שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebikhtav, Ki Tisa, Torah Ohr (2/4)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Dans le Midrach Yalkout (début de Ki Tisa), Rabbi Yochiya haKohen bar Na'hman dit que Moché objecte au compte d'Israël et que le Saint, béni soit-Il, lui prescrit les initiales des tribus. Le Chla y trouve plusieurs difficultés. Il explique le doute de Moché : le demi-chekel impose-t-il un dénombrement chaque année, ou seulement maintenant pour savoir combien ont manqué au Veau. Moché prend la première voie, car le nombre de la sortie d'Égypte n'est pas encore écrit. Le Saint, béni soit-Il, répond que le compte est maintenant, et lui révèle le total d'alors par les têtes des tribus, afin qu'avec les nouveaux de vingt ans après Tichri il sache le manque.

Aussi : Israël restent chers : la parabole de la vigne et la tefila de Moché ; « ton peuple » vise l'erev rav (peuple mêlé) ; la faute du Veau reprend le serpent, trois fautes et trois morts.

במדרש ילקוט (ריש פ' כי תשא) אמר ר' יושיע הכהן בר נחמן אמר הקב"ה למשה לך ומנה את ישראל כו'. אמר משה לפני הקב"ה כתיב (בראשית כח, יד) והיה זרעך כעפר הארץ, וכתיב (הושע ב, א) והיה מספר בני ישראל כחול הים, ואתה אומר לך ומנה את ישראל, איני יכול לעמוד על מנינם.

אמר ליה הקב"ה למשה, לא כשם שאתה סבור, אלא אם בקשת לעמוד על מנינם של ישראל טול ראשי אותיות של שבטים ואתה עומד על מניינם, רי"ש מראובן, שי"ן משמעון, למ"ד מלוי, וכן כל שבט ושבט. משל למה הדבר דומה, לשולחני שהיה לו נער, אמר לו פקוד לי מעות האלו.

אמר ליה, היאך אני יכול לספור אותם. אמר ליה, ספור ראשי שורות של מעות ותעמוד על החשבון.

כך אמר הקב"ה למשה רי"ש מראובן מאתים אלף, נו"ן מנפתלי חמשים אלף, שי"ן משמעון שלש מאות אלף. יו"ד מיודא, יו"ד מיששכר, יו"ד מיוסף שלשים אלף, ז' של זבולן ז' אלפים, ד' של דן ד' אלפים, ג' של גד ג' אלפים, ב' של בנימין ב' אלפים, א' של אשר אלף, הרי ת"ק אלף וצ"ז אלף, היכן הג' אלפים שנפלו בעגל שנאמר (שמות לב, כח) ויעשו בני לוי כדבר משה ויפול מן העם כשלשת אלפי איש.

לכך אמר הקב"ה למשה מנה את ישראל לידע כמה חסרו, עד כאן לשונו:

Dans le Midrach Yalkut (début de la paracha Ki Tisa), a dit Rabbi Yoshiya haKohen bar Nahman : le Saint, béni soit-Il, a dit à Moché : va et compte Israël, etc. Moché a dit devant le Saint, béni soit-Il : il est écrit (Genèse 28,14) : et ta semence sera comme la poussière de la terre, et il est écrit (Osée 2,1) : et le nombre des enfants d'Israël sera comme le sable de la mer, et Tu dis : va et compte Israël, je ne peux pas établir leur nombre.

Le Saint, béni soit-Il, lui a dit à Moché : ce n'est pas comme tu le penses, mais si tu as cherché à établir le nombre d'Israël, prends les initiales des lettres des tribus et tu établiras leur nombre : רי"ש de Reouven, שי"ן de Shimon, למ"ד de Levi, et ainsi chaque tribu. À quoi la chose ressemble-t-elle : à un changeur qui avait un jeune, il lui dit : compte-moi ces pièces.

Il lui dit : comment puis-je les compter. Il lui dit : compte les têtes des rangées de pièces et tu établiras le compte.

