שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Yoma, Ner Mitzva (10/15)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

Ce passage poursuit, d’après le Sefer Haredim et l’Ari Z"L : les mortifications sont pour qui n’a pas la Torah pour métier ; l’étudiant s’isole un jour par semaine et parle à D.ieu avec douceur. Le Chla rapporte de son père que la stricte justice n’accorde aucun pardon au pécheur, seule la mort ; la Sagesse et la Prophétie le disent. Le Saint béni soit-Il ouvre la techouva par bonté : qu’il se confesse et il lui sera pardonné. L’association de la miséricorde à la justice à la création est la mesure du pardon, pour que le monde ne retourne pas au tohu-bohu ; s’il ne revient pas, Il n’absout pas. Le principe qui ressort : le Miséricordieux veut le cœur.

Aussi : l’attachement des premiers hassidim et le profit de l’isolement pour l’âme selon Rabbi Its'hak ; l’immersion et l’apaisement du prochain avant la confession ; les vingt-quatre choses qui empêchent la techouva

אחר כותבי זה מצאתי בספר החרידים דף ס"ו שכתב וזה לשונו, עוד תקנה אחת מצאתי בתוך ספרי המקובל הא-להי חסידא קדישא הרב רבי יצחק לוריא אשכנזי ז"ל, בספר אחד כתיבת יד נקרא בית מדות, איננו אותו ספר בית מדות שהוא בדפוס, שם מצאתי כתוב, כל מה שתמצא בדברי הראשונים תוכחה על עון סיגופים ויסורין קשין שלג וחרולים והפסקת עינויים, לא נזכרו אלא למי שאין עמלו בתורה. אבל מי שתורתו אומנתו ויודע דעת ויראת ה', זאת היא תקנתו.

לא יחליש ולא יתבטל מלימודו. אך יום אחד מן השבוע יתרחק מבני אדם ויתבודד בינו לבין קונו ותתקשר מחשבתו בו כאלו כבר עומד לפניו ביום הדין, וידבר לאל יתברך רכות כאשר ידבר העבד אל רבו והבן אל אביו:

Après avoir écrit cela, j'ai trouvé dans le Sefer Haredim, folio 66, où il écrit, et voici ses paroles : j'ai trouvé encore un remède dans les livres du kabbaliste divin, le hassid saint, notre maître Rabbi Its'hak Louria Achkenazi, de mémoire bénie, dans un livre manuscrit appelé Beit Midot - ce n'est pas le Beit Midot qui se trouve imprimé. Là j'ai trouvé écrit : tout ce que tu trouveras dans les paroles des premiers maîtres comme réprimande au sujet de la faute, mortifications et souffrances dures, neige et orties, jeûnes ininterrompus et macérations, tout cela n'a été dit que pour celui dont le labeur n'est pas dans la Torah.

Mais celui dont la Torah est le métier, qui connaît la science et la crainte de ה', voici son remède : qu'il ne s'affaiblisse pas et ne se détourne pas de son étude. Seulement, un jour par semaine, qu'il s'éloigne des hommes et s'isole entre lui et son Créateur, que sa pensée se lie à Lui comme s'il se tenait déjà devant Lui au jour du jugement, et qu'il parle au Dieu béni avec douceur, comme le serviteur parle à son maître et le fils à son père.

וכן מצאתי בסוף שטה אחת שהעתיק הנעלה רבי שמואל בר אברהם שקייל ז"ל בעכו מכתיבת יד הרב רבינו משה מאור הגולה, כך היה כתוב שם, וגם זה מצאתי בסוף הספר מכתיבת הרב ומלשונו, בליל אחת בשבת בארבעה ימים לירח אייר נכנסתי לים, וביום שבת עשירי לאייר שנת חמשה ועשרים עמד עלינו נחשול שבים לטבענו והיה זעף גדול בים, ונדרתי עלי ששני הימים האלה אצום בהן ואנהוג בהם תענית צבור שלם אני ואנשי ביתי וכל הנלוים עלי. ואצוה על בני להעשות כן עד סוף הדורות שיצאו מאתם ויתנו צדקה כפי כחם, ומנדרי שאהיה אני יושב לבדי בעשירי באייר לא אראה אדם אלא מתפלל וקורא כל היום ביני לבין עצמי.

וכשם שלא מצאתי בים אותו היום אלא הקב"ה, כך לא אראה אדם ולא אשב עמו אלא אם כן נאנסתי. וליל אחת בשבת שלשה ימים לירח סיון יצאתי מן הים בשלום ובאתי לעכו ונצלתי מן השמד והגענו לארץ ישראל, ויום זה נדרתי שיהא יום ששון ושמחה ומשתה ומתנות לאביונים אני וביתי עד סוף כל הדורות.

וביום שלישי בשבת ארבעה ימים לירח מרחשון שנת ששה ועשרים ליצירה יצאנו מעכו לעלות לירושלים תחת סכנה, ונכנסתי לבית הגדול והקדוש והתפללתי בו. ביום חמישי ששה ימים לירח מרחשון ובאחד בשבת תשעה לחדש יצאתי מירושלים לחברון לנשק קברי אבותי במערה, ואותו יום עמדתי במערה והתפללתי שבח לאל יתברך על הכל, ושני הימים האלו שהם ששי ותשיעי במרחשון נדרתי שיהיו לי כמו יום טוב ותפלה ושמחה בה' ואכילה ושתיה, א-להים יעזרינו על הכל ויקוים לי נדרי לה' אשלם, אמן.

וכשם שזכיתי להתפלל בחורבנה, כך אראה אני וכל ישראל בנחמתה מהרה אמן, עד כאן לשונו:

De même j'ai trouvé à la fin d'un feuillet que copia l'éminent Rabbi Chmouel bar Avraham Chekeil, de mémoire bénie, à Akko, d'après le manuscrit de notre maître Moche, lumière de l'exil ; il y était écrit ainsi : cela aussi, je l'ai trouvé à la fin du livre, de la main du maître et selon ses propres termes. La nuit du dimanche, le quatre du mois de Iyar, je suis entré en mer ; et le jour du Chabbat, le dix de Iyar de l'an vingt-cinq, une lame de la mer s'est dressée contre nous pour nous engloutir, et il y eut une grande tempête en mer.

J'ai fait vœu que ces deux jours-là je jeûnerais et que j'y observerais un jeûne public complet, moi, les gens de ma maison et tous ceux qui me sont attachés. Et j'ordonnerai à mes fils d'agir ainsi jusqu'à la fin des générations qui sortiront d'eux, et de donner la tsedaka selon leurs moyens.

Il est aussi de mon vœu que le dix de Iyar je me tienne assis seul, que je ne voie personne, mais que je prie et que je lise toute la journée entre moi et moi-même. Et de même que je n'ai trouvé en mer, ce jour-là, que le Saint béni soit-Il, ainsi je ne verrai personne et je ne m'assiérai avec personne, à moins d'y être contraint.

Et la nuit du dimanche, le trois du mois de Sivan, je suis sorti de la mer en paix, je suis arrivé à Akko, j'ai été sauvé de la conversion forcée, et nous sommes parvenus en terre d'Israël. Ce jour-là, j'ai fait vœu qu'il soit un jour d'allégresse et de joie, de festin et de dons aux pauvres, moi et ma maison, jusqu'à la fin de toutes les générations.

Et le mardi, le quatre du mois de Marheshvan de l'an vingt-six de la création, nous sommes sortis d'Akko pour monter à Jérusalem au péril de notre vie ; je suis entré dans la Maison grande et sainte et j'y ai prié. Le jeudi, le six du mois de Marheshvan, et le dimanche, le neuf du mois, je suis sorti de Jérusalem vers Hevron pour baiser les tombeaux de mes pères dans la grotte ; ce jour-là je me suis tenu dans la grotte et j'ai prié, en louange au Dieu béni pour tout.

Et ces deux jours-là, le six et le neuf de Marheshvan, j'ai fait vœu qu'ils soient pour moi comme un Yom Tov, avec prière et joie en ה', avec nourriture et boisson. Que Dieu nous aide en tout et que s'accomplisse pour moi : mes vœux, à ה' je les acquitterai, amen.

Et de même que j'ai mérité de prier dans sa ruine, ainsi puissions-nous voir, moi et tout Israël, sa consolation, promptement, amen. Jusqu-ici ses paroles.

