Ce passage poursuit l'étonnement que le souvenir de Pourim précède le faire, alors que l'auteur de l'Akeda suspend toute évocation à un acte. Le décret de Haman vient de deux péchés : prosternation devant l'image, faute de l'âme, et jouissance du repas d'A'hachvéroch, faute du corps. Mordekhai et Esther les réparent, lui en ne se prosternant pas devant l'image de Haman, elle par le jeûne, le repas qui fait trembler et « va, rassemble ». Pour le Chla, la mitsva du repas de Pourim est le secret de l'attachement du corps et de l'âme, réconciliés par la techouva. La joie vise cette perfection : « les Juifs eurent lumière », c'est la Torah, reçue de gré.
Aussi : les Tannaïm sur le début de la lecture de la Megilla ; les allusions de Moché, Haman, Esther et Mordekhai dans la Torah ; l'obligation de rester parfumé à Pourim.
ויותר הפלא ופלא לדברי בעל עקידה בפרשה זו שהקשה על כל מצות התלויות בזכרון הכתובים בתורה איך שייך ציוה בדבר שאין ביד האדם, כי כמו שלא יגונה האדם כשהיה חלוש הראות, או אוטם אזניו משמוע וכיוצא בזה, כן הוא כשישכח דבר כו' עיין שם בארוכה. ותירץ דכל זכירה תמצא מקודם מעשה שמכח אותו מעשה תהיה נתלית הזכירה ההוא, כמו ע"י שמירת השבת (שמות כ, ח) זכור את יום השבת, וע"י התפילין (עי' שם יג, ט) והיו לזכרון בין עיניך, וע"י הציצית כלל המצות (במדבר טו, לט) וראיתם אותם וזכרתם כו', וכן נהגו אנשי כנסת הגדולה בנס שנעשה ע"י מרדכי ואסתר (אסתר ט, כח) והימים האלה נזכרים ונעשים.
וכאשר לא ראתה החכמה הא-להי לציון יום נועד לזכרון עמלק, רשם זכרונו בעוצם רשעתו ורע לבו, והזהיר על זה (דברים כה, יט) לא תשכח לפי שמעותד אל השכחה מאחר שלא נקשר במעשה, וחכמינו קשרו הזכירה במעשה המן, זהו כלל כוונת בעל עקידה עיין שם. וא"כ יש לתמוה טובא דהוה ליה לאנשי כנסת הגדולה לתקן העשייה קודם הזכירה מכח המעשה שעשה, ולא להקדים הזכירה לעשיה:
Et plus extraordinaire encore, selon les paroles de l'auteur de l'Akeda (Akedat Yitshak) dans cette paracha, qui a soulevé une difficulté sur toutes les mitsvot dépendant du souvenir, écrites dans la Torah : comment un commandement s'applique-t-il à une chose qui n'est pas au pouvoir de l'homme, car de même qu'on ne blâme pas l'homme lorsqu'il est faible de vue, ou qu'il bouche ses oreilles pour ne pas entendre, et de telles choses, ainsi en est-il lorsqu'il oublie une chose etc., vois là en long. Et il a répondu que toute évocation, tu trouveras d'abord un acte, par la force duquel acte cette évocation sera suspendue, comme par la garde du Chabbat (Exode 20,8) : souviens-toi du jour du Chabbat, et par les tefilin (voir là, 13,9) : et ils seront pour souvenir entre tes yeux, et par les tsitsit, l'ensemble des mitsvot (Nombres 15,39) : et vous les verrez et vous vous souviendrez etc., et ainsi ont pratiqué les hommes de la Grande Assemblée pour le miracle fait par Mordekhai et Esther (Esther 9,28) : et ces jours-ci sont évoqués et faits.
Et lorsque la sagesse divine n'a pas vu à désigner un jour fixé pour le souvenir d'Amalek, Il a inscrit son souvenir dans l'intensité de sa méchanceté et le mal de son cœur, et Il a averti là-dessus (Deutéronome 25,19) : tu n'oublieras pas, parce qu'il est destiné à l'oubli dès lors qu'il n'a pas été lié à un acte, et nos Sages ont lié le souvenir à l'acte de Haman, c'est l'ensemble de l'intention de l'auteur de l'Akeda, vois là. Et s'il en est ainsi, il y a fort à s'étonner : les hommes de la Grande Assemblée auraient dû instituer le faire avant le souvenir, par la force de l'acte qu'il a fait, et non faire précéder le souvenir au faire :
תנן בפרק הקורא למפרע (מגילה יט, א), מהיכן קורא אדם את המגילה ויוצא בה ידי חובתו. ר' מאיר אומר כולה, ר' יהודה אומר מאיש יהודי (אסתר ב, ה).