Ainsi a dit le Saint, béni soit-Il, à Moché : רי"ש de Reouven deux cent mille, נו"ן de Naftali cinquante mille, שי"ן de Shimon trois cent mille. יו"ד de Yehouda, יו"ד de Yissakhar, יו"ד de Yossef trente mille, ז' de Zevouloun sept mille, ד' de Dan quatre mille, ג' de Gad trois mille, ב' de Binyamin deux mille, א' de Acher mille, voici ת"ק mille et צ"ז mille, où sont les trois mille qui sont tombés au Veau, il est dit (Exode 32,28) : et les enfants de Levi firent selon la parole de Moché et il tomba du peuple environ trois mille hommes. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, a dit à Moché : compte Israël pour savoir combien ils ont manqué.

Jusqu-ici ses paroles :

יש כמה קושיות במאמר הזה. א' מה שאמר איני יכול לעמוד על מניינם, והלא באמת עמד ומנה אותם תר"ג אלף ותק"ן איש.

ב' מה שאמר הקב"ה לא כשם שאתה סבור כו', כאלו לא היה דעת הקב"ה למנותם וזה אינו. ג' והיה מספר בני ישראל כחול הים, הלא זה לא נאמר אלא על הדורות העתידים, והא ראייה שבאמת היו עתה דבר שבמנין.

ד' קשה למ"ד שבלוי, והלא לא היה בחשבון, דוק בחשבון אחר ולא תמצא לוי. ובאמת שבתנחומא (כי תשא ט) אשר גם שם המדרש זה בקצרה לא הוזכר למ"ד מלוי:

Il y a plusieurs difficultés dans ce dit. 1.

Ce qu'il a dit : je ne peux pas établir leur nombre, n'est-ce pas qu'en vérité il s'est tenu et les a comptés תר"ג mille et תק"ן hommes. 2.

Ce qu'a dit le Saint, béni soit-Il : ce n'est pas comme tu le penses, etc., comme si l'intention du Saint, béni soit-Il, n'était pas de les compter, et cela n'est pas. 3.

Et le nombre des enfants d'Israël sera comme le sable de la mer : cela n'a été dit que sur les générations futures, et la preuve est qu'en vérité ils étaient maintenant une chose en nombre. 4.

C'est difficile le למ"ד de Levi, n'est-ce pas qu'il n'était pas dans le compte : examine un autre compte et tu ne trouveras pas Levi. Et en vérité dans le Tanhuma (Ki Tisa 9), où aussi ce Midrach est en abrégé, n'a pas été mentionné le למ"ד de Levi :

ה' קשה אינו חושב השבטים לא כסדר תולדותם, ולא כסדר יחוסם. וביותר הפלא על אשר מפסיק בשם נפתלי בין ראובן לשמעון, ובאמת שבתנחומא (שם) מזכיר את נפתלי קודם לזבולן.

ויש ליישב דחושב סדר תולדותם, וזהו ראובן ושמעון יהודה יששכר יוסף, וכולל יוסף עמהן לכלול היודין ביחד. ואחר כך נפתלי עבור כי הוא עדיין במנין האלף, רצוני לומר מה שהוא יותר מעשר נופל בו ל' אלף, ומה שהוא פחות מעשר שייך בו ל' אלפים, וקחשיב מזבולן כו' המספר המרובה קודם, כך יש ליישב לפי נוסח התנחומא.

אבל לפי נוסחות הילקוט קשה:

5. C'est difficile : il ne compte pas les tribus ni selon l'ordre de leur naissance, ni selon l'ordre de leur filiation.

Et plus encore l'étonnement de ce qu'il interrompt par le nom de Naftali entre Reouven et Shimon, et en vérité dans le Tanhuma (là) il mentionne Naftali avant Zevouloun. Et on peut résoudre : qu'il compte l'ordre de leur naissance, et c'est Reouven et Shimon, Yehouda, Yissakhar, Yossef, et il inclut Yossef avec eux pour regrouper les youdin ensemble.

Et ensuite Naftali, parce qu'il est encore dans le compte du mille, je veux dire : ce qui est plus que dix, le mille y tombe, et ce qui est moins que dix, les milliers lui appartiennent, et lorsqu'il compte depuis Zevouloun etc. le nombre abondant précède. Ainsi on peut résoudre selon la version du Tanhuma.

