שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Torah Shebikhtav, Introduction (5/8)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit : on peut concilier selon Rava, « Au non-Juif tu prêteras à intérêt » (Devarim 23,21) signifiant tashokh, commandement positif de prendre l'intérêt si l'on prête, les Sages interdisant de prêter dès le départ. Le Sémag objecte que Maïmonide unit en une interdiction le levain et le miel et d'autres paires, alors qu'au nom de Rachi chacun entraîne des malkot (flagellation). Le Chla rapporte le neuvième principe : on ne compte à part que si l'interdit est distinct ou si une tradition sépare les cas ; un interdit qui en englobe plusieurs est un lav chébikhlalot (interdiction englobante). Pour des choses imbriquées sous un énoncé, on compte autant de commandements que de malkot établies pour chacune.

Aussi : la comparaison des tsitsit : l'intérêt n'est dû que si l'on a prêté ; le verset de Tehilim 15,5, interdit des Sages ou argent d'un non-Juif prêté à un Israélite.

ואין להקשות על הרמב"ם ולומר דא"כ סברת רבא דחויה היא. דהא אנן קי"ל (ב"מ ע, ב) דריבית דגוי אסור מדרבנן, ואין שרי אלא בכדי חייו, או לתלמיד חכם, כשינויא דרב נחמן, וכן פסק הרמב"ם בעצמו בהלכות מלוה ולוה פ"ה (ב).

וא"כ אם היה מצות עשה שאסור להלוות לגוי בלא ריבית, הדרה קושיא דרבא לדוכתא, אם היה לא תשיך כמו לא תשוך וכמו שכתבו התוספות, דאם היה מצוה לחסרם לא היה לחכמים לאסור. י"ל דהרמב"ם סבירא ליה דיש כח ביד חכמים לאסור להלוות לגוים אף שבלקיחת הרבית מקיים מצות עשה, והיינו טעמא דהלוואה בעצמה אינה מצות עשה שיכריח את עצמו להלוות לגוים כדי שיקח ריבית, רק אם לוה לגוי אז חל עליו מצות עשה שיקח ריבית.

הא למה זה דומה, למצות עשה דציצית, דמן התורה אינו מחויב לעשות טלית של ד' כנפות כדי להטיל בו ציצית, רק אם יזדמן שיהיה טלית של ד' כנפות אזי מצות עשה שיטיל ציצית. כן הוא בנדון דידן, אינו מחוייב להלוות דוקא לגוים כדי שיקח ריבית מהם.

רק אם הלוה להם, מצות עשה הוא שיקח הריבית. ומאחר שאינו מחוייב להלוות, עשו חכמים תקון לאסור ההלואה משום שלא יהא רגיל אצלו וילמד ממעשיו:

Il ne faut pas objecter à Rabbi Moché ben Maïmon (Maimonide) et dire que, si tel est le cas, le raisonnement de Rava est réfuté. Car nous retenons (Baba Metsia 70b) que l'intérêt pris d'un non-Juif est interdit par les Sages et n'est permis que pour les besoins de sa subsistance, ou pour un talmid 'hakham (érudit de la Torah), selon la réponse de Rav Nahman; Maimonide lui-même tranche ainsi dans les Lois du prêteur et de l'emprunteur, chapitre 5, loi 2.

Si donc il y avait un commandement positif interdisant de prêter au non-Juif sans intérêt, l'objection de Rava reprendrait sa force, si tashikh (תשיך, Deutéronome 23,21) signifiait tashokh (תשוך), comme l'ont écrit les Tosafot (gloses talmudiques): s'il y avait un commandement de les appauvrir, les Sages n'auraient pas pu l'interdire. Il faut répondre que Maimonide estime que les Sages ont le pouvoir d'interdire de prêter aux non-Juifs, bien que la perception de l'intérêt accomplisse un commandement positif.

La raison en est que le prêt lui-même n'est pas un commandement positif obligeant quelqu'un à se contraindre de prêter aux non-Juifs afin de prendre un intérêt; ce n'est que s'il prête à un non-Juif qu'un commandement positif lui incombe de prendre l'intérêt. À quoi cela est-il comparable?

Au commandement positif des tsitsit (franges rituelles): selon la Torah, on n'est pas obligé de fabriquer un tallit (châle de prière) à quatre coins pour y mettre des tsitsit; mais, si l'on se trouve avoir un tallit à quatre coins, c'est alors un commandement positif d'y mettre des tsitsit. Ainsi en est-il dans notre cas: il n'est pas obligé de prêter précisément aux non-Juifs pour prendre d'eux un intérêt; mais, s'il leur a prêté, c'est un commandement positif qu'il prenne l'intérêt.

