שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Tamid, Ner Mitzva (13/16)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Pour nombre de philosophes, le Rambam et le Baal HaIkkarim tiennent qu'aucun attribut n'appartient au Saint béni soit-Il en Lui-même, seulement du fait de Ses actions, et qu'il faut se taire hors des termes de Moché et des prophètes, compris comme des négations. Le Chla pose trois aspects : sous l'aspect du Ein Sof, aucun nom ni attribut ne convient ; sous l'aspect de l'Atsilout, les attributs sont les sefirot (émanations divines), réalités spirituelles ; sous l'aspect des Noms selon l'action, on connaît la racine de chaque chose. Sans vision prophétique ni cette science, on s'en tient à l'ordre des Hommes de la Grande Assemblée et des sages du Talmud.

Aussi : le Hallel hors souvenir de la sortie d'Égypte se dit soit selon une vision prophétique dont on est privé, soit comme louange de l'essence ; le Chir ha-Yi'houd multiplie les attributs ; Keter Malkhout seulement où l'usage public existe à Yom Kippour

ולהרבה פילוסופי עמינו מסתבר טפי טעמיה דהרמב"ם כי התוארים שיתואר בהם ית' מצד עצמו על צד החיוב לא די שאינם שבחים אבל הם גנות בחקו ואינם ממין השבחים שיאותו אליו יתברך בעבור זה ראוי לנו שנשתוק מלתאר אותו מעצמינו בשם תואר אלא מה שנמצא למרע"ה או לנביאים שיתארוהו בהם ואף הם ראויים שנבין שאמנם אמרוה חיובים על צד ההרחבה הלשונית וכדי לשבר את האוזן, אבל על דרך האמת ראוי שיובנו שוללים ואי אפשר שיצדק עליו שום תואר חיובי כי אם מצד פעולתו כאשר האריך בזה הרמב"ם ובעל עקרים מאמר שני פכ"ב ופכ"ג שאי אפשר לייחס לש"י שום תואר לא עצמי ולא מקרי מצד עצמו בשום צד אלא מצד פעולותיו בלבד. וכתב בעל עקרים נקרא הש"י יוצר פועל עושה בורא מחדש להיותו ממציא כל הנמצאים ברצונו הפשוט מבלתי הכרח כן יקרא חכם להיותו ממציא כל הנמצאים בחכמה גדולה נראית ביצירתם וכן יקרא רחום חנון חסיד להיותו מנהיג כל הנמצאים ומרחם וחונן עליהם ע"צ החסד והחמלה והחנינה ולא ע"צ הגמול כמאמר הכתוב (איוב מא, ג):

מי הקדימני ואשלם וכן יקרא נדיב או עושה צדקות להיותו משפיע הטוב והשלימות לכל הנמצאים מבלי תקות שום גמול ושכר יגיע אליו מזה ע"ד אמרם ז"ל (עי' סוטה יד, א) והלכת בדרכיו מה הוא רחום אף אתה רחום מה הוא חנון אף אתה חנון וכו'. וכן נקרא ארך אפים ורב חסד ופוקד עון אבות על בנים מצד הפעולות הנמשכות מאתו להנהיג בהן הבריות ואלה התוארים וכיוצא בהן מותרים בחקו אע"פ שיש בהן תוארים הפכיים כמו רחום ופוקד עון אבות על בנים וזהו שנרמז למשה רבינו ע"ה כשאמר הודיעני נא את דרכיך.

ששאל ממנו איך אפשר שיבקש האדם מלפני השם לעשות פעולות הפכיות עם היותו אחד פשוט פשוטה גמורה ורחוק מן ההתפעלות הגשמיות והראהו השם ית' כי בי"ג מדות הוא מנהיג בריותיו ובהן ראוי לבקש מלפניו וכמו שאמרו רבותינו ז"ל (ר"ה יז, ב) ויעבור ה' על פניו וגו' אמר רבי יוחנן אלמלא מקרא כתוב אי אפשר לאמרו מלמד שנתעטף הקדוש ב"ה כשליח צבור והראה למשה ואמר כל זמן שישראל חוטאין יעשה לפני כסדר הזה ואני מוחל להם ר"ל שהראה הקב"ה למשה במראות הנבואה כי באלו י"ג מדות ראוי להתפלל לפניו שהם תוארים מתייחסים אליו מצד הדרכים שהוא מנהיג בהן בריותיו והתוארים שהם מצד פעולותיו כגון אלו לפי דעת הרמב"ם רשאים להללו בהם ולבקש לפניו בהם אבל התוארים שהם מצד עצמו לא הותר להללו ולא להתפלל לפניו וזהו שארז"ל (ברכות לג, ב) על האל הגדול הגבור והנורא אף ע"פ שאמרם משה רבינו ע"ה לא היינו מתירים עצמנו להתפלל בהם להיותם דומים שהם תוארים מצד עצמו ולא מצד פעולותיו עד שבאו אנשי כ"ג ובארו שאף אלה הם תוארים מצד הדרכים שהוא מנהיג בהם בריותיו שהותר להללו בהם כמו שארז"ל במסכת יומא (סט, ב) למה נקרא שמם אנשי כנסת הגדולה שהחזירו עטרה ליושנה אמרו זו היא גבורתו שנתן ארך אפים לעוברי רצונו וזו נוראותיו שאלמלא נוראותיו היאך אומה יחידה יכולה להתקיים בין האומות וכן בכולם בארו שהם תוארים מצד המדות שנהג בהם בריותיו ומתוך כך ראוי לאמרם בתפלה כמו י"ג מדות שנאמרו למשה שנתפלל לפניו בהם להיותם תוארים מצד פעולותיו ואף לתוארים שהם מתייחסים אליו מצד פעולותיו ראוי שנבון אותם ע"צ שיש בהן מן השלמיות ולא על הצד שיש בהם מן החסרון כי אף ע"פ שאלו התוארים יחייבו הפעולות בתיקונו והשתנות מן ההיפוך אינם מחייבים שינוי והתפעלות בחקו יתברך כי לא דרכיו דרכינו ולא מחשבותיו מחשבותינו, עד כאן לשונו:

Pour nombre de philosophes de notre peuple, le raisonnement du Rambam (Rabbi Moché ben Maïmon) est plus convaincant: les attributs par lesquels le Saint béni soit-Il est décrit de manière affirmative, en Lui-même, non seulement ne sont pas des louanges, mais sont des dénigrements à Son égard et ne sont pas du genre des louanges qui Lui conviennent. C'est pourquoi il nous convient de nous taire et de ne pas Le qualifier nous-mêmes par un nom attributif, sauf ceux par lesquels Moche notre maître, que la paix soit sur lui, ou les prophètes L'ont décrit.

Même ceux-là, il convient de les comprendre ainsi: ils furent effectivement dits de manière affirmative, par extension du langage et pour se faire entendre; mais, en vérité, il faut les comprendre comme des négations. Aucun attribut affirmatif ne peut Lui être applique avec vérité, sinon du fait de Ses actions, comme le Rambam et le Baal HaIkkarim (auteur du Livre des Principes) l'ont longuement exposé dans la deuxième partie, chapitres 22 et 23: aucun attribut, ni essentiel ni accidentel, ne peut être attribué au Saint béni soit-Il sous quelque aspect que ce soit en Lui-même, mais seulement du fait de Ses actions.

Le Baal HaIkkarim a écrit: le Saint béni soit-Il est appelé Formateur, Opérateur, Faiseur, Créateur et Rénovateur, parce qu'Il fait exister tous les êtres par Sa volonté simple, sans contrainte. Ainsi est-Il appelé Sage, parce qu'Il fait exister tous les êtres avec une grande sagesse visible dans leur création.

De même est-Il appelé Miséricordieux, Gracieux et Bienveillant, parce qu'Il dirige tous les êtres, leur accorde miséricorde et grâce, selon la bonté, la compassion et la grâce, et non selon le principe de récompense, comme le dit l'Écriture: 'Qui M'a devancé, pour que Je le récompense?' (Job 41,3). Il est aussi appelé Généreux, ou Celui qui fait des justices, parce qu'Il répand le bien et la perfection sur tous les êtres sans attendre aucune récompense ni aucun salaire qui Lui en revienne, suivant la parole de nos Maîtres, de mémoire bénie (voir Sota 14a): 'Vous marcherez dans Ses voies' (Deutéronome 28,9): de même qu'Il est miséricordieux, sois toi aussi miséricordieux; de même qu'Il est gracieux, sois toi aussi gracieux, etc.

De même, Il est appelé Lent à la colère, Abondant en bonté, et Celui qui 'visite la faute des pères sur les fils' (Exode 34,7), en raison des actions qui émanent de Lui afin de diriger par elles les créatures. Ces attributs et leurs semblables peuvent Lui être attribués, bien qu'ils comprennent des attributs opposés, comme Miséricordieux et Celui qui visite la faute des pères sur les fils.

C'est ce qui fut indiqué à Moche notre maître, que la paix soit sur lui, lorsqu'il dit: 'Fais-moi connaître, je Te prie, Tes voies' (Exode 33,13). Il Lui demanda comment l'homme pouvait demander au Nom d'accomplir des actions opposées, alors qu'Il est un, d'une simplicité parfaite et éloigné de toute affection corporelle.

Le Saint béni soit-Il lui montra qu'Il dirige Ses créatures par les treize attributs et que c'est par eux qu'il convient de Le prier. Ainsi que nos Maîtres, de mémoire bénie, l'ont dit (Roch HaShanah 17b): 'Et ה' passa devant lui...' (Exode 34,6).

Rabbi Yo'hanan dit: 'Si un verset ne l'avait écrit, il serait impossible de le dire: cela enseigne que le Saint béni soit-Il s'enveloppa comme un officiant communautaire, Se montra à Moche et dit: Chaque fois qu'Israël faute, qu'il agisse devant Moi selon cet ordre, et Je leur pardonnerai.' C'est-à-dire que le Saint béni soit-Il montra à Moche, dans des visions prophétiques, qu'il convient de Le prier par ces treize attributs, car ce sont des attributs qui Lui sont rapportés selon les voies par lesquelles Il dirige Ses créatures. Selon l'avis du Rambam, il est permis de Le louer et de Le prier au moyen d'attributs qui se rapportent à Ses actions, tels ceux-là; mais il n'est pas permis de Le louer ni de Le prier par des attributs qui se rapportent à Lui-même.

Tel est aussi le sens de ce que nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Berakhot 33b), au sujet de 'le Dieu, le grand, le puissant et le redoutable' (Deutéronome 10,17): bien que Moche notre maître, que la paix soit sur lui, les ait dits, nous ne nous serions pas autorisés à les employer dans la prière, puisqu'ils paraissent être des attributs se rapportant à Lui-même et non à Ses actions, jusqu'à ce que les Hommes de la Grande Assemblée vinssent et expliquassent que ceux-ci aussi sont des attributs se rapportant aux voies par lesquelles Il dirige Ses créatures, et qu'il est permis de Le louer par eux. Comme nos Maîtres, de mémoire bénie, l'ont dit dans le traité Yoma (69b): 'Pourquoi les appelle-t-on les Hommes de la Grande Assemblée?

Parce qu'ils ramenèrent la couronne à son état ancien. Ils dirent: voici Sa puissance: Il accorde de la patience à ceux qui transgressent Sa volonté; et voici ce qui est redoutable en Lui: sans ce caractère redoutable, comment une nation unique pourrait-elle subsister parmi les nations?' Ainsi, pour tous, ils expliquèrent qu'il s'agit d'attributs se rapportant aux mesures par lesquelles Il dirige Ses créatures.

De ce fait, il convient de les dire dans la prière, comme les treize attributs qui furent dits à Moche afin que l'on prie devant Lui par eux, puisqu'ils se rapportent à Ses actions. Même les attributs qui se rapportent à Lui par Ses actions doivent être compris du côté de la perfection qu'ils contiennent, et non du côté de l'insuffisance qu'ils contiennent.

Car, bien que ces attributs impliquent les actions dans leur tikoun (rectification) et le changement à partir de leur opposé, ils n'impliquent ni changement ni affection en Lui, béni soit-Il, car 'Mes voies ne sont pas vos voies, et Mes pensées ne sont pas vos pensées' (Isaie 55,8). Fin de sa citation.

וטרם שאודיע את דעתי ואכניס את ראשי בין ההרים הגדולים ההמה להכריע ביניהם אקדים הקדמה אחת מעט הכמות ורב האיכות. חכמי פיליסופים האריכו מאוד בענייני תוארים מצד עצמו יתברך שהם שוללים ולא חיובים וכמו שהעתקתי קצת מדבריהם.

אכן האמת המקובל בחכמי האמת איש מפי איש עד משה רבינו ע"ה מפי הגבורה שענייני תואריו יתברך ושבתו וקימתו והליכתו ודבורו ועין ואוזן ורגל ויד וכיוצא בזה הם דברים פנימים רוחניים נאמרים באצילות הקודש בסוד שמותיו המובנים ליודעי בינה הם הספירות והם השגחותיו של אין סוף בבחינת עצמותם ובאמצעיתם בהשתלשלות נפעלו הפעולות והם מושגת לנו מצד הפעולות הנמשכות מהם אכן אין בהם השגה כי אם בלב משכילי עם בני ישראל דרך ראות נבואיי בצבא מעלה ברצוא ושוב המשיגים ענין מה בתואר ההוא בעצמו באמצעית בריאה ויצירה, וזה ענין השיר והשבח שמשוררים ומשבחים שרפים ואופנים וחיות הקודש וכל בני מעלה גבוה מעל גבוה כל אחד לפי ערכו ורום מעלת השגתו, וכן הוא מדריגות הנביאים, אכן גם החכמים שאינם במדריגת הנביאים בענין ההשגה היא מצד מהות הספירות מ"מ בקבלתם האמיתית יודעים סדר המרכבות וסדר השמות וכינוייהם וגנזי האוצרות וסיבת כל הפעולות אם לרחמים אם לדין ועל איש המעלה כזה נאמר כי הוא ידע שמי ואשגבהו (תהלים צא, יד), ועל אשר לא ראו מאורות ונעלמו מהם ידיעת ההם עליהם אמרו רז"ל (פס"ר כב, ז) מפני מה אין ישראל נענין מפני שאינם יודעים להתפלל בשם כמבואר בארוכה בהקדמת ספר שערי אורה, הרי לך שלשה ענינים, ענין אחד בבחינת א"ס מצד עצמותו לא יצדק בו שום תואר ולא שם ולא אות ולא נקודה כי הוא פשוט תכלית הפשיטות ובו יצדק מאמר הפיליסופים השוללים התוארים. ענין השני בחינת האצילות ששם יצדקו התוארים ויש בהם השגה לצבא מעלה ונביאי ישראל כל אחד לפי מדרגתו.

ענין השלישי בחינת הידיעה בשמות ואצילות לפי הפעולה הנמשך משם מהו שורש כל דבר לכולם בשמות יקרא כל דבר על מכונו והבקי בהם ובשמותיהם ידע כל סדרי בראשית וסיבות הפעולות. ע"פ הדברים האלה מי הוא זה ואיזהו אשר מלאו לבו לעסוק בשבחיו של מקום ולתארו כי בבחינת עצמותו א"ס שהוא פשוט תכלית הפשיטות לא יצדק בו שום תואר בהם.

דרך ראות נבואיי בעונותינו אנו אין לנו, ואם מצד ידיעת השמות ומוצאם ומובאם להפעולות הנמשכות מהן מי חכם ויבין אלה אם לא אחד מעיר ושנים ממשפחה. זולת המקובל לנו מפי אנשי כנסת הגדולה והסדר שסידרו הם בעוצם ידיעתם וכמבואר לנו מפי סופרים ומפי ספרים ולאו כל מוחא סביל דא ואין הדברים ההם מסורים אלא ליודע מדע וחכם מבין מדעתו ואז הוא מבני עליה והנם מועטים ונלע"ד לפרש עד"ז מאמרם בפרק כל כתבי הקודש (קיח, ב).

א"ר יוסי יהא חלקי מגומרי הלל בכל יום איני והאמר מר הקורא הלל בכל יום ה"ז מחרף ומגדף כי קאמרינן בפסוקי דזמרה ע"כ. וז"ל רש"י ה"ז מחרף ומגדף שנביאים הראשונים תקנו לומר בפרקים לשבח והודיה כדאמרינן בערבי פסחים וזה הקוראה תמיד בלא עתה אינו אלא כמזמר שיר ומתלוצץ עכ"ל.

וז"ל רבינו יונה פרק אין עומדין, ויש לשאול מ"ט אמרו שמחרף ומגדף מפני שאומר הלל של הללו עבדי ה' וי"א מפני שחותם בו יהללוך ונמצא שאומר ברכה לבטלה, ואינו נראה כלל דמה טעם לומר שמפני שאומר ברכה לבטלה יהא מחרף ומגדף ועוד הכא קורא הלל סתם אמרו משמע דאפילו בלא ברכה הוא מחרף ומגדף. ומשום הכי נראה למורי הר"ב נר"ו שטעם הדבר הוא מפני שעיקר קריאת הלל הוא על כל צרה וצרה שלא תבא על הציבור ואנו אומרים אותה באותה שעה כמו שאמר דוד על הצרות שעברו עליו וכשאומר אותה בכל יום נראה כמי שאומר שאין הקב"ה עושה נפלאות בכל יום ולפיכך קורא הנסים שעברו כבר ונמצא שמחרף ומגדף כלפי מעלה אבל תהלה לדוד שייך בו ג"כ מהעתיד ממה שעושה בכל יום אמרו שיאמר אותו בכל יום.

ומובטח לו שהוא בן העולם הבא (ברכות ד, ב). ובירושלמי נותן טעם אחר משום דכתיב ביה (תהלים קטו, ד):

עצביהם כסף וזהב וכשאומר אותו בכל יום נראה כמתכוין לחרף ולגדף כלפי מעלה ולומר שאין יכול לבטל מן העולם עכ"ל. ומאחר ששבעים פנים לתורה אומר אני ג"כ דעתי הקלושה בביאור זה המאמר.

כי זמן אמירת הלל במועדים שהם זכר ליציאת מצרים, ונקרא הלל המצרי שאמרו דוד ברוח הקודש על יציאת מצרים ואז כשאנו משבחים הש"י בעת הפלא שעשה נפלאות אז נאמרים מאתנו השבחים והתארים הנזכרים שם מצד הפעולות. אבל כשאומרים ביום שאינו זכר ליציאת מצרים נמצא האומרם לא ימנע מחלוקה או אמרם מצד השגה בהם דרך ראות נבואיי ואנחנו חסרים מזה בעונותינו הרבים, או אמרם מצד השבח מצד עצמו שמשבחו יתברך ואין לך חירוף וגידוף בעולם מזה לומר דבר שהוא חסרון בחקו כי הוא בבחינת עצמותו פשוט ומה שאומרים הלל בר"ח משום שמקביעות ר"ח נמשך זמן המועדים כמ"ש (בראשית א, יד) והיו לאותות ולמועדים:

Avant de faire connaître mon avis et de mettre ma tête entre ces grandes montagnes afin de trancher entre elles, je ferai précéder une introduction, petite par sa quantité et grande par sa qualité. Les sages philosophes se sont très longuement étendus sur les attributs relatifs à Lui-même, béni soit-Il: ils sont négatifs et non affirmatifs, comme j'ai rapporté une partie de leurs paroles.

Cependant, la vérité reçue chez les sages de la vérité, de bouche à bouche jusqu'à Moche notre maître, que la paix soit sur lui, de la bouche de la Puissance divine, est que les questions de Ses attributs, béni soit-Il - Son assise, Son maintien debout, Sa marche, Sa parole, Son œil, Son oreille, Son pied, Sa main et choses semblables - sont des réalités intérieures et spirituelles, dites dans l'Atsilout sainte (le monde de l'émanation), selon le secret de Ses Noms et comprises par ceux qui connaissent la Binah (discernement). Ce sont les sefirot (émanations divines), et elles sont les providences du Ein Sof (Sans Fin) en tant qu'aspects de Son essence; par leur intermédiaire, dans l'enchaînement, les actions s'accomplissent, et nous ne les appréhendons que du côté des actions qui en découlent.

Toutefois, elles ne sont appréhendées que dans le cœur des intelligents parmi les enfants d'Israël, par voie de vision prophétique dans l'armée d'en haut, en ratso va-shov (aller et retour), qui saisit quelque chose de cet attribut lui-même par l'intermédiaire de Beriah (Création) et de Yetsirah (Formation). Tel est le sens du chant et de la louange que chantent et prononcent les serafim, les ofanim (roues célestes), les hayot ha-kodech (vivants saints), et tous les êtres d'en haut, élevés les uns au-dessus des autres, chacun selon sa valeur et la hauteur du degré de sa perception.

Il en va de même des degrés des prophètes. Mais les sages qui ne sont pas au degré des prophètes pour ce qui est de la perception de l'essence des sefirot connaissent néanmoins, par leur vraie kabbalah (tradition reçue), l'ordre des merkavot (chars célestes), l'ordre des Noms et de leurs appellations, les trésors cachés et la cause de toutes les actions, qu'elles soient de miséricorde ou de jugement.

C'est d'un homme de ce rang qu'il est dit: 'Car il connaît Mon Nom, et Je l'élèverai' (Psaumes 91,14). Quant à ceux qui n'ont pas vu les lumières et dont cette connaissance est restée cachée, nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Pesikta Rabbati 22,7): 'Pourquoi Israël n'est-il pas exaucé?

