Ce passage poursuit le secret de « Et Avraham deviendra certainement » (Berechit 18,18), mot d'avenir, secret de « En ce jour-là, Hachem sera Un et Son Nom Un ». Le Chla dit une parole sur les deux yireh de Berechit 22,14 : le premier au 'hirik, le second au tséré. Ils font allusion à la parole des Sages : « De la manière dont il vient voir, ainsi vient-il pour être vu. » Pour Rachi, la massora (orthographe) et le mikra (lecture) se rapportent au Saint, béni soit-Il ; Rabbenou Tam les rapporte à l'homme, car l'expression de venir ne s'applique pas à la Che'hina. Le verset s'accomplira : « Car œil contre œil ils verront, lorsque Hachem reviendra à Sion ».
Aussi : à Sodome, deux trouvailles, Ruth et Naomi, et David trouvé là ; Avimelekh prenant Sarah, exil de la Che'hina et retour en honneur ; « Et Hachem visita Sarah » et la naissance d'Its'hak, Israël disant « Car Tu es notre Père »
וכבר רמזתי למעלה ענין הסוד של (בראשית יח, יח) ואברהם הי"ו יהי"ה המורה על העתיד סוד (זכריה יד, ט) ביום ההוא יהיה ה' אחד ושמו אחד, והארכתי במאוד בדרוש הזה בהקדמת תולדות אדם בחלק הנקרא בית ידו"ד (ב) ד"ה ועל פי מה שכתבתי) ובית דו"ד, ושם תמצא מבואר בביאור נפלא על ענין הזה מאמר בב"ר (נו, טז) אברהם קרא אותו יראה שנאמר (בראשית כב, יד) ויקרא אברהם שם המקום ההוא ה' יראה, שם קרא אותו שלם כו', עד יהי רצון שאראה בבנין ביתו ע"ש, זיל קרי שם ותמצא נפלאות בתורתינו:
J'ai déjà fait allusion plus haut au sens secret de: 'Et Abraham deviendra certainement...' (Bereshit 18,18), dont le mot 'deviendra' indique l'avenir, secret de: 'En ce jour-là, ה' sera Un et Son Nom Un' (Zekharyah 14,9). J'ai traité très longuement ce derouch (exposé homilétique) dans l'introduction de Toldot Adam, dans la partie appelée Beit ha-Shem (Maison du Nom), section 2, sous le lemme 'Et selon ce que j'ai écrit', et dans Beit David.
Là-bas, tu trouveras admirablement expliqué cet enseignement de Bereshit Rabbah (56,16): 'Abraham l'appela Yireh, comme il est dit: Abraham donna à ce lieu le nom de: ה' verra; Sem l'appela Shalem, etc.', jusqu'à: 'Puisse-t-Il vouloir que je voie la construction de Sa Maison.' Vois là-bas et tu trouveras des merveilles dans notre Torah:
והפסוק הזה (בראשית כב, יד) ויקרא אברהם שם המקום ההוא ה' יראה אשר יאמר היום בהר ה' יראה, הואיל ואתא לידי, אימא ביה מילתא. הזכיר שני פעמים יראה, הראשון נקוד בחיר"ק יראה, השני נקוד בצר"י.
כבר כתבתי שההבטחה הגדולה רומז על עתיד, וכתיב (ישעיה נב, ח) כי עין בעין יראו בשוב ה' ציון. על כן אני אומר ב' פעמים יראה רומזים למה שאמרו רז"ל כדרך שבא לראות כך בא ליראות, והכי איתא בריש חגיגה (חגיגה ב, א), תניא יוחנן בן דהבאי אומר משום רבי יהודה, סומא באחד מעיניו פטור מן הראייה, שנאמר (שמות כג, יז) יראה יראה כדרך שבא לראות כך בא ליראות, מה לראות בשתי עיניו, אף ליראות בשתי עיניו:
Ce verset: 'Abraham donna à ce lieu le nom de ה' yireh; comme on dit aujourd'hui: sur la montagne de ה' il sera vu' (Bereshit 22,14), puisque je l'ai rencontré, j'en dirai une parole. Il mentionne deux fois yireh: le premier est vocalisé avec un hirik (voyelle i), le second avec un tsere (voyelle é).