Mais selon les versions du Yalkut c'est difficile :

ו' צירף ג' יודי"ן מג' שבטים וכללינהו יחד מ"ט. ז' קשה למאי נפקא מינה מביא רישא דקרא ויעשו בני לוי.

ח' קשה לכך אמר הקב"ה למשה מנה את ישראל, קשיא סיפא לרישא לא כשאתה סבור. ט' קשה מאחר שהגיד הקב"ה מנין למשה רבינו ע"ה כמה הם א"כ למאי ימנה אותם.

ואם תרצה להקשות עוד קושיא חזקה בזה המאמר, איך אמר שהם תקצ"ז אלף והלא כתיב בפרשת פקודי (שמות לח, ו) שהיו תר"ג אלף ותק"ן. זה אינו קשה, כי ישראל נמנו לאחר יום כפור ואז ו' אלפים ותק"ן נעשו בני ך' שנים, כי מתשרי מתחיל שנות האנשים כמו שפירש רש"י, אבל בשעת העגל אותן שהיו ס' רבוא שיצאו ממצרים ושקבלו התורה מאותן נחסר ג' אלפים ולא נשארו כי אם תקצ"ז אלף וק"ל.

אכן הקושיות הראשונות קשה:

6. Il a joint trois youdin de trois tribus et les a inclus ensemble, quelle est la raison.

7. C'est difficile : à quoi cela sert-il qu'il apporte le début du verset : et les enfants de Levi firent.

8. C'est difficile : c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, a dit à Moché : compte Israël, la fin contredit le début : ce n'est pas comme tu le penses.

9. C'est difficile : une fois que le Saint, béni soit-Il, a dit le nombre à Moché notre maître, paix sur lui, combien ils sont, alors pourquoi les compterait-il.

Et si tu veux encore soulever une difficulté forte dans ce dit : comment a-t-il dit qu'ils sont תקצ"ז mille, n'est-ce pas qu'il est écrit dans la paracha Pekoudei (Exode 38,6) qu'ils étaient תר"ג mille et תק"ן. Cela n'est pas difficile, car Israël ont été comptés après Yom Kippour et alors six mille et תק"ן sont devenus fils de vingt ans, car depuis Tishri commencent les années des hommes, comme a expliqué Rachi, mais à l'heure du Veau, ceux qui étaient six cent mille qui sont sortis d'Égypte et qui ont reçu la Torah, de ceux-là ont manqué trois mille et il n'est resté que תקצ"ז mille, et c'est léger.

Toutefois les premières difficultés sont difficiles :

והנה אפרש תחילת המאמר ומתורץ אגב קושיא גדולה, איך אמר ששלשת אלפים נפלו בעגל, והרי ג' אלפים נהרגו מיד בני לוי, והם היו שהיו בעדים ובהתראה, וכמה וכמה מתו בהדרוקן אותן שהיו בעדים בלא התראה, וכמה וכמה מתו במגפה כמו שכתוב (שמות לב, לה) ויגוף ה' שלא היו לא עדים ולא התראה, א"כ איך אמר בעל המאמר ג' אלפים היכן הם, כאלו לא נחסרו כי אם ג' אלפים. ואין סברא לומר שאותן שמתו בהדרוקן ומגפה היו הפחות מבן ך' דוקא או היו מערב רב.

על כן נראה שכמה וכמה אלפים מישראל שמתו בהדרוקן ובמגפה נוסף על ג' אלפים שנהרגו, רק שלאחר תשרי נתוסף סך גדול שהגיעו לעשרים, ומשה רבינו ע"ה כשידע מנין ישראל כמה היו קודם העגל, וידע אח"כ בעת ההיא המנין כמה מישראל שהגיעו עתה לעשרים כי הגידו לו, אז היה יכול לידע כמה חסרו:

Et voici, j'expliquerai le début du dit, et par là se résout aussi une grande difficulté : comment a-t-il dit que trois mille sont tombés au Veau, n'est-ce pas que trois mille ont été tués de la main des enfants de Levi, et ceux-là étaient ceux qui étaient avec témoins et avertissement, et un grand nombre sont morts de l'hydropisie, ceux qui étaient avec témoins sans avertissement, et un grand nombre sont morts par la plaie, comme il est écrit (Exode 32,35) : et ה' frappa, qui n'avaient ni témoins ni avertissement. Alors comment le maître du dit à-t-il dit : trois mille, où sont-ils, comme s'il n'avait manqué que trois mille.