וגם בכמה חיבורים מהראשונים נמצא שההתבודדות והפרישות והדביקות היו נוהגין בה חסידי ישראל, היינו שבהיותם לבדם מפרישים מדעתם ענייני העולם ומקשרים מחשבותם עם אדון הכל. וכך לימד מהרר"י המקובל הנזכר שזה מועיל לנפש שבעתים מהלימוד, ולפי כח ויכולת האדם יפרוש ויתבודד יום אחד מן השבוע או יום א' בחמשה עשר יום או יום אחד בחודש ולא יפחות מזה:

Dans plusieurs ouvrages des premiers maîtres on trouve également que l'isolement (hitbodedout), le retrait et l'attachement étaient pratiques par les hommes pieux d'Israël : c'est-à-dire qu'étant seuls, ils écartaient de leur esprit les affaires du monde et liaient leurs pensées au Maître de tout. Ainsi enseigna le kabbaliste mentionné, notre maître Rabbi Its'hak, que cela profite à l'âme sept fois plus que l'étude, et que selon la force et la capacité de chacun, l'homme se retirera et s'isolera un jour par semaine, ou un jour tous les quinze jours, ou un jour par mois, et pas moins que cela.

והרמב"ן ז"ל כתב על הפסוק שנאמר ביעקב אבינו (בראשית לה, א) קום עלה בית אל ושב. מאי ושב, כמו (ישעיה ל, טו) בשובה בנחת תושעון, היינו שיכוין דעתו בישיבת הדעת עמו יתברך.

וזהו ששנינו (ברכות פ"ה מ"א) חסידים הראשונים היו שוהים שעה אחת ומתפללים כדי שיכונו למקום. ופירשו המפרשים, דרוצה לומר שהיו מפנים דעתם מענייני העולם, ומקשרים דעתם לאדון הכל יתברך במורא ואהבה.

הרי תשע שעות שהיו בטלים מלמודם למלאכתם להתבודדות והדביקות, ומדמין אור שכינה שעל ראשיהם כאלו מתפשט סביבם והם בתוך האור יושבים. וכן מצאתי בקונטרס הישן של הפרושים הראשונים, ואז הם רועדים בטבע ושמחין על אותה רעדה כמ"ש (תהלים ב, יא) עבדו את ה' ביראה וגילו ברעדה, וכדפירש רבינו נסים ז"ל, עד כאן לשונו:

Le Ramban, de mémoire bénie, a écrit sur le verset dit à propos de Yaakov notre père (Bereshit 35,1) : lève-toi, monte à Beth-El et demeure. Que signifie et demeure ?

Comme (Yechayahou 30,15) : dans le retour et le repos vous serez sauvés ; c'est-à-dire qu'il dirige sa pensée, dans la quiétude de l'esprit, vers Lui, béni soit-Il. Et c'est ce que nous avons appris (Berakhot chapitre 5, michna 1) : les premiers hassidim demeuraient une heure puis priaient, afin de diriger leur cœur vers le Lieu.

Les commentateurs ont expliqué que cela signifie qu'ils écartaient leur esprit des affaires du monde et liaient leur pensée au Maître de tout, béni soit-Il, dans la crainte et l'amour. Voilà neuf heures durant lesquelles ils s'abstenaient de leur étude et de leur travail pour l'isolement et l'attachement ; et ils se représentaient la lumière de la Chekhina au-dessus de leur tête comme si elle se répandait autour d'eux et qu'ils fussent assis au milieu de cette lumière.

Ainsi ai-je trouvé dans le vieux cahier des premiers séparés ; alors ils tremblent naturellement et se réjouissent de ce tremblement, comme il est écrit (Tehilim 2,11) : servez ה' dans la crainte et réjouissez-vous en tremblant, et comme l'a expliqué notre maître Nissim, de mémoire bénie. Jusqu-ici ses paroles.

וכבר גליתי דעתי גם כן במקצת לעיל בתלמיד חכם שהוא בעל תשובה. הכלל העולה רחמנא לבא בעי:

J'ai déjà exposé en partie mon avis, plus haut, au sujet du talmid 'hakham (érudit en Torah) qui fait techouva. Le principe qui ressort : le Miséricordieux veut le cœur.

לשון אבא מורי זלה"ה בספר עמק ברכה, שורת הדין היה נותן, מי שחטא לאדון הכל אין לו מחילה עולמית ואפילו בתשובה גמורה, כמאמר הנביא (מיכה ו, ו-ז) במה אקדם ה' אכף לא-להי מרום, האקדמנו בעולות וגו'. הירצה באלפים אלים וגו', האתן בכורי פשעי פרי בטני חטאת נפשי.

אמר, כל כך היה ראוי לתת שכר גדול להנצל מן העונש על העבירות, שאיננו יודע כמה יתן ומה יספיק לזה, אם אלפי אלים או רבבות נחלי שמן, או יתן בכורו שכר פשעיו או פרי בטנו בחטאת נפשו, וכל זה ממה שיורה שהשכל נותן שלא היה ראוי שיספיק כופר אל החוטא בעד חטאו, כי אפילו מלך בשר ודם אם צוה על אחד מעבדיו עשה כך וכך או לא תעשה כך וכך, והוא עובר על מצות המלך קטנה או גדולה, האמור יאמר אותו העבד למלך, אדוני המלך, עברתי על מצותיך אעשה תשובה על זה. כי בודאי כל תשובה בעולם לא יועיל לו רק אחת דתו להמית, כי חמת מלך מלאך המות על מי שעובר על ציווייו.

ק"ו בנו של ק"ו מי שעובר על מצות מלך מלכי המלכים הקב"ה, שהשכל נותן שלא יהיה לו תקנה בתשובה כי אם במיתה. וכמו שאמרו רז"ל במדרש (עי' ירושלמי מכות ב, ו), שאלו לחכמה, חוטא מה ענשו.

אמרה (משלי יג, כא), חטאים תרדוף רעה. שאלו לנבואה, חוטא מה עונשו.

אמרה (יחזקאל יח, ד) הנפש החטאת היא תמות וכו'. עד שאלו להקב"ה, חוטא מה ענשו.

אמר, יעשה תשובה ויתודה ויתכפר, דכתיב (הושע יד, ג) קחו עמכם דברים ושובו אל ה'. הדא הוא דכתיב (תהלים כה, ח) טוב וישר ה' על כן יורה חטאים בדרך, עד כאן.

הנך רואה כי החכמה האנושית והמדריגה הנבואיית לא גזרו בחוטא שום תיקון כלל, כי זאת אומרת חטאים תרדוף רעה, וזאת אומרת הנפש החטאת תמות, ולדברי שניהם יהיה החוטא חייב מיתה בידי שמים עכ"פ. כי באמת התשובה אין לה מקום לפי שורת הדין והשכל.

אבל היא דרך חסד ונדבה הנמשך מהש"י על בעל תשובה, כי חפץ חסד הוא, ואינו חפץ בהשחתת הרשעים אלא שיחזרו בתשובה, ויהיו כמ"ש במדרש דלעיל שאלו להקב"ה מה עונשו, אמר יעשה תשובה ויתודה ויתכפר וכו', וזהו מצד החסד שנתחסד הש"י עם האדם לפתוח לו שערי תשובה ברחמיו וברוב חסדיו להנטותו לתחיה. וכן אמר דוד המלך ע"ה (תהלים נא, יד) כשהיה שב בתשובה על ענין בת שבע, ורוח נדיבה תסמכני, כלומר דרך נדבה וחסד, לא שהדין כך הוא:

Paroles de mon père et maître, de mémoire bénie, dans le livre Emek Berakha : la stricte justice voudrait que celui qui a péché envers le Maître de tout n'ait jamais de pardon, même par une techouva complète, selon la parole du prophète (Mikha 6,6-7) : avec quoi me présenterai-je devant ה', me courberai-je devant le Dieu d'en haut ? Me présenterai-je devant Lui avec des holocaustes, etc. ?

Agréera-t-Il des milliers de béliers, etc. ? Donnerai-je mon aîné pour mon crime, le fruit de mes entrailles pour la faute de mon âme ?

Il a dit : il faudrait donner un prix si grand pour échapper au châtiment des transgressions, que l'on ne sait combien donner ni ce qui pourrait y suffire, si des milliers de béliers, ou des myriades de torrents d'huile, ou s'il donnera son aîné en paiement de ses crimes, ou le fruit de ses entrailles pour la faute de son âme. Tout cela montre que la raison veut qu'aucune rançon ne puisse suffire pour le pécheur en échange de sa faute.

Car même un roi de chair et de sang, s'il a ordonné à l'un de ses serviteurs de faire telle chose ou de ne pas faire telle chose, et que celui-ci transgresse l'ordre du roi, petit ou grand, ce serviteur pourrait-il dire au roi : mon seigneur le roi, j'ai transgressé tes ordres, je ferai techouva là-dessus ? Assurément, aucune techouva au monde ne lui servira, une seule loi lui est applicable, la mort, car la fureur du roi est l'ange de la mort pour qui transgresse ses ordres.

À plus forte raison, et à plus forte raison encore, pour qui transgresse l'ordre du Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il : la raison veut qu'il n'ait aucun remède par la techouva, mais seulement par la mort. Ainsi que l'ont dit nos maîtres dans le Midrach (voir Yeroushalmi Makot 2,6) : on demanda à la Sagesse, le pécheur, quel est son châtiment ?

Elle répondit (Michle 13,21) : le mal poursuit les pécheurs. On demanda à la Prophétie, le pécheur, quel est son châtiment ?

Elle répondit (Ye'hezkel 18,4) : l'âme qui pèche, c'est elle qui mourra, etc. Jusqu'à ce qu'on demanda au Saint béni soit-Il, le pécheur, quel est son châtiment ?

Il dit : qu'il fasse techouva, qu'il se confesse, et il lui sera pardonné, ainsi qu'il est écrit (Hochea 14,3) : prenez avec vous des paroles et revenez vers ה'. C'est le sens de ce qui est écrit (Tehilim 25,8) : ה' est bon et droit, c'est pourquoi Il enseigne aux pécheurs le chemin.

Jusqu-ici. Tu vois que la sagesse humaine et le degré prophétique n'ont décrété pour le pécheur aucun redressement : l'une dit, le mal poursuit les pécheurs, et l'autre dit, l'âme qui pèche mourra, et selon leurs deux paroles le pécheur serait de toute façon passible de mort par la main du Ciel.

Car en vérité la techouva n'a pas de place selon la stricte justice ni selon la raison ; elle est une voie de bonté et de générosité qui découle du Nom béni sur celui qui fait techouva, car Il aime la bonté, et Il ne désire pas la perte des méchants, mais qu'ils reviennent par la techouva ; et il en va comme dans le Midrach cité plus haut : on demanda au Saint béni soit-Il quel est son châtiment, Il dit, qu'il fasse techouva, qu'il se confesse et il lui sera pardonné, etc. Cela relève de la bonté dont le Nom béni a usé envers l'homme, en lui ouvrant les portes de la techouva par Sa miséricorde et Sa grande bonté, pour l'incliner vers la vie.

Ainsi a dit le roi David, la paix soit sur lui (Tehilim 51,14), lorsqu'il fit techouva à propos de l'affaire de Bat Cheva : et qu'un esprit généreux me soutienne, c'est-à-dire par voie de générosité et de bonté, et non que la justice l'exige ainsi.

מצורף לזה מה שאמרו רז"ל במדרש (בר"ר יב, טו) והביאו רש"י ז"ל בריש פרשת בראשית ז"ל, כשברא הקב"ה את עולמו עלה במחשבה לבראותו במדת הדין, ראה שאינו מתקיים שיתף בה מדת הרחמים, שנאמר (בראשית ב, ד) ביום עשות ידו"ד א-להים וגו', עד כאן. ראוי לתת לב מהו פשט של שיתוף האמור כאן, או איך נמשך משיתוף מדת הרחמים במדת הדין קיום העולם ומעמדו.

והנלע"ד דפשוטו של שיתוף זה הוא על דרך הנזכר בסמוך, והוא כי בתחילה עלה במחשבתו יתברך לברוא העולם במידת הדין, ואם היה העולם עומד על הדין או הנפש החוטאת מתה מיד, ואפילו היה החוטא רוצה לעשות כל תשובה שבעולם לא היו שומעין לו, כי מי שחוטא לאדון שבראו והטיבו ודאי בן מות הוא לפי שורת הדין כנזכר. ואח"כ ראה שאין העולם מתקיים בזה, כי כמעט כל אדם מחוייב לחטוא בשגם הוא בשר ויצר לב האדם רע מנעוריו, אין אדם צדיק בארץ וגו', וא"כ לפי זה יחזור העולם לתהו ובהו.

והוא יתברך לא לתהו בראו אלא לשבת וגו', שיתף בה מדת הרחמים וכו', והיא מדת הסליחה והמחילה שמקבל ברחמים וברצון את תשובתינו לכפר על כל עונותינו, נשוב אליו בכל לבבינו וזה על צד הנדבה כדלעיל, כי לא יחפוץ בהשחתת העולם, ואם לא שב החוטא דמו בראשו, כי בודאי חטאים שאינם שבים תרדף רעה לפי מדת הדין ולפי מדת הרחמים, וכמו שאמרו רז"ל בהדיא (יומא פו, א), ונקה (שמות לד, ז) לשבים, לא ינקה לשאינם שבים, וזהו שתוף רחמים בדין דלעיל, כי שניהם כאחד טובים לקיום העולם כנזכר, עכ"ל. וכן כתבתי למעלה (מס' ראש השנה פרק תו"א ד"ה בענין תענית ערב ר"ה) בפירוש התנחומא (אמור כב) ערב ראש השנה מכפר שליש בי' ימי תשובה, שליש השני כו', עיין לעיל.

על כן האדם הגומר בלבו להיות בעל תשובה, אזי מתחילה יתענה יום שלם ויבקש את השם יתברך שיקבלנו בתשובה, ועל זה יתפלל וכדל שואל:

À cela s'ajoute ce qu'ont dit nos maîtres dans le Midrach (Bereshit Rabba 12,15), que Rachi, de mémoire bénie, rapporte au début de la paracha Bereshit, et voici ses paroles : lorsque le Saint béni soit-Il créa Son monde, Il envisagea de le créer par la mesure de justice ; voyant qu'il ne pourrait subsister, Il lui associa la mesure de miséricorde, ainsi qu'il est écrit (Bereshit 2,4) : au jour où ה' Elok-im fit, etc. Jusqu-ici.

Il convient de considérer quel est le sens simple de cette association dont il est question ici, et comment de l'association de la mesure de miséricorde à la mesure de justice a découle la subsistance du monde et sa stabilité. Il me semble, dans ma faible opinion, que le sens simple de cette association est selon ce qui vient d'être dit : au commencement, Il envisagea, béni soit-Il, de créer le monde par la mesure de justice ; or si le monde s'était tenu sur la justice, l'âme qui pèche mourrait aussitôt, et même si le pécheur voulait faire toute la techouva du monde, on ne l'écouterait pas, car celui qui pèche envers le Maître qui l'a créé et lui a fait du bien est assurément passible de mort selon la stricte justice, comme il a été dit.

Ensuite Il vit que le monde ne pouvait subsister ainsi, car presque tout homme est destiné à fauter, du fait qu'il est chair, et le penchant du cœur de l'homme est mauvais dès sa jeunesse, il n'est pas d'homme juste sur la terre, etc. ; ainsi, selon cela, le monde retournerait au tohu-bohu. Or Lui, béni soit-Il, ne l'a pas créé pour le tohu mais pour qu'il soit habité, etc. ; Il lui associa donc la mesure de miséricorde, etc., et c'est la mesure du pardon et de la rémission, par laquelle Il accepte avec miséricorde et bienveillance notre techouva pour expier toutes nos fautes, lorsque nous revenons à Lui de tout notre cœur ; et cela par voie de générosité, comme plus haut, car Il ne désire pas la destruction du monde.

Mais si le pécheur ne revient pas, son sang est sur sa tête, car assurément le mal poursuit les pécheurs qui ne reviennent pas, selon la mesure de justice comme selon la mesure de miséricorde ; ainsi que nos maîtres l'ont dit explicitement (Yoma 86a) : Il absout (Chemot 34,7), pour ceux qui reviennent ; Il n'absout pas, pour ceux qui ne reviennent pas. Telle est l'association de la miséricorde à la justice mentionnée plus haut, car les deux ensemble sont bonnes pour la subsistance du monde, comme il a été dit.

Jusqu-ici ses paroles. J'ai écrit de même plus haut (traité Roch Hachana, chapitre Torah Or, au passage commençant par : au sujet du jeûne de la veille de Roch Hachana), dans l'explication du Tan'houma (Emor 22) : la veille de Roch Hachana expie un tiers, les dix jours de techouva le deuxième tiers, etc. ; voir plus haut.

C'est pourquoi l'homme qui décide en son cœur de faire techouva, qu'il jeûne d'abord un jour entier et qu'il demande au Nom béni de l'accueillir dans la techouva ; sur cela qu'il prie, comme un pauvre qui mendie.

וכתב אבא מורי זלה"ה בספר ברית אברהם פרק ח' וזה לשונו, ולעת ערב קודם בין השמשות יטבול את עצמו במים לשם תשובה, ובא השמש וטהר. ונראה לי סעד לטבילה זו ממה שאמרו רז"ל בתלמוד ירושלמי (עי' אדר"נ ח, ח) מעשה בריבה אחת שנשבית לבין הגוים, וכשפדאוה הטבילוה על מה שהאכילוה איסורין, עד כאן.

הא קמן דאפילו מי שנאנס לעשות איסור צריך טבילה, ק"ו מי שעשה איסור ברצון:

Mon père et maître, de mémoire bénie, a écrit dans le livre Berit Avraham, chapitre 8, et voici ses paroles : au soir, avant le crépuscule, qu'il s'immerge dans l'eau en vue de la techouva, et le soleil se couche et il est pur. Il me semble trouver un appui à cette immersion dans ce qu'ont dit nos maîtres dans le Talmud de Jérusalem (voir Avot deRabbi Natan 8,8) : il arriva qu'une jeune fille fut capturée parmi les nations, et quand on la racheta, on la fit s'immerger à cause des aliments interdits qu'on lui avait fait manger.

Jusqu-ici. Nous voyons donc que même celui qui a été contraint de commettre un interdit à besoin d'immersion ; à plus forte raison celui qui a commis un interdit de son plein gré.

וקודם הטבילה יתקן המעוות כאשר יוכל לתקן, כי בדברים שבין אדם לחבירו כמו הגזל והחמס לא יתכפר עונם בתענית ובצדקה, גם כי ירבה תפילה לא ישמע אלא עד אשר ישוב את הגזילה, כי אין תשובה ויום הכפורים מכפרים אלא על עבירות שבין אדם למקום, כגון מי שאכל דבר איסור או בעל בעילה אסורה או שאר עבירות הרעים והחטאים לה'. אבל עבירות שבין אדם לחבירו, כגון חובל בחבירו או קללו או גזלו וכיוצא בהם, אינו נמחל לו לעולם עד שישלם לו מה שחייב לו.

וגם צריך שירצהו וישאל ממנו מחילה. ואפילו לא הקניטו אלא בדברים צריך לפייסו ולפגוע בו עד שימחול לו, וראוי לבעל תשובה לעשות כן קודם הטבילה והוידוי כדי שיתרצה בוידוי.

ואחר הטבילה מיד יבא לביתו ויתבודד עם עצמו. גם אנשי ביתו אל יראו אותו במקומו, ויוותר הוא לבדו ויכרע על ברכיו וכפיו פרושות השמימה ויתודה ויבקש רחמים שיעזרהו הא-להים על תשובתו כמו שכתב הסמ"ג בהלכות תשובה.

ויחזור פניו אל הקיר ויהיו עיניו למטה ולבו למעלה ואל יביט לצדדיו, עד כאן לשונו:

Avant l'immersion, qu'il répare ce qu'il a abîmé autant qu'il peut le réparer. Car pour les choses entre l'homme et son prochain, comme le vol et la spoliation, la faute n'est pas expiée par le jeûne ni par la tsedaka ; et même s'il multiplie la prière, elle ne sera pas exaucée tant qu'il n'a pas restitué l'objet volé.

Car la techouva et Yom Kippour n'expient que les transgressions entre l'homme et le Lieu, comme celui qui a mangé une chose interdite, ou qui a eu une union interdite, ou les autres transgressions mauvaises et fautes envers ה'. Mais les transgressions entre l'homme et son prochain, comme celui qui blesse son prochain, le maudit ou le vole et les cas semblables, ne lui sont jamais pardonnées tant qu'il ne lui a pas payé ce qu'il lui doit.

Il doit aussi l'apaiser et lui demander pardon. Et même s'il ne l'a offensé qu'en paroles, il doit l'apaiser et insister auprès de lui jusqu'à ce qu'il lui pardonne.

Il convient que celui qui fait techouva agisse ainsi avant l'immersion et la confession, afin que sa confession soit agréée. Aussitôt après l'immersion, qu'il rentre chez lui et s'isole avec lui-même ; que même les gens de sa maison ne le voient pas à l'endroit où il se tient ; qu'il reste seul, qu'il fléchisse les genoux, les paumes étendues vers le ciel, qu'il se confesse et implore miséricorde, afin que Dieu l'aide dans sa techouva, comme l'a écrit le Sémag (Sefer Mitsvot Gadol) dans les lois de la techouva.

Qu'il tourne son visage vers le mur, que ses yeux soient en bas et son cœur en haut, et qu'il ne regarde pas sur les côtés. Jusqu-ici ses paroles.

ובראשית חכמה שער אהבה פרק י"א כתב וזה לשונו, וגם טוב לטהרה לגלח הצפרניים, שכל אשה המטהרת לבעלה צריכה לקוצצם כו'. ולי נראה, דאם הוא מגדל צפרניו בדרך אבילות שמתאבל על עוונותיו, יגדלם, רק ינקה תמיד הטיט והצואה שתחת צפרניו שלא יהא חציצה בנטילה ויצא שכרו בהפסדו, כי צריך להתבונן בכל דרכיו קדוש יהיה:

Dans le Reshit 'Hokhma, Porte de l'amour, chapitre 11, il écrit, et voici ses paroles : il est bon aussi, pour la pureté, de couper les ongles, car toute femme qui se purifie pour son mari doit les couper, etc. Mais il me semble que si l'homme laisse pousser ses ongles en signe de deuil, s'endeuillant sur ses fautes, qu'il les laisse pousser ; seulement qu'il nettoie toujours la boue et la saleté qui se trouvent sous ses ongles, afin qu'il n'y ait pas d'interposition lors de la netilat yadayim (ablution des mains) et que son gain ne soit pas annulé par sa perte, car il doit examiner toutes ses voies : il sera saint.

צריך ליזהר מאוד בכ"ד דברים המעכבין התשובה. ואלו הן א' רכילות.

ב' לשון הרע. ג' בעל חמה.

ד' בעל מחשבה. ואלו הד' בפרט נמצאות ברוב כל אדם, ולכן מאוד מאוד צריך ליזהר בהם.

וכל אחד מאלו בפרט יש בהם סגולה לסלק כח הנשמה ולשרות בו כח חטא, ואז יתקיים בו (דברים לא, יז) הלא על כי אין א-להי בקרבי מצאונו הרעות האלה:

Il faut prendre grand garde aux vingt-quatre choses qui empêchent la techouva. Les voici : 1. la délation.

2. la mauvaise langue. 3. l'homme colérique.

4. l'homme adonné aux mauvaises pensées. Ces quatre-là en particulier se trouvent chez presque tout homme, c'est pourquoi il faut y prendre garde très, très fortement.

Et chacune d'elles en particulier a la propriété d'écarter la force de la nechama et de faire reposer sur l'homme la force de la faute ; alors s'accomplit en lui (Devarim 31,17) : n'est-ce pas parce que mon Dieu n'est pas au milieu de moi que ces maux m'ont atteint ?

עוד מכ"ד דברים, ה' המתחבר לרשעים. ו' הרגיל בסעודה שאינו מספקת לבעליה.

ז' המסתכל בעריות. ח' החולק עם גנב.

ט' האומר אחטא ואשוב, ובכלל עון זה האומר אחטא ויום הכפורים מכפר. י' המבזה את רבותיו.

י"א המחטיא את הרבים, ובכלל עון זה המונע את הרבים מלעשות מצוה. י"ב המטה את חבירו מדרך מצוה לדבר עבירה.

י"ג המשתמש בעבוטו של עני. י"ד המקבל שוחד להטות את הדין.

ט"ו המוצא מציאה ואינו מכריז עליה עד שיחזירנה לבעלים. ט"ז הרואה בנו יוצא לתרבות רעה ואינו מוחה בידו.

י"ז האוכל שוד עניים ויתומים ואלמנות. י"ח הפורש עצמו מן הציבור.

י"ט העובר על דברי חכמים. כ' המתכבד בקלונו של חבירו.

כ"א החושד בכשרים. כ"ב השונא תוכחת.

כ"ג המלעיג על המצות. כ"ד המקלל את הרבים.

כל אלו הדברים מעכבין את התשובה:

Encore, parmi les vingt-quatre choses : 5. celui qui s'associe aux méchants. 6. celui qui prend habituellement part à un repas qui ne suffit pas à ses maîtres.

7. celui qui regarde les nudités. 8. celui qui partage le butin avec un voleur.

9. celui qui dit : je fauterai et je ferai techouva ; et dans cette faute est compris celui qui dit : je fauterai et Yom Kippour expiera. 10. celui qui méprise ses maîtres.

11. celui qui fait fauter le public, et dans cette faute est compris celui qui empêche le public d'accomplir une mitsva. 12. celui qui détourne son prochain de la voie de la mitsva vers une transgression.

13. celui qui se sert du gage d'un pauvre. 14. celui qui accepte un pot-de-vin pour faire pencher le jugement.

15. celui qui trouve un objet perdu et ne le proclame pas afin de le rendre à ses propriétaires. 16. celui qui voit son fils prendre un mauvais chemin et ne l'en empêche pas.

17. celui qui consomme le bien arraché aux pauvres, aux orphelins et aux veuves. 18. celui qui se sépare de la communauté.

19. celui qui transgresse les paroles des Sages. 20. celui qui s'honore par la honte de son prochain.

21. celui qui soupçonne les gens intègres. 22. celui qui hait la réprimande.

23. celui qui se moque des mitsvot. 24. celui qui maudit le public.

Toutes ces choses empêchent la techouva.

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