שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Sukkah, Ner Mitzva (3/7)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

« Et tu te réjouiras dans ta fête » (Devarim 16,14) : le Chla recopie son père. Salomon a dit : « va, mange ton pain avec joie et bois ton vin d'un cœur bon, car déjà Hachem a agréé tes œuvres ». Certains se mortifient et se séparent du corps ; d'autres courent après les plaisirs. La Torah prescrit la voie médiane : une part pour la nechama (âme), prier, Torah et mitsvot, et une part pour le corps, manger et boire du permis selon le besoin. Aux fêtes, on se réjouit dans le corps et dans l'âme ensemble, par les mets, les chants et le souvenir des bontés, et l'on exulte en Hachem.

Aussi : érouv tavchilin : un pain et un plat de valeur préparés pour Chabbat, transmis pour tous les habitants de la ville ; celui qui méprise hol hamoed, même avec Torah et bonnes actions, n'a pas de part au monde à venir.

עירוב תבשילין ראיתי הרבה המוניים לוקחין פת, ולוקחין בשר עצם אחד שפל ומשופל. בודאי לענין דינא יוצאים, אבל חביבה מצוה בשעתה.

ואל תהי מצוה זו קלה בעיניך, ולא לחנם אמרו רז"ל (יומא כח, ב) שקיים אברהם מצות עירוב תבשילין, ובספר יוחסין כתוב סוד בדבר זה. על כן כל איש השמח במצוה יקח פת המוכן לסעודת שחרית של שבת או של סעודה שלישית, וגם יקח תבשיל חשוב המוכן לו לסעודה של שבת, כגון חתיכת דג חשוב, או בשר או תרנגול, ומה שחננו ה' המוכן לו לסעודת שבת שחרית או לסעודה שלישית.

אבל אותן האנשים הלוקחין עצם קטן, ועל כל פנים מכינים סעודת שבת, א"כ בחנם עושים המצוה בביזוי, ואפשר שאח"כ משליכין אותו. על כן מנהג טוב לנהוג כמו שכתבתי:

Érouv tavchilin (le plat mis de côté avant Yom Tov afin de pouvoir cuisiner pour Chabbat) : j'ai vu quantité de gens du commun prendre un pain, et prendre un os de viande, bas et misérable. Certes, quant à la loi, ils s'acquittent ; mais une mitsva est précieuse lorsqu'elle est faite en son heure.

Que cette mitsva ne soit pas légère à tes yeux, et ce n'est pas en vain que nos maîtres ont dit (Yoma 28b) qu'Avraham a accompli la mitsva de erouv tavchilin, et dans le Sefer Yohassin il est écrit qu'un secret se cache dans cette affaire. C'est pourquoi tout homme qui se réjouit dans la mitsva prendra un pain préparé pour le repas du matin de Chabbat ou pour le troisième repas, et il prendra aussi un plat de valeur préparé pour son repas de Chabbat, comme un beau morceau de poisson, ou de la viande, ou de la volaille, et ce dont le Nom l'a gratifié et qui est préparé pour son repas du matin de Chabbat ou pour le troisième repas.

Mais ces hommes qui prennent un petit os, alors que de toute façon ils préparent le repas de Chabbat, accomplissent donc pour rien la mitsva dans le mépris, et il se peut qu'ensuite ils le jettent. C'est pourquoi c'est une bonne conduite que d'agir comme je l'ai écrit :

גם ראוי שכל אחד יעשה בשביל כל בני העיר ויזכה את העירוב על ידי אחר, כי אולי שכחה היא לאחד מבני העיר או איזה אלמנות בר מינן שאינן יודעים. וכבר ראיתי רבותי נוהגין גם כן ככה בכל ערב שבת בעירובי חצירות, וכמו שעשה מהרי"ל.

ואשרי לאדם הזוכה ומזכה:

Il convient aussi que chacun le fasse pour tous les habitants de la ville et transmette le erouv par l'intermédiaire d'un autre, car peut-être l'un des habitants de la ville a-t-il oublié, ou bien y a-t-il des veuves, que cela ne nous arrive pas, qui n'en savent rien. Et j'ai déjà vu mes maîtres agir ainsi également chaque veille de Chabbat pour le erouv des cours, comme l'a fait le Maharil.

Heureux l'homme qui mérite et qui fait mériter autrui :

הא דתנן המבזה את המועדות כו' אעפ"י שיש בידו תורה ומעשים טובים אין לו חלק לעולם הבא (אבות ג, יא). פירוש מועדות, חול המועד.

א"כ ראה כמה עונש מגיע לבעלי משא ומתן העוברים על הדינים המוזכרים לענין חול המועד, כאשר בעונותינו הרבים ראיתי פרצה זו בחוצה לארץ. על כן שומר נפשו ירחק ואז טוב לו:

Ce que nous avons appris dans la michna : celui qui méprise les fêtes, etc., même s'il a en main la Torah et de bonnes actions, n'a pas de part au monde à venir (Avot 3,11). Le sens de fêtes, ce sont les jours intermédiaires de la fête (hol hamoed).

Vois donc quel châtiment atteint les gens de négoce qui transgressent les lois énoncées à propos de hol hamoed, comme, par nos nombreuses fautes, j'ai vu cette brèche hors de la Terre d'Israël. C'est pourquoi celui qui garde son âme s'en éloignera, et alors il sera bien pour lui :

סוד עירוב תבשילין מצאתי בכתבי הקודש לתלמידי האר"י ז"ל, ותמצא בסוף מועד קטן דף ז':

Le secret du erouv tavchilin, je l'ai trouvé dans les écrits saints des disciples de l'Ari (Rabbi Itshak Louria), sa mémoire est une bénédiction, et tu le trouveras à la fin de Moed Katan, folio 7 :

בענין ושמחת בחגיך (דברים טז, יד), אעתיק דברי קדושת אב"א מור"י זלה"ה בספר עמק ברכה דף ק"ט וזה לשונו, כלל זה לכל שבתות ומועדים כיצד יתנהג האדם בהם במאכל ומשקה ובגדים ובלשון לימודים. אמר שלמה המלך ע"ה (בספר קהלת (ט, ז)) לך אכול בשמחה לחמך ושתה בלב טוב יינך כי כבר רצה הא-להים את מעשיך.

ידוע הוא כי יש בכתות בני אדם דעות חלוקות בעבודת הש"י:

À propos de et tu te réjouiras dans ta fête (Devarim 16,14), je recopie les paroles saintes de mon père et maître, sa mémoire est pour la vie du monde à venir, dans le livre Emek Berakha, folio 109, et voici ses paroles : voici une règle générale pour tous les Chabbatot et toutes les fêtes, comment l'homme doit s'y conduire, dans la nourriture, la boisson, les vêtements et la manière d'étudier. Le roi Salomon, la paix soit sur lui, a dit (dans le livre de Kohelet 9,7) : va, mange ton pain avec joie et bois ton vin d'un cœur bon, car déjà Dieu a agréé tes œuvres.

Il est connu que, parmi les catégories d'hommes, les opinions se divisent quant au service du Nom, qu'Il soit béni :

מהם מסגפין עצמם ואינם רוצים להנות מן הדברים הגופנים ופורשין עצמן מהן מכל, וזה אינו דרך ישרה, כי אין זה כוונת הבורא ית' כי לא לתוהו בראה אלא לשבת יצרה (ישעיה מה, יח):

Il en est qui se mortifient, qui ne veulent tirer aucune jouissance des choses du corps et qui s'en séparent entièrement ; et ce n'est pas une voie droite, car telle n'est pas l'intention du Créateur, qu'Il soit béni, car il ne l'a pas créée pour le chaos, il l'a formée pour être habitée (Yechayahou 45,18) :

ויש כת אחרת עושה בהפך, שהולכין אחר ההנאות ומשליכין עבודת ית' אחר גיום, וזו פחותה מן הראשונה. אבל הנראה מתורתינו הקדושה ומדברי חז"ל הוא ללכת בדרכי המיצוע, כי הש"י הרכיב הנשמה העליונה רוחנית בגוף אופל ועכור שיחיו שניהם יחדיו, ויש לכל אדם לתת חלקו לכל אחד ואחד.

חלק לנשמה, בעבודת האל לבא להתפלל ולשמוע דברי התורה ולקיים המצות. וחלק לגוף, אכילה ושתיה מן המותר בפיהו ושאר דברים שהגוף נהנה מהם.

ומי שאינו הולך בדרך זה, מבטל כוונת הבריאה. וזהו כוונת הפסוק שהתחלנו, לך אכול בשמחה לחמך וגו', שיאכל אדם מן הדברים המותרים, וזהו לחמך ויינך ממה שחננו השם, לא מעושק וגזל, ויהנה מהם כפי הצורך וההסתפקות:

Et il est une autre catégorie qui fait l'inverse : ils courent après les plaisirs et rejettent le service de Celui qui est béni derrière leur dos, et celle-ci est plus basse que la première. Mais ce qui ressort de notre sainte Torah et des paroles de nos Sages, c'est d'aller par la voie médiane, car le Nom, qu'Il soit béni, a joint la nechama supérieure et spirituelle à un corps obscur et trouble, afin que tous deux vivent ensemble, et chaque homme doit donner à chacun sa part.

Une part pour la nechama : dans le service de Dieu, venir prier, entendre les paroles de la Torah et accomplir les mitsvot. Et une part pour le corps : manger et boire de ce qui lui est permis, et les autres choses dont le corps tire jouissance.

Et celui qui ne va pas par cette voie annule l'intention de la création. Et telle est l'intention du verset par lequel nous avons commencé, va, mange ton pain avec joie, etc. : que l'homme mange des choses permises, et c'est là ton pain et ton vin, de ce dont le Nom l'a gratifié, non pas de l'extorsion et du vol, et qu'il en jouisse selon le besoin et la mesure suffisante :

וכל שכן בזמן המועדות שבהן מצוה מן התורה שיאכל אדם בשמחה, ולכן אמר אכול בשמחה לחמך בחג הסוכות שהוא זמן שמחתינו, כי כבר רצה הא-להים את מעשיך ביום הכפורים שהתענית לפניו והתוודית וחזרת בתשובה, אתה עתה ברוך ה' מנוקה מעוונות, כמו שאמרו ז"ל במדרש (תנחומא אמור כב) ולקחתם לכם ביום הראשון (ויקרא כג, מ), וכי ראשון הוא וכו'. אלא ראשון לחשבון עונות.

משל למלך וכו'. ולא בחג הסוכות בלבד אמר שצריך לשמוח, אלא בכל המועדות צריך לשמוח, שהרי על כל המועדים אמרה התורה ושמחת בחגיך:

Et à plus forte raison au temps des fêtes, où c'est une mitsva de la Torah que l'homme mange dans la joie. C'est pourquoi il a dit : mange ton pain avec joie, lors de la fête de Souccot qui est le temps de notre réjouissance, car déjà Dieu a agréé tes œuvres à Kippour, lorsque tu as jeûné devant Lui, que tu as confessé tes fautes et que tu es revenu par la techouva ; te voici maintenant, béni du Nom, net de toute faute, comme nos Sages l'ont dit dans le Midrach (Tan'houma Emor 22) : et vous prendrez pour vous au premier jour (Vayikra 23,40) : est-il donc le premier ? etc.

Mais c'est le premier pour le compte des fautes. Une parabole d'un roi, etc.

Et ce n'est pas à propos de la seule fête de Souccot qu'il a dit qu'il faut se réjouir, mais il faut se réjouir à toutes les fêtes, car sur toutes les fêtes la Torah a dit : et tu te réjouiras dans ta fête :

ולכן חובה עלינו לעבוד השם בשתי עבודות (עבודת הגוף ועבודת הנפש). עבודת הנפש, בזכרון נפלאות הש"י ולקיים אותם במעשה ולומר לפניו שירות ותשבחות דברי חג בחג, ודברי פסח בפסח, ודברי עצרת בעצרת (כמ"ש פרק בני העיר (מגילה כט, ב) משה תיקן להם לישראל שיהיו שואלין ודורשין בעניינו של יום, הלכות פסח בפסח, והלכות עצרת בעצרת וכו'), זו היא עבודת הנפש:

C'est pourquoi il nous incombe de servir le Nom par deux services (le service du corps et le service de l'âme). Le service de l'âme : par le souvenir des merveilles du Nom, qu'Il soit béni, en les accomplissant dans les actes, et en disant devant Lui chants et louanges, les paroles de la fête en son temps, les paroles de Pessa'h à Pessa'h et les paroles de Atseret (Chavouot) à Atseret (comme il est écrit au chapitre Benei haïr (Meguila 29b) : Moche a institué pour Israël qu'ils demandent et exposent le sujet du jour, les lois de Pessa'h à Pessa'h et les lois de Atseret à Atseret, etc.) : voilà le service de l'âme :

ועבודת הגוף, לאכול ולשתות בשמחה ובטוב לבב כמו שכתוב במצות המועדים (דברים כז, ז) וזבחת שלמים ואכלת שם. וזהו דכתיב גבי יום טוב (שמות יב, טז) רק אשר יאכל לכל נפש הוא לבדו יעשה לכם, לרמוז לנו נוסף על פשט הדין אל הנזכר בסמוך בשכבר ידעת שכלל הנפשות הם, האחת, היא הנפש החיונית ועמה הצומחת והמרגשת.

השניה, היא הנפש המשכלת. ומבואר הוא שכל איש ראוי לו שיאחז בשתיהן יחד לא יהיה פרוש.

וגם כן לא יהיה מכל וכל בהמי כדלעיל, על כן אמר אך אשר יאכל לכל נפש, רצה לומר הדברים אשר הם ראוים לכל נפש, כלומר לנפש הבהמי ולנפש השכלי, הוא לבדו יעשה לכם ביום טוב לא פחות ולא יותר, דהיינו שיאכיל לנפש המשכלת אכילה הראוי' לה והיא אכילה רוחנית אשר הנשמה נהנית ממנה, כי היא קודש ומן הקדשים תאכל. והוא (ע"ל בסימן ל"ח) שיתן אדם שבח והודיה להש"י כי הגדיל לעשות עמנו ניסים ונפלאות באלו המועדים ולשמוע דברי תורה חג בחג:

Et le service du corps : manger et boire dans la joie et le bon cœur, comme il est écrit à propos de la mitsva des fêtes (Devarim 27,7) : et tu offriras des sacrifices de paix et tu mangeras là. Et c'est ce qui est écrit à propos de Yom Tov (Chemot 12,16) : seulement ce qui se mange pour toute âme, cela seul sera fait pour vous ; pour nous faire entendre, au-delà du sens simple de la loi mentionnée à l'instant, ce que tu sais déjà, à savoir que l'ensemble des âmes est ainsi : la première est l'âme vitale, et avec elle la faculté végétative et la faculté sensitive ; la seconde est l'âme intellective.

Et il est clair que tout homme doit se tenir aux deux ensemble : qu'il ne soit pas un ascète, et qu'il ne soit pas non plus entièrement animal, comme il a été dit plus haut. C'est pourquoi il a dit : seulement ce qui se mange pour toute âme, c'est-à-dire les choses qui conviennent à toute âme, savoir à l'âme animale et à l'âme intellective, cela seul sera fait pour vous à Yom Tov, ni moins ni plus.

C'est-à-dire qu'il nourrira l'âme intellective de la nourriture qui lui convient, et c'est une nourriture spirituelle dont la nechama tire jouissance, car elle est sainte et des choses saintes elle mangera. Et cela consiste (vois plus haut, section 38) en ce que l'homme donne louange et action de grâces au Nom, qu'Il soit béni, car Il a fait de grandes choses avec nous, des miracles et des merveilles en ces fêtes, et qu'il écoute les paroles de la Torah, celles de chaque fête en son temps :

ויאכיל לנפש החיוני אכילה שלה והיא אכילה גשמית כמו בשר ויין ושאר מיני מטעמים, וכמו שאמרו רז"ל (בפרק יום טוב (ביצה טו, ב)) כתוב אחד אומר (דברים טז, ח) עצרת לה' אלקיך, וכתוב אחד אומר (במדבר כט, לה) עצרת תהיה לכם, חלקהו חציו לה' וחציו לכם. וא"כ לפי זה מה שציוותה התורה (דברים טז, יד) ושמחת בחגיך, היא שמחה משותפת בגוף ונפש.

שמחת הגוף, מטעמים אשר אהב, כמו שאמרו רז"ל (פסחים קט, א) אין שמחה אלא בבשר ויין. ושמחת הנפש, שיהיה האדם שמח וטוב לב בדברי שירות ותשבחות, וזכרון חסדיו של הקב"ה כעל כל טוב אשר גמלנו ה' באלו המועדות אשר נצטוינו עליהם לשמוח בהם:

Et il nourrira l'âme vitale de la nourriture qui est la sienne, et c'est une nourriture matérielle, comme la viande, le vin et les autres sortes de mets savoureux, et comme l'ont dit nos maîtres (au chapitre Yom Tov (Betsa 15b)) : un verset dit (Devarim 16,8) : Atseret pour le Nom ton Dieu, et un autre verset dit (Bamidbar 29,35) : Atseret ce sera pour vous ; partage-le, une moitié pour le Nom et une moitié pour vous. Et dès lors, ce que la Torah a ordonné (Devarim 16,14), et tu te réjouiras dans ta fête, est une joie partagée entre le corps et l'âme.

La joie du corps, par les mets savoureux qu'il aime, comme l'ont dit nos maîtres (Pessahim 109a) : il n'est de joie qu'avec de la viande et du vin. Et la joie de l'âme, que l'homme soit joyeux et le cœur bon par des paroles de chants et de louanges, et par le souvenir des bontés du Saint béni soit-Il, pour tout le bien dont le Nom nous a comblé en ces fêtes où il nous a été ordonné de nous réjouir :

וכן מה שאמרו רז"ל (במשנה פרק החליל (סוכה פ"ה מ"ד) שחסידים ואנשי מעשה היו מרקדים בשמחה בית השואבה באבוקות של אור שבידיהן ואומרים לפניהם שירות ותשבחות, והלוים בכנורות ובנבלים ובמצלתים ובחצוצרות בכלי שיר בלא מספר כו', ואבוקות של אור היו בידם וזורקין אותן כלפי מעלה ומקבלין אותן. ויש בקיאין לעשות כן בד' או בח' אבוקות, וזורק זו ומקבל זו.

מפני זה הטעם הוא, כי בודאי לא היו עושים החסידים האלקיים משום שמחת שחוק ח"ו, אלא משום שמחת מצוה כמו שכתוב במשנה דלעיל שהיו אומרים לפניהם דברי שירות ותשבחות ברכות והודאות בקול נגינות ובקול שמחה, ובודאי שמחה כזו שהיא שמחת הבורא היא מצוה גדולה משום פרסומי ניסא, ולפיכך לא היה זריקת אבוקות אלא ע"י גדולים וחסידים כאמור, שלא יראה כקלות ראש וכשמחת בחורים:

De même ce qu'ont dit nos maîtres (dans la michna, chapitre HeHalil (Souca 5,4)) : que les hommes pieux et les hommes d'action dansaient dans la joie de Beit HaChoeva (la réjouissance du puisage de l'eau au Temple) avec des torches enflammées dans les mains, et l'on disait devant eux chants et louanges, et les leviim avec des harpes, des lyres, des cymbales et des trompettes, avec des instruments de musique sans nombre, etc. ; et des torches enflammées étaient dans leurs mains, et ils les lançaient vers le haut et les rattrapaient. Et certains étaient assez experts pour le faire avec quatre ou avec huit torches, lançant celle-ci et rattrapant celle-là.

La raison en est que, certainement, ces hommes pieux et divins ne le faisaient pas pour la joie de la plaisanterie, à Dieu ne plaise, mais pour la joie de la mitsva, comme il est écrit dans la michna citée plus haut, que l'on disait devant eux des paroles de chants et de louanges, des bénédictions et des actions de grâces, à voix mélodieuse et à voix joyeuse. Et assurément une telle joie, qui est la joie du Créateur, est une grande mitsva, en raison de la publication du miracle.

C'est pourquoi le lancer des torches n'était fait que par les grands et les hommes pieux, comme il a été dit, afin que cela ne paraisse pas de la légèreté ni une réjouissance de jeunes gens :

ועל דרך שהיה עושה רבי יודא בר אלעאי (בפ"ק דכתובות (יז, א), שהיה נוטל בד של הדס ומרקד לפני הכלה וכו'. רב שמואל בר יצחק מרקד אתלת.

פירש רש"י, ג' בדין זורק אחד ומקבל אחד. ובודאי לא עשו החסידים האלו זה משום קלות ראש ח"ו, אלא משום שמחת חתן וכלה שהיא מצוה גדולה.

וקבלו שכר על זה, כמו שאיתא שם כי נח נפשיה אפסיק עמודא דנורא וכו'. וא"ר זירא אהני ליה שוטיתא לסבא וכו'.

ופירש רש"י, שוט של הדס שהיה מרקד וכו'. וכן מ"ש בפרק הנזכר (סוכה נג, א) על הלל הזקן כשהיה שמח בשמחת בית השואבה היה מרקד ואומר אם אני כאן הכל כאן, אם אין אני כאן מי כאן וכו'.

אין לחשוב עליו שעל עצמו אמר כן, ראו כי אני אני הוא הכל, ח"ו לחשוב על הילל מחשבה זו וכיוצא בזו, בשכבר ידוע כי במקום גדולתו היה ענותנותו:

Et à la manière de ce que faisait Rabbi Yehouda bar Ilai (au premier chapitre de Ketoubot (17a)), qui prenait une branche de myrte et dansait devant la mariée, etc. Rav Chemouel bar Itshak dansait avec trois.

Rachi explique : trois branches, il en lance une et en rattrape une. Et assurément ces hommes pieux ne l'ont pas fait par légèreté, à Dieu ne plaise, mais pour la joie du marié et de la mariée, qui est une grande mitsva.

Et ils en ont reçu récompense, comme il est rapporté là : lorsqu'il quitta ce monde, une colonne de feu se détacha, etc. Et Rabbi Zeira a dit : la branche a été utile au vieillard, etc.

Et Rachi explique : la baguette de myrte avec laquelle il dansait, etc. De même ce qui est dit au chapitre mentionné (Souca 53a) à propos de Hillel l'Ancien : lorsqu'il se réjouissait dans la joie de Beit HaChoeva, il dansait et disait : si je suis ici, tout est ici ; si je ne suis pas ici, qui est ici ? etc.

Il ne faut pas penser de lui qu'il disait cela de lui-même, voyez, c'est moi, moi qui suis le tout ; à Dieu ne plaise de nourrir une telle pensée sur Hillel, ou une pensée semblable, puisqu'il est déjà connu que là où est sa grandeur, là est son humilité :

רק עיקר כוונתו בזה, שכאשר היו עוסקין בשמחת בית השואבה שעליהם אמרו חז"ל בפרק הנזכר (שם נא, א) שמי שלא ראה שמחת בית השואבה לא ראה שמחה מימיו, והיה מתיירא התנא האלקי שמא מתוך שמחה יתירה ישכחו ח"ו הש"י הנותן להם כח לשמוח שמחה גדולה כזו. על כן היה דורש ברבים (שם נג, א) ואומר, אם אני כאן וכו', רמז על השם, כי אנ"י משמות הש"י כמו שפירשו המפרשים על אני, והוא השנוי במשנה (בפרק לולב וערבה (סוכה פ"ד מ"ה)).

ואמר אם אני כאן וכו', רצה לומר כי כשנכוין בשמחתינו לשם ה', אז יהי ה' אלקינו עמנו ושכינתו תהיה שרויה בינינו. וזהו שאמר הכל כאן:

Son intention essentielle était plutôt celle-ci : lorsqu'ils s'occupaient de la joie de Beit HaChoeva, dont nos Sages ont dit au chapitre mentionné (ibid. 51a) que celui qui n'a pas vu la joie de Beit HaChoeva n'a jamais vu de joie de sa vie, le Tana divin craignait que, par excès de joie, ils n'oublient, à Dieu ne plaise, le Nom, qu'Il soit béni, qui leur donne la force de se réjouir d'une si grande joie.

C'est pourquoi il exposait en public (ibid. 53a) et disait : si je suis ici, etc., faisant allusion au Nom, car אני est l'un des Noms du Nom, ainsi que les commentateurs l'ont expliqué à propos de ani, et c'est ce qui est enseigné dans la michna (au chapitre Loulav veArava (Souca 4,5)).

Et il a dit : si je suis ici, etc., c'est-à-dire que si nous orientons notre joie vers le Nom, alors le Nom notre Dieu sera avec nous et Sa Présence résidera parmi nous. Et c'est ce qu'il a dit : tout est ici :

במדרש והביאו רבינו יונה בפרק אין עומדין זה לשונו, זה היום עשה ה' נגילה ונשמחה בו (תהלים קיח, כד), הוי אומר בשם, עד כאן. כלומר אע"פ שזה היום הוא יום טוב ונעשו לנו בו נסים ונפלאות ואנו שמחים בהם, אפילו הכי עיקר השמחה אינה בעבור יום טוב, אלא בעבור השם לפרסם את כל הגדולות ואת כל הנוראות שהוא עושה עמנו, עד כאן.

(פירוש לפירושו, הוי אומר בשם, פירוש דלא תימא שמלת בו הוא קאי על היום טוב שנזכר לעיל זה היום וגו', רק הוא קאי על השם שנזכר ג"כ לעיל מיניה זה היום עשה ה'. ועל זה אמר נגילה ונשמחה בו, רצה לומר בשם על דרך הנזכר בפנים):

Dans le Midrach, et Rabbenou Yona l'a rapporté au chapitre Ein omdin, voici ses paroles : voici le jour qu'a fait le Nom, exultons et réjouissons-nous en lui (Tehilim 118,24) : dis plutôt, en ה'. Jusqu-ici ses paroles.

C'est-à-dire : bien que ce jour soit un Yom Tov et que des miracles et des merveilles nous y aient été faits, et que nous nous en réjouissions, malgré cela la joie essentielle n'est pas à cause du Yom Tov, mais à cause du Nom, pour publier toutes les grandeurs et toutes les choses redoutables qu'Il fait avec nous. Jusqu-ici.

(Explication de son explication : dis plutôt, en ה', signifie que tu ne diras pas que le mot בו se rapporte au Yom Tov mentionné plus haut, voici le jour, etc., mais qu'il se rapporte au Nom, mentionné lui aussi auparavant, voici le jour qu'a fait le Nom. Et sur cela il a dit : exultons et réjouissons-nous en lui, c'est-à-dire en ה', de la manière indiquée dans le texte) :

כלל העולה, כי מה שפירשתי בענין שמחת יום טוב הכל הולך אל מקום אחד והוא שיהיה האדם משמח בו שמחה של מצוה, שוש ישיש בה' לשם ה' בגוף ונפש יחדיו, והיו תמים לזכור חסדיו של הקב"ה בשירות ובתשבחות על זה הדרך הנזכר לעיל:

Conclusion générale : tout ce que j'ai expliqué à propos de la joie de Yom Tov aboutit à un seul et même point, à savoir que l'homme s'y réjouisse d'une joie de mitsva, qu'il exulte en ה' pour le Nom, dans le corps et dans l'âme ensemble, et qu'ils soient entiers à se souvenir des bontés du Saint béni soit-Il, par des chants et des louanges, de la manière mentionnée plus haut :

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