Et il n'y a pas de raison de dire que ceux qui sont morts de l'hydropisie et de la plaie étaient précisément les moins de vingt ans, ou qu'ils étaient de l'erev rav (peuple mêlé). C'est pourquoi il paraît que plusieurs milliers d'Israël sont morts de l'hydropisie et de la plaie, en plus des trois mille qui ont été tués, seulement qu'après Tishri s'est ajouté un grand nombre qui sont parvenus à vingt, et Moché notre maître, paix sur lui, lorsqu'il a su le nombre d'Israël combien ils étaient avant le Veau, et qu'il a su ensuite à cette heure le nombre de combien d'Israël étaient parvenus maintenant à vingt, car on le lui a dit, alors il pouvait savoir combien ils ont manqué :

ועתה אבאר המאמר, משה רבינו ע"ה כששמע מפי הקב"ה כי תשא את ראש וגומר ונתנו וגו' היה מסופק בפירוש המצוה, אם המנין נוהג לדורות בכל שנה ושנה למנות ישראל ויתנו מחצית השקל, וצירף הקרבנות. והטעם כדי לידע מידי שנה בשנה ישראל כמה הם, אשר על כן בא הצווי העשיר לא ירבה והדל לא ימעיט וגו' כדי שנוכל לידע כמה הם.

או דוקא עתה יהיה המנין כדי לידע כמה חסרו. ולהבא בכל שנה ושנה יתנו כל אחד מחצית השקל לצורך הקרבנות ובלי מנין, וכן הוא האמת.

ומה שבא הציווי העשיר לא ירבה וגו' כדי שלא יאמר הוני פדאני כדאיתא במדרש:

Et maintenant j'expliquerai le dit. Moché notre maître, paix sur lui, lorsqu'il a entendu de la bouche du Saint, béni soit-Il : lorsque tu élèveras la tête, etc., et ils donneront, etc., était en doute sur l'explication de la mitsva : si le dénombrement s'applique pour les générations, chaque année, de compter Israël et qu'ils donnent le demi-chekel, et il a joint les sacrifices.

Et la raison : afin de savoir d'année en année Israël combien ils sont, c'est pourquoi est venu le commandement : le riche n'augmentera pas et le pauvre ne diminuera pas, etc., afin que nous puissions savoir combien ils sont. Ou précisément maintenant sera le dénombrement afin de savoir combien ils ont manqué.

Et pour l'avenir, chaque année, chacun donnera le demi-chekel pour le besoin des sacrifices et sans dénombrement, et ainsi est la vérité. Et ce pourquoi est venu le commandement : le riche n'augmentera pas, etc. : afin qu'il ne dise pas : ma fortune m'a racheté, comme il est dans le Midrach :

והנה משה רבינו ע"ה הבין הדרך הראשון היפך האמת, כי אמר בלבו אלו היתה כוונת הש"י דוקא למנותם עתה ולא בשנים שיבאו הנה קשה מאי טעמא. אלא כדי לידע כמה חסרו עדיין לא אוכל לידע כמה חסרו מאחר שלא ידע כמה היו מתחילה, אף שנכתב בתורה כשיצאו ממצרים היו כשש מאות אלף לא ידע משה זה כי עדיין לא היה נכתב, ומתוך כך הבין הדרך הראשון.

