שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Sukkah, Ner Mitzva (4/7)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit l'enseignement : l'âme jouit alors et les jouissances corporelles deviennent service du Nom. Si l'homme vise le plaisir de son corps, ce ne sont pas des assemblées saintes. Le Chla rapporte Rabbi Akiva : « vos nouvelles lunes et vos fêtes, mon âme les a prises en haine » vise le plaisir du corps ; pour le service, elles sont aimées. « Et tu te réjouiras dans ta fête » : viande et vin pour que le cœur soit bon dans la Torah, joie mêlée de joie de mitsva. Les fêtes sont des jours de jugement où il faut se purifier et étudier ; rire et légèreté y font pencher le monde.

Aussi : pourquoi nulle joie écrite à Pessa'h et trois à Souccot ; une mitsva fait pencher soi-même et tout Israël ; l'Akedat Its'hak : paroles de rapport au Chabbat comme allumer un feu.

ובעשותינו המצות על זה הדרך, מתענגת הנפש תענוג גדול, ובאותה שעה אפילו הדברים הגופניים שהם המאכל והמשתה והתענוגים האחרים כולם חוזרים רוחניים והם עבודת השם. ואם ח"ו אינו כן, אלא שהאדם מתכוין להנאת גופו, ואינו עובד לשם יתעלה העבודה הראוי, אינן מועדים ומקראי קודש.

ועל זה אמרו רז"ל, אלה הם מועדי, בזמן שאתם עושים המצות ומקדשין המועדות באסיפת העם בבתי כנסיות דהיינו מקראי קודש דכתיב על מקראיה ומהללים ומשבחים לשם ועוסקין בתורה, אלה הם מועדי. ואם לאו, אינם מועדי אלא מועדיכם, וכמו שהשיב רבי עקיבא לאותו מין שאמר לו מה אתם עושין עתה מועדים, והלא כתיב (ישעיה א, יד) חדשיכם ומועדיכם שנאה נפשי.

אמר ליה, מי כתיב חדשי ומועדי שנאה נפשי, חדשיכם ומועדיכם כתיב, בזמן שאתם מכוונים להנאת גופיכם בלבד הם שנואים, אבל אם הם לעבודתי אינן שנואים ואינם עלי לטורח אלא אהובים וחביבים, כדאיתא ברבה פר' כ"א. (לשון ספר המוסר פ"ח, אע"פ שחייב אדם לאכול בהם ולשתות ולענג כמ"ש למעלה, אל יאכל יותר מדאי, ואל ישתה עד שישתכר, שאם ישתכר יהפך לדעת אחרת ויהפך לו העונג לצער.

ועל אלו וכיוצא בהם אמר הנביא ישעיה (שם טו) בחגים ובמועדים אעלים עיני מהם, וכתיב חדשיכם ומועדיכם שנאה נפשי וגומר, וכתיב (מלאכי ב, ג) וזריתי פרש על פניכם פרש חגיכם, ואמרו רז"ל (שבת קנא, ב) אלו בני אדם שאוכלין ושותין ומשתכרין יותר מדאי, כסבורים שמענגין שבתות וימים טובים. אלא צריך לענג שבת ויום טוב כהוגן, וישתדל ללמוד תורה בשבתות וימים טובים ולא ישב בטל, כדגרסינן בפרק יום טוב (ביצה טו, ב), תניא ר"א אומר, אין לו לאדם ביום טוב אלא אוכל ושותה, או יושב ושונה.

ר"י אומר, חלקהו חציו לאכילה ושתיה וחציו לב"ה וכו'). ומה שציוותה התורה (דברים טז, יד) ושמחת בחגיך ודרשו רבותינו ז"ל (פסחים קט, א) אין שמחה אלא בבשר ויין, וכתיב במצות המועדים (דברים כז, ז) וזבחת שלמים ואכלת שם, אין כוונתם אל מלוי הכרס ולהנאת החיך ח"ו רק שיאכל וישתה כדי שייטיב לבו בתורה כי בהתחזק הכוחות הגופניות יתחזקו הכוחות הנפשיות כמ"ש הבחיי בפרשת תולדות גבי מטעמים של יצחק ובפרשת יתרו גבי סעודות אהרן וזקני ישראל ולא כמו שעושים מקצת ההמוניים בחגים ובמועדים הולכין לרעות את עצמן במרעה טוב ושמן האוכלים למעדנים וישתו וישכרו סעודות מריעות תכלית כוונתם למשוך ביין את בשרם להתענג בתענוג הגופניות גם בלא דעת נפש כלל ובטוב לבם ביין יתרועעו אף ישירו שיר של פגעים ושוחקים במיני שחוק וטיילים כדרך הגוים בחגיהם שנאמר (הושע ט, א) אל תשמח ישראל אל גיל כעמים כדאיתא בפ"ק דגיטין (ז, א,) אלא יהיה בשמחת המועדים עצמן:

Et lorsque nous accomplissons les mitsvot de cette manière, l'âme jouit d'une grande jouissance, et à cette heure même les choses corporelles, qui sont la nourriture et la boisson et les autres jouissances, toutes deviennent spirituelles et elles sont le service du Nom. Et si, à Dieu ne plaise, il n'en est pas ainsi, mais que l'homme vise le plaisir de son corps, et qu'il ne sert pas le Nom, qu'Il soit exalté, du service qui convient, ce ne sont pas des fêtes ni des assemblées saintes.

Et sur cela nos Sages ont dit : ceux-ci sont Mes fêtes, lorsque vous accomplissez les mitsvot et que vous sanctifiez les fêtes par le rassemblement du peuple dans les synagogues, c'est-à-dire des assemblées saintes, comme il est écrit au sujet de leurs convocations, et qu'ils louent et célèbrent le Nom et s'occupent de Torah, ceux-ci sont Mes fêtes. Et sinon, ce ne sont pas Mes fêtes mais vos fêtes, et comme Rabbi Akiva répondit à ce min (hérétique) qui lui dit : quoi, vous faites encore des fêtes, n'est-il pas écrit (Yechayahou 1,14) vos nouvelles lunes et vos fêtes, mon âme les a prises en haine.

Il lui dit : est-il écrit Mes nouvelles lunes et Mes fêtes, mon âme les a prises en haine ? Vos nouvelles lunes et vos fêtes est écrit : lorsque vous visez uniquement le plaisir de vos corps, elles sont prises en haine, mais si elles sont pour Mon service, elles ne sont pas prises en haine et elles ne Me sont pas à charge, mais aimées et chères, comme il est dans le Rabba, paracha 21.

(Paroles du Sefer HaMussar, chapitre 8 : bien que l'homme soit tenu d'y manger et de boire et de se réjouir, comme il a été dit plus haut, qu'il ne mange pas trop, et qu'il ne boive pas jusqu'à s'enivrer, car s'il s'enivre cela se changera en une autre disposition d'esprit et la jouissance se changera pour lui en peine. Et sur ceux-ci et leurs semblables le prophète Yechayahou a dit (ibid.

15) : aux fêtes et aux solennités J'éloignerai Mes yeux d'eux, et il est écrit : vos nouvelles lunes et vos fêtes, mon âme les a prises en haine, etc., et il est écrit (Malakhi 2,3) : Je répandrai de la fiente sur vos visages, la fiente de vos fêtes, et nos Sages ont dit (Chabbat 151b) : ce sont des hommes qui mangent et boivent et s'enivrent trop, s'imaginant qu'ils procurent de la jouissance aux Chabbatot et aux Yamim Tovim. Mais il faut procurer de la jouissance au Chabbat et au Yom Tov comme il convient, et s'efforcer d'étudier la Torah aux Chabbatot et aux Yamim Tovim et ne pas rester oisif, comme nous apprenons au chapitre Yom Tov (Betsa 15b), il est enseigné : Rabbi Eliezer dit : l'homme n'a à Yom Tov que de manger et de boire, ou de s'asseoir et d'étudier.

Rabbi Yehoshua dit : partage-le, une moitié pour le manger et le boire et une moitié pour le beit hamidrash (maison d'étude), etc.) Et ce que la Torah a ordonné (Devarim 16,14) et tu te réjouiras dans ta fête, et nos maîtres ont interprété (Pessahim 109a) il n'est de joie qu'avec de la viande et du vin, et il est écrit au sujet de la mitsva des fêtes (Devarim 27,7) et tu immoleras des sacrifices de paix et tu mangeras là : leur intention n'est pas le remplissage du ventre et le plaisir du palais, à Dieu ne plaise, mais seulement qu'il mange et boive afin que son cœur soit bon dans la Torah, car lorsque les forces corporelles se renforcent, les forces de l'âme se renforcent, comme l'a écrit le Ba'hya dans la paracha Toldot a propos des mets savoureux de Yitshak et dans la paracha Yitro à propos des repas d'Aharon et des anciens d'Israël ; et non comme le font quelques-uns du commun aux fêtes et aux solennités, ils vont se paître eux-mêmes dans un pâturage bon et gras, ceux qui mangent des mets délicats, et ils boiront et s'enivreront, repas de compagnons, le but entier de leur intention étant de tirer par le vin leur chair pour jouir de la jouissance corporelle, même sans aucune connaissance de l'âme du tout, et dans la bonté de leur cœur par le vin ils s'exclament ensemble et même chantent un chant de fléaux, et ils rient de sortes de rires et se promènent à la manière des nations dans leurs fêtes, comme il est dit (Hoshea 9,1) ne te réjouis pas, Israël, vers l'allégresse comme les peuples, comme il est au premier chapitre de Gittin (7a) ; mais que ce soit dans la joie des fêtes elles-mêmes :

וכן כתב הטור אורח חיים בהלכות יום טוב בסימן תקכ"ט זה לשונו, אע"פ שהאכילה והשתיה במועד מצוה היא, לא יהא אוכל ושותה כל היום, אלא כך היא המדה, כל העם משכימין לבתי כנסיות ולבתי מדרשות ומתפללים וקורים בתורה בענין היום, וחוזרין לבתיהם ואוכלין, והולכין לבתי מדרשות ושונין עד חצי היום ומתפללים תפלת המנחה, וחוזרין לבתיהם לשתות שאר היום עד הלילה. כשאדם אוכל ושותה ושמח ברגל, לא ימשוך בבשר ויין ובשחוק וקלות ראש, לפי שאין השחוק וקלות ראש שמחה אלא הוללות וסכלות, ולא נצטווינו על ההוללות והסכלות, אלא על שמחה שיש בה עבודת היוצר וכו', עד מדת החסידים אשר השם לנגדם תמיד ובכל דרכיהם ידעוהו, ובעת שמחתם אז יותר ויותר מברכין ומשבחין להקב"ה אשר שמחם.

ויאמר האדם בלבו בעת שמחתו והנאתו, אם כך היא שמחת העולם הזה אשר הוא הבל כי יש אחריה תוגה וצער, א"כ מה תהיה שמחת העולם הבא התמידית שאין אחריה תוגה. ויתפלל להקב"ה שיטה לבו לעבדו לעשות רצונו בלב שלם, ושישמחנו בשמחת העולם, ויזכנו לחיי עולם הבא לאור באור פני מלך חיים, עד כאן לשון הטור וכן הוא בשלחן ערוך (סעיף ג):

Et ainsi a écrit le Tour, Orah Haim, dans les lois de Yom Tov, section 529, voici ses paroles : bien que le manger et le boire à la fête soient une mitsva, qu'il ne soit pas à manger et à boire tout le jour, mais telle est la mesure : tout le peuple se lève tôt pour les synagogues et les maisons d'étude, et ils prient et lisent dans la Torah le sujet du jour, et ils retournent à leurs maisons et mangent, et ils vont aux maisons d'étude et étudient jusqu'à midi et prient la tefila de minha, et ils retournent à leurs maisons pour boire le reste du jour jusqu'à la nuit. Lorsque l'homme mange et boit et se réjouit à la fête, qu'il ne s'étende pas dans la viande et le vin et dans le rire et la légèreté, car le rire et la légèreté ne sont pas une joie mais une dissipation et une sottise, et nous n'avons pas été commandés sur la dissipation et la sottise, mais sur une joie dans laquelle il y a le service du Créateur, etc., jusqu'à la mesure des pieux pour qui le Nom est toujours devant eux et qui, dans toutes leurs voies, Le connaissent, et au temps de leur joie alors de plus en plus ils bénissent et louent le Saint béni soit-Il qui les a réjouis.

Et que l'homme dise en son cœur au temps de sa joie et de son plaisir : si telle est la joie de ce monde, qui est vanité, car après elle il y a le chagrin et la peine, dès lors quelle sera la joie du monde à venir, la joie perpétuelle après laquelle il n'y a pas de chagrin. Et qu'il prie le Saint béni soit-Il qu'Il incline son cœur à Le servir, à faire Sa volonté d'un cœur entier, et qu'Il nous réjouisse de la joie du monde, et qu'Il nous fasse mériter la vie du monde à venir, pour luire à la lumière de la face du Roi vivant.

Jusqu-ici les paroles du Tour, et ainsi est-il dans le Choulhan Aroukh (paragraphe 3) :

וזה לשון בעל צדה לדרך בהלכות יום טוב, מדת החסידים כך, ישימו לנגדם הש"י תמיד, וידעוהו בכל דרכיהם, ובעת שמחתם יזכרוהו וישבחוהו וירוממוהו, וזאת היא השמחה השלימה שאין אחריה תוגה, כמו שאמר שלמה המלך ע"ה בשיר השירים (א, ד) שהיא קודש קדשים (ידים ג, ה), נגילה ונשמחה בך. וזאת היא השמחה הגדולה שאמר דוד המלך ע"ה (תהלים קיח, כד) זה היום וגו' נגילה ונשמחה בו, עד כאן לשון צדה לדרך.

והנה עיניכם הרואות שכל המפרשים שווין בזה, שמה שציותה התורה ושמחת בחגיך, רצונה בזה שתהא מעורבת ובלולה בשמחה של מצוה, בשיר ישתו יין ישמחו וירננו צדיקים בה' לזכור חסדי ה' כעל כל אשר גמלם ה' כדלעיל:

Et voici les paroles de l'auteur du Tseda LaDerekh dans les lois de Yom Tov : la mesure des pieux est ainsi : ils placent devant eux le Nom, qu'Il soit béni, toujours, et ils Le connaissent dans toutes leurs voies, et au temps de leur joie ils se souviennent de Lui et Le louent et L'exaltent, et c'est là la joie complète après laquelle il n'y a pas de chagrin, comme l'a dit le roi Salomon, paix soit sur lui, dans le Chir Hachirim (1,4), qui est saint des saints (Yadayim 3,5) : exultons et réjouissons-nous en Toi. Et c'est là la grande joie dont a parlé le roi David, paix soit sur lui (Tehilim 118,24) : voici le jour, etc., exultons et réjouissons-nous en lui.

Jusqu-ici les paroles du Tseda LaDerekh. Et voici, vos yeux voient que tous les commentateurs sont d'accord en cela, que ce que la Torah a ordonné : et tu te réjouiras dans ta fête, sa volonté en cela est qu'elle soit mêlée et imprégnée d'une joie de mitsva, que par le chant ils boivent le vin, que les tsadikim se réjouissent et chantent en ה', pour se souvenir des bontés du Nom, pour tout ce dont le Nom les a comblés, comme plus haut :

על כן כל איש ביינו יקדש עצמו במותר לו, ולא יהיה בסובאי יין וזוללי בשר, אך אשר יאכל לכל נפש הוא לבדו יעשה לו כדרך שנזכר לעיל. ויזכור כי ימי המועדים הם ימי דין כאמרם ז"ל במשנה (פ"ק דראש השנה (ב)) בארבעה פרקים העולם נידון, בפסח על התבואה, בעצרת על פירות האילן, בראש השנה כל באי עולם עוברין לפניו כבני מרון, ובחג נידונים על המים, עד כאן לשון המשנה.

הרי שכל המועדות ימי דין:

C'est pourquoi tout homme, dans son vin, se sanctifiera dans ce qui lui est permis, et il ne sera pas parmi les buveurs de vin et les engloutisseurs de viande, mais seulement ce qui se mange pour toute âme, cela seul sera fait pour lui, de la manière mentionnée plus haut. Et qu'il se souvienne que les jours des fêtes sont des jours de jugement, comme l'ont dit nos Sages dans la michna (premier chapitre de Roch Hachana (2)) : en quatre temps le monde est jugé : à Pessa'h sur le blé, à Atseret (Chavouot) sur les fruits de l'arbre, à Roch Hachana tous ceux qui viennent au monde passent devant Lui comme des brebis, et à la fête ils sont jugés sur l'eau.

Jusqu-ici les paroles de la michna. Voici donc que toutes les fêtes sont des jours de jugement :

וזה לשון הבחיי בסוף פרשת ראה, במדרש, מפני מה לא הזכירה התורה שמחה בפסח והזכיר שמחה בעצרת ובסוכות שלשה שמחות, (דברים טז, יד) ושמחת בחגיך והיית אך שמח, (שם יא) ושמחת לפני ה' א-להיך. לפי ששנינו בארבעה פרקים העולם נידון, בפסח על התבואה, בעצרת על פירות האילן, בראש השנה כל באי עולם עוברין לפניו כבני מרון, ובחג נידונים על המים.

ומפני שפסח יום הדין וכל הדינים עתידים להעשות, לכך לא נזכר בו שמחה כלל. בעצרת שכבר עבר דין אחד של פסח, נכתב בו שמחה אחת.

ובחג שכבר עברו שלשה דינין פסח ועצרת וראש השנה, לכך נכתבו בו שלשה שמחות, עד כאן:

Et voici les paroles du Ba'hya à la fin de la paracha Reeh, dans le Midrach : pourquoi la Torah n'a-t-elle pas mentionné de joie à Pessa'h, et a-t-elle mentionné une joie à Atseret et à Souccot trois joies, (Devarim 16,14) et tu te réjouiras dans ta fête et tu ne seras que joyeux, (ibid. 11) et tu te réjouiras devant ה' ton Dieu.

Parce que nous avons appris : en quatre temps le monde est jugé, à Pessa'h sur le blé, à Atseret sur les fruits de l'arbre, à Roch Hachana tous ceux qui viennent au monde passent devant Lui comme des brebis, et à la fête ils sont jugés sur l'eau. Et parce que Pessa'h est le jour du jugement et que tous les jugements sont encore à venir, c'est pourquoi aucune joie n'y a été mentionnée du tout.

À Atseret, où déjà un jugement, celui de Pessa'h, est passé, une joie y a été écrite. Et à la fête, où déjà trois jugements sont passés, Pessa'h et Atseret et Roch Hachana, c'est pourquoi trois joies y ont été écrites.

Jusqu-ici :

ואמרו בפרק קמא דקידושין (מ, ב), לעולם יראה אדם עצמו כאלו חציו חייב וחציו זכאי. עשה מצוה אחת, אשריו שהכריע עצמו לכף זכות.

עבר עבירה אחת, אוי לו שהכריע את עצמו לכף חובה, שנאמר (קהלת ט, יח) וחוטא אחד יאבד טובה הרבה, בשביל חטא יחידי שחטא אבד ממנו טובות הרבה. רבי אליעזר ברבי שמעון אומר, לפי שהעולם נידון אחר רובו, והיחיד נידון אחר רובו, עשה מצוה אחת אשריו שהכריע את עצמו ואת כל העולם לכף זכות, עבר עבירה אחת אוי לו שהכריע את עצמו ואת כל העולם לכף חובה, שנאמר וחוטא אחד יאבד טובה הרבה, בשביל חטא יחידי שחטא זה, אבד ממנו ומכל העולם טובה הרבה עד כאן.

פירש רש"י, לפי שהעולם נידון אחר רובו וכו', יראה אדם עצמו כאלו כל העולם שקול כמחצה צדיקים וחסידים, ומחצה רשעים, כאלו מעשיו שקולים במחצה על מחצה. עשה מצוה אחת, נמצא זכיותיו מכריעות ונמצא צדיק, ועל ידו כל העולם הוכרע להיות רובן צדיקים, עד כאן לשון רש"י:

Et ils ont dit au premier chapitre de Kiddouchin (40b) : que l'homme se voie toujours comme s'il était à moitié coupable et à moitié justifié. Il a fait une mitsva : heureux est-il, car il s'est fait pencher vers le plateau du mérite.

Il a transgressé une transgression : malheur à lui, car il s'est fait pencher vers le plateau de la condamnation, comme il est dit (Kohelet 9,18) et un seul pécheur perd beaucoup de bien : à cause d'un péché unique qu'il a péché, beaucoup de biens se sont perdus de lui. Rabbi Eliezer fils de Rabbi Chimon dit : parce que le monde est jugé d'après sa majorité, et l'individu est jugé d'après sa majorité, il a fait une mitsva : heureux est-il, car il a fait pencher lui-même et tout le monde vers le plateau du mérite ; il a transgressé une transgression : malheur à lui, car il a fait pencher lui-même et tout le monde vers le plateau de la condamnation, comme il est dit : et un seul pécheur perd beaucoup de bien : à cause d'un péché unique que celui-ci a péché, beaucoup de bien s'est perdu de lui et de tout le monde.

Jusqu-ici. Rachi a expliqué : parce que le monde est jugé d'après sa majorité, etc. : que l'homme se voie comme si tout le monde était en balance, moitié tsadikim et pieux, et moitié méchants, comme si ses actes étaient en balance moitié contre moitié.

Il a fait une mitsva : ses mérites se trouvent pencher et il se trouve tsadik, et par son moyen tout le monde à été fait pencher pour que leur majorité soit tsadikim. Jusqu-ici les paroles de Rachi :

וכן כתב הסמ"ק בסי' ר"ד וזה לשונו, ויחשוב כאלו הוא וכל ישראל מחצה זכיות ומחצה עוונות, ואם עושה עבירה אחת, אוי לו שהכריע עצמו וכל ישראל לכף חובה, שנאמר וחוטא אחד *יאבד *טובה *הרבה, ראשי תיבות יטה, כלומר שיטה ויכריע המאזנים לכף חובה. ואם עושה מצוה אחת, אשריהו שהכריע עצמו וכל ישראל לכף זכות, עד כאן לשונו.

וכן הוא בספר המדע בהלכות תשובה פ"ג (א-ב). נמצא שהחוטא אז בשחוק וקלות ראש ביום טוב, חמור יותר משאר שנה, שמאחר שהעולם נידון, בחטא אחד אפשר שיוכרע העולם לכף חובה, ואז כל אותם העניים שימותו או יצטערו מחמת עוני הרעב והצמא כולם תלויים עליו.

ובימי המועדים ומלבד שמזונות האדם תלויים בהם, גם חיי האדם ונשמתו תלויין בדין, כמו שכתב בעל ראשית חכמה בשער הקדושה פרק י"ב, עיין שם:

Et ainsi a écrit le Semak (Sefer Mitsvot Katan) à la section 204, et voici ses paroles : et qu'il pense comme s'il était, lui et tout Israël, moitié mérites et moitié fautes, et s'il fait une transgression, malheur à lui, car il a fait pencher lui-même et tout Israël vers le plateau de la condamnation, comme il est dit : et un seul pécheur perd beaucoup de bien (יאבד טובה הרבה), les initiales font יטה, c'est-à-dire qu'il fera pencher et inclinera la balance vers le plateau de la condamnation. Et s'il fait une mitsva, heureux est-il, car il a fait pencher lui-même et tout Israël vers le plateau du mérite.

Jusqu-ici ses paroles. Et ainsi est-il dans le Sefer HaMada, dans les lois de la techouva, chapitre 3 (1-2).

Il en résulte que celui qui faute alors par le rire et la légèreté à Yom Tov est plus grave que le reste de l'année, puisque le monde est jugé, par un seul péché il est possible que le monde soit fait pencher vers le plateau de la condamnation, et alors tous ces pauvres qui mourront ou souffriront à cause de la misère de la faim et de la soif, tous sont suspendus à lui. Et aux jours des fêtes, et outre que la nourriture de l'homme en dépend, aussi la vie de l'homme et sa nechama dépendent du jugement, comme l'a écrit l'auteur du Rechit 'Hokhma dans la Porte de la sainteté, chapitre 12, vois-y :

ולפי שהמועדים ימי דינא, אמר רבי יצחק (ר"ה טז, ב) חייב אדם לטהר את עצמו ברגל, כדי שיכנס בטהרה ליום הדין כמו ראש השנה ויום כפור. ואחר שהוא מבואר שהימים טובים הם יומי דדינא, אין ראוי שיתעצל אדם בהם מלבקש על נפשו בתפלה ובתחנונים כפי משפט היום, כמו שאין ראוי להתעצל בימים נוראים.

ואמרינן בירושלמי, האי בר נש דדמיך בריש שתא ודיינין יתיה וכו'. ולאו דוקא שישן, אלא כל שהוא יושב בטל אעפ"י שהוא ער ישן קרי ליה, הואיל ואינו עושה מעשה טוב ביום דין.

והוא הדין לשאר הימים טובים שהם כולי יומי דדינא כמבואר לעיל, ואין טוב לאדם כי אם לאכול ולשתות ויראה את נפשו בטוב, ואין טוב אלא תורה כי לה משפט הבכורה וכפליים לתושיה בענין הלימוד וההתלמדות ביום טוב יותר משאר הימים, לפי שהם ימי מקראי קודש וימי מנוחה פנוים מכל מלאכה אשר זה סבה גדולה וחזקה ללמוד בכוונה שלימה יותר מימי המעשה כמו שהארכתי קצת בזה בריש חיבורי הקטן אשר קראתיו ברי"ת אברה"ם:

Et parce que les fêtes sont des jours de jugement, Rabbi Yitshak a dit (Roch Hachana 16b) : l'homme est tenu de se purifier à la fête, afin d'entrer en pureté au jour du jugement, comme Roch Hachana et Kippour. Et une fois qu'il est clair que les Yamim Tovim sont des jours de jugement, il n'est pas convenable que l'homme y soit paresseux à demander pour son âme par la tefila et par les supplications selon le droit du jour, comme il n'est pas convenable de se montrer paresseux aux jours redoutables.

Et nous disons dans le Yerouchalmi : cet homme qui dort au début de l'année et qu'on le juge, etc. Et ce n'est pas précisément qu'il dorme, mais quiconque reste oisif, bien qu'il soit éveillé, on l'appelle endormi, puisqu'il ne fait pas une action bonne au jour du jugement.

Et il en va de même pour les autres Yamim Tovim, qui sont tous des jours de jugement comme il a été expliqué plus haut, et il n'est de bien pour l'homme que de manger et de boire et qu'il voie son âme dans le bien, et il n'est de bien que la Torah, car à elle appartient le droit d'aînesse et le double de la sagesse, en matière d'étude et d'enseignement à Yom Tov plus qu'aux autres jours, parce que ce sont des jours d'assemblées saintes et des jours de repos, libres de tout travail, ce qui est une cause grande et forte pour étudier avec une intention complète plus qu'aux jours ouvrables, comme je me suis un peu étendu là-dessus au début de mon petit ouvrage que j'ai appelé Brit Avraham :

וכן כתב בעל העקידה גבי שבת בפרשת ויקהל שער כ"ה וזה לשונו, העיקר הכוונה מה שתיישר אותנו השביתה לקבוע בלבנו למוד התורה ופירושה, לפי שבו ינוחו מכל עסקי הזמנים המטרידים אשר לסבת זה יפנה לבבם להקהל ולעמוד על נפשם מפי המלמד ולקרא כלם בשם ה' מקרא ומשנה ותלמוד איש איש לפי ערכו, והמשכילים ימצאו בו נחת רוח כי יבקשו תורה מפיהם וכו', עד בתלמוד ירושלמי (שבת פט"ו ה"ג דף עח, א) לא נתנו שבתות וימים טובים לישראל אלא ללמוד בהם תורה וכולי. והאריך בזה, וסוף דבריו שם, ולא כאותן שהורגלו בישיבת עמי הארץ ודברי רכילות ולשון הרע המטילים קנאה ושנאה בין איש ובין אחיו ובין גרו אשר, הם מאזרי זיקות באפם עצם לחרחר ריב ומדון, אשר בהם מטרידים התפילה ומונעים התורה, והם בכלל (שמות לה, ג) לא תבערו אש ביום השבת, עד כאן לשונו הצריך לעניינינו:

Et ainsi a écrit l'auteur de l'Akeda (Akédat Yitshak) à propos du Chabbat, dans la paracha Vayakhel, porte 25, et voici ses paroles : l'essentiel de l'intention, c'est ce à quoi le repos nous dressera pour fixer dans notre cœur l'étude de la Torah et son explication, parce qu'en ce jour ils se reposent de toutes les affaires des temps qui occupent, et qu'à cause de cela leur cœur se tournera pour se rassembler et pour veiller sur leur âme de la bouche du maître, et pour que tous lisent au nom de ה' l'Écriture et la Michna et le Talmud, chacun selon son rang, et les intelligents y trouveront un contentement d'esprit, car ils rechercheront la Torah de leur bouche, etc., jusqu'au Talmud Yerouchalmi (Chabbat chapitre 15, halakha 3, folio 78a) : les Chabbatot et les Yamim Tovim n'ont été donnés à Israël que pour y étudier la Torah, etc. Et il s'est étendu là-dessus, et la fin de ses paroles là : et non comme ceux qui se sont habitués à siéger avec les ignorants et aux paroles de rapport et à la méchanceté de langue, qui jettent la jalousie et la haine entre l'homme et son frère et son prochain, eux qui ceignent des étincelles, dans l'essence de leur colère, pour attiser querelle et discorde, par lesquels ils dérangent la tefila et empêchent la Torah, et ils sont dans le principe de (Chemot 35,3) vous n'allumerez pas de feu le jour du Chabbat.

Jusqu-ici ses paroles nécessaires à notre sujet :

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