Le Chla a un grand différend avec des communautés qui mangent après Minha et n'appellent pas à Maariv : elles suppriment la prière en assemblée, et les gens s'enivrent et oublient Maariv, acceptée comme obligatoire, et le Chema, de la Torah. Le jour où « Pour les Juifs il y eut lumière », c'est la Torah (Esther 8,16), fera-t-on une suppression ? Avancer Minha puis manger ne lui paraît pas bon, bien que le Rema l'ait écrit : on mange d'abord, on prie Minha et Maariv ensemble, le chamach (serviteur) appelle comme chaque jour, et l'on quitte le repas sans Birkat ha-mazon. Quiconque s'empresse de faire le repas de bonne heure est digne de louange.
Aussi : le michloa'h manot de deux portions, aliment avec boisson ; la joie de mitsva sans plaisanterie ni oubli de la Méguila ; la tsedaka en secret, de visage aimable, du meilleur, sans se glorifier
ריב גדול היה לי עם מקצת קהילות בחוצה לארץ שאוכלין הסעודה אחר מנחה ועי"ז מבטלין התמיד ואין קורין לבית הכנסת לתפילת ערבית ויש שתים רעות חדא לבטל תפילה בצבור וחטאת הקהל הוא. ועוד העם משתכרין ושוכחין תפילת ערבית שהאידנא קבלוה לחובה וגם ק"ש שהוא דאורייתא וכי ביום הזה שנתקיים ליהודים היתה אורה זו תורה יעשה עקירה הייטב בעיני ה'.
על כן לא יפה בעיניה מנהג להקדים תפילת מנחה ולעשות אחר כך הסעודה אף שכתב רמ"א כן רק יעשה כמנהג הקהילות ההם להתפלל מנחה ומעריב ביחד והם עושים הסעודה מקודם וזריזין מקדימים ובבוא עת התפילות כפי מנהג הקהילות ההם. אזי יקרא השמש לב"ה כמנהגו דבר יום ביומו ולא ישנו ואף שהעם באמצע הסעודה של שמחה ומשתה יכולין לילך לב"ה להתפלל ואין צריך לברך ברהמ"ז כמו שהיא הסכמת תוס' במסכת חולין פרק כיסוי הדם ריש דף פ"ז וזה לשונם, משתה וברוכי בהדי הדדי לא אפשר מכאן היה אומר הר"ר יום טוב (קב, א) דאם עמד מאכילתו ולהתפלל כשחוזר ובא לאכול צריך לברך ברכת המזון וליטול ידיו ולברך המוציא משום דמיכל וצלויי בהדי הדדי לא אפשר ואין נראה דלא דמי כלל משום דהכא הב ונבריך הוי גמר דבר והוי הפסק וכן כסוי אי לא דאפשר בהדי הדדי אבל תפלה לא הוי גמר לסעודה דאטו אם בירך אדם בסעודה על הרעמים או אפי' בפ"ה יצטרך ליטול ידיו ולברך המוציא משום דמיכל וברוכי בהדי הדדי לא אפשר ובהדיא אמרינן בערבי פסחים דאם הניחו מקצת חביריו ועקרו רגליהם לילך לב"ה כשהם חוזרים אין טעונים ברכה לא למפרע ולא לכתחלה אע"פ שהתפלל בנתיים, עכ"ל.
וכן הסכמת הפוסקים ואף אם איזה יחיד הוא טרוד מאוד בסעודתו ובמשלוח מנות ואינו יכול לילך לב"ה מכל מקום יהיה לו לזכרון להתפלל כשיקרא השמש ואז יתפלל בשעה שהציבור מתפללים. וכל מי שמקדים ומזרז ביותר לעשות הסעודה בהשכמה הוא משובח בעיני וכן כתב מהר"ר איסרל"ן שהוא ורבותיו נהגו בכל השנים עיקר סעודה שחרית וטעמא דמסתבר הוא דהא זו הסעודה היא נגד סעודת אסתר שעשתה על המלך ובודאי היתה הסעודה בעת שדרכן של המלכים לאכול ובסעודה זו נתלה המן ונתנו הקדמונים סימן וישבות המן ממחרת כלומר המן נתלה במחרתו של פסחהגה"הולכאורה יש להקשות על זה היאך אפשר שנתלה המן ביום שני של פסח, שהרי הגזירה היתה ביום י"ג לניסן, ושלשת ימי התעניות היו יום י"ד וט"ו וי"ו כדפירש רש"י במגילה (טו, א ד"ה יו"ט ראשון של פסח), והכתוב אומר ויהי ביום הג' וגו', שאז בקשה אסתר יבא המלך והמן היום וגו', ויום הג' של תענית היה ביום הזה, ואז היתה סעודה הראשונה, ואז בקשה על מחר שיבא עם המן לסעודה, ולמחר היה י"ז בניסן.
