun (réparation), revient la bénédiction, celle des Cohanim, comme je l'ai écrit plus haut.
והנה מברכת כהנים יוצא שם של י"ב ושם של ע"ב. וכתבו המקובלים גם יוצא מאלו הפסוקים שם של כ"ב, אשר זה נסחו אנקת"ם פסת"ם פספסי"ם דיונסי"ם בשכמל"ו.
וכתב בצרור המור והוא טוב לשמירה ולכל הדברים, והאומרו דרך תפלה בזה הסדר יועיל לו מאוד. ובפרט כשיאמרו ברכת כהנים יאמר, אל נא קרב תשוע"ת מצפי"ך, פחדי"ך ס"ר תוציאם ממאס"ר, פד"ה סועי"ם פת"ח סומי"ם ישע"ך מצפי"ם, דל"ה יוקשי"ם וקב"ץ נפוצי"ם סמו"ך ידו"ד מפלתינ"ו, ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד:
De la Bénédiction des Cohanim procèdent le Nom de douze et le Nom de soixante-douze. Les kabbalistes ont aussi écrit que de ces versets procède le Nom de vingt-deux, dont la formule est: אנקת"ם פסת"ם פספסי"ם דיונסי"ם בשכמל"ו.
Le Tsror ha-Mor a écrit qu'elle est bonne pour la protection et pour toute chose, et que la dire comme prière, dans cet ordre, sera très utile. En particulier, lorsque l'on récite la Bénédiction des Cohanim, il dira: 'Ô Dieu, rapproche le salut de ceux qui espèrent en Toi; retire Tes terreurs, fais-les sortir de la prison; rachète les égarées, ouvre les aveugles, eux qui attendent Ton salut; relève ceux qui sont pris au piège et rassemble les dispersés; soutiens, le Nom, notre chute; béni soit le Nom de la gloire de Son règne pour toujours et à jamais' (אל נא קרב תשוע"ת מצפי"ך, פחדי"ך ס"ר תוציאם ממאס"ר, פד"ה סועי"ם פת"ח סומי"ם ישע"ך מצפי"ם, דל"ה יוקשי"ם וקב"ץ נפוצי"ם סמו"ך ידו"ד מפלתינ"ו, ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד).
קח מאתם וגו' ונתת אותם אל הלוים (במדבר ז, ה). יש בכאן קושיא גדולה, לויים מאן דכר שמייהו, הלא באותו העת לא נבחרו הלויים כי לא נבחרו עד שנמנו ישראל, והמנין היה באחד לחודש השני ואז אמר הקב"ה (שם א, מט) אך את מטה לוי לא תפקוד כו', ומנאם בפני עצמם ובחר בהם וקדשם.
וקרבן הנשיאים שש עגלות צב כו' (שם ז, ג), היה בחודש הראשון בראש חודש ניסן, כי קרבן נחשון היה בר"ח ניסן:
'Prends-les d'eux... et donne-les aux Lévites' (Nombres 7,5). Il y a ici une grande question: les Lévites, qui a mentionné leur nom?
À ce moment-là, les Lévites n'avaient pas été choisis; ils ne le furent qu'après le dénombrement d'Israël, lequel eut lieu le premier jour du second mois. C'est alors que le Saint, béni soit-Il, dit: 'Mais la tribu de Levi, tu ne la dénombreras pas...' (Nombres 1,49); Il les dénombra à part, les choisit et les sanctifia.
Or, l'offrande des princes, six chariots couverts, etc. (Nombres 7,3), fut apportée le premier mois, au premier jour de Nissan, car l'offrande de Nahchon eut lieu à Roch Hodech Nissan.
אלא הענין הוא שהקב"ה רמז למשה רבינו ע"ה שלעתיד יבחר בלויים לעבודת המשכן, והוא כמו פרשת ואתה תצוה (שמות כז, כ) ויקחו אליך שמן זית זך כו', שפירש רש"י לא כאן מקום הציווי רק שלעתיד יצוה אותו, כמו שכתוב סוף פרשת אמור (ויקרא כד, ב) רק שעתה הודיעו מה שצריך להכין. כן היה ענין בלוים, שרמז לו הקב"ה שלעתיד יבחרם בלווים.
והטעם, כדי שיכינו הלוים את עצמם, דהיינו שיתעוררו ויטהרו ויקדשו כדי שיהיו מוכנים לקבל הקדושה, ועל דרך שאמרו (יומא לט, א) אדם מקדש עצמו מלמטה מעט, מקדשין אותו מלמעלה הרבה. והיו צריכין להכנה אף שהיו מוכנים מיום הולדו, כמו שאמרו רבותינו ז"ל (ב"ר צד, ט) למוד הוא אותו שבט להיות נמנה מבטן, כן יעקב אבינו קידש את לוי שלא ישא את ארונו, על כל זאת היו צריכין להכנה.
ראה כמה אדם צריך להכין עצמו תמיד שיתקדש מלמעלה:
Mais l'explication est que le Saint, béni soit-Il, fit signe à Mose notre maître, de mémoire bénie, qu'Il choisirait plus tard les Lévites pour le service du Tabernacle. Il en est comme de la paracha Vé-atah Tetzaveh (Exode 27,20): 'Ils prendront pour toi de l'huile d'olive pure...', à propos de laquelle Rachi explique: 'Ce n'est pas ici le lieu de l'ordre; c'est plus tard qu'Il l'ordonnera', comme il est écrit à la fin de la paracha Emor (Lévitique 24,2); mais à présent, Il lui a seulement fait savoir ce qu'il fallait préparer.
Il en fut de même pour les Lévites: le Saint, béni soit-Il, fit savoir à Mose qu'Il les choisirait plus tard comme Lévites. La raison était que les Lévites se prépareraient, c'est-à-dire qu'ils s'éveilleraient, se purifieraient et se sanctifieraient, afin d'être prêts à recevoir la sainteté, selon ce qu'ils ont dit: 'Un homme se sanctifie un peu ici-bas, on le sanctifie beaucoup d'en haut' (Yoma 39a).
Ils avaient besoin de cette préparation, bien qu'ils fussent préparés dès le jour de leur naissance, comme nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit: 'Cette tribu a coutume d'être dénommée dès le sein maternel' (Bereshit Rabba 94,9); ainsi Yaakov notre père consacra Levi afin qu'il ne porte pas son cercueil. Malgré tout cela, ils avaient besoin de cette préparation.
Vois combien l'homme doit toujours se préparer afin d'être sanctifié d'en haut.