La dix-septième condition : ne pas accomplir la mitsva gratuitement, mais l'acquérir à prix plein. Le Chla rapporte du Rechit ''Hokhma qu'une mitsva issue du travail des mains est agréée, et méprisée si elle vient du vol : mitsva qui vient par une transgression. Du Zohar : s'appliquer à un acte ne se fait pas à vide ; Torah et connaissance du Saint béni soit-Il sont sans paiement, mais l'acte et l'esprit saint ne se gagnent qu'à prix plein. Il rapporte du Chochane Sodot sept règles, correspondant aux sept sefirot (émanations divines), et trois parts : la plus belle espèce, embellir l'exécution, la mitsva en vue d'elle-même.
Aussi : pourquoi la punition des interdits est explicite et celle des commandements positifs ne l'est pas ; la récompense d'une mitsva n'est pas de ce monde ; le monde est nourri par le mérite de 'Hanina.
התנאי הי"ז, שלא יעשה המצוה חנם, אלא יקנה אותה בשכר שלםהגה"הזה לשון ראשית חכמה בפרק המצות, בעשיית המצוה מממון היתר ולא ממון איסור, כמה היא רצויה ומקובלת המצוה לפני הקדוש ב"ה כשהיה מיגיע כפו של אדם, וכמה היא נמאסת בעיניו כשהיא מגזל וחמס. כדגרסינן בסנהדרין (ו, ב) רבי אליעזר בן יעקב אומר, הרי שגזל חטין וטחנן ולשן ואפו והפריש חלה, כיצד הוא מברך.
אין זה מברך אלא מנאץ, שנאמר (משלי י, ג), ובוצע ברך נאץ ה'. ואף על פי שיצא בה ידי חובתו, היא מצוה הבאה בעבירה, כדאיתא בפרק לולב הגזול (סוכה ל, א) ולקחתם לכם (ויקרא כג, מ), אמר רחמנא משלכם והאי לאו דידיה הוא.
מאי טעמא לא, אמר ר' יוחנן משום דהוה מצוה הבאה בעבירה, שנאמר (משלי כא, כז), זבח רשעים תועבה. וגרסינן במדרש (סוכה ל, א), כי אני ה' אוהב משפט שונא גזל בעולה (ישעיה סא, ח), משל למה הדבר דומה, למלך בשר ודם שהיה עובר על בית המכס, אמר לעבדו תן מכס למוכסים.
אמר לו אדוני המלך כל המכס שלך הוא, אמר לו ממני ילמדו בני ויבריחו עצמם מהגזל, הוי כי אני ה' אוהב משפט, עכ"ל: ולא יקפיד כלל, כדי להעביר רוח הטומאה, כדאיתא בזוהר פרשת תרומה (ח"ב קכח, א) וזה לשונו שם, ויקחו לי (שמות כה, ב), מאן דבעי לאשתדלא במצוה ולאשתדלא ביה בקב"ה, אצטריך דלא ישתדל ביה בריקניא ובמגנא, אלא אצטריך ליה לבר נש לאשתדלא ביה כדקא יאות כפוס חיליה, והא אוקימנא מלה דא בכמה אתרי, יאות למיסב בר נש ההוא אשתדלות דקב"ה כמה דאת אמר (דברים טז, יז) איש כמתנת ידו וגו'.
ואי תימא, הא כתיב (ישעיה נה, א) לכו שברו ואכולו ולכו שברו בלא כסף ובלא מחיר יין וחלב, דהאי איהי במגנא ואשתדלותא בלא כסף, ואיהו אשתדלות דקב"ה. אלא אשתדלותא דאורייתא כל מאן דבעי זכה בה, אשתדלותא דקב"ה למנדע ליה כל מאן דבעי זכי ביה בלא אגרא כלל, אבל אשתדלות דקיימא בעובדא אסור לנטלאה לי' למגנא ובריקנא, בגין דלא זכי בההוא עובדא כלל לאמשכא עלי' רוחא קדישא, אלא באגר שלים וכו'.
ורוח קודשא לאו הכי, אלא באגר שלים, ובאשתדלות רב וסגי ובאתקנותא דגרמיה ובאתדכות דמשכיניה וברעותא דליביה ונפשיה, ולואי דיכיל למרווח ליה דישוי מדוריה עמיה, עד כאן לשונו:
La dix-septième condition : ne pas accomplir la mitsva gratuitement, mais l'acquérir à prix plein. Glose : voici les termes du Reshit 'Hokhma, dans le chapitre des mitsvot, au sujet de l'accomplissement de la mitsva avec de l'argent permis et non avec de l'argent interdit.
Combien la mitsva est agréée et reçue devant le Saint béni soit-Il lorsqu'elle provient du travail des mains de l'homme, et combien elle est méprisée à ses yeux lorsqu'elle provient du vol et de la rapine. Ainsi que nous l'apprenons dans Sanhédrin (6b) : Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : voici un homme qui a volé du blé, l'a moulu, l'a pétri, l'a cuit et en a prélevé la hala, comment prononcerait-il la berakha ?
Celui-là ne bénit pas, il outrage, il est dit (Proverbes 10,3) : 'celui qui dérobe et bénit outrage le Nom'. Et bien qu'il se soit acquitté par elle de son obligation, c'est une mitsva qui vient par une transgression, comme il est rapporté dans le chapitre Loulav ha-gazoul (Souca 30a) : 'et vous prendrez pour vous' (Lévitique 23,40) - le Miséricordieux a dit : de ce qui est à vous, or celui-ci n'est pas à lui.
Pourquoi donc n'est-ce pas valable ? Rabbi Yo'hanan a dit : parce que c'est une mitsva qui vient par une transgression, il est dit (Proverbes 21,27) : 'le sacrifice des méchants est une abomination'.
Et nous apprenons dans le midrach (Souca 30a) : 'car moi le Nom, j'aime la justice, je hais le vol dans l'holocauste' (Isaie 61,8). À quoi la chose ressemble-t-elle ?
À un roi de chair et de sang qui passait devant le bureau du péage. Il dit à son serviteur : verse le péage aux percepteurs.
Celui-ci lui dit : mon seigneur le roi, tout ce péage est à toi. Il lui répondit : de moi mes fils apprendront et se garderont eux-mêmes du vol.
Voilà le sens de 'car moi le Nom, j'aime la justice'. Jusqu-ici ses paroles.
Et qu'il ne soit nullement regardant, afin d'écarter l'esprit d'impureté, comme il est rapporté dans le Zohar, section Terouma (tome 2, 128a), et voici ses termes là-bas : 'qu'ils prennent pour Moi' (Exode 25,2) - celui qui veut s'appliquer à une mitsva et s'attacher au Saint béni soit-Il, il faut qu'il ne s'y applique pas à vide ni gratuitement, mais l'homme doit s'y appliquer comme il convient, selon ses forces. Nous avons déjà établi cette chose en plusieurs endroits : il convient que l'homme acquière cette application envers le Saint béni soit-Il, comme il est dit (Deutéronome 16,17) : 'chacun selon le don de sa main', etc.
Et si tu dis : mais il est écrit (Isaie 55,1) 'allez, achetez et mangez, allez, achetez sans argent et sans paiement du vin et du lait' - voilà donc une chose gratuite, une application sans argent, et c'est pourtant l'application envers le Saint béni soit-Il. En vérité, l'application à la Torah, quiconque le veut y a part ; l'application à connaître le Saint béni soit-Il, quiconque le veut y a part sans aucun paiement.
Mais l'application qui tient dans un acte, il est interdit de la prendre gratuitement et à vide, car par cet acte il ne mérite nullement d'attirer sur lui l'esprit saint, mais seulement à prix plein, etc. Et l'esprit saint, il n'en va pas ainsi : seulement à prix plein, par une application grande et abondante, par la mise en ordre de soi-même, par la purification de sa demeure, et par le désir de son cœur et de son âme ; et puisse-t-il encore parvenir à le gagner, de sorte qu'Il fixe sa résidence avec lui.
Jusqu-ici ses paroles.
ובספר שושן סודות סימן קפ"ז כתב וזה לשונו, הדברים אשר ראוי ומחויב לכל בעלי תורה הרוצה לקיים את המצות, ראוי שלא יסורו מנגד עיניו שבעה כללים האלה, והם נגד ז' ספירות והם אינן כסדרן, ואלו הן:
Et dans le livre Shoshan Sodot, paragraphe 187, il a écrit, et voici ses termes : les choses qu'il convient et qu'il incombe à tout homme de Torah désireux d'accomplir les mitsvot de garder toujours devant ses yeux, ce sont ces sept règles ; elles correspondent aux sept sefirot (émanations divines) et ne sont pas rangées selon leur ordre. Les voici :
הכלל הראשון, שלא יעשה המצות בקלות ראש ובביזוי, כדגרסינן בפרק כסוי הדם (חולין פז, א), תנו רבנן, ושפך את דמו וכסהו בעפר (ויקרא יז, יג) במה ששפך יכסה, שלא יכסנו ברגל שלא יהיו המצות בזויות עליו. והטעם, כי המצוה רומזות בהקף העליון במקום נקי וטהור בגוף האילן, ולכן ראוי היות קיומם בנקיות ובכבוד שיהיו דומים לנדמה:
La première règle : ne pas accomplir les mitsvot avec légèreté et avec mépris, comme nous l'apprenons dans le chapitre Kissouy ha-dam (Houlin 87a) : nos maîtres ont enseigné : 'il répandra son sang et le couvrira de poussière' (Lévitique 17,13) - avec ce dont il a répandu il couvrira, et qu'il ne le couvre pas du pied, afin que les mitsvot ne soient pas méprisées à ses yeux. La raison en est que les mitsvot font allusion à l'enceinte supérieure, en un lieu net et pur dans le corps de l'arbre ; c'est pourquoi il convient que leur accomplissement se fasse dans la propreté et dans le respect, afin qu'elles soient semblables à ce dont elles sont l'image.
הכלל הב', שלא יבזה האדם המצוה מצד איכות עשיית המצוה ממש, כדגרסינן בפרק לולב וערבה (צ"ל לולב הגזול, סוכה לז, א) לקיחה ע"י דבר אחר שמה לקיחה, דרך כבוד, אבל דרך בזיון לא. והטעם כאשר פירשתי, כי הידים אשר לוקח בהן הלולב הם רומזים לעשר ספירות, ולכן לא יהיה דבר חוצץ במחיצתו בינם ובין הלולב הרומז עם מיניו להיקף, אלא דבר של כבוד הדומה לנדמה:
La deuxième règle : que l'homme ne méprise pas la mitsva du côté de la qualité même de son accomplissement, comme nous l'apprenons dans le chapitre Loulav ve-arava (il faut lire : Loulav ha-gazoul, Souca 37a) : une prise faite par l'intermédiaire d'un autre objet est appelée prise lorsqu'elle se fait d'une manière honorable, mais non lorsqu'elle se fait d'une manière méprisante. La raison en est, comme je l'ai expliqué, que les mains avec lesquelles on prend le loulav font allusion aux dix sefirot ; aussi ne doit-il rien y avoir qui fasse écran, dans leur intervalle, entre elles et le loulav qui, avec ses espèces, fait allusion à l'enceinte, sinon une chose honorable, semblable à ce dont elle est l'image.
הכלל הג', שלא ישתמש לצורכו בגוף המצות, כדגרסינן בפרק במה מדליקין (שבת כב, א) אמר רב יהודה אמר רב, אסור ל[ה]רצות מעות כנגד נר חנוכה, והטעם כי המצות רומזות במקום הקדש, לכן לא ישתמש בשרביט המלך אלא לצורך מצוה אחרת, כדקיימא לן (שם) דמדליקין מנר אל נר כו':
La troisième règle : ne pas se servir pour ses propres besoins du corps même des mitsvot, comme nous l'apprenons dans le chapitre Ba-me madlikin (Chabbat 22a) : Rav Yehouda a dit au nom de Rav : il est interdit de compter des pièces devant la lampe de 'Hanouka. La raison en est que les mitsvot font allusion au lieu saint ; aussi ne se servira-t-on du sceptre du roi que pour les besoins d'une autre mitsva, comme nous le tenons pour établi (ibid.) : on allume d'une lampe à l'autre, etc.
הכלל הד', המבזה את המצוה מצד כבוד גופו, כאלו כבודו אצלו מכובד יותר מכבוד המצות, כדגרסינן בסוף כריתות (כח, א) ד' צווחות צווחה העזרה. ראשונה, הוציאו בני עלי חפני ופנחס שטמאו את ההיכל.
צוחה שניה, שאו שערים ראשיכם ויכנס ישמעאל בן פאבי וגו'. צווחה ג', פתחו שערים והוציאו מכאן את יששכר איש כפר ברקאי, שמכבד עצמו ומבזה קדשי שמים.
מאי הוה עביד. הוה כריך שיראי על ידיה ועביד עבודה.
הנך רואה מן הצוחה הג' שנענש יששכר על כי היה מכבד את עצמו, והטעם כי עשה גופו שהוא טפל לצורה העליונה עיקר, ולכן נענש. ובכלל זה הכלל להיות נבזה בעיניו בעשות מצות הש"י, כאשר אמר דוד המלך ע"ה (ש"ב ו, כב) ונקלותי עוד מזאת.
ושמחת בית השואבה תוכיח, ועליהם נאמר (ש"א ב, ל) כי מכבדי אכבד וגו':
La quatrième règle : celui qui méprise la mitsva par égard pour l'honneur de son propre corps, comme si son honneur avait à ses yeux plus de prix que l'honneur des mitsvot, comme nous l'apprenons à la fin de Keritot (28a) : le parvis poussa quatre cris. Le premier : sortez d'ici les fils d'Eli, Hofni et Pinhas, qui ont rendu impur le sanctuaire.
Le deuxième cri : portes, élevez vos linteaux, et que Yishmael ben Pabi entre, etc. Le troisième cri : ouvrez, portes, et faites sortir d'ici Yissakhar, l'homme de Kfar Barkai, qui s'honore lui-même et méprise les choses saintes du ciel.
Que faisait-il donc ? Il enveloppait ses mains de soie et accomplissait le service.
Tu vois d'après ce troisième cri que Yissakhar fut puni pour s'être honoré lui-même. La raison en est qu'il a fait de son corps, qui n'est qu'accessoire à la forme supérieure, l'essentiel, et c'est pourquoi il fut puni.
Cette règle inclut aussi le fait d'être vil à ses propres yeux lorsqu'on accomplit les mitsvot du Nom béni soit-Il, ainsi que l'a dit le roi David, la paix soit sur lui (2 Samuel 6,22) : 'je m'abaisserai plus encore que cela'. La réjouissance de la maison du puisage en est la preuve, et c'est à leur sujet qu'il est dit (1 Samuel 2,30) : 'car ceux qui m'honorent, je les honorerai', etc.
הכלל הה', כגון השולח יד במצוה להנות ממנה קודם גמר עניינה בשלימות, והורה היתר לעצמו בזה שחפציו קודמין לחפצי שמים. וזה למדנו מענין בני עלי, שאע"פ שזריקת דם זבחים מתיר באכילה חלק הראוי לאכילה, אע"פ כן אין הכהנים זוכים בחלקן עד אחר הקטרת האימורין, והם היו מקדימין חלקן להקטורת אימורין.
ועל הא גרסינן בפ"ק דיומא (ט, א), אמר ר' יוחנן, מפני מה חרבה שילה, מפני שהיו בה ב' דברים, גילוי עריות וביזוי קדשים. בזיון קדשים, דכתיב (ש"א ב, טו-יז) גם בטרם יקטירון החלב ובא הנער הכהן ואמר לאיש הזובח תנה בשר לצלות לכהן [וגו'].
ויאמר לו האיש קטר יקטירון כיום (את) החלב וקח לך כאשר תאוה נפשך ו(י)אמר לו כי אתה תתן וגו'. ותהי חטאת הנערים גדולה עד מאוד [וגו']:
La cinquième règle : par exemple celui qui porte la main sur la mitsva pour en tirer profit avant que son affaire ne soit entièrement achevée, et qui s'est autorisé cela en tenant ses propres désirs pour prioritaires sur les désirs du ciel. Nous l'apprenons de l'affaire des fils d'Eli : bien que l'aspersion du sang des sacrifices rende permise la consommation de la part destinée à être mangée, les kohanim n'acquièrent cependant leur part qu'après l'offrande des emourim (parts du sacrifice brûlées sur l'autel), or eux faisaient passer leur part avant l'offrande des emourim.
À ce propos nous apprenons au premier chapitre de Yoma (9a) : Rabbi Yo'hanan a dit : pourquoi Shilo fut-elle détruite ? Parce qu'il s'y trouvait deux choses : la débauche et le mépris des choses saintes.
Le mépris des choses saintes, ainsi qu'il est écrit (1 Samuel 2,15-17) : 'même avant qu'on ne fasse fumer la graisse, le serviteur du kohen venait et disait à l'homme qui sacrifiait : donne de la viande à rôtir pour le kohen', etc. 'Et l'homme lui disait : qu'on fasse d'abord fumer la graisse aujourd'hui, puis prends pour toi selon le désir de ton âme ; et il lui répondait : non, tu donneras maintenant', etc. 'Et la faute des jeunes gens fut très grande devant le Nom', etc.
וכנראה שבכלל דבריו זה האוכל ושותה קודם התפילה, כדגרסינן בפ"ק דברכות (י, ב), א"ר יצחק א"ר יוחנן משום ר' אליעזר, כל האוכל ושותה קודם התפילה, עליו הכתוב אומר (מ"א יד, ט) ואותי השלכת אחרי גיוויך. אל תקרי גיויך, אלא גיאך.
כלומר, אמר הקב"ה, לאחר שאכל ושתה זה ונתגאה, מקבל עליו עול מלכות שמים. והטעם, כי עושה הטפל עיקר:
Il semble que ses paroles incluent aussi celui qui mange et boit avant la tefila, comme nous l'apprenons au premier chapitre de Berakhot (10b) : Rabbi Yits'hak a dit au nom de Rabbi Yo'hanan, au nom de Rabbi Eliezer : quiconque mange et boit avant la tefila, l'Écriture dit de lui (1 Rois 14,9) : 'et moi, tu m'as rejeté derrière ton dos' (גויך). Ne lis pas גויך, 'ton dos', mais גאך, 'ton orgueil'.
C'est-à-dire : le Saint béni soit-Il a dit : après que celui-ci a mangé, a bu et s'est enorgueilli, il accepte sur lui le joug du royaume des cieux. La raison en est qu'il fait de l'accessoire l'essentiel.
הכלל הו', יש מבזה המצוה ונוהג בה קלות ראש מצד ראותו כי היא בלתי מפורשת בתורה כל צרכה, אלא שחכמים הראו לה מקום בדין ממדרשי התורה. וכל המפקפק בזה כאלו כפר בכל התורה כולה, והוא הדין לשאר כל המדרשות.
גרסינן בפרק חלק (סנהדרין צט, א), תניא אידך, (במדבר טו, לא) כי דבר ה' בזה, זה האומר אין תורה מן השמים. אפי' אמר כל התורה כולה מן השמים חוץ מדקדוק זה, חוץ מקל וחומר זה, חוץ מגזירה שוה זה, זהו כי דבר ה' בזה.
והטעם, כי כל פירושי התורה המקובלים הם מתורה שבעל פה באים, וא"כ האי גברא דאמר הכי הרי הוא קוצץ בנטיעות:
La sixième règle : il en est qui méprisent la mitsva et la traitent avec légèreté parce qu'ils voient qu'elle n'est pas suffisamment explicitée dans la Torah, mais que les Sages lui ont trouvé un appui, selon le droit, dans les midrashim de la Torah. Or quiconque met cela en doute, c'est comme s'il avait renié la Torah tout entière, et il en va de même pour tous les autres midrashim.
Nous apprenons dans le chapitre Helek (Sanhédrin 99a) : on a enseigné par ailleurs (Nombres 15,31) : 'car il a méprisé la parole du Nom' - c'est celui qui dit que la Torah ne vient pas du ciel. Même s'il dit : la Torah tout entière vient du ciel, à l'exception de ce détail, à l'exception de ce raisonnement à fortiori, à l'exception de cette analogie de termes - celui-là aussi est visé par 'car il a méprisé la parole du Nom'.
La raison en est que toutes les explications reçues de la Torah proviennent de la Torah orale ; dès lors, cet homme qui parle ainsi, le voilà qui coupe les jeunes plants.
הכלל הז', כבר ידעת מאשר קדם מהידיעה הקדמת והשרשים המונחים שתשמישי מצוה נזרקין ותשמישי קדושה נגנזין, ואלו הן תשמישי מצוה, סוכה לולב ושופר וציצית, ותשמישי קדושה דלוסקימי ספרים ומזוזות ותיק של ספר ונרתק של תפילין ורצועותיהן. ולכן יזהר האדם בתשמישי קדושה בכל מאמצי כחו לשמרם בקדושה עד כלותם, ובאלה הדברים באה האזהרה עליהן בכמה מקומות בגמרא, בפרק ואלו מגלחין (מו"ק כה, א) אסור לישב על המטה כו'.
בפרק מי שמתו (ברכות יח, א) המוליך עצמות וכו'. בעי רב יוסף בריה דרב נחוניא מרב יודא, מהו שיניח אדם תפילין כו'.
מי שתולה תפילין וכו'. כל האזהרות באו להזהיר על שמירתן של תשמישי קדושה.
וכבר בארנו ועוד נבאר אנה תשמישי מצוה רומזים, ואנה תשמישי קדושה רומזים:
La septième règle : tu sais déjà, d'après la connaissance qui précède, d'après les prémisses et les principes posés, que les accessoires d'une mitsva peuvent être jetés tandis que les accessoires de sainteté doivent être mis à l'abri. Voici les accessoires de mitsva : la soucca, le loulav, le chofar et les tsitsit ; et les accessoires de sainteté : les coffrets des livres, les mezouzot, l'étui d'un sefer, la gaine des tefilin et leurs lanières.
Aussi l'homme prendra-t-il garde, de toutes ses forces, à conserver les accessoires de sainteté dans la sainteté jusqu'à leur usure complète. Sur ces choses la mise en garde est venue en plusieurs endroits de la Guemara : dans le chapitre Ve-elou megual'hin (Moed Katan 25a) : il est interdit de s'asseoir sur le lit, etc. ; dans le chapitre Mi che-meto (Berakhot 18a) : celui qui transporte des ossements, etc. ; Rav Yossef fils de Rav Nehounia demanda à Rav Yehouda : un homme peut-il poser les tefilin, etc. ; celui qui suspend des tefilin, etc.
Toutes ces mises en garde sont venues pour avertir sur la conservation des accessoires de sainteté. Nous avons déjà expliqué, et nous expliquerons encore, à quoi font allusion les accessoires de mitsva et à quoi font allusion les accessoires de sainteté.
ודע זה, הנה בקיימך המצוה שים נוכח פניך אלה הדברים ויובילוך למקום חפץ נשמתך לדבקה בשם ה' אלקיך סוד אחר נלוה לזה, והוא בקיימך המצות ראוי שתקיימם במבחר מתנותיך ומנותיך, וזה יחלק לג' חלקים:
Et sache ceci : lorsque tu accomplis la mitsva, place ces choses devant ta face, et elles te conduiront au lieu que désire ta nechama, pour t'attacher au nom de ה' ton Dieu. Un autre secret s'y joint : lorsque tu accomplis les mitsvot, il convient que tu les accomplisses avec le meilleur de tes dons et de tes parts, et cela se divise en trois parties :
האחד, ראוי לאדם שיכבד ממין המשובח והמעולה לכל המינים הראוים לאותה מצוה. וזה נתבאר מדגרסינן ריש פרק כל הקרבנות (מנחות פ"ח מ"א) צבור והיחיד באים מן הארץ ומן חוצה לארץ, מן החדש ומן הישן.
חוץ מן העומר ושתי הלחם, שאין באין אלא מן החדש ומן הארץ. וכולם אינם באים אלא מן המובחר.
איזה מובחר שלהם וכו', עד וכל הארצות היו כשרות, אלא מכאן היו מביאין:
La première : il convient que l'homme honore la mitsva en choisissant l'espèce la plus belle et la plus excellente parmi toutes les espèces qui conviennent à cette mitsva. Cela ressort de ce que nous apprenons au début du chapitre Kol ha-korbanot (Menahot, chapitre 8, michna 1) : les offrandes de la communauté comme celles du particulier viennent de la terre d'Israël comme de l'extérieur du pays, de la nouvelle récolte comme de l'ancienne, hormis le omer et les deux pains, qui ne viennent que de la nouvelle récolte et de la terre d'Israël.
Et toutes ne viennent que du meilleur. Quel est leur meilleur ? etc., jusqu'à : toutes les contrées étaient valables, mais c'est de là qu'on apportait.
השני, בעשותך המצוה תהדרנה בתיקונה ובעשייתה, כדגרסינן בשבת פרק ר"א דכלים (שבת קלג, ב) ובריש נזיר (ב, ב) תניא, זה אלי ואנוהו (שמות טו, ב) התנאה לפניו במצות, בסוכה נאה, בלולב נאה, בשופר נאה, בציצית נאה, כתוב לך ספר תורה לשמו בדיו נאה, בקולמוס נאה, בלבלר אומן, אח"כ תכריכהו בשיראים נאים:
La deuxième : en accomplissant la mitsva, embellis-la dans sa préparation et dans son exécution, comme nous l'apprenons dans Chabbat, chapitre Rabbi Eliezer de-Kelim (Chabbat 133b), et au début de Nazir (2b) : on a enseigné : 'celui-ci est mon Dieu et je l'embellirai' (Exode 15,2) - embellis-toi devant Lui par les mitsvot : par une belle soucca, un beau loulav, un beau chofar, de beaux tsitsit ; écris pour toi un sefer Torah en Son honneur avec une belle encre, un beau calame, par un scribe habile, puis enveloppe-le de belles soieries.
השלישי, שיעשה המצות לשמן, והוא הנקרא מצוה מן המובחר. אבל שלא לשמה, מצוה נקראת, מצוה מן המובחר לא תקרא, כדגרסינן בפרק מי שאמר הריני נזיר בתרא (כג, א), אמר רבה בר בר חנה א"ר יוחנן, מאי דכתיב (הושע יד, י) כי ישרים דרכי ה' צדיקים ילכו בם ופושעים יכשלו בם, משל לשני בני אדם שצלו את פסחיהם, אחד אכלו לשם מצוה, ואחד אכלו לשם אכילה גסה.
זה שאכלו לשם מצוה, צדיקים ילכו בם. וזה שאכלו לשם אכילה גסה, ופושעים יכשלו בם.
אמר [ליה] ר"ל, פושע קרית ליה, נהי דלא קעביד מצוה מן המובחר, פסח מיהא קעביד. והטעם, כי בכל כלל הנמצאות אין דבר דומה למקום שיוצאים ממנו המצות, ולכן ראוי להיות קיומם במבחר המינים:
La troisième : accomplir les mitsvot en vue d'elles-mêmes, ce qu'on appelle une mitsva accomplie de la meilleure manière. Mais celle qui n'est pas faite en vue d'elle-même est bien appelée mitsva, elle ne sera pas appelée mitsva de la meilleure manière, comme nous l'apprenons au dernier chapitre de Mi che-amar hareni nazir (Nazir 23a) : Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : que signifie le verset (Osée 14,10) 'car les voies du Nom sont droites, les justes y marchent et les pécheurs y trébuchent' ?
Cela ressemble à deux hommes qui rôtirent leurs agneaux pascals : l'un le mangea au nom de la mitsva, l'autre le mangea au nom d'une nourriture gloutonne. Celui qui l'a mangé au nom de la mitsva, 'les justes y marchent' ; et celui qui l'a mangé au nom d'une nourriture gloutonne, 'et les pécheurs y trébuchent'.
Resh Lakish lui dit : tu l'appelles pécheur ? Certes il n'a pas accompli la mitsva de la meilleure manière, mais il a tout de même accompli le sacrifice de Pessa'h.
La raison en est que, dans l'ensemble des êtres, rien ne ressemble au lieu d'où sortent les mitsvot ; c'est pourquoi il convient que leur accomplissement se fasse avec le meilleur des espèces.
ודע זה סוד נעלם מרוב אנשי זמנינו, ידוע כי תרי"ג מצות הם רמ"ח עשה ושס"ה לא תעשה, וכל מצות לא תעשה עונשם מפורש, מהם בכרת, מהם מיתה בידי שמים, מהם בד' מיתות בית דין, וכן שאר העונשים. אמנם מצות עשה עונשם לא נתפרש בתורה, וזה הדבר נפלא, אדון אחד אמרן, למה יענש על לא תעשה ולא יענש על עשה, והלא עבר על גזירותיו וציווייו בזה כמו בזה.
ולא די בזה, אלא שאמרו (נזיר נח, א) יבוא עשה וידחה את לא תעשה, ולביאור אלה הדברים נאריך כי עת לקצר ועת להאריך:
Et sache ce secret, caché à la plupart des hommes de notre temps. Il est connu que les 613 mitsvot se répartissent en 248 commandements positifs et 365 interdits, et que pour toutes les mitsvot négatives la punition est explicite : pour certaines le retranchement, pour d'autres la mort par la main du ciel, pour d'autres l'une des quatre mises à mort du tribunal, et de même pour les autres punitions.
Pour les commandements positifs, en revanche, la punition n'a pas été explicitée dans la Torah, et la chose est étonnante : un seul Maître les a énoncés - pourquoi donc serait-on puni pour un interdit et non pour un commandement positif, alors que dans un cas comme dans l'autre on a transgressé Ses décrets et Ses ordres ? Et cela ne suffit pas : ils ont même dit (Nazir 58a) que le commandement positif vient et repousse l'interdit.
Pour expliquer ces choses nous nous étendrons, car il est un temps pour abréger et un temps pour développer.
אמר המחבר, לבאר הסוד הזה אי אפשר מבלי שנקדים הקדמות אשר עליהן תבנה ותכונן ישוב הקושיא הלזו. וזה כבר נתבאר בכמה מקומות מן הגמרא ששכר מצוה בהאי עלמא ליכא, כדגרסינן בשלהי חולין (פז, א), ובפ"ק דקדושין (לט, ב) תניא, ר' יעקב אומר, אין לך כל מצוה ומצוה שכתובה בתורה ומתן שכרה בצידה שאין תחיית המתים תלויה בה.
בכיבוד אב ואם כתיב (דברים ה, טז), למען יאריכון ימיך ולמען ייטב לך. ובשלוח הקן כתיב (שם כב, ז), למען ייטב לך והארכת ימים.
ואמרינן התם, למען ייטב לך לעולם שכולו טוב, למען יאריכון ימיך לעולם שכלו ארוך. ותו גרסינן בפ"ק דעבודה זרה (ד, ב), אמר רבי יהושע בן לוי, מאי דכתיב (דברים ז, יא) אשר אנכי מצוך היום לעשותם, היום לעשותן ולמחר ליטול שכרן:
L'auteur a dit : pour expliquer ce secret, il est impossible de ne pas poser d'abord des prémisses sur lesquelles se bâtira et s'établira la résolution de cette difficulté. Or cela a déjà été expliqué en plusieurs endroits de la Guemara : la récompense d'une mitsva n'est pas de ce monde, comme nous l'apprenons à la fin de Houlin (87a) et au premier chapitre de Kidouchin (39b) : on a enseigné : Rabbi Yaakov dit : il n'est pas une seule mitsva écrite dans la Torah dont la récompense soit indiquée à côté d'elle sans que la résurrection des morts n'en dépende.
À propos de l'honneur du père et de la mère, il est écrit (Deutéronome 5,16) : 'afin que tes jours se prolongent et afin que tu sois heureux' ; et à propos du renvoi de la mère du nid, il est écrit (ibid. 22,7) : 'afin que tu sois heureux et que tu prolonges tes jours'.
Et nous disons là : 'afin que tu sois heureux' - dans le monde qui est tout entier bon ; 'afin que tes jours se prolongent' - dans le monde qui est tout entier long. Nous apprenons encore au premier chapitre de Avoda Zara (4b) : Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : que signifie le verset (Deutéronome 7,11) 'que je t'ordonne aujourd'hui de les accomplir' ?
Aujourd'hui pour les accomplir, et demain pour en recevoir la récompense.
ותו גרסינן בפרק כיסוי הדם (חולין פו, א), בכל יום ויום בת קול יוצאת מהר חורב ומכרזת ואומרת כל העולם כולו ניזון בזכות חנינא בני, וחנינא בני די לו בקב חרובין מערב שבת לערב שבת. ותו גרסינן בפ"ק דתענית (עי' יא, א) אל אמונה ואין עול (דברים לב, ד), כשם שהקב"ה משלם שכר לצדיקים על מצוה שעושין בעולם הזה לעולם הבא, כך משלם שכר לרשעים על מצוה קלה שעושין בעולם הזה.
ואין עול, כשם שהקב"ה נפרע מן הרשעים על עבירה שעושין בעולם הזה לעולם הבא, כך נפרע מן הצדיקים על עבירות שעושין בעולם הזה כדי לזכותם לעולם הבא:
Nous apprenons encore dans le chapitre Kissouy ha-dam (Houlin 86a) : chaque jour une voix céleste sort du mont Horev, proclame et dit : le monde entier est nourri par le mérite de Hanina mon fils, et Hanina mon fils se contente d'un kav de caroubes d'un vendredi soir à l'autre. Nous apprenons encore au premier chapitre de Taanit (voir 11a) : 'Dieu fidèle et sans iniquité' (Deutéronome 32,4) - de même que le Saint béni soit-Il paie aux tsadikim, dans le monde à venir, la récompense d'une mitsva qu'ils accomplissent en ce monde, de même Il paie aux méchants la récompense d'une mitsva légère qu'ils accomplissent en ce monde. 'Et sans iniquité' : de même que le Saint béni soit-Il châtie les méchants, dans le monde à venir, pour une transgression qu'ils commettent en ce monde, de même Il châtie les tsadikim en ce monde pour les transgressions qu'ils commettent, afin de les rendre méritants pour le monde à venir.