כבר פירש רש"י דבר זה בגמרא במסכת מגילה, דמה שכתוב ויהי ביום הג' אינו רוצה לומר הג' מתענית, רק ביום השלישי מהגזירה, והגזירה היתה ביום י"ג, נמצא יום הג' ט"ו, ולמחר ביום י"ו נתלה. וראיתי מאחד מהמדקדקים שהיו עושים בסעודתם של יום שני של פסח איזה זכר לסעודת אסתר, כי בו ביום נתלה, כדי להזכיר שבחו של מקום ברוך הוא.
עד כאן לשון הגה"ה. שהוא יום שני בעת העומר כדאיתא ברבות מגילה (אסתר רבה י, ד) שאמר לו המן מלי קומץ עומר שלך כו' וסימנא מילתא שאמר ממחרת נתלה שמע מינה שסעודת אסתר היתה במחרת על כן ירא שמים ישמח בשמחה של מצוה ויתחיל סעודתו במחרת בזמן הסעודה וישב בשמחה ובטוב לבב עם ריעיו ואוהביו ועניים יהיו בני ביתו ויגיל בשמחת מצוה הנ"ל כל היום ובהגיע זמן מנחה ומעריב יתפלל בכוונה ואם משכה סעודתו עד תוך הלילה כתב הרא"ש ז"ל שאין אומרים על הנסים אבל הגהות מיימוני כתב בפ"ב דהלכות מגילה בשם מהר"ם שצריך לברך על הנסים כדאשכחן רב צלי של שבת במ"ש וכ"כ באורח חיים בשם הר"י מקורביל ומהור"ר אייזיק טירנא כתב מידי דהוה אסעודה שלישית של שבת שמשכה בלילה שמזכירין שבת ה"נ על הנסים הואיל והתחיל ביום ולא התפלל ערבית ואם שכח על הנסים אע"ג דבתפלה אין מחזירין אותו בסעודות פורים מחזירין אותו כן פסק הגאון מהר"ש ז"ל בתשובותיו בשם גדול בדורו מהור"ר יעקב פולק סעודת פורים שאכלה בלילה לא יצא פי' בליל י"ד אף שהוא בין מגילה למגילה לא יצא ידי מצות סעודה כי אם ביום כדמות סעודת אסתר וכתב הכלבו בסי' מ"ה כי יש נהגו שלא לאכול בשר בלילה ההוא שלא יטעו ויחשבו שהוא סעודת פורים, עד כאן:
J'ai eu un grand différend avec quelques communautés de l'étranger qui prennent le repas après Minha (prière de l'après-midi) et, par cela, suppriment le sacrifice quotidien; on n'appelle pas à la synagogue pour la prière de Maariv (prière du soir). Il y a là deux maux: l'un est de supprimer la prière en assemblée, ce qui est la faute de la communauté; en outre, les gens s'enivrent et oublient la prière de Maariv, qu'ils ont de nos jours acceptée comme obligatoire, ainsi que le Chema (récitation de l'unité divine), qui est de la Torah.
Et le jour où s'est accompli: Pour les Juifs il y eut lumière - c'est la Torah (Esther 8,16), fera-t-on une suppression? Sera-ce bon aux yeux de ה'?
Aussi la coutume d'avancer la prière de Minha et de faire ensuite le repas ne me paraît-elle pas bonne, bien que Rabbi Moché Isserles (Rema) l'ait écrite. Il faut plutôt agir selon l'usage de ces communautés: prier Minha et Maariv ensemble, faire auparavant le repas et s'y hâter de bonne heure; lorsque vient le temps des prières, le chamach (serviteur de la synagogue) appellera à la synagogue, selon son usage de chaque jour, sans rien changer.
Même si les gens sont au milieu du repas de joie et de boisson, ils peuvent aller à la synagogue prier et n'ont pas besoin de réciter le Birkat ha-mazon (bénédiction après le repas), comme les Tosafot l'ont conclu dans le traité Hullin, chapitre Kisouy ha-dam, au début du folio 87a. Voici leurs paroles: Un festin et la bénédiction ne peuvent se faire ensemble; de là, Rabbenou Yom Tov disait que, si l'on se lève de son repas pour prier, lorsqu'on revient manger il faut réciter le Birkat ha-mazon, se laver les mains et dire ha-motsi (bénédiction du pain), car manger et prier ensemble ne sont pas possibles.
Cela ne paraît pas juste, car il n'y a aucune ressemblance: ici, Hav nevarekh (allons, bénissons) est une conclusion et une interruption; il en est de même pour le recouvrement du sang, qui ne peut se faire en même temps. Mais la prière n'est pas une conclusion du repas.
Car si un homme récitait durant le repas une bénédiction sur le tonnerre, ou même bore péri ha-etz (bénédiction sur le fruit de l'arbre), devrait-il se laver les mains et dire ha-motsi, parce que manger et bénir ensemble ne sont pas possibles? Il est explicitement dit dans Arvei Pessahim que, si une partie de ses compagnons l'a quitté et a quitté la table pour aller à la synagogue, à leur retour ils ne requièrent pas de bénédiction, ni pour ce qui précède ni pour recommencer, bien qu'ils aient prié entre-temps.
Fin de leurs paroles. Tel est aussi l'avis des poskim (décisionnaires).
Même si un particulier est très occupé par son repas et par le Mishloah manot (envoi de portions) et ne peut aller à la synagogue, il devra se souvenir de prier lorsque le chamach appellera; il priera alors à l'heure où prie la communauté. Quiconque avance et s'empresse davantage de faire le repas de bonne heure est digne de louange à mes yeux.
Rabbi Israël Isserlein a aussi écrit que lui et ses maîtres avaient, chaque année, l'habitude de faire le repas principal le matin. La raison est convaincante, car ce repas correspond au repas qu'Esther fit pour le roi, et il eut certainement lieu à l'heure où les rois ont coutume de manger.
C'est durant ce repas que Haman fut pendu, et les anciens donnèrent pour signe: וישבות המן ממחרת, c'est-à-dire que Haman fut pendu le lendemain de Pessa'h. Note: À première vue, on peut objecter ceci: comment Haman put-il être pendu le second jour de Pessa'h?
Le décret fut pris le 13 Nisan, et les trois jours de jeûne furent les 14, 15 et 16, comme Rachi l'explique dans Megillah 15a, au sujet du premier jour de Pessa'h. Or le verset dit: Le troisième jour (ויהי ביום הג', Esther 5,1), et c'est alors qu'Esther demanda: Que le roi et Haman viennent aujourd'hui (יבא המלך והמן היום, Esther 5,4); le troisième jour du jeûne était ce jour-là, le premier repas eut alors lieu, et elle demanda que le roi et Haman viennent le lendemain au repas; le lendemain était donc le 17 Nisan.
Rachi a déjà expliqué dans la Guemara de Megillah que ויהי ביום הג' ne signifie pas le troisième jour du jeûne, mais le troisième jour depuis le décret. Le décret ayant été pris le 13, le troisième jour était le 15, et Haman fut pendu le lendemain, le 16.
J'ai vu chez l'un des hommes méticuleux qu'il faisait, à son repas du second jour de Pessa'h, quelque souvenir du repas d'Esther, car Haman fut pendu ce jour-là, afin de rappeler la louange du Lieu (ha-Makom), béni soit-Il. Fin de la note.
C'était le second jour, au temps de l'omer (offrande d'orge), comme il est rapporté dans Esther Rabbah 10,4, où Haman lui dit: Ta poignée d'omer, etc. Et ce signe est significatif: puisqu'il fut dit qu'il fut pendu le lendemain, il s'ensuit que le repas d'Esther eut lieu le lendemain.
C'est pourquoi celui qui craint le Ciel se réjouira d'une joie de mitsva, commencera son repas le lendemain à l'heure du repas, et demeurera dans la joie et la bonté du cœur avec ses compagnons et ses amis; que les pauvres soient les membres de sa maison. Il se réjouira toute la journée de la joie de mitsva susdite et, lorsque viendra l'heure de Minha et de Maariv, il priera avec intention.
Si son repas se prolonge jusque dans la nuit, Rabbenu Acher, le Roch, a écrit qu'on ne dit pas Al ha-nissim (prière des miracles). Mais les Hagahot Maïmoniot ont écrit, au chapitre 2 des lois de Megillah, au nom de Rabbi Meir de Rothenburg, le Maharam, qu'il faut dire Al ha-nissim, comme nous trouvons que Rav pria la prière de Chabbat à l'issue de Chabbat.
Orhot Hayyim l'a aussi écrit au nom de Rabbi Yehiel de Corbeil. Rabbi Its'hak Tyrnau a écrit: c'est comme le troisième repas de Chabbat qui se prolonge dans la nuit et dans lequel on mentionne Chabbat; de même, on dit Al ha-nissim, puisqu'il a commencé le jour et n'a pas prié Maariv.
S'il oublie Al ha-nissim, bien que dans la prière on ne le fasse pas recommencer, on le fait recommencer dans les repas de Pourim. Ainsi l'a statué le gaon Rabbi Shlomo Luria, le Maharshal, dans ses responsa, au nom du grand de sa génération, Rabbi Yaakov Pollak.
Un repas de Pourim pris la nuit ne rend pas quitte, c'est-à-dire la nuit du 14; même si elle est entre une lecture de Megillah et une autre, on ne s'acquitte de la mitsva du repas que le jour, à l'image du repas d'Esther. Le Kolbo a écrit au siman 45 que certains ont l'usage de ne pas manger de viande cette nuit-là, afin de ne pas se tromper et de penser qu'il s'agit du repas de Pourim.
Fin de la citation:
לשון אבא מורי זלה"ה בעמק ברכה, ומשלוח מנות הוא שתי מנות של בשר או ב' מיני תבשיל או שתי מיני אוכלים כך כתב בעל תרומת הדשן בשם הרמב"ם בסי' קי"א וכן הוא בשלחן ערוך בסי' תרצ"ה וזה לשון מהר"י סג"ל שטוב לשלוח מנות פי' דוקא מיני מאכל או משקה ודוקא בשר ודגים מבושלים שכן משמע פ"ק דביצה דלב"ש לא מתקרי מנות בע"א, עכ"ל. ק"ל דשתיי' בכלל אכילה כדאיתא בפ"ג דשבועות והביאו תרומת הדשן בסי' ל"א.
ע"כ מי ששולח לחבירו מנה אחת של אוכל ועמו כוס או צלוחית של משקה יין או שכראו דבש שקורין מע"ד קיים בזה ומשלוח מנות וכן פסק בהדיא בעל תרומת הדשן בסי' קי"א עיין שם:
Voici les paroles de mon père et maître, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, dans Emek Berakhah: le Mishloah manot est constitué de deux portions de viande, ou de deux sortes de plats, ou de deux sortes d'aliments. C'est ce qu'a écrit l'auteur du Teroumat ha-Deshen au nom de Rabbi Moché ben Maïmon, le Rambam, au siman 111, et c'est aussi ainsi dans le Shulhan Arukh, au siman 695.
Voici les paroles de Rabbi Yaakov Moellin, le Maharil: Il est bon d'envoyer des portions, c'est-à-dire seulement des sortes d'aliments ou de boissons, et seulement de la viande et du poisson cuits, car il ressort du premier chapitre de Beitsah que, selon Beit Shammai, on ne les appelle pas portions autrement. Fin de ses paroles.
Ceci pose une difficulté, car la boisson est comprise dans l'alimentation, comme il est rapporté au troisième chapitre de Shevouot et cité par le Teroumat ha-Deshen au siman 31. Par conséquent, celui qui envoie à son compagnon une portion d'aliment avec un verre ou une petite bouteille de boisson, du vin ou une boisson de miel appelée med, accomplit par cela le Mishloah manot.
Ainsi l'a tranché explicitement l'auteur du Teroumat ha-Deshen au siman 111; vois là-bas:
ולי נראה דזו א"צ פני' דהוא תלמוד ערוך בפ"ג דמגילה דגרסינן שם (ז, א) תני רב יוסף ומשלוח מנות איש לרעהו ב' מנות לאדם א' וכו' עד ר' יודא הנשיא שלח ליה לר' אושעיא אטמא דעיגלא תלתא ותלתא גרבי דחמרא שלח ליה קיימת בנו רבינו ומשלוח מנות וגו', עד כאן לשון הגמרא שם:
Il me semble que cela ne requiert aucune autre explication, car c'est un Talmud explicite, au troisième chapitre de Megillah. Nous y apprenons (7a): Rav Yosef enseigne: Et le Mishloah manot, chacun à son prochain, deux portions pour une personne, etc., jusqu'à: Rabbi Yehouda ha-Nassi envoya à Rabbi Hoshaya une cuisse d'un veau de trois ans et trois jarres de vin.
Celui-ci lui envoya cette réponse: Notre maître, tu as accompli envers nous le Mishloah manot, etc. Fin des paroles de la Guemara:
מצוה לשמוח בפוריא אבל יהיה של מצוה לא הוללות וסכלות. והרמב"ם כתב, מוטב לאדם להרבות במתנות אביונים מלהרבות בסעודתו ובשלוח מנות איש לרעהו שאין שמחה גדולה ומפוארה אלא לשמוח לב עניים ויתומים ואלמנות וגרים שהמשמח לב האומללים האלה דומה לשכינה שנאמר להחיות לב נדכאים, עד כאן לשונו:
Il est une mitsva de se réjouir à Pourim, mais que ce soit une joie de mitsva, non de débauche ni de sottise. Le Rambam a écrit: Il est préférable pour l'homme de multiplier les dons aux pauvres plutôt que de multiplier son repas et l'envoi de portions à son prochain, car il n'est pas de joie plus grande ni plus glorieuse que de réjouir le cœur des pauvres, des orphelins, des veuves et des guerim (convertis); celui qui réjouit le cœur de ces malheureux est semblable à la Chekhina (Présence divine), comme il est dit: Pour faire vivre le cœur des accablés (Isaie 57,15).
Fin de ses paroles:
ומצאתי כתוב ואף אותן המשתכרין יהיה כוונתם לשם שמים כדי לזכור הנס שבא במשתה היין ולא כאותן המשתכרין כדי למלאות גרונם כאשר ראיתי רבים בני אדם אשר המהביין שגו פקו פלילי' ומרבים בימי הפורים האלה לעשות שחוק וקלות ראש ואינם חוששים להתפלל בימים האלה ואדרבה מרימים קולות בשעת התפלה לקריאת מגילה ומערבבים החזן עד כי קולו לא ישמע גם באכלם לבם ועיניהם שם על מעדניהם ולא נשאו את ראשם לא הביטו העולם העליון אשר ה' א-להי ישראל בא בו ולא יחושו לא על נטילת ידים ולא על ברכת המוציא ולא על ברכת המזון עד כי נדמה לרוב המון שבשני הימים האלה היתר לכל אדם לפרוק עול תורה ומצות מעליו וכל המרבה להיות משוגע הרי זה משובח וכל זה הוא בלי ספק רע ומר והוא עון פלילי כי לא הותר לנו רק שמחה לא שחוק וקלות ראש וכל המבטל תפלה ואינו שומע מקרא מגילה מלה במלה הרי זה חוטא ומתחייב בנפשו ואי אפשר לכל אשר בשם ישראל יכונה לפרוק מעליו עול מלכות שמים אפילו שעה אחת ולא מצינו לראשונים שהיו מתעסקים בקלות ראש בפורים ח"ו אבל בדברי מצוה היו מתעסקין כמו שאמרו רבותינו ז"ל בסנהדרין (יב, ב) מכדי מפוריא עד פסחא תלתין יומין ובפורים דרשינן בהלכות פסח כו' הרי שביום הפורים היו דורשין בהלכות פסח והנה ביום ט"ו נצטוו לישב בכל עיר להזכיר לכל אדם לתת מחצית השקל גם מהרי"ל היה כותב תשובה על שאלה בפורים ולא היו ח"ו מבטלים שמחת פורים אבל זה דרכם היו מתפללים תפלתם בבית הכנסת ככל דיני תפלה ובכוונה הראויה כבכל שאר הימים והיו שומעים קריאת מגילה מלה במלה מפי החזן ולא משיחים אפי' שיחה קלה והיו מחלקין צדקה איש כפי מסת ידו בשמחה ובטוב לב והיו הולכים לבתיהם והיו אוכלים ושותין ומדקדקים בנטילת ידים ובברכת המוציא ובברכת המזון שמחים בזכרם את כל הנסים אשר עשה ה' לאבותינו ומשבחים לשמו הגדול אשר בכל דור ודור מפליא חסדו עמנו ושמחים בתלמוד תורה כמו שנאמר פקודי ה' ישרים משמחי לב. וקודם כל השמחה מטיילים בשמחת לימוד תורה כדדרשינן (מגילה טז, ב) ליהודים היתה אורה זו תורה ושמחה כלומר אחר כך שמחה וחוזרין ומתפללין בכוונה ובשמחה וכי יחזרו לקרות המגילה ישמעו בכונה ובלי הפסק שום שיחת חולין ח"ו והכל בעבודת ה' וביראתו כמו שאמר (תהלים ב, יא) עבדו את ה' ביראה וגילו ברעדה וכל היוצא בעקבי הרועים לעשות את כל המעשים האלה על פי דרכם כמוהם יהיו צאצאי מעיו וכל אשר חפץ ה' בידו יצליח וה' הוא האומר אליך לך אכול בשמחה לחמך ושתה בלב טוב יינך כי כבר רצה א-להים את מעשיך ע"כ.