ר' יוסי אומר מאחר הדברים האלה וכו' (שם ג, א). ובגמרא (יט, א) תני רשב"י אומר מבלילה ההוא (אסתר ו, א).
מאן דאמר כולה, תקפו של אחשורוש. ומאן דאמר מאיש יהודי, תקפו של מרדכי.
ומאן דאמר מאחר הדברים האלה, תקפו של המן. ומאן דאמר מבלילה ההוא תקפו של נס.
ויש לתמוה על התנאים דמתניתין מאי טעמייהו, דבודאי מסתבר טעמיה דרשב"י להיות העיקר זכירת תקפו של נס:
On a enseigné au chapitre Celui qui lit à rebours (Megilla 19a) : d'où un homme lit-il la Megilla et s'en acquitte-t-il de son obligation. Rabbi Meir dit : toute entière.
Rabbi Yehuda dit : d'un homme juif (Esther 2,5). Rabbi Yose dit : après ces choses etc.
(là, 3,1). Et dans la Guemara (19a) on a enseigné : Rabbi Shimon bar Yohai dit : de cette nuit-là (Esther 6,1).
Celui qui dit toute entière : la puissance d'Ahashverosh. Et celui qui dit d'un homme juif : la puissance de Mordekhai.
Et celui qui dit après ces choses : la puissance de Haman. Et celui qui dit de cette nuit-là : la puissance du miracle.
Et il y a à s'étonner sur les Tannaim de notre Michna, quels sont leurs motifs, car certainement le motif de Rabbi Shimon bar Yohai est plus raisonnable, que l'essentiel soit le souvenir de la puissance du miracle :
(בכאן קודם התחלה שייך לחקור חקירה יקרה, שמחה זו שתקנו רז"ל לשתות ולשמוח בפורים מה זו עושה, כי מה שלימות יהיה כלפי שמיא לצבות בטן לאכול ולשתות כאיש גבורתו, ועיין מה שכתב הרמב"ם (הל' שביתת יו"ט ו, כא) בענין שמחת יום טוב, והובא בטור אורח חיים סוף הל' יום טוב (סימן תקכט)):
(Ici, avant le commencement, il convient de rechercher une recherche précieuse : cette joie que Razal ont instituée, de boire et de se réjouir à Pourim, que fait-elle, car quelle perfection y aura-t-il envers le Ciel à gonfler le ventre, à manger et à boire selon la force de l'homme, et vois ce qu'a écrit le Rambam (lois du repos de Yom Tov 6,21) au sujet de la joie de Yom Tov, et cela a été apporté dans le Tour Orah 'Hayim, fin des lois de Yom Tov (siman 529)) :
ידוע שגזירת המן הצרה הגדולה שהיתה בא לישראל היה בשביל שני חטאים, חטא בגוף וחטא בנפש. חטא הנפש שהשתחוו לצלם בימי נבוכדנצר, כי עוון עבודה זרה תלוי בנפש ולא בגוף במעשה דוקא, רק מיד שמקבל בלבו עבודה זרה לאלוה אז מתחייב בנפשו, אשר מטעם זה מצרף הש"י מחשבה רעה של עבודה זרה למעשה כמו שאמר רז"ל (קידושין מ, א) ולמדו מפסוק (יחזקאל יד, ה) למען תפוש [את] ישראל בלבם, אף שבשאר עבירות אינו כן.