J'ai déjà écrit que la grande promesse fait allusion à l'avenir, comme il est écrit: 'Car œil contre œil ils verront, lorsque ה' reviendra à Sion' (Yeshayah 52,8). Aussi dis-je que les deux yireh font allusion à ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit: 'De la manière dont il vient voir, ainsi vient-il pour être vu.' Et cela se trouve au début de Hagiga (Hagiga 2a): il est enseigné dans une baraita (enseignement rabbinique ancien): Yo'hanan ben Dahavaï dit au nom de Rabbi Yehouda: 'Celui qui est aveugle d'un œil est dispensé de l'obligation de comparaître (ré'iyah), car il est dit: yireh-yéraéh; de la manière dont il vient voir, ainsi vient-il pour être vu.
De même qu'il voit de ses deux yeux, ainsi est-il vu de ses deux yeux' (Shemot 23,17).
וזה לשון רש"י, יראה כתיב, וקרינן יראה כו', כדרך שבאך לראותך כך הוא בא ליראות ממך. מה לראות בשתי עיניו, אף כאן ליראות מן האדם בשתי עיניו של אדם, עד כאן לשונו.
וזה לשון התוספות, יראה יראה כדרך שבא ליראות, פירש רש"י כדרך שבא הקב"ה לראותך דהיינו בשתי עיניו, אף אתה בא לראותו בשתי עיניך. ולא יתכן לר"ת, דהא לא שייך ביאה גבי שכינה שבכל מקום.
ועוד דדריש מסורת קודם, אדרבא היה לנו למדרש המקרא קודם. על כן גריס ר"ת יראה יראה, מה ליראות בשתי עיניו שהאדם בא להתראות לפני המקום בב' עיניו של מקום, אף אדם בא לראות המקום בשתי עיניו, עד כאן ביאור דבריהם:
Voici les termes de Rachi (Rabbi Chlomo Yitshaki): 'Yireh est écrit et yéraéh est lu, etc. De la manière qu'Il vient te voir, ainsi vient-Il pour être vu de toi.
De même qu'Il voit de Ses deux yeux, ainsi, ici, Il est vu par l'homme avec les deux yeux de l'homme.' Fin de ses paroles. Voici les termes des Tossafot (gloses médiévales): 'Yireh-yéraéh: de la manière qu'il vient pour être vu.
Rachi explique: de la manière que le Saint, béni soit-Il, vient te voir, c'est-à-dire avec Ses deux yeux, ainsi tu viens Le voir avec tes deux yeux. Cela ne convient pas à Rabbenu Tam (Rabbi Yaakov ben Meir), car l'expression de venir ne s'applique pas à la Chekhina (Présence divine), qui est en tout lieu.
De plus, il explique d'abord la massora (orthographe transmise); au contraire, il nous faudrait expliquer d'abord le mikra (lecture du texte). C'est pourquoi Rabbenu Tam lit: yéraéh-yireh.
De même que l'homme vient pour être vu devant le Lieu (Nom divin) avec les deux yeux du Lieu, ainsi l'homme vient voir le Lieu avec ses deux yeux.' Fin de l'explication de leurs paroles:
כי התוספות מבינים את דברי רש"י דבין יראה בחיר"ק שהוא המסורה, ובין יראה בציר"י שהוא המקרא תרווייהו קאי אקב"ה, והמסורה פירושו שהאדון בא לראותך, והמקרא פירושו שהקב"ה בא לראות מהאדם. ועל זה הקשה ר"ת דלא שייך ביאה בהקב"ה, וגם אין סברא לתלות המקרא במסורה, ועל כן מהפך ר"ת הגירסא וגריס ליראות שהוא המקרא מקודם, ואח"כ לראות שהוא המסורה, ואז תולה המסורה במקרא ודריש תרווייהו אאדם.
