Dans le Zohar, dans Sitré Torah (Secrets de la Torah), toute cette paracha s'explique au sujet de l'âme et du corps : Avraham est le sod (mystère) de l'âme, Sarah le sod du corps pur, et Lot le yetser hara (mauvais penchant). Le Chla rapporte que l'auteur de l'Akéidah en a tiré, sur la victoire de la guerre, des enseignements de moussar (éthique), jusqu'à « Ceci est un don de Hachem ». C'est une mitsva pour l'homme de rapprocher ses proches de toutes ses forces ; on l'apprend d'Avraham concernant Lot, pour lequel il exposa son corps.
Aussi : la pudeur même entre un homme et son épouse ; merivah au féminin, afin que la querelle n'enfante pas ; le refus du butin miraculeux et les promesses tenues pour une charité
בזוהר בפרשה זו בסתרי תורה (ח"א עט, ב) מפרש כל הפרשה הזו על ענין הנפש והגוף. ואברהם סוד הנשמה, ושרה סוד הגוף נקי, ולוט הוא היצה"ר, האריך מאוד בהנהגתם עיין שם.
גם בעל העקידה בענין נצחון המלחמה, הוציא איזה רשומות למוסר. וזה לשונו, ומכא"ן אסמכת"א גדול"ה לדרוש רשומו"ת על תחיל"ת דינ"ו של אד"ם, ומה ישיב כו' עד ז"ה מת"ת א-להי"ם הי"א, עד כאן לשונו.
מצוה לאדם שיקרב קרוביו בכל יכולתו, ונלמוד מאברהם עם לוט שמסר גופו עליו:
Dans le Zohar, dans le commentaire Sitré Torah (Secrets de la Torah; I,79b), toute cette paracha est expliquée au sujet de l'âme et du corps. Abraham est le sod (mystère) de l'âme, Sarah le sod du corps pur, et Lot est le yetser hara (mauvais penchant); il s'étend très longuement sur leur conduite, voir là-bas.
L'auteur de l'Akéidah, sur la victoire de la guerre, en a aussi tiré quelques enseignements de moussar (éthique). Voici ses paroles: 'Et d'ici un grand appui (asmachta) pour interpréter des indices (reshimot) sur le commencement du jugement de l'homme, et ce qu'il répondra, etc., jusqu'à: Ceci est un don de Dieu' (Ecclésiaste 3,13).
Fin de ses paroles. C'est une mitsva (commandement) pour l'homme de rapprocher ses proches de toutes ses forces; nous l'apprenons d'Abraham concernant Lot, pour lequel il exposa son corps.
הנה נא ידעתי כי אשה יפת מראה את (בראשית יב, יא). (ופירש רש"י) עד עכשיו לא הכיר בה מתוך צניעות שביניהם.
ראה היאך גודל הצניעות אפילו בין איש לאשתו, שיהיו צנועים וביישנים ביחד:
'Voici donc, je sais que tu es une femme belle d'apparence' (Genèse 12,11). Rachi explique: jusqu'à présent, il n'avait pas perçu sa beauté à cause de la pudeur entre eux.
Vois combien est grande la pudeur, même entre un homme et son épouse: qu'ils soient pudiques et réservés ensemble.
ואברם כבד מאוד במקנה בכסף ובזהב וילך למסעיו (בראשית יג, ב). כבר פירשתי למעלה (פרק תו"א ד"ה כלל הענין) הנה מסעיו היה מהשגה להשגה, ובא לאשמועינן שלא שם עיניו על העושר שלא לפקח בענייני ממונו להרויח, ולא רצה לבטל עבור זה רגע מלימודו:
'Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or, et il alla selon ses voyages' (Genèse 13,2). J'ai déjà expliqué plus haut (chapitre Torah Or, dibbour hamathil (mots d'ouverture) 'Kelal ha-inyan'): ses voyages allaient d'une appréhension à une autre.
Cela vient nous apprendre qu'il ne fixa pas son regard sur la richesse, afin de ne pas s'occuper de ses affaires d'argent pour en tirer profit, et qu'il ne voulut pas perdre, pour cela, un instant de son étude.
להרחיק מאוד ממחלוקת. ובאם ח"ו מתחיל איזה ריב, לכבות תיכף אש הריב, כמו שדרשו רז"ל (סנהדרין ז, א) על פסוק (משלי יז, יד) פוטר מים ראשית מדון.
וכן עשה אברהם אבינו שאמר ללוט (בראשית יג, ח) אל נא תהי מריבה בינינו. ושמעתי צחות בתיבת מריבה, שאמר בלשון נקבה ולא אמר אל תהי ריב.
