שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebikhtav, Bereshit, Torah Ohr (3/8)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit le sens simple : il n'y a pas eu de délibération ; Sa connaissance de tous les aspects s'appelle construction, Son choix du côté réalisé, destruction des autres. « Mais écoutez-moi, et votre âme vivra » (Yechaya 55, 3) : ce qui est monté dans la pensée est une pensée permanente. Le Chla enseigne que les benei aliyah (fils de l'élévation), dont la racine d'âme est dans cette pensée, sont examinés selon l'attribut du jugement jusqu'à la finesse d'un cheveu. « Au commencement, É-lokim créa » désigne cette racine cachée ; Il répond à Rabbi Akiva : « Tais-toi ; ainsi cela est monté dans la pensée ». Pour ceux qui s'en éloignent, le jugement s'associe à la miséricorde.

Aussi : la Torah est les âmes d'Israël, révélée ou primordiale selon le degré ; deux jugements de vérité, dont le compromis ; la Torah du Nom est la Torah de l'homme, 365 interdits et 248 préceptes

על דרך הפשט, אין הכוונה שהיתה המלכה אצלו חלילה, אלא הוא יתברך הדעת והיודע והידוע לפניו נגלה הכל. ולא היוצא אל המציאות לבד הוא ידוע אצלו, אלא היוצא והבלתי היוצא מכל הצדדים שאפשר שימצא הם ידועים אצלו בשוה, אלא שהכריע המציאות היותר נאות לפי תועלת הנמצא.

זהו ביאור עליית המחשבה כך ואח"כ עשה כך. וגם זהו ביאור מה שאמר ר' אבהו (בר"ר ג, ז) שהקב"ה בנה עולמות והחריבן, כי ידיעתו בכל הצדדים זהו יקרא בנין, והכרעתו אל צד שעלה במציאות המשובח היא הריסת שאר הצדדים, כך הוא דרך הפשט:

Selon le sens simple, cela ne signifie pas qu'il y ait eu une délibération devant Lui, à ה' ne plaise. Car Lui, béni soit-Il, est la connaissance, Celui qui connaît et ce qui est connu; tout est révélé devant Lui.

Non seulement ce qui vient à l'existence est connu de Lui, mais ce qui vient et ce qui ne vient pas à l'existence, sous tous les aspects susceptibles d'exister, Lui sont également connus. Il a seulement donné la prépondérance à la réalité la plus appropriée, selon l'utilité de l'existant.

Voilà l'explication de l'expression: 'Cela monta ainsi dans la pensée, puis Il fit ainsi.' Voilà aussi l'explication de ce que Rabbi Abbahou a dit (Bereshit Rabba 3, 7): le Saint, béni soit-Il, bâtissait des mondes et les détruisait. Car Sa connaissance de tous les aspects est appelée construction, et Son choix pour le côté qui s'est réalisé dans l'existence la plus excellente est la destruction des autres côtés.

Tel est le sens simple:

אמנם שמעו אלי ותחי נפשכם. דעו כי מה שעלה במחשבה מחשבה קיימת, ומתחילה אקדים מה שאמרו רבותינו ז"ל (ב"ר כ, כד) כי הקב"ה מדקדק יותר עם הצדיקים מהשאר ומדקדק עמהם כחוט השערה, כי כל הקרב הקרוב ביותר למלך מלכי המלכים הקב"ה צריך להיות ביותר מזוכך ומקודש ומטוהר.

כי אינו דומה הנכנס בחצר המלך, לנכנס בהיכל המלך. ואינו דומה הנכנס בהיכל המלך, להנוגע ברגלי המלך.

ואינו דומה הנוגע ברגלי המלך, להנוגע במלך בגופו. וכן יש כמה וכמה מעלות זו על גב זו אשר תמיד כשרוצה לעלות למעלה יותר גדולה צריך להיות מדוקדק ומזוכך ביותר שלא יהיה בו שמץ פגם אפילו קצת מהקצת, וכהא דתנינן בחגיגה (יח, ב) בגדי עם הארץ מדרס לפרושים, ובגדי פרושים מדרס לאוכלי תרומה, ובגדי אוכלי תרומה כו', וכבר הארכתי בדרוש הזה במקום אחר:

Mais écoutez-moi, et votre âme vivra (Isaie 55, 3). Sachez que ce qui est monté dans la pensée est une pensée permanente.

Je commencerai par ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Bereshit Rabba 20, 24): le Saint, béni soit-Il, est plus minutieux avec les justes qu'avec les autres et les examine jusqu'à la finesse d'un cheveu. Car quiconque se rapproche le plus du Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, doit être d'autant plus affiné, sanctifié et purifié.