ועל כן תמה על עצמו, מאחר שמצוה למנות בכל שנה ושנה עולמית, היאך יהיה דבר זה אפשרי באחרית הימים שלא ימנה ולא יספר. עתה לא היה קשה, כי עתה בעת ההיא היו דבר שבמנין, אבל מאחר שהכריח שהכוונה לעולמים א"כ קשה:

Et voici, Moché notre maître, paix sur lui, a compris la première voie, l'inverse de la vérité, car il a dit en son cœur : si l'intention du Nom, béni soit-Il, était précisément de les compter maintenant et non dans les années à venir, voici c'est difficile : quelle est la raison. Seulement afin de savoir combien ils ont manqué : je ne pourrai encore savoir combien ils ont manqué, puisqu'il ne savait pas combien ils étaient au commencement, même qu'il soit écrit dans la Torah que lorsqu'ils sont sortis d'Égypte ils étaient environ six cent mille, Moché ne savait pas cela car ce n'était pas encore écrit, et de là il a compris la première voie.

Et c'est pourquoi il s'est étonné de lui-même : puisqu'il est une mitsva de compter chaque année à jamais, comment cette chose sera-t-elle possible à la fin des jours, qu'il ne sera pas compté et ne sera pas dénombré. Maintenant ce n'était pas difficile, car maintenant à cette heure ils étaient une chose en nombre, mais puisqu'il a contraint que l'intention est pour toujours, alors c'est difficile :

והשיב לו הש"י, לא כשם שאתה סבור אלא הפשט הוא למנותם דוקא עתה לידע כמה חסרו. ומה שהוקשה לך חסרון הידיעה כמה היו מתחילה, זה אני מגלה לך, קח ראשי שבטים כסך זה היו.

והקשה בעל המדרש, וג' אלפים היכן הם, הלא האמת הוא שיצאו ממצרים ס' רבוא. והשיב, אותן ג' אלפים שנפלו בעגל מידי הלוים היו משלימין המנין, רק שלא נרמזו בראשי השבטים כי גברי קטילי היו בצאתם ממצרים, ומסתמא טינא עבודה זרה היה בלבם שלא השגיחו בהתראות העדים.

וגם משה רבינו ע"ה מכח עומק בינתו ושכלו השיג שמסתמא תקצ"ז אלף היו בלא ג' אלפים הנ"ל, כי אין מן הראוי שיהיו בכלל חשבון ראשי שבטים, וכשידע משה סך מישראל כמה היו מתחילה, ונודע לו עתה סך האלפים מהחדשים שנעשו בני עשרים אז יוכל לידע כמה חסרו, כך נראה לפרש אף שהוא רחוק קצת:

Et le Nom, béni soit-Il, lui a répondu : ce n'est pas comme tu le penses, mais le sens simple est de les compter précisément maintenant pour savoir combien ils ont manqué. Et ce qui t'a été difficile, le manque de connaissance de combien ils étaient au commencement, cela Je te le révèle : prends les têtes des tribus, à ce total ils étaient.

Et le maître du Midrach a soulevé une difficulté : et trois mille, où sont-ils, n'est-ce pas que la vérité est qu'ils sont sortis d'Égypte six cent mille. Et il a répondu : ces trois mille qui sont tombés au Veau de la main des Lévites complétaient le nombre, seulement qu'ils n'ont pas été alludés dans les têtes des tribus, car c'étaient des hommes tués dès leur sortie d'Égypte, et vraisemblablement une souillure d'idolâtrie était dans leur cœur, qu'ils n'ont pas pris garde aux avertissements des témoins.

Et aussi Moché notre maître, paix sur lui, par la force de la profondeur de son intelligence et de son entendement, a saisi que vraisemblablement ils étaient תקצ"ז mille sans les trois mille susdits, car il n'est pas convenable qu'ils soient compris dans le compte des têtes des tribus, et lorsque Moché a su le total d'Israël combien ils étaient au commencement, et qu'il lui a été connu maintenant le total des milliers des nouveaux qui sont devenus fils de vingt, alors il pourra savoir combien ils ont manqué. Ainsi il paraît d'expliquer, même que ce soit un peu éloigné :

חביבין ישראל למקום שהוא לנו לא-להים ואנחנו לו לעם, בחר בנו מכל העמים ואין אמצעי בינינו, על כן כשחוטאים אינם נקראים עם ה'. ובמדרש (קה"ר ו, יא) ר' ברכיה בשם ר' לוי, משל למלך שהיה לו כרם ומסרו לאריס, כד הוה עביד חמר טב אמר מה חמרי דכרמי, וכד הוה עביד ביש אמר מה ביש חמרא דאריס.