(מטעם שכתב שורש ישי בפסוק (רות א, ב) ושם האיש אלימלך ע"ש). והכל הוא בשביל שמקבלת הלב עושה העבירה, נמצא שעון עבודה זרה תלויה בנפש:
Il est connu que le décret de Haman, la grande détresse qui était venue sur Israël, était à cause de deux péchés, un péché dans le corps et un péché dans l'âme. Le péché de l'âme : qu'ils se sont prosterné devant l'image aux jours de Nevukhadnetsar, car la faute d'idolâtrie dépend de l'âme et non du corps dans l'acte précisément, seulement dès qu'il accepte en son cœur l'idolâtrie comme un dieu, alors il est passible de sa vie, c'est pourquoi le Nom, béni soit-Il, joint une mauvaise pensée d'idolâtrie à l'acte, comme ont dit Razal (Kidouchin 40a) et ils ont appris du verset (Ezechiel 14,5) : afin de saisir Israël dans leur cœur, même que dans les autres transgressions il n'en est pas ainsi.
(Pour la raison qu'a écrite Shoresh Yishai au verset (Ruth 1,2) : et le nom de l'homme était Elimelekh, vois là). Et tout cela est parce que l'acceptation du cœur fait la transgression, il se trouve que la faute d'idolâtrie dépend de l'âme :
חטא בגוף, דהיינו מה שנהנו מסעודתו של אחשורש. אלו השני החטאים ביחד גרמו להגזירה ההיא (וכן פירש רש"י בהדיא בפסוק (אסתר ד, א) ומרדכי ידע את כל אשר נעשה).
במסכת מגילה (יב, א) שאלו תלמידיו את רשב"י מפני מה נתחייבו שונאיהם של ישראל כליה כו', עיין בספר מנות הלוי בהקדמה אשר הכלל העולה הוא מתשובת רשב"י שהגזירה היתה בשביל החטאים, ועל אלו שני חטאים היתה השאלה אם בדם החתימה, או בטיט, כי אף שהגזירה נגזרה בשביל שניהם מכל מקום השאלה מצד איזהו מהחטאים היה נחתם הגזר דין שהוא יותר עיקר, עיין כוונה זו במנות הלוי בפסוק ומרדכי ידע את כל אשר נעשה:
Péché dans le corps, c'est-à-dire ce qu'ils ont joui du repas d'Ahashverosh. Ces deux péchés ensemble ont causé ce décret (et ainsi a expliqué Rachi explicitement au verset (Esther 4,1) : et Mordekhai sut tout ce qui avait été fait).
Dans le traité Megilla (12a) ses disciples ont demandé à Rabbi Shimon bar Yohai : pourquoi les ennemis d'Israël ont-ils été passibles d'extermination etc., vois dans le sefer Manot haLevi dans l'introduction, dont la règle qui en sort de la réponse de Rabbi Shimon bar Yohai est que le décret était à cause des péchés, et sur ces deux péchés était la question : si avec le sang du sceau, ou avec l'argile, car même si le décret a été décrété à cause des deux, néanmoins la question est du côté de lequel des péchés la sentence a été scellée, qui est le plus principal, vois cette intention dans Manot haLevi au verset : et Mordekhai sut tout ce qui avait été fait :
ועל ענין זה אמרו רז"ל במסכת חולין בפרק שלוח הקן (קלט, ב) משה מן התורה מנין, שנאמר (בראשית ו, ג) בשגם הוא בשר, בשגם בגימטריא משה. המן מן התורה מנין, שנאמר (בראשית שם ג, יא) המן העץ.
אסתר מן התורה מנין, שנאמר (דברים לא, יח) ואנכי הסתר אסתיר. מרדכי מן התורה מנין, שנאמר (שמות ל, כג) ואתה קח לך בשמים מר דרור, ומתרגמינן מר"י דכי"א, עד כאן:
Et sur ce sujet ont dit Razal dans le traité Houlin, au chapitre Shiluah haKen (139b) : Moché, de la Torah d'où, il est dit (Genèse 6,3) : בשגם הוא בשר, בשגם en guematria משה. Haman, de la Torah d'où, il est dit (Genèse, là 3,11) : המן העץ.
Esther, de la Torah d'où, il est dit (Deutéronome 31,18) : et Moi, Je cacherai Je cacherai. Mordekhai, de la Torah d'où, il est dit (Exode 30,23) : et toi, prends pour toi des aromates, mor deror, et nous traduisons מרי דכיא.
Jusqu-ici :
ידוע כי ראה ראינו תיקון אלו החטאים במשה רבינו ע"ה. תיקון עון עבודה זרה במעשה עגל, שעמד נגד ס' רבוא מישראל ודן אותם.