ואמר כדרך שבא האדם ליראות מהקב"ה בשתי עיניו, אף הוא יראה את המקום בשתי עיניו. גם בריש ערכין (ב, ב) פירש רש"י דתרווייהו קאי אקב"ה, וזה לשונו, יראה, כדרך שהקב"ה בא לראות אותך והוא שלם בב' עיניו, כך בא ליראות שיהא הוא נראה לך בב' עיניך, עד כאן לשונו.
ובפ"ק דסנהדרין דף ד' (ב) משמע בתוספות (ד"ה כדרך שבא) שרש"י מפרש יראה בחיר"ק על הקב"ה, ויראה בציר"י אאדם. ורש"ל בחכמת שלמה האריך שם, ויש מקים עיון על דברי רש"ל ואין כאן מקומו:
Les Tossafot comprennent les paroles de Rachi ainsi: tant yireh avec hirik, qui est la massora, que yéraéh avec tsere, qui est le mikra, se rapportent tous deux au Saint, béni soit-Il. La massora signifie que le Maître vient te voir, et le mikra signifie que le Saint, béni soit-Il, vient être vu par l'homme.
Rabbenu Tam objecte à cela que l'expression de venir ne s'applique pas au Saint, béni soit-Il, et qu'il n'est pas raisonnable de faire dépendre le mikra de la massora. C'est pourquoi Rabbenu Tam renverse la version et lit d'abord léraot, qui est le mikra, puis lirot, qui est la massora; il fait alors dépendre la massora du mikra et les explique tous deux à propos de l'homme.
Il dit: 'De la manière que l'homme vient pour être vu du Saint, béni soit-Il, par Ses deux yeux, ainsi il voit le Lieu de ses deux yeux.' Au début de Arakhin (Arakhin 2b), Rachi explique aussi que les deux se rapportent au Saint, béni soit-Il. Voici ses termes: 'Yireh: de la manière que le Saint, béni soit-Il, vient te voir et qu'Il est entier avec Ses deux yeux, ainsi Il vient être vu afin d'être vu de toi avec tes deux yeux.' Fin de ses paroles.
Dans le premier chapitre de Sanhédrin, feuillet 4b, il ressort des Tossafot, sous le lemme 'De la manière qu'il vient', que Rachi explique yireh avec hirik au sujet du Saint, béni soit-Il, et yéraéh avec tsere au sujet de l'homme. Rabbi Chlomo Louria (Rashal), dans Hokhmat Chlomo, s'est longuement étendu là-bas; certains soulèvent une question sur ses paroles, mais ce n'est pas ici le lieu.
יהיה איך שיהיה, מכל מקום יתפרש יראה בחיר"ק, ואח"כ יראה בצר"י. ולרש"י ניחא הרמז בכאן בדברי אברהם אבינו שאמר ב' פעמים יראה והראשון בחיר"ק, והשני בצר"י.
ולר"ת לכאורה קשה. אכן כי דייקת שפיר ניחא גם לר"ת, וזה כי ר"ת מפרש דקאי אאדם, ואז נדרש יראה בציר"י כי דרך שבא ליראות האדם בציר"י דהיינו יראה אותו השכינה, כך בא ליראות שהשכינה יראה אותו, נמצא יראה בציר"י לאדם הוא יראה לשכינה בחיר"ק, וכן יראה האדם בחיר"ק הוא יראה להקב"ה בציר"י, עד כאן:
Quoi qu'il en soit, yireh s'expliquera avec hirik, puis yéraéh avec tsere. Pour Rachi, l'allusion dans les paroles de notre père Abraham est alors claire: il a dit deux fois yireh, le premier avec hirik et le second avec tsere.
Pour Rabbenu Tam, cela semble difficile. Cependant, si tu examines bien, cela convient aussi à Rabbenu Tam, car il explique que cela se rapporte à l'homme.
Alors yéraéh avec tsere s'explique ainsi: de la manière que l'homme vient pour être vu, c'est-à-dire que la Chekhina le voit, ainsi il vient voir, c'est-à-dire que la Chekhina est vue par lui. Il en résulte que yéraéh avec tsere pour l'homme est yireh avec hirik pour la Chekhina, et de même yireh avec hirik pour l'homme est yéraéh avec tsere pour le Saint, béni soit-Il.
Fin.
בכאן ניחא כי בכאן מזכיר את השם כמ"ש ידו"ד יראה וכו', ממילא צריך להקדים יראה בחיר"ק קודם ליראה בציר"י, ודבר זה נמשך ממקרא ומסורת שהוא יראה וקאי אאדם, ודבר זה מבואר למשכיל:
Ici cela s'accorde, car ici il mentionne le Nom, comme il est écrit: 'ה' yireh', etc. Il faut donc faire précéder yireh avec hirik à yéraéh avec tsere.
Cette chose découle du mikra et de la massora: yireh se rapporte à l'homme. Cela est clair pour l'intelligent:
הרי ג' דרכים המקשרים סעודת אברהם עם עקידת יצחק הרומזים על העתיד. וגם בפרשת סדום בהצלת לוט תמצא רמז, כדאיתא בב"ר (מא, ד) ואת שתי בנותיך הנמצאות וגו' (בראשית יט, טו), א"ר טוביה בר יצחק שתי מציאות רות המואביה ונעמי העמונית.
אמר ר' יצחק (תהלים פט, כא) מצאתי דוד עבדי, היכן מצאתי אותו בסדום, עד כאן:
Voici donc trois voies qui relient le repas d'Abraham à la Akeda (ligature d'Its'hak) et font allusion à l'avenir. Tu trouveras aussi une allusion dans la section de Sodome, lors du sauvetage de Lot, comme il est rapporté dans Bereshit Rabbah (41,4), à propos de: 'Tes deux filles qui se trouvent ici, etc.' (Bereshit 19,15).
Rabbi Toviah bar Yitshak dit: 'Deux trouvailles: Ruth la Moabite et Naomi l'Ammonite.' Rabbi Yitshak dit: 'J'ai trouvé David, Mon serviteur' (Tehillim 89,21). Où l'ai-Je trouvé?
À Sodome. Fin du passage:
וענין אבימלך בלקיחת שרה, רומז לגלות שכינה גלות ישראל, ואח"כ ישובו בכבוד גדול:
L'affaire d'Avimelekh, lorsqu'il prit Sarah, fait allusion à l'exil de la Chekhina, l'exil d'Israël; ensuite ils reviendront avec un grand honneur:
אח"כ פרשת (בראשית כא, א) וה' פקד את שרה ולידת יצחק, המורה על העתיד אשר יאמרו ישראל לעתיד עליו (ישעיה סג, טז) כי אתה אבינו כו', כדלעיל (ד"ה ועל החיות). אח"כ ענין העקידה ויראה ויראה, ויקוים הפסוק (ישעיה נב, ח) כי עין בעין יראו בשוב ה' ציון אמן:
Ensuite, la section: 'Et ה' visita Sarah' (Bereshit 21,1), et la naissance d'Its'hak, qui indique l'avenir, lorsque Israël dira à Son sujet: 'Car Tu es notre Père...' (Yeshayah 63,16), comme il a été dit plus haut, sous le lemme 'Et au sujet des hayyot (êtres vivants)'. Ensuite vient l'affaire de la Akeda et de yireh-yéraéh, et le verset s'accomplira: 'Car œil contre œil ils verront, lorsque ה' reviendra à Sion' (Yeshayah 52,8).
Amen: