שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Tamid, Ner Mitzva (11/16)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Dans le Zohar, paracha Balak, l'homme se place parmi les 'hassidim dans Chomea Tefila (Écoute la prière) et détaille ses fautes pour s'attacher au ''hessed ; il y demande tous ses besoins et s'y confesse, car D.ieu entend toute bouche, et les accusateurs ne peuvent plus l'accuser. Le Chla exige, d'après le Zohar, des paroles claires, comme les Ourim ve-Toumim. À Sim Chalom, Israël éveille le zivoug supérieur (union) : il faut une grande intention, sortir de devant le Roi et tomber sur son visage. Dans la Néfilat Apayim (prosternation), celui qui remet son néfech parmi les néfachot qu'Elle recueille est lié au faisceau de vie.

Aussi : « et nous ne savons pas quoi faire » selon les trois postures de Moché ; mention de la pluie et les quatre-vingt-dix fois de Tu es puissant ; porter le rouleau à droite, se taire dès qu'il est ouvert et écouter le lecteur.

בזוהר פרשת בלק (ח"ג קצה, ב) כתב וזה לשונו, לבתר לשוואה גרמיה גו חסידים בשומע תפילה לפרשא חטאוי, דהכי אצטריך יחיד בשומע תפילה, בגין לאתדבקא בימינא דפשוטא לקבלא לאינון דתבין, וכדין אקרי חסיד, עד כאן לשונו. בגין לאתדבקא כו', פירושו כדי שיתדבק בצד ה'חסד' להטיב עמו, כי בברכת שומע תפילה יכול האדם לשאול בה כל צרכיו מכל דבר שיהיה בין של יחיד בין של רבים, ולהתוודות על כל מה שעבר עליו מיום היותו יכול לפרט ולהתוודות ולבקש עליו מלפני אלקיו בברכת שומע תפילה, כי הוא שומע תפילת כל פה, בין ראוי בין אינו ראוי.

וכתב בזוהר פרשת פנחס (ח"ג רלא, א) שטעם הוידוי הוא, שהבעלי דינים והמקטרגים אינם יכולים לקטרג עליו אחר שהקדים והודה על חטאיו, עיין שם:

Dans le Zohar, paracha Balak (III, 195b), il est écrit: Ensuite, qu'il se place parmi les hassidim (pieux), dans la bénédiction Chomea Tefila (Écoute la prière), pour détailler ses fautes; car c'est ainsi qu'un particulier doit agir dans Chomea Tefila, afin de s'attacher à la droite tendue pour accueillir ceux qui reviennent, et alors il est appelé hassid. Fin de citation.

Afin de s'attacher, etc., signifie: afin de s'attacher au côté du 'hessed (bonté), pour qu'il lui fasse du bien. Car, dans la bénédiction Chomea Tefila, l'homme peut demander tous ses besoins, en toute chose, qu'ils soient ceux d'un particulier ou de la collectivité, et se confesser de tout ce qui lui est arrivé depuis son existence; il peut le détailler, s'en confesser et prier à son sujet devant son Dieu dans la bénédiction Chomea Tefila, car Il entend la prière de toute bouche, qu'elle soit digne ou indigne.

Et le Zohar, paracha Pinehas (III, 231a), écrit que la raison de la confession est que les parties adverses au jugement et les accusateurs ne peuvent l'accuser après qu'il les a devancés en reconnaissant ses fautes; voir là-bas:

בזוהר פרשת וישלח (ח"א קסט, ב) הצילני נא מיד אחי מיד עשו, מכאן מאן דצלי צלותיה דבעי לפרשא מילוי כדקא יאות, עד כאן. הרי כשמבקש האדם מהשם יתברך איזה ענין, יסדר בקשתו בדברים מבוררים, וכדמות שמצינו באורים ותומים, כשהיו שואלים בדברים סתומים באה התשובה סתומה, כמה שכתוב בפלגש בגבעה (שופטים כ, יח-כה):

Dans le Zohar, paracha Vayichlah (I, 169b), il est écrit: Sauve-moi, de grâce, de la main de mon frère, de la main d'Esav (Genèse 32,12). D'ici, celui qui prie doit préciser ses paroles comme il convient.

Fin de citation. Ainsi, lorsqu'un homme demande au Nom, béni soit-Il, quelque chose, il doit disposer sa demande en paroles claires, à l'exemple de ce que nous trouvons avec les Ourim ve-Toumim (oracles sacerdotaux): lorsqu'on les interrogeait avec des paroles obscures, la réponse venait obscure, comme il est écrit au sujet de la concubine de Guivea (Juges 20,18-25):

מבואר בפרדס בשער מהות והנהגה פרק י"ט, כשישראל מגיעים לעמידה בשים שלום, אז מעוררים זיווג העליון. וכן נתבאר בזוהר פרשת תרומה (ח"ב קכח, ב) וזה לשונו, כיון דמטו לשים שלום, כדין עביד שמושא ההוא נהר דנפיק מעדן באידרא דא, וכדין בעאן כולא לנפקא מקמי מלכא, ולא אצטריך בר נש ולא אחרא לאשתכחא תמן, ולא למשאל שאלתין, אלא אצטריך למנפל על אנפין.

מאי טעמא, בגין דההוא שעתא דשמושא הוה, ובעי כל בר נש למכסף קמי ולחפיא אנפוי בכסופא סגי, ולאכללא נפשיה בההוא שמושא דנפשין, דאתכליל ההיא אידרא מעילא ומתתא בנפשין ורוחין, עד כאן לשונו לעניינינו. על כן ראוי לאדם לכוון מאוד בברכה זו ולהתדבק בדביקות העליון:

Il est expliqué dans le Pardes, porte de l'Essence et de la Conduite, chapitre XIX, que lorsque Israël arrive, dans la Amida (prière debout), à Sim Chalom (Mets la paix), il éveille le zivoug supérieur (union). De même, le Zohar, paracha Terouma (II, 128b), explique: Lorsqu'ils arrivent à Sim Chalom, alors ce fleuve qui sort d'Éden accomplit son union avec cette assemblée; alors tous doivent sortir de devant le Roi, et aucun homme ni aucun autre ne doit s'y trouver, ni poser de questions; il faut tomber sur son visage.

Pourquoi? Parce que c'est l'heure de l'union, et tout homme doit avoir honte devant son Maître et couvrir son visage d'une grande honte, et inclure son âme dans cette union des âmes, dans laquelle cette assemblée est incluse d'en haut et d'en bas, dans les âmes et les esprits.

Fin de citation pour notre sujet. C'est pourquoi il convient à l'homme d'avoir une très grande intention dans cette bénédiction et de s'attacher à l'union supérieure:

ואחר כך נפילת אפים, ובזוהר פרשת ויקהל (ח"ב ר, ב) היה רבי חייא בשם הרשב"י אומר לרבי אבא תקונין דתפילה, ובתקון נפילת אפים אמר, וכדין אצטריך למנפל על אנפוי, ולממסר נפשיה בגו אינון נפשין דאיהו נקטה, דהא כדין צרורא דחיי איהו כדקא יאות. מלה דא שמענא ברזא דבוצינא קדישא, ולא אתיהיב לי רשות לגלאה בר לכו חסידים עליונים.

ואי בההוא שעתא דאיהו נקטא נפשין ורוחין ברעו' דדבוקא חדא, אי איהו ישוי לביה ורעותא לדא, ויהיב נפשיה בדבקותה, אי אתקבלית כההוא דאינון נפשין ורוחין ונשמתין דאיהי נקטא, האי איהו בר נש דאיצתריר בצרורא דחיין בהאי עלמא ובעלמא דאתי. ותו דבעייא לאתכללא מכל סטרין מלכא ומטרוניתא ומעילא ומתתא, ולאתעטרא בנשמתהון בכל סטרי, ואתעטרא בנשמתין דלעילא ואתעטרא בנשמתין דלתתא, ואי בר נש יכוין לביה ורעותיה לכל דא, וימסר נפשיה מתתא בדבקותא ברעותא כמה דאתמר, עד כאן לשונו לענינינו:

Puis vient la Néfilat Apayim (prosternation du visage). Dans le Zohar, paracha Vayakhel (II, 200b), Rabbi Hiyya, au nom de Rabbi Shimon bar Yohai, exposait à Rabbi Abba les tikounim (ordonnancements) de la prière; et, dans le tikoun de la Néfilat Apayim, il disait: Alors, il faut tomber sur son visage et remettre son nefech (âme vitale) parmi ces nefachot qu'Elle recueille; alors il est dans le faisceau de vie comme il convient.

J'ai entendu cette parole dans le secret de la Boutsina Kadisha (Lampe sainte), et il ne m'a pas été donné la permission de la révéler, sauf à vous, hassidim supérieurs. Et si, à ce moment où Elle recueille les nefachot et les rouhot (esprits) dans la volonté d'une seule adhésion, il applique son cœur et sa volonté à cela et remet son nefech dans son adhésion, si elle est recueillie comme ces nefachot, rouhot et nechamot (âmes supérieures) qu'Elle recueille, cet homme est lié dans le faisceau de vie en ce monde et dans le monde à venir.

De plus, il doit être inclus de tous côtés, dans le Roi et la Matronita (la Matrone), d'en haut et d'en bas; et être paré de leurs nechamot de tous côtés, des nechamot d'en haut et des nechamot d'en bas. Et si un homme oriente son cœur et sa volonté vers tout cela et remet son nefech d'en bas dans l'adhésion, avec intention, comme il est dit...

Fin de citation pour notre sujet:

ואומרים ואנחנו לא נדע וגו', והטעם לפי שהתפללנו בכל ענין שיוכל אדם להתפלל, בישיבה ובעמידה ובנפילת אפים, כאשר עשה משה רבינו ע"ה, דכתיב (דברים ט, ט) ואשב בהר, וכתיב (שם י, י) ועמדתי בהר וגו', ואתנפל לפני ה' (שם ט, כה), ומאחר שאין בנו כח להתפלל בענין אחר, אנו אומרים ואנחנו לא נדע. וראיתי שליח ציבור אחד שהיה שליח ציבור הגון במאוד, והיה מנהגו לומר אלו התיבות ואנחנו לא נדע מה נעשה בקול רם, ואנחנו לא נדע אמר בישיבה, מה נעשה אמר בעמידה, והיה אומר שכן קבלה בידו:

Et l'on dit: Et nous ne savons pas quoi faire (2 Chroniques 20,12). La raison en est que nous avons prié de toute manière dont l'homme peut prier: assis, debout et face contre terre, comme l'a fait Moché notre maître, que la paix soit sur lui, ainsi qu'il est écrit: Et je demeurai assis sur la montagne (Deutéronome 9,9); et: Et je me tins sur la montagne, etc.

(Deutéronome 10,10); et: Je me prosternai devant le Nom (Deutéronome 9,25). Puisque nous n'avons pas en nous la force de prier d'une autre manière, nous disons: Et nous ne savons pas.

J'ai vu un chalia'h tsibbour (officiant) qui était très digne; il avait coutume de dire à haute voix ces mots: Et nous ne savons pas ce que nous ferons. Il disait Et nous ne savons pas assis; ce que nous ferons debout; et il disait qu'il avait reçu cette tradition:

משנה שלימה שנינו בפרק מי שמתו (ברכות כ, א), נשים ועבדים וקטנים פטורין מקריאת שמע ומן התפילין, וחייבים במזוזה ובתפילה ובברכת המזון. ויען שהרבה נשים אינן נזהרין, על כן באתי לזרז, למדו את בנותיכם:

Une Michna (enseignement de la Loi orale) explicite nous enseigne dans le chapitre Mi Chemetou (Berakhot 20a): Les femmes, les esclaves et les mineurs sont exempts de la récitation du Chema (proclamation de foi) et des tefillin (phylactères), et sont astreints à la mezouza (parchemin fixé au montant), à la prière et à la Birkat Hamazon (bénédiction après le repas). Puisque beaucoup de femmes ne sont pas scrupuleuses à ce sujet, je suis venu exhorter: enseignez à vos filles:

זה לשון הטור סימן ק"ד, ירושלמי, המתפלל ואינו יודע אם הזכיר גשם אם לא, קודם שלושים יום חזקה מה שהוא למוד מזכיר, מכאן ואילך מה שצריך מזכיר. הלכך, עד שלושים יום אם ספק לו אם הזכירו או לאו, צריך לחזור דמסתמא לא הזכיר, והוא הדין נמי שלושים יום אחר הפסח מסתמא הזכיר וצריך לחזור.

והר"ם מרוטנבור"ק היה רגיל לומר בשמיני עצרת ברכת אתה גבור תשעים פעמים עד משיב הרוח ומוריד הגשם, כנגד שלושים יום שאומר אותו שלוש פעמים בכל יום, ועכשיו אם היה מסופק אין צריך לחזור. וראייתו מפרק כיצד הרגל (ב"ק כד, א) דאמר גבי שור המועד, ריחק נגיחותיו חייב, קירב נגיחותיו לא כל שכן, הכא נמי כיון דאחר שלשים יום אם הוא מסופק אין צריך לחזור, כל שכן תשעים פעמים ביום אחד.

והר"ר פרץ ז"ל כתב לא חזינא לרבנן קשישי דצרפת דעבדי הכי, שאין הנדון דומה לראיה, דהתם טעמא משום שהוחזק ליגח, ואם הוחזק שלוש רחוקות כל שכן שלוש קרובות, אבל הגשם שנתקן בתפילה והדבר תלוי בהרגל לשונו לא אמרינן הכי. ואדוני אבי ז"ל היה נוטה לסברת הר"ר מאיר, עד כאן לשונו.

וכן ראוי לנהוג. אבל לנהוג בראשון של פסח לומר תשעים פעמים אתה גבור בדילוג משיב הרוח כדי שבאם יהיה אחר כך מסופק אם אמרו או לא אמרו, שנאמר בודאי לא אמרו, זה אין נראה.

דבשלמא בעשיית מעשה דהיינו עקימת שפתיו שאומר תשעים פעמים משיב הרוח בשמיני עצרת, הוא מסתבר כדברי מהר"ם, אמנם בשב ואל תעשה, דהיינו לומר תשעים פעמים אתה גבור בפסח ולדלג משיב הרוח, זה אינו כלוםהגה"ה[הנה לכאורה יש להקשות על זה, הלא בשלשים יום הם יותר מתשעים תפילות, דהא יש בהן מוספין של שבתות ושל ראש חודש חשון. (ונראה ד) סבירא ליה למהר"ם מאחר דהירושלמי מסתם סתים דבריו, שמע מינה דסבירא ליה דסגי בשלשים יום אף לר' אליעזר בן עזריה, דתנן בפרק תפילת השחר דסבירא ליה דאין תפילת המוספים אלא בחבר עיר, ונמצא לדידיה בשלשים יום אינם אלא צ' תפלות וק"ל.

אמנם עדיין יש להקשות על הראיה שהביא מהר"ם, דזה אינו אלא לדברי ר' מאיר, אבל ר' יודא פליג שם ואפסיקא הלכתא כר' יודא. ויש לומר דר' יודא לא פליג על רבי מאיר על הסברא שלו, רק מדרש הפסוקים מכריחנו והוי כגזירת הכתוב, ועיין שם בסוגיא הפלפול שבין ר' יודא לר' מאיר]:

Voici les termes du Tour, section 104: le Yeroushalmi (Talmud de Jérusalem) dit: Celui qui prie et ne sait pas s'il a mentionné la pluie ou non, pendant les trente premiers jours, la présomption est qu'il mentionne ce à quoi il est habitué; à partir de là, il mentionne ce qui est requis. Par conséquent, durant ces trente jours, s'il doute de l'avoir mentionnée ou non, il doit recommencer, car, par présomption, il ne l'a pas mentionnée.

De même, durant les trente jours après Pessa'h, il est présumé l'avoir mentionnée et doit recommencer. Le Maharam de Rothenburg avait coutume, à Chemini Atseret, de dire quatre-vingt-dix fois la bénédiction Tu es puissant, jusqu'aux mots Tu fais souffler le vent et tomber la pluie, en contrepartie des trente jours pendant lesquels on la dit trois fois chaque jour; dès lors, s'il doute, il n'a pas besoin de recommencer.

Sa preuve vient du chapitre Comment est la patte (Bava Kama 24a), où il est dit à propos du bœuf légalement établi comme dangereux: s'il a espace ses encornements, il est responsable; s'il les a rapprochés, à plus forte raison. De même ici, puisque, après trente jours, s'il doute, il n'a pas besoin de recommencer, à plus forte raison après quatre-vingt-dix répétitions en un seul jour.

Rabbi Perets, de mémoire bénie, a écrit: Nous n'avons pas vu les anciens rabbins de France agir ainsi, car le cas jugé n'est pas analogue à la preuve invoquée. Là-bas, la raison est qu'il a acquis la présomption d'encorner; et s'il l'a acquise par trois encornements espacés, à plus forte raison par trois encornements rapprochés.

Mais, pour la pluie instituée dans la prière, la chose dépend de l'habitude de sa langue; nous ne disons pas ainsi. Mon seigneur, mon père, de mémoire bénie, penchait pour l'avis de Rabbi Meir.

Fin de citation. Et telle est la conduite convenable.

Mais adopter, le premier jour de Pessa'h, la pratique de dire quatre-vingt-dix fois Tu es puissant en omettant Tu fais souffler le vent, afin que, s'il doute ensuite de l'avoir dite ou non, on puisse dire avec certitude qu'il ne l'a pas dite, cela ne paraît pas juste. Car, lorsqu'il y a accomplissement d'un acte, c'est-à-dire un mouvement des lèvres, et qu'il dit quatre-vingt-dix fois Tu fais souffler le vent à Chemini Atseret, les paroles du Maharam sont plausibles.

Mais dans le fait de s'abstenir d'agir, c'est-à-dire dire quatre-vingt-dix fois Tu es puissant à Pessa'h en omettant Tu fais souffler le vent, cela ne vaut rien. Note marginale: Voici, on peut apparemment objecter à cela: pendant trente jours, il y a plus de quatre-vingt-dix prières, puisqu'il s'y trouve les offices supplémentaires des Chabbats et de la nouvelle lune de Hechvan.

Il semble que le Maharam pense que, puisque le Yeroushalmi formule ses paroles sans précision, il faut en déduire qu'il estime que trente jours suffisent même selon Rabbi Elazar ben Azariah; car nous avons appris au chapitre La prière de l'aube qu'il estime que l'office supplémentaire n'est récité que dans une communauté, et il s'ensuit que, selon lui, dans trente jours il n'y a que quatre-vingt-dix prières, et cela est facile à comprendre. Toutefois, on peut encore objecter à la preuve apportée par le Maharam: elle ne vaut que selon Rabbi Meir, tandis que Rabbi Yehouda y est en désaccord et que la loi a été tranchée selon Rabbi Yehouda.

On peut dire que Rabbi Yehouda ne conteste pas le raisonnement de Rabbi Meir, mais que l'interprétation des versets nous y contraint et qu'il s'agit d'une prescription imposée par l'Écriture; voir, dans cette souguia, la controverse entre Rabbi Yehouda et Rabbi Meir:

ענין ספר תורה וענין בית הכנסת

Du rouleau de la Torah et de la synagogue.

כתב מהרי"ל סוף הלכות סוכה, הנוטל ספר תורה, נוטל על זרועו דימין, שנאמר (דברים לג, ג) מימינו אש דת למו, עד כאן לשונו. על כן לא יאות עבדי אותן החזנים שנושאים התורה בשמאלם:

Le Maharil (Rabbi Yaakov Moellin) écrit, à la fin des lois de Soukkah: Celui qui prend un rouleau de la Torah le porte sur son bras droit, comme il est dit: De Sa droite, un feu de loi pour eux (Deutéronome 33,3). Fin de citation.

C'est pourquoi les officiants qui portent la Torah sur leur bras gauche n'agissent pas comme il convient:

לשון רמ"א בטור אורח חיים סימן מ"ח, ונהגו המדקדקים להתנועע בשעה שקורין בתורה דוגמת התורה שנתנה ברתת, וכן בשעה שמתפללים על שם כל עצמותי תאמרנה ה' מי כמוך (תהלים לה, י). ואם זה בשעה שקורא פרשת התמיד מתוך סידור שלו, ק"ו בעת קריאתו בספר תורה:

Voici la formulation du Rema (Rabbi Moché Isserles) dans le Tour, Ora'h 'Hayim, section 48: Les scrupuleux ont coutume de se balancer lorsqu'ils lisent dans la Torah, à l'image de la Torah qui fut donnée dans le tremblement; de même, lorsqu'ils prient, en référence à: Tous mes os diront: le Nom, qui est comme Toi? (Psaumes 35,10).

Si cela vaut lorsqu'il lit le passage du Tamid (sacrifice quotidien) dans son livre de prières, à plus forte raison lorsqu'il lit dans un rouleau de la Torah:

כתב הטור סימן קמ"ו, גרסינן בפ"ק דברכות (ח, א) ועוזבי ה' יכלו, זה המניח ספר תורה כשהוא פתוח ויוצא. ואפי' בין פסוק לפסוק אסור לצאת.

אבל בין גברא לגברא שפיר דמי. גרסינן בפרק ואלו נאמרין (סוטה לט, א), כיון שנפתח ספר תורה אסור לספר אפילו בדברי תורה, שנאמר (נחמיה ח, ה) ובפתחו עמדו כל העם.

ואין עמידה אלא שתיקה שנאמר כי עמדו ולא ענו עוד כו'. זה לשון הבית יוסף, כתב הר"ר יונה בפ"ק דברכות דאע"ג דמותר למיפק בין גברא לגברא לדבר אסור כדאמרינן כיון שנפתח ספר תורה אסור לספר ואע"פ שסוגרים הספר בנתים אפ"ה אסור שלא אמרו כל זמן שיהי' פתוח אלא כיון שנפתח דמשמע דמשעה שנפתח הפעם הראשונה אסור לספר כלל עד שיסיימו כל הפרשה, עד כאן לשונו.

ונראה דטעמא משום דאיכא למיחש שמא ימשך הדיבור אף בשעה שקורים ומיהו נראה דלא מיתסר לדבר מעת שנפתח ממש אלא מעת שיתחיל הקורא לקרות וכך הם דברי הרמב"ם ז"ל עכ"ל. ואם אסור לדבר אפילו בין גברא לגברא אע"פ שהספר סגור, א"כ מה יענו ליום הדין הגדול אותן שמספרים בשעת הקריאה אוי להם ולנפשותם.

והזוהר (ח"ב רו, א) האריך מאוד בענשם ע"כ הנשארים ישמעו וייראו. ויהיה עינם ולבם אל קריאת החזן לשמוע כל מלה ומלה מה שקורא בס"ת וכבר כתבתי לעיל במסכת שבת שהפרשה יעבור שנים מקרא וא' תרגום מע"ש ובשעת הקריאה ישמע להש"ץ וכן הוא מנהג ספרדיים שאינם מביאים שום חומש לבית הכנסת וכולם יושבים ושותקים ושומעים להש"ץ וישר בעיני.

ויש מתירין לגרוס בלחש ויש אומרים שאם יש עשרה דצייתי לס"ת מותר לספר (בדברי תורה) ויש מתירים למי שתורתו אומנתו ויש מתירים למי שקודם שנפתח ספר תורה מחזיר פניו ומראה עצמו שאינו רוצה לשמוע ספר תורה אלא לקרות ומתחיל לקרות, ולקרות שנים מקרא ואחד תרגום בשעת קריאת התורה שרי. וכל זה אינו ענין לפרשת זכור ופרשת פרה שהם בעשרה מדאורייתא שצריך לכוין ולשמעם מפי הקורא.

והנכון שבכל הפרשיות ראוי למדקדק בדבריו לכוין דעתו ולשמעם מפי הקורא. כל זה מבואר בבית יוסף.

הקורא בתורה פותח ברכו את ה' המבורך וכתב הר"ר נתן ז"ל וצריך שיאמר ברכו בקול רם כדי להוציא אותם שלא שמעוהו ועוד שאין לאומרו כי אם בעשרה ואם אמרו בלחש הוי יחיד ולא הועיל, גם אותם שלא שמעוהו ושומעין אומרים ברוך ה' המבורך אין להם לומר כך מאחר שלא שמעו הברכה אלא כשסיים החזן לעולם ועד אומר אמן כדאמרינן גבי ברכת המזון (ברכות מה, ב) שאם בא אחד ומצא שמברכין נברך שאכלנו אומר ברוך שם כבוד מלכותו וכו', בא כשהוא אומר ברוך הוא שאכלנו אומר אמן. ע"כ טוב לאומרם בקול רם ואע"פ שאומר ברכו אינו כמוציא עצמו מן הכלל כיון שאמר המבורך והר"ר יודא הברצלוני כתב בשם רב סעדי' גאון אע"פ שאומר המבורך ולא הוציא את עצמו מן הכלל צריך להחזיר בעצמו לגמרי ולומר ברוך ה' המבורך מידי דהוה אברכת המזון שאע"פ שאמר נברך שאכלנו משלו צריך לחזור למקום שפסק ולומר ברוך הוא שאכלנו משלו ובטובו חיינו.

ומנהג הספרדיים שאומר המברך ברוך ה' המבורך כו' בקול רם ולא בלחש ומנהג יפה הוא. ואח"כ חוזר ומברך אשר בחר בנו ומנהג שהחזן עונה אמן קודם שיתחיל לקרות בקול רם כדי שיבינו הקהל וישמעו כשמתחיל לקרות מהר"ם (סימן קלח, א).

וכל העולה לקרות בתורה פותח בדבר טוב ומסיים בדבר טוב מיימונ"י פרק שלשה עשר. וכשישלים לקרות גולל ס"ת ומברך מיימוני פ"ב ובמרדכי ובכלבו.

ומטבע של ברכה אחרונה כך הוא אשר נתן לנו תורת אמת וחיי עולם נטע בתוכינו פי' תורת אמת היא תורה שבכתב וחיי עולם נטע בתוכינו היא תורה שבעל פה דכתיב (קהלת יב, יא) דברי חכמים כדרבונות וכמסמרות נטועים לאפוקי מאותן האומרים ולחיי עולם נטעה בתוכינו. ושתי ברכות אלו יש בהם מ' תיבות כנגד מ' ימים שעמד משה בהר.

וא"ת למה ברכה אחרונה פותחת בברוך כיון שהיא סמוכה לברכה ראשונה דקריאת התורה לא הוי הפסק כדאשכחן בברכת ק"ש ובברוך שאמר וישתבח. תרצוהו התוס' בפרק ג' שאכלו שהטעם לפי שהיו רגילים שלא מברכים רק הראשון ברכה ראשונה והאחרון ברכה אחרונה ואיכא הפסק גדול בין ראשון לאחרון שוב תקנו לכל אחד ואחד ב' משום הנכנסים והיוצאים ולא זזה ממקומה:

Le Tour écrit, section 146: Nous apprenons au premier chapitre de Berakhot (8a): Ceux qui abandonnent le Nom périront (Isaie 1,28); il s'agit de celui qui laisse le rouleau de la Torah alors qu'il est ouvert et sort. Même entre un verset et un autre, il est interdit de sortir; mais entre un appelé et un autre, cela est permis.

Nous apprenons au chapitre Vé-eleh Né'émarin (Sotah 39a): Dès qu'un rouleau de la Torah a été ouvert, il est interdit de parler, même de paroles de Torah, comme il est dit: Lorsqu'il l'ouvrit, tout le peuple se tint debout (Nehemie 8,5). Or, se tenir debout ne signifie ici que le silence, comme il est dit: Ils se tinrent et ne répondirent plus (Job 32,16), etc.

Voici les paroles du Bait Yosef: Rabbi Yonah a écrit au premier chapitre de Berakhot que, bien qu'il soit permis de sortir entre un appelé et un autre, il est interdit de parler, comme nous l'avons dit: dès qu'un rouleau de la Torah a été ouvert, il est interdit de parler. Même s'ils ferment le rouleau entre-temps, cela reste interdit, car ils n'ont pas dit tant qu'il est ouvert, mais dès qu'il a été ouvert; ce qui implique que, depuis l'instant où il a été ouvert la première fois, il est absolument interdit de parler jusqu'à ce qu'ils aient achevé toute la section.

Fin de citation. Il semble que la raison soit la crainte que la parole se prolonge même pendant la lecture.

Cependant, il semble que parler ne soit pas interdit dès l'instant même où le rouleau est ouvert, mais à partir du moment où le lecteur commence à lire; et telles sont les paroles de Maimonide. Et si parler est interdit, même entre un appelé et un autre, bien que le rouleau soit fermé, que répondront au grand jour du jugement ceux qui parlent pendant la lecture?

Malheur à eux et à leurs âmes. Le Zohar (II, 206a) s'étend très longuement sur leur punition; c'est pourquoi, que ceux qui restent entendent et craignent.

Que leurs yeux et leur cœur soient tournés vers la lecture de l'officiant, afin d'entendre chaque mot de ce qu'il lit dans le rouleau de la Torah. J'ai déjà écrit plus haut, dans le traité Chabbat, qu'il doit lire la section deux fois dans le texte et une fois dans le Targoum (traduction araméenne) dès la veille de Chabbat; et, pendant la lecture, il écoutera l'officiant.

Telle est aussi la coutume des Séfarades: ils n'apportent aucun Houmach (Pentateuque imprimé) à la synagogue, mais tous s'assoient, se taisent et écoutent l'officiant; et cela est droit à mes yeux. Certains permettent d'étudier à voix basse; certains disent que, s'il y a dix personnes attentives au rouleau de la Torah, il est permis de parler de paroles de Torah; certains le permettent à celui dont l'étude de la Torah est le métier; et certains le permettent à celui qui, avant l'ouverture du rouleau de la Torah, tourne son visage et montre qu'il ne veut pas écouter le rouleau de la Torah mais étudier, puis commence à étudier.

Il est permis de lire deux fois le texte et une fois le Targoum pendant la lecture de la Torah. Tout cela ne concerne pas les sections Zakhor et Parah, qui doivent être lues à dix selon la Torah: il faut y porter son intention et les entendre de la bouche du lecteur.

Et la conduite juste est que, dans toutes les sections, celui qui est soigneux en cela applique son attention et les entende de la bouche du lecteur. Tout cela est expliqué dans le Bait Yosef.

Le lecteur de la Torah commence par: Benedissez le Nom béni. Rabbi Nathan a écrit qu'il doit dire Benedissez à voix haute afin de rendre quittes ceux qui ne l'ont pas entendu.

En outre, on ne peut le dire qu'en présence de dix personnes; si on le dit à voix basse, on est seul et cela n'a aucun effet. Et ceux qui ne l'ont pas entendu et entendent les autres dire Béni soit le Nom béni ne doivent pas le dire ainsi, puisqu'ils n'ont pas entendu la bénédiction.

Mais lorsque l'officiant achève par à jamais, ils disent Amen, comme nous le disons à propos de la Birkat Hamazon (Berakhot 45b): si quelqu'un arrive et trouve qu'ils bénissent Benedissons Celui dont nous avons mangé, il dit Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume, etc.; s'il arrive lorsqu'il dit Béni soit Celui dont nous avons mangé, il dit Amen. Il est donc bon de les dire à voix haute.

Bien qu'il dise Benedissez, il ne s'exclut pas du groupe puisqu'il dit le béni. Rabbi Yehouda de Barcelone a écrit au nom de Rav Saadia Gaon que, bien qu'il dise le béni et ne s'exclue pas du groupe, il doit lui-même le répéter intégralement et dire Béni soit le Nom béni, de la même manière que pour la Birkat Hamazon: bien qu'il ait dit Benedissons Celui dont nous avons mangé, il doit reprendre à l'endroit où il s'est arrêté et dire Béni soit Celui dont nous avons mangé et par Sa bonté nous vivons.

La coutume des Séfarades est que celui qui bénit dit Béni soit le Nom béni, etc., à voix haute et non à voix basse; c'est une belle coutume. Ensuite, il reprend et bénit: Celui qui nous a choisis.

Et la coutume veut que l'officiant réponde Amen avant de commencer à lire à voix haute, afin que l'assemblée comprenne et entende lorsqu'il commence à lire, selon le Maharam (section 138,1). Quiconque monte pour lire la Torah commence par une bonne chose et termine par une bonne chose, selon Maimonide, chapitre treize.

Lorsqu'il a achevé de lire, il roule le rouleau de la Torah et bénit, selon Maimonide, chapitre deux, ainsi que le Mordekhai et le Kolbo. La formule fixe de la bénédiction finale est: Qui nous a donné une Torah de vérité et a planté en nous une vie éternelle.

Cela signifie: une Torah de vérité est la Torah écrite, tandis que a planté en nous une vie éternelle est la Torah orale, comme il est dit: Les paroles des sages sont comme des aiguillons et comme des clous plantés (Qohelet 12,11); à l'exclusion de ceux qui disent: Et, pour une vie éternelle, Il a planté en nous. Ces deux bénédictions comptent quarante mots, correspondant aux quarante jours pendant lesquels Moché se tint sur la montagne.

Et si l'on demande pourquoi la bénédiction finale commence par Béni, alors qu'elle est attenante à la première bénédiction, la lecture de la Torah ne constitue pas une interruption, comme nous le trouvons dans les bénédictions du Chema et dans Baroukh Chéamar et Yichtabah. Les Tossefot (gloses talmudiques) l'ont expliqué dans le troisième chapitre, Ceux qui ont mangé: la raison est qu'ils avaient coutume de ne faire dire la première bénédiction qu'au premier lecteur et la bénédiction finale qu'au dernier; il y avait donc une grande interruption entre le premier et le dernier.

Ensuite, ils instituèrent deux bénédictions pour chacun, à cause de ceux qui entrent et de ceux qui sortent, et elle ne quitta pas sa place:

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