Ce passage poursuit l'avis du Chla sur la nechama yétéira (âme supplémentaire) : elle est donnée le Chabbat pour que les deux âmes annulent le corps de ses actions naturelles et ouvrent le cœur à la Torah, non pour un repas supplémentaire. Il n'y a aucune différence entre Yom Tov et Chabbat en cette affaire. Les Chabbatot et les Yom Tov n'ont été donnés à Israël que pour s'y réjouir d'une joie de Torah, chacun selon ce qu'il est : s'ils sont maîtres de l'Écriture, l'Écriture ; de la Michna, la Michna ; ou qu'ils entendent le discours du sage sur le sujet du jour, joint au souvenir des miracles.
Aussi : les assemblées de chaque Chabbat pour exposer la Torah en public ; Pessa'h en regard d'Avraham par l'acronyme des gâteaux : avoda, guémilout 'hassadim et Torah ; Chavouot en regard d'Its'hak et le chofar du bélier.
ואפשר דאל זה כיונו רז"ל באמרם (במסכת ביצה פ"ב (טז, א)), נשמה יתירה נתן הקב"ה באדם בשבת, דלפי פשוטו של זה המאמר קשה למאי נפקא מינה נתנה לו בשבת הואיל ויצאת ממנו במוצאי שבת, כמו שאמרו שם וי אבדה נפש. או מה תועלת יגיע לאדם מזאת הנשמה היתירה בעודה בו בשבת.
על כן נלע"ד כוונת רז"ל בזה, כי בהיות שאדם מורכב מגוף ונפש, הגוף אחד והנשמה אחת, יחדיו יהיו תמים הנפש בהשכלה והגוף באכילה ושתיה כל ימות החול, ואין האחד מבטל פעולת השני כי הם שוה בשוה נפש חיה יחידה וגוף אחד. אבל בשבת יש לו נשמה יתירה כנזכר, א"כ הגוף הוא יחיד בין המרובים ובקל תבאנה הב' נשמות ומבטלין הגוף מפעולותיו הטבעיות, בענין שלא יאכל בשבת כל כך כמו בחול, כי הב' נשמות שהם עתה בגוף האחד רבו עליו ומבטלו ממנהגו וטבעו כי אחד במקום שנים אינו כלום, ובקל מחזירים הכחות הנפשיות הגופניים לרוחניים כי הנפשות הנה לא אוכלין ולא שותין רק מתענגות תענוג גדול בהשגת המושכלות כי יום השבת מסוגל לזה ובלימוד התורה יותר מימי המעשה כנזכר בסמוך.
וזהו תכלית כוונת הש"י בנתינת נשמה יתירה באדם ביום השבת, ולא להתענג בתענוג הגוף בלבד כמו שחשבו קצת שנתן לאדם נשמה יתירה ביום השבת כדי שיאכל אכילה יתירה יותר מימי החול זה אינו כי אין טבע הנשמה לאכול ולשתות ואין לה הנאה מזה כלל, כי אם בתורת ה' חפצה והנאתה ובה תתעלה ותתענג, על כן נתן לאדם הנשמה יתירה בשבת כדי שיהיה הלב פתוח לרווחה ביום השבת שהוא מוכן לזה מצד שהוא פנוי מכל מחשבה ומלאכה כדלעיל בסמוך. וכל האוכל ושותה ביום השבת יותר משנצטוה עליו, בענין שנמשך מזה ביטול תורה, מעלה עליו הכתוב כאלו מתחייב בנפשו, כי איבד נפש אחת, רצה לומר הנשמה היתירה שנתן בו כדי ללמוד וללמד ביום השבת ביתר שאת וביתר עז מבשאר הימים.
וזהו שדרשו שם וינפש (שמות לא, יז), וי אבדה נפש, רצו לומר, וי לאותן הבריות שמאבדין הנפש, כי מתוך שאוכלים ושותין הרבה מאוד יותר מן הראוי מבטלין התורה אשר על זאת נתנה לנו נשמה יתירה בשבת והרי הם כאלו איבדו והנפש הזאת הואיל והיא יושבת אצלו בטילה ממלאכת השמים אשר על זה נתנה וק"ל:
Et il se peut que ce soit à cela que nos Sages ont visé en disant (traité Betsa, chapitre 2 (16a)) : une nechama yétéira (âme supplémentaire) a été donnée par le Saint béni soit-Il à l'homme le Chabbat. Car selon le sens simple de cet enseignement, il est difficile de voir quelle conséquence pratique il y a à ce qu'elle lui soit donnée le Chabbat, puisqu'elle sort de lui à la sortie du Chabbat, comme ils ont dit là : malheur, une âme est perdue.
Ou bien, quel profit parvient à l'homme de cette nechama yétéira tandis qu'elle est encore en lui le Chabbat. C'est pourquoi, selon mon humble avis, l'intention de nos Sages en ceci est : puisque l'homme est composé d'un corps et d'une âme, le corps est un et la nechama est une, ensemble ils seront intacts, l'âme par l'intellection et le corps par le manger et le boire tous les jours de semaine, et l'un n'annule pas l'action de l'autre, car ils sont égaux : une âme vivante unique et un seul corps.
Mais le Chabbat il a une nechama yétéira comme mentionné ; dès lors le corps est unique parmi les nombreux, et facilement les deux nechamot viennent et annulent le corps de ses actions naturelles, de sorte qu'il ne mange pas le Chabbat autant qu'en semaine, car les deux nechamot qui sont maintenant dans le seul corps ont prévalu sur lui et l'annulent de son habitude et de sa nature, car un à la place de deux n'est rien, et facilement elles font revenir les forces psychiques corporelles à l'état spirituel, car les âmes, elles, ne mangent ni ne boivent, elles ne font que se délecter d'une grande jouissance dans l'atteinte des intelligibles, car le jour du Chabbat y est prédisposé, et dans l'étude de la Torah plus que les jours ouvrables, comme mentionné tout auprès. Et c'est là le but de l'intention du Nom, qu'Il soit béni, en donnant une nechama yétéira à l'homme le jour du Chabbat, et non pour se délecter de la seule jouissance du corps, comme l'ont pensé quelques-uns, qu'Il a donné à l'homme une nechama yétéira le jour du Chabbat afin qu'il mange un repas supplémentaire plus que les jours de semaine : cela n'est pas, car la nature de la nechama n'est pas de manger et de boire, et elle n'en a aucune jouissance du tout, sinon que dans la Torah du Nom est son désir et sa jouissance, et par elle elle s'élève et se délecte ; c'est pourquoi Il a donné à l'homme la nechama yétéira le Chabbat afin que le cœur soit largement ouvert le jour du Chabbat, qui y est disposé du fait qu'il est libre de toute pensée et de tout travail, comme plus haut tout auprès.
Et quiconque mange et boit le jour du Chabbat plus qu'il ne lui a été ordonné, de sorte qu'il en résulte une interruption de la Torah, l'Écriture le considère comme s'il était passible de sa vie, car il a perdu une âme, c'est-à-dire la nechama yétéira qu'Il a mise en lui afin d'étudier et d'enseigner le jour du Chabbat avec plus d'élévation et plus de force que les autres jours. Et c'est ce qu'ils ont exposé là : וינפש (Chemot 31,17), malheur, une âme est perdue ; ils ont voulu dire : malheur à ces créatures qui perdent l'âme, car du fait qu'elles mangent et boivent beaucoup trop plus qu'il ne convient, elles interrompent la Torah pour laquelle nous a été donnée une nechama yétéira le Chabbat, et les voici comme s'ils l'avaient perdue, et cette âme, puisqu'elle demeure auprès de lui oisive de l'œuvre des cieux pour laquelle elle a été donnée ; et c'est facile à comprendre.
ועם היות שדברים אלה רצה לומר מה שהבאתי בסמוך בשם בעל העקידה ומה שכתבתי אני על נשמה יתירה הם לענין שבת, ראוי שנלמוד מהם לעניין יום טוב, דאין בין יום טוב לשבת בעניין זה כלל דא ודא אחת היא, ודומה לזה אמרו רז"ל (בפרק חלק (סנהדרין קא, א)) זה לשונם, ת"ר הקורא פסוק בבית משתאות בלא זמנו מביא רעה לעולם, מפני שהתורה חוגרת שק ועומדת לפני הקב"ה ואמרה לפניו רבונו של עולם עשאוני בניך ככנור שמנגנין בו גוים. אמר לה, בתי, בשעה שאוכלין ושותין במה יתעסקו.
אמרה לפניו, אם בעלי מקרא, הן יעסקו בתורה ובנביאים ובכתובים. אם בעלי משנה הן, יעסקו במשנה בהלכות ובהגדה.
ואם בעלי תלמוד הן, יעסקו בהלכות פסח בפסח, בהלכות עצרת בעצרת, בהלכות החג בחג. העיד ר' שמעון בן אלעזר משום ר' שמעון בן חנינא, כל הקורא פסוק בזמנו מביא טובה לעולם, שנאמר (משלי טו, כג) דבר בעתו מה טוב.
ופירש רש"י, ה"ג הקורא שיר השירים ועושה אותו שקורא בניגון אחרת שאינו נקוד בה, ועושה אותה כמין שיר, אע"פ שמשיר השירים הוא ועיקרו שיר, אסור לעשותו כמין שיר, אלא בקריאתו. הקורא פסוק בבית משתאות בלא זמנו, במטיב על יינו ועושה שחוק בדברי תורה וקורא פסוקים בקול רם לשחק בהם בבית המשתה.
אבל אם אמרו בזמנו על המשתה, כגון שהוא יום טוב ונוטל כוס בידו ואומר עליו דברי הגדה ופסוקים מעניינו, מביא טובה לעולם, עד כאן:
Et bien que ces paroles, c'est-à-dire ce que j'ai apporté tout auprès au nom de l'auteur de l'Akeda (Akédat Yitshak) et ce que j'ai écrit moi-même sur la nechama yétéira, concernent le Chabbat, il convient que nous en apprenions pour Yom Tov, car il n'y a aucune différence entre Yom Tov et Chabbat en cette affaire, ceci et cela sont une seule chose. Et de manière semblable nos Sages ont dit (chapitre Helek (Sanhédrin 101a)), voici leur langage : nos maîtres ont enseigné : celui qui lit un verset dans une maison de banquet hors de son temps apporte le mal au monde, parce que la Torah ceint le sac et se tient devant le Saint béni soit-Il et Lui dit : Maître du monde, Tes enfants m'ont faite comme une harpe sur laquelle jouent les nations.
Il lui dit : Ma fille, à l'heure où ils mangent et boivent, de quoi s'occuperont-ils ? Elle Lui dit : s'ils sont maîtres de l'Écriture, qu'ils s'occupent de la Torah, des Prophètes et des Écrits.
S'ils sont maîtres de Michna, qu'ils s'occupent de la Michna, des halakhot et de l'aggada. Et s'ils sont maîtres de Talmud, qu'ils s'occupent des lois de Pessa'h à Pessa'h, des lois de Atseret à Atseret, des lois de la fête à la fête.
Rabbi Shimon ben Elazar a témoigné au nom de Rabbi Shimon ben Hanina : quiconque lit un verset en son temps apporte le bien au monde, il est écrit (Mishlé 15,23) : une parole en son temps, que c'est bon. Et Rachi a expliqué : voici comment on enseigne : celui qui lit le Cantique des cantiques et le fait en le lisant sur un air autre que celui sur lequel il est ponctué, et en fait comme une chanson, bien qu'il soit du Cantique des cantiques et que son essence soit un chant, il est interdit d'en faire comme une chanson, mais seulement dans sa lecture.
Celui qui lit un verset dans une maison de banquet hors de son temps : celui qui s'enivre sur son vin et fait plaisanterie des paroles de Torah et lit des versets à voix haute pour s'en moquer dans la maison de banquet. Mais s'ils les ont dits en leur temps sur le banquet, par exemple que c'est un Yom Tov et qu'il prend une coupe en main et dit dessus des paroles d'aggada et des versets de son sujet, il apporte le bien au monde.
Jusqu-ici.
במדרש תנחומא (והביאו הרוקח בסימן נ"ד), ויקהל משה, אמר הקב"ה למשה, עשה קהילה גדולה לדרוש בהם ברבים הלכות שבת שילמדו ממך דורות הבאים להקהיל קהילות בכל שבת ושבת לדרוש לישראל איסור והיתר, עד כאן לשונו. וכתב הבית יוסף על זה וזה לשונו, ומכאן סמכו בכל תפוצות הגולה להתקבץ בבתי כנסיות לקרות מקרא לדרוש ברבים אגדה אחר סעודות שחרית.
(כתב הטור בסימן ר"ץ וכן הוא בשלחן ערוך (סעיף ב) וזה לשונו, אחר סעודות שחרית קובעים מדרש לקרות בנביאים ולדרוש בדברי אגדה ואסור לקבוע סעודה באותה שעה):
Dans le Midrach Tan'houma (et le Rokah (Sefer HaRokéah) l'a apporté au siman 54), Vayakhel Moche : le Saint béni soit-Il dit à Moche : fais une grande assemblée pour exposer devant eux en public les lois de Chabbat, afin que les générations à venir apprennent de toi à assembler des assemblées chaque Chabbat pour exposer à Israël l'interdit et le permis. Jusqu-ici ses paroles.
Et le Beit Yossef a écrit sur cela, et voici son langage : et de là on s'est appuyé, dans toutes les dispersions de l'exil, pour se rassembler dans les synagogues afin de lire l'Écriture, d'exposer en public l'aggada après les repas du matin. (Le Tour a écrit au siman 290, et ainsi est-il dans le Choulhan Aroukh (paragraphe 2), et voici son langage : après les repas du matin on fixe un midrach pour lire dans les Prophètes et exposer des paroles d'aggada, et il est interdit de fixer un repas à cette heure) :
וזה לשון תניא בסימן י"ח, ומצוה להקהל בבתי כנסיות לדרוש מעניין היום לנשים ולעמי הארץ. דהכי איתא בתנחומא, ויקהל משה, בעלי הגדה היו אומרים, מתחילת התורה ועד סופה אין פרשה שנאמר הקהל בראשה אלא פרשה זו בלבד.
ולמה כך. אמר הקב"ה למשה, רד ועשה לי קהילות גדולות על דבר שבת, כדי שילמדו כל הדורות הבאים אחריך להקהל קהילות בכל שבת, וליכנס בבתי כנסיות ובבתי מדרשות ללמוד בהן תורה ברבים.
ר"א אומר, ויקהל משה, א"ל הקב"ה לישראל, אם אתם נקהלים בכל שבת ושבת לבתי כנסיות ולבתי מדרשות וקורין בתורה ובנביאים, מעלה אני עליכם כאלו המלכתם אותי בעולמי, שכן ישעיה הנביא מפרש (ישעיה מג, יב) ואתם עדיי נאם ה' ואני אל, אתם מעידים עלי שאני אלקים בעולם:
Et voici le langage du Tanya au siman 18 : et c'est une mitsva de s'assembler dans les synagogues pour exposer le sujet du jour aux femmes et aux gens du commun. Car ainsi est-il dans le Tan'houma, Vayakhel Moche : les maîtres de l'aggada disaient : du début de la Torah jusqu'à sa fin, il n'est pas de paracha à la tête de laquelle soit dit assemble, sinon cette paracha seule.
Et pourquoi ainsi. Le Saint béni soit-Il dit à Moche : descends et fais-Moi de grandes assemblées au sujet du Chabbat, afin que toutes les générations qui viendront après toi apprennent à assembler des assemblées chaque Chabbat, et à entrer dans les synagogues et les maisons d'étude pour y étudier la Torah en public.
Rabbi Eliezer dit : Vayakhel Moche : le Saint béni soit-Il dit à Israël : si vous vous assemblez chaque Chabbat aux synagogues et aux maisons d'étude et que vous lisez dans la Torah et dans les Prophètes, Je vous considère comme si vous M'aviez fait roi dans Mon monde, car ainsi Yechayahou le prophète explique (Yechayahou 43,12) : et vous êtes Mes témoins, oracle du Nom, et Moi El ; vous témoignez de Moi que Je suis Elokim dans le monde :
וזה לשון אבן שועיב בדרשת יום ראשון של פסח, היושבת בגנים חבירים מקשיבים לקולך השמיעני וכו' (שה"ש ח, יג) עד וזה הפסוק שהתחלנו דורשין אותו במדרש חזית על ישראל כשמתקבצים בבתי כנסיות ובבתי מדרשות להתפלל ולשמוע דברי תורה בשבתות וביום טוב, שהוא יותר מקובל ומרוצה לפני הקב"ה שמניחים תאוותיהם ובאים לשמוע דברי תורה. ועל זה אמר שלמה (שם ז, ז) מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים, כלומר זאת האהבה היא יותר יפה מכל האהבות, כשהיא ביום התענוגים, שמראים אהבה רבה לשם.
ואף כי בכל זמן היא טובה, היא טובה יותר בתענוגים כשבאים ומתקבצים להתפלל בימים טובים שמקדימים קול בשירות ובתשבחות להשם, ומלאכי השרת מקשיבים לקולך השמיעני, ע"כ. והאריך עוד בזה ולקצר אני צריך:
Et voici le langage de Ibn Chouib dans le discours du premier jour de Pessa'h : toi qui sièges dans les jardins, les compagnons écoutent ta voix, fais-la-moi entendre, etc. (Shir HaShirim 8,13) ; jusqu'à : et ce verset par lequel nous avons commencé, on l'expose dans le Midrach Hazit (Shir HaShirim Rabba) sur Israël lorsqu'ils se rassemblent dans les synagogues et les maisons d'étude pour prier et entendre des paroles de Torah les Chabbatot et à Yom Tov, ce qui est plus accepté et plus agréable devant le Saint béni soit-Il, car ils laissent leurs désirs et viennent entendre des paroles de Torah.
Et sur cela Shelomo a dit (ibid. 7,7) : que tu es belle et que tu es douce, amour dans les délices ; c'est-à-dire : cet amour est plus beau que tous les amours, lorsqu'il est au jour des délices, où l'on montre un grand amour pour le Nom.
Et bien qu'en tout temps il soit bon, il est meilleur dans les délices, lorsqu'ils viennent et se rassemblent pour prier aux Yom Tov, précédant de la voix par des chants et des louanges au Nom, et les anges du service écoutent ta voix, fais-la-moi entendre. Jusqu-ici.
Et il a encore allongé là-dessus, et je dois être bref :
מכל הלין למדנו, שלא נתנו שבתות וימים טובים לישראל אלא לשמוח בהם שמחת תורה כל אחד לפי מה שהוא. אם בעלי מקרא, מקרא.
אם בעלי משנה, משנה וכו'. או ישמע הדרוש מפי חכם הדורש להם מעניינו של יום, דברי פסח בפסח וכו', בצירוף הזכרת הניסים שעשה לנו הש"י בימים ההם:
De tout cela nous avons appris que les Chabbatot et les Yom Tov n'ont été donnés à Israël que pour s'y réjouir d'une joie de Torah, chacun selon ce qu'il est. S'ils sont maîtres de l'Écriture, l'Écriture.
S'ils sont maîtres de Michna, la Michna, etc. Ou qu'il entende le discours de la bouche du sage qui leur expose le sujet du jour, les paroles de Pessa'h à Pessa'h, etc., joint au souvenir des miracles que le Nom, qu'Il soit béni, a faits pour nous en ces jours :
ומה שאמרו חז"ל (פסחים קט, א) אין שמחה אלא בבשר וביין, כבר מפורש לעיל כוונתם בזה, כי בהתחזק הכוחות הגופניות, יתעוררו כוחות הנפש, על דרך מטעמים של יצחק וכו'. הביטה וראה מה שכתוב למעלה מזו, ואין צריך ביאור יותר והאריכות בזה יותר:
Et ce qu'ont dit nos Sages (Pessahim 109a) : il n'est de joie qu'avec de la viande et du vin, leur intention en ceci a déjà été expliquée plus haut : car lorsque les forces corporelles se renforcent, les forces de l'âme s'éveillent, à la manière des mets savoureux d'Yitshak, etc. Regarde et vois ce qui est écrit au-dessus de ceci, et il n'est besoin ni de plus d'explication ni de plus de développement là-dessus :
לבד ראה זה מצאתי, חמיתי ראיתי אור לנתיבתי בטור אורח חיים בסימן תי"ז זה לשונו, המועדים נתקנו כנגד אבות. פסח כנגד אברהם, דכתיב (בראשית יח, ו) לושי ועשי עגות, ופסח היה.
ושבועות כנגד יצחק, שתקיעת שופר של מתן תורה היה בשופר מאיל. סוכות כנגד יעקב, דכתיב (בראשית לג, יז) ולמקנהו עשה סוכות, עד כאן לשונו.
והוא בפרק מ"ב מפרקי ר' אליעזר ע"כ. המדרש הזה אומר דרשוני, דלפי פשוטו קשה הלא טעמי המועדים כולם כתובים בתורה.
פסח, על שם שפסח ה' וגו'. מצה, על שם שלא הספיק בצקם של אבותינו להחמיץ וכו'.
שבועות, זמן מתן תורתינו. וקרבנות שתי לחם, כנגד ב' תורות.
סוכות, כי בסוכות הושבתי וגו':
Seulement, vois ceci que j'ai trouvé : j'ai vu, j'ai aperçu une lumière pour mon sentier, dans le Tour Orah 'Hayim au siman 417, voici son langage : les fêtes ont été instituées en regard des Patriarches. Pessa'h en regard d'Avraham, il est écrit (Bereshit 18,6) : pétris et fais des gâteaux, et c'était Pessa'h.
Et Chavouot en regard d'Yitshak, car le son du chofar du don de la Torah était d'un chofar fait d'un bélier. Souccot en regard de Yaakov, il est écrit (Bereshit 33,17) : et pour son bétail il fit des cabanes.
Jusqu-ici ses paroles. Et cela se trouve au chapitre 42 de Pirke Rabbi Eliezer.
Jusqu-ici. Ce Midrach dit : expose-moi, car selon le sens simple il y a une difficulté : les raisons des fêtes ne sont-elles pas toutes écrites dans la Torah ?
Pessa'h, du fait que le Nom a passé, etc. Matsa, du fait que la pâte de nos pères n'a pas eu le temps de lever, etc.
Chavouot, le temps du don de notre Torah. Et les sacrifices des deux pains, en regard des deux Torahs.
Souccot, car Je les ai fait habiter dans des cabanes, etc. :
על כן חושב אני, שכלל כוונתם בזה מכוון למה שהזכרתי לעיל בסמוך, והוא ללמד דעת את העם שיזכור כל אדם במועדו באבות העולם ממעשה אבות ירשו בנים לעשות כמעשיהם (מלבד הטעמים הכתובים בתורה בהדיא). ויעשו את הפסח במועדו (במדבר ט, ה), כמו שעשה אברהם אבינו ע"ה עג"ת בפסח, והוא על דרך הרמז בנוטריקו"ן שלו *עבודה *גמילות חסדים *תורה כן יעשו גם הם אלו שלשה דברים בפסח שמלת עגות רומזת עליהם:
C'est pourquoi je pense que l'ensemble de leur intention en ceci vise ce que j'ai mentionné plus haut tout auprès, à savoir enseigner la connaissance au peuple, que chaque homme se souvienne en sa fête des Patriarches du monde : des actes des pères les fils ont hérité, pour faire comme leurs actes (outre les raisons écrites explicitement dans la Torah). Et qu'ils fassent la Pessa'h en son temps (Bamidbar 9,5), comme notre père Avraham, la paix soit sur lui, a fait עג"ת à Pessa'h, et c'est par voie d'allusion, par son notarikon (acronyme) : *עבודה *גמילות חסדים *תורה ; ainsi feront-ils eux aussi ces trois choses à Pessa'h, que le mot עגות indique :
עבודה, היא עבודת הש"י, שיזכור מעין המאורע, כי זכרון חסדו של הקב"ה שעשה עם אבותינו ועמנו היא עבודה שלימה שאנו זוכרים חסדיו ומשבחים לפניו בקול ובנעימה, ולשיר לפניו בשיר ומזמורים למי שעשה לאבותינו ולנו את כל הניסים האלו, הוציאנו מעבדות לחירות ומיגון לשמחה וכו', ולא נהיה כפויי טובה. כי בזכרנו חסדו ונפלאותיו, נעבוד אותו יותר בזריזות ונעשה המצות שקבע בנו שהם לזכרון יותר בזריזות ובדיקדוק.
וכבר נזכר לעיל בסמוך שהעבודה השלימה הוא עבודת הנפש עם עבודת הגוף. עבודת הגוף, להתענג במאכל ובמשתה כמו שכתוב בתורה במצות המועדים (דברים כז, ז) וזבחת שלמים ואכלת שם.
ועבודת הנפש, להודות ולהלל ולזכור ניסיו, ואז תהיה העבודה שלימה, עכ"ל:
Avoda, c'est le service du Nom, qu'Il soit béni : qu'il se souvienne de ce qui touche à l'événement, car le souvenir de la bonté du Saint béni soit-Il qu'Il a faite avec nos pères et avec nous est un service complet, que nous nous souvenons de Ses bontés et que nous louons devant Lui à voix et avec douceur, et que nous chantions devant Lui par le chant et les psaumes, à Celui qui a fait pour nos pères et pour nous tous ces miracles, Il nous a fait sortir de la servitude à la liberté et du deuil à la joie, etc., et que nous ne soyons pas des ingrats. Car en nous souvenant de Sa bonté et de Ses merveilles, nous Le servirons avec plus d'empressement et nous ferons les mitsvot qu'Il a fixées en nous, qui sont pour mémoire, avec plus d'empressement et de précision.
Et il a déjà été mentionné plus haut tout auprès que le service complet est le service de l'âme avec le service du corps. Le service du corps : se délecter dans le manger et le boire, comme il est écrit dans la Torah dans les mitsvot des fêtes (Devarim 27,7) : et tu immoleras des sacrifices de paix et tu mangeras là.
Et le service de l'âme : rendre grâce et louer et se souvenir de Ses miracles, et alors le service sera complet. Jusqu-ici ses paroles.
גמילות חסדים, הוא שצריך לגמול חסד ביום טוב יותר מבשאר הימים, דהיינו משלוח מנות, וכן אמר עזרא (נחמיה ח, י) שלחו מנות לאין נכון לו כדלקמן בסמוך (בסי' י"א), אם אתה משמח את שלי וכו':
Guémilout hassadim, c'est qu'il faut user de bonté à Yom Tov plus que les autres jours, c'est-à-dire l'envoi de portions, et ainsi a dit Ezra (Nehemia 8,10) : envoyez des portions à celui pour qui rien n'est prêt, comme ci-dessous tout auprès (au siman 11) : si tu réjouis le Mien, etc. :
תורה, כי צריך שילמוד תורה ביום טוב כדלעיל בסמוך, שהיום טוב מסוגל בזה יותר משאר הימים כדתניא (בשלהי מסכת מגילה (לא, א)) וידבר משה את מועדי ה' אל בני ישראל (ויקרא כג, מד), משה תיקן להם לישראל שיהיו שואלים ודורשים בעניינו של יום, הלכות פסח בפסח וכו', זהו עג"ת שעשה אברהם אבינו ע"ה ביום טוב של פסח, והוא הדין בכל המועדות:
Torah : car il faut qu'il étudie la Torah à Yom Tov, comme plus haut tout auprès, car Yom Tov y est plus disposé que les autres jours, comme il a été enseigné (à la fin du traité Meguila (31a)) : et Moche énonça les fêtes du Nom aux enfants d'Israël (Vayikra 23,44) ; Moche a institué pour Israël qu'ils demandent et exposent le sujet du jour, les lois de Pessa'h à Pessa'h, etc. C'est là l'עג"ת qu'a fait notre père Avraham, la paix soit sur lui, au Yom Tov de Pessa'h, et il en est de même pour toutes les fêtes :
שבועות, כנגד יצחק וכו', הכוונה שכשיזכור בתקיעת שופר של תורה שהיה מאיל של יצחק, או אז יכנע לבבו ויצרו לעבודת הש"י כמו שמסר יצחק נפשו. וגם כי יזכור שופר איל של יצחק יעוררנו על התשובה כמו שאנו תוקעין בשופר איל בראש השנה והוא יום הדין.
וכבר נזכר לעיל בסמוך שהימים האלה (רצה לומר ימים טובים), נזכרים ונעשים על התשובה מפני שהם יומי דדינא וזכרון אחד עולה לכאן ולכאן, וזכר שבועות והוא הדין לשאר מועדים:
Chavouot, en regard d'Yitshak, etc. : l'intention est que lorsqu'il se souviendra du son du chofar de la Torah, qui était du bélier d'Yitshak, alors son cœur et son penchant s'humilieront au service du Nom, qu'Il soit béni, comme Yitshak a livré son âme. Et aussi, lorsqu'il se souviendra du chofar du bélier d'Yitshak, cela l'éveillera à la techouva, comme nous sonnons du chofar d'un bélier à Roch Hachana, et c'est le jour du jugement.
Et il a déjà été mentionné plus haut tout auprès que ces jours (c'est-à-dire les Yom Tov) sont évoqués et accomplis en vue de la techouva, parce qu'ils sont des jours de jugement, et un seul souvenir monte ici et là ; et il a mentionné Chavouot, et il en est de même pour les autres fêtes :