בתרומת הדשן כתב וזה לשונו מצאתי בהעתק תשובה אחת וז"ל שמעתי מהרר' טובי' בשם ריב"א בכל מאכל שלוקחין החברים זה מזה אפי' שלא ברשות משום שמחת פורים בשעת קריאת המגילה עד ליל סעודת פורים שהן שתי לילות ויום אחד אין בהם משום גניבה ולא משום גזילה ואין להזמינו לבית דין ואין חוששין עליו ובלבד שלא יעשו שלא כהוגן על פי שבעה טובי העיר עכ"ל ויש אומרים דאם הזיק אחד את חבירו מכח שמחת פורים פטור מלשלם ועיין בחושן משפט בדיני נזיקין סי' שע"ה בשלחן ערוך בתשובת ר"י מינץ סי' י"ו כתב דמותר ללבוש פרצופים ולשנות בגדיהם מבגדי איש לבגדי אשה וכן להיפך מאחר שאין מתכוונים אלא לשמחה בעלמא ה"ה לבישת כלאים דרבנן אבל אני אומר לאו משנת חסידים הוא ושומר נפשו ירחק מזה ללבוש כלאים אפי' דרבנן או לחטוף מחבירו שלא ברשות כי זה הוא שמחת הוללות וכבר כתבנו לשמוח בשמחה של מצוה:
J'ai trouvé écrit que même ceux qui s'enivrent doivent avoir leur intention pour le Ciel, afin de se souvenir du miracle qui eut lieu dans le banquet de vin, et non comme ceux qui s'enivrent pour se remplir la gorge. J'ai en effet vu beaucoup d'hommes dont il est dit: Ils se sont égarés par le vin et ont chancelle dans le jugement (Isaie 28,7); ils multiplient, durant ces jours de Pourim, les plaisanteries et la légèreté, et ne se soucient pas de prier en ces jours.
Bien au contraire, ils élèvent la voix au moment de la lecture de la Megillah et troublent le hazzan (officiant) jusqu'à ce que sa voix ne soit plus entendue. Même lorsqu'ils mangent, leur cœur et leurs yeux sont fixés sur leurs friandises; ils ne lèvent pas la tête et ne regardent pas le monde supérieur dans lequel entre ה', le Dieu d'Israël.
Ils ne se soucient ni de netilat yadayim (lavage des mains), ni de la berakhah de ha-motsi, ni du Birkat ha-mazon, au point que la plupart de la multitude s'imagine qu'en ces deux jours il est permis à chacun de rejeter de sur lui le joug de la Torah et des mitsvot, et que plus quelqu'un fait le fou, plus il est louable. Or tout cela est sans aucun doute mauvais et amer, et c'est une faute criminelle, car seule la joie nous a été permise, non la plaisanterie et la légèreté.
Quiconque annule la prière et n'entend pas la lecture de la Megillah mot à mot faute et engage sa vie. Il est impossible à quiconque est appelé du nom d'Israël de rejeter de sur lui le joug de la royauté des Cieux, ne serait-ce qu'une heure.
Nous n'avons pas trouvé chez les anciens qu'ils se livraient à la légèreté à Pourim, à Dieu ne plaise; ils s'occupaient plutôt de choses de mitsva, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie dans Sanhédrin 12b: De Pourim à Pessa'h, il y a trente jours, et à Pourim nous exposons les lois de Pessa'h, etc. Ainsi, le jour de Pourim, ils exposaient les lois de Pessa'h.
Or, le quinzième jour, ils étaient chargés de siéger dans chaque ville pour rappeler à chacun de donner le demi-chekel. De même, Rabbi Yaakov Moellin, le Maharil, écrivait une responsa à une question à Pourim.
Ils n'annulaient donc pas, à Dieu ne plaise, la joie de Pourim; mais telle était leur voie: ils priaient à la synagogue selon toutes les lois de la prière, avec l'intention qui convient comme les autres jours; ils entendaient la lecture de la Megillah mot à mot de la bouche du hazzan, sans échanger même une parole légère; ils distribuaient la tsedakah (charité), chacun selon la mesure de ses moyens, avec joie et bon cœur; ils rentraient chez eux, mangeaient et buvaient, et étaient scrupuleux quant au netilat yadayim, à la berakhah de ha-motsi et au Birkat ha-mazon, joyeux de se souvenir de tous les miracles que le Nom fit pour nos pères et louant son grand Nom qui, de génération en génération, rend merveilleuse sa bonté envers nous. Ils se réjouissaient de l'étude de la Torah, comme il est dit: Les préceptes du Nom sont droits, ils réjouissent le cœur (Psaumes 19,9).