Celui qui entre dans la cour du roi n'est pas semblable à celui qui entre dans le palais du roi; celui qui entre dans le palais du roi n'est pas semblable à celui qui touche les pieds du roi; celui qui touche les pieds du roi n'est pas semblable à celui qui touche le roi dans son corps. Il existe ainsi plusieurs et plusieurs degrés, l'un au-dessus de l'autre: chaque fois qu'on veut monter à un degré plus élevé, il faut être examiné et affiné davantage, afin qu'il ne reste pas en soi la moindre trace de défaut, pas même une infime part d'une infime part.

Comme nous l'avons enseigné dans Hagiga (18b): les vêtements d'un am haarets (homme peu instruit) sont un midras (impureté par pression) pour les peroushim (séparatistes scrupuleux); les vêtements des peroushim sont un midras pour ceux qui mangent la terouma (prélèvement sacré), et les vêtements de ceux qui mangent la terouma, etc. J'ai déjà développé ce sujet en un autre lieu:

ועל כן בני עליה הזוכים למדריגות עליות הנשמה לפני ולפנים בסוד התורה הקדומה בסוד ישראל עלה במחשבה, ועלו הם בני עליה אשר שורש נשמתם בסוד המחשבה העליונה, הם מדוקדקים בקו הדין ביותר, ויותר מרוב העולם שמדריגתם למטה מהם, ואצלם נשאר בחינת עלה במחשבה לברוא את העולם במדת הדין כי הם עולים שם, על כן הם תמיד מדוקדקים במדת הדין:

C'est pourquoi les benei aliyah (fils de l'élévation), qui méritent les degrés d'élévation de l'âme jusque dans l'intérieur des intérieurs, dans le mystère de la Torah primordiale et dans le mystère de l'expression Israël est monté dans la pensée, sont des benei aliyah dont la racine de l'âme se trouve dans le mystère de la pensée supérieure. Ils sont examinés avec une rigueur plus grande selon la ligne du jugement que la plupart du monde, dont le degré est inférieur au leur.

Chez eux demeure l'aspect de l'expression: il est monté dans la pensée de créer le monde par l'attribut du jugement, car ils montent jusque-là; c'est pourquoi ils sont toujours examinés selon l'attribut du jugement:

וזה מה שאמר בראשית ברא א-להים, ופירשו מתחילה עלה במחשבה לברוא את העולם במדת הדין, אין הכוונה מתחלה עלה כך ואחר כך נשתנה ח"ו. אלא הכוונה תיבת בתחילה הוא פירוש על תיבת בראשית, שכוונתו הוא על שורש הדברים, כי השורש הוא התחלה להתפשטות ממנו, והשורש הוא בנסתר ובנעלם.

ואחר כך הגילוי הוא ההתפשטות מהשורש. ואמר בתחילה, כלומר אותן בני עליה שמדרגתם הוא בהשורש הנעלם שהוא הראשית והתחילה, דהיינו סוד עלה במחשבה, אצלם הוא מדת הדין להיותם מדוקדקים בדין אפילו כחוט השערה.

וכן השיב הקב"ה (מנחות כט, ב) על ר' עקיבא שנידון במדת הדין הקשה, ואמר הקב"ה שתוק כך עלה במחשבה. התשובה הזו אינה דחייה כמובן לפום ריהטא, רק היא תשובה נכונה מהש"י אשר גילה סוד הענין.

ואמר הקב"ה שתוק, כי זה העונש לו לרוב מעלתו, כי מדריגתו היא שעלה במחשבה כך היא רוממות נשמתו, על כן נידון במדת הדין, אף על חטא קל שעשה נידון כאיש אחר על חמור שבחמורות:

Tel est le sens de ce qui est dit: Au commencement, É-lokim créa (Genèse 1, 1). Ils ont expliqué: Au commencement, il monta dans la pensée de créer le monde par l'attribut du jugement.

Cela ne signifie pas qu'au début Il ait pensé ainsi, puis qu'Il ait changé, à ה' ne plaise. Le mot au commencement explique plutôt le mot Bereshit: il désigne la racine des choses, car la racine est le commencement de ce qui s'étend à partir d'elle; elle est secrète et cachée.

Puis la révélation est l'extension issue de la racine. Lorsqu'il est dit au commencement, il s'agit donc de ces benei aliyah dont le degré est dans la racine cachée, qui est le commencement et le début, c'est-à-dire le mystère de ce qui est monté dans la pensée.

Pour eux s'applique l'attribut du jugement, car ils sont examinés dans le jugement jusqu'à la finesse d'un cheveu. Ainsi le Saint, béni soit-Il, répondit au sujet de Rabbi Akiva (Menahot 29b), qui fut jugé selon le jugement rigoureux: Tais-toi; ainsi cela est monté dans la pensée.

Cette réponse n'est pas un refus, comme on pourrait le comprendre rapidement; c'est une réponse juste du Nom, béni soit-Il, qui révélait le mystère de la chose. Il dit: Tais-toi, car ce châtiment lui revient en raison de sa grande stature: son degré est celui de ce qui est monté dans la pensée, telle est l'élévation de son âme.

C'est pourquoi il est jugé selon l'attribut du jugement; même pour une faute légère, il est jugé comme un autre homme le serait pour l'une des fautes les plus graves:

וזהו ענין מה שבא בדברי רבותינו ז"ל (שבת נא, א), אדם חשוב שאני. כי כך ראוי לבני עליה העולים לחזות בנועם ה' באור הגנוז הנסתר, שעליו נאמר (דברים כט, כח) הנסתרות לה' א-להינו:

C'est le sens de ce qui figure dans les paroles de nos maîtres, de mémoire bénie (Chabbat 51a): Une personne importante est différente. Car il convient aux benei aliyah, qui montent pour contempler la douceur du Nom dans la lumière cachée et dissimulée, de laquelle il est dit: Les choses cachées appartiennent au Nom, notre É-lokim (Deutéronome 29, 28).

אבל המתרחקים מזה, והם בסוד התפשטות סוד ההשתלשלות, והם בסוד הנגלות, עליהם רמזו ראה שאין העולם מתקיים. הנה תיבת ראה רומז על מקום הראיה שהוא ההתגלות שהם בבחינת גילוי מעשה בראשית שבכל יום ויום, שנאמר (בראשית א, ד.

ועוד) וירא א-להים וגו', על אלו שיתף מדת הדין עם מדת הרחמים. וזהו ראה שאין העולם מתקיים, העולם הוא סוד הבנין למטה מהמחשבה, ושם אין הקיום במדת הדין המדוקדק למיעוט מעלתם ולהתרחקם ממקור כל המקורות, על כן שיתף הקב"ה להם מדת הדין במדת הרחמים:

Mais ceux qui s'en éloignent relèvent du mystère de l'extension de l'enchaînement (hishtalshelout) et du mystère des choses révélées. C'est à leur sujet qu'ils ont fait allusion par: Il vit que le monde ne peut subsister.

Le mot Il vit fait allusion au lieu de la vision, qui est la révélation: ils appartiennent à l'aspect révélé de l'œuvre de la Création qui se manifeste chaque jour, comme il est dit: É-lokim vit, etc. (Genèse 1, 4 et suiv.).

Pour eux, Il associa l'attribut du jugement à l'attribut de la miséricorde. Tel est le sens de Il vit que le monde ne peut subsister: le monde est le mystère de l'édifice au-dessous de la pensée, et la subsistance n'y est pas possible avec l'attribut du jugement minutieux, à cause de leur degré moindre et de leur éloignement de la source de toutes les sources.

C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, associa pour eux l'attribut du jugement à l'attribut de la miséricorde:

וזהו הענין מה שאמרו רז"ל (שבת י, א), כל הדן דין אמת לאמיתו כאלו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית. וכבר הקשו התוספות (ד"ה דין אמת) ופירשו כפל המלות אמת לאמיתו.

ולפי דברינו יבא על נכון, יש שני מיני דינים וכולם אמת, אך אחד יותר אמת מהאחר. הנה ציוו רבותינו ז"ל (עי' חו"מ יב, ב) לדיין שיעשה הפשרה כפי יכלתו, ואם עשה כן אז עשה חסד ואמת והלך בצדק ואמת.

ובזה יש קיום העולם, כי אי אפשר להעמיד משפט הדת על תילו ואי אפשר להתקיים לעולם. ובפשרת הדין, אז כל אחד על מקומו יבא בשלום.

וזהו נקרא דין אמת לאמיתו, כי אע"פ שהפשרה אינו אמיתית לפי הדין המדוקדק, מכל מקום הענין אמיתי, כי אמת מארץ תצמח (תהלים פה, יב) להעמיד ולקיים העולם לסלק המריבות:

Voici le sens de ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Chabbat 10a): Quiconque rend un jugement de vérité conforme à sa vérité est comme s'il devenait l'associé du Saint, béni soit-Il, dans l'œuvre de la Création. Les Tossafot (commentaire talmudique), sous l'entrée Din émet, ont déjà soulevé la question et expliqué la répétition des mots vérité conforme à sa vérité.

Selon nos paroles, cela devient juste: il existe deux sortes de jugements, et tous sont véridiques, mais l'un est plus véridique que l'autre. Nos maîtres, de mémoire bénie, ont ordonné au juge (voir Hoshen Mishpat 12, 2) de faire un compromis autant qu'il le peut.

S'il le fait, il accomplit bonté et vérité, et marche dans justice et vérité. Par cela le monde subsiste, car il est impossible d'établir le jugement de la loi dans toute sa rigueur, et le monde ne pourrait pas subsister.

Par le compromis du jugement, chacun arrive alors en paix à sa place. Cela est appelé un jugement de vérité conforme à sa vérité, car, bien que le compromis ne soit pas véritable selon le jugement rigoureux, la chose est pourtant véritable: La vérité germera de la terre (Psaumes 85, 12), afin d'établir et de maintenir le monde et de supprimer les querelles:

אבל אם היו שני הבעלי דינים מבקשים מרכז נקודת הדין אמת הגמור ואין אחד מהם מכחיש את חבירו וכופר בו, רק כולם צדיקים ואין אחד רוצה לגזול את חבירו, רק רוצים לידע מי זוכה מצד הדין, כמו הרבה דינים מציאה וזכיה בהפקר וכיוצא בהם וששים ושמחים לקבל האמת במה שהוא מרכז האמת, והדיין דן, כי אזי הוא אמת לאמיתו. כי הוא אמת מארץ תצמח קיום העולם להטיל שלום שלא יהא מריבות כי כן הוא אצלם הם רוצים האמת וכל אחד מהם רוצה שיזכה בזה למי שהוא זוכה, והדיין פוסק מרכז הדין דין אמת נמצא הוא אמת לאמיתו, זהו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית:

Mais si les deux parties au litige recherchent le point central du jugement, la vérité parfaite, et qu'aucune ne contredit son compagnon ni ne le renie; si elles sont toutes deux justes et qu'aucune ne veut dépouiller l'autre, mais qu'elles veulent seulement savoir qui a droit selon le jugement, comme dans les nombreux litiges relatifs à un objet trouvé, à l'acquisition d'un bien sans propriétaire, et cas semblables; si elles se réjouissent et sont heureuses d'accepter la vérité telle qu'elle se trouve au point central de la vérité, et que le juge statue, alors c'est la vérité conforme à sa vérité. Car c'est La vérité germera de la terre: la subsistance du monde par l'établissement de la paix, afin qu'il n'y ait pas de querelles.

En effet, elles veulent la vérité: chacune veut que cet objet revienne à celui à qui il revient. Le juge tranche le point central du droit par un jugement véritable; il s'agit donc de la vérité conforme à sa vérité.

C'est cela devenir l'associé du Saint, béni soit-Il, dans l'œuvre de la Création.

כבר כתבתי בראשית שהוא בתחלה, שם הכל בנעלם, ושם שורש הכל, ושם נאמר בראשית ברא א-להים. ובראשית הוא ראשית המחשבה של סוף המעשה.

וכתיב (תהלים קיא, י) ראשית חכמה, כי הוא סוד המחשבה מקום בני עליה, על כן נעשה שותף, כי שם במחשבה מעשה בראשית. כלומר המעשים שהם בסוף, הם שם בסוד הראשית שהוא המחשבה, זהו שותף במעשה בראשית.

אמנם המעשה במקומו, דהיינו בבנין בהתפשטות, אז (תהלים פט, ג) עולם חסד יבנה ומשם השתתפות מדת הדין עם הרחמים והוא לאמתו, אבל לא אמת לאמתו. ועל זה אמר (דברים לב, ד) הצור תמים פעלו כי כל דרכיו משפט אל אמונה ואין עול צדיק וישר הוא, ומבואר למבין:

J'ai déjà écrit que Bereshit signifie au commencement: là tout est caché, la se trouve la racine de tout, et c'est là qu'il est dit: Au commencement, É-lokim créa. Bereshit est le début de la pensée de l'acte final.

Il est écrit: Le commencement de la sagesse (Psaumes 111, 10), car c'est le mystère de la pensée, le lieu des benei aliyah. C'est pourquoi il devient associé, car là, dans la pensée, se trouve l'œuvre de la Création.

Autrement dit, les actes qui sont à la fin se trouvent là dans le mystère du commencement, qui est la pensée; c'est cela être associé à l'œuvre de la Création. Mais l'acte, lorsqu'il est à son propre niveau, c'est-à-dire dans l'édifice et l'extension, est alors: Le monde sera bâti par la bonté (Psaumes 89, 3).

De là vient l'association de l'attribut du jugement à celui de la miséricorde, et cela est conforme à sa vérité, mais non la vérité conforme à sa vérité. À ce sujet il est dit: Le Rocher, Son œuvre est parfaite, car toutes Ses voies sont jugement; É-l de fidélité, sans iniquité, Il est juste et droit (Deutéronome 32, 4).

Cela est clair pour qui comprend.

(ובזה יתבאר ענין המדרש (קה"ר ג, יד), א"ר אבהו שהיה הקב"ה בונה עולמות ומחריבן ואמר דין הניין לי, ודין לא הניין. וקשה ג"כ וכי המלכה היה בדבר.

עוד קשה איפכא הוה ליה למימר דין לא הניין, ודין הניין. ולפי דרכי אתא שפיר, דין הניין, הוא החרב מרוב בני אדם שהוא הרוחניי סוד עלה במחשבה.

ודין לא הניין כל כך, זהו בחינת רא"ה כו'):

Cela expliquera aussi le Midrach Kohelet Rabba (3, 14): Rabbi Abbahou a dit que le Saint, béni soit-Il, construisait des mondes et les détruisait, et disait: Celui-ci Me plaît, et celui-ci ne Me plaît pas. La difficulté est aussi de savoir s'il y avait délibération dans la chose.

Autre difficulté: il aurait fallu dire l'inverse: Celui-ci ne Me plaît pas, et celui-ci Me plaît. Selon mon approche, cela convient: Celui-ci Me plaît désigne le monde détruit pour la plupart des hommes, qui est le mystère spirituel de ce qui est monté dans la pensée; et Celui-ci ne Me plaît pas autant désigne l'aspect de Il vit, etc.

נחזור לענין, כלל העולה, התורה היא נשמות ישראל. הן התורה הנגלית בסוד הנגלות לנו ולבנינו עד עולם לעשות את כל דברי התורה, והן התורה הקדומה הגנוזה היא שורש לנשמות בני עליה העולים בסוד המחשבה:

Revenons au sujet. La conclusion générale est que la Torah est les âmes d'Israël: aussi bien la Torah révélée, dans le mystère de Les choses révélées sont à nous et à nos enfants pour toujours, afin d'accomplir toutes les paroles de la Torah (Deutéronome 29, 28), que la Torah primordiale cachée, qui est la racine des âmes des benei aliyah montant dans le mystère de la pensée:

והאדם הוא רושם התורה. רובא דרובא וכמעט כולם הם רושם התורה הזו הנגלית לנו ולבנינו.

ובני העליה הם מועטים, ועליהם נרמז (דברים ז, ז) כי אתם המעט, על כן אפקוד עליכם עונותיכם (עמוס ג, ב), כי הם מדוקדקים יותר במידת הדין, ושורש נשמתם מהתורה הקדומה:

L'homme est l'empreinte de la Torah. La très grande majorité, et presque tous, sont l'empreinte de cette Torah révélée à nous et à nos enfants.

Les benei aliyah sont peu nombreux; à leur sujet il est fait allusion: Car vous êtes les moins nombreux (Deutéronome 7, 7). C'est pourquoi: Je demanderai compte de toutes vos fautes (Amos 3, 2), car ils sont examinés avec plus de minutie selon l'attribut du jugement, et la racine de leur âme provient de la Torah primordiale:

ובזה יתורצו שני מאמרי רז"ל אשר לכאורה סתרי אהדדי. במסכת קידושין (לג, ב) אמרו בענין קימה לפני ס"ת ויליף ק"ו, אם לפני לומדיה עומדים, לפניה לא כל שכן.

ובמסכת אבות (עי' מכות כב, ב) אמרו להיפך, כמה טפשאי הנהו אנשי דקיימי מקמי ס"ת, ולא קיימי מקמי גברא רבא. התוספות תרצו, שהם טפשאי עמי הארץ אינם יודעים הקל וחומר הנאמר בקידושין אם לפני לומדיה עומדים כו', דאלו היו יודעים דילפינן הק"ו מלומדיה, א"כ היו יודעים הדין שמחויב לעמוד לפני לומדיה.

והר"ן תירץ בסוף פ"ק דקדושין (יד, ב מדפי הרי"ף ד"ה ומה), דודאי מעלת התורה עדיפא, אבל טפשאי אינם מבינים, דלא נודע מעלת התורה אלא מפי לומדיה שהם יודעים פירוש התורה ומגלים עניניההגה"העוד נוכל לומר שאלו שני המאמרים אפשר שהם הולכים בפלפול אם תלמוד עדיף או מעשה עדיף. ובגמרא דקדושין (מ, ב) מחזיק סברא תלמוד עדיף, על כן הוא בקל וחומר לעמוד בפני התורה.

ובמסכת מכות (עי' ב"ק יז, א רש"י ד"ה מביא לידי מעשה) מחזיק הסברא מעשה עדיף, שהם לומדים העוסקים בתורה לשמה על מנת לשמור ולעשות ולקיים. וכבר בארתי במקומו בדרוש הזה שאלו ואלו דברי אלקים חיים, מעשה עדיף ותלמוד עדיף, יעויין במקומו::

Par cela se résoudront deux propos de nos maîtres, de mémoire bénie, qui paraissent se contredire. Dans le traité Kiddoushin (33b), ils ont dit, au sujet de se lever devant un rouleau de la Torah, et l'ont déduit à fortiori: si l'on se lève devant ceux qui l'étudient, à plus forte raison devant elle.

Dans le traité Avot (voir Makkot 22b), ils ont dit l'inverse: Combien sont sots ces hommes qui se lèvent devant un rouleau de la Torah et ne se lèvent pas devant un grand homme. Les Tossafot ont répondu qu'il s'agit de sots, des amei haarets, qui ne connaissent pas le raisonnement à fortiori formulé dans Kiddoushin: si l'on se lève devant ceux qui l'étudient, etc.

Car, s'ils savaient que le raisonnement à fortiori est tiré de ceux qui l'étudient, ils connaîtraient alors la loi qui oblige à se lever devant ceux qui l'étudient. Rabbenou Nissim, le Ran, a répondu à la fin du premier chapitre de Kiddoushin (14b des feuillets de Rabbi Yitshak Alfassi, le Rif, sous l'entrée Ve-ma) que la grandeur de la Torah est certes supérieure, mais que les sots ne comprennent pas, car la grandeur de la Torah n'est connue que par la bouche de ceux qui l'étudient, lesquels connaissent l'explication de la Torah et en révèlent les sujets.

Note: nous pouvons encore dire que ces deux propos peuvent relever de la discussion pour savoir si l'étude est supérieure ou si l'acte est supérieur. Dans la Guemara de Kiddoushin (40b), on tient l'avis que l'étude est supérieure; c'est pourquoi l'on déduit à fortiori qu'il faut se lever devant la Torah.

Dans le traité Makkot (voir Bava Kamma 17a, Rabbi Shlomo Yitshaki, Rachi, sous l'entrée Mevi lidei maaseh), on tient l'avis que l'acte est supérieur: il s'agit de savants qui étudient la Torah pour elle-même, afin de garder, faire et accomplir. J'ai déjà expliqué à sa place, dans ce discours, que les unes comme les autres sont les paroles de l'É-lokim vivant: l'acte est supérieur et l'étude est supérieure; qu'on y regarde.

ולפי עניני הנ"ל יתבאר כי הכל אמת. מעלת בני עליה אשר נשמתם מצד הקדומה היא יותר גדולה ממעלת התורה במקומה בסוד ישראל עלו במחשבה והם בני עליה.

וכן מרומז במדרש קהלת (א, ט) בפסוק (קהלת א, ד) והארץ לעולם עומדת כו'. איתא שם, אמר רשב"י, כתיב (ישעיה סה, כב) כי כימי העץ ימי עמי, ואין עץ אלא תורה שנאמר (משלי ג, יח) עץ חיים היא למחזיקים בה, וכי מי נברא בשביל מי, התורה בשביל ישראל, או ישראל בשביל תורה.

לא תורה בשביל ישראל. אלא תורה שנבראת בשביל ישראל הרי היא קיימת לעולמי עולמים.

ישראל שנבראו בזכותן, על אחת כמה וכמה. וכן משמע בב"ר (א, ד), אמר ר' אבא בר כהנא, התורה קדומה לכסא כבוד שנאמר וכו'.

ר' הונא ור' ירמיה בשם ר' שמואל בר יצחק אמרו, מחשבתן של ישראל קדמה לכל דבר, משל למלך וכו' עיין שם. ועל נשמות רוב בני אדם אזי מעלת התורה על נשמתם, הרי נשלם עיקר ב' כי התורה נשמת ישראל:

Selon les sujets précédents, il apparaîtra que tout est vrai. La grandeur des benei aliyah, dont les âmes proviennent de la Torah primordiale, est plus grande que celle de la Torah à son propre niveau: dans le mystère de l'expression Israël est monté dans la pensée, ce sont eux les benei aliyah.

Cela est encore indiqué dans le Midrach Kohelet (1, 9), au verset: Et la terre se tient pour toujours (Ecclésiaste 1, 4), etc. Il y est rapporté: Rabbi Shimon bar Yohai a dit: il est écrit: Car les jours de Mon peuple seront comme les jours de l'arbre (Isaie 65, 22); or l'arbre ne désigne que la Torah, comme il est dit: Elle est un arbre de vie pour ceux qui s'y attachent (Proverbes 3, 18).

Qui a été créé pour qui: la Torah pour Israël, ou Israël pour la Torah? La Torah a été créée pour Israël, et non Israël pour la Torah.

Or la Torah créée pour Israël subsiste pour les siècles des siècles; Israël, qui fut créé pour elle, à plus forte raison. C'est aussi ce qui ressort de Bereshit Rabba (1, 4): Rabbi Abba bar Kahana a dit: la Torah est antérieure au trône de gloire, comme il est dit, etc.

Rabbi Houna et Rabbi Yirmeya, au nom de Rabbi Shemouel bar Yitshak, ont dit: la pensée d'Israël a précédé toute chose; parabole d'un roi, etc.; voir là-bas. Pour les âmes de la plupart des hommes, le degré de la Torah est alors supérieur à celui de leur âme.

Ainsi s'achève le deuxième principe: la Torah est l'âme d'Israël:

ג' תורת ה' היא תורת האדם. והתורה מזהרת על סור מרע ועשה טוב שהוא שכר ועונש, היא תורת האדם רצה לומר נתנה לאדם שהוא בחיריי כמו שכתוב (דברים ל, טו) ראה נתתי [לפניך היום] את החיים ואת הטוב ואת המות ואת הרע.

ובחרת בחיים (שם יט). וענין זה בא בארוכה בהקדמת תולדות אדם בחלק בית ישראל שלישי, עיין שם באורך:

3. La Torah du Nom est la Torah de l'homme.

La Torah met en garde: Écarte-toi du mal et fais le bien (Psaumes 34, 15), ce qui relève de la récompense et de la punition; elle est la Torah de l'homme, c'est-à-dire qu'elle a été donnée à l'homme, qui possède le libre choix, comme il est écrit: Vois, J'ai placé devant toi aujourd'hui la vie et le bien, la mort et le mal (Deutéronome 30, 15). Et choisis la vie (Deutéronome 30, 19).

Ce sujet a été longuement exposé dans l'introduction de Toledot Adam, dans la troisième partie de Beit Israël; voir là-bas en détail:

והנה שס"ה לא תעשה שהם מצד מדת הדין, ורמ"ח מצות עשה שהם ממדת הרחמים כלולים זה מזה, כמו שהארכתי בהקדמה הנ"ל. כן צדיקים מהפכים מדת הדין למדת הרחמים, והרשעים בהיפך.

אלו מסטרא דימינא, ואלו מסטרא דשמאלא:

Voici les 365 (שס"ה) commandements négatifs, qui sont du côté de l'attribut du jugement, et les 248 (רמ"ח) commandements positifs, qui sont de l'attribut de la miséricorde: ils sont inclus les uns dans les autres, comme je l'ai longuement exposé dans l'introduction ci-dessus. De même, les justes transforment l'attribut du jugement en attribut de la miséricorde, et les impies font l'inverse.

Ceux-là viennent de la sitra de-yemina (côté droit), et ceux-ci de la sitra de-semala (côté gauche):

וכבר כתבתי בארוכה במקום אחר כי הרע מיוחד בהטוב, והרע נברא בשביל הטוב, כי אם לא היה רע לא היה טוב, והא-להים עשה שיראו מלפניו (קהלת ג, יד), על כן יתרון האור בא מכח החושך. וזהו סוד שני מאורות שוים נבראים, אף מארת חסר כתיב (בראשית א, יד), הוא בכלל מאורות.

ומכל מקום הטוב הוא מאור הגדול, והחשך מאור הקטן. ובתיבת מאורו"ת נרמז או"ר מו"ת, ואותיות או"ר מפסיקין בין מ' ממות לאותיות ו"ת מן מות, וזהו סוד (רות א, יז) כי המות יפריד.

משא"כ לאומות העולם ולרשעים ההולכים חשך ולא אור, אז מו"ת להם חיבור והם קרויין מות. ועל הצדיקים נאמר (תהלים קטז, טו) יקר בעיני ה' המותה וגומר.

וענין מות ביארתי בארוכה במקומו, כי מ' סימנא דמלאך מות, היא אות מ' מפריו המוזכר בפסוק (בראשית ג, ו) ותרא האשה וגו' ותקח מפריו ותאכל ותתן. הרי ד' ו"ת, מ' מפריו דהיינו ו"ת מד' רוחות, ומ' חוזרת לכל רוחות, הרי מו"ת לכל ארבעה רוחות, והארכתי בעניינים אלו בדברים המתוקים מדבש ונפש צופים בהקדמת תולדות אדם, מי שרוצה לעמוד על עיקרן של דברים צריך לעיין שם כמעט כל הקדמה, אף שהיא ארוכה שייכה לפרשת בראשית:

J'ai déjà longuement écrit ailleurs que le mal est lié au bien, et que le mal a été créé pour le bien; car s'il n'y avait pas de mal, il n'y aurait pas de bien. É-lokim a fait afin qu'on Le craigne (Ecclésiaste 3, 14); c'est pourquoi la supériorité de la lumière vient de la force des ténèbres.

Tel est le mystère des deux luminaires créés égaux: bien que מארת soit écrit avec une graphie déficiente (Genèse 1, 14), il est compris dans מאורות. Néanmoins, le bien est le grand luminaire, et les ténèbres le petit luminaire.

Dans le mot מאורו"ת sont suggérés או"ר et מו"ת: les lettres או"ר s'interposent entre le מ' de מות et les lettres ו"ת de מות. Tel est le mystère de: car la mort séparera (Ruth 1, 17).

Ce n'est pas le cas des nations du monde et des impies qui marchent dans les ténèbres et non dans la lumière: alors, pour eux, מו"ת est joint, et ils sont appelés morts. Des justes, il est dit: La mort est précieuse aux yeux du Nom, etc.

(Psaumes 116, 15). J'ai expliqué longuement la question de la mort en son lieu, car le מ est le signe de l'ange de la mort: c'est la lettre מ de מפריו, mentionnée dans le verset: La femme vit, etc.; elle prit de son fruit, mangea et donna (Genèse 3, 6).

Il y a donc quatre occurrences de ו"ת, et le מ de מפריו, c'est-à-dire les ו-ת des quatre directions; le מ revient vers toutes les directions, et il y a donc מו"ת dans les quatre directions. J'ai longuement traité de ces questions dans les paroles douces comme le miel et bénéfiques pour l'âme, dans l'introduction de Toledot Adam; celui qui veut saisir l'essentiel des choses doit y étudier presque toute l'introduction, bien qu'elle soit longue, car elle se rattache à la paracha de Bereshit:

כלל העולה, הארכנו בבאור ג' אלה המקושרים הקב"ה ותורה וישראל, והתורה רושם אלהות והאדם שהוא ישראל רושם התורה. ועל זה יתבארו ג' עניינים המוזכרים בדברי רבותינו ז"ל בפריה ורביה כאשר העתקתי למעלה (ד"ה פנימיות הסוד) מפרק הבא על יבמתו (יבמות סג, ב), כי הם לאשתמודע אלהותו ע"י האדם באמצעית התורה, וכמו שאמרנו התורה רושם אלהות והאדם רושם התורה:

En somme, nous avons longuement expliqué ces trois éléments liés: le Saint, béni soit-Il, la Torah et Israël. La Torah est l'empreinte de la divinité, et l'homme, qui est Israël, est l'empreinte de la Torah.

Par cela s'expliqueront les trois notions mentionnées dans les paroles de nos maîtres, de mémoire bénie, sur la procréation, comme je les ai reproduites plus haut, sous le titre Intérieur du mystère, du chapitre Ha-ba al Yevimto (Yevamot 63b): car elles visent à faire connaître Sa divinité par l'homme, au moyen de la Torah, comme nous l'avons dit: la Torah est l'empreinte de la divinité et l'homme est l'empreinte de la Torah:

ממעט הדמות, סוד צלם ודמות כביכול מורה על מציאת הש"י סוד אדם העליון היושב על כסא, ועל זה בא הרמז (איוב יט, כו) ומבשרי אחזה אלוה:

Il diminue la ressemblance: le mystère de tselem et demout (image et ressemblance), pour ainsi dire, indique l'existence du Nom, béni soit-Il, selon le mystère de l'Adam supérieur assis sur le trône; à ce sujet vient l'allusion: De ma chair je contemple É-loah (Job 19, 26).

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