Dans le Pardes, une difficulté se pose sur Berechit : le bet et le mot rechit font tous deux allusion à la ''Hokhma. Le Chla rapporte que le Targoum Yonatan rend be-hokhmata, avec un bet d'usage : le redoublement demeure. Rechit indique un commencement ; or le Keter, dissimulé, est le premier de l'Atsilout, et la ''Hokhma est seconde dans le compte des sefirot. On l'appelle pourtant rechit, car rechit signifie le commencement de la révélation, qui est dans la ''Hokhma. Le bet au début du mot enseigne qu'elle est appelée rechit tout en étant seconde.
Aussi : la pointe du bet qui montre l'aleph, le Keter ; les trois yods du Nom, racines des lignes du ''hessed, du Din et des Rahamim ; amon, Torah primordiale et Israël monté dans la pensée.
ובפרדס שער אם הא"ס הוא הכתר פרק שלישי ביאר המאמר וזה לשונו, פירוש כי הוקשה לו במלת בראשית, כי הבי"ת היא גדולה והיא רומזת לחכמה כנודע, ומלת ראשית ג"כ הוא רומז בחכמה, נמצא א"כ החכמה נרמזת בתיבה זו שני פעמים שלא כראוי. וזה כיון באמרו בראשית ב' ראשית היא חכמה, פירוש שניהם רומזים בחכמה, הבי"ת כמפורסם שהוא ב'.
וראשית כאמרו (תהלים קיא, י) ראשית חכמה. ומטעם כי מתוך קושיא זו הייתי אומר בראשית בכללה רמז בחכמה, רצה לומר כי אין הרמז בחכמה למלת ראשית אם לא שיבא בבי"ת דהיינו בראשית, לזה הכריח כי מלת ראשית לבד הרמז בחכמה.
וראיה לזה מתרגום יונתן שפירש בחכמתא, ולא אמר חכמתא כנראה, כי הבי"ת לעולם היא רומזת בחכמה מלבד מלת ראשית שהוא ג"כ רמז בחכמה, כמו שפירש יונתן בחכמתא בבי"ת שימושית:
Dans le Pardes (ouvrage kabbalistique), Porte Si l'Ein Sof (l'Infini) est le Keter (couronne), chap. 3, il a expliqué ce passage en ces termes: L'explication est qu'une difficulté se présentait dans le mot Bereshit: le bet (lettre b) est grand et fait allusion à la 'Hokhma (sagesse), comme on le sait, et le mot reshit (commencement) fait lui aussi allusion à la 'Hokhma.
La 'Hokhma est donc indiquée deux fois dans ce mot, ce qui ne convient pas. C'est ce qu'il vise en disant: Dans Bereshit, le bet et reshit sont 'Hokhma; tous deux font allusion à la 'Hokhma, le bet, qui est notoirement la deuxième lettre, et reshit, comme il est dit: 'Le commencement de la sagesse' (Psaumes 111,10).
Or, à partir de cette difficulté, j'aurais pu dire que Bereshit dans son ensemble fait allusion à la 'Hokhma, c'est-à-dire que reshit ne ferait allusion à la 'Hokhma que lorsqu'il vient avec le bet, à savoir Bereshit. Il a donc établi que le mot reshit seul fait allusion à la 'Hokhma.
La preuve en est le Targoum Yonatan (traduction araméenne), qui l'a rendu par be-hokhmata et non par hokhmata, comme on pourrait s'y attendre; car le bet fait toujours allusion à la 'Hokhma, en plus du mot reshit, qui y fait lui aussi allusion, ainsi que Yonatan l'a rendu par be-hokhmata, avec un bet d'usage:
והנה מתרגום יונתן מוכרח שלעולם הוא כפל, כי ראשית הוא חכמתא והבי"ת גם כן רומז אל החכמה. והשיב אל הענין הכפל, מפני כי מלת ראשית מורה על תחלה, והיה נראה שהחכמה תחלת האצילות וראשיתו, וזה אינו, כי הכתר תחלת האצילות.
לכן באה באות בית בתחלתה כאומר, אע"פ שנקרא ראשית, על כל זאת היא שנית ליה למנין הספירות, וכתר הוא הראשון. וזהו שכתב בגין דאיהו תניינא לחושבנא, פירוש חכמה שניה למנין הספירות דאקרי ראשית, פירוש ונקרא ראשית והוא מקום הטעות לפי האמת מפני שהכתר הוא ראשון והקודם, לכן הוצרך לומר בי"ת כדמפיק בסוף דבריו, דהאי כתר עלאה טמירא היא קדמאה.
