Ce passage poursuit le Kaddich. Le Chla enseigne que « Veyitbara'h » vise la formule jusqu'à « de-amiran be-alma », comme « mais nous avons péché » vise tout le vidouy. « Mevara'h » est l'araméen, et « le-alam » se vocalise comme dans le Targoum de Daniel. Il recopie son frère Rabbi Yaakov Segal : Amen après une bera'ha de mitsva ou de louange affirme que la louange est vraie ; Amen après une demande demande que D.ieu accomplisse la parole. On sépare Amen de « yehe chemeh rabba », et entre Yichtaba'h et Yotser Or on n'interrompt pas. La tefila se dit en pauvre : la prière du pauvre précède toutes les autres.
Aussi : toutes les portes sont fermées, sauf les portes des larmes ; Cha'harit, Min'ha et Arvit répondent à l'ascension, à la stabilité et à la descente.
והנה טועים העולם וסוברים דבאמירת תיבת ויתברך לבד די, אלא רצו לומר כל הנוסח של יתברך וישתבח כו' עד דאמירן בעלמא. וכן הוא בבית יוסף סימן נ"ו שמהררי"א מצא כתוב, אם יאמר יתברך צריך להשלים הקדיש ולא יאמר אחריו אמן, שמה שהחזן אומר ואמרו אמן הוא אזהרה לכל יחיד שאם הגיע הש"ץ עד דאמירן בעלמא שיאמר אחריו אמן כו'.
וכן מצאתי בספר קבלה כתיבת יד וזה לשונו, גם ירגיל עצמו לומר בנשימה אחת מן אמן יהא שמיה רבה כו' עלמיא ויתברך וישתבח ויתפאר כו' הכל בווי"ן שמונה עד ואמרו, ולא ואמרו בכלל שהוא כ"ח תיבות, ומנין כ"ח נגד יד ימין ויד שמאל שבהן כ"ח פרקים. יד ימין ה' אלקינו ה', יד שמאל כוז"ו במוכס"ז כוז"ו עד כאן מצאתי.
הרי מה שאמרו ויתברך רצו בו כל הנוסח, הא למה זה דומה לענין האמור עיקר הוידוי אבל אנחנו חטאנו, טועים העולם וסוברים שרצו בו אלו ג' תיבות, ואינו כן, אלא רצו בו כל הנוסח של אשמנו, כי אבל הוא התחלת הענין אבל אנחנו חטאנו אשמנו בגדנו גזלנו כו', ואתה צדיק וכו', וכן תמצא בדפוס סדורי הספרדיים, אבל כתב בכתיבה גסה, ואח"כ בכתיבה קטנה עד גמר הוידוי וכתבתי זה במקום אחר:
Or, le monde se trompe et croit qu'il suffit de dire le seul mot 'Véyitbarakh'; mais ils entendaient toute la formule 'Véyitbarakh véyishtabah', etc., jusqu'à 'de-amiran be-alma'. Il en est ainsi dans le Beit Yosef, section 56, où Rabbi Yitzhak Abouhav trouva écrit: si l'on dit 'Véyitbarakh', il faut achever le Kaddish (prière de sanctification) et ne pas dire Amen après lui; car ce que le hazzan (chantre) dit, 've-imrou Amen', avertit chaque particulier que, lorsque le chalia'h tsibbour (officiant) est parvenu à 'de-amiran be-alma', il doit dire Amen après lui, etc.
J'ai aussi trouvé dans un livre manuscrit de Kabbale (tradition mystique): 'Qu'il s'habitue aussi à dire d'une seule respiration, depuis Amen yehe shemeh rabba, etc., jusqu'à almaya, véyitbarakh, véyishtabah, véyitpa'ar, etc., le tout avec huit vav (lettres v) jusqu'à ve-imrou, sans compter ve-imrou, ce qui fait vingt-huit mots; le nombre vingt-huit correspond à la main droite et à la main gauche, qui ont vingt-huit articulations. Main droite: ה' Élokénu ה'; main gauche: Kouzou Bemoukhsaz Kouzou (כוזו במוכסז כוזו).' Fin de ce que j'ai trouvé.
Ainsi, lorsqu'ils ont dit 'Véyitbarakh', ils visaient toute la formule. À quoi cela est-il comparable?
À ce qui est dit sur l'essentiel du vidouy (confession): 'Mais nous avons péché.' Le monde se trompe et croit qu'on vise ces trois mots, mais il n'en est pas ainsi: on vise toute la formule de 'Ashamnou', car 'mais' est le commencement de la chose: 'Mais nous avons péché; nous avons été coupables, nous avons trahi, nous avons volé', etc., et 'Tu es juste', etc. Tu le trouveras également dans les siddourim séfardis imprimés: 'mais' est écrit en grands caractères, puis en petits caractères jusqu'à la fin du vidouy.
J'ai écrit cela ailleurs:
נוסח יהא שמיה רבא מברך לעלם לעלמי עלמיא. מברך קמץ תחת הבי"ת ולא מבורך, כי מבורך הוא לשון הקודש, מברך לשון תרגום, והקדיש נתקן בלשון תרגום.
גם קבלתי תיבת לעלם נקוד שו"א תחת למ"ד וקמ"ץ תחת עי"ן ופת"ח תחת למ"ד, כי כן נקוד תיבת לעלם בתרגום של דניאל, אף שבתרגום חומש אינו כן, הוא טעות ולא מדויק, אבל בדניאל הוא מדויק:
La formule (nusah) est: 'Yehe shemeh rabba mevarakh le-alam ule-almei almaya.' 'Mevarakh' prend un qamats (voyelle a) sous le bet, et non 'mevorakh', car 'mevorakh' est en lashon ha-kodech (langue sainte), tandis que 'mevarakh' est en araméen; le Kaddish fut établi en araméen. J'ai aussi reçu la tradition que le mot 'le-alam' est vocalisé d'un sheva (voyelle réduite) sous le lamed, d'un qamats sous l'ayin et d'un patah (voyelle a brève) sous le lamed; car c'est ainsi que 'le-alam' est vocalisé dans le Targoum (traduction araméenne) de Daniel.
Bien que cela ne soit pas ainsi dans le Targoum du Pentateuque, c'est une erreur et ce n'est pas exact; mais dans Daniel, c'est exact:
והנה בפירוש תיבת אמן אינה שוה תמיד ומשתנה פירושו לפי עניינו. וכל מה שהייתי חושב בפירושיו מיום היותי לאיש כוונתי לדעת אחי הגדול החסיד מהרי"ל יצ"ו במה שכתב בהגהות יש נוחלין והנאני הדברים האלה והנה אעתיק לשונו.
והנה בפירוש וכוונת מלת אמן יש פנים שונות, על כן צריכין אנחנו להודיע לתועי רוח בינה כדי שלא יצא שכרם בהפסדם:
Or le sens du mot 'Amen' n'est pas toujours le même, mais varie selon le contexte. Toutes les explications que j'avais conçues depuis que je suis devenu homme correspondaient à celles de mon frère aîné, le pieux Rabbi Yaakov Segal, que son Rocher le protège et le maintienne en vie, dans les gloses qu'il écrivit sur Yech Nohalin; ces paroles m'ont plu.
Je vais en recopier les termes. Le sens et l'intention du mot 'Amen' ont diverses faces; il faut donc faire connaître le discernement à ceux dont l'esprit erre, afin que leur récompense ne tourne pas à leur perte:
ותחילה נקדים ונאמר שהברכות כולם הם נחלקים למחלוקות, יש מהם ברכות המצוה, כגון ברכת על נטילת ידים וציצית ותפילין ודומיהם. והכלל, כל מקום שנוסח שלהם אשר קדשנו במצותיו וצונו שכוונת הברכות הללו הוא שאנחנו מברכין לשמו ית' על כל טוב אשר גמלנו שטהר וקדש אותנו במצותיו הקדושות שהם קיום העולמות כנודע.
ועל ידיהם אנו נקראים קדושים ונתקדש גופינו ונשמותינו והם תכליתנו, לא זולת זה בשום ענין בעולם. והוא יתברך ציוונו בזו המצוה להתעטף בציצית או להניח תפילין וכדומיהן מהציוויין, אז העונה אמן אחר המברך הברכות האלו צריך לכוין אמת ואמונה הוא השבח והברכה שיברך המברך ואני מאמין בה:
Nous commencerons en disant que toutes les berakhot (bénédictions) se divisent en catégories. Certaines sont des berakhot de mitsva (bénédictions de commandement), comme la berakha 'al netilat yadayim', celles du tsitsit (franges rituelles) et des tefilin (phylactères), et leurs semblables.
Règle générale: partout où leur formule est 'qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné', l'intention de ces bénédictions est que nous bénissons Son Nom, qu'Il soit béni, pour tout le bien qu'Il nous a accordé: Il nous a purifiés et sanctifiés par Ses saints commandements, qui assurent la subsistance des mondes, comme on le sait. Par eux nous sommes appelés saints, nos corps et nos âmes sont sanctifiés, et ils sont notre fin; il n'est rien d'autre qui le soit dans le monde.
Lui, qu'Il soit béni, nous a ordonné par cette mitsva de nous envelopper du tsitsit ou de mettre les tefilin, et ainsi des autres commandements. Alors, celui qui répond Amen après celui qui prononce ces bénédictions doit avoir l'intention suivante: 'La louange et la bénédiction prononcées par celui qui bénit sont vraies et dignes de foi, et j'y crois.'
ויש מהם שהם ברכת השיר והשבח וההודאה לו ית', כגון ברכת אלוקי נשמה שנתת בי וברכת מודים וברכת נודה לך וברכת הטוב והמטיב שבברכת המזון ודומיהם הם הודאה, יכוין העונה אמת הברכה וההודאה שבירך והודה המברך כעל כל טוב אשר גמלנו ה' ואני מודה ומאמין בזה. וכגון ברכת אשר יצר, ברוך שאמר, ישתבח, וכל הברכות של שחרית, ושלשה הראשונות שבח"י ברכות, וברכה ראשונה שבברכת המזון ודומיהם, הם שבח ויקר וגדולה יתנו לאל מלך יוצר כל ית', וברכת הנהנין בכלל.
אם כן העונה אמן אחר אלו יכוין ג"כ הכוונה הנזכרת אמת היא הברכה והשבח שבירך המברך ואני מודה ומאמין שהשבחים לו ית' הם יאים ונאים. ובברכות הנהנין יכוין העונה אמת הוא השבח והברכה שבירך המברך שהוא ית' ברא והמציא זה הפרי או זה הענין:
Certaines sont des berakhot de chant, de louange et de reconnaissance envers Lui, qu'Il soit béni, comme Elokai Nechama Shenatata Bi, Modim, Nodeh Lekha et HaTov VehaMetiv dans le Birkat haMazon (bénédiction après le repas), et leurs semblables: elles sont reconnaissance. Celui qui répond Amen doit avoir l'intention suivante: 'Vraie est la bénédiction et la reconnaissance par lesquelles celui qui bénit a béni et rendu grâce pour tout le bien que le Nom nous a accordé; moi aussi, je rends grâce et j'y crois.' Ainsi, Acher Yatsar, Baroukh Sheamar, Yishtabah, toutes les berakhot du matin, les trois premières du Chemoneh Esreh (les dix-huit bénédictions), la première berakha du Birkat haMazon et leurs semblables sont louange, honneur et grandeur rendus à Dieu, Roi et Créateur de tout, qu'Il soit béni; les berakhot ha-nehenin (bénédictions de jouissance) en font aussi partie.
Celui qui répond Amen après elles doit donc aussi avoir l'intention mentionnée: 'Vraie est la bénédiction et la louange prononcées par celui qui bénit; moi aussi, je rends grâce et je crois que les louanges qui Lui sont rendues, qu'Il soit béni, sont justes et belles.' Dans les berakhot ha-nehenin, celui qui répond doit avoir l'intention suivante: 'Vrais sont la louange et la bénédiction prononcées par celui qui bénit, car Il a créé et fait exister ce fruit ou cette chose.'
אמנם ברכות השאלות והבקשות והתחינות כגון אמן שאחר הקדיש שהוא תפילה ובקשה, ואחר ברכת רחם והרחמן שבברכת המזון, ואחר זכרנו שביעלה ויבוא ודומיהן שהם בקשות, ואמן שאחר ברכת כהנים שהיא ברכה, יצטרך להתכוין העונה אחר המברך והמבקש יהי רצון שיאמנו בקשת המברך והמבקש ושכן יעשה ויקיים ה' את דברו:
Mais les berakhot de demandes, de requêtes et de supplications, comme Amen après le Kaddish, qui est une prière et une demande, après les berakhot Rahem et HaRahaman du Birkat haMazon, après Zokhrenou de Yaaleh VeYavo et leurs semblables, qui sont des demandes, et Amen après Birkat Kohanim (bénédiction sacerdotale), exigent que celui qui répond, après celui qui bénit et demande, ait l'intention suivante: 'Que la demande de celui qui bénit et demande soit confirmée; que le Nom agisse ainsi et accomplisse Sa parole.'
אמנם הברכות האמצעיות שבח"י ברכות הם כולם שאלות ובקשות שאנו שואלין ומבקשים ממנו יתברך צרכנו, כמו שאמרו רז"ל (ברכות לד, א) אמצעיות דומות לעבד שמקבל פרס מרבו, וכן ברכת רצה ושים שלום ושלום רב הם כולם בקשות. ואולם החתימות שבהם הם שבחיו ותואריו הנכבדים ית'.
על כן אחר ברכת אתה חונן יצטרך לכוין בהם העונה אמן אמת היא הברכה שבירך המברך שהש"י הוא חונן הדעת והוא יקיים ויאמן דברי המבקש ויחנינו מדע בינה והשכל, וכן בכל האמצעיות כדמשמע בהדיא באורח חיים סימן קכ"ד שיכוין בכל ח"י ברכות כשעונה אחריהם אמן אמת היא הברכה. והנה אי אפשר ליתן את האמור בזה גם בזה, ואת האמור בזה לזה, כי מי שמתכוין במלת אמן הנאמר על הקדיש ובזולת זה מן השאלות והבקשות שזכרנו למעלה ודומיהן, וכן אמן אחר ברכת כהנים שהיא ברכה אם הוא מתכוין בעניית אלו האמנים אמת היא התפילה והבקשה והברכה שאמר המבקש, הנה הוא עונה ככסיל באולתו, כי לא ידע מאי קאמר ולא חש לקימחיה.
או במלת אמן הנאמר בשבחיו ותואריו ית' כגון מברכת ההודאות והשבחים וזולתם מהתוארים והשבחים לו יתברך, הנה מי שמכוין בעניית אמן שלהם זו הכוונה הנזכרת יהי רצון שיאמנו דברי המהלל והמשבח ושיהא כן, כמו שאומר הנה הוא כרשע וכופר, כי הנה הוא כמסתפק ח"ו אם התוארים והשבחים הם בו ית', ומבקש לומר שיהא כן. על כן יכוין האדם במאוד שיהא לו אוזן שומעת לשמוע אל הרנה ואל התפילה אשר הש"ץ אומר איזה הוא ברכה או איזה עניי' הוא תפילה ובקשה שמתפלל ושואל צרכי עם ישראל, או איזה ברכה ואיזה עניי' הוא שבח הודאה ומשבח ומהלל לו יתברך ובלבבו יבין לענות אמן כהוגן וכראוי, עד כאן לשונו:
Mais les berakhot intermédiaires du Chemoneh Esreh sont toutes des requêtes et des demandes, par lesquelles nous demandons et sollicitons de Lui, qu'Il soit béni, nos besoins, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Berakhot 34a): les intermédiaires sont comme un esclave qui reçoit une récompense de son maître. De même, les berakhot Retsah, Sim Shalom et Shalom Rav sont toutes des demandes.
Mais leurs formules de conclusion sont Ses louanges et Ses titres honorables, qu'Il soit béni. C'est pourquoi, après la berakha Ata Honen, celui qui répond Amen doit avoir l'intention suivante: 'Vraie est la bénédiction prononcée par celui qui bénit: le Nom donne la connaissance; qu'Il accomplisse et confirme les paroles du demandeur et nous accorde connaissance, discernement et intelligence.' Il en est de même pour toutes les intermédiaires, comme le montre explicitement Orah Hayyim, section 124: dans toutes les bénédictions du Chemoneh Esreh, lorsqu'il répond Amen après elles, il doit avoir l'intention: 'Vraie est la bénédiction.' Il est impossible d'appliquer ce qui est dit dans l'une à l'autre, et ce qui est dit dans l'autre à l'une.
Car celui qui, dans le mot Amen récité au Kaddish et dans les autres demandes et supplications mentionnées plus haut et leurs semblables, ainsi que dans Amen après Birkat Kohanim, a l'intention, en répondant à ces Amen, que la prière, la demande et la bénédiction prononcées par le demandeur sont vraies, répond comme un sot dans sa sottise: il ne sait pas ce qu'il dit et ne se soucie pas de sa farine. Ou, dans le mot Amen récité sur Ses louanges et Ses titres, comme après les bénédictions de reconnaissance et de louange et les autres titres et louanges qui Lui sont rendus, qu'Il soit béni, celui qui a l'intention que soient confirmées les paroles de celui qui loue et qu'il en soit ainsi est comme un mécréant et un négateur; car il est comme quelqu'un qui doute, à Dieu ne plaise, que les titres et les louanges soient en Lui, et demande qu'il en soit ainsi.
Il faut donc que l'homme s'applique beaucoup à avoir une oreille attentive pour entendre le chant et la prière que prononce le chalia'h tsibbour: quelle berakha ou quelle formule est une prière et une demande par lesquelles il prie et demande les besoins du peuple d'Israël, ou quelle berakha et quelle formule sont louange et reconnaissance par lesquelles il loue et exalte le Nom; alors son cœur comprendra comment répondre Amen correctement et comme il convient. Fin de ses paroles:
ההמוניים אומרים במרוצה אמן יהא שמיה רבא כו', סומכים תיבת אמן ליהא שמיה רבא, הם בלא דעת, כי אמן קאי למעלה דהיינו שעונה אמן על מה שאמר הש"ץ יתגדל ויתקדש כו', ומן יהא שמיה רבא מתחיל שבח חדש. על כן צריך להפסיק קצת בין אמן, ליהא שמיה רבה.
וכן עושין ההמוניים באמן מודים אנחנו לך, וצריך להרגילם שיעשו הפסק כי אמן הוא על ברכת רצה, ומודים היא תחילת ברכת הודאה:
Les gens du commun disent à la hâte Amen yehe shemeh rabba, etc., et rattachent le mot Amen à yehe shemeh rabba; ils le font sans connaissance, car Amen se rapporte à ce qui précède, c'est-à-dire qu'on répond Amen à ce que le chalia'h tsibbour a dit: Yitgadal Veyitkadash, etc.; à partir de yehe shemeh rabba commence une nouvelle louange. Il faut donc faire une petite pause entre Amen et yehe shemeh rabba.
Les gens du commun font de même dans Amen Modim Anahnou Lakh; il faut les habituer à faire une pause, car Amen porte sur la berakha Retsah, et Modim est le commencement de la berakha de reconnaissance:
בין ישתבח ליוצר אור לא יפסיק, על כן אין לומר הפסוקים שדרך לומר כשאומר הש"ץ קדיש, דהיינו ועתה יגדל נא כח כו', על הקדיש שבין ישתבח ליוצר אור לא יאמרם מאחר שהם אינם מההכרח רק מנהגא בעלמא. וכן בקדיש שקודם תפילת ערבית שצריך להסמיך גם בערבית גאולה לתפילה, לא יאמר אלו הפסוקים אז:
Entre Yishtabah et Yotser Or, il ne faut pas interrompre. C'est pourquoi il ne faut pas dire les versets que l'on a coutume de dire lorsque le chalia'h tsibbour dit le Kaddish, à savoir: 'Et maintenant, que la force du Seigneur soit grande' (Nombres 14,17).
Lors du Kaddish entre Yishtabah et Yotser Or, il ne faut pas les dire, puisqu'ils ne sont pas nécessaires mais seulement une coutume. De même, dans le Kaddish qui précède la tefila (prière) du soir, puisqu'il faut aussi joindre la geoula (délivrance) à la tefila le soir, il ne faut pas alors dire ces versets:
ענין התפילה. יתפלל דרך תחנונים כרש המבקש בפתח.
זה לשון אבא מורי זלה"ה בעמק ברכה דף ג', וסמוך להתחלת תפילת י"ח יחשוב בלבו רוממות האל ית' ושפלות האדם ויסיר כל תענוגי האדם מלבו. אמרו ז"ל במסכת ברכות (י, ב), אל יעמוד אדם במקום גבוה ויתפלל, אלא במקום נמוך, עד כאן.
רצה בזה, שישים האדם אל לבו ערך נמיכתו ושפלותו כנגד האדון ה' צבאות, ואחר כך יתפלל. (עיין במיימוני בספר המדע בתחלת פ"ב, ובסוף פ"ד מהלכות יסודי התורה ידבר מעין זה).
ויאמר בלבו מה אני דל ונבזה כלי מלא בושה וכלימה בא לבקש מאת מלך מלכי המלכים הקב"ה, הלא בני מעלה יראו ויבהלו מפניו וסביביו נשערה מאוד, אף אני קרוץ מחומר לא בינת אדם לי נבזה בחיי ונמאס במותי אם לא מרוב חסדיו שהוא מתנהג עם בריותיו בכל מקום שמצינו גדולתו ית' מצינו ענותנותו (מגילה לא, א):
Affaire de la tefila. Qu'il prie en supplications, comme le pauvre qui demande à la porte.
Voici les paroles de mon père et maître, de mémoire bénie, dans Emek Berakhah, folio 3: juste avant le commencement de la tefila du Chemoneh Esreh, il doit penser en son cœur à l'élévation de Dieu, qu'Il soit béni, et à la bassesse de l'homme, et chasser de son cœur tous les plaisirs humains. Nos maîtres de mémoire bénie ont dit dans Berakhot (10b): 'Qu'un homme ne se tienne pas dans un lieu élevé pour prier, mais dans un lieu bas.' Il veut dire par là que l'homme doit prendre à cœur la mesure de son abaissement et de sa bassesse devant le Maître, ה' Tsevaot, puis prier.
(Voir Maimonide, Sefer haMada, au commencement du chapitre 2, et à la fin du chapitre 4 des Hilkhot Yesodei haTorah, où il traite d'une question semblable.) Qu'il dise en son cœur: 'Que suis-je, pauvre et méprisé, vase plein de honte et de confusion, pour venir demander au Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il? Les êtres élevés Le craignent et tremblent devant Lui; autour de Lui gronde une violente tempête (Psaumes 50,3).
Moi aussi, je suis fait de matière, je n'ai pas l'intelligence humaine, je suis méprisé dans ma vie et repoussant dans ma mort, n'était l'abondance de Ses bontés, car Il se comporte ainsi envers Ses créatures: partout où nous trouvons Sa grandeur, qu'Il soit béni, nous trouvons Son humilité (Megillah 31a):'
ולפי שחיי האדם נחלקים לג' חלקים, שהן שני העליה, ושני העמידה, ושני הירידה, תקנו לנו רז"ל ג' תפילות בכל יום בקר ערב וצהרים שחרית מנחה ערבית, להתפלל באלו ג' זמנים בבקר בזמן העלייה, ובצהרים בזמן העמידה, ובערב בזמן הירידה, להודות לפניו כי הוא ית' מספיק לנו כל צרכינו באלו ג' זמנינו עליותינו ועמידותינו וירידתינו, וזולתו אי אפשר לנו להתקיים ולעמוד אפילו רגע אחד. וכתב בעל עין יעב על מאמר (ברכות י, א) צריך אדם לכוין את רגליו וכו', זה לשונו, כתב הרשב"א וכלל דבריו בכיוון הרגלים והידים כפותים זה על גב זה לב' סיבות.
האחד, כדי שהמתפלל ישים כנגד עיניו ולבו כאלו ידיו ורגליו אסורות, ואין בידו כח לקרב המועיל ולהרחיק המזיק זולתי בעזרתו ית', וכך אמרו (שבת י, א), בעידן ריתחא פכר ידיה ומצלי וכו', עד כאן לשונו:
Puisque la vie de l'homme se divise en trois parties, les années de l'ascension, les années de la stabilité et les années de la descente, nos maîtres de mémoire bénie ont institué pour nous trois tefilot chaque jour: Shaharit, Minha et Arvit, matin, midi et soir. Elles sont prévues pour que nous priions en ces trois temps: le matin, au temps de l'ascension; à midi, au temps de la stabilité; et le soir, au temps de la descente, et que nous rendions grâce devant Lui, car Il pourvoit à tous nos besoins en ces trois temps, dans nos ascensions, nos stabilités et nos descentes; sans Lui, il nous est impossible de subsister et de tenir même un instant.
L'auteur de Ein Yaakov a écrit sur l'enseignement (Berakhot 10a), 'Un homme doit joindre ses pieds...', ce qui suit: Rabbi Shlomo ben Aderet (Rashba) a écrit que le fait de joindre les pieds et de plier les mains l'une sur l'autre a deux raisons. La première est que celui qui prie mette devant ses yeux et son cœur comme si ses mains et ses pieds étaient liés et qu'il n'avait pas le pouvoir de rapprocher l'utile et d'éloigner le nuisible, sauf par Son aide, qu'Il soit béni.
Ainsi ont-ils dit (Chabbat 10a): 'Au temps de la colère, il entrelace ses mains et prie...', fin de ses paroles:
אמרו רז"ל (עי' ברכות לב, ב. וב"מ נט, א) כל השערים ננעלו חוץ משערי דמעה.
על כן יעורר אדם עצמו ויראה שתפילתו תהיה בדמעה, ובוידוייו והזכר עונותיו ובקשת הסליחה והמחילה פשיטא ופשיטא שיהיה בבכי ותחנונים. ואף אם לפעמים אינו בוכה ממש, יהיה קול דברים שמדבר בתפילתו יהיה בקול נמוך ונשבר כאלו היה בוכה, ועל זה רמז דוד המלך ע"ה (תהלים י, ט) כי שמע י"י קול בכיי, לא אמר בבכיי רק קול בכיי, כלומר שעושה קול כאלו היה בוכה, ויאמר הכל בקול תחנונים כקול עני ואביון המתחנן:
Nos maîtres de mémoire bénie ont dit (voir Berakhot 32b et Bava Metsia 59a): 'Toutes les portes sont fermées, sauf les portes des larmes.' C'est pourquoi l'homme doit s'éveiller et veiller à ce que sa tefila soit accompagnée de larmes; dans ses vidouyim, lorsqu'il mentionne ses fautes et demande pardon et rémission, à plus forte raison il doit être dans les pleurs et les supplications. Même si parfois il ne pleure pas réellement, que le son des paroles qu'il prononce dans sa tefila soit bas et brisé, comme s'il pleurait.
David le roi, que la paix soit sur lui, y fit allusion: 'Car le Nom a entendu la voix de mes pleurs' (Psaumes 10,9). Il n'a pas dit 'dans mes pleurs', mais seulement 'la voix de mes pleurs', c'est-à-dire qu'il produit un son comme s'il pleurait; et qu'il dise tout d'une voix de supplications, comme la voix d'un pauvre et indigent qui supplie:
וזה לשון ספר הזוהר בפרשת בלק (ח"ג, קצה, א), מאן חשיבא מכלהו תפילות, תפילה דעני. דתפילה דא קדים לתפילה דמשה, ולתפילה דדוד, וקדים לכל שאר צלותין דעלמא.
מאי טעמא, בגין דעני איהו תביר לבא, וכתיב (תהלים לד, יט) קרוב ה' לנשברי לב וגו'. תא חזי, מסכנא עביד תדיר קטטה בקב"ה, וקב"ה אצית ושמע מלוי, כיון דצלי צלותיה קב"ה פתח כל כוין רקיעין וכל שאר צלותין דקא סלקין לעילא דחי לון ההוא תפלה דמסכנא.
מאי טעמא, בגין דאיהו תביר לבא, דכתיב תפילה לעני כי יעטוף, כי יתעטף מבעי ליה, מאי כי יעטוף. אלא איהו עביד עטופא לכל צלותין דעלמא ולא עאלין, עד דצלותיה עאלת.
וקב"ה אמר יתעטפון כל צלותין, וצלותא דא תיעול לגבאי ולא בעינא הכא בי דינא דידונון ביננא, אלא קמאי ליהוו תרעומין דיליה, ואנא והוא בלחודנא, דכתיב (שם) ולפני ה' ישפוך שיחו, לפני ה' ודאי. כיון דחמא דוד דכל כוין וכל תרעי שמיא כלהו זמינין לאפתחא למסכנא, ולית בכל צלותין דעלמא דקב"ה אצית מיד כצלותא דמסכנא, עביד גרמיה כעניא ומסכנא, פשט לבושא דמלכותא ויתיב בארעא כמסכנא ואמר תפילה, דכתיב תפילה לדוד הטה ה' אזנך ענני כי עני ואביון אני וכו'.
עד ועל דא אצטריך לבר נש דצלי צלותיה למיהוי תמן עני ואביון, ולמעבד גרמיה עני ואביון קמי קב"ה, בגין דתעול צלותיה בכללא דכל עניי', דהא כל נטורי תרעין לא שבקין הני למיעל צלותא דבר נש, כמה דשבקין למיעל צלותא דמסכנא, דהא בלא רשותא אעלת. ואי עבד בר נש גרמיה עני ושוי רעותיה תדיר כמסכנא, צלותיה סלקא ואיערעת באינון צלותין דמסכנין ואתחברת בהו וסלקת בהדייהו ואתקבלת ברעוא קמי מלכא קדישא וכו' ע"ש, עד ליהוי בצלותא דעמידה תביר לבא כעניא ומסכנא ולשואה רעותיה לאתכללא גו מסכני בתבירות דלבא במכיכו דנפשא עד כאן:
Voici les paroles du Sefer haZohar (Livre de la Splendeur), dans la paracha Balak (III, 195a): 'Laquelle de toutes les tefilot est la plus importante? La tefila du pauvre.
Cette tefila précède la tefila de Moché et celle de David, et précède toutes les autres prières du monde. Pourquoi?
Parce que le pauvre a le cœur brisé, ainsi qu'il est écrit: Le Nom est proche des cœurs brisés (Psaumes 34,19). Viens et vois: le pauvre querelle sans cesse le Saint, béni soit-Il, et le Saint, béni soit-Il, prête l'oreille et entend ses paroles.
Lorsqu'il prie, le Saint, béni soit-Il, ouvre toutes les fenêtres des cieux; la prière du pauvre écarte toutes les autres prières qui montent vers le haut. Pourquoi?
Parce qu'il a le cœur brisé, ainsi qu'il est écrit: Prière du pauvre lorsqu'il enveloppe (Psaumes 102,1). Il aurait fallu dire: lorsqu'il s'enveloppe; que signifie: lorsqu'il enveloppe?
Il enveloppe toutes les prières du monde, et elles n'entrent pas avant que sa prière n'entre. Le Saint, béni soit-Il, dit: Que toutes les prières s'enveloppent et que cette prière entre devant Moi; Je ne veux pas ici de tribunal qui juge entre nous, mais que ses plaintes soient devant Moi, Moi et lui seuls, ainsi qu'il est écrit: Et devant le Nom il répand sa plainte (Psaumes 102,1), devant le Nom, certainement.
Lorsque David vit que toutes les fenêtres et toutes les portes du ciel étaient prêtes à s'ouvrir pour le pauvre, et qu'il n'est aucune prière au monde que le Saint, béni soit-Il, écoute aussitôt comme la prière du pauvre, il se fit pauvre et indigent, retira le vêtement royal, s'assit à terre comme un pauvre et prononça une prière, ainsi qu'il est écrit: Prière de David: Incline, le Nom, Ton oreille, réponds-moi, car je suis pauvre et indigent (Psaumes 86,1), etc.' Jusqu'ici. C'est pourquoi l'homme qui prie doit être alors pauvre et indigent, se faire pauvre et indigent devant le Saint, béni soit-Il, afin que sa prière entre parmi toutes les prières des pauvres.
Car les gardiens de toutes les portes ne laissent pas entrer la prière d'un homme comme ils laissent entrer celle du pauvre: celle-ci entre sans permission. Et si l'homme se fait pauvre et fixe sans cesse son désir comme celui du pauvre, sa prière monte, rencontre les prières des pauvres, s'unit à elles, monte avec elles et est reçue favorablement devant le Malka Kadisha (Roi saint), etc.
Voir là-bas, jusqu'à ce qu'il ait, dans la tefila de l'Amidah (prière debout), le cœur brisé comme un pauvre et indigent, et qu'il oriente son désir afin d'être inclus parmi les pauvres, dans le brisement du cœur et l'humilité de l'âme. Fin.'