שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Sukkah, Ner Mitzva (1/7)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

« Il déploie la souccah de paix. » Les quatre jours entre Yom Kippour et Souccot, occupés à la souccah et aux quatre espèces, amènent au souvenir de l'attachement à D.ieu et sont comme un Yom Tov, pour Le servir dans la joie. Le Midrach Tan'houma et le Maharak appellent le premier jour de fête le premier pour le compte des fautes. Le Chla refuse d'en conclure que D.ieu n'y compterait aucune faute : ces jours sanctifiés restent sous le jugement jusqu'à Hochana Rabba, et y fauter est plus grave. Israël n'y faute pas, occupé aux mitsvot ; ces jours, ramifications de Yom Kippour, expient l'année écoulée par la peine et l'éveil du cœur.

Aussi : quatre parois complètes et fruits pour embellir la souccah ; inviter les ouchpizin (hôtes d'en haut) et donner leur part aux pauvres ; la berakha de demeurer dans la souccah pour le repas, le sommeil et tout usage.

עמוד השלום

Le pilier de la paix

וסימנך פורס סוכת שלום

Et ton signe mnémotechnique: 'Il déploie la souccah de paix'.

ארבע ימים שבין יום כפורים לסוכות בהן עוסקין בני ישראל במצות סוכה וד' מינים, ומעשים האלה מביאים את האדם לידי זכירה שיזכור בדביקותו בהש"י ולדבקה בו, על כן אלו הימים הם כמו יום טוב מאחר שהעסקים הקדושים מביאים לידי זכירה הנ"ל לשמוח בשמחה הרוחניים לעבוד את ה' בשמחה ובטוב לבב, וכמו שאיתא במדרש תנחומא (אמור כב) שהביא הטור ריש הלכות ראש השנה, שאמר, במוצאי יום הכפורים עוסקין במצות סוכה ולולב ואין עושין עונות, לכך קוראין יום טוב ראשון ראשון לחשבון העונות. עוד אמרו טעם, לפי שבאלו הימים נשלם בנין בית המקדש של שלמה, על כן הם ימים טובים, ראוי לשמוח בהם להדבק בו ית' לעבדו בשמחה ובטוב לבב:

Les quatre jours qui séparent Yom Kippour de Souccot, les enfants d'Israël s'y occupent de la mitsva de la souccah et des quatre espèces, et ces actes amènent l'homme au souvenir, afin qu'il se rappelle son attachement à ה' béni soit-Il et qu'il s'attache à Lui. C'est pourquoi ces jours sont comme un Yom Tov, puisque ces occupations saintes amènent au souvenir mentionné, pour se réjouir d'une joie spirituelle, pour servir ה' dans la joie et le cœur bon.

Ainsi qu'il est rapporté dans le Midrach Tan'houma (Emor 22), cité par le Tour au début des lois de Roch Hachana, où il est dit: à l'issue de Yom Kippour on s'occupe de la mitsva de la souccah et du loulav et l'on ne commet pas de fautes; c'est pourquoi on appelle le premier jour de fête le premier pour le compte des fautes. Ils ont encore donné une autre raison: parce qu'en ces jours s'acheva la construction du Temple de Salomon; c'est pourquoi ce sont des jours de fête, et il convient de s'y réjouir pour s'attacher à Lui, béni soit-Il, et Le servir dans la joie et le cœur bon.

ובהגה"ת מהרי"ל בהלכות מוצאי יום כפור כתוב וזה לשונו, מהרא"ק, בין יום כפור לסוכות אין נופלין, שאותן ד' ימים נתן הקב"ה מתנה לישראל שמוחל עונותיהם כל אותן הד' ימים, ואינו מתחיל למנות עונותיהם אלא מיום ראשון של סוכות, שנאמר (ויקרא כג, מ) ולקחתם לכם ביום הראשון, רוצה לומר ראשון הוא לעבירות, עד כאן לשונו. וקרוב ללשון זה כתוב במנהגים:

Dans les gloses du Maharil, aux lois de l'issue de Yom Kippour, il est écrit, et voici ses termes: du Maharak - entre Yom Kippour et Souccot on ne dit pas les supplications, car ces quatre jours, le Saint béni soit-Il les a donnés en cadeau à Israël, remettant leurs fautes durant tous ces quatre jours, et Il ne commence à compter leurs fautes qu'à partir du premier jour de Souccot, il est dit (Lévitique 23,40) 'et vous prendrez pour vous au premier jour', c'est-à-dire: il est le premier pour les transgressions. Jusqu-ici ses paroles.