טמירא, מפני שהוקשה לו, כיון שלפי האמת היא שנית ולא ראשונה, אם כן למה נקרא ראשונה, שאינה ראשית מאחר שהכתר קודם אליה. ולזה אמר שכתר נעלם וטמיר, ואין ראוי שיקרא ראשית, כי פירוש ראשית רצה לומר תחלת הגלוי, ותחלת הגלוי הוא בחכמה ולא בכתר, כמו שיתבאר בע"ה.
לכן נקרא זה חכמה ראשית ולא הכתר, ועם היות שאין ראוי לכתר להיות נקרא ראשית, עכ"ז הוא אחד לאצילות ונכנס בחשבון האצילות. וזה שכתב היא קדמאה ועל דא עייל בחושבנא, כדפי' תניינא הוו ראשית, פירוש היא שנית עם שהיא נקרא ראשית מן הטעם שבארנו.
בג"ד ב' ראשית, פירוש ולפיכך באה מלת ראשית כפולה לומר לך חכמה נקרא ראשית, ועם היותה ראשית היא שנית והיינו בי"ת שבראש התיבה, עד כאן פירוש המאמר, עד כאן לשונו:
Voici que le Targoum Yonatan oblige à comprendre qu'il y a toujours redoublement: reshit est hokhmata et le bet fait aussi allusion à la 'Hokhma. Il répond à la question du redoublement: le mot reshit indique un commencement, et il semblerait que la 'Hokhma soit le commencement et la tête de l'Atsilout (émanation); or il n'en est rien, car le Keter est le commencement de l'Atsilout.
C'est pourquoi le bet vient au début, comme pour dire: bien qu'elle soit appelée reshit, la 'Hokhma est néanmoins seconde dans le compte des sefirot (émanations), et le Keter est premier. C'est ce qu'il écrit: 'parce qu'elle est seconde dans le compte'; c'est-à-dire que la 'Hokhma est seconde dans le compte des sefirot, elle qui est appelée reshit.
C'est le lieu de l'erreur, car en vérité le Keter est premier et la précède; il fallait donc dire bet, comme il l'expose à la fin de ses paroles: 'ce Keter supérieur et caché est le premier.' Il est appelé caché, car la difficulté est la suivante: puisque, en vérité, la 'Hokhma est seconde et non première, pourquoi est-elle appelée première, c'est-à-dire reshit, alors que le Keter la précède? Il dit donc que le Keter est dissimulé et caché, et qu'il ne convient pas de l'appeler reshit, car reshit signifie le commencement de la révélation, et le commencement de la révélation est dans la 'Hokhma, non dans le Keter, comme il sera expliqué avec l'aide de ה'.
C'est pourquoi la 'Hokhma, et non le Keter, est appelée reshit. Bien qu'il ne convienne pas d'appeler le Keter reshit, il fait néanmoins un avec l'Atsilout et entre dans son compte.
C'est ce qu'il écrit: 'il est premier et c'est pourquoi il entre dans le compte'; comme expliqué, la 'Hokhma est seconde tout en étant appelée reshit. C'est pourquoi il y a bet-reshit: le mot reshit vient ainsi en double pour t'enseigner que la 'Hokhma est appelée reshit et que, tout en étant reshit, elle est seconde; tel est le bet au commencement du mot.
Jusqu'ici l'explication du passage, jusqu'ici ses mots:
ועם היות שבי"ת של בראשית הרמז בחכמה, עם כל זאת עוקצה מורה על הכתר. וכן פירש רבי עקיבא ז"ל (עי' בר"ר א, י) אומרים לבי"ת מי בוראך, ומראה בעוקצה אל האלף.
והכוונה שהבי"ת עצמה היא החכמה, להורות שאין תחלה לאצילות אלא שהיא אצילות שני, יש לה עוקץ מאחוריה להראות אל האלף כמורה אל השואלים אליה מי בראה, רצה לומר אם נאצלה על ידי נאצל, או על ידי מאציל ראשון. והיא מראה בעוקצה שהיא אצילת שני, ושקדמה לה האלף שהוא הכתר:
Bien que le bet de Bereshit fasse allusion à la 'Hokhma, sa pointe indique néanmoins le Keter. Ainsi Rabbi Akiva, de mémoire bénie, l'a expliqué (voir Bereshit Rabbah 1,10): on demande au bet: 'Qui t'a créé?', et il montre l'aleph de sa pointe.
Le bet lui-même est la 'Hokhma; pour indiquer qu'elle n'est pas le commencement de l'Atsilout, mais une émanation seconde, il porte derrière lui une pointe qui montre l'aleph, comme pour répondre à ceux qui lui demandent qui l'a créé, à savoir si elle a été émanée par un émané ou par le premier Émanateur. Elle indique par sa pointe qu'elle est une émanation seconde et que l'aleph, qui est le Keter, l'a précédée:
וכתב הפרדס שער טעם האצילות פ"ג וזה לשונו, וקרוב לזה סברת הרמב"ן ז"ל בפרשת בראשית, ומלת בראשית תרמוז בחכמה שהיא ראשית הראשית כאשר הזכרתי, ולכך תרגמו בתרגום ירושלמי בחכמתא, והמלה מוכתר בכתר בי"ת, עד כאן לשונו. ופירוש דבריו, כי בי"ת תרמוז אל הכתר מטעם כי הוא בי"ת לכל הספירה.
וכן מוכח מתוך לשונו דקאמר, ומלת בראשית תרמוז בחכמה, הכוונה מלת בראשית לא הבי"ת אלא התיבה בעצמה, וכדמסיק שהיא ראשית וכו', ולא אמר שהיא נקראת בראשית, אלא ראשית לבד, וכדמייתי ראיה מהתרגום שתירגם בחכמתא, אינה חכמה ממש, אלא תיבת ראשית הוא חכמה, ובי"ת של בראשית הוא כתר. ולפיכך אמר, והמלה מוכתרת בכתר בי"ת, עד כאן לשונו:
Le Pardes écrit dans la Porte de la raison de l'Atsilout, chap. 3, en ces termes: L'opinion du Ramban (Rabbi Moché ben Nahman, de mémoire bénie), dans la section Bereshit, est proche de cela.
Le mot Bereshit fait allusion à la 'Hokhma, qui est le commencement du commencement, comme je l'ai mentionné; c'est pourquoi le Targoum de Jérusalem l'a rendu par be-hokhmata, et le mot est couronné par le Keter du bet. Jusqu'ici ses mots.
Leur explication est que le bet fait allusion au Keter, parce qu'il est le bet de chacune des sefirot. Cela ressort aussi de ses mots: lorsqu'il dit que le mot Bereshit fait allusion à la 'Hokhma, son intention vise le mot Bereshit, non le bet, mais le mot en lui-même.
Et lorsqu'il conclut qu'elle est reshit, etc., il ne dit pas qu'elle est appelée Bereshit, mais seulement reshit. De même, lorsqu'il tire preuve du Targoum, qui a rendu be-hokhmata, il ne dit pas que le bet est la 'Hokhma elle-même: le mot reshit est la 'Hokhma, et le bet de Bereshit est le Keter.
C'est pourquoi il dit: 'le mot est couronné par le Keter du bet.' Jusqu'ici ses mots:
ודבר זה מבואר בכמה מקומות, כי גילוי י' ספירות הם מחכמה ולמטה, ובחכמה שם ידו"ד המרכבה לכתר, כמו שכתב הזוהר (רעיא מהימנא ח"ג רנח, א) בפסוק (ש"א ב, ב) אין קדוש כידו"ד, כי ידו"ד מרכבה למאריה שהוא כתר. והדעת הוא משלים המנין, כי הוא בבחינת הכתר, ושם ידו"ד כולל כל האצילות כנודע, י' חכמה, ה' בינה, ו' ששה קצוות, ה' מלכות, וכלם בחכמה עשית (תהלים קד, כד), על כן החכמה היא ראשית המחשבה כי הוא סוד המחשבה:
Cette doctrine est explicite en plusieurs endroits: la révélation des dix sefirot commence avec la 'Hokhma et au-dessous. Dans la 'Hokhma, le Nom sert de merkava (char) au Keter, comme l'écrit le Zohar, dans Raaya Meheimna (Pasteur fidèle), troisième partie, 258a, au sujet du verset: 'Nul n'est saint comme le Nom' (Samuel I 2,2), car le Nom est une merkava pour son Maître, qui est le Keter.
