« De l'arbre de la connaissance du bien et du mal, vous ne mangerez pas de lui » : le mot « de lui » est écrit deux fois, et 'Hava ajoute l'interdiction de toucher. Pour le Chla, elle posa une règle : si le serpent mentait pour l'épouser, elle n'écouterait pas ; s'il parlait de son cœur, elle l'écouterait. Quand il la poussa à toucher, elle crut bouche et cœur unis. Ayant ajouté, elle vint à une diminution : « tout ajout retranche ». La terre n'avait pas produit un arbre au goût du fruit ; cela donna place au serpent. Elle pensait accomplir une mitsva et ne fut maudite qu'« à cause de toi ».
Aussi : les âmes d'Israël, racine de six cent mille interprétations selon l'Ari Z"L ; nefech, roua'h, nechama du monde présent et haya, ye'hida du monde à venir ; Torah donnée et Torah primordiale
א' גבי ציווי כתיב שני פעמים ממנו (בראשית ב, יז), ומעץ הדעת טוב ורע ולא תאכלו ממנו, כי ביום אכלך ממנו מות תמות. ובדבורה של חוה עם הנחש לא הוזכר רק פעם אחת ממנו כמו שכתוב (שם ג, ג) ומפרי העץ אשר בתוך הגן אמר א-להים לא תאכלו ממנו ולא תגעו בו.
עוד קשה, דבציווי הקב"ה כתיב, עץ ומעץ הדעת וגו', וכן הנחש הזכירה בדבריה עץ (שם ג, א) אף כי אמר א-להים מכל עץ הגן וגו'. וחוה הזכירה בדבריה פרי העץ, ואחר כך כתיב (שם ג, ו) ותרא האשה כי טוב העץ.
עוד קשה, חוה בודאי היתה חכמה גדולה, ומה עלה על דעתה להוסיף איסור נגיעה. עוד קשה, חוה ידעה שידעה האמת שלא צוה הקב"ה על הנגיעה רק על אכילה, א"כ למה השגיחה בנחש כשדחפה ונגעה באילן ואמרה כשם שאין מיתה בנגיעה כו' (בר"ר יט, ג), היאך למדה ציווי מלא ציוויהגה"הקושיא זה יש לתרץ כך, ידוע כי מחמת שחטאו אדם וחוה המשיכו על עצמם יצר הרע, וקודם לכן לא היה בהם יצר הרע.
ואין להקשות אם לא היה בהם יצר הרע למה חטאו. דיש לתרץ כי לא חטאו מחמת יצר כמו שחוטאים עתה, שיודע שהוא עבירה ועם כל זה חוטא מכח התאוה הנמשכת לו מיצר הרע.
רק טעו והאמינו לנחש, כי היה הנחש חכם גדול בעיניהם, וסברו מה שאומר הנחש הוא חס ושלום אמת. אבל שגגת תלמוד עולה זדון (אבות ד, יג), עם כל זאת לאחר שחטאו נסתאבו והומשך עליהם היצר הרע הבא מצד הנחש:והנה חוה היתה פוסחת על ב' הסעיפים, אם הנחש אומר כן כדי שתתן לבעלה שיאכל וימות והנחש רוצה לישא אותה, או אם הנחש דובר אמת בלבבו וכפי שהוא בלבבו אומר כן.
ועשתה חוה מוסכם, אם משקר ואינו אומר רק כדי שישאנה, חס ושלום שתשמע לדברי הנחש. ואם אמת דברי הנחש כפיו כן לבו, אזי היא רוצה לשמוע דבריו, כי חכם גדול היה הנחש בעיניה.
על כן כשהגידה היא לנחש שהקב"ה אסר הנגיעה ועם כל זה דחף אותה, אז הוכיחה חוה דבודאי הנחש כפיו כן לבו, דאם לא כן אלא היתה הכוונה שישאנה, אם כן איך דחף אותה לנגוע, דהא חוה הגיד לו כי מיתה בנגיעה, ואם כן המצאה שלו לבטלה:ואין להקשות הלא אמת כך הוא שכוונת הנחש היה לישא אותה ואיך דחף את חוה. דיש לתרץ דהיה הוכחה לנחש דעל כרחך לא הזהיר הקב"ה על הנגיעה גם כן, דאם כן מה היה צריך להזהיר על אכילה, יזהיר על הנגיעה ויהיה אכילה בכלל, דאי אפשר לאכילה בלא נגיעה.
אלא ודאי הנגיעה שהזכירה חוה היא הוספה. ואם תאמר הדרא קושיא לדוכתיה, מה הוכחה היתה לחוה מזה שהנחש דחפה, הלא יש תירוץ לזה כי הוכיחה הנחש שהנגיעה הוספה.
ויש לומר דזה עונש חוה שלא הבינה זו, דמאחר שהוסיפה באה לידי גרעון, כלומר שהיה נגרע מן שכלה זה הוכחה של ענין ההוספה, כי כל המוסיף גורע (סנהדרין כט, א), וכל זה ידע הנחש, וחוה טעתה בנחש מכח שבאתה לידי גרעון, ודו"ק:. עוד קשה, בענין (בראשית ג, יז) ארורה האדמה בעבורך, שהאדמה שחטאה כבר נתקללה כשנתקלל האדם ואז קבלה עונשה, ולמה לא תיכף שחטאה:
A. À propos du commandement, le mot "de lui" est écrit deux fois: "De l'arbre de la connaissance du bien et du mal, vous ne mangerez pas de lui; car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement" (Genèse 2,17).
Dans le dialogue d'Ève avec le serpent, il n'est mentionné qu'une fois: "Du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Elo-kim a dit: vous ne mangerez pas de lui et vous n'y toucherez pas" (Genèse 3,3). Autre difficulté: dans le commandement du Saint, béni soit-Il, il est écrit "arbre": "de l'arbre de la connaissance..."; le serpent aussi mentionna l'arbre dans ses paroles: "Elo-kim a-t-Il dit: de tout arbre du jardin..." (Genèse 3,1).
Ève, elle, mentionna le fruit de l'arbre; puis il est écrit: "La femme vit que l'arbre était bon à manger" (Genèse 3,6). Autre difficulté: Ève était assurment très sage; qu'est-ce qui lui vint à l'esprit pour ajouter l'interdiction de toucher?
Encore une difficulté: Ève savait parfaitement que le Saint, béni soit-Il, n'avait ordonné que l'interdiction de manger, non celle de toucher; pourquoi donc prêta-t-elle attention au serpent lorsqu'il la poussa, qu'elle toucha l'arbre et qu'il dit: "De même qu'il n'y a pas de mort dans le toucher..." (Bereshit Rabba 19,3)? Comment a-t-elle déduit un ordre là où aucun ordre ne lui avait été donné?
(Note.) Cette difficulté se résout ainsi. Il est connu que, parce qu'Adam et Ève ont fauté, ils ont attiré sur eux le mauvais penchant (yetser hara); auparavant, il n'y avait pas en eux de mauvais penchant.
Ne pas objecter: s'ils n'avaient pas de mauvais penchant, pourquoi ont-ils fauté? Car ils n'ont pas fauté par le penchant comme on faute aujourd'hui, lorsque l'on sait qu'il s'agit d'une transgression et que, malgré cela, on faute par la force du désir attiré par le mauvais penchant.
Ils se trompèrent plutôt et crurent le serpent, car il était très sage à leurs yeux, et ils pensèrent que ce qu'il disait était, à Dieu ne plaise, vrai. Mais une erreur dans l'étude est comptée comme une faute volontaire (Pirkei Avot 4,13).
Après avoir fauté, ils furent néanmoins souillés, et le mauvais penchant venant du serpent fut attiré sur eux. Ève hésitait entre deux possibilités: soit le serpent disait cela afin qu'elle donne à son mari à manger, qu'il meure, et que le serpent veuille l'épouser; soit le serpent disait la vérité dans son cœur et parlait conformément à ce qui était dans son cœur.
Ève posa donc ceci comme règle: s'il mentait et ne parlait ainsi que pour l'épouser, à Dieu ne plaise qu'elle écoute les paroles du serpent; mais si les paroles du serpent étaient vraies, sa bouche et son cœur étant un, alors elle voulait écouter ses paroles, car le serpent était très sage à ses yeux. Aussi, lorsqu'elle déclara au serpent que le Saint, béni soit-Il, avait interdit le toucher et que, malgré cela, il la poussa, Ève en conclut avec certitude que la bouche du serpent et son cœur étaient un.
Car, si son intention avait été de l'épouser, comment l'aurait-il poussée à toucher, puisqu'Ève lui avait dit qu'il y avait mort dans le toucher? Son stratagème aurait alors été vain.
Ne pas objecter: en vérité, l'intention du serpent était de l'épouser; pourquoi l'a-t-il donc poussée? Le serpent avait la preuve que le Saint, béni soit-Il, n'avait nécessairement pas interdit le toucher également.
Car, s'Il avait interdit le toucher, pourquoi aurait-Il eu besoin d'interdire de manger? Il aurait interdit le toucher, et manger aurait été compris dans cette interdiction, puisqu'il est impossible de manger sans toucher.
Le toucher dont Ève parlait était donc certainement un ajout. Mais si l'on dit que la difficulté revient à sa place, quelle preuve Ève tirait-elle de ce que le serpent l'avait poussée, puisqu'il y avait cette réponse: le serpent lui avait prouvé que le toucher était un ajout?
Il faut dire que ce fut le châtiment d'Ève de ne pas comprendre cela. Puisqu'elle avait ajouté, elle vint à une diminution: c'est-à-dire que cette preuve concernant l'ajout fut retranchée de son intelligence, car "tout ajout retranche" (Sanhédrin 29,1).
Le serpent savait tout cela, et Ève se trompa au sujet du serpent parce qu'elle était venue à cette diminution. Examine bien.
Encore une difficulté, au sujet de "maudite soit la terre à cause de toi" (Genèse 3,17): la terre, qui avait fauté, fut déjà maudite lorsque l'homme fut maudit et reçut alors son châtiment; pourquoi ne le fut-elle pas aussitôt qu'elle avait fauté?
הענין החטא הזה של חוה ואדם נמשך מצד מה ששינתה הארץ ולא הוציאה עץ שיהיה בו טעם פרי, כמו שאפרש. ובאמת הארץ חשבה לטובה וסברה מצוה קא עבדה כמו שכתבתי לעיל, על כן לא נענשה.
אבל אחר כך שנמשך מזה חטא אדם וחוה ועל ידי הארץ חטאו, על כן כשנפקדו על עוונם אזי ארורה האדמה ג"כ הגורמת להחטיא אותם. וזה (בראשית ג, יז) ארורה האדמה בעבורך, ולמה בעבורך ולא קודם.
אמר, כי ממנה לקחת, כלומר לקיחת העבירה שלך היא ממנה ומסיבתה:
La faute d'Ève et d'Adam procédait du fait que la terre avait changé et n'avait pas produit un arbre dont le goût fût comme celui du fruit, comme je l'expliquerai. En vérité, la terre pensait agir pour le bien et pensait accomplir une mitsva (commandement), comme je l'ai écrit plus haut; elle ne fut donc pas punie.
Mais lorsque la faute d'Adam et d'Ève en résulta, et qu'ils fautèrent par l'intermédiaire de la terre, alors, lorsqu'ils furent visités pour leur faute, la terre fut elle aussi maudite, elle qui les avait fait fauter. Tel est le sens de "maudite soit la terre à cause de toi": pourquoi "à cause de toi" et non avant?
Il dit: "car tu as été pris d'elle", c'est-à-dire que ta prise de la faute provient d'elle et de sa cause.
כיצד נמשך החטא מסיבת הארץ. הנה אם כל האילנות שבעולם [היה] טעם העץ כטעם הפרי, אז לא היה מקום להנחש לפתות.
אבל עתה היה מקום להנחש, כי מתחלה התחיל לפתות אותה דרך שכל ולא תכף למרוד, כי כן דרך היצה"ר מתחילה בפה רך כו' עד שאומר לו אח"כ עבוד עבודה זרה בר מינן (עי' שבת קה, ב):
Comment la faute découla-t-elle de la terre? Si tous les arbres du monde avaient eu le goût de l'arbre comme le goût du fruit, il n'y aurait pas eu de place pour le serpent afin de séduire.
Mais maintenant, il y eut une place pour le serpent, car il commença par la séduire par le moyen de l'intelligence, et non en la poussant aussitôt à la révolte. Car telle est la voie du mauvais penchant: au début, il parle avec douceur, etc., jusqu'à dire ensuite: "Adore une idole", à Dieu ne plaise (voir Chabbat 105,2).
ומתחילה אקדים, בודאי עץ הדעת היה טעם עץ כטעם הפרי, כי הארץ שינתה, אבל עץ הגן הם מטע ה' והוא נטעם כרצונו להיות טעם העץ כטעם הפרי. ורמזה הנחש בדבריו, שמה שאסר הקב"ה לא אסר אלא לאכול מהעץ, כי אין אתם זוכים לטעום מן העץ השוה לפריו, כי זהו דבר שהוא למעלה מהטבע, שהרי כל העצים שבעולם אין טעם עץ שלהם כטעם פריים.
אבל הפרי מה טעם אסרם, על כן הזכיר הנחש בדבריו עץ ולא פרי, להורות שכן הלשון מדוקדק בדברי הקב"ה שהזכיר ג"כ עץ כמו שכתוב (בראשית ב, יז) ומעץ הדעת לא תאכלו:
Je dois d'abord prémettre ceci: l'arbre de la connaissance avait certainement le goût de l'arbre comme le goût du fruit. La terre avait changé, mais l'arbre du jardin était une plantation du Nom, et il fut planté selon Sa volonté afin que le goût de l'arbre fût comme le goût du fruit.
Le serpent y fit allusion dans ses paroles: ce que le Saint, béni soit-Il, avait interdit n'était que de manger de l'arbre, car vous n'avez pas le mérite de goûter à l'arbre égal à son fruit; c'est une chose au-dessus de la nature, puisque, pour tous les arbres du monde, le goût de leur arbre n'est pas comme celui de leur fruit. Mais pourquoi le fruit leur aurait-il été interdit?
C'est pourquoi le serpent mentionna l'arbre et non le fruit dans ses paroles, pour montrer que le langage est précis dans les paroles du Saint, béni soit-Il, qui mentionna aussi l'arbre, comme il est écrit: "De l'arbre de la connaissance, vous ne mangerez pas" (Genèse 2,17).
חוה חשיבה, הקב"ה אסר לנו גם מפרי העץ ולא מעץ בלבדו. ואף על פי שאמר מהעץ ולא מפרי העץ, העץ כולל גם הפרי והוא עץ מאכל.
דאם לא כן, קשה בדברי הקב"ה למה אמר שני פעמים ממנו, לא תאכל ממנו, כי ביום אכלך ממנו. אלא אכילה שנייה באם אינו ענין לאכילה, תנהו ענין למגע.
דהיינו הפרי יהיה אסור לאכילה, והעץ המקודש ביותר שהוא למעלה מהטבע אסור אף בנגיעה. וזהו שדייקה בדבריה לא תאכל ממנו, היינו מפריו.
ולא תגעו בו, כלומר בעץהגה"הואין להקשות לפי סברת חוה שתיבת ממנו מיותר, למה הבינה באם אינו ענין וקאי הנגיעה על עץ ואכילה אפרי, ולמה לא הניחה הדברים כפשוטן הכל על עץ דוקא, וחד לאסור אכילה וחד לאסור נגיעה, אבל הפרי יהיה מותר אפילו באכילה. ויש לתרץ חוה חשבה דאם כן לכתוב רחמנא איסור נגיעה בהדיא פעם אחת ולא יכתוב שתי פעמים אכילה, ועל דרך שכתבתי בהגה"ה.
אלא ודאי איסור אכילה על פרי, ואיסור נגיעה על העץ, כך היה לימוד חוה::
Ève pensa: le Saint, béni soit-Il, nous a interdit aussi le fruit de l'arbre, et non l'arbre seulement. Bien qu'Il ait dit "de l'arbre" et non "du fruit de l'arbre", l'arbre comprend aussi le fruit, car c'est un arbre de nourriture.
Sinon, il est difficile de comprendre pourquoi le Saint, béni soit-Il, a dit deux fois "de lui": "vous ne mangerez pas de lui" et "car le jour où tu en mangeras de lui". La seconde mention de manger, si elle ne concerne pas le fait de manger, doit être appliquée au toucher.
C'est-à-dire que le fruit serait interdit à manger, et que l'arbre, plus sacré et au-dessus de la nature, serait interdit même au toucher. C'est ce qu'elle précisait dans ses paroles: "vous ne mangerez pas de lui", c'est-à-dire de son fruit, "et vous n'y toucherez pas", c'est-à-dire à l'arbre.
(Note.) Ne pas objecter: selon le raisonnement d'Ève, puisque le mot "de lui" est superflu, pourquoi a-t-elle compris, selon la règle "si ce n'est pas pour...", que le toucher porte sur l'arbre et le manger sur le fruit? Pourquoi n'a-t-elle pas laissé les paroles selon leur sens simple, toutes portant précisément sur l'arbre: l'une pour interdire de manger et l'autre pour interdire de toucher, tandis que le fruit resterait permis, même à manger?
On peut répondre qu'Ève pensa que, dans ce cas, le Miséricordieux aurait écrit explicitement une fois l'interdiction de toucher et n'aurait pas écrit deux fois l'interdiction de manger, comme je l'ai écrit dans la note. L'interdiction de manger portait donc certainement sur le fruit et l'interdiction de toucher sur l'arbre: telle était l'inférence d'Ève.
מה עשה, דחף את חוה ואמר, כשם שאין מיתה בנגיעה, כי הנחש היה ערום גדול הבין שאין הפשט כך במה שהזכיר ב' פעמים אכילה הימנו להיות א' באם אינו כו'. רק הבין אמת הפשט, כי אחד בא לאזהרה, ואחד לעונש, כי אין עונשין אלא א"כ מזהירין (סנהדרין נו, ב), ואזהרה והעונש שניהם שוין בלשונם, וזהו לא תאכל ממנו בלשון אזהרה, כי ביום אכלך ממנו הוא העונש.
לכך דחף את חוה, כי ידע שאין מיתה בנגיעה, וחשב הנחש להסיתה שתקח מפרי, ומסתמא תתן לבעלה מקודם לטעום כדרך הנשים שמכבדות לבעליהן, ואז ימות בעלה, והוא יקחנה. ואז פקד הנחש להסית בפרהסיא ולומר מאחר שאתה רואה שאין מיתה בנגיעה, כך אין מיתה באכילה, וטעם הקב"ה היה כי יודע אלקים:
Que fit-il? Il poussa Ève et dit: "De même qu'il n'y a pas de mort dans le toucher..." Car le serpent était très rusé: il comprit que le pchat (sens littéral) n'était pas que les deux mentions de "manger de lui" faisaient de l'une une déduction selon "si ce n'est pas pour...".
Il comprit plutôt le vrai pchat: l'une vient comme avertissement et l'autre comme châtiment, car on ne punit que si l'on a averti (Sanhédrin 56,2), et l'avertissement et le châtiment ont la même formulation. "Tu ne mangeras pas de lui" est l'avertissement; "car le jour où tu en mangeras de lui" est le châtiment.
C'est pourquoi il poussa Ève, car il savait qu'il n'y avait pas de mort dans le toucher. Le serpent pensa la séduire afin qu'elle prenne du fruit; elle le donnerait sans doute d'abord à goûter à son mari, selon la manière des femmes d'honorer leurs maris; son mari mourrait alors et il la prendrait.
Le serpent osa alors la séduire ouvertement et dire: puisque tu vois qu'il n'y a pas de mort dans le toucher, il n'y en a pas non plus dans le manger; et le motif du Saint, béni soit-Il, était: "car Elo-kim sait..." (Genèse 3,5).
אז נתפתתה חוה, ותרא האשה כי טוב העץ למאכל וכי תאוה הוא לעינים (בראשית ג, ו), כלומר לאחר שראתה האשה שאין כהבנתה פשט שלה כלום, חשבה יהיה הענין איך שיהיה, הן מה שאמר הנחש בראשונה שלא נאסר רק העץ, כי טוב העץ למאכל כלומר שהיה בו טעם פרי ונשתנה למעלה מהטבע, הן שיהיה כדברי הנחש האחרונים כי יודע אלקים, זהו שכתוב וכי תאוה הוא לעינים כו' על כן לקחה מפרי העץ כו':
Ève fut alors séduite: "La femme vit que l'arbre était bon à manger et qu'il était un désir pour les yeux" (Genèse 3,6). Après que la femme eut vu que son pchat, selon sa propre compréhension, ne valait rien, elle pensa: quel que soit le sens de la chose, soit ce que le serpent avait dit d'abord, que seul l'arbre avait été interdit - "l'arbre était bon à manger", c'est-à-dire qu'il avait le goût du fruit et avait été changé au-dessus de la nature -, soit les derniers propos du serpent, "car Elo-kim sait"; tel est le sens de "et qu'il était un désir pour les yeux", etc.
C'est pourquoi elle prit du fruit de l'arbre, etc.
הרי שהגרם היה הכל ענין השתנות טעם העץ כטעם הפרי בשאר אילנות שבעולם. שאלו היו כל אילנות שבעולם שוים, בזה לא היו מקום לכל הנ"ל, ולא באו לכלל חטא.
על כן כשנתקללו אדם וחוה, אז גם הארץ נתקללה. אבל מתחילה לא נתקללה הארץ, כי כוונתה היתה לטובה, חשבה כמו אור הגנוז כן יהיה זה גנוז, אבל תכלית הבריאה היתה כן שיהיה תיק הספר כספר, דהיינו הגוף והנפש בדמות צלם עליון, וככה ימשכו כל הנברא לצורך האדם.
הרי מבואר סוד הצלם והדמות:
Ainsi, toute la cause fut que, dans les autres arbres du monde, le goût de l'arbre avait été changé et n'était pas comme le goût du fruit. Si tous les arbres du monde avaient été semblables, il n'y aurait pas eu de place pour rien de tout ce qui précède, et ils ne seraient pas parvenus à la faute.
C'est pourquoi, lorsqu'Adam et Ève furent maudits, la terre fut elle aussi maudite. Mais au début la terre ne fut pas maudite, car son intention était bonne: elle pensait que, de même que la lumière cachée, cela aussi serait caché.
Mais la finalité de la création était que le contenant du livre soit comme le livre, c'est-à-dire que le corps et l'âme soient à la ressemblance de l'image supérieure, et que toutes les créatures soient ainsi attirées pour le besoin de l'homme. Le secret de l'image et de la ressemblance est donc expliqué.
ב' יצירתו כתורתו. דע כי רוחניות התורה היא נשמות של ישראל, ורמזו רז"ל דבר זה באמרם (מנחות צט, ב) תורה נתנה למ' והנשמה נתנה למ', והארכתי בדרוש הזה במסכת שבועות פרק תורה אור.
ובדברי קדשו האר"י ז"ל בקונטרס וזה לשונו, כללות כל הנשמות הם ס' ריבוא, והתורה הוא שורש הנשמות דישראל, ולכן יש כנגדם ס' רבוא פירושים, אשר כפי כל פירוש מן הס' רבוא משם נתהוה שורש נשמה אחת, ולעתיד לבא כל אחד ואחד יקרא וידע את התורה כפי הפירוש המגיע בשורשו אשר על ידו נברא, וכן הוא בגן עדן. ויש נשמה שכוללת כמה פירושים, ונשמת משה רבינו עליו השלום היתה כוללת כל הס' רבוא, ולכן ידע כל הס' רבוא פירושים.
ולכן בלילה אחר צאת הנשמה בעת השינה, הנה מי שזוכה לעלות הוא קורא שם אותו הפירוש המגיע אל שורשו. אכן יש בחינות חלוקות, כי בלילה זו מאיר יותר פסוק זה בנשמתו, ובלילה אחרת פסוק אחר, והכל כפי מעשיו.
והאר"י זלה"ה היה רואה באדם איזה פסוק מאיר בו יותר, ואז היה מבאר לו כפי הפירוש השייך לו כפי נשמתו ממה שהיה רואה במצחו, והיה מבארו לו שכאשר יקראהו בהקיץ תעלה נשמתו למעלה לאין קץ ויתגלו דברים אחרים גם שהחומר לא ירגיל בהם. וס' רבוא פירושים אלה הם כפי הפשט, וכנגדם בקבלה וכן כיוצא בזה, כי אין לך נשמה שאינה כלולה מכולם, עד כאן לשונו:
B. Sa formation est conforme à sa Torah.
Sache que la spiritualité de la Torah est constituée des âmes d'Israël. Nos Sages, de mémoire bénie, y firent allusion lorsqu'ils dirent: "La Torah fut donnée en quarante, et l'âme fut donnée en quarante" (Menahot 99,2).
J'ai longuement développé cet enseignement dans le traité Chevouot, chapitre Torah Ohr. Dans un opuscule, le Ari, Rabbi Yitshak Louria, de mémoire bénie, écrit: "La totalité de toutes les âmes est de six cent mille.
La Torah est la racine des âmes d'Israël; il y a donc, en correspondance, six cent mille interprétations, et de chacune de ces six cent mille interprétations provient la racine d'une âme. Dans l'avenir, chacun lira et connaîtra la Torah selon l'interprétation qui atteint sa racine et par laquelle il a été créé; il en est de même au Gan Éden (Jardin d'Éden).
Il existe une âme qui englobe plusieurs interprétations, et l'âme de Moché, notre maître, que la paix soit sur lui, englobait les six cent mille; il connaissait donc les six cent mille interprétations. Ainsi, la nuit, après la sortie de l'âme pendant le sommeil, celui qui a le mérite de monter lit là-bas l'interprétation qui atteint sa racine.
Il existe toutefois des modalités distinctes: une nuit, tel verset éclaire davantage son âme; une autre nuit, un autre verset, le tout selon ses actes. Le Ari voyait chez une personne quel verset éclairait davantage en elle; alors, d'après ce qu'il voyait sur son front, il lui expliquait l'interprétation qui lui correspondait selon son âme.
Il lui expliquait que, lorsqu'il le lirait à l'état de veille, son âme monterait en haut sans limite, et que d'autres choses seraient révélées, même si la matière ne s'y habitue pas. Ces six cent mille interprétations sont selon le pchat, et il en est de même dans la Kabbalah et dans les choses analogues, car il n'est pas d'âme qui ne soit incluse en toutes." Fin de ses paroles.
וכמו שיש חמשה חומשי תורה, כן חמשה חלקי הנשמה שהם נפש רוח ונשמה חיה יחידה. ויש לתמוה מה זה ועל מה זה שלא נזכר בזוהר ובכל ספרי המקובלים על הרוב ורובא דרובא רק ג' אלה שהם נפש רוח ונשמה.
והנה הארכתי בענין זה במאוד בהקדמת תולדות אדם:
De même qu'il y a cinq livres de la Torah, il y a cinq parties de l'âme: nefech (âme vitale), roua'h (esprit), nechama (âme supérieure), haya (vie) et ye'hida (unité). Il faut s'étonner de ce que, dans le Zohar et dans tous les livres des kabbalistes, pour la plupart et dans l'immense majorité des cas, seules ces trois sont mentionnées: nefech, roua'h et nechama.
J'ai très longuement développé cette question dans l'introduction de Toledot Adam.
כלל הענין, נפש רוח ונשמה הם מספירת בינה ולמטה סוד הבנין הכלול בסוד הזיווג ד"ו פרצופים תפארת ומלכות סוד עולם הזה. וחיה יחידה מצד זיווג העליון חכמה ובינה שהוא סוד עולם הבא.
והנה בני עליה שהם מועטים רואים עולמם בחייהם, דהיינו זוכים גם כן לסוד חיה יחידה, ונשמת אדם וחוה מסוד חכמה ובינה, ושם ביארתי בארוכה פסוקים (בראשית ב, ז) ויהי האדם לנפש חי"ה, וחוה היתה אם כל ח"י (שם ג, כ), עיין שם באורך ויהי מתוק לפיך:
En somme, nefech, roua'h et nechama relèvent de la sefira (émanation) Bina et de ce qui est au-dessous, secret de l'édifice inclus dans le secret de l'union des deux partsoufim (configurations), Tiferet et Malkhout, secret du monde présent. Haya et ye'hida sont du côté de l'union supérieure de 'Hokhma (Sagesse) et Bina, secret du monde à venir.
Les Benei Aliyah (hommes d'élévation), qui sont peu nombreux, voient leur monde de leur vivant, c'est-à-dire qu'ils méritent aussi le secret de haya et ye'hida. Les âmes d'Adam et d'Ève sont du secret de 'Hokhma et Bina; j'y ai longuement expliqué les versets "l'homme devint une âme vivante" (Genèse 2,7) et "Ève fut mère de tout vivant" (Genèse 3,20).
Consulte cela en détail, et que cela soit doux à ta bouche.
וכל הנשמות שורש התורה כדפי', והנה יש שני תורות. א' התורה הנתנה לנו מסוד ד"ו פרצופין תפארת ומלכות שהם תורה שבכתב ותורה שבעל פה, ועליהם רמז (דברים ד, לו) מן השמים השמיעך את קולו ועל הארץ [הראך] את אשו הגדולה, שמים וארץ ד"ו פרצופים כנודע.
אמנם יש תורה קדומה והיא גנוזה בסוד אור הגנוז, שעליה רמזו רז"ל (שבת פח, ב) התורה קדמה לעולם אלפים שנה, ופירשו המקובלים כל ספירה היא אלף בסוד כללות וכללות מכללות. והנה העולם חסד יבנה (תהלים פט, ג), כי הבנין מתחיל מהחסד, והחכמה ובינה הם שני אלפים שהם שני ספירות הקדומות לעולם שהוא חסד:
Toutes les âmes sont la racine de la Torah, comme je l'ai expliqué. Or il y a deux Torah.
La première est la Torah qui nous a été donnée, issue du secret des deux partsoufim, Tiferet et Malkhout: la Torah écrite et la Torah orale. Le verset y fait allusion: "Du ciel, Il t'a fait entendre Sa voix, et sur la terre Il t'a montré Son grand feu" (Deutéronome 4,36).
Le ciel et la terre sont les deux partsoufim, comme on le sait. Il y a cependant une Torah primordiale, qui est cachée dans le secret de la lumière cachée; c'est à son sujet que nos Sages ont fait allusion: "La Torah a précédé le monde de deux mille ans" (Chabbat 88,2).
Les kabbalistes ont expliqué que chaque sefira vaut mille, selon le secret de l'inclusion et de l'inclusion dans l'inclusion. Or "le monde sera bâti par le 'Hessed" (Psaumes 89,3), car l'édifice commence par le 'Hessed (bonté); 'Hokhma et Bina sont les deux mille, les deux sefirot qui précèdent le monde, lequel est 'Hessed.
והנה שורש תפארת ומלכות שהם ד"ו פרצופין הכוללים כל הבנין שרשם הוא חכמה ובינה, ואין לזו להתבונן רק בבנין. אבל הנסתרות שהם חכמה ובינה סוד תורה קדומה, הם לה' א-להינו וגנוזות ונעלמות ממנו, והנגלות הם לנו ולבנינו.
והנה רובא דרובא וכמעט כולם נשמתם מתורה זו הנתנה לנו מבינה ואילך באמצעי סוד זיווג התחתון תפארת ומלכות, והם זוכים לנפש רוח ונשמה כל אחד כפי מדרגתו. אבל בני עליה שהם מיעוטא דמיעוטא, עולים ג"כ לחיה יחידה בסוד התורה הקדומה, ועליהם מה שאמרו רז"ל (בר"ר א, ד) ישראל עלו במחשבה קודם בריאת העולם.
וכבר נודע כי החכמה היא המחשבה. וענין ישראל על"ו, עלו הוא סוד בני עליה שרמזתי והם תקועים במחשבה העליונה:
La racine de Tiferet et de Malkhout, qui sont les deux partsoufim englobant tout l'édifice, est 'Hokhma et Bina, et on ne peut les contempler qu'à travers l'édifice. Mais les choses cachées, qui sont 'Hokhma et Bina, secret de la Torah primordiale, appartiennent au Nom, notre Elo-kim; elles sont cachées et dissimulées pour nous, tandis que les choses révélées sont à nous et à nos fils (Deutéronome 29,28).
L'immense majorité, presque tous, ont leur âme issue de cette Torah qui nous a été donnée depuis Bina et vers le bas, par l'intermédiaire du secret de l'union inférieure de Tiferet et Malkhout; ils méritent nefech, roua'h et nechama, chacun selon son degré. Mais les Benei Aliyah, minorité parmi une minorité, montent aussi vers haya et ye'hida dans le secret de la Torah primordiale.
C'est à leur sujet que nos Sages ont dit: "Israël sont montés dans la pensée avant la création du monde" (Bereshit Rabba 1,4). Or il est déjà connu que 'Hokhma est la pensée.
Dans l'expression "Israël sont montés" (ישראל על"ו), "montés" (עלו) est le secret des Benei Aliyah auxquels j'ai fait allusion: ils sont ancrés dans la pensée supérieure.
ובזה יתבאר מאמרם ז"ל (פס"ר מ, ג), מתחלה עלה במחשבה לברוא העולם במדת הדין, ראה שאין העולם מתקיים שיתף הקב"ה מדת הדין במדת הרחמים כו'. קשה מה דהוה הוה ומה לנו להזכיר מה שהיה ונתבטל.
עוד קשה וכי ח"ו המלכה היה בדבר ח"ו, כי לא בן אדם ויתנחם (עי' במדבר כג, יט):
Par cela s'expliquera la parole de nos Sages (Pesiqta Rabbati 40,3): "Au commencement, il monta dans la pensée de créer le monde par l'attribut du jugement; voyant que le monde ne subsistait pas, le Saint, béni soit-Il, associa l'attribut du jugement à l'attribut de la miséricorde, etc." La difficulté est la suivante: ce qui fut, fut; pourquoi mentionner ce qui eut lieu et fut annulé? Autre difficulté: y eut-il, à Dieu ne plaise, une délibération dans cette affaire?
Car Il n'est pas un homme pour Se repentir (voir Nombres 23,19).