Ce passage poursuit le troisième sujet du dit : la contrainte et le gré dans la réception de la Torah, selon Keli Hemdah au nom de son père : la contrainte vient des biens qui leur arrivèrent, le gré est de tenir la Torah dans la détresse, visible aux jours de Haman. Selon le Chla, s'explique alors la controverse des trois Tannaim sur la puissance d'A'hachvéroch, de Haman et de Morde'hai, trois aspects de cette réception de gré. Les vêtements de Morde'hai sont le secret de la robe des sages, des tuniques de lumière et des vêtements de prêtrise. La délivrance à venir précède en rang celle de Pourim, puisque le Nom sera alors complet.
Aussi : exposition de Zakhor sur le souvenir des épaules de l'éphod ; Pourim et Yom Kippour jamais abolis ; Haman ne tombe que devant Morde'hai de Binyamin.
ענין השלישי צריכין אנו להקדים פירוש האונס והרצון המוזכר במאמר הזה, עיין הקושיות שהקשה מנות הלוי, ועיין שם. והפשט המחוור בזה המאמר מה שכתב בו כלי חמדה פרשת יתרו בשם אביו, כי הכפיה והאונס הוא מחמת שנתרצו מכח הטובות שהגיע להם אז, והרצון הוא כאשר אוחזים התורה בצר להם ע"ש, ותעתיקנו לכאן.
ועל זה כתיב (שה"ש ב, ה) חולת אהבה אני, שישראל אוהבים הקב"ה ומחזיקים בתורתו אף בעת שהם חולים, כלומר צר להם, ולא כאומות העולם שנאמר (ישעיה ח, כא) וקלל בא-להיו, יעויין בספר שושנת עמקים בפסוק חולת אהבה אני שפירש כן. ואז מבואר שפיר המאמר, שאז בימי המן היה נראה לעינים שקבלו התורה ברצון, ולא שהיו אנוסים מחמת הטובות שהגיע אליהם:
Le troisième sujet, nous devons faire précéder l'explication de la contrainte et du gré mentionnés dans ce dit, vois les difficultés qu'a soulevées Manot haLevi, et vois là. Et le sens simple éclairci de ce dit est ce qu'a écrit à son sujet Keli Hemdah, paracha Yitro, au nom de son père : que la contrainte et l'obligation vient de ce qu'ils ont consenti par la force des biens qui leur arrivèrent alors, et le gré est lorsqu'ils tiennent la Torah dans leur détresse, vois là, et nous l'avons transcrit ici.
Et sur cela il est écrit (Cantique des Cantiques 2,5) : je suis malade d'amour, qu'Israël aiment le Saint, béni soit-Il, et tiennent à Sa Torah même au temps où ils sont malades, c'est-à-dire qu'ils sont dans la détresse, et non comme les nations du monde dont il est dit (Isaie 8,21) : et il maudit son dieu, vois dans le sefer Shoshanat Amakim sur le verset je suis malade d'amour, qu'il a expliqué ainsi. Et alors le dit est bien éclairci, qu'alors aux jours de Haman il était visible aux yeux qu'ils ont reçu la Torah de gré, et non qu'ils étaient contraints à cause des biens qui leur arrivèrent :
והנה ע"פ עניינים אלה יתבאר מחלוקת ג' התנאים במשנה, תקפו של אחשורוש, ותקפו של המן, ותקפו של מרדכי, כי המרכז של כולם הוא להזכיר טובת המקום שהגיע משלמות התורה, ולא כסברת המוניים, ויהיה ג' בחינות שמהם הומשך קבלת התורה ברצון שבארתי במאמר הזה. תקפו של אחשורוש, דהיינו והשתיה כדת אין אונס, וידוע כי יוכל לעשות כן מלך עז כמוהו שאנס את אשתו לדבר ואף על פי כן היה בתוקף וגבורה, על דרך (אבות ד, א) איזה גבור הכובש את יצרו, ומזה נמשך קבלת התורה ברצון כמו שכתבתי בטעם הא'.