Da'at (connaissance) complète le compte, car il est sous l'aspect du Keter. Le Nom comprend tout l'Atsilout, comme on le sait: le yod est 'Hokhma, le hé est Bina (intelligence), le vav est les six extrémités, et le hé est Malkhout (royauté). 'Tu les as tous faits avec sagesse' (Psaumes 104,24).
C'est pourquoi la 'Hokhma est le commencement de la pensée, car elle en est le secret:
וסוד שם ידו"ד במלואו בסוד שם ע"ב כזה, יו"ד ה"י וי"ו ה"י, וממנו התפשטות כל המציאות כי (תהלים פט, ג) עולם חסד יבנה, חס"ד עולה ע"ב. ומן חסד ולמטה סוד התגלות הבנין, אבל הוא למעלה בנעלם בחסד עילאה שהיא החכמה ראש קו החסד ראשית חכמה:
Le secret de l'épellation du Nom est le Nom de 72, ainsi: יו"ד ה"י וי"ו ה"י. De lui se déploie toute la réalité, car: 'Le monde sera bâti par la bonté' (Psaumes 89,3), et 'Hessed (חסד) vaut 72.
Du 'Hessed vers le bas est le secret de la révélation de l'édifice; mais, en haut, il demeure caché dans le 'Hessed supérieur, qui est la 'Hokhma, tête de la ligne du 'Hessed, commencement de la 'Hokhma:
והנה הבנין הוא ג' קווין, קו החסד, קו הדין, קו הרחמים, ושורש הבנין למעלה הוא חכמה ותבונה ודעת, והדעת הוא בבחינת הכתר, דהיינו מה שמתגלה מהכתר. כתיב (משלי ג, יט) ה' בחכמה יסד ארץ כונן שמים בתבונה, וכתיב (שם כ) בדעתו תהומות נקבעו.
וג' אלה שורש ג' הקווין, דהיינו חכמה, שורש קו החסד. ובינה, שורש קו הדין.
והדעת, בבחינת הכתר שורש קו הרחמים. והקוין בבנין הם בהתגלות הם כדמות ווי"ן, ולמעלה בשרשם הם כדמות יודי"ן דהיינו נקודות, והארכתי בדרוש הזה במקומו, ואלו ג' יודי"ן הן ג' יודי"ן שהם במילואי השם הנ"ל, ורומזים על התגלות אלהותו יתברך ע"י התורה לישראל שהן בנין עולם.
עוד יש י' רביעית בשם הנ"ל דהיינו י' מן יו"ד, כי אלו ג' יודי"ן נכנסין ביו"ד אחת דהיינו בשורש שרשם, כי נכנסים כולם ביו"ד אחת בהעלמה מופלגת, כי גם לאות י' יש לה ג' בחינות דקות, דהיינו קוצו של י', וגיו י', ורגל י', ורמז להתאחדות ג' אלה ביחד בשרשם למעלה עד שהם י' אחת מצד הכתר בסוד אור קדמון אור צח אור מצוחצח המתבאר במקומו שהוא שרשם ושורש שרשם, ושם העלמה בתכלית העלמה, ואין להאריך בכאן בענין זה והארכתי במקומו:
Or l'édifice est constitué de trois lignes: la ligne du 'Hessed, la ligne du Din (jugement) et la ligne des Rahamim (miséricordes). Sa racine en haut est 'Hokhma, Tevouna (intelligence) et Da'at; Da'at est sous l'aspect du Keter, c'est-à-dire ce qui se révèle du Keter.
Il est écrit: 'ה' à fondé la terre par la 'Hokhma, Il a établi les cieux par la Tevouna' (Proverbes 3,19), et il est écrit: 'Par Sa connaissance les abîmes furent ouverts' (Proverbes 3,20). Ces trois sont les racines des trois lignes: la 'Hokhma est la racine de la ligne du 'Hessed; la Bina est la racine de la ligne du Din; et le Da'at, sous l'aspect du Keter, est la racine de la ligne des Rahamim.
Dans l'édifice, les lignes révélées sont comme des vavs; en haut, dans leur racine, elles sont comme des yods, c'est-à-dire des points. J'ai longuement traité de cet exposé en son lieu.
Ces trois yods sont les trois yods qui se trouvent dans les épellations du Nom susmentionné, et ils font allusion à la révélation de Sa divinité, béni soit-Il, par la Torah à Israël, qui sont l'édifice du monde. Il y a encore un quatrième yod dans le Nom susmentionné, à savoir le yod de יוד; car ces trois yods entrent dans un seul yod, à savoir dans la racine de leur racine.
Ils entrent tous dans un seul yod, dans une dissimulation extrême. Car la lettre yod elle-même possède trois aspects subtils: sa pointe, son corps et son pied.
Cela fait allusion à l'unification de ces trois ensemble dans leur racine supérieure, jusqu'à ce qu'ils deviennent un seul yod du côté du Keter, selon le secret de la lumière primordiale, de la lumière claire et de la lumière éclatante, comme cela est expliqué en son lieu; c'est leur racine et la racine de leur racine. La dissimulation y est la plus totale.
Il ne faut pas s'étendre ici sur ce sujet, que j'ai développé en son lieu:
ועל זה יהיה סובב מאמר דרוש בראשית רבה. הנה ר' אושעיא רבה מדבר מבחינת ג' יודין שהם מראשית חכמה בסוד המחשבה, ראשית המחשבה לסוף המעשה, וקיים בעצמו (חגיגה יג, א) במופלא ממך אל תדרוש, דהיינו ההפלאה הגמורה מצד הכתר שהוא סוד הרצון כנודע, והוא סוד עלה ברצונו, ואז ראשית הגלוי סוד המחשבה.
מזה המופלא לא דיבר, רק מראשית שרשי הגילוי שהוא סוד המחשבה ג' יודי"ן. וכבר הארכתי למעלה כי ישראל עלה במחשבה סוד בני עליה, ושם סוד התורה הקדומה שורש נשמת בני עליה, והיא רושם גילוי אלהותו סוד י' שורש האצילות י' ספירות, ושם ידו"ד הכולל כל האצילות הוא נעלם ביו"ד, כמו שאפרש בסמוך:
Sur cela porte l'exposé de Bereshit Rabbah. Rabbi Hoshaiah le Grand parle de l'aspect des trois yods, qui sont du commencement de la 'Hokhma, selon le secret de la pensée, le commencement de la pensée pour la fin de l'acte.
Il appliqua à lui-même: 'Ne recherche pas ce qui est trop merveilleux pour toi' (Hagigah 13a), c'est-à-dire l'inaccessible absolu du côté du Keter, qui est le secret de la volonté, comme on le sait, et le secret de ce qui est monté dans Sa volonté. Alors le commencement de la révélation est le secret de la pensée.
De cet inaccessible, il n'a pas parlé, mais seulement du commencement des racines de la révélation, qui est le secret de la pensée: les trois yods. J'ai déjà longuement expliqué plus haut qu'Israël est monté dans la pensée, secret des benei aliyah (ceux qui s'élèvent); là se trouve le secret de la Torah primordiale, racine de l'âme des benei aliyah.
Elle est l'empreinte de la révélation de Sa divinité, le secret du yod, racine des dix sefirot de l'Atsilout; et le Nom, qui comprend tout l'Atsilout, est caché dans le yod, comme je l'expliquerai bientôt:
אמון פדגוג אמר אמון, ולא אמר אומן, כי רמז לב' עניינים התורה הקדומה היא אמונה אצלו, אצלו ממש באמנה אתו שהיא רושם אלהות, והוא אמונת, כי היא פדגוג שהיא שורש נשמת בני עליה בסוד ישראל עלו במחשבה, ואמון ואומן כלהו אתניהו בה. ממילא מרומז בכאן סוד י' דקב"ה, וסוד י' דישראל בני עליה, שבודאי עליהם נאמר בצלם ובדמות ובדביקות נפלא, דאדם שלמטה מורה על אדם שלמעלה.
והוא באמצע תורה אור הגנוז שהיא אמנה אתו ואמונת בני עליה:
À propos de 'amon, pédagogue', il est dit amon et non oman (artisan), car cela fait allusion à deux choses. La Torah primordiale est emouna auprès de Lui, auprès de Lui véritablement, be-omnah ito (nourrie avec Lui), elle qui est une empreinte de la divinité; et elle est emounet (nourricière), car elle est un pédagogue, racine de l'âme des benei aliyah, selon le secret qu'Israël est monté dans la pensée.
Amon et oman se trouvent tous deux en elle. Il en résulte que sont alludés ici le yod du Saint, béni soit-Il, et le yod d'Israël, les benei aliyah.
C'est certainement à leur sujet qu'il est dit: 'à l'image et à la ressemblance' (Genèse 1,26), dans une adhésion merveilleuse, car l'homme d'en bas indique l'Homme d'en haut. Entre les deux se trouve la Torah, lumière cachée, qui est be-omnah ito et emounet des benei aliyah:
אמון מכוסה אמון מוצנע. עתה מדבר בפרטיות מענין י' של תורה, ואמר שהיא מכוסה והיא מוצנע, דהיינו התורה הקדומה היא מוצנע ונגנזה סוד אור הגנוז.
מכוסה היא זאת התורה הנתנה לנו. וכבר פירשתי למעלה, כי מכוסה פירוש שהוא דבר שהוא עומד לפנינו רק צריך לגלותו.
כן היא התורה, כי (מגילה ו, ב) יגעתי ומצאתי תאמן, יגעתי ולא מצאתי אל תאמן, אבל התורה הקדומה הגנוזה היא נעלמה. והנה שלשה אלה הם מהתגלות ראשית המחשבה הרמוז בתיבת בראשית.
ועל זה רמזו רז"ל (עי' ברש"י ריש בראשית) בראשית בשביל התורה וישראל, על כן סמך ר' אושעיא רבה דבריו לפסוק בראשית:
Amon couvert, amon caché. Il parle maintenant en particulier du yod de la Torah et dit qu'elle est couverte et cachée, c'est-à-dire que la Torah primordiale est mise à l'abri et cachée, secret de la lumière cachée.
Couverte est la Torah qui nous a été donnée. J'ai déjà expliqué plus haut que couvert désigne une chose qui se tient devant nous, mais qu'il faut découvrir.
Ainsi en va-t-il de la Torah, car: 'J'ai peiné et j'ai trouvé: crois-le; j'ai peiné et je n'ai pas trouvé: ne le crois pas' (Megillah 6b). Mais la Torah primordiale cachée est dissimulée.
Ces trois aspects viennent de la révélation du commencement de la pensée, suggéré dans le mot Bereshit. À cela firent allusion nos Sages, de mémoire bénie (voir Rachi, Rabbi Shlomo Yitshaki, au début de Genèse 1,1): 'Bereshit, pour la Torah et pour Israël.' C'est pourquoi Rabbi Hoshaiah le Grand a rattaché ses paroles au verset Bereshit:
והנה הפסוק שהביא (משלי ח, ל) ואהיה שעשועים יום יום, רומז על ראשית המחשבה סוד התורה הקדומה שהיא אלפים שנה קודם לעולם וכמ"ש לעיל, ויומו של הקב"ה אלף שנה, ומבואר למבין:
Le verset qu'il a apporté: 'J'étais Ses délices, jour après jour' (Proverbes 8,30), fait allusion au commencement de la pensée, secret de la Torah primordiale, qui a précédé le monde de deux mille ans, comme il a été dit plus haut; et le jour du Saint, béni soit-Il, est de mille ans. Cela est clair pour celui qui comprend:
ואית דאמרי אמון רבתי, הם רומזים על המופלא שהוא הנרמז בבי"ת בראשית כמו שרמז הרמב"ן מוכתר בכתר בי"ת הרומז לכתר, וכענין שאמר ר' עקיבא אומרים לבית ומראה האלף שהוא הפלא דהיינו הכתר:
Et certains disent: amon rabbati (amon grand). Ils font allusion à l'inaccessible, qui est indiqué par le bet de Bereshit, comme le Ramban l'a suggéré: 'couronné par le Keter du bet', qui fait allusion au Keter.
Cela correspond à ce que Rabbi Akiva a dit: on questionne le bet, et il montre l'aleph, qui est le merveilleux, c'est-à-dire le Keter:
ועוד יש לאלוה ידי לבאר עוד איזה עניינים עמוקים בזה המאמר, ויתבאר עוד בדרך אחר מה שייכות יש לזה המאמר בבראשית ברא. ויהיה גם כן מקושר בענין מאמר של פריה ורביה שכתבתי למעלה (ד"ה פנימיות הסוד), כי צריך ליתן טעם על הא דאיתא בפרק בני העיר (מגילה כז, א) אין מוכרין ספר תורה אלא לישא אשה, ויהיב טעמא משום (ישעיה מה, יח) לא תהו בראה אלא לשבת יצרה.
וקשה למה לא מביא הפסוק (בראשית א, כח) דפרו ורבו. וכן קשה בריש חגיגה (ב, ב) דאיתא שם, והלא לא נברא העולם אלא לפריה ורביה שנאמר לא תהו בראה אלא לשבת יצרה.
והתוספות התעוררו על זה, וכתבו שם בריש חגיגה (ד"ה לא תהו בראה) האי עשה אלים טפי בפריה ורביה וכו', אבל סתמו דבריהם למה אלים טפי:
Il est encore en mon pouvoir d'expliquer quelques autres sujets profonds de cet enseignement, et l'on expliquera encore, d'une autre manière, quel rapport cet enseignement a avec 'Bereshit bara'. Il sera aussi lié à l'enseignement sur la procréation que j'ai écrit plus haut, sous le titre Le sens intérieur du secret.
Car il faut donner une raison à ce qui est dit dans le chapitre Benei ha-Ir (Les habitants de la ville; Megillah 27a): 'On ne vend un Sefer Torah (rouleau de la Torah) que pour épouser une femme'; il en donne la raison: 'Il ne l'a pas créée pour le tohu (informe), mais l'a formée pour être habitée' (Isaie 45,18). Or il est difficile de savoir pourquoi il ne cite pas le verset: 'Croissez et multipliez' (Genèse 1,28).
De même, au début de Hagigah (2b), il est dit: 'Le monde n'a été créé que pour la procréation', comme il est dit: 'Il ne l'a pas créée pour le tohu, mais l'a formée pour être habitée.' Les Tosafot (gloses talmudiques) ont soulevé cette difficulté et ont écrit au début de Hagigah, sous l'entrée 'Il ne l'a pas créée pour le tohu', que ce commandement positif est plus fort que celui de la procréation; mais ils ont laissé obscur pourquoi il est plus fort:
ועתה שמעו אלי ותחי נפשכם, ואגלה קצת מהקצת מסוד מעשה בראשית, ואגלה מקצת מסוד שם ידו"ד ומסוד שם אדי"ד, וענין שם אדי"ד בתוספות ו' המרומז בזה הפסוק שהביא רבי אושעיא רבה ואהיה אצלו אמון. כל מעשה בראשית הם כפשוטו בתחתונים, אכן מדבר בתחתונים ורומז בעליונים וכמו שכתב הראב"ע והרמב"ן בענין גן עדן וד' נהרות.
והנה מעשרה מאמרות הרוחניות הנעלמים נשתלשל ההשתלשלות בלי ערך ושיעור, עד הגיעם לעשרה מאמרות הגשמיים שהם בנין עולם הזה הגשמי, כדתנן (אבות ה, א) בעשרה מאמרות נברא. ויהיה נרמז בנין עולם הגשמי בסוד יו"ד שהוא על י' מאמרות.
כן יהיה למעלה בסוד הרוחניות הנעלם:
'Écoutez-moi et votre âme vivra' (Isaie 55,3). Je révélerai maintenant un peu du peu du secret de l'œuvre de la Création, une partie du secret du Nom, du secret du Nom écrit sous forme substitutive, et du sujet de ce Nom avec un vav ajouté, suggérés dans ce verset apporté par Rabbi Hoshaiah le Grand: 'J'étais auprès de Lui, amon.' Toutes les œuvres de la Création sont, dans leur sens simple, en bas; pourtant, elles parlent de ce qui est en bas et font allusion à ce qui est en haut, comme Ibn Ezra (Rabbi Avraham ibn Ezra) et le Ramban l'ont écrit au sujet du Gan Éden (Jardin d'Éden) et des quatre fleuves.
Or, des dix paroles spirituelles cachées, l'enchaînement s'est déroulé sans commune mesure ni limite, jusqu'aux dix paroles matérielles, qui sont l'édifice de ce monde matériel, comme nous l'avons appris: 'Le monde fut créé par dix paroles' (Avot 5,1). L'édifice du monde matériel est donc suggéré dans le secret de יוד, qui se rapporte aux dix paroles; il en va de même en haut, dans le secret de la spiritualité cachée:
ומתחלה אקדים מה שכתב הרמב"ן ריש בראשית (ד"ה ועתה שמע פירוש) וזה לשונו, נכון וברור הקב"ה ברא כל הנבראים מאפיסה מוחלטת, ואין אצלינו בלשון הקדש בהוצאת היש מאין אלא [לשון] ברא. ואין כל הנעשה תחת השמש או למעלה הווה מהאין התחלה ראשונה.
אבל הוציא מהאפס הגמור המוחלט יסוד דק מאוד אין בו ממש, אבל הוא כח ממציא מוכן לקבל הצורה ולצאת מן הכח אל הפועל והוא החומר הראשון נקרא ליוונים היולי, ואחר היולי לא ברא דבר, אבל יצר ועשה ממנו, כי ממנו המציא הכל והלביש הצורות לתקן אותם. ובספר יצירה (ב, ו), יצר מתהו ממש ועשה אינו ישנו כו', עיין שם באורך ברמב"ן.
וכתב עוד, ויראה לי שהנקודה הזאת הלבישה הצורה והיתה בהו, היא שהחכמים קורין אותה (יומא נד, ב) אבן שתיה שממנו נשתת העולם, עד כאן לשונו:
Je placerai d'abord ce qu'écrit le Ramban au début de Bereshit, sous l'entrée Ve-atah chema peroush, voici ses paroles: 'Il est juste et clair que le Saint, béni soit-Il, a créé tous les êtres créés à partir du néant absolu. Dans notre langue sainte, il n'y a, pour faire sortir l'être du néant, aucun autre terme que bara, créer.
Rien de ce qui est fait sous le soleil ou au-dessus ne procède du néant comme commencement premier. Mais Il fit sortir du néant total et absolu un élément très subtil, sans consistance; c'est une force génératrice, prête à recevoir une forme et à passer de la puissance à l'acte.
C'est la matière première, appelée hiyouli (matière première) par les Grecs. Après le hiyouli, Il ne créa rien, mais forma et fit à partir de lui, car de lui Il produisit tout et le revêtit de formes pour les parfaire.
Dans le Sefer Yetsirah (Livre de la Formation; 2,6): Il forma une substance du tohu et fit de ce qui n'est pas ce qui est, etc.' Voir le Ramban à ce sujet, en détail. Il écrit encore: 'Il me semble que ce point revêtit une forme et devint bohu; c'est ce que les Sages appellent Even Shetiyah (pierre de fondation), d'où le monde fut fondé' (Yoma 54b).
Jusqu'ici ses mots:
הרי מתחלה ברא הקב"ה מאפיסה מוחלטת נקודה ונקראת בלשון הקדש תהו, ובלשון חכמים אבן שתיה, ובלשון יוני היולי, והלביש הקב"ה אותה הנקודה לתת לה צורה דהיינו ד' יסודות ואז נתפשטה, ומה שהיה תהו נקרא בהו מלשון בו הוא. ואח"כ נתפשט ביותר לאורך ורוחב להיות יש מיש, ואין לך דבר פעולה שאינו מד' יסודות, וכל זה נרמז ביו"ד, כי בעשרה מאמרות נברא העולם.
הנה תכתוב י' במילואו י' היא נקודה ו', היא התפשטות, ד' התפשטות לאורך ורוחב בטובו ובמילואו:
Voici donc: au commencement, le Saint, béni soit-Il, créa du néant absolu un point, appelé tohu dans la langue sainte, Even Shetiyah dans la langue des Sages et hiyouli en grec. Le Saint, béni soit-Il, revêtit ce point pour lui donner une forme, à savoir les quatre éléments; il se déploya alors, et ce qui était tohu fut appelé bohu, selon l'expression bo hu, 'il est en lui'.
Ensuite il se déploya davantage en longueur et en largeur, pour devenir un être à partir d'un être; il n'est pas de chose produite qui ne provienne des quatre éléments. Tout cela est suggéré dans l'épellation de yod, car le monde fut créé par dix paroles.
Écris le yod dans son épellation: le yod est un point, le vav est l'expansion, et le dalet est l'expansion en longueur et en largeur, par Sa bonté et dans son épellation: