Ce passage poursuit un enseignement sur l'intention dans l'unification, la tefila et les berakhot : très peu unifient, prient et bénissent, et les autres disent les paroles sans unifier, prier ni bénir. Le Chla rappelle que les mitsvot ont besoin d'intention, et la tefila même selon celui qui dit que les mitsvot n'en ont pas. Il rapporte de Rabbenou Yona qu'une mitsva de parole seulement a certainement besoin d'intention, car la parole est dans le cœur. Parole, pensée et acte englobent toutes les mitsvot : le Maharam Cordovero enseigne qu'il faut de l'intention aussi avec la parole. Lorsque la tefila est complète en ces trois, elle est littéralement à la place d'un sacrifice.
Aussi : « si ma tefila est fluide dans ma bouche », l'essentiel est le cœur ; celui qui dit Chema Chema n'a pas dirigé son esprit au début ; une tefila invalide est livrée au chien
סוף דבר, בענין הכוונה ביחוד ובתפלה ובברכות, אני אומר שהאנשים נחלקים לשני חלקים. החלק האחד, הם מיחדים את הש"י ומתפללין אליו ומברכין אותו.
והחלק השני, הם אומרים דברי היחוד אבל אינם מיחדים ואומרים דברי התפלה, ואינם מתפללים ואומרים דברי הברכות ואינם מברכים. והנה החלק הראשון התבוננתי בם והנה מעטים מאד מאד ונער יכתבם.
והאנשים שהם מהחלק השני רבו מארבה, והלואי ולא אהיה גם אני כאחד מהם, עד כאן לשונו:
En somme, au sujet de l'intention dans l'unification et dans la tefila et dans les berakhot, je dis que les hommes se divisent en deux parts. La première part, ce sont ceux qui unifient le Nom, qu'Il soit béni, et qui prient vers Lui et Le bénissent.
Et la deuxième part, ce sont ceux qui disent les paroles de l'unification mais n'unifient pas, et disent les paroles de la tefila et ne prient pas, et disent les paroles des berakhot et ne bénissent pas. Et voici, la première part, je les ai considérés, et voici ils sont très, très peu nombreux, et un enfant les inscrirait.
Et les hommes qui sont de la deuxième part se sont multipliés plus que les sauterelles, et plût au ciel que je ne sois pas moi aussi comme l'un d'eux. Jusqu-ici ses paroles.
וכבר אפסיקא הלכתא דמצות צריכות כוונה בשלחן ערוך (אורח חיים) סימן ס', והתפלה צריכה כוונה אף למ"ד מצות אינן צריכות כוונה כמו שמשמע ממה שאמרו ז"ל בפרק תפלת השחר ובפרק ערבי פסחים. וכך כתב רבינו יונה בהדיא בסוף פ"ק דברכות (ו, א מדפי הרי"ף) וזה לשונו, דאפי' מי שסובר המצות אינן צריכות כוונה, הני מילי בדבר שיש בו מעשה, אבל מצוה שתלויה באמירה בלבד, ודאי צריך כוונה, שהאמירה היא בלב, וכשאינו מכוין באמירה ואינו עושה מעשה נמצא כמי שלא עשה שום דבר מהמצוה, עד כאן.
ובברכות פרק אין עומדין (ברכות דף ל"ד) (ב) במשנה שאמר ר' חנינא בן דוסא אם שגורה תפלתי בפי יודע אני שהיא מקובל, כתב רש"י וזה לשונו, אם שגורה, אם סדורה תפלתי בפי במרוצה ואיני נכשל, ותחנתי נובעת מלבי אל פי, הרי עיקר הוא הלב. ושם בפרק אין עומדין סוף (ברכות דף ל"ג) (ב.
לד, א) בענין האומר שמע שמע משתקין אותו כו', אמר ליה רב פפא לאביי, ודלמא מעיקרא לא כוון דעתיה, ולבסוף כיון דעתיה. אמר ליה, חבורתא כלפי שמיא מי איכא, אם לא כוון דעתיה מעיקרא מחינן ליה במרזפתא דנפחא עד דמכוין דעתיה.
פירש רש"י, מחינן ליה, כלומר מלמדין שיכוין, ומכין אותו אם ירגיל בכך, עד כאן לשונו. משום דקשה לרש"י מחינן, מנא ידעינן, דילמא מכוין.
אבל אם בבירור יודעים שאין מכוין, שרואים אותו קורא ומסתכל כאן וכאן או רגיל לכופלו, אז מחינן ממש:
Et déjà la halakha a été tranchée que les mitsvot ont besoin d'intention dans le Choulhan Aroukh (Orah Haim) siman 60, et la tefila a besoin d'intention même selon celui qui dit que les mitsvot n'ont pas besoin d'intention, comme il ressort de ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, au chapitre Tefilat haShahar et au chapitre Arvei Pessahim. Et ainsi a écrit Rabbenou Yona explicitement à la fin du premier chapitre de Berakhot (6a des folios du Rif (Rabbi Yitshak Alfasi)), et voici son langage : que même celui qui tient que les mitsvot n'ont pas besoin d'intention, ces paroles valent pour une chose dans laquelle il y a un acte, mais une mitsva qui dépend de la parole seulement à certainement besoin d'intention, car la parole est dans le cœur, et lorsqu'il n'a pas l'intention dans la parole et qu'il ne fait pas d'acte, il se trouve comme quelqu'un qui n'a rien fait de la mitsva, jusqu-ici.
Et dans Berakhot, chapitre Ein Omdin (Berakhot folio 34b), dans la Michna où Rabbi Hanina ben Dosa a dit : si ma tefila est fluide dans ma bouche, je sais qu'elle est acceptée, Rachi a écrit, et voici son langage : si elle est fluide, si ma tefila est ordonnée dans ma bouche avec rapidité et que je ne trébuche pas, et que ma supplication jaillit de mon cœur vers ma bouche, voici que l'essentiel est le cœur. Et là, au chapitre Ein Omdin, à la fin (Berakhot folio 33b, 34a), au sujet de celui qui dit Chema Chema, on le fait taire, etc., Rav Papa a dit à Abaye : et peut-être qu'au début il n'a pas dirigé son esprit, et à la fin il a dirigé son esprit.
Il lui a dit : y a-t-il une société face aux Cieux ? S'il n'a pas dirigé son esprit au début, on le frappe avec le marteau du forgeron jusqu'à ce qu'il dirige son esprit.
Rachi a expliqué : on le frappe, c'est-à-dire on lui enseigne qu'il ait l'intention, et on le frappe s'il s'habitue à cela. Jusqu-ici son langage.
Parce que on le frappe était difficile pour Rachi : d'où savons-nous, peut-être qu'il a l'intention. Mais si clairement on sait qu'il n'a pas l'intention, qu'on le voit lire et regarder ici et là, ou qu'il a l'habitude de le doubler, alors on le frappe réellement.
וענין הדיבור ומחשבתו וכונתו נכללים בג' מעלות הכוללות כל המצות דהיינו דיבור מחשבה מעשה, והוא כמו שכתב הא-להי מהר"ם קורדווירא ז"ל בריש ספרו עבודת יום כפור וזה לשונו, כבר פירשנו במקום אחר כי תיקון מעשה המצוה הוא במלכות, ומקום שיח שפתים הוא היסוד ונצח והוד, וזה כי המלכות נקראת מעשה, ומה גם כי מעשה המצות הוא למטה בעולם הגשמי ובסוד עולם העשיה, והדבור נשמה אל עשיה, והמחשבה נשמה אל הדבור היא בחינת המלכות היוצאת מבין נצח והוד שהם שפתים, והיסוד שהוא לשון למודים בין נצח והוד, ושלשה אלה יחד נקראים שי"ח שפתותינו, כי שי"ח פירושו ח"י שי"ן כדפירש רשב"י בתיקונים (יג כט, ב. ותיקון יט לא, ב), ושפתים הם נצח והוד, והדבור שהוא המלכות יוצאת מבין שלשתם, דהיינו בחינת המלכות שהיא מיחדת קו"ל, דהיינו קול ודבור יחד בלי ספק, והיא בחינתה על נצח והוד ויסוד, ועל סוד זה נאמר (הושע יד, ג) ונשלמה פרים שפתינו, כי מעשה הפרים הוא במקום הפר"ה שהוא מלכות, ותשלום הפרים הם השפתים, כי עקימת שפתים משויא להו מעשה כדמוכח בגמרא לגבי שבועה ועדות שקר לחיובי עלייהו משום לאו שיש בו מעשה, ומדה טובה מרובה ממדת פורענות.
ובודאי כי שפתותינו הנעות הם במקום מעשה, כי הדבור רוכב עליהם, והם כסא אל הדבור כמעשה שגם הוא כסא אל הדבור כדפירשנו, ולכן צריך כוונה גם עם הדבור, והרי שלשתם מחשבה דבור ומעשה, והם סוד ארבע אותיות מיוחדות, מחשבה סוד הכוונה במוח ובלב דבהן שריין חכמה ובינה, וקול ודבור שהם תפארת ומלכות, הרי ארבע אותיות ולהם כסא נכון על ידי שפתים ולשון שהם נצח והוד ויסוד שהם מקום מעשה בזולת ייחוד שאר האברים הנגררים אחריהם שהם מוצאות אותיות שאין אנו עתה בביאורם, עד כאן לשונו:
Et le sujet de la parole et de sa pensée et de son intention sont compris dans trois degrés qui englobent toutes les mitsvot, à savoir parole, pensée, acte, et c'est comme a écrit le divin Maharam Cordovero (Rabbi Moché Cordovero), de mémoire bénie, au début de son sefer Avodat Yom Kippour, et voici son langage : nous avons déjà expliqué ailleurs que le tikoun de l'acte de la mitsva est dans la Malkhout, et le lieu de la conversation des lèvres est le Yesod et Netsa'h et Hod, et ceci parce que la Malkhout est appelée acte, et d'autant plus que l'acte des mitsvot est en bas dans le monde corporel et dans le secret du monde de l'Assia (Action), et la parole est une nechama à l'Assia, et la pensée est une nechama à la parole, elle est l'aspect de la Malkhout qui sort d'entre Netsa'h et Hod qui sont des lèvres, et le Yesod qui est langue des enseignes entre Netsa'h et Hod, et ces trois ensemble sont appelés שיח de nos lèvres, car שיח s'explique חי שין comme l'a expliqué Rashbi (Rabbi Shimon bar Yohai) dans les Tikounim (13, 29b, et tikoun 19, 31b), et les lèvres sont Netsa'h et Hod, et la parole qui est la Malkhout sort d'entre les trois, c'est-à-dire l'aspect de la Malkhout qui unifie קול, c'est-à-dire voix et parole ensemble sans aucun doute, et c'est son aspect sur Netsa'h et Hod et Yesod, et sur ce secret il est dit (Hoshea 14,3) : et nous paierons des taureaux par nos lèvres, car l'acte des taureaux est au lieu de la פרה qui est Malkhout, et l'acquittement des taureaux ce sont les lèvres, car le mouvement des lèvres leur est compté comme un acte, comme il est prouvé dans la Guemara au sujet du serment et du faux témoignage, pour les rendre passibles à cause d'un interdit dans lequel il y a un acte, et la mesure bonne est plus abondante que la mesure de châtiment. Et certainement nos lèvres qui se meuvent sont à la place d'un acte, car la parole chevauche sur elles, et elles sont un trône à la parole, comme l'acte qui est aussi un trône à la parole comme nous l'avons expliqué, et c'est pourquoi il faut de l'intention aussi avec la parole, et voici les trois : pensée, parole et acte, et ils sont le secret de quatre lettres unifiées, la pensée secret de l'intention dans le cerveau et dans le cœur, en lesquels résident 'Hokhma et Bina, et voix et parole qui sont Tiferet et Malkhout, voici quatre lettres, et elles ont un trône affermi par les lèvres et la langue qui sont Netsa'h et Hod et Yesod, qui sont le lieu de l'acte, hors l'unification des autres membres qui sont entraînés après eux, qui sont les issues des lettres, dont nous ne sommes pas maintenant dans leur explication.
Jusqu-ici son langage.
וכשהתפלה היא שלימה בדבור במחשבה ובמעשה, אז היא ממש במקום קרבן,הגה"הזה לשון הטור אורח חיים סימן צ"ח, התפילה במקום קרבן, דכתיב (הושע יד, ג) ונשלמה פרים שפתינו, וכתיב (דברים יא, יג) ולעבדו בכל לבבכם, וכי יש עבודה שהיא בלב, אלא איזה היא עבודה שהיא בלב, הוי אומר זו תפלה. ולכך צריך ליזהר שתהא דוגמת הקרבן בכוונה ולא יערב בה מחשבה אחרת כמו מחשבה שפוסלת בקדשים, ומעומד דומיא דעבודה דכתיב (שם יח, ה):
לעמוד לשרת, והשוואת הרגלים ככהנים בשעת העבודה, וקביעות מקום כמו הקרבנות שכל אחד קבוע מקומו לשחיטתו ומתן דמיו, ושלא יחוץ בינו לבין הקיר ובינו לקרקע דוגמת הקרבן שחציצה פוסלת בינו לבין הכלי ובינו לרצפה. וראוי הוא שיהיו לו מלבושים נאים מיוחדים לתפילה כגון בגדי כהונה, אלא שאין כל אדם יכול לבזבז על זה, ומכל מקום טוב הוא שיהיה לו מכנסים מיוחדים לתפילה משום נקיות, ואחר שיעשה אותה דוגמת הקרבן עולה לריח ניחוח למקום שהקרבן עולה ומלאך עושה אותו כתר לקונו.
ואל יחשוב ראוי הוא שיעשה הקב"ה את בקשתי כיון שכוונתי בתפילתי, דאדרבה זהו המזכיר עונותיו, אלא יחשוב שיעשה הקדוש ברוך הוא בקשתו בחסדו, ויאמר בלבו מי אני דל ונבזה בא לבקש מאת מלך מלכי המלכים הקדוש ברוך הוא אם לא מרוב חסדיו שהוא מתנהג בהן עם בריותיו. ואם לאו היא תפלה פסולה כמו קרבן פסול.
ובתקוני זוהר (כא, מה, א) אמרו, שהתפלה פסולה נמסרת לכלב ונתקיים בה (שמות כב, ל) לכלב תשליכון אותה. ובראשית חכמה שער היראה פ"ח שכלב זה הוא מכח לילית ונראה דעל זה בא הרמז (שם יא, ז) ולכל בני ישראל לא יחרץ כלב לשונו, כי תפלתם היתה הגונה ושמע ה' תפלתם כמו שנאמר בפ' שמות (שם ב, כד) וישמע א-להים את נאקתם וגו':
Et lorsque la tefila est complète en parole, en pensée et en acte, alors elle est littéralement à la place d'un sacrifice. Glose : voici le langage du Tour, Orah Haim, siman 98 : la tefila est à la place d'un sacrifice, comme il est écrit (Hoshea 14,3) : et nous paierons des taureaux par nos lèvres, et il est écrit (Devarim 11,13) : et pour Le servir de tout votre cœur ; et y a-t-il un service qui soit dans le cœur ? sinon quel est le service qui est dans le cœur, tu dois dire : c'est la tefila.
Et c'est pourquoi il faut prendre garde qu'elle soit à la ressemblance du sacrifice en intention, et qu'il n'y mêle pas une autre pensée, comme une pensée qui invalide les choses saintes, et debout à la ressemblance du service, comme il est écrit (ibid. 18,5) : pour se tenir afin de servir, et l'égalisation des jambes comme les kohanim à l'heure du service, et la fixité d'un lieu comme les sacrifices, dont chacun a son lieu fixe pour son abattage et le don de son sang, et que rien ne s'interpose entre lui et le mur et entre lui et le sol, à la ressemblance du sacrifice dont l'interposition invalide entre lui et le récipient et entre lui et le dallage.
Et il convient qu'il ait de beaux vêtements réservés à la tefila, comme les vêtements de la prêtrise, seulement que tout homme ne peut pas dépenser pour cela, et néanmoins il est bon qu'il ait un pantalon réservé à la tefila à cause de la propreté, et après qu'il l'aura faite à la ressemblance du sacrifice, elle monte en odeur agréable au lieu où le sacrifice monte, et un ange en fait une couronne pour son Maître. Et qu'il ne pense pas : il est convenable que le Saint, béni soit-Il, fasse ma demande puisque j'ai eu l'intention dans ma tefila, car au contraire c'est celui qui rappelle ses fautes, mais qu'il pense que le Saint, béni soit-Il, fera sa demande par Sa bonté, et qu'il dise dans son cœur : qui suis-je, pauvre et méprisé, venant demander au Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, si ce n'est par l'abondance de Ses bontés dont Il use avec Ses créatures.
Et sinon, c'est une tefila invalide comme un sacrifice invalide. Et dans les Tikounei Zohar (21, 45a) ils ont dit que la tefila invalide est livrée au chien, et s'accomplit en elle (Shemot 22,30) : vous la jetterez au chien.
Et dans Reshit 'Hokhma, porte de la crainte, chapitre 8, que ce chien est de la force de Lilith, et il paraît que c'est sur ceci que vient l'allusion (ibid. 11,7) : et à tous les enfants d'Israël un chien n'aiguisera pas sa langue, car leur tefila était convenable et ה' a entendu leur tefila, comme il est dit dans la paracha Shemot (ibid.
2,24) : et Elokim entendit leur gémissement, etc.