שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Tamid, Ner Mitzva (12/16)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit la raison d'Aboudarham : les bénédictions de la Torah et des haftarot, non fixes, n'ont pas le statut de bénédiction attenante à sa compagne, à la différence du Chema, de Baroukh Chéamar et de Yichtaba'h. Le Chla reproduit du Derekh ''Hayim que les Tosafot de 'Haguiga s'appuient sur « Assemble le peuple » pour amener de jeunes enfants à la synagogue. Menahem dit que certains y jouent et profanent la maison de D.ieu : celui qui les amène ainsi doit redouter le malheur. On n'amènera que des enfants un peu plus grands, on les tiendra à leur place et on les pressera de répondre Amen, au Kaddich et à la Kedoucha.

Aussi : interdire de dormir dans la synagogue, même d'un sommeil passager ; une lampe pour la prière et des lampes à la synagogue, à l'image du Temple ; cent bénédictions chaque jour, avec kavana (intention) et Amen sur celles qu'on entend

וכדומה לי שבאבודרהם כתב טעם אחר לפי שאין להם קבע. וביאור דבריו, דברכות תחילה וסוף על התורה וכן על ההפטרות אינם קבועים, רצוני לומר לפעמים מברכין על פרשה זו ולפעמים על פרשה זו .וכן בהפטרות לפעמים על הפטרה זו ולפעמים על הפטרה זו, ומאחר שאינן קבועים אין להם דין ברכה סמוכה לחברתה.

משא"כ ברכות קריאת שמע, וכן ברוך שאמר וישתבח שהם קבועים ולעולם לא תמצא ברכת ברוך שאמר וישתבח במקום אחר כי אם בפסוקי דזמרה, וכן ברכת קריאת שמע דווקא בק"ש ולא במקום אחר. ומאחר דקביעי וקיימי דין ברכה סמוכה לחברתה יש להם:

Il me semble qu'Aboudarham a écrit une autre raison: parce qu'elles n'ont pas de caractère fixe. Voici le sens de ses paroles: les bénédictions initiales et finales de la lecture de la Torah, ainsi que celles des haftarot, ne sont pas fixes; je veux dire que parfois on bénit pour telle paracha et parfois pour telle autre.

De même, pour les haftarot, parfois pour telle haftara et parfois pour telle autre. Puisqu'elles ne sont pas fixes, elles n'ont pas le statut de bénédiction attenante à sa compagne.

Ce n'est pas le cas des bénédictions de la récitation du Chema, ni de Baroukh Chéamar et de Yishtabah, qui sont fixes: jamais tu ne trouveras la bénédiction de Baroukh Chéamar ou celle de Yishtabah ailleurs que dans les Pessoukei dezimra; de même, la bénédiction de la récitation du Chema n'est qu'avec le Chema et non ailleurs. Puisqu'elles sont fixes et établies, elles ont le statut de bénédiction attenante à sa compagne:

אסור לישן בבית הכנסת אפילו שינת ארעי כמבואר בבית יוסף סימן קנ"א, על כן חל החיוב לגעור באותן שעושין כן, ומכל שכן אותן בני אדם אשר נמשלו כבהמות נדמו וישינים בשעה שדורש הדורש אז עבירה גוררת עבירה מסירים אזנם משמוע תורה גם תפילתם תועבה בר מינן:

Il est interdit de dormir dans la synagogue, même d'un sommeil passager, comme cela est expliqué dans le Beit Yosef, chapitre 151. Il y a donc obligation de réprimander ceux qui font ainsi, et à plus forte raison ces hommes qui sont comparés aux bêtes et leur ressemblent, et qui dorment au moment où le prédicateur prêche.

Alors une faute entraîne une faute: ils détournent leur oreille de l'écoute de la Torah, et même leur prière est une abomination, que cela nous soit épargné:

שיחת ילדים בבית הכנסת איסור גדול. והנה אעתיק דברי מוסר שמצאתי בספר נקרא דרך חיים דף ע' וזה לשונו, גרסינן בריש מסכת חגיגה (ג, א) דרש ראב"ע הקהל את העם האנשים והנשים והטף אנשים באים ללמוד נשים באות לשמוע טף למה באין כדי ליתן שכר למביאיהן.

וכתבו שם בתוספות, ועל זה סמכו להביא קטנים לבית הכנסת, ע"כ. אמר מנחם בזמן הזה יש טף בא לבית הכנסת לתת עונש למביאיהן לפי שהוא בא לחלל קדושת בית א-להינו ולשחוק בו כברחובות קריה יקומו לצחק זה עם זה זה מצחק עם זה וזה מכה את זה זה מרנן וזה בוכה זה מדבר וזה צועק זה רץ אילך וזה רץ אילך רץ לקראת רץ ירוץ ויש אשר יעשה צרכיו בבית הכנסת ואז יאמרו מים מים ויש אשר יתן אביו בידו ספר והוא ישליכו לארץ או יקרעהו לשנים עשר קרעים סוף דבר מקול שטטתם כוונת המתפללים נפסדת ונמצא שם שמים מתחלל והמביא טף בזה האופן לבית הכנסת אין ראוי לו לקוות על זה שכר כי אם לדאג מן הפורענות הא למה הוא דומה לאיש שיש לו עבד שוטה והלך לדבר אל המלך ועבדו עמו עמד העבד בשטותו ובזה את המלך וחרפו ואדוניו ראה ושתק הלא יקצוף המלך על אדוני העבד ויאמר לו לא עבדיך בזני כי אם אתה וייסרהו כדי רשעתו ולעבד לא יעשה דבר אין לעבד חטא כי חשכו אלוה מחכמה ולא חלק לו בבינה והנה כן הדבר הזה ולא עוד אלא שלפעמים גם האבות משחקים עמם למען ספות הרוה על הצמאה והיותר רע כי יגדלו הנערים על זה המנהג הרע והתכונה הזרה וכל אשר יגדלו עוד יוסיפו סרה להבזות בעיניהם ענין בית הכנסת וקדושתו ולא יתנו כבוד לתורה וכיון שעבר אדם עבירה ושנה בה הותרה לו גם כי יזקין ממנה לא יסור סוף דבר ראוי לאדם שלא להביא הטף הקטן מאד לבית הכנסת כי יפסיד בהביאו ולא ירויח אך הטף הגדול קצת יביאנו לבית הכנסת ולא יניחנו לזוז ממקומו וילמדהו ויזרזהו לענות אמן וקדיש וקדושה ולא יניחוהו לדבר דברי הבאי וילמדהו לשבת שם באימה וביראה ובזה יהיה לו שכר טוב מאת הש"י תחייהו העץ חיים כי התורה נקראת עץ חיים והכוונה שיגדל בניו לתלמוד תורה כי זה יהיה סיבה שיחיו ויגדלו הנערים וגם עד זקנה ושיבה אלקים לא יעזבם אך אם יסירם מהתורה בקטנותם כדי ללכת אחרי ההבל והעושר והסחורות קרוב הדבר שבסבה זו ימותו בקוצר שנים כך אמרו רז"ל בספרי (עקב מו) כשהתינוק מתחיל לדבר אביו מדבר עמו לה"ק ומלמדו תורה ואם אינו מדבר עמו לה"ק ואינו מלמדו תורה ראוי לו כאלו קוברו שנאמר ולמדתם אותם את בניכם לדבר בם וגו' למען ירבו וגו' אם למדתם אותם את בניכם ירבו ימיכם וימי בניכם ואם לאו יתקצרו ימיכם וימי בניכם, עכ"ל:

La conversation des enfants dans la synagogue est une grave interdiction. Je vais reproduire des paroles de morale que j'ai trouvées dans un livre appelé Derekh Hayyim, page 70; voici son texte: Nous apprenons au début du traité Hagiga (3a): Rabbi Elazar ben Azariah exposa: 'Assemble le peuple, les hommes, les femmes et les enfants.

Les hommes viennent pour apprendre, les femmes viennent pour écouter; les enfants, pourquoi viennent-ils? Afin de donner une récompense à ceux qui les amènent' (Deutéronome 31,12).

Les Tosafot y ont écrit: 'C'est sur cela qu'ils se sont appuyés pour amener de jeunes enfants à la synagogue.' Fin de citation. Menahem dit: De nos jours, certains jeunes enfants viennent à la synagogue afin de donner une punition à ceux qui les y amènent, car ils viennent profaner la sainteté de la maison de notre D.ieu et y jouer comme dans les rues de la ville: ils se lèvent pour jouer les uns avec les autres; celui-ci joue avec celui-ci, celui-ci frappe celui-ci, celui-ci chante et celui-ci pleure, celui-ci parle et celui-ci crie, l'un court ici et l'autre court là, un coureur court à la rencontre d'un autre coureur.

Il y en a qui font leurs besoins dans la synagogue, et alors on crie: 'De l'eau, de l'eau!' Il arrive que son père mette un livre dans sa main et qu'il le jette à terre ou le déchire en douze morceaux. Bref, à cause du vacarme de leurs désordres, la concentration de ceux qui prient est détruite, et le Nom du Ciel est profane.

Celui qui amène de cette manière des enfants à la synagogue ne doit pas espérer en recevoir une récompense, mais redouter le malheur. À quoi cela ressemble-t-il?

À un homme qui avait un serviteur insensé et alla parler au roi accompagné de son serviteur. Dans sa sottise, le serviteur méprisa le roi et l'insulta, et son maître vit et se tut.

Le roi ne se mettra-t-il pas en colère contre le maître du serviteur et ne lui dira-t-il pas: 'Ce n'est pas ton serviteur qui Me méprise, mais toi'? Il le châtiera selon sa méchanceté, et ne fera rien au serviteur.

Le serviteur n'a pas de faute, car D.ieu l'a privé de sagesse et ne lui a pas donné de discernement (Job 39,17). Il en est ainsi dans ce cas.

Et ce n'est pas tout: parfois les pères jouent eux aussi avec eux, afin d'ajouter le rassasié à l'assoiffé (Deutéronome 29,18). Ce qui est pire encore, c'est que les enfants grandiront dans cette mauvaise habitude et cette disposition étrange; plus ils grandiront, plus ils ajouteront à leur révolte en méprisant, à leurs yeux, la synagogue et sa sainteté, et ils ne donneront pas d'honneur à la Torah.

Lorsqu'un homme commet une faute et la répète, elle lui devient permise; même lorsqu'il vieillira, il ne s'en détournera pas. Bref, il convient à l'homme de ne pas amener de très petits enfants à la synagogue, car il perdra en les amenant et n'y gagnera rien.

Mais il y amènera les enfants un peu plus grands, ne les laissera pas quitter leur place, les instruira et les pressera de répondre Amen, au Kaddish (proclamation de sanctification) et à la Kedoucha (sanctification liturgique); il ne les laissera pas dire des paroles vaines et leur apprendra à s'y asseoir avec crainte et respect. Ainsi, il recevra une bonne récompense de la part du Nom, béni soit-Il; l'arbre de vie le fera vivre, car la Torah est appelée arbre de vie (Proverbes 3,18).

Le sens est qu'il élèvera ses fils dans l'étude de la Torah, car ce sera la cause pour laquelle les enfants vivront et grandiront; même jusqu'à la vieillesse et aux cheveux blancs, D.ieu ne les abandonnera pas (Isaie 46,4). Mais s'il les écarte de la Torah dans leur enfance pour suivre la vanité, la richesse et les affaires, il est probable que, pour cette raison, ils mourront jeunes.

Nos Sages, de bénie mémoire, ont ainsi dit dans le Sifrei (Ekev 46): 'Lorsque le nourrisson commence à parler, son père lui parle en Lachon hakodech (la langue sainte) et lui enseigne la Torah; s'il ne lui parle pas en Lachon hakodech et ne lui enseigne pas la Torah, c'est comme s'il l'enterrait, ainsi qu'il est dit: Vous les enseignerez à vos enfants afin de parler d'elles... afin que vos jours et les jours de vos enfants se multiplient' (Deutéronome 11,19 et 21). Si vous les enseignez à vos enfants, vos jours et les jours de vos enfants se multiplieront; sinon, vos jours et les jours de vos enfants raccourciront.

Fin de citation.

מצוה להיות לכל איש נר לתפילה, וזה לשון ראשית חכמה דף ס"ח ע"ב, שאמר הנביא (ישעיה כד, טו) על כן באורים כבדו ה' וכן אמרו במקום אחר (שופטים ט, ט) ויאמר להם הזית החדלתי את דשני אשר בי יכבדו א-להים ואנשים ואע"פ שזה נאמר לענין משל לא נכתב בנביאים מלה לבטלה אלא ודאי כולם נוגעים לענין מעשה ומדרש מצאנו סמך לענין זה הוא בילקוט פרשת בהעלותך (חשי"ט) נרות של בשר ודם של חרס או של נחושת הכל לפי כבודו של אדם וכבוד השבת נרותיה הם כבודה אם שמרתם נרות של שבת אני מראה לכם נרות של ציון שנא' בעת ההיא אחפש את ירושלים בנרות ואיני מצריך לכם לראות באורה של חמה אלא בכבודי אני מאיר לכם שנאמר לא יהיה לך השמש לאור יומם ולנוגה הירח לא יאיר לך והיה ה' לך לאור עולם והאומות עתידות מהלכים לאורכם שנאמר והלכו גוים לאורך ואי זה אור מאיר הקב"ה לישראל באור הצדקה שנאמר וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה וכל כך למה בזכות הנרות שהם מדליקים בשבת תדע לך כמה חביבה היא מצות הנרות לפני הקב"ה שאע"פ שאין הקב"ה צריך אורה הוא מצוה למשה שיזהיר לאהרן דבר אל אהרן ואמרת אליו בהעלותך את הנרות עכ"ל. ובסוף דבריו יש נפקותא ג"כ לנרות שאנו מדליקין בבית הכנסת שהוא דוגמת בית המקדש שאמר תדע לך כמה חביבה היא מצות נרות לפני הקב"ה שהוא מצוה למשה וכו' וזהו היה לבית המקדש או למשכן.

עוד במעלת הנרות במדרש ז"ל ד"א צו את בני ישראל בר קפרא פתח כי אתה תאיר נרי אמר הקב"ה לאדם נרך בידי ונרי בידך נרך בידי שנאמר נר ה' נשמת אדם נרי בידך להעלות נר תמיד אלא אמר הקב"ה אם הארת נרי הריני מאיר נרך הוי צו את בני ישראל עד כאן לשונו. ולכן ראוי להדליק נרות בבית הכנסת ועוד במדרש שעובד אדום שנתברך בשביל שכבד הארון שהי' מדליק נר אחד שחרית ואחד ערבית:

Il est une mitsva que tout homme ait une lampe pour la prière. Voici les paroles de Reshit Chokhma, folio 68b: 'Le prophète a dit: C'est pourquoi, dans les lumières, honorez le Nom' (Isaie 24,15).

Il est encore dit ailleurs: 'L'olivier leur dit: Ai-je cessé de donner mon huile, par laquelle D.ieu et les hommes sont honorés?' (Juges 9,9). Bien que cela ait été dit comme parabole, pas un mot n'a été écrit en vain dans les Prophètes; ils concernent tous, certainement, l'action.

Nous avons trouvé dans un Midrach un appui à cela, dans le Yalkout de la paracha Behaalotekha (par. 719): 'Les lampes des hommes de chair et de sang sont d'argile ou de cuivre, toutes selon la dignité de l'homme; les lampes du Chabbat sont son honneur.

Si vous gardez les lampes du Chabbat, Je vous montrerai les lampes de Sion, comme il est dit: En ce temps-là, Je fouillerai Jérusalem avec des lampes (Sophonie 1,12). Je ne vous obligerai pas à voir à la lumière du soleil, mais Je vous éclairerai de Ma gloire, comme il est dit: Le soleil ne sera plus pour toi une lumière de jour, et la clarté de la lune ne t'éclairera pas; le Nom sera pour toi une lumière éternelle (Isaie 60,19).

Les nations sont destinées à marcher à ta lumière, comme il est dit: Des nations marcheront à ta lumière (Isaie 60,3). Et de quelle lumière le Saint, béni soit-Il, éclaire-t-Il Israël?

De la lumière de la tsedaka (justice charitable), comme il est dit: Pour vous qui craignez Mon Nom se lèvera un soleil de justice (Malachie 3,20). Et pourquoi tout cela?

Par le mérite des lampes qu'ils allument le Chabbat. Sache combien la mitsva des lampes est chère devant le Saint, béni soit-Il; bien que le Saint, béni soit-Il, n'ait pas besoin de lumière, Il ordonne à Moché d'avertir Aaron: Parle à Aaron et dis-lui: Quand tu élèveras les lampes (Nombres 8,2).' Fin de citation.

À la fin de ses paroles, il y a aussi une conséquence pratique pour les lampes que nous allumons dans la synagogue, qui est à l'image du Temple: il a dit: 'Sache combien la mitsva des lampes est chère devant le Saint, béni soit-Il, puisqu'Il ordonne à Moché, etc.' Or cela concernait le Temple ou le Tabernacle. Encore au sujet de la valeur des lampes, le Midrach dit: 'Autre explication: Ordonne aux enfants d'Israël.' Bar Kappara ouvrit par: 'Car Tu éclaires ma lampe' (Psaumes 18,29).

Le Saint, béni soit-Il, dit à l'homme: 'Ta lampe est dans Ma main, et Ma lampe est dans ta main. Ta lampe est dans Ma main, ainsi qu'il est dit: La lampe du Nom est l'âme de l'homme (Proverbes 20,27); Ma lampe est dans ta main: pour élever une lampe perpétuelle (Lévitique 24,2).' Le Saint, béni soit-Il, dit: 'Si tu éclaires Ma lampe, voici que J'éclaire ta lampe.' Ainsi: 'Ordonne aux enfants d'Israël.' Fin de citation.

Il convient donc d'allumer des lampes dans la synagogue. Il est encore dit dans le Midrach qu'Oved Edom fut béni parce qu'il honora l'Arche: il allumait une lampe le matin et une le soir.

חייב אדם לברך מאה ברכות בכל יום ויום וסוד ק' ברכות גדול ועצום על כן צריך האדם להיות נזהר בהם ולא בברכותיו לבד אלא אפילו כששומע ברכה צריך לכוין בה ולענות בה אמן בכל כחו, כי אולי היה חסר מק' ברכות או אפילו היה מברך ק' ברכות אולי היה חסר כוונה וכשהוא שומע הברכה בכוונה עולה לו ג"כ לטובה ולברכה, וכן עניית אמן עולה לו. וזה לשון אבודרהם בתחילת ספרו בשם הרב אברהם ן' שושן, שג' תפלות שאנו מתפללים בכל יום יש בכל אחת ואחת י"ט ברכות ועולים ז"ן וראה כמה גדול שכר המתפלל עם הצבור כי בתפלה אחת שמתפלל עמהם נחשב לו שכר כמתפלל ערב ובוקר וצהרים ביחיד כיצד תפלתו בלחש י"ט וחייב אדם שלא לדבר בעוד ששליח צבור מחזיר התפלה ושיכוין לשמוע ברכותיה ושומע כעונה הרי י"ט ברכות אחרות וחייב אדם לענות אמן אחר כל ברכה וברכה ואמרו רז"ל (ברכות נג, ):

גדול העונה אמן יותר מן המברך הרי כאילו ברך י"ט ברכות אחרות נמצא כי בתפלה אחת עם הצבור כתקנה נותנים שכר ז"ן ברכות ובתפלת ערבית שאין ש"ץ מחזיר התפלה לפיכך תקנו לאחר השכיבנו י"ט פסוקים וחתימה בסוף תמצא בהם בין אזכרות ובין אמנים מנין ל"ח וי"ט ברכות של תפלות לחש הרי ז"ן ברכות בערבית עכ"ל. וע"כ צריך להטות אוזן בכל הברכות הן ברכות דש"ץ בהחזיר התפלה הן ברכות דהעולים לקרוא בתורה הן ברכות הפטורה הן הברכות ששומע מבר ישראל בכל היום ואם זה מן הראוי לעשות בכל יום ק"ו שמחוייב לעשות כן בשבתות וי"ט שחסירים הרבה ברכות וק"ו בנו של ק"ו ביוה"כ שלא יכול למלאות הברכות כמו בשבתות וי"ט בברכות אכילה לפניו ולאחריו ובפירות ומגדים:

Tout homme est tenu de réciter cent bénédictions chaque jour, et le secret des cent bénédictions est grand et puissant. Il doit donc y être vigilant, non seulement dans ses propres bénédictions; même lorsqu'il entend une bénédiction, il doit y mettre de la kavana (intention) et y répondre Amen de toute sa force.

Peut-être lui manque-t-il certaines des cent bénédictions, ou, même s'il en a récité cent, peut-être la kavana lui a-t-elle manqué; lorsqu'il entend la bénédiction avec kavana, cela lui est aussi compté pour le bien et la bénédiction, et il en est de même de la réponse Amen. Voici les paroles d'Aboudarham, au début de son livre, au nom de Rabbi Abraham ibn Shoshan: 'Les trois prières que nous faisons chaque jour comportent dix-neuf bénédictions chacune, soit cinquante-sept.

Vois combien est grande la récompense de celui qui prie avec la communauté: dans une seule prière qu'il fait avec elle, il reçoit la récompense de celui qui prie seul le soir, le matin et à midi. Comment cela?

Sa prière silencieuse compte dix-neuf bénédictions; l'homme est tenu de ne pas parler pendant que le cheliah tsibbour (officiant communautaire) répète la prière, et de se concentrer pour entendre ses bénédictions. Celui qui entend est comme celui qui répond: ce sont dix-neuf autres bénédictions.

L'homme est tenu de répondre Amen après chaque bénédiction; nos Sages, de bénie mémoire, ont dit (Berakhot 53b): Plus grand est celui qui répond Amen que celui qui bénit. C'est comme s'il avait récité dix-neuf autres bénédictions.

Il résulte qu'une prière avec la communauté, faite comme il convient, apporte la récompense de cinquante-sept bénédictions. Dans la prière d'Arvit (prière du soir), où le cheliah tsibbour ne répète pas la prière, ils ont donc institué après Hashkivénu (prière du coucher) dix-neuf versets et une conclusion à la fin; tu y trouveras, entre les mentions du Nom et les Amen, le nombre de trente-huit, et, avec les dix-neuf bénédictions de la prière silencieuse, cinquante-sept bénédictions à Arvit.' Fin de citation.

Il faut donc prêter l'oreille à toutes les bénédictions: aux bénédictions du cheliah tsibbour lorsqu'il répète la prière, aux bénédictions de ceux qui montent lire la Torah, aux bénédictions de la Haftara (lecture prophétique), et aux bénédictions qu'il entend de tout fils d'Israël durant toute la journée. S'il convient de le faire chaque jour, le qal va-homer (raisonnement à fortiori) oblige à plus forte raison à le faire les Chabbat et les fêtes, où il manque beaucoup de bénédictions; et le fils du qal va-homer le rend plus encore obligatoire à Yom Kippour, où l'on ne peut remplir le nombre des bénédictions comme les Chabbat et les fêtes, par les bénédictions sur la nourriture, avant et après, ni par les fruits et les douceurs.

ילמד אדם את בני ביתו שיאמרו כל הברכות בכל יום בקול רם הן ברכות המצות והן ברכת הנהנין. חדא שהקול מביא לידי כוונה.

ועוד שהשומעים כשישמעו הזכרת השם יענה ברוך הוא וברוך שמו וגם יענו אמן נמצא הם זוכים ומזכים ומצוה גוררת מצוה:

Que l'homme enseigne aux membres de son foyer à dire à voix haute chaque jour toutes les bénédictions, les bénédictions des mitsvot aussi bien que les berakhot ha-néhénin (bénédictions de jouissance). Premièrement, la voix conduit à la kavana.

De plus, les auditeurs, lorsqu'ils entendent la mention du Nom, répondent: 'Béni soit-Il et béni soit Son Nom', et répondent aussi Amen. Ils méritent ainsi et font mériter, et une mitsva entraîne une mitsva.

קול לו קול אליו, רצוני לומר כל אחד יענה בקול שלו הן קול תפלה הן קול תורה זה קבלתי מאחד מגדולי הדור כשהיה אומר פרק איזהו מקומן או פרק במה מדליקין או ברייתא דפיטום הקטורת היה אומר בקול כנהוג לעשות קול בלימוד משניות ולא כהמונים שהכל שוה אצלם גם יש חילוק בין תנועת הקול לדברי שבח ותחינה ווידויים והכל כפי מה שהוא:

Une voix pour Lui, une voix vers Lui; je veux dire que chacun réponde de sa propre voix, tant par la voix de la prière que par celle de la Torah. J'ai reçu cela de l'un des grands de la génération: lorsqu'il récitait le chapitre Eizehou Mekoman, le chapitre Bameh Madlikin ou la baraitha (enseignement tannaïte) de Pitoum HaKetoret (préparation de l'encens), il le disait à voix haute, comme il est d'usage de faire entendre sa voix dans l'étude des Michnayot, et non comme la foule, pour qui tout se vaut.

Il y a aussi une différence dans l'intonation de la voix pour les paroles de louange, de supplication et les confessions; tout selon le cas.

ברכות פרק אין עומדין (לג, ב), ההוא דנחית קמי' דר' חנינא אמר האל הגדול הגבור והנורא והאדיר והעזוז והיראוי והחזק האמיץ והודאי והנכבד המתין לו עד דסיים כי סיים א"ל סיימתינהו לכולהו שבחא דמרך למה לי כולי האי אנן הני תלת דאמרינן אי לאו דאמרינהו משה רבינו ע"ה באורייתא ואתו אנשי כנסת הגדולה ותקנינהו בתפלה לא הוינן יכולין למימרי להו ואת אמרת כולי האי ואזלת משל למלך בשר ודם שהיה לו אלף אלפים דינרי זהב והיה מקלסין אותו בשל כסף והלא גנאי הואלו ע"כ:

Dans Berakhot, chapitre Ein Omdin (33b), il est rapporté: Un homme qui descendit devant Rabbi Hanina pour officier dit: 'Le D.ieu grand, puissant, redoutable, majestueux, fort, craint, vigoureux, vaillant, certain et honoré.' Il attendit qu'il ait fini. Lorsqu'il eut fini, il lui dit: 'As-tu achevé tous les éloges de ton Maître?

À quoi sert toute cette profusion? Nous, ces trois attributs que nous disons, si Moché notre maître, que la paix soit sur lui, ne les avait pas dits dans la Torah (Deutéronome 10,17), et si les Hommes de la Grande Assemblée ne les avaient pas institués dans la prière, nous ne pourrions pas les dire; et toi, tu dis tout cela et tu continues?

C'est comparable à un roi de chair et de sang qui possédait mille milliers de dinars d'or, et qu'on louait avec des dinars d'argent: n'est-ce pas une honte pour lui?' Fin de citation.

וכתב הרמב"ם בספר המורה ח"ב פ' נ"ט על זה המאמר, לא אמרו משל למלך בשר ודם שהיה לו אלף אלפים דינרי זהב ומקלסין אותו במאה שהיה מורה זה המשל על ששלמיותיו יותר מאלו השלמיות אשר יוחסו לו כי הם ממיניו ואין הענין כן כמו שבארנו במופת אבל חכמת זה המשל הוא אמרו דינרי זהב ומקלסים אותו בשל כסף להורות שגם שאלו שהם אצלינו שלימות אין אצלו ית' ממינם דבר אלא כולם חסירות בחקו ית' כמו שאמר וביאר בזה המשל והלא גנאי הוא לו ע"כ והאריך שם לגנות המשוררים והמליצים המרבים בתוארים לש"י שמו. והטור בשם הר"י כתב דדוקא בתפלה קאמר שאין לשנות מטבע שטבעו חכמים בברכות אבל בינו לבין עצמו לית לן בה.

וכתב הבית יוסף וזה לשונו, ונראה שנהגו העולם כדברי ר"י דאלו לפי דברי הרמב"ם יש ליזהר מלומר מה שכתוב בכתר מלכות כי אתה אחד ואתה חי ואתה גבור ואתה קיים ואתה גדול ואתה חכם ואתה אלוה וכן כל התוארים שכתובים בבקשת שמע קולי ולא ראינו ולא שמענו מי שנמנע מלאמרם, עכ"ל:

Et Rabbi Moché ben Maïmon (Maimonide) a écrit dans le Guide des Egarés, deuxième partie, chapitre 59, à propos de cet enseignement: 'Ils n'ont pas donné la parabole d'un roi de chair et de sang qui possédait mille milliers de dinars d'or et que l'on louait avec cent dinars, car cette parabole aurait indiqué que ses perfections sont plus grandes que celles qui lui étaient attribuées, puisque ces perfections sont de son genre; or il n'en est pas ainsi, comme nous l'avons démontré de manière probante. Mais la sagesse de cette parabole est qu'elle dit: des dinars d'or, et on le loue avec des dinars d'argent, afin d'enseigner que même ces qualités qui sont chez nous des perfections, rien de leur genre n'existe chez Lui, béni soit-Il; elles sont toutes des défauts au regard de Lui, béni soit-Il, comme l'a dit et expliqué cette parabole: n'est-ce pas une honte pour lui?' Fin de citation.

Il s'étend longuement là-bas pour dénoncer les poètes et les rhétoriciens qui multiplient les attributs à l'égard de Son Nom, béni soit-Il. Le Tour, au nom de Rabbenou Yona, a écrit qu'il ne parle ainsi que dans la prière: il ne faut pas modifier la formule établie par les Sages dans les bénédictions; mais entre soi et soi, il n'y a pas de difficulté.

Et le Beit Yosef a écrit: 'Il semble que le monde se soit conduit selon les paroles de Rabbenou Yona, car, selon les paroles de Maimonide, il faudrait prendre garde à ne pas dire ce qui est écrit dans Keter Malkhout (Couronne royale): Car Tu es Un, Tu es vivant, Tu es puissant, Tu es permanent, Tu es grand, Tu es sage et Tu es D.ieu, ainsi que tous les attributs écrits dans la supplication Chema Koli (Écoute ma voix); or nous n'avons ni vu ni entendu personne qui s'abstienne de les dire.' Fin de citation.

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