שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebikhtav, Introduction (7/8)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Le Rav, de mémoire bénie, précise que les autres interdits ressemblent seulement à na et cuit, au levain et au miel, non au zag et au hartsan (peau et pépin de raisin). On reçoit une flagellation pour le zag et pour le hartsan même ensemble, deux commandements ; pour na et cuit, levain et miel et leurs semblables, une seule même réunis. Le Chla rapporte du Keter Torah qu'un surplus du verset rend passible chaque détail seul, mais une seule interdiction vaut pour les deux ensemble. Chez le nazir, surplus du verset et des interdictions : on est passible pour chaque détail, seuls ou réunis.

Aussi : les meules inférieure et supérieure, une seule interdiction mais flagellation pour chacune, ensemble ou seules ; les incisions, passible pour chacune ; on ne peut déduire l'un des interdits de la seconde catégorie de l'autre

ראה והביטה כמה דקדק הרב ז"ל, שאחרי שהזכיר בראש דבריו כל הג' יחד נא ומבושל, שאור ודבש, וזג וחרצן, חזר בסוף דבריו לומר שכל שאר הלאוין אלו שהביא אח"כ דומים לאלו השני לאוין לבד שהם נא ומבושל, ושאור ודבש, בלי הבדל כדי שלא נטעה לומר שדומה לכל הג' דהיינו גם לזג וחרצן, כי זה אינו דהא על לאו דזג לוקין, וכן על לאו דחרצן אפילו בהיות שניהן יחד ונמנין שתי מצות. מה שאין כן בנא ומבושל, ושאור ודבש, וכן באתנן ומחיר, ובעמוני ומואבי ודומיהם, שאין לוקין כי אם אחד על כל פרטי איסוריהם אפילו בהיותם כולם יחד.

ופרטי כל לאו מהם אינם נמנים כי אם מצוה אחת, כי כן לוקין על אתנן ומחיר, ובעמוני ומואבי ודומיהם שאין לוקין כי אם אחד על כל פרטי איסוריהם אפילו בהיותם כולם יחד. ופרטי כל לאו מהם אינם נמנים כי אם מצוה אחת, כי כן לוקין על אתנן ומחיר אחת לבד.

וכן על שאור ודבש אחת לבד. כן אין לוקין על כל פרטי אסורי הלאוין שהם מזה המין השני כי אם אחת לבד, אף בעשותן כולם ביחד:

Vois et considère combien le Rav, de mémoire bénie, a été précis: après avoir mentionné au début de ses paroles les trois ensembles, na (viande insuffisamment cuite) et cuit, levain et miel, et peau de raisin (zag) et pépin de raisin (hartsan), il revient à la fin de ses paroles pour dire que tous les autres interdits qu'il a ensuite apportés ressemblent seulement à ces deux interdits, na et cuit, levain et miel, sans aucune différence. Cela afin que nous ne nous trompions pas en disant qu'ils ressemblent aux trois, c'est-à-dire aussi à zag et hartsan.

Car ce n'est pas le cas: on reçoit une flagellation pour l'interdit du zag et pour l'interdit du hartsan, même lorsque les deux sont commis ensemble, et ils sont comptés comme deux commandements. Il n'en est pas ainsi du na et du cuit, du levain et du miel, ni de la rétribution de la prostituée et du prix du chien, ni de l'Ammonite et du Moabite, et de leurs semblables: on ne reçoit qu'une seule flagellation pour tous les détails de leurs interdits, même lorsqu'ils sont tous commis ensemble.

Les détails de chacun de ces interdits ne sont comptés que comme un seul commandement. Car de même, pour la rétribution de la prostituée et le prix du chien, l'Ammonite et le Moabite, et leurs semblables, on ne reçoit qu'une seule flagellation pour tous les détails de leurs interdits, même lorsqu'ils sont tous commis ensemble.

Les détails de chacun de ces interdits ne sont comptés que comme un seul commandement. Car pour la rétribution de la prostituée et le prix du chien, on ne reçoit qu'une seule flagellation; de même, pour le levain et le miel, une seule.

Ainsi, pour tous les détails des interdits négatifs qui relèvent de cette seconde catégorie, on ne reçoit qu'une seule flagellation, même en les accomplissant tous ensemble:

אמנם קשה מאי טעמא באמת מה נשתנו זג וחרצן ללקות על כל אחת מהם בעשותן יחד, ושעל כן נמנים כל אחד בפני עצמו. ומצאתי בספר כתר תורה שכתב וזה לשונו, לפי שבשני אלו הלאוין דנא ומבושל, ושאור ודבש, אין בהם יתור בפסוק כדי שנאמר שהלאו חוזר ועונה על כל אחד מפרטי האסורין ואפילו בהצטרפותם יחד, כמו שיש יתור בפסוקי הנזיר לומר שחייב על כל אחד מפרטי האסורין בין בהתחלקותם בין בהצטרפותם:

Il est toutefois difficile de savoir pour quelle raison zag et hartsan diffèrent: pourquoi reçoit-on une flagellation pour chacun d'eux lorsqu'ils sont commis ensemble, et pourquoi chacun est-il donc compté séparément? J'ai trouvé dans le livre Keter Torah ce qui suit: dans ces deux interdits, na et cuit, levain et miel, il n'y a pas de surplus dans le verset permettant de dire que l'interdit revient pour s'appliquer à chacun des détails interdits, même lorsqu'ils sont réunis, comme il y a un surplus dans les versets du nazir pour dire qu'il est passible pour chacun des détails interdits, qu'ils soient séparés ou réunis:

הביאור לזה, כגון נא ומבושל שהיה לו לפסוק לשתוק מנא ומבושל ולומר אל תאכלו ממנו כי אם צלי אש, והיה מובן ממנו כי אם נא ומבושל ובכל אופן שיהיה זולת צלי אש אסור, נא ומבושל דכתב רחמנא למה לי. אלא לומר שחייב אנא לבדו, ואמבושל לבדו, בהיות כל אחד מהם בפני עצמו.

ואע"ג דבפרק כל שעה (פסחים מא, ב) מצריכי קראי דנא ומבושל, נא למעוטי אכלו חי שאינו חייב, ובשל מבושל למעוטי שבשלו כל צרכו כגון דשויה חרוכה, או לרבויי בשלו בשאר משקין, או שבשלו ואח"כ צלאו, או שבשלו מבעוד יום כדדריש רבי בברייתא, אי לזה הוי ליה למכתב אל תאכלו ממנו נא ובשל מבושל במים, כי אם צלי אש דכתב רחמנא למה לי. אלא ודאי ללאו אתא לחייב על נא לבדו ועל מבושל לבדו:

L'explication est la suivante. Pour na et cuit, le verset aurait pu se taire au sujet de na et cuit et dire: 'N'en mangez rien, mais seulement rôti au feu' (Exode 12,9).

On aurait alors compris que na et cuit, et toute préparation autre que le rôtissage au feu, sont interdits. Pourquoi le Miséricordieux a-t-il écrit na et cuit?

C'est seulement pour dire que l'on est passible pour na seul et pour cuit seul, lorsque chacun est mangé séparément. Bien que, dans le chapitre Kol Shaah (Pessa'him 41b), les termes na et cuit soient nécessaires: na pour exclure celui qui l'a mangé entièrement cru, car il n'est pas passible; et 'cuit, bouilli' pour exclure le cas où il l'a fait cuire complètement, par exemple en le rendant carbonisé, ou pour inclure le cas où il l'a cuit dans d'autres liquides, ou l'a cuit puis roté, ou l'a cuit alors qu'il faisait encore jour, comme Rabbi l'expose dans une baraitha (enseignement tannaïte).

Si c'était pour cela, il aurait fallu écrire: 'N'en mangez rien na ni cuit, bouilli dans l'eau.' Pourquoi le Miséricordieux a-t-il écrit 'mais seulement rôti au feu'? Il est donc certain que cela vient pour l'interdiction, afin de rendre passible pour na seul et pour cuit seul:

ואם תאמר הא אכתי אצטריך כי אם צלי לחי ומבושל בחמי טבריא. ויש לומר מדכתיב לעיל מיניה (שמות יב, ח) ואכלו את הבשר בלילה הזה צלי אש, מזה הפסוק היו מבינים שאין אוכלין אותו לא חי ולא מבושל:

Et si tu dis: 'mais seulement rôti' reste nécessaire pour le cru et le cuit dans les eaux chaudes de Tibériade. Il faut répondre que, puisqu'il est écrit juste avant: 'Ils mangeront la chair cette nuit-là, rôtie au feu' (Exode 12,8), on aurait compris de ce verset qu'on ne le mange ni cru ni cuit:

וא"ת אכתי אצטריך כי אם צלי אש ללאו לחיוביה על חי ועל מבושל בחמי טבריא. הא ליתא, דהא אינו לוקה אחי ואמבושל בחמי טבריא, כדתניא התם (פסחים מא, א) יכול יהא לוקה, תלמוד לומר נא ומבושל אמרתי לך ולא חי.

א"כ לעולם לשתוק קרא מכי אם צלי אש שכתוב בפסוק שני, כיון שכבר כתב בפסוק ראשון ואכלתם את הבשר בלילה הזה צלי אש שממנו היינו מבינים שאין אוכלים אותו לא חי ולא מבושל בחמי טבריא, אלא כי אם צלי אש דכתב בפסוק שני לא בא אלא ללאו, פירוש לחיוביה לאו על נא לבדו בהאכל בפני עצמו, ועל מבושל לבדו ג"כ, ומדלא כתיב בפסוק לאו יתר פירוש דלא כתיב אל תאכלו ממנו נא ולא בשל מבושל, שמעינן מיניה דאינו חייב כי אם אחת על שתיהן אם אכלן ביחד. וגם בשאור ודבש הוי ליה לקרא למכתב כי כל שאור ודבש לא תקטירו ממנו אשה לה', וכל דכתב רחמנא (ויקרא ב, יא) גבי דבש יתיר, למה לי.

אלא לחייב אשאור לבדו, ואדבש לבדו, שבהקטר כל אחד מהם בפני עצמו חייב על כל אחד מהם:

Et si tu dis: 'mais seulement rôti au feu' reste nécessaire comme interdiction, afin de rendre passible pour le cru et le cuit dans les eaux chaudes de Tibériade, cela n'est pas juste: on ne reçoit pas la flagellation pour le cru ni pour le cuit dans les eaux chaudes de Tibériade, comme il est enseigné là-bas (Pessa'him 41a): 'Pourrais-tu penser qu'il reçoit la flagellation? L'Écriture dit: Je t'ai dit na et cuit, mais non le cru.' Le verset aurait donc pu omettre 'mais seulement rôti au feu', écrit dans le second verset, puisqu'il avait déjà écrit dans le premier: 'Vous mangerez la chair cette nuit-là, rôtie au feu' (Exode 12,8), d'où nous aurions compris qu'on ne le mange ni cru ni cuit dans les eaux chaudes de Tibériade, mais seulement rôti au feu.

Mais 'seulement rôti au feu', écrit dans le second verset, ne vient que pour l'interdiction, c'est-à-dire afin de rendre passible pour na seul lorsqu'il est mangé séparément, et aussi pour cuit seul. Et puisque le verset n'écrit pas une interdiction supplémentaire, c'est-à-dire qu'il ne dit pas: 'N'en mangez rien na, et ne mangez rien cuit, bouilli', nous en déduisons qu'il n'est passible que d'une seule flagellation pour les deux s'il les mange ensemble.

De même, pour le levain et le miel, le verset aurait dû écrire: 'Car tout levain et miel, vous ne ferez pas monter en fumée une offrande par le feu pour le Nom' (Lévitique 2,11). Pourquoi le 'tout' que le Miséricordieux a écrit au sujet du miel est-il superflu?

C'est pour rendre passible pour le levain seul et pour le miel seul: lorsqu'il offre chacun d'eux séparément, il est passible pour chacun d'eux:

וא"ת והרי כולהו אצטריכו כי כל דשאור ואפילו כל דדבש, כדתניא בברייתא התם בפרק כל המנחות באות מצה (מנחות נח, א) שאור בל תקטירו אין לי אלא כולו מקצתו מנין תלמוד לומר כל. ערוב מנין, תלמוד לומר כי.

ואצטריך נמי כל דדבש, דתניא (שם) אם נאמר כל שאור למה נאמר כל דבש, ואם נאמר כל דבש למה נאמר כל שאור, מפני שיש בשאור מה שאין בדבש, ויש בדבש מה שאין בשאור. שאור הותר מכללו במקדש, דבש לא הותר בכללו במקדש.

דבש הותר בשירי מנחות, שאור לא הותר בשירי מנחות. ומפני שיש בשאור מה שאין בדבש ויש בדבש מה שאין בשאור הוצרך לומר כל בשאור, והוצרך לומר כל בדבש.

פירוש, שאין אנו יכולים ללמוד אחד מחבירו ולכן הוצרך לומר כל שבשניהם. אלמא גם כל דדבש אצטריך ולא יתיר הוא לחייב לאו על כל אחד מהם בהיותו בפני עצמו.

וי"ל דאם כן ה"ל לקרא לכתוב כי כל שאור כל דבש לא תקטירו, וכל דכתב רחמנא למה לי ו' יתיר, אלא לחלק. כלומר לחייב על כל אחד בפני עצמו, על השאור בפני עצמו, ועל הדבש בפני עצמו:

Et si tu dis: tous ces termes sont nécessaires, le 'car tout' du levain et même le 'tout' du miel, comme il est enseigné dans une baraitha, là-bas dans le chapitre Toutes les oblations viennent azymes (Menahot 58a): 'Vous ne ferez pas monter en fumée de levain.' Je ne connais que le tout entier; d'où sait-on pour une partie? Le texte dit: 'tout'.

D'où sait-on pour un mélange? Le texte dit: 'car'.

Et le 'tout' du miel est aussi nécessaire, car il est enseigné là-bas: s'il est dit 'tout levain', pourquoi est-il dit 'tout miel'? Et s'il est dit 'tout miel', pourquoi est-il dit 'tout levain'?

Parce qu'il y a dans le levain ce qui n'est pas dans le miel, et dans le miel ce qui n'est pas dans le levain. Le levain a été permis dans son ensemble au Temple, tandis que le miel n'a pas été permis dans son ensemble au Temple.

Le miel a été permis dans les restes des oblations, tandis que le levain n'a pas été permis dans les restes des oblations. Et parce qu'il y a dans le levain ce qui n'est pas dans le miel, et dans le miel ce qui n'est pas dans le levain, il a fallu dire 'tout' pour le levain et il a fallu dire 'tout' pour le miel.

Cela signifie que nous ne pouvons déduire l'un de l'autre; il a donc fallu dire 'tout' pour les deux. Il s'ensuit que le 'tout' du miel aussi est nécessaire et qu'il n'est pas superflu pour rendre passible chacun lorsqu'il est seul.

On peut répondre: s'il en était ainsi, le verset aurait dû écrire: 'Car tout levain, tout miel, vous ne ferez pas monter en fumée'; pourquoi le Miséricordieux a-t-il écrit 'et tout'? Le 'et' est superflu, mais il sert à séparer, c'est-à-dire à rendre passible pour chacun séparément, pour le levain séparément et pour le miel séparément:

ומדלא כתיב בהו לאו יתיר, דלא כתיב כל שאור לא תקטירו וכל דבש לא תקטירו, ילפינן דלא לקי אלא חדא אתרווייהו בהדי הדדי. וליכא למימר דכתיב ביה לאו יתיר ברישיה דקרא, דכתיב (ויקרא ב, יא) כל המנחה אשר תקריבו לה' לא תעשה חמץ כי כל שאור וגו'.

דהא אותו לאו אצטריך לחייב על כל מעשה יחידי שבמנחה, כדתניא בפסוק הנזכר (שם ו, י) לא תאפה חמץ חלקם, מה תלמוד לומר, והלא כבר נאמר (שם ב, יא) לא תעשה חמץ. לפי שנאמר לא תעשה חמץ, יכול לא יהא חייב אלא אחת על כולם, תלמוד לומר לא תאפה, אפיה בכלל היתה ולמה יצאתה, להקיש אליה מה אפיה מיוחדת שהיא מעשה יחידי וחייבים עליה בפני עצמה, אף אני אביא לישתה ואפייתה וכל מעשה יחידי שבה לאתויי קטוף שהוא מעשה יחידי וחייבים עליה בפני עצמה כו'.

נמצא שאין בשאור ודבש כי אם לאו אחד לשניהם יחד, ושניהם נמנים מצוה אחת כיון דלית בהו לאו יתירא:

Et puisqu'aucune interdiction supplémentaire n'est écrite à leur sujet, puisqu'il n'est pas écrit: 'Tout levain vous ne ferez pas monter en fumée, et tout miel vous ne ferez pas monter en fumée', nous déduisons qu'il ne reçoit qu'une seule flagellation pour les deux ensemble. On ne peut pas dire qu'une interdiction supplémentaire est écrite au début du verset, car il est écrit: 'Toute offrande de farine que vous présenterez au Nom ne sera pas faite avec du levain' (Lévitique 2,11).

Cette interdiction est nécessaire pour rendre passible pour chaque acte individuel dans l'oblation, comme il est enseigné au sujet du verset cité: 'Elle ne sera pas cuite avec du levain; c'est leur part' (Lévitique 6,10). Que vient-il enseigner, puisque 'ne sera pas faite avec du levain' a déjà été dit (Lévitique 2,11)?

Puisqu'il est dit 'ne sera pas faite avec du levain', on pourrait croire qu'il n'est passible que d'une seule flagellation pour tous; le texte dit: 'Elle ne sera pas cuite avec du levain.' La cuisson était comprise dans la règle générale; pourquoi en est-elle sortie? Afin de comparer la règle générale à elle: de même que la cuisson est un acte individuel et que l'on en est passible séparément, j'inclus aussi son pétrissage, sa cuisson et tout acte individuel qui s'y trouve, y compris le kitouf (façonnage), qui est un acte individuel et pour lequel on est passible séparément, etc.

Il ressort donc que, pour le levain et le miel, il n'y a qu'une seule interdiction les concernant tous les deux ensemble, et qu'ils sont comptés comme un seul commandement puisqu'il n'y a pas chez eux d'interdiction supplémentaire:

תפשוט מכל האי, דכל היכא דפרטי האסורין מפורשין בפסוק ויש בו יתור, אותו היתור בא לומר שחייבין כל פרט בפני עצמו. אבל בהיותם יחד פרטי האסורין אינו לוקה כי אם אחת על כולם הואיל ואין בפסוק כי אם לאו אחד שאין בו לאו יתר.

אבל אם יש בו לאו יתר, לוקה ג"כ על כל פרט מהאסורים, בין בהיותם יחד, בין בהיות כל אחד בפני עצמו:

Tire de tout ceci la règle suivante: partout où les détails des choses interdites sont explicites dans le verset et où il y a un surplus, ce surplus vient dire que l'on est passible pour chaque détail séparément. Mais lorsque les détails des choses interdites sont réunis, il ne reçoit qu'une seule flagellation pour eux tous, puisqu'il n'y a dans le verset qu'une seule interdiction, sans interdiction supplémentaire.

Mais s'il y a une interdiction supplémentaire, il reçoit aussi une flagellation pour chaque détail des interdits, qu'ils soient réunis ou que chacun soit seul:

ולכן הרב ז"ל בנא ומבושל, ושאור ודבש, שיש בהן יתור בפסוק ואין יתור בלאו, פסק שחייב על כל פרט מהאסורים בהיותו בפני עצמו מפני היתור. ובהיות פרטי האסורין ביחד, אינו חייב כי אם אחת.

וכן ביאר הרב בדבריו שהעתקתי לעיל וזה לשונו, והמין השני שיבא לאו אחד יאסור דברים עטופים כו', עד ולא נמנה לא תאכלו נא מצוה אחת ולא תאכלו מבושל מצוה אחרת, שלא ייחד לכל ענין לאו בפני עצמו, עד כאן:

C'est pourquoi le Rav, de mémoire bénie, s'agissant de na et cuit, du levain et du miel, où il y a un surplus dans le verset mais aucun surplus dans l'interdiction, a statué que l'on est passible pour chaque détail des interdits lorsqu'il est seul, à cause du surplus. Mais lorsque les détails des interdits sont réunis, on n'est passible que d'une seule flagellation.

Et le Rav l'a aussi expliqué dans les paroles que j'ai rapportées plus haut; voici son texte: 'Le second genre est celui dans lequel une seule interdiction vient interdire des choses liées ensemble, etc.', jusqu'à: 'Nous ne comptons pas Ne mangez pas na comme un commandement, ni Ne mangez pas cuit comme un autre commandement, parce qu'il n'a pas attribué à chaque affaire une interdiction distincte.' Jusqu'ici:

אמנם בנזיר נמצאו בו שני דברים, יתור בפסוק, ויתור בלאוין, לכן פסק הרב ז"ל שחייבין על כל פרטי אסורין בין בהיותן יחד בין בהיותן בפני עצמה ומנה כל אחד מצוה בפני עצמה שיש בפסוק לאוי יתירים שחוזר על כל אחד מהאסורים:

Mais chez le nazir se trouvent deux choses: un surplus dans le verset et un surplus dans les interdictions. C'est pourquoi le Rav, de mémoire bénie, a statué que l'on est passible pour chaque détail des interdits, qu'ils soient réunis ou que chacun soit seul, et il a compté chacun comme un commandement distinct, car il y a dans le verset des interdictions supplémentaires qui s'appliquent à chacun des interdits:

תדע שכן הוא, שהרי בנזיר דרשינן פרט וכלל ופרט מה שלא דרשו כן באלו השנים נא ומבושל, ושאור ודבש, דדרשינן פרק ג' מינין (נזיר לד, ב), מיין ושכר (במדבר ו, ג) יזיר, פרט. מכל אשר יעשה מגפן היין, כלל.

מחרצנים ועד זג, חזר ופרט. הרי שמצד יתור הפסוק דרשו פרט וכלל ופרט בנזיר, מה שלא דרשו כן בנא ומבושל ושאור ודבש, לפי שיש יתור בפסוקים ויש יתור בלאוין, דכתיב (במדבר ו, ג-ד) מיין ושכר יזיר חומץ יין וחומץ שכר לא ישתה וכל משרת ענבים לא ישתה וענבים לחים ויבשים לא יאכל.

כל ימי נזרו מכל אשר יעשה מגפן היין מחרצנים ועד זג לא יאכל. הרי שיש יתור בפסוקים, דהואיל ונאמרו כל פרטי האסורים בפירוש בפסוק יין וענבים לחים ויבשים זג וחרצן, מכל אשר יעשה מגפן היין למה לי.

אלא לחייב על כל אחד ואחד מפרטי האסורים בפני עצמו. והוי מצי למכתב זמנא חדא לא ישתה, וזמנא חדא לא יאכל, והוה אמינא דלקי על כל שתיה ועל כל פרט מהאכילה בהיותו בפני עצמו, לא ישתה לא ישתה, לא יאכל לא יאכל, תרי זימני למה לי.

אלא לחייב לאו על כל אחד ואחד מפרטי האסורין ואפילו בהיותן יחד:

Sache qu'il en est ainsi, car à propos du nazir on interprète par la règle 'particulier, général et particulier' (prat ou-klal ou-prat), ce qui n'est pas interprété ainsi dans ces deux cas, na et cuit, levain et miel. Car, au chapitre Trois espèces (Nazir 34b), nous enseignons: 'Il s'abstiendra de vin et de boisson forte': particulier; 'de tout ce qui est fait de la vigne à vin': général; 'des pépins jusqu'à la pellicule': retour au particulier.

Ainsi, à cause du surplus du verset, on interprète pour le nazir par particulier, général et particulier, ce qui n'est pas fait pour na et cuit ni pour le levain et le miel, puisqu'il y a, pour le nazir, un surplus dans les versets et un surplus dans les interdictions, comme il est écrit: 'Il s'abstiendra de vin et de boisson forte; il ne boira ni vinaigre de vin ni vinaigre de boisson forte, il ne boira aucune infusion de raisins et ne mangera ni raisins frais ni raisins secs. Pendant tous les jours de son nazirat, il ne mangera rien de ce qui est fait de la vigne à vin, des pépins jusqu'à la pellicule' (Nombres 6,3-4).

Il y a donc un surplus dans les versets: puisque tous les détails des interdits sont explicitement mentionnés dans le verset, le vin, les raisins frais et secs, la pellicule et le pépin, pourquoi dire 'de tout ce qui est fait de la vigne à vin'? Cela n'est écrit que pour rendre passible, séparément, pour chacun des détails interdits.

Il pouvait écrire une seule fois 'il ne boira pas' et une seule fois 'il ne mangera pas', et j'aurais dit qu'il est passible pour chacune des boissons et pour chaque détail de l'alimentation, lorsqu'ils sont pris séparément. Pourquoi 'il ne boira pas' deux fois et 'il ne mangera pas' deux fois?

C'est uniquement pour établir une interdiction pour chacun des détails interdits, même lorsqu'ils sont réunis:

ואין להקשות על הרב ז"ל, למה לא מנה רחים ורכב (דברים כד, ו) שתי מצות כיון שלוקין על שניהם, כדאיתא במציעא בפרק המקבל (קטז, א) דתניא התם כוותיה דרב יודא, חבל זוג של ספרים וצמד של פרות חייב שתים. זה בעצמו וזה בעצמו אינו חייב אלא אחת.

ומאי שנא מזג וחרצן דמנינהו לשני לאוין. כבר מתורץ ממה שנתבאר לעיל דבנזיר נמצאו ב' יתורין יתור בפסוק ויתור בלאוין, משא"כ ברחים ורכב דלא כתיב בהן אלא לאו אחד:

Il ne faut pas objecter au Rav: pourquoi n'a-t-il pas compté la meule inférieure (réhayim) et la meule supérieure (rekhev) (Deutéronome 24,6) comme deux commandements, puisqu'on reçoit la flagellation pour les deux, comme il est rapporté dans le chapitre HaMekabel de Bava Metsia (116a), où une baraitha enseigne conformément à Rav Yehouda: 'Celui qui prend en gage une paire de ciseaux de coiffeur et un attelage de bœufs est passible de deux flagellations. Pour celui-ci seul et pour celui-là seul, il n'est passible que d'une seule.' En quoi cela diffère-t-il du zag et du hartsan, qu'il a comptés comme deux interdictions?

Cela est déjà résolu par ce qui a été expliqué plus haut: chez le nazir, on trouve deux surplus, un surplus dans le verset et un surplus dans les interdictions, ce qui n'est pas le cas de la meule inférieure et de la meule supérieure, pour lesquelles il n'est écrit qu'une seule interdiction:

וכתב בספר כתר תורה וזה לשונו, ומה שלא הביא הרב ז"ל לאו דרחים ורכב עם אותן הלאוין שמביא במין השני דבלאו שבכללות, כגון (דברים כג, ג) עמוני ומואבי, אתנן ומחיר (שם כג, יט), יתום ואלמנה (שמות כב, כא) ודומיהן, שדומים כולם לנא ומבושל, ושאור ודבש, ונראה ג"כ רחים ורכב דומה אליהם. לפי שאינו דומה אליהם מכל וכל.

גם כי דומה אליהם במה שנמנים רחים ורכב מצוה אחת כמוהם, יש הבדל ביניהם. כי כל אלו שמביא הרב ז"ל לאותו המין השני, אם עשה כל פרטי האסורים ביחד אינו לוקה כי אם אחד.

כגון אם אכל נא ומבושל ביחד, אינו לוקה כי אם אחד. וכן קטנה בת ג' שנים שהשיאה אביה ומתו גם שניהם אביה ובעלה והיא קטנה, שנקראת אלמנה ויתומה בלאו אחד הוא המענה אותה (שמות כב, כא).

וכן שאר כסות ועונה (שם כא, י) בלאו אחד הן. וכן באו שנים על אשה אחת עמונית או מואבית, או אחד מהם עמוני ואחד מהם מואבי, ונתעברה והולד נשא בת ישראל, אין חייבת שתים משום עמוני ומואבי.

וכן אם הביא לקרבן טלה אחד שהוא אתנן זונה ומחיר כלב, אינו חייב כי אם אחת. מה שאין כן ברחים ורכב שלוקין על רחים, ולוקין על רכב, הן לכל אחד בפני עצמו, הן בהיותן שניהן ביחד:

Et le livre Keter Torah écrit ceci: 'Pourquoi le Rav n'a-t-il pas placé l'interdiction de la meule inférieure et de la meule supérieure avec les interdictions qu'il place dans la seconde catégorie, celle de l'interdiction globale (lav shebikhlalot), telles que l'Ammonite et le Moabite (Deutéronome 23,3), la rétribution de la prostituée et le prix du chien (Deutéronome 23,19), l'orphelin et la veuve (Exode 22,21), et leurs semblables, qui ressemblent tous à na et cuit, ainsi qu'au levain et au miel? La meule inférieure et la meule supérieure semblent également leur ressembler.' C'est qu'elles ne leur ressemblent pas sous tous les rapports.

Bien qu'elles leur ressemblent en ceci que la meule inférieure et la meule supérieure sont comptées comme un seul commandement, comme eux, il y a une différence entre eux. Car pour tous ceux que le Rav range dans cette seconde catégorie, s'il accomplit ensemble tous les détails des interdits, il ne reçoit qu'une seule flagellation.

Ainsi, s'il mange ensemble na et cuit, il ne reçoit qu'une seule flagellation. De même, une mineure de trois ans dont le père l'a mariée, et dont le père et le mari sont tous deux morts alors qu'elle est encore mineure, est appelée à la fois veuve et orpheline; celui qui l'afflige ne transgresse qu'une seule interdiction (Exode 22,21).

De même, l'entretien, le vêtement et le droit conjugal (Exode 21,10) relèvent d'une seule interdiction. De même, si deux hommes ont eu relation avec une seule femme, Ammonite ou Moabite, ou si l'un est Ammonite et l'autre Moabite, qu'elle est devenue enceinte et que l'enfant a épouse une fille d'Israël, on ne reçoit pas deux flagellations au titre de l'Ammonite et du Moabite.

De même, si l'on apporte comme sacrifice un seul agneau qui est à la fois la rétribution d'une prostituée et le prix d'un chien, on n'est passible que d'une seule flagellation. Il n'en va pas ainsi pour la meule inférieure et la meule supérieure: on reçoit la flagellation pour la meule inférieure et on la reçoit pour la meule supérieure, aussi bien pour chacune séparément que lorsqu'elles sont ensemble:

וא"ת מאי שנא רחים ורכב מאינך דלוקין שתים אפילו בהיותן יחד. יש לומר דטעם גדול יש לו לרב ז"ל, דהכא איכא לספוקי ולומר כיון דאין מלאכה אחת נגמרה כי אם בשני הכלים יחד דילמא בתר המלאכה אזלינן ואינו חייב עד שיחבול שניהן, לכך כתיב רחים ורכב לחייב על זה בפני עצמו ועל זה בפני עצמו.

דאי לא תימא הכי, רחים ורכב דכתיב רחמנא למה לי, לימא קרא ורכב והוא הדין לרחים. אי נמי לימא קרא לא יחבול כלי אוכל נפש, ולשתוק מכי נפש הוא חובל.

אלא ודאי כתב רחים ורכב לחייב על כל אחד מהם אפילו בהיותם יחד, וקמ"ל קרא דבתר כלי לבדו אזלינן ולא אזלינן בתר המלאכה, וכל כלי שיש לו בן זוג נקרא שפיר כלי אפילו אין בן זוגו עמו:

Et si tu dis: en quoi la meule inférieure et la meule supérieure diffèrent-elles des autres, qui entraînent deux flagellations même lorsqu'elles sont ensemble? Il faut dire que le Rav a une raison importante: ici, il y a lieu de douter et de dire que, puisqu'aucun travail ne s'achève si ce n'est par les deux instruments ensemble, peut-être suivons-nous le travail et n'est-on passible qu'en prenant les deux en gage.

C'est pourquoi l'Écriture dit 'meule inférieure et meule supérieure', afin de rendre passible de flagellation pour celle-ci séparément et pour celle-là séparément. Car, si tu ne dis pas ainsi, pourquoi le Miséricordieux a-t-il écrit 'meule inférieure et meule supérieure'?

Que l'Écriture dise 'meule supérieure', et la même règle vaudra pour la meule inférieure; ou bien qu'elle dise: 'Tu ne prendras pas en gage un instrument servant à la nourriture', et qu'elle omette 'car c'est une vie qu'il prend en gage' (Deutéronome 24,6). Mais il est certain qu'elle a écrit 'meule inférieure et meule supérieure' pour rendre passible de flagellation pour chacune d'elles, même lorsqu'elles sont ensemble.

Le verset nous enseigne ainsi que nous suivons l'instrument lui-même et non le travail, et que tout instrument qui a son pendant est proprement appelé un instrument, même si son pendant n'est pas avec lui:

וכל היכא דאיכא לספוקי מבאר קרא, כדאשכחן בשריטה (מכות כ, א) שבבת אחת ביד אחת נעשה ה' שריטות. ואיכא לספוקי כיון ששרטן כולן ביד אחת בבת אחת אינו לוקה כי אם אחד דבתר היד אזלינן, או דלמא כיון שהם ה' שריטות לוקה ה'.

לכן ביאר הפסוק (ויקרא כא, ה) שרטת יתירא לחייב על כל שריטה ושריטה, וביאר מפני הספק. כן הדבר ברחים ורכב שהוצרך הפסוק לבאר מפני הספק:

Partout où il y a lieu de douter, l'Écriture l'explicite, comme nous le trouvons au sujet des incisions (Makkot 20a): il peut faire, en une seule fois et d'une seule main, cinq incisions. Il y a lieu de douter: puisqu'il les a toutes incisées d'une seule main en une seule fois, ne reçoit-il qu'une seule flagellation parce que nous suivons la main?

Ou bien, puisqu'il y a cinq incisions, en reçoit-il cinq? C'est pourquoi le verset dit: 'Ils ne feront pas d'incisions dans leur chair' (Lévitique 21,5), le mot supplémentaire 'incisions' venant rendre passible de flagellation pour chaque incision, et l'Écriture l'a précisé à cause du doute.

Il en est de même pour la meule inférieure et la meule supérieure: le verset devait l'expliciter à cause du doute:

אבל בנא ומבושל, אין לומר לשתוק ממבושל ויאמר נא לבדו. וכן אין לומר יאמר עמוני, שממנו אני מבין מואבי.

וכן לא נבין מאתנן זונה, מחיר כלב. ולא יתום, מאלמנה.

ולא דבש, משאור. וכן אין לומר בשום אחד מהם יאמר האחד וישתוק מחבירו, שכל אחד מהם הוא דבר בפני עצמו ואינו דומה לחבירו, לכך הוצרך הפסוק לפרט אותם כולם:

Mais, pour na et cuit, on ne peut pas dire de se taire sur le cuit et d'énoncer le na seul. De même, on ne peut pas dire: qu'il énonce l'Ammonite, dont je comprendrais le Moabite; ni comprendre, de la rétribution d'une prostituée, le prix d'un chien; ni l'orphelin, de la veuve; ni le miel, du levain.

Et l'on ne peut dire d'aucun d'entre eux qu'il énonce l'un et taise l'autre, car chacun est une chose en soi et ne ressemble pas à l'autre; c'est pourquoi le verset devait tous les énumérer:

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