Puisqu'il n'est pas obligé de prêter, les Sages ont établi une ordonnance interdisant le prêt, afin qu'il ne se familiarise pas avec le non-Juif et n'apprenne pas de ses actes:

וא"ת אם כן הדרה קושיית התוס' לדוכתא, דמאי פריך מהאי קרא הא לא אסור אלא מדרבנן. וי"ל דסבירא ליה להרמב"ם דכך פריך, מאחר דאם לוקח ריבית מקיים מצות עשה, א"כ קשה למה אלו המעות ירדו לטמיון, וכי זו תורה וכי זו שכרה.

בודאי התיקון שעשו חכמים שמתחילה לא ילוה לגוי בטוב עשו, אבל אם אירע שלוה ולקח ריבית כדי לקיים מצות עשה למה לחונן דלים יקבצנו. אלא בודאי זה הפסוק אינו קאי אלא אריבית דישראל, ואח"כ מותיב רבא כמ"ש (ב"מ שם), איתיביה, לוין מהן ומלוין אותן בריבית.

ובעי לאוכוחי שאף זה אינו שרבנן אסרו מתחילה ללות לגוי. ותירץ רב הונא בר חייא בטוב, לא נצרכה אלא בכדי חייו כו', וזהו תירוץ מרווח ויהיה אסור מדרבנן שלא להלוות מתחילה לגוי, אף אם לא תשיך פירושו לא תשוך וכדפרישית, ומסתמא רבא קיבל זה התירוץ.

אבל שינויא דרב נחמן דאמר לא תשיך ולעבור עליו בעשה ולא תעשה, זהו נראה להרמב"ם שהוא שינויא דחיקא וכמו שכתבתי לעיל, על כן הסכים עם ספרי שאומר בהדיא שהוא מצות עשה:

Et si tu objectes: dans ce cas, l'objection des Tosafot revient à sa place: pourquoi objecte-t-on a partir de ce verset, puisque ce n'est interdit que par les Sages? Il faut répondre que, selon Maimonide, voici l'objection: puisque celui qui prend un intérêt accomplit un commandement positif, pourquoi cet argent serait-il perdu?

Est-ce la Torah, et est-ce sa récompense? Certes, les Sages ont bien fait d'établir que, dès le départ, on ne prête pas au non-Juif; mais, s'il est arrivé qu'il lui ait prêté et ait pris un intérêt pour accomplir un commandement positif, pourquoi celui qui fait grâce aux pauvres le recueillerait-il (Proverbes 28,8)?

C'est donc certain: ce verset ne concerne que l'intérêt pris d'un Israélite. Ensuite, Rava objecte, comme il est dit là-bas (Baba Metsia 70b): 'On emprunte d'eux et on leur prête à intérêt.' Il cherche à prouver que, même dans ce cas, les Sages n'ont pas interdit dès le départ d'emprunter au non-Juif.

Rav Houna bar Hiyya répondit bien: 'Cela n'est nécessaire que pour sa subsistance', etc. C'est une réponse solide: il reste interdit par les Sages de prêter dès le départ au non-Juif, même si tashikh signifie tashokh, comme je l'ai expliqué; Rava a sans doute accepté cette réponse.

Mais la réponse de Rav Nahman, selon laquelle tashikh sert à faire transgresser à son sujet un commandement positif et une interdiction, paraît à Maimonide une réponse forcée, comme je l'ai écrit plus haut. C'est pourquoi il a suivi le Sifré (recueil halakhique), qui dit explicitement qu'il s'agit d'un commandement positif:

ומה שרצה בהגה"ה מיימונית לסתור דעת הרמב"ם מהא דסוף זה בורר (סנהדרין כה, ב) מלוה בריבית דאפילו לגוי לא מוזפי. התם מתקנה דרבנן וטעמא כדפירש רש"י ז"ל (ד"ה דאפילו לנכרי) שישתכח שם ריבית מפיהם דתו לא הדרי לקלקולייהו, על כן יהיו נזהרים שאפילו לגוי לא ילוו מתחילה.

ועוד הביאו הגה"ה מיימונית לסתור דעת הרמב"ם, מהא דאמרינן בסוף הלוקין (מכות כד, א) כספו לא נתן בנשך (תהלים טו, ה), אפילו ריבית דגוי. התם מדרבנן הוא דאסור כדעיל, ואסמכוה אקרא דכספו כו', והם אסרו להלוות לו מתחילה.