Parce qu'ils ne savent pas prier par le Nom', comme il est longuement expliqué dans l'introduction du livre Shaarei Orah (Portes de la lumière). Voici donc trois choses.

Première chose: sous l'aspect du Ein Sof, quant à Son essence, aucun attribut, nom, lettre ni point ne Lui convient, car Il est simple au plus haut degré de simplicité; c'est à Son propos que la parole des philosophes niant les attributs est juste. Deuxième chose: sous l'aspect de l'Atsilout, les attributs sont justes, et les armées célestes ainsi que les prophètes d'Israël en ont la perception, chacun selon son degré.

Troisième chose: la connaissance des Noms et de l'Atsilout selon l'action qui en procède: on y connaît la racine de chaque chose. Par les Noms, chaque chose est appelée selon ce qui lui convient; celui qui en est expert, ainsi que de leurs appellations, connaît tous les ordres de la Création et les causes des actions.

D'après cela, qui donc, et quel homme, aurait le cœur assez plein de hardiesse pour s'occuper des louanges du Lieu (l'Omniprésent) et Le décrire? Car sous l'aspect de Son essence, le Ein Sof, qui est simple au plus haut degré de simplicité, aucun attribut ne Lui convient.

De vision prophétique, nous n'en avons pas, à cause de nos fautes. Et, du côté de la connaissance des Noms, de leur issue et de leur aboutissement dans les actions qui en découlent, qui est assez sage pour comprendre cela, sinon un homme d'une ville et deux d'une famille?

(Jérémie 3,14). Restent ce que nous avons reçu des Hommes de la Grande Assemblée, l'ordre qu'ils ont institué dans la force de leur connaissance, et ce qui nous est expliqué par les maîtres et les livres.

Tout esprit ne peut supporter cela; ces choses ne sont transmises qu'à celui qui connaît la science et qui est sage, comprenant de son propre savoir. Il est alors parmi les benei aliyah (fils de l'élévation), et ils sont peu nombreux.

Il me semble expliquer ainsi le propos de nos Maîtres, dans le chapitre Kol Kitvei ha-Kodech (Tous les Écrits saints; Chabbat 118b): Rabbi Yossi dit: 'Que ma part soit parmi ceux qui achèvent le Hallel (louange) chaque jour.' Est-ce donc ainsi? Un maître n'a-t-il pas dit: 'Celui qui récite le Hallel chaque jour, le voici qui insulte et blasphème'?

Nous parlons des Pesoukei de-Zimra (Psaumes de louange). Fin de citation.

Rachi écrit: 'Le voici qui insulte et blasphème: les premiers prophètes ont institué de le dire à des temps fixés, pour la louange et l'action de grâce, comme il est dit dans Arvei Pessahim; et celui qui le lit continuellement, hors de son temps, n'est que comme un homme qui chante un air et se moque.' Fin de citation. Rabbenu Yona, dans le chapitre Ein Omdin, écrit: Il faut se demander pour quelle raison ils ont dit qu'il insulte et blasphème.

Est-ce parce qu'il dit le Hallel qui commence par Hallou avdei ה' (Louez, serviteurs de ה'; Psaumes 113,1)? Certains disent que c'est parce qu'il le conclut par Yehalloukha (Ils Te loueront), et qu'il prononce ainsi une bénédiction vaine.

Cela ne paraît aucunement juste: pour quelle raison, parce qu'il prononce une bénédiction vaine, dirait-on qu'il insulte et blasphème? De plus, ici ils ont dit simplement: il lit le Hallel; il semble donc que, même sans bénédiction, il insulte et blasphème.

C'est pourquoi mon maître, le Rav, que sa lumière brille, estime que la raison est la suivante: l'essentiel de la récitation du Hallel porte sur toute détresse - afin qu'elle ne vienne pas sur la communauté - et nous le disons à ce moment-là, comme David l'a dit sur les détresses qui lui étaient passées. Or, lorsqu'on le dit chaque jour, on donne l'impression de dire que le Saint béni soit-Il n'accomplit pas de merveilles chaque jour et que, pour cela, on récite les miracles déjà passés; on se trouve ainsi insulteur et blasphémateur envers les hauteurs.

Mais Tehillah le-David (Louange de David; Psaumes 145) se rapporte aussi à l'avenir, à ce qu'Il accomplit chaque jour; ils ont donc dit de le dire chaque jour, et il est assuré d'être un fils du monde à venir (Berakhot 4b). Dans le Talmud de Jérusalem, une autre raison est donnée, car il est écrit: 'Leurs idoles sont argent et or' (Psaumes 115,4); lorsqu'on le dit chaque jour, on donne l'impression d'avoir l'intention d'insulter et de blasphémer envers les hauteurs, en disant qu'Il ne peut les abolir du monde.

Fin de citation. Puisque la Torah a soixante-dix faces, je donnerai moi aussi mon faible avis dans l'explication de ce propos.

Car le moment de dire le Hallel est celui des fêtes, qui sont un souvenir de la sortie d'Égypte; on l'appelle le Hallel égyptien, que David a dit par Roua'h ha-Kodech (esprit saint) au sujet de la sortie d'Égypte. Alors, lorsque nous louons le Saint béni soit-Il au moment du prodige par lequel Il accomplit des merveilles, nous disons les louanges et les attributs qui y sont mentionnés du côté des actions.

Mais lorsqu'on les dit un jour qui n'est pas un souvenir de la sortie d'Égypte, celui qui les dit ne peut éviter l'une de deux alternatives: soit il les dit selon la perception qu'il en a par voie de vision prophétique - et nous en sommes privés à cause de nos nombreuses fautes -, soit il les dit comme une louange portant sur Lui-même, en Le louant, béni soit-Il. Or, il n'y a pas au monde de révilement ni de blasphème plus grand que de dire une chose qui est une insuffisance à Son égard, car Il est simple sous l'aspect de Son essence.

Quant au fait que nous disons le Hallel à Roch Hodesh (nouvelle lune), c'est parce que de la fixation de Roch Hodesh découlent les temps des fêtes, comme il est écrit: 'Qu'ils soient des signes et pour les temps fixés' (Genèse 1,14).

סוף דבר לעולם ימנע אדם את עצמו מהזכרת שבחים ותוארים שאינם מסורים בידינו מאנשי כנסת הגדולה. וממטבע שטבעו חכמי התלמוד שהם תקנום ע"פ ידיעותם בשמות הממונים לפעולות וזהו ענין מאמרם (ברכות לג, ב) על האל הגדול הגבור והנורא אף שאמרם משה רבינו ע"ה אי לאו דתקנינהו אנשי כנסת גדולה לא היינו אומרים משום שמשרע"ה אמרם מצד השגתו בהם בנבואתו הגדולה ורב גובריה.

אמנם אנשי כנסת הגדולה תקנום לפי סדר הפעולות והנהגה ולולי זה לא היו אומרים אף שאמרם משה. אבל מי שירצה להזכיר שבחים ותוארים ואינו מבין בהם בשום בחינה מבחינ' הנ"ל עבירה גדולה היא בידו ואומר אני עליו עבירה גוררת עבירה כי נוסף על עבירה חמורה הנ"ל עובר על לא תשא שם שמים לבטלה וכן קבלתי ממורי הגאון והחסיד מהר"ש.

ונ"ל דזה היה דעת הרבה חכמים שבטלו לומר שיר היחוד בשביל טעם הנ"ל מאחר שהוא רבוי תוארים ושבחים ומי ימלל גבורות י"י. ואין לו לאדם לסדר שבחו של מקום אלא סדר הברכות והזמירות שתקנו חז"ל והתפלה שסדרו אנשי כנסת הגדולה.

וכדי שידע ויבין כל ענייני התוארים ושבחים שמוציא מפיו בתפלתו יפשיט את עצמו מכל גשמיות וכו' וכמ"ש הטור ריש סי' צ"ח וז"ל מחשבתו כיצד כו' וכן היו עושין חסידים אנשי מעשה שהיו מתבודדים ומכוונים בתפלתם עד שהיו מגיעים להתפשטות הגשמיות ולהתגברות רוח השכליים עד שמגיעים קרוב למעלת הנבואה ע"כ. ומטעם זה הורשה לנו בראש השנה ויום הכפורים לספר ביותר בשבחים משום שאנו כמלאכי א-להים ודומים כאלו היינו דרים ביניהם ושוים להם בהשגה ואפי' אז לא יוסיף יותר ממה שהוקבע לציבור ובציבור.

ע"כ שע"ד כן סדר כתר מלכות שחיבר ר' שלמה בן גבירול במקום שנהגו לאומרם בציבור בי"ה רשאי, ובמקום שלא נהגו לא יאמרם היחיד רק יתחיל בסוף הסדר במקום שמתחילים הווידוים, ואף מה שהורשנו בי"כ בשאר הימים יהיו נזהרין כמ"ש ומי שרוצה לשפוך שיחו לפני השי"ת אז בכל עת ירבה בוידויים על עונותיו ויזכור שפלותו ולהתחנן ולבכות ויבקש סליחה ומחילה וכבר חברו על זה כמה וכמה וכל המרבה לספר הרי זה משובח ויהיה מודה ועוזב ואז ירוחם:

En somme, l'homme doit toujours s'abstenir de mentionner des louanges et des attributs qui ne nous ont pas été transmis par les Hommes de la Grande Assemblée, et il doit s'en tenir à la formule que les sages du Talmud ont forgée, car ils les ont institués selon leur connaissance des Noms préposés aux actions. Tel est le sens de leur enseignement (Berakhot 33b) sur 'le Dieu, le grand, le puissant et le redoutable' (Deutéronome 10,17): bien que Moche notre maître, que la paix soit sur lui, les ait dits, si les Hommes de la Grande Assemblée ne les avaient pas institués, nous ne les aurions pas dits, car Moche les a dits selon la perception qu'il en avait dans sa grande prophétie, et grande était sa puissance.

Mais les Hommes de la Grande Assemblée les ont institués selon l'ordre des actions et de la conduite; sans cela, ils ne les auraient pas dits, bien que Moche les ait dits. Mais celui qui veut mentionner des louanges et des attributs sans les comprendre sous aucun des aspects mentionnés ci-dessus commet une grande transgression.

Je dis de lui: une transgression entraîne une transgression; car, outre la grave transgression susdite, il transgresse l'interdit: 'Tu ne porteras pas le Nom du Ciel en vain' (Exode 20,7). C'est aussi ce que j'ai reçu de mon maître, le gaon (sage éminent) et hassid (pieux) Maharshal (Moreinu ha-Rav Rabbi Shelomo Luria).

Il me semble que telle fut l'opinion de nombreux sages qui ont cessé de dire le Chir ha-Yihoud (Chant de l'Unité), pour la raison susdite: il multiplie les attributs et les louanges, et 'Qui peut raconter les puissances de ה'?' (Psaumes 106,2). Il ne revient à l'homme de disposer la louange du Lieu (l'Omniprésent) que selon l'ordre des bénédictions et des chants que les sages ont institués, et selon la prière que les Hommes de la Grande Assemblée ont ordonnée.

Afin de connaître et de comprendre tous les sujets des attributs et des louanges qu'il prononce dans sa prière, il se dépouillera de toute matérialité, etc., comme l'écrit le Tour (code halakhique) au début du chapitre 98: 'Comment doit être sa pensée? ... De même faisaient les hassidim, hommes d'action: ils s'isolaient et dirigeaient leur intention dans leur prière, jusqu'à parvenir au dépouillement de la matérialité et au renforcement de l'esprit intellectuel, jusqu'à approcher du degré de la prophétie.' Fin de citation.

C'est pour cette raison qu'il nous a été permis, à Roch HaShanah (Nouvel An) et à Yom Kippour (Jour du Pardon), de développer davantage les louanges: nous sommes comme les anges de Dieu, semblables à ceux qui habiteraient parmi eux et égaux à eux dans la perception. Même alors, il n'ajoutera rien au-delà de ce qui a été fixé pour la communauté et dans la communauté.

C'est donc à cette condition que Keter Malkhout (Couronne royale), composé par Rabbi Shelomo ibn Gabirol, peut être récité la où l'usage est de le dire publiquement à Yom Kippour; là où cet usage n'existe pas, l'individu ne le dira pas, mais commencera à la fin de l'ordre, à l'endroit où commencent les confessions. Même pour ce qui nous est permis à Yom Kippour, les autres jours il faut se garder, comme il a été dit.

Celui qui veut épancher sa supplication devant le Saint béni soit-Il multipliera en tout temps les confessions de ses fautes, se souviendra de sa bassesse, implorera et pleurera, et demandera pardon et rémission. De nombreux textes ont déjà été composés à ce sujet, et quiconque multiplie ce récit est digne de louange; il confessera et abandonnera, et alors il recevra miséricorde (Proverbes 28,13).

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