א"ל האריס, אדוני המלך כי הוה עביד חמר טב הוא דידך, וכד הוה עביד חמר ביש הוא דידי. בין טב בין ביש דידך הוא.

כך מתחילה אמר הקב"ה למשה (שמות ג, י) ועתה לכה ואשלחך אל פרעה והוציא את עמי בני ישראל. וכיון שעשו אותו מעשה מה כתיב תמן, (שם לב, ז) לך רד כי שחת עמך.

אמר משה לפני הקב"ה רבש"ע, כד אינון חטאי דידי, וכד אינון זכאין דידך, בין חטאי בין זכאי דידך אינון, והם עמך ונחלתך, למה ה' יחרה אפך בעמך. א"ר סימון לא זז מחבבן עד שקראן עמו שנאמר (שם לב, יד) וינחם ה' על הרעה אשר דבר לעשות לעמו, עד כאן:

Israël sont chers au Lieu, qu'Il est pour nous Elokim et nous sommes pour Lui un peuple, Il nous a choisis parmi tous les peuples et il n'y a pas d'intermédiaire entre nous, c'est pourquoi lorsqu'ils fautent ils ne sont pas appelés peuple de ה'. Et dans le Midrach (Kohelet Rabbah 6,11), Rabbi Berakhia au nom de Rabbi Levi : une parabole d'un roi qui avait une vigne et la livra à un métayer.

Lorsqu'il faisait un bon vin, il disait : quel est mon vin de ma vigne, et lorsqu'il faisait un mauvais, il disait : quel mauvais vin du métayer. Le métayer lui dit : mon seigneur le roi, lorsque se fait un bon vin il est à toi, et lorsque se fait un mauvais vin il est à moi.

Qu'il soit bon ou mauvais, il est à toi. Ainsi au commencement le Saint, béni soit-Il, a dit à Moché (Exode 3,10) : et maintenant va, Je t'enverrai vers Pharaon, et fais sortir Mon peuple, les enfants d'Israël.

Et lorsqu'ils ont fait cet acte, qu'est-il écrit là (ibid. 32,7) : va, descends, car ton peuple s'est corrompu.

Moché a dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître du monde, lorsqu'ils sont fautifs ils sont à moi, et lorsqu'ils sont méritants ils sont à Toi, qu'ils soient fautifs ou méritants ils sont à Toi, et ils sont Ton peuple et Ton héritage : pourquoi ה', Ta colère s'embrasera-t-elle contre Ton peuple. A dit Rabbi Simon : il n'a pas cessé de les chérir jusqu'à ce qu'Il les appela Son peuple, il est dit (ibid.

32,14) : et ה' se repentit du mal qu'Il avait dit de faire à Son peuple. Jusqu-ici :

וקרוב לזה נראה לפרש בענין אחר, כי ידוע (תנחומא תשא כא) ישראל לא חטאו רק על ידי הערב רב, ואמר הקב"ה למשה (שמות לב, ז) לך רד כי שחת עמך, ערב רב אשר קבלת. וכשאמר ואכלה אותם, עמד בתפלה (שם יא) ויחל וגו' למה ה' יחרה אפך בעמך, דהיינו ישראל.

בשלמא עמי ערב רב ניחא, אכן בעמך למה ה' יחרה אפך. והודה לו הקב"ה.

וזהו שאמר (שם יד) וינחם ה' על הרעה אשר דבר לעשות לעמו ישראל, הרי ישראל עם ה', ולא זו שהם עם ה' אלא חתומים בחותם אל כמו יעקב (בראשית לג, כ) ויקרא לו אל א-להי ישראל, ופירשו (מגילה יח, א) אל א-להי ישראל קראו אל. ומשה נקרא א-להים, וכל זה הדביקות באמצעית התורה שפסקה זוהמת הנחש כשעמדו בהר סיני (שבת קמו, א):

Et proche de cela il paraît d'expliquer d'une autre manière, car il est connu (Tanhuma Tisa 21) qu'Israël n'ont fauté que par l'erev rav, et le Saint, béni soit-Il, a dit à Moché (Exode 32,7) : va, descends, car ton peuple s'est corrompu, l'erev rav que tu as reçu. Et lorsqu'Il a dit : et Je les consumerai, il s'est tenu en tefila (ibid.

11) : et Moché implora, etc., pourquoi ה', Ta colère s'embrasera-t-elle contre Ton peuple, c'est-à-dire Israël. Soit : Mon peuple, l'erev rav, cela va, mais Ton peuple, pourquoi ה' Ta colère s'embrasera-t-elle.

Et le Saint, béni soit-Il, lui a concédé. Et c'est ce qu'Il a dit (ibid.

14) : et ה' se repentit du mal qu'Il avait dit de faire à Son peuple Israël, voici Israël sont le peuple de ה', et non seulement ils sont le peuple de ה' mais ils sont scellés du sceau de El, comme Yaakov (Genèse 33,20) : et il l'appela El Elokei Israël, et ils ont expliqué (Megilla 18a) : El, Elokei Israël, Il l'appela El. Et Moché est appelé Elokim, et tout cet attachement est par l'intermédiaire de la Torah, qui a cessé la souillure du serpent lorsqu'ils se tinrent au mont Sinaï (Chabbat 146a) :

ובעשיית העגל חזר הזוהמא, וכל מה שתמצא בנחש תמצא בעגל, חטא העגל בכלל ובפרט. בכלל, ענין העגל עבודה זרה.

בפרט כיצד, רז"ל אמרו (ב"ב קסה, א) העולם חוטאין מיעוטן בעריות, ורובן בגזל, וכולן באבק לשון הרע כו', כן בכאן (שמות לב, ו) ויקומו לצחק, פירש רש"י עריות. לשון הרע, שאמרו במדרש (ילקוט ריש כי תשא) שהוציאו לשון הרע שאמרו (שמות שם ד) אלה א-להיך ישראל.

חטאו בגזל, במסכת ברכות (לה, ב) אצל הנהנה מן העולם הזה בלא ברכה גוזל אביו ואמו, ואומר (משלי כח, כד) אין פשע חבר הוא לאיש משחית, אביו הקב"ה, אמו כנסת ישראל, מאי חבר הוא לאיש משחית, חבר לירבעם בן נבט שהשחית את ישראל לאביהם שבשמים, רצה לומר בעגלים אשר עשה. הרי מעשה עגל גזילת השפעה וכביכול התשת כח שלמעלה.

רמז לדבר, אין פשע אין שפע. וכך הנהנה בלא ברכה גוזל.

על כן רמז להם משה (שמות לב, כז) הרגו וכו' ולתת עליכם ברכ"ה. הרי ג' אלו בפרט היו בחטא עג"ל *עריות *גזל *לשון הרע, וכן עג"ל ראשי תיבות ג' אלה.

וזהו רמזו רבותינו ז"ל (סנהדרין קב, א) אין לך כל חטא וחטא שאין בו מפקידת עגל, כי כל החוטא הוא מהרוב או מהמיעוט או מהכל. וכל אלו תמצא בנחש, אדם חטא בגזל שלקח פרי שאינו שלו, חוה חטאה בעריות כי בא נחש על חוה, הנחש בלשון הרע מסית ומדיח, אין מהפכין כו' (סנהדרין כט, א):

Et dans le faire du Veau la souillure est revenue, et tout ce que tu trouveras dans le serpent tu le trouveras dans le Veau, la faute du Veau en général et en particulier. En général, le sujet du Veau est l'idolâtrie.

En particulier comment : Razal ont dit (Bava Batra 165a) : le monde faute, une minorité dans les unions interdites, et la majorité dans le vol, et tous dans la poussière de la méchanceté de langue, etc. Ainsi ici (Exode 32,6) : et ils se levèrent pour rire, Rachi a expliqué : unions interdites.

Méchanceté de langue : qu'ils ont dit dans le Midrach (Yalkut, début de Ki Tisa) qu'ils ont sorti une méchanceté de langue, qu'ils ont dit (Exode ibid. 4) : ceux-ci sont tes élohim, Israël.

Ils ont fauté dans le vol : dans le traité Berakhot (35b), à propos de celui qui jouit de ce monde-ci sans berakha, il vole son père et sa mère, et il dit (Proverbes 28,24) : ce n'est pas un crime, il est compagnon d'un homme destructeur. Son père : le Saint, béni soit-Il, sa mère : Kenesset Israël (Assemblée d'Israël).

Qu'est-ce que : il est compagnon d'un homme destructeur : compagnon de Yerovam ben Nevat qui a détruit Israël pour leur Père qui est dans les cieux, c'est-à-dire par les veaux qu'il a faits. Voici, l'acte du Veau est un vol de l'influx et, pour ainsi dire, un épuisement de la force d'en haut.

Allusion à la chose : אין פשע (ce n'est pas un crime), אין שפע (il n'y a pas d'influx). Et ainsi celui qui jouit sans berakha vole.

C'est pourquoi Moché leur a fait allusion (Exode 32,27) : tuez, etc., et pour mettre sur vous une berakha. Voici ces trois en particulier étaient dans la faute de עג"ל : unions interdites, vol, méchanceté de langue, et ainsi עג"ל sont les initiales de ces trois.

Et c'est ce qu'ont allude nos maîtres, de mémoire bénie (Sanhédrin 102a) : il n'est pas de faute et fauté en laquelle il n'y a pas de la punition du Veau, car tout fautif est de la majorité ou de la minorité ou du tout. Et tous ceux-ci tu les trouveras dans le serpent : Adam a fauté dans le vol, qu'il a pris un fruit qui n'était pas à lui, Hava a fauté dans les unions interdites car le serpent est venu sur Hava, le serpent par la méchanceté de langue séduit et écarte, on ne retourne pas etc.

(Sanhédrin 29a) :

והנה ג' מיתות היו כאן. בעדים והתראה, הריגה.

בעדים ולא התראה, הדרוקן. ובלא עדים והתראה, מגפה.

כן שם בנחש. אדם, בעדים ובהתראה.

עד הש"י הוא העד הוא הדיין, והתראה למיתה שהתרה בו הש"י (בראשית ב, יז) ביום אכלך ממנו מות תמות. חוה, עדים בלא התראה.

עד הש"י צוה (שם כד) על כן יעזוב וגו' שאסרה תורה עריות לבני נח כמו שפירש רש"י (שם ב, כד) ורז"ל (סנהדרין נז, ב), אבל לא עשה התראה למיתה. נחש, לא עדים ולא התראה, רק שאין מהפכין בזכות מסית.

הנה אדם הראשון תיקן חטאו בשור שהקריב כמו שאמרו רבותינו ז"ל (שבת כח, ב). וכאן חזרו לקלקולם וימירו את כבודם בתבניות שור:

Et voici, trois morts étaient ici. Avec témoins et avertissement : mise à mort.

Avec témoins et sans avertissement : hydropisie. Et sans témoins ni avertissement : la plaie.

Ainsi là, dans le serpent. Adam : avec témoins et avertissement.

Le témoin, le Nom, béni soit-Il, Il est le témoin, Il est le juge, et l'avertissement de mort : le Nom, béni soit-Il, l'a averti (Genèse 2,17) : au jour où tu en mangeras, tu mourras. Hava : témoins sans avertissement.

Le témoin, le Nom, béni soit-Il, a commandé (ibid. 24) : c'est pourquoi l'homme quittera, etc., que la Torah a interdit les unions interdites aux enfants de Noah, comme ont expliqué Rachi (ibid.

2,24) et Razal (Sanhédrin 57b), mais Il n'a pas fait d'avertissement de mort. Le serpent : ni témoins ni avertissement, seulement qu'on ne retourne pas en faveur de l'incitateur.

Voici, Adam le premier a réparé sa faute par le bœuf qu'il a offert, comme ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Chabbat 28b). Et ici ils sont revenus à leur corruption, et ils ont échangé leur gloire contre la figure d'un bœuf :

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