Avant toute autre joie, ils faisaient leur délice de la joie de l'étude de la Torah, comme nous l'enseignons (Megillah 16b): Pour les Juifs il y eut lumière - c'est la Torah - et joie (Esther 8,16), c'est-à-dire la joie ensuite. Puis ils retournaient prier avec intention et joie; lorsqu'ils retournaient lire la Megillah, ils écoutaient avec intention, sans aucune interruption de parole profane, à Dieu ne plaise.
Tout était dans le service du Nom et dans sa crainte, comme il est dit: Servez le Nom avec crainte et réjouissez-vous en tremblant (Psaumes 2,11). Que quiconque suit les traces des bergers pour accomplir tous ces actes selon leur voie ait des descendants semblables à eux, et que tout ce que le Nom désire réussisse entre ses mains.
Et le Nom est Celui qui te dit: Va, mange ton pain avec joie et bois ton vin d'un cœur bon, car Dieu a déjà agréé tes actes (Qohelet 9,7). Fin de la citation.
Le Teroumat ha-Deshen a écrit: J'ai trouvé dans la copie d'une responsa: J'ai entendu de Rabbi Toviyah, au nom du Riva, Rabbi Its'hak ben Acher: pour tout aliment que des compagnons prennent les uns des autres, même sans permission, à cause de la joie de Pourim, depuis le moment de la lecture de la Megillah jusqu'à la nuit du repas de Pourim, qui comprend deux nuits et un jour, il n'y a ni vol ni spoliation; on ne le citera pas devant le tribunal et on ne lui en tiendra pas rigueur, à condition qu'ils n'agissent pas de manière inconvenante, selon les sept notables de la ville. Fin de la citation.
Certains disent que si l'un cause un dommage à son compagnon à cause de la joie de Pourim, il est dispensé de payer. Voir le Shulhan Arukh, Hoshen Mishpat (code civil), lois des dommages, siman 375.
Dans une responsa de Rabbi Yehouda Mintz, au siman 16, il est écrit qu'il est permis de porter des masques et de changer les vêtements d'homme en vêtements de femme, et inversement, puisque l'intention n'est que la joie; il en est de même du port de kilayim (mélange interdit) d'ordre rabbinique. Mais je dis que ce n'est pas la voie des pieux; celui qui garde son âme s'éloignera de cela, de porter même du kilayim d'ordre rabbinique ou de prendre à son compagnon sans permission, car c'est une joie de débauche.
Nous avons déjà écrit qu'il faut se réjouir d'une joie de mitsva:
ענין צדקה ומעשר
De la tsedakah et du maasser (dîme):
מעלת מצות צדקה וחיובה הגדול להיות נזהר בה יותר מכל המצות ובכל עת ובכלשעה וגודל עונש המתרשל בה ושכרה המרובה בעה"ז ובעה"ב וע"י זוכה ורואה פני שכינה. ודיני הצדקה וכמה מעלות זו על גב זו בסדר נתינתה הלא הכל כתוב בספר הישר בתלמוד ובפוסקים ובמדרשים ובספרי המוסר והכל גלוי ומפורסם:
La grandeur de la mitsva de tsedakah et sa grande obligation: y être vigilant plus qu'à toutes les mitsvot, à tout moment et à toute heure; la grandeur du châtiment de celui qui s'y relâche et de sa récompense abondante dans ce monde-ci et dans le monde à venir, grâce à laquelle on mérite de voir la face de la Chekhina. Les lois de la tsedakah, et les nombreux degrés, l'un au-dessus de l'autre, dans l'ordre de sa distribution, tout cela est écrit dans le Sefer ha-Yashar (Livre du Juste), dans le Talmud, chez les poskim, dans les midrashim et dans les livres de moussar (éthique); tout est clair et connu:
באתי להזהיר באיזה דברים שהרבה המוניים אינם נזהרים דהיינו שמקיימין מצות הצדקה. אבל אינן מקיימין מכשירי המצוה והם אלו א' ליתן הצדקה בסתר ואם הוא נותן ליד עני יתנהו לו בתחבולה ובאופן שלא יכלם ולא יבוש ב' בסבר פנים יפות ולהראות לו אהבה לא כאותן הנותנים במריבה ח"ו.