Un texte proche de celui-ci est écrit dans les Minhaguim (recueil des coutumes).

לכאורה משמע מדבריהם, שכל מה שחוטא האדם בימים האלה לא יחשוב ה' העון, וחלילה להאמין בזה להיות ד' ימים בשנה הפקר איש כל הישר בעיניו יעשה, דאפי' על יום אחד בשנה אמרו רז"ל במסכת חגיגה (ה, ב) כל העובר עבירה אחת אפי' פעם אחת בשנה, מעלה עליו הכתוב כאילו עבר כל השנה כולה, ולמדו אותו רז"ל מקרא (במדבר יד, לד) כמספר הימים אשר תרתם את הארץ ארבעים יום יום לשנה:

À première vue, il ressort de leurs paroles que tout ce que l'homme faute en ces jours, ה' ne le lui compterait pas comme faute. À ה' ne plaise de croire cela, qu'il y ait quatre jours dans l'année sans maître, où chacun ferait ce qui est droit à ses yeux.

Car même sur un seul jour de l'année, nos Sages ont dit dans le traité Haguiga (5b): quiconque commet une seule transgression, même une seule fois dans l'année, l'Écriture la lui compte comme s'il avait transgressé toute l'année entière. Et nos Sages l'ont appris du verset (Nombres 14,34): 'selon le nombre des jours où vous avez exploré le pays, quarante jours, un jour pour une année'.

ומכל שכן בימים המקודשים האלה מג' טעמים. א' ביום כפורים הראה הקב"ה שהוא רחום וחנון וסולח ומוחל, ותכף למחרת דיום כפורים עוד המלך במסיבו ח"ו יותר הרצועה למרוד בו, חלילה לומר כן, ואדרבה נהגו בית ישראל לעשות השכמה לתפילה במחרת יום כפורים כדי שלא יקטרג השטן:

Et à plus forte raison en ces jours sanctifiés, et cela pour trois raisons. La première: à Yom Kippour, le Saint béni soit-Il a montré qu'Il est miséricordieux et clément, qu'Il remet et pardonne; et aussitôt le lendemain de Yom Kippour, alors que le Roi est encore à Sa table, à ה' ne plaise, on relâcherait la bride pour se rebeller contre Lui?

Il est impossible de dire cela. Au contraire, la maison d'Israël a pris l'usage de se lever tôt pour la tefila au lendemain de Yom Kippour, afin que l'accusateur n'accuse pas.

הב' כי עדיין תלוין ועומדין בדין, וגמר החתימה היא בהושענא רבא, וביני ביני הכל ימי תשובה והתעוררות הרחמים והחסד והחנינה יהיה הפקר לחטוא אשר טעם אחד ממצות סוכה שהוקבע בתשרי לפי פשט הענין כתב מהרי"ל וזה לשונו, טעם אחר צוה מצות סוכה סמוך ליום כפורים שצריך להיות נע ונד מביתו לסוכה ודומה לגלות שהוא מכפר נמי עונות. והנה החוטא בימים שביני וביני הוא כאומר אחטא ואשוב שאין מספיקין בידו לעשות תשובה (יומא פה, ב):

La deuxième: parce qu'ils sont encore suspendus au jugement, l'achèvement du sceau ayant lieu à Hochana Rabba; et entre-temps, tous ces jours sont des jours de techouva et d'éveil de la miséricorde, de la bonté et de la grâce - seraient-ils un temps sans maître où l'on pourrait fauter? L'une des raisons pour lesquelles la mitsva de la souccah a été fixée au mois de Tichri, selon le sens simple de la chose, a été écrite par le Maharil, et voici ses termes: une autre raison pour laquelle Il a ordonné la mitsva de la souccah tout près de Yom Kippour, c'est que l'homme doit être errant et fugitif hors de sa maison, vers la souccah, ce qui ressemble à l'exil, lequel expie lui aussi les fautes.

Or celui qui faute en ces jours intermédiaires est comme celui qui dit 'je fauterai et je ferai techouva', à qui l'on ne donne pas la possibilité de faire techouva (Yoma 85b).

הג' כי הימים מקודשים עוסקים בהם במצות, וגם הימים ההם הם בין שני קדושות קדושת יום כפורים וקדושת חג הסוכות והם כמו חול המועד, ממילא מחויב אדם להוסיף בהם מעלה יותר בקודש, וכמו שכתב רבינו יונה בז' ימי תשובה שבין ראש השנה ליום כפורים הם כמו חול המועד, וראוי למעט בהם מלאכה ולהרבות עבודת הקודש. על כן אל יטעה איש ההמוניי ח"ו, ואדרבה עונש העבירה שהאדם עושה בימים המקודשים חמיר טפי:

La troisième: parce que ces jours sont sanctifiés et que l'on s'y occupe de mitsvot, et de plus parce qu'ils se trouvent entre deux saintetés, la sainteté de Yom Kippour et la sainteté de la fête de Souccot, et qu'ils sont comme les jours intermédiaires de la fête. Il en découle que l'homme est tenu d'y ajouter davantage en sainteté, comme l'a écrit Rabbenou Yona a propos des sept jours de techouva qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour: ils sont comme les jours intermédiaires de la fête, et il convient d'y diminuer le travail et de multiplier le service sacré.

Aussi, que l'homme du commun ne se trompe pas, à ה' ne plaise; au contraire, la punition de la transgression que l'homme commet en des jours sanctifiés est plus grave encore.

וענין מדרש התנחומא (אמור כב) שאמר שיום טוב ראשון של סוכות הוא ראשון לחשבון העונות, הוא על הרוב ידבר בסתמא שאין ישראל עושים עונות בימים ההם מאחר שטרידי במצוות ממילא הוא לזכרון שלא יחטאו, ודוק בלישניה שאמר אין עושים עונות, לכך קורא יום טוב ראשון ראשון לחשבון העונות, כלומר מאחר שאינם חוטאים ממילא ימשך שלא מתחיל חשבון העונות רק מיום שנחו מעסק וטרדת הכנת המצות. ואעפ"י שבודאי הרבה והרבה הם החוטאים, אטו ברשיעי ובשופטני עסקינן, הנפש החוטאת היא תמות, וכפרי מעלליהם יאכלו.

אמנם הפסוק מדבר לפי טבע כנסיה של ישראל, וכל ישראל קדושים הם:

Quant au propos du Midrach Tan'houma (Emor 22) disant que le premier jour de fête de Souccot est le premier pour le compte des fautes, il parle du cas le plus fréquent et de manière générale: Israël ne commet pas de fautes en ces jours, puisqu'ils sont accaparés par les mitsvot, et cela même leur sert de rappel pour ne pas fauter. Examine bien son expression: il a dit 'ils ne commettent pas de fautes, c'est pourquoi on appelle le premier jour de fête le premier pour le compte des fautes', c'est-à-dire: puisqu'ils ne fautent pas, il s'ensuit que le compte des fautes ne commence qu'à partir du jour où ils se sont reposés de l'occupation et de l'affairement de la préparation des mitsvot.

Et bien qu'il y ait assurément beaucoup, beaucoup de fauteurs, est-ce des mécréants et des insensés que nous traitons? L'âme qui faute, c'est elle qui mourra, et ils mangeront le fruit de leurs actes.

En vérité, le verset parle selon la nature de l'assemblée d'Israël, et tout Israël sont des saints.

ודברי מהרא"ק הנ"ל והמנהגים והנמשכים אחריהם ראוי להמליץ בעדם ולומר שכוונתם היא כך, בחמלת ה' על ישראל שנתן לנו יום כפורים לכפר על עוונות שישראל מסגלין עונות כל השנה, ונתן יום זה לכפר, כך אלו הד' ימים הם ענפים מיום כפורים לכפר עונות של השנה שעבר בזכות שטורחים ועוסקים במלאכת שמים, ועם התעוררות הלב אז יש בימים בעצמם מעין מחילה וסליחה ענפי מיום הכפורים האמיתי, אבל בלא התעוררות ומכל שכן החוטא בהם ח"ו, אז אדרבה ואדרבה עונשו מרובההגה"הגם נוכל לפרש דעתם הוא על שגיאות הנעשים בימים ההם, שהקב"ה אין משגיח בהם, אף על פי שבשאר הימים אף שוגג צריך כפרה, מכל מקום בימים ההם איידי דטרידי במצוות, שגיאות מי יבין. אבל לכל הפירושים שאני מפרש דעתם, יש להקשות מאין לדבר זה, כי מהמדרש תנחומא אין מוכח כלל:.

על כן החכם עיניו בראשו יעסוק במצות סוכה ולולב בעסק ובטורח גדול ובדמים יקרים לעשות הידור מצוה, ויהיה לו התעוררות גדול בלבו וישוב אל ה' וירחמהו וישמח ישראל בעושיהו:

Quant aux paroles du Maharak citées plus haut, à celles des Minhaguim et de ceux qui les suivent, il convient de plaider en leur faveur et de dire que leur intention est la suivante: dans Sa compassion pour Israël, ה' nous a donné Yom Kippour pour expier les fautes, car Israël accumule des fautes toute l'année, et Il a donné ce jour pour expier; de même, ces quatre jours sont des ramifications de Yom Kippour, pour expier les fautes de l'année écoulée, par le mérite de la peine que l'on se donne et de l'occupation à l'œuvre du Ciel. Et avec l'éveil du cœur, il y a alors dans ces jours eux-mêmes comme un reflet de rémission et de pardon, ramifications du véritable Yom Kippour.

Mais sans éveil, et à plus forte raison pour celui qui y faute, à ה' ne plaise, alors bien au contraire sa punition est multipliée. Glose: nous pouvons encore expliquer que leur avis porte sur les fautes involontaires commises en ces jours, auxquelles le Saint béni soit-Il ne prête pas attention; car bien que dans les autres jours même l'involontaire requière une expiation, en ces jours-là, puisqu'ils sont accaparés par les mitsvot, qui peut discerner ses erreurs?

Mais selon toutes les explications que je donne de leur avis, il y a lieu de demander d'où cette chose est tirée, car du Midrach Tan'houma cela ne se prouve nullement. Fin de la glose.

C'est pourquoi le sage, qui a les yeux dans la tête, s'occupera de la mitsva de la souccah et du loulav avec application, avec grande peine et à prix coûteux, pour embellir la mitsva; il aura alors un grand éveil dans son cœur, il reviendra vers ה' qui aura pitié de lui, et Israël se réjouira en son Créateur.

בפרק קמא דסוכה (ו, ב), תנו רבנן, שנים כהלכתן ושלישית אפי' טפח כו'. על כל זאת כדי לקיים זה אלי ואנוהו, שדרשו רז"ל (שבת קלג, ב) התנאה לפניו במצות עשה סוכה נאה כו', על כן מצוה מהמובחר לעשות בתחילה למאן דאפשר ד' מחיצות שלימות, ואז יקויים ג"כ תשבו כעין תדורו:

Au premier chapitre du traité Souccah (6b): nos maîtres ont enseigné, deux parois selon leur règle et la troisième même d'un tefah (largeur de main), etc. Malgré tout cela, afin d'accomplir 'Celui-ci est mon Dieu et je L'embellirai', dont nos Sages ont exposé (Chabbat 133b): 'embellis-toi devant Lui par les mitsvot, fais une belle souccah', etc. - c'est pourquoi la manière la plus choisie d'accomplir la mitsva est de faire d'emblée, pour qui le peut, quatre parois complètes; ainsi s'accomplira également 'vous demeurerez' à la manière dont vous résidez chez vous.

וזה לשון מטה משה (סי' תתצ"ג), וכן נהגו עכשיו לעשות מחיצות שלימות כי אין הכל בקיאים בדין המחיצות. ומי שאין לו כדי צרכן למחיצות, אמר מהר"י סג"ל דיותר טוב שיעשה אדם שלשה מחיצות שלימות לסוכה, ממה שיעשה ארבע מחיצות רעועות.

ומאחר דנהגו לעשות ארבע מחיצות שלימות, מטעם זה נהגו שעושה עיגול בתוך הפתח כשאר פתחים, דאם לא היתה עגולה מבפנים הוה ליה צורת הפתח מן הצד דרוב בני אדם מחברין אותו הנסר שיהיה המשקוף מן הצד, ואיכא מאן דאמר דלא שמיה פתח. אבל אותן סוכות הבנויות שיהיה בפתח גמורה, אין צריך אותו עיגול, ואפילו מנהגא ליכא, ע"כ:

Et voici les termes du Maté Moche (paragraphe 893): tel est l'usage aujourd'hui, de faire des parois complètes, car tous ne sont pas experts dans les lois des parois. Et celui qui n'a pas de quoi suffire pour les parois, le Mahari Segal a dit qu'il vaut mieux qu'il fasse trois parois complètes à sa souccah plutôt que quatre parois branlantes.

Et puisque l'usage s'est établi de faire quatre parois complètes, on a pris pour cette raison l'habitude de faire un arrondi à l'intérieur de l'ouverture, comme aux autres portes; car si elle n'était pas arrondie à l'intérieur, la forme de la porte se trouverait sur le côté, la plupart des gens fixant la planche de telle sorte que le linteau soit sur le côté, et il y a qui dit que cela ne s'appelle pas une porte. Mais ces souccot bien bâties, qui ont une porte véritable, n'ont pas besoin de cet arrondi, et il n'y a même pas d'usage en ce sens.

Jusqu-ici ses paroles.

במסכת ביצה פרק המביא (ל, ב), תניא, סככה כהלכתה ועטרה בקרמין ובסדינין המצויירין ותלה בהן אגוזים ושקידים וכו', אסור להסתפק מהן עד מוצאי יום טוב האחרון של חג כו'. אפילו שיחתן של תלמידי חכמים הוא תלמוד (סוכה כא, ב), דמכאן נראה שהיה מנהגם כן לחבב מצות הסוכה וליפותה בקרמין וסדינין ולתלות בה פירות חשובין, על כן ראוי לעשות כן, וכל המרבה הרי זה משובח:

Dans le traité Betsa, chapitre HaMevi (30b), il a été enseigné: s'il a couvert la souccah selon la règle et l'a ornée de tentures et de draps peints, et y a suspendu des noix et des amandes, etc., il est interdit d'en tirer profit jusqu'à l'issue du dernier jour de fête de la fête, etc. Même la conversation ordinaire des sages est un enseignement (Souccah 21b): on voit de là que tel était leur usage, de chérir la mitsva de la souccah, de l'embellir par des tentures et des draps et d'y suspendre des fruits de valeur.

Il convient donc de faire de même, et quiconque en fait davantage est digne de louange.

מותר לתלות בה יריעות שעטנז, רק שיהיו תולין למעלה מתשמיש אדם. ואם מצילין למעלה מן החמה והרוח, אין לחוש, מהרי"ל ומהרי"ו.

כתוב במהרי"ל בהלכות סוכה בהגה"ה, שראה רבו מהר"ש היה מסמן הדפין למחיצת הסוכה אב"ג, כדי לראות עמידתן שלא לשנותם משנה לשנה. וכן הוא בירושלמי בענין קרשי המשכן איתא שם (שבת יב, ג), א"ר אמי, והקמות את המשכן כמשפטו (שמות כו, ל), וכי יש משפט לעצים.

אלא קרש שזכה לינתן בצפון, ינתן בצפון לעולם. וכן בדרום, ינתן בדרום:

Il est permis d'y suspendre des tentures de chaatnez (mélange interdit de laine et de lin), pourvu qu'on les suspende plus haut que la hauteur où l'homme en fait usage. Et si elles protègent, en haut, du soleil et du vent, il n'y a pas lieu de craindre - Maharil et Mahari Weil.

Il est écrit dans le Maharil, aux lois de la souccah, dans une glose, qu'il a vu son maître le Maharach marquer les planches de la paroi de la souccah aleph, beit, guimel, afin de repérer leur position et de ne pas les changer d'une année à l'autre. Et de même, dans le Talmud de Jérusalem, à propos des planches du Tabernacle, il est dit là (Chabbat 12,3): Rabbi Ami a dit: 'et tu dresseras le Tabernacle selon sa règle' (Exode 26,30) - or y a-t-il une règle de droit pour du bois?

Mais une planche qui a mérité d'être placée au nord sera placée au nord pour toujours; et de même au sud, elle sera placée au sud.

(וזה לשונו של יש שכ"ר סי' ח'), כשהוא נכנס לסוכה, אזי יזמין בפיו לצדיקים עליונים הנזכרים בסמוך, כי זה תפארתם כאשר הם באים בציור רוחניית לסבב אותו מכל צד, שכן היה נוהג רב המנונא סבא כמו שאמרו (בזוהר) בפרשת אמור עמוד קצ"ח (ח"ג קד, א) וזה לשונו, כד הוה עייל לסוכה, הוי חדי וקאים על פתחא דסוכה מלגאו, ואמר, נזמין לאושפיזין מסדר פתורא וקאי על רגלוהי ומברך ואמר, בסכות תשבו תיבו אושפיזין עילאין תיבו, תיבו אושפיזין מהימנותא תיבו, ארים ידוי וחדי ואמר, זכאה חולקאי זכאה חולקיהון דישראל דכתיב (דברים לב, ט) כי חלק ה' עמו יעקב חבל נחלתו, והוה יתיב. תנינא לבני עלמא, דמאן דאית ליה חולקא בעמא קדישא, יתיב בצלא דמהימנותא לקבלא אושפיזין למחדי בהאי עלמא ובעלמא דאתי, ועם כל דא בעי למחדי למסכנא, מאי טעמא בגין דחולקא דאינון אושפיזין דזמין דמסכנא הוא, וההוא דיתיב בצלא דא דמהימנותא וזמין אושפיזין אילין עלאין אושפיזי מהימנותא, ולא יהיב לון חולקיהון, כלהו קיימי מיניה ואמרי (משלי כג, ו) אל תלחם את לחם רע עין וגו', אשתכח דההוא פתורא דתקין דיליה הוא ולאו דקב"ה, עליה כתיב (מלאכי ב, ג) וזריתי פרש על פניכם וגו', פרש חגיכם ולא חגי, ווי ליה לההוא בר נש בשעתא דאלין אושפיזי מהימנותא קיימי מפתוריה, עד כאן לשונו.

ועוד כתב שם מעניינים אלו:

Et voici les termes du Yech Sakhar (paragraphe 8): lorsqu'il entre dans la souccah, qu'il invite de sa bouche les justes d'en haut mentionnés ci-après, car telle est leur splendeur, lorsqu'ils viennent sous une forme spirituelle l'entourer de tous côtés. Ainsi faisait Rav Hamnouna Sava, comme il est dit dans le Zohar, section Emor page 198 (III, 104a), et voici ses termes: quand il entrait dans la souccah, il se réjouissait, se tenait à l'entrée de la souccah, du côté intérieur, et disait: invitons les ouchpizin (hôtes d'en haut).

Il dressait la table, se tenait debout, bénissait et disait: 'dans des souccot vous demeurerez' - asseyez-vous, hôtes d'en haut, asseyez-vous; asseyez-vous, hôtes de la foi, asseyez-vous. Il levait les mains, se réjouissait et disait: heureux mon lot, heureux le lot d'Israël, ainsi qu'il est écrit (Deutéronome 32,9) 'car la part de ה' est Son peuple, Yaakov le lot de Son héritage'; et il s'asseyait.

Nous avons enseigné aux habitants du monde que celui qui a une part dans le peuple saint s'assied à l'ombre de la foi pour recevoir les hôtes, afin de se réjouir en ce monde et dans le monde à venir. Et avec tout cela, il lui faut réjouir le pauvre.

Pour quelle raison? Parce que la part de ces hôtes qu'il a invités appartient au pauvre.

Et celui qui s'assied à cette ombre de la foi, qui invite ces hôtes d'en haut, les hôtes de la foi, et ne leur donne pas leur part, tous se lèvent de chez lui et disent (Proverbes 23,6) 'ne mange pas le pain de l'homme au regard envieux', etc. Il se trouve que cette table qu'il a dressée est la sienne et non celle du Saint béni soit-Il; à son sujet il est écrit (Malachie 2,3) 'je répandrai de la fiente sur vos visages', etc., 'la fiente de vos fêtes' - vos fêtes, et non Mes fêtes.

Malheur à cet homme à l'heure où ces hôtes de la foi se lèvent de sa table. Jusqu-ici ses paroles.

Et il a encore écrit là d'autres choses sur ces sujets.

כללו של דבר, שיזמין האדם תחלה בפיו לצדיקים הנזכרים, ואח"כ יתן חלקם להעניים היושבים סביב שלחנו. ואם אין לו סביב שלחנו, אזי ישלח לעניים לביתם כי זה חלקם הראוי להם.

כתב הזוהר (ח"ג קג, ב) בעי בר נש למחדי בכל יומא ויומא באנפין נהירין באושפיזין אילין דשריין עמיה, עד כאן לשונו. הרי שאסור להיות לו פנים עצובות, וק"ו משהו מכעס חלילה:

En résumé: que l'homme invite d'abord de sa bouche les justes mentionnés, et qu'il donne ensuite leur part aux pauvres assis autour de sa table. Et s'il n'en a pas autour de sa table, qu'il envoie alors aux pauvres, chez eux, car telle est la part qui leur revient.

Le Zohar écrit (III, 103b): l'homme doit se réjouir chaque jour, avec un visage lumineux, avec ces hôtes qui demeurent avec lui. Jusqu-ici ses paroles.

Il ressort donc qu'il lui est interdit d'avoir un visage triste, et à plus forte raison la moindre trace de colère, à ה' ne plaise.