וכן ענין האכילה מ' יום ומ' לילה לחם לא אכל, פירש את עצמו אפילו מן המותר. והנה אם יאמר האומר דוקא משה שהיה כחו גדול אשר לא קם כמשה יכול לעשות כזה, אבל אינש דעלמא המסובך בבשר החומר הגס לא.
על זה אמר שרמז ענין משה בשגם הוא בשר, רצה לומר אע"פ שמי שהוא בשר דהיינו חומרי יכול לעשות כן אם ירצה להיות ימיו ק"ך כק"ך של משה רבינו ע"ה, שעמד בהר ג' פעמים ארבעים יום דהיינו ק"ך יום, אשר פירש עצמו אפילו מן המותר:
Il est connu que nous avons bien vu le tikoun (réparation) de ces péchés en Moché notre maître, paix sur lui. Le tikoun de la faute d'idolâtrie dans l'acte du veau, qu'il s'est tenu contre 600 mille d'Israël et les a jugés.
Et de même le sujet du manger : 40 jours et 40 nuits il n'a pas mangé de pain, il s'est séparé même du permis. Et voici, si le diseur dit : précisément Moché dont la force était grande, que nul ne s'est levé comme Moché, peut faire ainsi, mais un homme du commun empeetre dans la chair de la matière grossière, non.
Sur cela il a dit qu'il a fait allusion au sujet de Moché dans בשגם הוא בשר, c'est-à-dire bien que celui qui est chair, c'est-à-dire matériel, puisse faire ainsi s'il veut que ses jours soient 120 comme les 120 de Moché notre maître, paix sur lui, qui s'est tenu sur la montagne 3 fois quarante jours, c'est-à-dire 120 jours, lui qui s'est séparé même du permis :
ברמז המן שמרמז בתורה, נרמז חטא האכילה שהביא הגזירה לעולם ע"י אכילה בימי אדם הראשון כשאכל מן העץ, וכן אירע בימי המן בשביל חטא אכילה שנהנו מסעודתו של אחשורוש, אף על פי כן היה הסוף שנתלה על העץ וזהו המן, המן העץ:
Dans l'allusion de Haman qui est allusionnée dans la Torah, est allusionne le péché du manger qui a amené le décret sur le monde par un manger aux jours d'Adam le premier lorsqu'il mangea de l'arbre, et ainsi il est arrivé aux jours de Haman à cause du péché du manger, qu'ils ont joui du repas d'Ahashverosh, même ainsi la fin fut qu'il fut pendu à l'arbre, et c'est Haman, המן העץ :
בפסוק ( ) ואנכי הסתר אסתיר שכתוב אצל עון עבודה זרה נרמז שבעון עבודה זרה יסתיר פניו מהם, כמו שאירע כאן מפני חטא שהשתחוו לצלם, ואף על פי כן באתה התשועה על ידי אסתר. (כמדומה לי שקרוב לכוונה זו כתב הגאליק בפירוש המגילה שלו):
Au verset (Deutéronome 31,18) : et Moi, Je cacherai Je cacherai, qui est écrit auprès de la faute d'idolâtrie, est allusionne que par la faute d'idolâtrie Il cachera Sa face d'eux, comme il est arrivé ici à cause du péché qu'ils se sont prosterné devant l'image, et même ainsi le salut est venu par Esther. (Il me semble que proche de cette intention a écrit le Galik dans son commentaire de la Megilla) :
מרדכי מן התורה מנין רומז ג"כ על ענין זה. כי פרשת ואתה קח לך בשמים ראש מר דרור כתוב לאחר פרשת שקלים, ובמסכת מגילה (יג, ב) אר"ש בן פזי, גלוי וידוע לפני מי שאמר והיה העולם שעתיד המן לשקול שקלים.
ואפשר לפרש סוד השקלים על מערכת המזלות, ששם הכל קצוב ושק[ו]ל ומד[ו]ד ומנוי, והמן הוא הפיל פור, וכופר נפש מציל מזה, בסוד (ישעיה מג, ד) ואתן אדם תחתיך. בקום עלינו אדם (תהלים קכד, ב), ולא מלך (מגילה יא, א), זה המן על ישראל, לפיכך הקדים הקב"ה שקליהם לשקליו והיינו דתנן (שקלים א, א) בא' באדר משמיעין על השקלים:
Mordekhai, de la Torah d'où, fait aussi allusion à ce sujet. Car la paracha : et toi, prends pour toi des aromates, tête de mor deror, est écrite après la paracha Shekalim, et dans le traité Megilla (13b) a dit Rabbi Shimon ben Pazi : il est révélé et connu devant Celui qui a dit et le monde fut, que Haman était destiné à peser des shekalim.
Et il est possible d'expliquer le secret des shekalim sur l'ordre des constellations, que là tout est alloué et pesé et mesuré et compté, et Haman c'est lui qui a jeté le sort, et une rançon d'âme sauve de cela, dans le secret de (Isaie 43,4) : et Je donnerai un homme à ta place. Si un homme s'était levé contre nous (Psaumes 124,2), et non un roi (Megilla 11a), c'est Haman contre Israël, c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, a fait précéder leurs shekalim aux siens, et c'est ce qu'on a enseigné (Shekalim 1,1) : le 1er Adar on proclame au sujet des shekalim :
ונגד אלו שני חטאים היה תיקון מרדכי ואסתר. מרדכי תיקן עבודה זרה במה שהיה מתקן עצמו שלא השתחוה לצלם המן.
וחטא אכילה נתקן ע"י אסתר וחרדה את ישראל בסעודה שהזמינה להמן, כמו שאמרו רז"ל (מגילה טו, ב) טעם אחד מה ראתה אסתר שזימנה כו', וכדי שיהיה החרדה מהסעודה כפרה להנאה מהסעודה שחטאו, לכן ציותה (אסתר ד, טז) צומו עלי אל תאכלו ואל תשתו, שהוא תיקון לאותו החטא. ואמרה (שם) לך כנוס את כל וגו', היפך מאמר המן שאמר עם מפוזר ומפורד שהוא סיבה להיות כלה בית ישראל ח"ו, כמ"ש (הושע י, ב) חלק לבם עתה יאשמו.
דורו של אחאב היו מנצחים כו' (ויק"ר כו, ב). על כן אמר המן שהם במחלוקת ואינם באחדות אחת שהרי הם מפוזרים בארבע כנפות הארץ, ואף בכל קיבוץ וקיבוץ מהם יש פירוד וע"כ יכול נוכל להם:
Et contre ces deux péchés était le tikoun de Mordekhai et Esther. Mordekhai a réparé l'idolâtrie en ce qu'il se préparait lui-même à ne pas se prosterner devant l'image de Haman.
Et le péché du manger à été réparé par Esther, et elle a fait trembler Israël par le repas qu'elle a invité pour Haman, comme ont dit Razal (Megilla 15b) : une raison, que vit Esther pour inviter etc., et afin que le tremblement du repas soit une expiation pour la jouissance du repas par lequel ils ont péché, c'est pourquoi elle a ordonné (Esther 4,16) : jeûnez pour moi, ne mangez pas et ne buvez pas, qui est un tikoun pour ce péché. Et elle a dit (là) : va, rassemble tous etc., l'inverse du dit de Haman qui a dit : un peuple dispersé et séparé, qui est une cause pour que soit détruite la maison d'Israël, loin de nous, comme il est écrit (Osée 10,2) : leur cœur est partagé, maintenant ils seront coupables.
La génération d'Ahab étaient vainqueurs etc. (Vayikra Rabbah 26,2).
C'est pourquoi Haman a dit qu'ils sont dans la discorde et non dans une seule unité, puisqu'ils sont dispersés aux quatre coins de la terre, et même dans chaque rassemblement et rassemblement d'eux il y a une séparation, et c'est pourquoi nous pourrons prévaloir sur eux :
וכראות אסתר זה החטא בישראל, שהיה בעת ההיא אותו החטא יותר גדול מאלו היה פעם אחרת מהטעם שלא היה קירבה בענייני אלהיים רק רחוק, ובענייני החטא היה להם קירוב יחד, דהיינו בחטא הסעודה שהלכו לשם י"ח אלף כדאיתא במדרש (אסת"ר ז, יג), וגדולה לגימה שמקרבת (עי' סנהדרין קג, ב), נמצא שהיה החטא הפירוד שבישראל אז יותר ק' פעמים מפעם אחר שהיה קירבם להרע דהיינו בסעודה, על כן תקנה זה ואמרה לך כנוס ודו"ק, לכך נעשה הנס לאסתר בסעודה וק"ל:
Et lorsque Esther a vu ce péché en Israël, que dans ce temps-là ce péché était plus grand que s'il avait été une autre fois, pour la raison qu'il n'y avait pas de proximité dans les affaires divines, seulement un éloignement, et dans les affaires du péché ils avaient un rapprochement ensemble, c'est-à-dire dans le péché du repas où y allèrent 18 mille, comme il est dans le Midrach (Esther Rabbah 7,13), et grande est une gorgée qui rapproche (voir Sanhédrin 103b), il se trouve que le péché de la séparation qui était en Israël alors était plus de 100 fois qu'une autre fois, car leur rapprochement était vers le mal, c'est-à-dire au repas, c'est pourquoi elle a réparé cela et a dit : va, rassemble, et examine bien, c'est pourquoi le miracle a été fait pour Esther au repas, et c'est léger :
וזה ענין מצות הסעודה שנצטוו עליה, לא הוללת וסכלות והשגעון, אלא סוד הסעודה היא סוד הדביקות גוף ונפש שחטאו בשתים אלו ונתרצו בשתים אלו כשעשינו תשובה עליהם כדפרישית:
Et c'est le sujet de la mitsva du repas qu'on leur a commandée, non débauche et sottise et folie, mais le secret du repas est le secret de l'attachement du corps et de l'âme, qu'ils ont péché en ces deux et ont été réconciliés en ces deux lorsque nous avons fait techouva sur eux, comme je l'ai expliqué :
ואם תרצה להבין סוד דביקות הגוף ונפש מהסעודה, אזי תעיין מה שכתבתי באותיות שלי באות ק' קדושה בענין קדושת האכילה. גם הסעודה בסוד של סעודת לויתן, וסוד מטעמי יצחק, וסוד סעודת רבי שלא פסקו מעל שלחנם שכתבתי מזה במקום אחר, ומשלוח מנות ומתנות, והאריך בתוכחת השכרות ואיך הטריחו עצמן לפרש מאמר (מגילה ז, ב) חייב אדם לבסומי כו'.
עוד נרשם לקמן בסוף קונטריס שני על דרך הסוד חייב אינש לבסומי כו', ואני הגדתי דרך הלצה:
Et si tu veux comprendre le secret de l'attachement du corps et de l'âme à partir du repas, alors tu regarderas ce que j'ai écrit dans mes lettres, à la lettre ק, kedousha, au sujet de la sainteté du manger. Aussi le repas est dans le secret du repas du Livyatan, et le secret des mets d'Yitshak, et le secret du repas de Rabbi dont on n'a pas cessé de dessus leur table, dont j'ai écrit ailleurs, et l'envoi de portions et les dons, et il s'est étendu dans la réprimande de l'ivresse et comment ils se sont donnés de la peine pour expliquer le dit (Megilla 7b) : un homme est tenu de s'enivrer etc.
Encore c'est noté plus bas, à la fin du deuxième kuntres, par voie de secret : un homme est tenu de s'enivrer etc., et moi j'ai raconté par voie de plaisanterie :
והנה בכאן שתי קושיות. א' המדה הרעה משכרות הגדול הזה שהתירו חז"ל לפום ריהטי.
הב' נתקשה לתוס' (מגילה ז, ב ד"ה דלא) איך הוא באפשר שיהי' האדם כל כך שיכור שלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי, על כן כתבו כל הנוסחא. עוד יש לדקדק דקדוק הלשון שאמר חייב לבסומי, כי השכרות גדול אינו נקרא בסומי, רק מבוסם נקרא מי שאינו שיכור כל כך.
על כן אני אומר שאדרבא באמרם זה הזהירנו באזהרה שלא נשכר כל כך, רק חייב אינש לישאר מבוסם, רק רשאי להיות שכור היינו כשלא ידע בין ארור המן, וזהו דבר בלתי אפשר כמו שהקשיתי, ממילא יהיה קיים הדבר שמחייב לישאר מבוסם, כי התנאי בטל והחיוב קיים, ודוק היטב (והאריך מוסר מענין שעושין בפורים בטול ברכת המזון ותפילה):
Et voici ici deux difficultés. 1.
La mauvaise qualité de cette grande ivresse que Hazal ont permise à première vue. 2.
Les Tossefot ont eu une difficulté (Megilla 7b, aux mots 'qui ne') : comment est-il possible que l'homme soit si ivre qu'il ne sache pas entre maudit Haman et béni Mordekhai, c'est pourquoi ils ont écrit toute la leçon. Encore il y a à préciser la précision de la langue qui a dit : il est tenu de s'enivrer, car la grande ivresse n'est pas appelée s'embaumer, seulement parfumé est appelé celui qui n'est pas si ivre.
C'est pourquoi je dis qu'au contraire, en disant cela ils nous ont avertis d'un avertissement de ne pas nous enivrer tant, seulement un homme est tenu de rester parfumé, seulement il est permis d'être ivre, c'est-à-dire lorsqu'il ne saura pas entre maudit Haman, et c'est une chose impossible comme je l'ai soulevée, de soi-même la chose subsistera qui oblige à rester parfumé, car la condition est nulle et l'obligation subsiste, et scrute bien (et il s'est étendu en morale au sujet de ce qu'on fait à Pourim, l'abolition de Birkat haMazon et de la tefila) :
הרי תכלית שמחתינו בפורים הוא שלימות הגוף והנפש שזכרנו אליו, כמו שאמרו רז"ל (מגילה טז, ב) על פסוק (אסתר ח, טז) ליהודים היתה אורה זו תורה כו', וששים ושמחים אנו שזכינו מחמת פורים להתורה שהיא ג"כ גוף ונפש, נגלה ונסתר כנודע. והיא שכל המעשה ושכל העיוני שקבלו זה.
כי המן ביקש לעקור הגוף והנפש כמו שכתוב (שם ג, יג) להשמיד ולהרוג. להשמיד לשון שמד, דהיינו לאבד הנפש.
ולהרוג הגוף. כן פירש במנות הלוי בפסוק להשמיד להרוג.
וכן אמרו רז"ל (שבת פח, א) שקבלו בימי אחשורוש התורה ברצון:
Voici, la finalité de notre joie à Pourim est la perfection du corps et de l'âme que nous avons mentionnée à son sujet, comme ont dit Razal (Megilla 16b) sur le verset (Esther 8,16) : les Juifs eurent lumière, c'est la Torah etc., et nous nous réjouissons et sommes joyeux d'avoir mérité à cause de Pourim la Torah, qui est aussi corps et âme, révélé et caché, comme il est connu. Et elle est l'intellect de l'acte et l'intellect contemplatif qu'ils ont reçu cela.
Car Haman a cherché à déraciner le corps et l'âme, comme il est écrit (là, 3,13) : pour détruire et pour tuer. Détruire, langage de shemad (conversion forcée), c'est-à-dire perdre l'âme.
Et tuer, le corps. Ainsi a-t-il expliqué dans Manot haLevi au verset : pour détruire, pour tuer.
Et ainsi ont dit Razal (Chabbat 88a) qu'ils ont reçu aux jours d'Ahashverosh la Torah de gré :
וזהו נוסח המאמר, ויתיצבו בתחתית ההר כו' (שמות יט, יז). הנה נוכל להגיד ג' טעמים למה קבלו עתה התורה ברצון.
א' שחטא שחטאו במה שנהנו מסעודה של אותו רשע היה ברצון בלי שום אונס, כמו שכתוב (אסתר א, ח) והשתיה כדת אין אונס, וכתיב (שם) לעשות כרצון איש ואיש, ודרשו רז"ל (מגילה יב, א) כרצון מרדכי וכרצון המן כו', לכך תקנו נגד זה מה שקבלו התורה מתחילה באונס, קבלו עתה ברצון:
Et c'est la formule du dit : et ils se tinrent au pied de la montagne etc. (Exode 19,17).
Voici, nous pouvons dire 3 raisons pourquoi ils ont maintenant reçu la Torah de gré. 1.
Que le péché qu'ils ont péché en ce qu'ils ont joui du repas de ce méchant était de gré, sans aucune contrainte, comme il est écrit (Esther 1,8) : et la boisson selon la loi, pas de contrainte, et il est écrit (là) : pour faire selon le gré de chaque homme, et Razal ont expliqué (Megilla 12a) : selon le gré de Mordekhai et selon le gré de Haman etc., c'est pourquoi ils ont réparé contre cela : ce qu'ils ont reçu la Torah au commencement sous contrainte, ils l'ont maintenant reçue de gré :
טעם השני כי ראינו גודל שינוי המערכת כאשר מוזכר בארוכה בספר מאמץ כח פרשת זכור, שחקר חקירה יקרה מה ענין הנס, והעולה שהנס היה שידוד המערכת. ובאמת מי יוכל לשער הנס ושידוד הגדול שהיה, כי אלו היה הקב"ה מצילנו מידם היה די נס גדול, אלא אף היפך לגמרי המערכת שאנו הרגנו הקמים עלינו.
וא"כ באשר ראה ראינו שאין אנו אנוסים תחת שום כח בלתי לה' לבדו וברצונו לשדד המערכת בשאר נסים בעבור זה היה מן הראוי לנו גם כן שנעשה זה לכבוד יוצרינו לקבל תורתו ברצון, ולא כמאז באונס:
La deuxième raison : car nous avons vu la grandeur du changement de l'ordre, comme il est mentionné en long dans le sefer Méamets Koah, paracha Zakhor, qui a recherché une recherche précieuse : quel est le sujet du miracle, et ce qui en sort est que le miracle était le bouleversement de l'ordre. Et en vérité qui peut estimer le miracle et le grand bouleversement qui fut, car si le Saint, béni soit-Il, nous avait sauvés de leur main, cela eut été assez un grand miracle, mais Il a même entièrement inversé l'ordre, que nous avons tués ceux qui se levaient contre nous.
Et s'il en est ainsi, puisque nous avons bien vu que nous ne sommes contraints sous aucune force sinon à ה' seul, et par Sa volonté de bouleverser l'ordre dans les autres miracles, à cause de cela il était convenable pour nous aussi que nous fassions cela pour l'honneur de notre Formateur, de recevoir Sa Torah de gré, et non comme alors sous contrainte :
ואם תשאל הלא גם במצרים ראינו שאנו ברצון ולא באונס תחת המערכת, כי שם נשדד המערכת לגמרי ונשארנו בני חורין, אבל כאן לא היינו בני חורין, כי מטעם זה אין אומרים הלל כדאיתא בגמרא (שם יד, א) עבדי ה' ועבדי אחשורוש ג"כ והיה עלינו מורא מלכיות, אפ"ה לא עזבנו בארץ אויבינו, ובעל כרחו של אחשורוש ושלא בטובתו נתן לנו רשות ונגד עיניו עשינו זה אף שהיה רע בעיניו כמו שאמר (אסתר ט, יב) בשאר מדינות מה עשו, ובתוך כדי דיבור אנסו הקב"ה שהוצרך לומר (שם) מה שאלתך:
Et si tu demandes : n'est-ce pas qu'aussi en Égypte nous avons vu que nous sommes de gré et non sous contrainte sous l'ordre, car là l'ordre a été entièrement bouleversé et nous sommes restés hommes libres, mais ici nous n'étions pas hommes libres, car pour cette raison on ne dit pas le Hallel, comme il est dans la Guemara (là, 14a) : serviteurs de ה' et aussi serviteurs d'Ahashverosh, et la crainte des royaumes était sur nous, même ainsi Il ne nous a pas abandonnés au pays de nos ennemis, et contre le gré d'Ahashverosh et non pour son bien il nous a donné permission, et devant ses yeux nous avons fait cela même que c'était mal à ses yeux, comme il a dit (Esther 9,12) : dans les autres provinces, qu'ont-ils fait, et dans le même propos le Saint, béni soit-Il, l'a contraint, qu'il a dû dire (là) : quelle est ta demande :
הב' כי כאן היה המערכת מורה בפרטות על הרוע, כי הפיל פור מיום ליום כו' מאמר בדק במזלות כו' המובא במנות הלוי עיין שם, משא"כ במצרים שהיתה מערכת שלהם דרך כלל ודוק:
Le 2e : car ici l'ordre indiquait en particulier le mal, car il a jeté le sort de jour en jour etc., le dit : il a examiné dans les constellations etc., apporté dans Manot haLevi, vois là, ce qui n'est pas ainsi en Égypte, dont l'ordre était de façon générale, et examine :