אלא ריב כבר התחיל בין הרועים, אמר אברהם למען השם יפסיקו דברי ריב ולא יולד כדרך המחלוקת שתמיד עושה פרי ומתרבה, על זה אמר אל תהי מריבה לשון נקיבה באשה המולדת פרי מפרי, ודי בזה שהתחיל הריב, יהיה כזכר שאינו מוליד:
Il faut s'éloigner beaucoup de la querelle. Et si, à Dieu ne plaise, une dispute commence, il faut éteindre aussitôt le feu de la dispute, comme nos Sages, de mémoire bénie, l'ont expliqué à propos du verset: 'Lâcher les eaux est le commencement de la discorde' (Proverbes 17,14; Sanhédrin 7a).
Ainsi fit Abraham notre père lorsqu'il dit à Lot: 'Qu'il n'y ait donc pas de querelle entre nous' (Genèse 13,8). J'ai entendu une fine remarque à propos du mot merivah (מריבה): il employa le féminin et ne dit pas: 'Qu'il n'y ait pas de riv (ריב).' Or un riv avait déjà commencé entre les bergers.
Abraham dit: Pour l'amour du Ciel, que cessent les paroles de riv et qu'une merivah ne naisse pas, selon la manière de la querelle, qui porte toujours du fruit et se multiplie. C'est pourquoi il dit merivah, au féminin, comme une femme qui enfante fruit après fruit; il suffit que le riv ait commencé: qu'il soit comme un mâle qui n'engendre pas.
שלא להנות ממעשי נסים, כדאיתא במסכת תענית (כד, א) לא רצה להנות מהחטים שנתמלא בנס בחדר, וכן במסכת שבת (נג, ב) לזה שנעשו דדיו כדדי אשה שחשבו לגריעותא שנשתנו עליו מעשה בראשית. ודבר זה נלמוד מאברהם שאמר (בראשית יד, כג) אם מחוט ועד שרוך נעל [וגו'] ולא תאמר אני העשרתי את אברם.
כי כבר הבטיחני הקב"ה על העושר. וקשה היעשה ה' ארובות בשמים וימטר לו כסף וזהב, אלא ודאי הש"י יזמין לו סיבה להעשירו, א"כ זהו הסיבה.
אלא הענין שכל הנצחון הזה היה מחוץ לטבע ממעשה נסים, ובודאי אין כוונת הקב"ה על זה:
Il ne faut pas profiter d'actes miraculeux, comme il est rapporté dans le traité Taanit (24a): il ne voulut pas profiter du blé qui avait rempli une chambre par miracle; et de même dans le traité Chabbat (53b), concernant celui dont les seins devinrent comme les seins d'une femme, ils y virent un signe défavorable, car l'œuvre de la Création avait été modifiée pour lui. Nous apprenons cela d'Abraham qui dit: 'Je ne prendrai pas, d'un fil jusqu'à une courroie de sandale [...] et tu ne diras pas: C'est moi qui ai enrichi Abram' (Genèse 14,23).
Car le Saint, béni soit-Il, m'a déjà promis la richesse. La difficulté est la suivante: le Nom ouvrirait-il des écluses dans les cieux et ferait-il pleuvoir pour lui argent et or?
Mais assurment, le Saint, béni soit-Il, lui procurerait une occasion de s'enrichir; donc celle-ci est l'occasion. Mais le fond de la chose est que toute cette victoire était hors des lois de la nature, par des miracles, et il est certain que ce n'était pas l'intention du Saint, béni soit-Il.
כל מה שמזמין הקב"ה לאדם יכיר את עצמו כי מצד מעשיו אין ראוי לכך, אלא הקב"ה עושה עמו צדקה. צא ולמד מאברהם אבינו שהבטיח לו הש"י הבטחות והאמין אברהם בה', ואותן הבטחות ויחשבה אברהם לצדקה להקב"ה, כן פירש בעל עקידה:
Tout ce que le Saint, béni soit-Il, procure à l'homme, celui-ci doit se reconnaître comme n'en étant pas digne au regard de ses actes; le Saint, béni soit-Il, lui fait plutôt charité. Va et apprends d'Abraham notre père: le Saint, béni soit-Il, lui fit des promesses, Abraham eut foi dans le Nom, et Abraham considéra ces promesses comme une charité de la part du Saint, béni soit-Il.
Ainsi l'a expliqué l'auteur de l'Akéidah.
לך ה' הממלכה, בעזרתך סיימתי פרשת לך לך
'À Toi, le Nom, appartient la royauté' (I Chroniques 29,11); avec Ton aide, j'ai achevé la paracha Lech Lécha.