לשון אבא מורי זלה"ה בעמק ברכה (דף ק"ה ע"א), טוב לאדם כשיברך לישב בסוכה בשעת אכילה שיכוין בלבו בשעת ברכה גם כן לפטור בזו הברכה השינה והטיול וכל מה שישתמש בה עד אכילה אחרת, כדי לאפוקי נפשיה מפלוגתא שהביא הטור והבית יוסף בסימן תרל"ט. וראוי לומר ברכת לישב בסוכה בקול ובמשיכה בניגון ינגן אותה כשאר ברכות של קידוש, דלמה איגרע, ואדרבה היא עדיפא דהא ברכת המצוה היא שציוונו הש"י לישב בסוכה, והוא הדין בכל שאר ברכות ירגיל אדם לומר אותם בקול רם כי הקול מעורר הכוונה, עד כאן:

Voici les termes de mon père et maître, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, dans le Emek Berakha (page 105a): il est bon pour l'homme, lorsqu'il récite la berakha de demeurer dans la souccah au moment du repas, d'avoir aussi à l'esprit, au moment de la berakha, d'acquitter par cette berakha le sommeil, la promenade et tout usage qu'il fera de la souccah jusqu'au repas suivant, afin de se dégager de la controverse rapportée par le Tour et le Beit Yossef au paragraphe 639. Et il convient de dire la berakha de demeurer dans la souccah à voix haute et en la prolongeant sur un air, comme on chante les autres berakhot du kidouch; car pourquoi serait-elle moindre?

Au contraire, elle est préférable, car c'est la berakha d'une mitsva, ה' béni soit-Il nous ayant ordonné de demeurer dans la souccah. Il en va de même pour toutes les autres berakhot: que l'homme s'habitue à les dire à voix haute, car la voix éveille l'intention.

Jusqu-ici.

נראה לי האדם היושב בסוכה בכל היום ואינו יוצא ממנה, ואף אם יוצא לעשות צרכיו אינו מסיח דעתו ודעתו לחזור, ובלילה ישן שם, אזי תכף בבוקר בבואו מבית הכנסת ונכנס לסוכתו יברך על הסוכה ויהיה דעתו על האכילה והטיול והשינה, ואחר כך לא יברך בעת שעושה המוציא, ופטור מעת לעת עד בקר שני, וכן ינהג בכל ימי סוכות. ומכל מקום דרך טוב וישר הוא בשעה שמברך בבקר על הסוכה יאכל דבר מה או ישתה שתהיה אחיזה להברכה ומקום מוכן שתחול הברכה, ואף אם שותה דבר שלא היה חייב בסוכה לא עיכב, מאחר שכוונת ברכתו היא על כל מה שיעשה בסוכה אכילה ושתיה ושינה וטיול וכל מילי.

וגם בדבר זה עצמו שהוא שותה בסוכה עושה מצוה, כמו שכתב הטור (סימן תרלט), והמחמיר על עצמו שלא ישתה אפילו מים חוץ לסוכה תבא עליו ברכה:

Il me semble que l'homme qui se tient dans la souccah toute la journée et n'en sort pas - et même s'il en sort pour ses besoins, il n'en détourne pas sa pensée et son intention est d'y revenir - et qui y dort la nuit, celui-là, dès le matin, en revenant de la synagogue et en entrant dans sa souccah, récitera la berakha sur la souccah en ayant à l'esprit le repas, la promenade et le sommeil; ensuite il ne bénira plus au moment où il fera le hamotsi, et il en est exempt d'un jour à l'autre, jusqu'au matin suivant; et ainsi fera-t-il tous les jours de Souccot. Néanmoins, la voie bonne et droite est qu'au moment où il bénit le matin sur la souccah, il mange quelque chose ou qu'il boive, afin que la berakha ait un support et un lieu préparé où se poser.

Et même s'il boit une chose pour laquelle il n'était pas tenu à la souccah, cela n'empêche pas, puisque l'intention de sa berakha porte sur tout ce qu'il fera dans la souccah: manger, boire, dormir, se promener et toute chose. Et par cela même, en buvant dans la souccah, il accomplit une mitsva, comme l'a écrit le Tour (paragraphe 639): celui qui se montre rigoureux envers lui-même au point de ne pas boire même de l'eau hors de la souccah, que la bénédiction vienne sur lui.

בליל שני של סוכות בימים טובים של גליות יש מחלוקת בין הפוסקים אם לברך זמן קודם לישב בסוכה או אחר כך, כמבואר באורך בבית יוסף סימן תרס"א. ובשלחן ערוך (עי' סימן תרמג) כתב לברך זמן קודם לישב בסוכה, מכל מקום הייתי רגיל להכריע למי שעושה שני ימים יום כפורים מספק, ואזי חושב גם כן מיום ב' דהוא לו כיום ראשון, זה הנוהג כן ינהג בליל שני של סוכות כמו בליל ראשון כנ"ל, מאחר שבלאו הכי הרבה פוסקים סבירי להו כן וק"ל:

Pour la deuxième nuit de Souccot, lors des jours de fête doubles de la diaspora, il y a une controverse parmi les décisionnaires: faut-il réciter la berakha du temps, chehehiyanou, avant celle de demeurer dans la souccah ou après? Comme cela est exposé longuement dans le Beit Yossef, paragraphe 661.

Et dans le Choulhan Aroukh (voir paragraphe 643) il est écrit de réciter la berakha du temps avant celle de demeurer dans la souccah. Néanmoins, j'avais coutume de trancher pour celui qui fait deux jours de Yom Kippour par doute, et qui compte alors aussi à partir du deuxième jour, lequel est pour lui comme le premier: que celui qui agit ainsi fasse la deuxième nuit de Souccot comme la première nuit, ainsi qu'il a été dit plus haut, puisque de toute façon de nombreux décisionnaires sont de cet avis, et cela est facile à comprendre.

כתב בראשית חכמה שער הקדושה פרק י"ד (דף ר"ס), ראוי לכל יראי חטא שלא יתחילו לדבר זה עם זה בבית הכנסת בעסקיהם אפילו שלא בשעת התפילה, כדי שינהגו במורא בבית הכנסת. ואם ידברו עמהם מי שלא נהג בהם, ישיבו להם בקוצר.

וכן היה מנהג מורי עליו השלום שלא לדבר בתוך הסוכה בימי חג הסוכות אלא בדברי תורה, כי מצות סוכה קדושתה גדולה. והעד שעצי סוכה חל עליהם קדושה ואסורים כל ז' כמו שאמרו רז"ל (סוכה ט, א):

Le Rechit 'Hokhma écrit, Porte de la sainteté, chapitre 14 (page 260): il convient à tous ceux qui craignent la faute de ne pas commencer à parler entre eux de leurs affaires dans la synagogue, même hors du temps de la tefila, afin qu'ils se conduisent avec crainte dans la synagogue. Et si quelqu'un qui n'a pas cet usage leur parle, qu'ils lui répondent brièvement.

Tel était aussi l'usage de mon maître, la paix soit sur lui, de ne parler dans la souccah, pendant les jours de la fête de Souccot, que de paroles de Torah, car la mitsva de la souccah a une grande sainteté. La preuve en est que la sainteté se pose sur les bois de la souccah et qu'ils sont interdits tous les sept jours, comme l'ont dit nos Sages (Souccah 9a).

כתב מטה משה (סי' תתקי"ו), עיקר המצוה לישן עם אשתו בסוכה, מדאמרינן בריש סוכה (עי' ערכין ב, ב - ג, ב) הכל חייבים בסוכה אפילו כהנים, דסלקא דעתך אמינא תשבו (ויקרא כג, מב) כעין תדורו. ופירש רש"י, דכהנים הוי בני עבודה ואינן יכולין לדור איש ואשתו, דאין נזקקין לנשותיהן מפני הרגל כו', אימא לא לחייבי בסוכה, קמ"ל.

ומטעם זה מקילין עכשיו בשינה, משום שאין יכול לישן עם אשתו שאין לו סוכה מיוחדת, ולכן פטור:

Le Maté Moche écrit (paragraphe 916): l'essentiel de la mitsva est de dormir avec sa femme dans la souccah, d'après ce que nous disons au début du traité Souccah (voir Arakhin 2b-3b): tous sont tenus à la souccah, même les kohanim; car j'aurais pu penser que 'vous demeurerez' (Lévitique 23,42) signifie à la manière dont vous résidez chez vous, et Rachi a expliqué que les kohanim, étant occupés au service, ne peuvent pas y demeurer, l'homme avec sa femme, car ils ne s'unissent pas à leurs femmes à cause de la fête, etc.; j'aurais donc dit qu'ils ne sont pas tenus à la souccah - il nous enseigne qu'il n'en est rien. Et pour cette raison on est aujourd'hui indulgent au sujet du sommeil, parce que l'homme ne peut pas dormir avec sa femme, n'ayant pas de souccah particulière, et il en est donc exempt.

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