ומאן דאמר תקפו של מרדכי, יורה על השני שכתבתי מענין שידוד המערכת שהוא ע"י מרדכי שהקדימו שקליהם לשקלי המן שמזה היה נמשך קבלת התורה ברצון כמו שכתבתי. ומאן דאמר תקפו של המן, היינו הצרות שגזר עלינו רשע תקיף כזה, ואף על פי כן לא רצינו להיות עמהם לאיש אחד, (כי אין ספק אם היו ח"ו רוצים להכניס בדתם, כולם היו ניצולים) ונתייחדו בתורה שאז היה נראה קבלת התורה ברצון אף שבצר להם כמו שכתבתי בדרך שלישי:
Et voici, d'après ces sujets s'expliquera la controverse des 3 Tannaim dans la Michna, la puissance d'Ahashverosh, et la puissance de Haman, et la puissance de Mordekhai, car le centre de tous est de mentionner le bienfait du Lieu qui est venu de la complétude de la Torah, et non selon l'opinion des vulgaires, et il y aura 3 aspects d'où s'est tirée la réception de la Torah de gré que j'ai expliquée dans ce dit. La puissance d'Ahashverosh, c'est-à-dire : et la boisson selon la loi, pas de contrainte, et il est connu qu'un roi puissant comme lui pouvait faire ainsi, lui qui contraignit sa femme à la chose, et néanmoins il était en force et en vaillance, à la manière de (Avot 4,1) : quel est le héros, celui qui vainc son penchant, et de là s'est tirée la réception de la Torah de gré comme j'ai écrit dans la 1re raison.
Et celui qui dit la puissance de Mordekhai, cela indique le second que j'ai écrit au sujet du bouleversement de l'ordre, qui est par Mordekhai, qu'ils firent précéder leurs shekalim aux shekalim de Haman, d'où s'est tirée la réception de la Torah de gré comme j'ai écrit. Et celui qui dit la puissance de Haman, c'est-à-dire les détresses qu'un méchant puissant comme celui-ci décréta sur nous, et néanmoins nous n'avons pas voulu être avec eux pour un seul homme (car il n'y a pas de doute que s'ils avaient, loin de nous, voulu entrer dans leur religion, tous auraient été sauvés), et ils se sont unifiés dans la Torah, qu'alors était visible la réception de la Torah de gré même dans leur détresse, comme j'ai écrit dans la troisième voie :
הרי שדברי המשנה עלתה כהוגן להודיע לנו תכלית גאולה זו ושמחתה שמצווים אנחנו לשמוח שמחה זו מה היא. וזהו סוד הבגדים שהכתוב (אסתר ח, טו) משבח למרדכי שיצא בהם, כי בודאי אין שבח למקום בבגדים נאים, ובכאן הארכתי במוסר הפרשה בשעטנז שומר נפשו ירחק מהם.
ואמנם דרך הלצה אף שהתירו רבותינו שעטנז דרבנן, לא דברה תורה אלא כנגד יצר הרע, שידעו ביניהם שאף על פי כן נעשה כן. אלא ענין הבגדים סוד חלוקא דרבנן, ואז הוא שלימות הגוף והנפש שבאדם, וכן יהיה לעתיד לבא שלימות כמו שהיה לאדם הראשון מתחלה בסוד כתנות אור, ועל סוד זה הם בגדי כהונה המוזכרים בפרשה זו (שמות כח, ד) ואלה הבגדים:
Voici que les paroles de la Michna sont sorties comme il convient pour nous faire connaître la finalité de cette délivrance et de sa joie, que nous sommes commandés de nous réjouir cette joie, ce qu'elle est. Et c'est le secret des vêtements que le verset (Esther 8,15) loue à Mordekhai qu'il sortit en eux, car certainement il n'y a pas de louange pour le Lieu dans de beaux vêtements, et ici je me suis étendu dans la morale de la paracha sur le shaatnez (mélange laine et lin), que celui qui garde son âme s'en éloignera.
Et toutefois par voie de plaisanterie, même si nos rabbins ont permis le shaatnez de décret rabbinique, la Torah n'a parlé que contre le mauvais penchant, qu'ils sachent entre eux que néanmoins cela fut fait ainsi. Seulement le sujet des vêtements est le secret de la robe des sages, et alors c'est la complétude du corps et de l'âme en l'homme, et ainsi sera pour l'avenir une complétude comme elle était à Adam le premier au commencement dans le secret des tuniques de lumière, et sur ce secret sont les vêtements de pretise mentionnés dans cette paracha (Exode 28,4) : et ceux-ci sont les vêtements :
נחזור לענין גאולת עמלק שהיתה בפורים, אף שהיה הנס גדול, אינו דומה למלחמת עמלק שיהיה לימות המשיח נגד גאולה לעתיד, מאחר שאז יהיה השם שלם כי יד על כס יה (שמות יז, טז) אשר מטעם זה לא הוזכר השם במגילה כטעם מנות הלוי דף י"א ע"א, על כן הגאולה דלעתיד קודם במעלה מגאולת פורים. ומטעם זה הקדימו פרשת זכור שאנו מתפללים על מחיית עמלק, דלעתיד מקדימין אנו לגאולת פורים, וראש המחשבה סוף המעשה (ואח"כ נתגלגלתי במוסרים להודיע מהות ו"ה שחסר עתה בגלות, ופירשתי על ג' עמודים.
התורה נקראת ו' ה', ה' חומשי תורה ו' סדרי משנה. וגם על דרך דאיתא בסוף מכות (כד, א) תרי"ג מצות עד בא דוד והעמידן על י"א ו' ה', נגד תפילה, ו' מורה על האחדות כאשר כתב הראב"ע בפרשת שמות באות ו' מן השם שהחלקים שוים להכל, כן יהיה התפילה דבוק בלי ספק רק אחדות המתדבק ה' גם כן התפילה, כי צריך להשלים פנימות לבו מחשבתו עם נגליו, דהיינו ה' חושים פנימים עם ה' חושים חיצונים.
אשר על זה פירש בנוה שלום מאמרם ז"ל (אוצר המדרשים, לעולם ד) לעולם יתפלל אדם עם הצבור, כי הצבור הם י', דהיינו דביקות ה' חושים פנימים עם החיצונים. עמוד גמילות חסדים כו' ה' ו' על דרך מאמרם (ב"ב ט, א) הנותן צדקה מתברך בשש והמפייסו בי"א, דהיינו מספר ה"ו):
Revenons au sujet de la délivrance d'Amalek qui fut à Pourim, même si le miracle était grand, il n'est pas comparable à la guerre d'Amalek qui sera aux jours du Messie face à la délivrance à venir, puisque alors le Nom sera complet, car une main sur le trône de י"ה (Exode 17,16), raison pour laquelle le Nom n'a pas été mentionné dans la Megilla, comme la raison de Manot haLevi folio 11a, c'est pourquoi la délivrance à venir précède en rang la délivrance de Pourim. Et pour cette raison ils ont fait précéder la paracha Zakhor, que nous prions sur l'effacement d'Amalek, celle de l'avenir nous la faisons précéder à la délivrance de Pourim, et le commencement de la pensée est la fin de l'acte (et ensuite je me suis étendu dans des morales pour faire connaître l'essence de ו"ה qui manque maintenant dans l'exil, et j'ai expliqué sur 3 piliers.
La Torah est appelée ו' ה', 5 livres de Torah, 6 ordres de Michna. Et aussi à la manière de ce qui est à la fin de Makkot (24a) : 613 mitsvot jusqu'à ce que vint David et les dressa sur 11, ו' ה', contre la tefila, le ו' indique l'unité comme l'a écrit Ibn Ezra (Rabbi Avraham ibn Ezra) dans la paracha Shemot sur la lettre ו' du Nom, que les parties sont égales au tout, ainsi sera la tefila attachée sans doute seulement unité de celui qui s'attache, ה' aussi la tefila, car il faut compléter l'intérieur de son cœur, sa pensée, avec ses révélés, c'est-à-dire 5 sens intérieurs avec 5 sens extérieurs.
Sur quoi a expliqué dans Névé Shalom leur dit de mémoire bénie (Otsar haMidrashim, Leolam 4) : qu'un homme prie toujours avec la communauté, car la communauté est 10, c'est-à-dire l'attachement des 5 sens intérieurs avec les extérieurs. Le pilier des actes de bonté etc. ה' ו' à la manière de leur dit (Bava Batra 9a) : celui qui donne l'aumône est béni de six et celui qui l'apaise de 11, c'est-à-dire le nombre de ה"ו) :
וזהו סוד שתי כתפיו לזכרון, הם השתי אותיות מהשם שחסרים עתה יהיו לזכרון בעת זכרון מחיית עמלק שימלא השם במהרה בימינו אמן כן יהי רצון. סליק סליק סליק:
Et c'est le secret de ses deux épaules pour souvenir, ce sont les deux lettres du Nom qui manquent maintenant, elles seront pour souvenir au temps du souvenir de l'effacement d'Amalek, que le Nom sera complété bientôt de nos jours, amen, ainsi soit-il. Achevé achevé achevé :
בעזה"י פעם אחת דרשתי בפרשת זכור
Avec l'aide de ה', une fois j'ai exposé dans la paracha Zakhor
לפני ה' על שתי כתפיו לזכרון (שמות כח, יב). זכור את אשר עשה לך עמלק (דברים כה, יז).
והימים האלה נזכרים ונעשים (אסתר ט, כח). בפסוק לזכרון קשה, וכי צריך זכרון לפניו יתברך.
ועוד הלא כבר רשומים השבטים באבני החושן, הם והאבות אברהם יצחק ויעקב. ולמה צריכין עוד על אבני שהם על האפוד זו:
Devant ה' sur ses deux épaules pour souvenir (Exode 28,12). Souviens-toi de ce qu'Amalek t'a fait (Deutéronome 25,17).
Et ces jours-ci sont évoqués et faits (Esther 9,28). Dans le verset 'pour souvenir' c'est difficile : à-t-Il donc besoin d'un souvenir devant Lui, béni soit-Il.
Et encore, les tribus ne sont-elles pas déjà inscrites sur les pierres du pectoral, elles et les pères Avraham, Yitshak et Yaakov. Et pourquoi faut-il encore sur les pierres qui sont sur cet éphod :
בפסוק זכור קשה הקושיא הכללית בכל זכרונות המוזכרים בתורה ככתוב בהיפך הדף (לעיל בד"ה לפני ה' בשם בעל העקידה). עוד קשה, התורה צותה זכור ולא שימת זמן לזכרון זו, וכי מצוה זו בכל עת ובכל שעה:
Dans le verset 'Souviens-toi' c'est difficile, la difficulté générale dans tous les souvenirs mentionnés dans la Torah, comme écrit au verso de la page (plus haut, aux mots 'devant ה'', au nom de l'auteur de l'Akeda (Akedat Yitshak)). Encore c'est difficile : la Torah a commandé 'Souviens-toi' et n'a pas fixé de temps pour ce souvenir, cette mitsva est-elle donc à tout moment et à toute heure :
נקדים מאמר אחד (ילקוט משלי ט׳:ב׳) ויהיו מתורצים כל הקושיות. טבחה טבחה (משלי ט, ב), זו אסתר המלכה, שבשעה שהגיע צער לישראל התקינה סעודה לאחשורוש ולהמן הרשע ושכרתו ביין ביותר, וכסבור היה המן בעצמו שחלקה לו כבוד, והוא לא ידע שפירשה לו מצודה שמתוך ששכרה אותו יין קנאתה לה אומות העולם.
אף ערכה שלחנה, בעוה"ז ובעוה"ב, איזהו שם טוב שקנתה שכל המועדות עתידין ליבטל וימי הפורים לא בטלו לעולם. א"ר אליעזר אף יום כיפור אינו בטל לעולם שנאמר (ויקרא טז, כט) והי[ת]ה לכם לחקת עולם, עד כאן:
Faisons précéder un dit (Yalkut Mishlei 9,2) et toutes les difficultés seront résolues. Elle a égorgé son égorgement (Proverbes 9,2), c'est Esther la reine, qu'à l'heure où la douleur atteignit Israël elle prépara un festin pour Ahashverosh et pour Haman le méchant et l'enivra beaucoup de vin, et Haman lui-même pensait qu'elle lui avait départi un honneur, et il ne savait pas qu'elle lui avait tendu un filet, que du sein de ce qu'elle l'enivra de vin les nations du monde furent jalouses d'elle.
Elle a aussi dressé sa table, en ce monde-ci et dans le monde à venir, quel est le bon nom qu'elle a acquis, que toutes les fêtes sont destinées à être abolies et les jours de Pourim ne seront jamais abolis. A dit Rabbi Eliezer : même Yom Kippour n'est jamais aboli, il est dit (Lévitique 16,29) : et ce sera pour vous un statut à jamais.
Jusqu-ici :
קשה מה ענין המצודה שהיה סבור שחלקה לו כבוד. עוד קשה ענין הביטול היאך יתבטלו הלא התורה נצחיית, עיין במנות הלוי שהאריך במאוד.
ואח"כ פירש שמה שאמרו כל המועדות עתידין ליבטל אין רצונם לומר ח"ו ביטול לגמרי, [אלא] רצו לומר על דרך בטל בס' שאמרו רז"ל (חולין צז, ב), או בטל ברובו. ורצו לומר שכמו כן יהיו לעתיד הנסים הגדולים, עד שהנסים הקודמים זכר ליציאת מצרים יהיו בטלים לנגדם, חוץ מפורים, כי לא יהי' עוד שיהיו נמכרים כל ישראל ביחד, ויעשה הקב"ה נס יותר מהנס שעשה בימי המן, כי לא יבא לכלל זה וק"ל.
וכן יום כפור לא יוכל להיות יום בשנה שהוא יותר מכפר מיום כפור שהוקבע בכל שנה וק"ל:
C'est difficile : quel est le sujet du filet, qu'il pensait qu'elle lui avait départi un honneur. Encore c'est difficile le sujet de l'abolition, comment seront-elles abolies, n'est-ce pas que la Torah est éternelle, vois dans Manot haLevi qui s'est beaucoup étendu.
Et ensuite il a expliqué que ce qu'ils ont dit : toutes les fêtes sont destinées à être abolies, leur intention n'est pas de dire, loin de nous, une abolition complète, [mais] ils ont voulu dire à la manière de 'annulé dans 60' qu'ont dit Razal (Houlin 97b), ou annulé dans sa majorité. Et ils ont voulu dire que de même il y aura à l'avenir les grands miracles, jusqu'à ce que les miracles précédents, souvenir de la sortie d'Égypte, soient annulés face à eux, hors Pourim, car il ne sera plus que tout Israël soient vendus ensemble, et que le Saint, béni soit-Il, fasse un miracle plus grand que le miracle qu'Il fit aux jours de Haman, car on n'en viendra pas à cela, et c'est léger.
Et de même Yom Kippour, il ne pourra pas y avoir un jour dans l'année qui expie plus que Yom Kippour qui a été fixé chaque année, et c'est léger :
גם אנכי אחוה דעתי ולהשוות השני הפכים פורים שהם ימי משתה, ויום כפור. אם מזרע היהודים מרדכי אשר החילות וגומר (אסתר ו, יג).
הכוונה אם הוא מאותן היהודים אשר כבר החילות לנפול לפניהם, דהיינו מבנימין אשר הוחל לנפול לפני שאול, אז נפול תפול. הענין המן לא היה יכול ליפול כי אם דוקא לפני מרדכי שבא מבנימין.
ובזה יהיה מתורץ וכי לא היה די לישראל שניצולו מגזירת המן ולמה שידד הקב"ה להיפך שיהיה המן נתלה הוא ובניו:
Moi aussi je déclarerai mon avis et pour accorder les deux contraires, Pourim qui sont des jours de festin, et Yom Kippour. Si de la semence des Juifs est Mordekhai devant qui tu as commencé etc.
(Esther 6,13). L'intention : s'il est de ces Juifs devant qui tu as déjà commencé à tomber, c'est-à-dire de Binyamin devant qui on commença à tomber devant Shaul, alors tombant tu tomberas.
Le sujet : Haman ne pouvait tomber que précisément devant Mordekhai qui vient de Binyamin. Et par là sera résolu : n'était-ce pas assez pour Israël qu'ils furent sauvés du décret de Haman, et pourquoi le Saint, béni soit-Il, a-t-Il bouleversé à l'inverse, que Haman soit pendu, lui et ses fils :
עוד קשה בשלמא ומרדכי לא יכרע (שם ג, ב) שפיר עביד שלא להשתחוות לאנדרטא. אמנם שפשט יריכו להמן והראה לו שנמכר בטולמא דלחם (מגילה טו, ב) למה עשה זה, וכי זה קידוש השם להתנגד ולמסור עצמו למיתה בחנם, אשר בזה מתורץ למה לא כתבה התורה קידוש השם שמסר אברהם אבינו את עצמו באור כשדים כמו שכתבה קידוש דדניאל.
אלא התורה לא רצתה לכתוב מעשה אברהם אבינו ע"ה שלא ילמדו ממנו הדורות אחריו לעשות כמעשהו שהלך בבחירתו וכיתת כל הצלמים ומי הכריחו לזה, אבל דניאל היה מוכרח לקדש השם. ומה שעשה אברהם אבינו היה הוראת שעה כי הדור היה צריך לכך, אבל לא כתבה התורה כדי שלא ילמדו הדורות הבאים.
א"כ הדרה קושיא לדוכתה למה התגרה מרדכי:
Encore c'est difficile : soit, et Mordekhai ne s'agenouillait pas (là 3,2), il a bien fait de ne pas se prosterner à la statue. Toutefois, qu'il tendit sa cuisse à Haman et lui montra qu'il avait été vendu pour un pain d'orge (Megilla 15b), pourquoi a-t-il fait cela, est-ce là une sanctification du Nom que de s'opposer et de se livrer à la mort pour rien, par quoi est résolu pourquoi la Torah n'a pas écrit la sanctification du Nom qu'Avraham notre père se livra lui-même à Our Kasdim, comme elle a écrit la sanctification de Daniel.
Seulement la Torah n'a pas voulu écrire l'acte d'Avraham notre père, paix sur lui, afin que les générations après lui n'apprennent de lui à faire comme son acte, qu'il alla de son choix et brisa toutes les idoles, et qui l'y contraignit, mais Daniel était forcé de sanctifier le Nom. Et ce qu'a fait Avraham notre père était un décret de l'heure, car la génération en avait besoin, mais la Torah ne l'a pas écrit afin que les générations à venir n'en apprennent.
S'il en est ainsi, la difficulté revient à sa place : pourquoi Mordekhai a-t-il provoqué :
משורש נחש יצא צפע, מעשו הרשע יצא המן שהוא עצם עשו. יכרסמנה חזיר מיער (תהלים פ, יד) אשר מצאתי כמדומה לי בשם הרקח כי עי"ן מיער היא תלויה, ואז נשאר מי"ר בגימטריא עמלקי.
והעי"ן היא תלויה לאחר אותיות מ"י העולה נ', רומז למה שכתב הפיוט תכלית שבעים נתלה על חמשים, כי ע' תלויה על מ"י העולה נ'. ועשו נקרא חזיר מיער כי הוא פושט טלפיו להראות שיש בו סימן טהרה, והוא עשו הוא נחש מרבנותו של סמאל, עיין בציוני בענין נחש ירכו, נחש יריכו שרשמתי במקום אחר (עי' פרשת תולדות תורה אור ד"ה ועתה אבאר הסוד), וענין אשר בנימן לא כרע על כן זכה שאול למלוכה, כל זה שייך לכאן.
ושם הוזכר שהוחזר לדוד שהוא אדמוני, וזה (אסתר ב, ה) איש יהודי איש ימיני:
De la racine du serpent est sorti un aspic, d'Esav le méchant est sorti Haman qui est l'essence d'Esav. Le sanglier de la forêt le ronge (Psaumes 80,14), que j'ai trouvé, il me semble, au nom du Rokeah, que le עי"ן de מיער est suspendu, et alors reste מי"ר en guematria Amaleki.
Et le עי"ן est suspendu après les lettres מ"י qui montent à 50, cela fait allusion à ce qu'a écrit le poème : la fin de soixante-dix fut pendue sur cinquante, car ע' est suspendu sur מ"י qui monte à 50. Et Esav est appelé sanglier de la forêt car il étend ses sabots pour montrer qu'il a un signe de pureté, et il est Esav, il est un serpent de la souveraineté de Samael, vois dans le Tsioni au sujet du serpent de sa cuisse, serpent de ses cuisses que j'ai noté ailleurs (vois paracha Toledot, Torah Ohr, aux mots 'et maintenant j'expliquerai le secret'), et le sujet que Binyamin ne s'agenouilla pas, c'est pourquoi Shaul mérita la royauté, tout cela appartient ici.
Et là il a été mentionné que cela fut rendu à David qui est roux, et c'est (Esther 2,5) : un homme juif, un homme yemini :
והנה המן הוא סמאל כו' כנרשם למטה. והנה פעולת הנחש הוא סמאל הוא מבצבץ בהמן ופעלו, ישראל נענשו בחטא עבודה זרה ובחטא אכילה, כמבואר בדרוש דלעיל ענין חותם טיט ודם, ומרדכי תיקן חטא עבודה זרה, ולא יכרע.
אסתר גזרה תענית, תקנה חטא אכילה, וגם בסעודה שעשתה החרידה לישראל וגרמה לתשובה תקנה חטא סעודת אחשורוש, וענין אכילה. ועל זה ענין נחש וסמאל אכילה כמו אכילת פרי עץ הדעת, ע"ז היתה שמוציאה דיבה ג"כ שם, שהוציאה הנחש מן העץ הזה אכל וברא את העולם, וזהו כפירה בחידוש העולם, כי החידוש מורה על מציאות הש"י כמו שכתבתי במקום אחר, הרי שמבצבץ הנחש בהמן.
וזה כוונת רז"ל (חולין קלט, ב) המן מן התורה מנין, שנאמר (בראשית ג, יא) המן העץ. ונתעורר אז עבודה זרה שעשה עצמו המן להשתחוות לו לעורר אנדרטא דנבוכדנצר:
Et voici, Haman est Samael etc., comme noté plus bas. Et voici, l'action du serpent, il est Samael, il pointe en Haman et son acte, Israël furent punis dans le péché d'idolâtrie et dans le péché du manger, comme expliqué dans le derach ci-dessus, le sujet du sceau d'argile et de sang, et Mordekhai a réparé le péché d'idolâtrie, et il ne s'agenouillait pas.
Esther décréta un jeûne, elle réparait le péché du manger, et aussi dans le festin qu'elle fit elle effraya Israël et causa la techouva, elle réparait le péché du festin d'Ahashverosh, et le sujet du manger. Et sur cela le sujet du serpent et de Samael, manger comme le manger du fruit de l'arbre de la connaissance, idolâtrie c'était qu'elle profère aussi une calomnie là, que le serpent profère : de cet arbre Il a mangé et a créé le monde, et c'est une négation du renouvellement du monde, car le renouvellement indique l'existence du Nom, béni soit-Il, comme j'ai écrit ailleurs, voici que le serpent pointe en Haman.
Et c'est l'intention de Razal (Houlin 139b) : Haman, de la Torah d'où, il est dit (Genèse 3,11) : המן העץ. Et alors s'éveillait l'idolâtrie, que Haman se fit lui-même pour qu'on se prosterne à lui, pour éveiller la statue de Nevukhadnetsar :
אמרו רז"ל (מגילה יג, ב) לית דידע לישנא בישא כהמן. אמרו רז"ל (ויק"ר כו, ב) חלק לבם עתה יאשמו (הושע י, ב) דורו של אחאב היו עובדי עבודה זרה והיו מנצחים, חיבור עצבי אפרים הנח לו.
על כן הלשון ישנו עם אחד מפוזר ומפורד המפוזרים בד' רוחות שהם הם מפוזרים מחמת מחלוקת שביניהם. מה עשתה אסתר, אמרה לך כנוס את כל היהודים, תעשה כנסת ישראל, רצה לומר שלום ביניהם וזהו תיקון עבודה זרה כדלעיל.
וזה רמז אסתר מהתורה מנין, רצה לומר ידענו שהוא תיקון עון אכילה והיאך רמזה שעשתה תיקון גם לעבודה זרה. ואנכי הסתר אסתיר, וזהו כתוב אצל עון עבודה זרה, וכשישראל חזרו בתשובה עשו תיקון לזה במה שהיו נחשבים כצאן לטבחה:
Ont dit Razal (Megilla 13b) : il n'y a personne qui sache le mauvais langage comme Haman. Ont dit Razal (Vayikra Rabbah 26,2) : leur cœur est partagé, maintenant ils seront coupables (Osée 10,2), la génération d'Ahab étaient adorateurs d'idolâtrie et ils étaient vainqueurs, l'attaché des idoles d'Ephraim, laisse-le.
C'est pourquoi le langage : il y a un peuple un, dispersé et séparé, les dispersés aux 4 vents, qu'ils sont eux-mêmes dispersés à cause de la discorde entre eux. Que fit Esther, elle dit : va, rassemble tous les Juifs, tu feras Kenesset Israël, c'est-à-dire la paix entre eux, et c'est le tikoun de l'idolâtrie comme ci-dessus.
Et c'est l'allusion Esther, de la Torah d'où, c'est-à-dire nous savions que c'est le tikoun de la faute du manger, et comment a-t-elle allusionne qu'elle a aussi fait tikoun pour l'idolâtrie. Et Moi, Je cacherai Je cacherai, et cela est écrit auprès de la faute d'idolâtrie, et lorsque Israël revinrent en techouva ils firent tikoun à cela en ce qu'ils étaient comptés comme un troupeau pour l'égorgement :
במדרש מגילה (ט, ד) כ"ב אלף תינוקות כו', עד שעלתה שועתם למרום כו'. באותה שעה נתגלגלו רחמיו של הקב"ה ועמד מכסא דין וישב על כסא רחמים ואמר מה קול הגדול הזה אשר אנכי שומע כגדיים וטלאים.
עמד משה רבינו ע"ה לפני הקב"ה ואמר, רבש"ע לא גדיים וטלאים כו'. באותה שעה כו'.
וקשה וכי ח"ו לא ידע הקב"ה עד שהגיד לו משה. ועוד דלפי זה מה זה עמד מכסא דין:
Dans le Midrach Megilla (9,4) : 22 mille enfants etc., jusqu'à ce que leur cri monta en haut etc. À cette heure les miséricordes du Saint, béni soit-Il, furent remuées, et Il se leva du trône de jugement et s'assit sur le trône des miséricordes et dit : quelle est cette grande voix que J'entends, comme des chevreaux et des agneaux.
Moché notre maître, paix sur lui, se tint devant le Saint, béni soit-Il, et dit : Maître du monde, non des chevreaux et des agneaux etc. À cette heure etc.
Et c'est difficile : le Saint, béni soit-Il, loin de nous, ne savait-Il pas jusqu'à ce que Moché le lui dit. Et encore, d'après cela, qu'est-ce que ceci : Il se leva du trône de jugement :
הענין על דרך פסוק (תהלים מד, כג) כי עליך הורגנו כל היום נחשבנו כצאן טבחה. שהכוונה לא איכפת לנו במסירת נפשותינו לקדושת הש"י, כי אנחנו מוכנים לזה ונהי בעינינו כצאן לטבחה ומוכנים בכל יום להריגה כמו תכלית בהמה לשחיטה:
Le sujet est à la manière du verset (Psaumes 44,23) : car pour Toi nous sommes tués tout le jour, nous sommes comptés comme un troupeau d'égorgement. Que l'intention : il ne nous importe pas dans la livraison de nos âmes pour la sainteté du Nom, béni soit-Il, car nous sommes prêts à cela et nous sommes à nos yeux comme un troupeau pour l'égorgement et prêts chaque jour à la mise à mort, comme la finalité de la bête pour l'abattage :
ונקדים הקדמה קטנה. הקב"ה מתאוה לתפלת צדיקים (בר"ר מה, ד), ואף ששומע תפלה מכל מקום אין עונה כל מבוקשו רק קצת מזה, וכשמתפלל ביותר נענה ביותר, כענין חוני המעגל עג עוגה כו' (תענית יט, א), כך היה הענין כאן, מתחילה היה נענים הצלת ישראל, אבל מיתתם של אלו כ"ב אלף ימסרו למיתה ומיתתם יהיה כפרה, וזהו שהמשילם הקב"ה לגדיים וטלאים כענין נחשבנו כצאן טבחה.
וכששמע הקב"ה קולם היו נענים לתשועת ישראל, וזהו מכסא דין לרחמים:
Et faisons précéder une petite introduction. Le Saint, béni soit-Il, désire la tefila des tsadikim (Bereshit Rabbah 45,4), et même qu'Il entend la tefila, néanmoins Il n'exaucé pas toute sa demande, seulement un peu de cela, et lorsqu'il prie davantage il est exaucé davantage, comme le sujet de Honi haMéagel qui traça un cercle etc.
(Taanit 19a), ainsi était le sujet ici, au commencement étaient exaucés le salut d'Israël, mais leur mort, de ces 22 mille, ils seraient livrés à la mort et leur mort serait une expiation, et c'est que le Saint, béni soit-Il, les a comparés à des chevreaux et des agneaux, comme le sujet : nous sommes comptés comme un troupeau d'égorgement. Et lorsque le Saint, béni soit-Il, entendit leur voix, ils étaient exaucés pour le salut d'Israël, et c'est du trône de jugement aux miséricordes :
עוד בבחינה אחרת דרך רמז, כי הזדונות נעשים זכיות החטא קודם היה מה קול הצאן בימי אגג אשר חמל שאול, ומשורש נחש יצא צפע זה המן הרע, ועתה נתהפך לזכיות מה קול הצאן אשר אנכי שומע, אמנם הם היו לקרבן. ומשה רבינו ע"ה הוסיף להתפלל לא גדיים וטלאים, רצה לומר גם הם חיו יחיו:
Encore dans un autre aspect par voie d'allusion, car les fautes volontaires deviennent des mérites, le péché auparavant était : quelle est la voix du troupeau, aux jours d'Agag qu'épargna Shaul, et de la racine du serpent est sorti un aspic, c'est ce Haman le mauvais, et maintenant cela s'est inversé en mérites : quelle est la voix du troupeau que J'entends, toutefois ils étaient pour une offrande. Et Moché notre maître, paix sur lui, ajouta à prier : non des chevreaux et des agneaux, c'est-à-dire eux aussi, vivants ils vivront :