אי נמי קרא דהתם מיירי בישראל המלוה מעות של גוי בריבית לישראל חבירו, דמן הדין שרי כשאין האחריות על ישראל, ואפ"ה מדת חסידות הוא שלא יעשה כן מפני הרואים שיסברו שהם מעות שלו, ובזה איירי קרא דכספו לא נתן כו':

Quant à ce que les Hagahot Maïmoniot (gloses maïmonidiennes) ont voulu réfuter l'opinion de Maimonide par ce qui est dit à la fin de Zeh Borer (Sanhédrin 25b) au sujet du prêteur à intérêt, qu'il ne prête même pas au non-Juif, cela relève la-bas d'une ordonnance des Sages. La raison en est celle qu'a expliqué Rabbenu Shlomo ben Yitshak (Rachi), de mémoire bénie, au début des mots 'même au non-Juif': afin que le nom de l'intérêt soit oublié de leur bouche et qu'ils ne retournent plus à leur mauvaise conduite; c'est pourquoi ils devront veiller à ne pas prêter dès le départ, même au non-Juif.

Les Hagahot Maïmoniot ont encore cité, pour réfuter l'opinion de Maimonide, ce qui est dit à la fin de Ha-Lokin (Makkot 24a): 'Il n'a pas donné son argent à intérêt' (Psaumes 15,5), même l'intérêt du non-Juif. Là-bas aussi, cela n'est interdit que par les Sages, comme plus haut; ils l'ont appuyé sur le verset 'son argent...', et ils ont interdit dès le départ de prêter au non-Juif.

Ou bien, le verset là-bas parle d'un Israélite qui prête l'argent d'un non-Juif à intérêt à son compagnon Israélite. Selon le droit strict, cela est permis lorsque la responsabilité ne repose pas sur l'Israélite; néanmoins, c'est une mesure de piété qu'il ne le fasse pas, à cause de ceux qui le voient et penseraient que l'argent est à lui.

C'est de cela que parle le verset: 'Il n'a pas donné son argent...', etc.:

מכל מה שכתבתי נתבאר, שנוכל ליישב סוגיית הגמרא אליבא דרבא שלנכרי תשיך הוא תשוך, והוא מצות עשה דאורייתא באם לוה להגוי שיקח ממנו ריבית. אמנם אסור מדרבנן לכתחילה להלוות לו, כדי שלא ילמוד ממעשיו.

ובכדי חייו, וכן לצורבא מרבנן שרי. וצדקו דברי הרמב"ם שלא נטה מסתם ספרי:

Tout ce que j'ai écrit montre que l'on peut concilier la souguia (discussion talmudique) de la Guemara selon Rava: 'Au non-Juif tu prêteras à intérêt' (לנכרי תשיך, Deutéronome 23,21) signifie tashokh, et c'est un commandement positif de la Torah que, si l'on prête au non-Juif, on prenne de lui un intérêt. Toutefois, il est interdit par les Sages, dès le départ, de lui prêter, afin de ne pas apprendre de ses actes.

Pour les besoins de sa subsistance, ainsi que pour un tsourba merabbanan (érudit parmi les sages), cela est permis. Les paroles de Maimonide sont donc justes: il ne s'est pas écarté du Sifré anonyme:

במצות לא תעשה השיגו ג"כ על הרמב"ם, אבל דברי הרמב"ם ברורים כשמש בצהרים:

Au sujet des commandements négatifs, ils ont aussi formulé des objections contre Maimonide; mais les paroles de Maimonide sont claires comme le soleil en plein midi:

זה לשון הסמ"ג בהקדמתו ללאוין, וגם בחשבון חולקין על הרמב"ם ז"ל, שהוא מונה אלמנה ויתום בלאו אחד (שמות כב, כא), ועמוני ומואבי בלאו אחד (דברים כג, ד), ושאור ודבש בלאו אחד (ויקרא ב, יא), וחרצן וזג בלאו אחד (במדבר ו, ד), ופצוע דכא וכרות שפכה בלאו אחד (דברים כג, ב), ונא ומבושל בלאו אחד (שמות יב, ט), ומפני זה דחק עצמו למצא לאוין דחוקין למלאות חשבונו. ובשם רבינו שלמה בר יצחק בארנו בספר מל"ת במצות (ויקרא ב, יא) שאור ודבש בל תקטירו, שהם במנין שני לאוין כמו אלמנה וגרושה (ויקרא כא, יד), שגם הוא מודה שהם שני לאוין אף על פי שנכתבו בלאו אחד, ושם הביאנו ראיות מבוארות על הדברים האלה, עד כאן לשונו בהקדמתו ללאוין:

Voici les termes du Sefer Mitsvot Gadol (Sémag, Grand Livre des commandements), dans son introduction aux interdictions: 'Ils diffèrent aussi de Maimonide dans le dénombrement: il compte la veuve et l'orphelin comme une seule interdiction (lav) (Exode 22,21), l'Ammonite et le Moabite comme une seule interdiction (Deutéronome 23,4), le levain et le miel comme une seule interdiction (Lévitique 2,11), le pépin et la peau de raisin comme une seule interdiction (Nombres 6,4), l'homme aux testicules écrasés et l'homme au membre coupé comme une seule interdiction (Deutéronome 23,2), et le cru et le cuit comme une seule interdiction (Exode 12,9). Pour cette raison, il s'est forcé de trouver des interdictions forcées afin de compléter son dénombrement.

Et, au nom de Rabbenu Shlomo ben Yitshak, nous avons expliqué dans le Livre des commandements négatifs, à propos du commandement: 'Le levain et le miel, vous ne les offrirez pas en fumée' (Lévitique 2,11), qu'ils comptent comme deux interdictions, comme la veuve et la divorcée (Lévitique 21,14), dont Maimonide lui-même reconnaît qu'elles sont deux interdictions, bien qu'elles aient été écrites sous une seule interdiction; et nous y avons apporté des preuves claires de ces choses.' Tels sont ses termes dans son introduction aux interdictions:

ובמצות שאור ודבש סימן שי"ח כתב וזה לשונו, גרסינן בפרק כל המנחות באות מצה (מנחות נח, ב), אתמר המעלה משאור ומדבש על גבי המזבח, אמר רבא לוקה משום שאור, ולוקה משום דבש, ולוקה משום עירוב שאור, ולוקה משום עירוב דבש. אביי אמר, אין לוקין אלא על לאו שבכללות.

איכא דאמרי, חדא מיהא לקי, ואיכא דאמרי חדא נמי לא לקי דלא מיחד לאויה כלאו דחסימה, עד כאן לשון הגמרא:

Dans le commandement du levain et du miel, no 318, il écrit: 'Nous lisons dans le chapitre Kol haMenahot Baot Matza (Toutes les oblations viennent en azymes; Menahot 58b): Il a été dit: celui qui fait monter du levain et du miel sur l'autel, Rava dit: il est passible de malkot (peine de flagellation) pour le levain, de malkot pour le miel, de malkot pour le mélange de levain et de malkot pour le mélange de miel. Abaye dit: on ne reçoit pas de malkot pour un lav shebikhlalot (interdiction englobante).

Certains disent: il reçoit en tout cas une série de malkot; d'autres disent: il ne reçoit même pas une série, car son interdit n'est pas spécifié comme l'interdit du muselage.' Tels sont les termes de la Guemara:

פירש רבינו שלמה בר יצחק בשם רבינו יצחק בר שמואל (תוד"ה אין, מנחות נח, ב) וזה לשונו, נראה לפרש שמיירי שהעלה שאור בפני עצמו, ודבש בפני עצמו, ושאור ודבש מעורבין יחד דאשאור ודבש שבעין לוקה שתים, ואתערובות שתים, חדא משום עירובי שאור, וחדא משום עירובי דבש, ואע"ג דלא כתיב בדבש כי כל, מוכיח התם דלא צריך כי כל, כי ו"ו דוכל דבש מוסיף על ענין ראשון. ואביי אמר אין לוקין על לאו שבכללות, פירוש דוקא עירובי שאור ועירובי דבש דנפקי מכי כל חשוב לאו שבכללות לדברי הכל, וכן לאו דכי אם צלי אש (שמות יב, ט) שכולל כל דבר שאינו צלי אש כגון נא ומבושל, וכן (במדבר ו, ד) מכל אשר יעשה מגפן היין מחרצנים ועד זג, וכן (דברים כד, ו) כי נפש הוא חובל דגבי רחים ורכב.

אבל שאור ודבש עצמן, אע"פ שאינו כתוב כי אם לאו אחד בשניהם, אין חשיב לאו שבכללות לדברי הכל. וכן זג וחרצן ונא ומבושל ורחים ורכב שלא הכתיב בהם עונה על כל אחד ואחד בפני עצמו:

Rabbenu Shlomo ben Yitshak explique au nom de Rabbenu Yitshak ben Shemouel (Tosafot, au début des mots 'Ein', Menahot 58b): 'Il semble qu'il s'agisse du cas où il a fait monter du levain séparément, du miel séparément, et du levain et du miel mélangés ensemble. Pour le levain et le miel à l'état pur, il reçoit deux séries de malkot, et pour le mélange deux autres: une pour le mélange de levain et une pour le mélange de miel.

Bien que, pour le miel, ki kol (כי כל) ne soit pas écrit, on prouve là-bas qu'il n'est pas nécessaire que ki kol soit écrit, car le vav (ו, 'et') de vekhol devash (וכל דבש) ajoute au premier énoncé. Abaye dit: on ne reçoit pas de malkot pour un lav shebikhlalot.

Cela ne vise que les mélanges de levain et de miel, déduits de ki kol, qui sont de l'avis de tous un lav shebikhlalot; de même l'interdit 'sauf rôti au feu' (Exode 12,9), qui englobe toute chose qui n'est pas rôtie au feu, telle que le cru et le cuit; de même: 'de tout ce qui vient de la vigne, depuis les pépins jusqu'à la peau de raisin' (Nombres 6,4); et de même: 'car il prend une vie en gage' (Deutéronome 24,6), au sujet de la meule et de la pierre supérieure. Mais le levain et le miel eux-mêmes, bien qu'un seul interdit soit écrit pour les deux, ne sont pas considérés, de l'avis de tous, comme un lav shebikhlalot.

Il en va de même pour la peau de raisin et le pépin, le cru et le cuit, la meule et la pierre supérieure: l'interdit écrit à leur sujet s'applique séparément à chacun.'

וא"ת לר' יאשיה דבעי או לחלק, לא יתחייב באחד לבדו עד שיעשה שניהן. יש להשיב דשאור ודבש ונא ומבושל כתיב בהם ממנו.

ונזיר נמי מדכתיב [מ]חרצנים ועד זג, ולא כתיב חרצנים וזג. ורחים ורכב, מדלא קרינן ורכב בחטף:

Et si tu objectes: selon Rabbi Yoshiyah, qui exige le mot 'ou' pour séparer, on ne serait pas passible pour l'un seul avant d'avoir fait les deux. On peut répondre que, pour le levain et le miel, ainsi que pour le cru et le cuit, le mot mimenu (ממנו, 'de lui') est écrit.

Il en va de même pour le nazir (personne consacrée par vœu), puisqu'il est écrit: 'des pépins jusqu'à la peau de raisin', et non 'pépins et peau de raisin'; et pour la meule et la pierre supérieure, parce que nous ne lisons pas ve-rekhev (ורכב) avec un hataf (voyelle réduite):

ואם תשאל למה יתחייב שנים, הא אמרינן בסוף גיד הנשה (חולין קב, ב) גבי בשר מן החי ובשר מן הטריפה שאינו מתחייב אלא אחד מפני שיוצאין מלאו אחד. יש להשיב שאינו דומה, כי בכאן מאחר שהאסורין מפורשין בפסוק עונה הלאו על כל אחת ואחת על שאור ודבש, וזג וחרצנים, וכן כלם כמו אלמנה וגרושה וחללה זונה (ויקרא כא, יד), שאם עשאן כולן חייב על כל אחת ואחת.

ובפרק י' יוחסין (קידושין עז, א) שמצריך פסוק לחלק, זהו מפני שגוף אחד הוא. וכן פירש רש"י פרק בתרא דמכות (יח, א) דמעשר דגן תירוש ויצהר ובכור בקר וצאן ובכורים אע"פ שכלן כתובים בלאו אחד, לוקה על כל אחד ואחד, מאחר שמפורשים וכתוב בפסוק לא תוכל לאכול, עונה על כלם.

אבל בשר מן החי ובשר מן הטריפה אינן מפורשים בפסוק בפירוש שנאמר לא תאכלו עונה על כלם:

Et si tu demandes pourquoi il est passible de deux séries de malkot, ne disons-nous pas, à la fin de Gid haNasheh (Hullin 102b), à propos de la viande prise sur un animal vivant et de la viande d'une bête tereifah (déchirée), qu'il n'est passible que d'une seule série, parce qu'elles procèdent d'un seul interdit? On peut répondre que ce n'est pas comparable: ici, puisque les interdictions sont explicitées dans le verset, l'interdit s'applique à chacune, au levain et au miel, à la peau de raisin et aux pépins, et de même à toutes les autres, comme la veuve, la divorcée, la halala (femme disqualifiée de la prêtrise) et la zona (prostituée) (Lévitique 21,14); s'il les épouse toutes, il est passible pour chacune.

Dans le chapitre Aseret Yuhasin (Kidouchin 77a), où un verset est requis pour les séparer, c'est parce qu'il s'agit d'une seule personne. Rachi explique de même dans le dernier chapitre de Makkot (18a) que la dîme du grain, du vin nouveau et de l'huile, le premier-né du gros et du petit bétail, et les premiers fruits, bien qu'ils soient tous écrits sous une seule interdiction, entraînent des malkot pour chacun, puisqu'ils sont explicites et que les mots 'tu ne peux pas manger' (Deutéronome 12,17) écrits dans le verset s'appliquent à tous.

Mais la viande prise sur un animal vivant et la viande d'une bête tereifah ne sont pas explicitées dans le verset: les mots 'ne mangez pas' s'appliquent à toutes deux:

ואם תשאל מה בין זג וחרצן, נא ומבושל, רחים ורכב, שאור ודבש, אלמנה וגרושה וחללה זונה, שחייב על כל אחד ואחד. ואלו חלב שור וכבש ועז (ויקרא ז, כג) אינו חייב אלא אחת, ונקרא לאו שבכללות כדאיתא בפ"ק דכריתות (ד, א).

וכן לחם קלי וכרמל לא לקי אלא חדא אי לאו משום יתורא. וכן מעשר דגן תירוש ויצהר לא לקי אלא חדא אי לאו משום יתורא כדאיתא בפ"ק דכריתות (ה, א).

יש להשיב דזג וחרצן שתי שמות הן, וכן שאור ודבש וכן כלם. תדע, דכי אתי לאתרויי בהו צריך להזכיר כל אחד בשמו, אבל חלב שור וכשב ועז שם חלב [א'] הוא, וכן שם (ויקרא כג, יד) לחם קלי וכרמל שם חדא הוא, וכן מעשר, עד כאן לשונו:

Et si tu demandes quelle différence il y a entre le zag (peau de raisin) et le hartzan (pépin), le na (cru) et le mévushal (cuit), les rehayim (meules) et le rekhev (meule supérieure), le se'or (levain) et le devash (miel), ainsi que l'almanah (veuve), la gerushah (divorcée), la halalah (femme disqualifiée de la prêtrise) et la zonah (prostituée), pour chacun desquels on est passible séparément, alors que le helev (graisse interdite) du bœuf, du mouton et de la chèvre (Lévitique 7,23) ne rend passible que d'une seule série de malkot et est appelé un lav shebikhlalot, comme il est dit dans le premier chapitre de Keritot (4a): de même, le'hem, kali et karmel (pain, grain grillé et grain frais) ne donneraient lieu qu'à une seule série de malkot sans une expression superflue; de même, le maasser (dîme) du grain, du tirosh (vin nouveau) et du yitshar (huile) ne donnerait lieu qu'à une seule série sans une expression superflue, comme il est dit dans le premier chapitre de Keritot (5a). Il faut répondre que zag et hartzan sont deux dénominations distinctes, de même que se'or et devash, ainsi que tous les autres.

Tu le sais: lorsqu'il faut adresser une hatra'ah (avertissement légal), chacun doit être mentionné par son nom. Mais le helev du bœuf, du mouton et de la chèvre ne porte qu'un seul nom, helev; de même, le'hem, kali et karmel (Lévitique 23,14) ne portent qu'une seule dénomination, et il en va de même du maasser.

Fin de ses paroles:

ואני ראיתי בירושלמי דנזיר בפרק ג' מינים (ו, ב), ממשמע שנאמר רכב איני יודע שרחיים בכלל, מה תלמוד לומר רחים ורכב, לחייב על זה בפני עצמו ועל זה בפני עצמו. הנה למדת מתוך דברי רש"י ודברי רבינו יצחק בר שמואל שהם עמודי ההוראה, כי שאור ודבש שנים.

וכן אתנן ומחיר שנים. ונא ומבושל שנים הם.

וזג וחרצן שנים הם. ורחים ורכב שנים הם.

ועמוני ומואבי שנים הם. וכל אחד מאלו נחשב לאו בפני עצמו, עד כאן דברי הסמ"ג:

J'ai vu dans le Yerushalmi (Talmud de Jérusalem) de Nazir, au chapitre Trois espèces (6b): 'Puisque le verset dit rekhev, ne sais-je pas déjà que les rehayim y sont comprises? Que vient donc enseigner rehayim et rekhev?

À rendre passible pour l'un séparément et pour l'autre séparément.' Tu apprends donc, des paroles de Rachi et de Rabbenu Yitshak bar Shemouel, qui sont des piliers de l'autorité halakhique, que se'or et devash sont deux interdits distincts. De même, etnan (salaire de prostitution) et mehir (prix d'un chien) sont deux; na et mévushal sont deux; zag et hartzan sont deux; rehayim et rekhev sont deux; l'Ammonite et le Moabite sont deux.

Chacun de ceux-ci compte comme un interdit distinct. Ainsi s'achèvent les paroles du Sémag:

אמנם הרב הגדול הרמב"ם רוח ה' דיבר בו, וכבר סילק מעליו את התלונות הנ"ל כאשר באו דבריו בארוכה בי"ד שרשים שהקדים למנין המצות. הנה בשורש התשיעי האריך במנין הזה, ובירר הדברים וסילת אותם כסולת נקיה.

ותימה בעיני על הסמ"ג איך לא ראה או לא ידע דברי הרמב"ם ההם:

Cependant, le grand maître Maimonide, par qui l'esprit du Nom a parlé, avait déjà écarté les griefs mentionnés plus haut dans les quatorze principes qu'il a placés avant le dénombrement des commandements. Dans le neuvième principe, il s'est longuement étendu sur ce dénombrement, en a éclairci les éléments et les a tamisés comme de la fleur de farine pure.

Je m'étonne que le Sémag n'ait pas vu ou n'ait pas connu ces paroles de Maimonide:

וזה לשונו שם בשורש הט', ומה שראוי שיחובר אל זה השורש מה שאני מספרו, והוא כי זה שאני אומר שראוי שימנו העניינים המצוה מהם והמוזהר מהם, הוא בתנאי שיהיה בענין המוזהר ממנו לאו ביחוד בכל ענין וענין או ראיה יאמרו אותה המעתיקים שהוא הבדיל הענין קצתו ומקצתו וחייב האזהרה בכל ענין מהם, אמנם כשיהיה לכל אחד כולל עניינים רבים הנה אז ימנה הלאו ההוא לבדו לא כל עניינים שיכלול אותו הלאו ההוא וזהו לאו שבכללות שאין לוקין עליו כמו שנברא עתה. וזה כי אמרו (ויקרא יט, כו) לא תאכלו על הדם, אמרו בפי' (סנהדרין סג, א) מנין לאוכל מבהמה קודם שתצא נפשה שהוא בלא תעשה, שנאמר לא תאכלו על הדם.

דבר אחר, מנין לאוכל בשר קדשים קודם זריקת דם שהוא בלא תעשה, תלמוד לומר לא תאכלו על הדם, לא תאכל הבשר ועדיין הדם במזרק. ר' דוסא אומר, מנין שאין מברין על הרוגי בית דין, תלמוד לומר לא תאכלו על הדם.

א"ר יוסי בר ר' חנינא, אזהרה לבן סורר ומורה מנין, תלמוד לא תאכלו על הדם. הנה אלה חמשה עניינים כולם מוזהר מהם, והם כולם נכללים תחת לאו אחד:

Voici ses paroles dans le neuvième principe: 'Ce qu'il convient d'adjoindre à ce principe est ce que je vais exposer. Lorsque je dis qu'il convient de compter les éléments qui font l'objet d'un commandement ou d'un interdit, cela n'est vrai, pour une chose interdite, que s'il existe un interdit distinct pour chaque cas, où qu'une tradition rapportée par les transmetteurs montre que le texte a distingué ces cas l'un de l'autre et a fait porter l'interdit sur chacun.

Mais lorsqu'un seul interdit englobe de nombreux cas, on ne compte que cet interdit lui-même, et non chacun des cas qu'il englobe. C'est un lav shébikhlalot, qui ne donne pas lieu à des malkot, comme nous allons maintenant l'expliquer.

En effet, à propos de 'Ne mangez pas sur le sang' (Lévitique 19,26), ils ont expliqué explicitement (Sanhédrin 63a): 'D'où sait-on que celui qui mange d'une bête avant que sa vie ne la quitte transgresse un interdit? Parce qu'il est dit: Ne mangez pas sur le sang.' Autre explication: 'D'où sait-on que celui qui mange de la viande des sacrifices avant l'aspersion du sang transgresse un interdit?

L'Écriture dit: Ne mange pas la viande tant que le sang est encore dans le bassin.' Rabbi Dosa dit: 'D'où sait-on que l'on ne sert pas de repas de consolation aux proches de ceux que le tribunal a exécutés? L'Écriture dit: Ne mangez pas sur le sang.' Rabbi Yossi ben Rabbi Hanina dit: 'D'où tire-t-on l'avertissement concernant le ben sorer ou-moreh (fils rebelle et insoumis)?

L'Écriture dit: Ne mangez pas sur le sang.' Ces cinq cas sont tous interdits et tous sont compris sous une seule interdiction:

ועוד אמרו (ברכות י, ב), מנין שלא יטעום כלום עד שיתפלל, תלמוד לומר (ויקרא יט, כו) לא תאכלו על הדם, לא תאכלו עד שתתפללו על דמכם. ובביאור אמרו בגמ' דסנהדרין (סג, א), על כולם אינו לוקה, משום דהוה לאו שבכללות, וכל לאו שבכללות אין לוקין עליו.

ובארו ג"כ כי לאו שבכללות הוא תרי או תלת איסורי מחד לאו, ואין ראוי שימנו כל אסור ואסור שכלל עליהם זה הלאו מצוה בפני עצמה. אבל ימנה הלאו לבדו שכולל אלו הדברים כולם ודמיון זה הלאו, כלומר לא תאכלו על הדם, אמרו ג"כ (ויקרא יט, יד) ולפני עור לא תתן מכשול, כי הוא ג"כ כולל עניינים רבים וזהו מין אחד ממיני הלאו שבכללות:

Ils ont encore dit (Berakhot 10b): 'D'où sait-on qu'on ne doit rien goûter avant d'avoir prié? Comme il est dit (Lévitique 19,26): Ne mangez pas sur le sang; ne mangez pas avant d'avoir prié pour votre sang.' Et la Guemara de Sanhédrin (63a) expliqué explicitement que, pour aucun de ces cas, on ne reçoit de malkot, car il s'agit d'un lav shébikhlalot, et qu'aucun lav shébikhlalot ne donne lieu à des malkot.

Ils ont aussi expliqué qu'un lav shébikhlalot consiste en deux ou trois interdits issus d'un seul interdit; il ne convient donc pas de compter chaque interdit qu'englobe cet interdit comme un commandement distinct. On compte uniquement l'interdit qui englobe tous ces cas.

Ils ont également dit, à propos d'un interdit analogue, 'Devant l'aveugle, ne mets pas d'obstacle' (Lévitique 19,14), car il englobe lui aussi de nombreux cas. C'est une première catégorie de lav shébikhlalot:

והמין השני שיבא לאו אחד יאסור דברים רבים עטופים קצתם על קצתם, והוא שיאמר לא תעשה כך וכך, וזה המין יחלק לשני חלקים, כי ממנו מה שבארו בתלמוד שהוא חייב מלקות על כל דבר ודבר מאותן הדברים העטופים. וממנו מה שאמרו שאינו חייב אלא אחת להיותו לאו שבכללות.

ואותן הלאוין שבארו שהוא חייב על כל אחד ואחד, הם שנמנה כל דבר מהם מצוה בפני עצמה. ומה שבארו שהוא חייב אחת על הכל, נמנה אותו מצוה אחת כפי מה שהשרשנו בזה השורש שלא ילקה אחד שתי מלקיות על לאו אחד בשום פנים.

וכשחייב בביאור בכל ענין וענין מאותם העניינים העטופים שלוקים על כל אחד ואחד וגם שעשאם כולם בבת אחת לוקה מלקיות הרבה, ידענו בהכרח שהם שמות הרבה וימנה כל אחד בייחוד:

Le second type se présente lorsqu'un seul interdit interdit plusieurs choses imbriquées les unes dans les autres, en disant: 'Tu ne feras pas ceci et cela.' Il se divise en deux parties: pour certaines, le Talmud précise qu'on encourt des malkot pour chacune de ces choses; pour d'autres, il précise qu'on n'en encourt qu'une seule série, car il s'agit d'un lav shébikhlalot. Les interdictions pour lesquelles il est établi que l'on encourt des malkot pour chacune seront comptées chacune comme un commandement distinct.

Celles pour lesquelles il est établi qu'une seule série est encourue pour le tout seront comptées comme un seul commandement, selon le principe posé dans ce principe: nul ne reçoit en aucun cas deux séries de malkot pour une seule interdiction. Et lorsqu'il est explicitement établi, pour chacun de ces cas imbriqués, que l'on reçoit des malkot pour chacun, même si tous ont été commis simultanément, on reçoit plusieurs séries de malkot.

Nous savons alors nécessairement qu'il s'agit de plusieurs interdictions distinctes, et chacune sera comptée séparément:

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