ג' כל חלב לה' רצוני לומר יתן לו מהמובחר כתב הרמב"ם בהל' איסורי מזבח (פ"ז הי"א) הרוצח לזכות לעצמו יכוף יצרו הרע וירחיב ידו ויביא קרבנו מן היפה המשובח ביותר שבאותו המין שיביא ממנו הרי נאמר בתורה והבל הביא מבכורות צאנו ומחלביהן וישע ה' אל הבל ואל מנחתו וה"ה בכל דבר שהוא לשם האל הטוב שיהי' מן הנאה והטוב אם בנה בית תפלה יהי' נאה מבית ישיבתו האכיל רעב יאכיל מן הטוב והמתוק שבשלחנו כסה ערום יכסהמן היפה שבכסותו הקדיש דבר יקדיש מן היפה שבנכסיו וכן הוא אומר כל חלב לה' עכ"ל. ד' אשרי משכיל אל דל כתיב (תהלים מא, ב), הפי' כי יש הרבה עניים חשובים בני בשת שסובלים הרבה דוחקים ואינם מגלים את עצמם אבל צריך אדם להשכיל מעצמו ולבחון על בני אדם כדי שיתבונן מי הוא דל ויתחיל הוא עמו מאליו אל יתפאר בצדקה כתב הסמ"ג צריך הנותן שלא יתפאר בצדקה שנותן ואם מתפאר לא דיו שאינו מקבל שכר על מה שנותן אלא שמענישין אותו דתניא בפ"ק דב"ב (י, ב) נענה ואמר ר"נ צדקה תרומם גוי וחסד לאומים חטאת צדקה וחסד שאומות העולם עושים חטא הוא להם שאין עושים אלא להתיהר וכל המתיהר נופל בגיהנם ע"כ:
Je suis venu avertir au sujet de quelques points dont beaucoup de gens du commun ne prennent pas garde: ils accomplissent la mitsva de tsedakah, mais non les makhshirei ha-mitsva (préparatifs de la mitsva). Les voici.
Premièrement, donner la tsedakah en secret; s'il la donne directement à un pauvre, qu'il la lui donne avec tact, de façon à ne pas l'humilier ni lui faire honte. Deuxièmement, la donner avec un visage aimable et lui montrer de l'affection, non comme ceux qui donnent dans la querelle, à Dieu ne plaise.
Troisièmement, Toute graisse est pour ה' (Lévitique 3,16), c'est-à-dire qu'il lui donne du meilleur. Le Rambam a écrit dans les Lois des interdits de l'autel (7,11): Celui qui veut acquérir du mérite pour lui-même doit dompter son mauvais penchant et ouvrir largement sa main; il apportera son offrande de ce qu'il y a de plus beau et de plus choisi dans l'espèce dont il l'apporte.
Il est dit dans la Torah: Abel apporta des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse, et ה' regarda favorablement Abel et son offrande (Genèse 4,4). Il en est de même de toute chose qui est pour le bon Dieu: elle doit être parmi ce qu'il y a de beau et de bon.
S'il construit une maison de prière, qu'elle soit plus belle que sa demeure; s'il nourrit un affamé, qu'il le nourrisse de ce qui est bon et doux sur sa table; s'il vêt un homme nu, qu'il le vêt de ce qu'il y a de plus beau parmi ses vêtements; s'il consacre un objet, qu'il consacre ce qu'il y a de plus beau dans ses biens. Ainsi est-il dit: Toute graisse est pour ה'.
Quatrièmement, il est écrit: Heureux celui qui est attentif au pauvre (Psaumes 41,2). Cela signifie qu'il y a de nombreux pauvres honorables, qui ont honte, supportent de grandes privations et ne se font pas connaître.
Mais l'homme doit de lui-même exercer son discernement et examiner les gens, afin de reconnaître qui est pauvre et de prendre lui-même l'initiative de l'aider. Qu'il ne se glorifie pas de la tsedakah.
Le Semag, Sefer Mitsvot Gadol (Grand livre des commandements), a écrit: Celui qui donne ne doit pas se glorifier de la tsedakah qu'il donne. S'il s'en glorifie, non seulement il ne reçoit pas de récompense pour ce qu'il donne, mais il est puni.
Car il a été enseigné au premier chapitre de Bava Batra (10b): Rav Nahman répondit et dit: La tsedakah élève une nation, mais la bonté des nations est une faute (Proverbes 14,34). La tsedakah et la bonté que font les nations sont pour elles une faute, car elles ne les font que pour se glorifier; et quiconque se glorifie tombe dans le Gehinnom (enfer).
Fin de la citation: