La halakha est que l'on dit chehehiyanou à Roch Hachana et à Kippour. Le Chla tient que l'officiant la dise après Kol Nidre, que l'assemblée réponde amen et s'acquitte par sa berakha ; bénir pour soi-même avant qu'il n'achève ne lui paraît pas droit, car « dans la multitude du peuple est la splendeur du Roi des rois des rois ». Il en va de même pour le Hallel et le loulav. Il rapporte Berakhot : l'école de Hillel, un seul bénit pour tous, d'après (Proverbes 14,28) « dans la multitude du peuple est la splendeur du roi » ; l'école de Chamai, chacun pour soi, à cause de l'interruption de l'étude.
Aussi : l'interdiction des rapports et la lampe dans la chambre à coucher ; les chaussures laissées à la maison la nuit de Kol Nidre ; la confession selon le Ramban et le détail des fautes à voix basse.
הלכתא אומר זמן בראש השנה ויום כפור. ונוהגין שהש"ץ אומר שהחיינו לאחר כל נדרי.
והקהל עונין אמן, ויכונו לצאת בברכת החזן. ומי שרוצה לנהוג לברך לעצמו קודם שיסיים ש"ץ הברכה, וסובר שזהו עדיף שיעשה בעצמו ולא יוציא אותו אחר, לא ישר בעיני.
אדרבה, ברוב עם הדרת מלך מלכי המלכים הקב"ה, וכן נראה לי לנהוג בברכת הלל וברכת הלולב שהש"ץ יברך בקול רם והקהל יכוונו לצאת בברכתו ויענו אמן. וכבר כתבתי מזה במקום אחר, והבאתי ראיה מהא דאיתא בברכות בפ' אלו דברים (ברכות דף נ"ג) (א) ת"ר היו יושבין בבית המדרש והביאו אור לפניהם, בית שמאי אומרים כל אחד ואחד מברך לעצמו, וב"ה אומרים אחד מברך לכולם, שנאמר (משלי יד, כח) ברוב עם הדרת מלך.
בשלמא ב"ה מפרשי טעמא, אלא בית שמאי מ"ט. קסברי מפני ביטול בית המדרש, עד כאן:
La halakha est que l'on dit la bénédiction du temps (chehehiyanou) à Roch Hachana et à Kippour. L'usage est que l'officiant dise chehehiyanou après Kol Nidre, que l'assemblée réponde amen et qu'elle ait l'intention de s'acquitter par la berakha de l'officiant.
Celui qui veut adopter l'usage de bénir pour lui-même avant que l'officiant n'achève la berakha, estimant qu'il vaut mieux le faire soi-même et ne pas être acquitté par un autre, cela ne me paraît pas droit. Au contraire : dans la multitude du peuple est la splendeur du Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il.
De même il me paraît bon d'agir ainsi pour la berakha du Hallel et la berakha du loulav : que l'officiant bénisse à voix haute, que l'assemblée ait l'intention de s'acquitter par sa berakha et qu'elle réponde amen. J'ai déjà écrit là-dessus ailleurs, et j'en ai apporté une preuve de ce qui est enseigné dans Berakhot, au chapitre Elou devarim (Berakhot 53a) : nos maîtres ont enseigné : s'ils étaient assis dans la maison d'étude et qu'on apporta de la lumière devant eux, l'école de Chamai dit : chacun bénit pour lui-même ; et l'école de Hillel dit : un seul bénit pour tous, car il est dit (Proverbes 14,28) 'dans la multitude du peuple est la splendeur du roi'.
Passe encore pour l'école de Hillel, qui donne sa raison ; mais l'école de Chamai, quelle est sa raison ? Ils estiment que c'est à cause de l'interruption de l'étude dans la maison d'étude.
Jusqu-ici.
אסור בתשמיש המטה, ויליף מקרא דחשיב עינוי. ואיתא בפסחים (פ"ד מ"ד) מקום שנהגו להדליק את הנר בליל יום כפור מדליקין, מקום שנהגו שלא להדליק כו'.
דרש רבא (ישעיה ס, כא) ועמך כולם צדיקים לעולם ירשו ארץ. בין שאמרו להדליק, בין שאמרו שלא להדליק, שניהם לא נתכוונו אלא לדבר אחד.
ופירש רש"י, לא נתכוונו אלא לדבר אחד, להפריש עצמו ממשכבי האשה. האומרים להדליק, משום דאין אדם משמש מטתו לאור הנר.
והאומר שלא להדליק, סבר כשהנר דולק רואה את אשתו ומתאוה:
Il est interdit d'avoir des relations conjugales, et cela se déduit d'un verset, car cela est compté parmi les privations. Et il est enseigné dans Pessahim (chapitre 4, michna 4) : un lieu où l'usage est d'allumer la lampe la nuit de Kippour, on allume ; un lieu où l'usage est de ne pas allumer, etc.
Rava expliqua le verset (Isaie 60,21) 'et ton peuple, tous sont des justes, à jamais ils hériteront la terre' : que l'on ait dit d'allumer ou que l'on ait dit de ne pas allumer, les uns et les autres n'ont visé qu'une seule et même chose. Et Rachi explique : ils n'ont visé qu'une seule chose, se séparer de la couche de la femme.
Ceux qui disent d'allumer, parce qu'un homme n'a pas de rapport avec sa femme à la lumière de la lampe ; et celui qui dit de ne pas allumer estime que, lorsque la lampe brûle, il voit sa femme et la désire.
ומאחר שמקום שנהגו להדליק הוא משום שאין אדם משמש מטתו לאור הנר, ואנו נוהגין כמקום שנהגו להדליק, לכן ידליקו בחדר משכבו דאז הוא מונע את עצמו מלקרב לאשתו דישראל קדושים הם ואין משמשין מטותיהן לאור הנר. ואי מדליק בבית, לא עביד לא כמקום שנהגו שלא להדליק, ולא כמקום שנהגו להדליק.
דאלו מקום שנהגו שלא להדליק, סברי כשהנר דולק רואה את אשתו ומתאוה לה, והוא רואה ומתאוה לה. ולא כמקום שנהגו להדליק, דסברי משום שאין אדם משמש מטתו לאור הנר, וכאן בחשיכה יתהלכו לחדר משכבו, ונמצא תרתי לריעותא, דבבית מסתכל בה כשהיא מקושטת ומתאוה לה, ואח"כ הולך חשכים.
על כן צריך להדליק ג"כ בחדר משכבו:
Et puisque le lieu où l'usage est d'allumer le fait parce qu'un homme n'a pas de rapport avec sa femme à la lumière de la lampe, et que nous suivons l'usage du lieu où l'on allume, on allumera donc dans la chambre à coucher : alors il s'empêche lui-même de s'approcher de sa femme, car Israël est saint et ils n'ont pas de rapports à la lumière de la lampe. Mais s'il allume seulement dans la maison, il n'agit ni comme le lieu où l'usage est de ne pas allumer, ni comme le lieu où l'usage est d'allumer.
Car le lieu où l'usage est de ne pas allumer estime que, lorsque la lampe brûle, il voit sa femme et la désire, et lui la voit et la désire. Et il n'agit pas davantage comme le lieu où l'usage est d'allumer, qui estime que c'est parce qu'un homme n'a pas de rapport avec sa femme à la lumière de la lampe, alors qu'ici ils iront dans l'obscurité vers la chambre à coucher.
Il se trouve donc un double désavantage : dans la maison il la regarde parée et la désire, et ensuite il s'en va dans les ténèbres. C'est pourquoi il faut allumer aussi dans la chambre à coucher.
וכל אותה לילה ויום יתרחק מאשתו שלא ליגע בה ובבגדיה כאלו היא נדה, שהרי החמירו להדליק או שלא להדליק, ובנדה לא החמירו, כן הוא באגודה בפסחים וביומא. וגם לא ירבה בדברים עמה שלא יבא לידי הרגל עבירה ושלא יבא לידי הרהור ולידי קרי, מצאתי:
Et toute cette nuit et tout ce jour, il s'éloignera de sa femme au point de ne toucher ni elle ni ses vêtements, comme si elle était nida (femme en période d'impureté menstruelle) ; car on a été rigoureux jusqu'à instituer d'allumer ou de ne pas allumer, alors que pour la nida on n'a pas été rigoureux à ce point. Ainsi est-il dans l'Agouda, sur Pessahim et sur Yoma.
Il ne multipliera pas non plus les paroles avec elle, afin de ne pas en venir à s'habituer à la faute, ni à des pensées mauvaises et à une pollution. J'ai trouvé cela.
אמר מהרי"ל, כשרוצה אדם לילך לבית הכנסת ליל כל נדרי, ישלוף מנעליו ויניחם בביתו ולא יוליכם לבית הכנסת משום טינוף, ויום זה הוא יום שחייבין לכבדו בכסות נקיה ובכל דבר טהרה. ואמר, דבימי אביו מהר"ם סג"ל בהיות שם רב במגנצא הי' נוהג ששמש העיר הי' מכריז בערב להניח מנעליהם בביתם.
ואמר שיש מקומות שפורסין בגדי צבעונין בבית הכנסת לכבוד היום, ויש מקומות שמשטיחין עשבים על הרצפה משום דכתיב (ויקרא כו, א) ואבן משכית לא תתנו בארצכם להשתחוות עליה, וביום כפור אנו מרבין בהשתחוואות יותר מבשאר כל השנה. ומסיק פרק הקורא תניינא (מגילה כב, ב) דהשתחוואוה היא פישוט ידים ורגלים, ואנן עבדינן הכי ביום כפור דוקא.
ומהאי טעמא נותנים מחצלת לפני העמוד אל פני הש"ץ כל השנה, וכן הוא באלפס בתוספתא דמגילה פרק הקורא תניינא. ואם אדם מפונק וקשה עליו לילך יחף עד לבית הכנסת, רשאי לילך במנעליו עד פתח בית הכנסת ויתנה לבני ביתו להחזירם הבית, או יצניעם במקום מוצנע שלא יראו, עד כאן לשונו:
Le Maharil a dit : lorsqu'un homme veut aller à la synagogue la nuit de Kol Nidre, qu'il ôte ses chaussures et les laisse chez lui, et qu'il ne les porte pas à la synagogue, à cause de la saleté ; car ce jour est un jour que l'on est tenu d'honorer par des vêtements propres et par toute chose de pureté. Et il a dit qu'aux jours de son père, le Maharam Segal, lorsque celui-ci était rabbin à Mayence, l'usage était que le bedeau de la ville annonçât la veille au soir de laisser les chaussures à la maison.
Et il a dit qu'il y a des endroits où l'on étend des étoffes de couleur dans la synagogue en l'honneur du jour, et des endroits où l'on répand des herbes sur le sol, parce qu'il est écrit (Lévitique 26,1) 'et vous ne mettrez pas dans votre pays de pierre ornée pour vous prosterner dessus', et à Kippour nous multiplions les prosternations plus que tout le reste de l'année. Et il est conclu au second chapitre Hakore (Meguila 22b) que la prosternation consiste à étendre les mains et les pieds, et nous faisons ainsi précisément à Kippour.
Et pour cette raison on place une natte devant le pupitre, devant l'officiant, toute l'année ; ainsi est-il dans le Alfassi, au nom de la Tossefta de Meguila, second chapitre Hakore. Et si un homme est délicat et qu'il lui est pénible d'aller pieds nus jusqu'à la synagogue, il lui est permis d'aller avec ses chaussures jusqu'à la porte de la synagogue, et de convenir avec les gens de sa maison qu'ils les rapportent à la maison, ou bien il les dissimulera dans un endroit caché où on ne les verra pas.
Jusqu-ici ses paroles.
וכבר כתבתי לעיל בהלכות ט' באב, אם עת גשמים ויירא שיטנפו רגליו ואז שרי ללבוש מנעלים, מכל מקום יהפכם של שמאל לימין, והבאתי סמך מהתלמוד על זה. ואם הכרח הוא לו לשום המנעלים בבית הכנסת, ישים אותם בחור או במקום נסתר ויהיו מכוסים אין רואה, כי קדוש היום לאדונינו:
Et j'ai déjà écrit plus haut, dans les lois du 9 av, que si c'est une période de pluies et qu'il craint de se salir les pieds, il lui est alors permis de porter des chaussures ; en tout cas il inversera celle de gauche avec celle de droite, et j'en ai apporté un appui du Talmud. Et s'il lui est indispensable de déposer les chaussures dans la synagogue, qu'il les mette dans un trou ou dans un endroit caché, et qu'elles soient couvertes, que nul ne les voie, car ce jour est saint pour notre Maître.
בפרק בתרא דיומא (פז, ב), ת"ר, מצות וידוי ערב יוה"כ עם חשיכה, דברי ר' מאיר. וחכמים אומרים, צריך שיתוודה קודם שיאכל וישתה שמא יארע דבר קלקלה בסעודה.
ואע"פ שהתודה ערבית מתודה בשחרית כו'. וכתב הר"ן, וידוי ערב יו"כ עם חשיכה לאחר אכילה משיקבל עליו יום הכפורים, שמא יארע דבר קלקלה של שכרות וכיוצא בו:
Au dernier chapitre de Yoma (87b) : nos maîtres ont enseigné : le devoir de la confession est la veille de Kippour, à la tombée de la nuit, paroles de Rabbi Meir. Et les Sages disent : il faut qu'il se confesse avant de manger et de boire, de peur qu'il ne survienne quelque désordre pendant le repas.
Et bien qu'il se soit confessé à l'office du soir, il se confesse encore le matin, etc. Et le Ran a écrit : la confession de la veille de Kippour, à la tombée de la nuit, a lieu après le repas, dès lors qu'il accepte sur lui le jour de Kippour ; car on a craint qu'il ne survienne un désordre d'ivresse ou quelque chose de semblable.
צריך שיתודה לאחר שיאכל וישתה בתפלת ערבית, כך פירשו הראשונים. והרמב"ן הקשה עליהם, ופירש דהכי קאמר, מצות וידוי של ערב יו"ה שצריך להתודות קודם שיכנס ליום בתשובה הוא עם חשיכה סמוך ליום עצמו, כדי שלא יהא שהות לחטוא בין הוידוי והיום.
אבל חששו חכמים שמא תטרוף דעתו בסעודה וימנענו שכרותו מן הוידוי, ולפיכך החמירו עלו להתודות קודם אכילה. ואף על פי שהתודה קודם אכילה, חוזר ומתודה בזמנה עם חשיכה סמוך ליום עצמו שמא אירע דבר קלקלה של חטא בסעודה.
אבל ווידוי ערבית שהוא וידוי של יוה"כ עצמו לא קתני, דודאי מתודה הוא ביוה"כ. אלא קתני אע"פ שהתודה ערבית מתודה שחרית וכל היום, שמא אירע לו דבר עבירה כל היום, דיום הכפורים בסופו עם חשיכה מכפר.
והביא ראיה לדבריו מדתניא בתוספתא מצות וידוי ערב יו"ה עם חשיכה, ואע"פ שמתודה קודם שיאכל וישתה, צריך שיתודה לאחר אכילה ושתיה שמא אירע דבר קלקלה בסעודה. ואע"פ שהתודה לאחר שאכל ושתה, צריך שיתודה ערבית.
ואע"פ שהתודה ערבית, צריך שיתודה שחרית, עד כאן:
Il faut qu'il se confesse après avoir mangé et bu, à l'office du soir : ainsi l'ont expliqué les premiers décisionnaires. Le Ramban leur a objecté, et il a expliqué que voici ce qui est dit : le devoir de confession de la veille de Kippour, puisqu'il faut se confesser avant d'entrer dans le jour par la techouva, est à la tombée de la nuit, tout près du jour lui-même, afin qu'il n'y ait pas de délai pour fauter entre la confession et le jour.
Mais les Sages ont craint que son esprit ne se trouble pendant le repas et que son ivresse ne l'empêche de se confesser ; c'est pourquoi ils ont été rigoureux avec lui, l'obligeant à se confesser avant de manger. Et bien qu'il se soit confessé avant de manger, il revient se confesser en son temps, à la tombée de la nuit, tout près du jour lui-même, de peur qu'un désordre de faute ne soit survenu pendant le repas.
Mais la confession du soir, qui est la confession de Kippour lui-même, n'est pas enseignée ici, car il est certain qu'il se confesse à Kippour. Ce qui est enseigné, c'est : bien qu'il se soit confessé le soir, il se confesse le matin, et tout au long du jour, de peur qu'une transgression ne lui soit survenue durant toute la journée, car Kippour expie à sa fin, à la tombée de la nuit.
Et il a apporté une preuve à ses paroles de ce qui est enseigné dans la Tossefta : le devoir de confession de la veille de Kippour est à la tombée de la nuit ; et bien qu'il se confesse avant de manger et de boire, il faut qu'il se confesse après avoir mangé et bu, de peur qu'un désordre ne soit survenu pendant le repas ; et bien qu'il se soit confessé après avoir mangé et bu, il faut qu'il se confesse à l'office du soir ; et bien qu'il se soit confessé le soir, il faut qu'il se confesse le matin. Jusqu-ici.
וראוי לכל ירא שמים לעשות כן כדברי הרמב"ן מאחר שהביא ראי' מהתוספתא. ואעפ"י שהבית יוסף סימן תר"ז כתב והעולם לא נהגו כדברי הרמב"ן, מכל מקום אני אומר הנוהג כדברי הרמב"ן הוא מנהג טוב וישר בעיני א-להים.
וכן אני נוהג כשאני רואה בין השמשות ממשמש ובא והוא סמוך לחשיכה, אני מתודה בכל יכולתי:
Et il convient à tout homme craignant le Ciel d'agir ainsi, selon les paroles du Ramban, puisqu'il a apporté une preuve de la Tossefta. Et bien que le Beit Yossef, au paragraphe 607, ait écrit que le monde n'a pas suivi les paroles du Ramban, je dis malgré tout que celui qui agit selon les paroles du Ramban a un usage bon et droit aux yeux de Dieu.
Et c'est ainsi que j'agis moi-même : lorsque je vois le crépuscule s'approcher et venir, et qu'il est proche de la tombée de la nuit, je me confesse de toutes mes forces.
סדר הוידוי, זה לשון אבא מורי זלה"ה בעמק ברכה דף ק"ד, וסדר הוידוי חטאנו עוינו פשענו, והחטאים הם השגגות והפשעים הם המורדים מלשון (מל"ב ג, ז) מלך מואב פשע בי. האלוף המרומם בפי כל מהורר"ף סג"ל יצ"ו מק"ק קראקא העיד על גיסו מהר"מ איסרל"ן ז"ל שהיה נוהג בוידוי יום כפור לומר בזה הסדר כפרה לחטאים.
ומחילה לעונות. וסליחה לפשעים שחטא הוא השוגג מתפללים שימחקם לגמרי כאלו לא היו מעולם.
וזה ל' כפרה כמו (בראשית לב, כא) אכפרה פניו וגו'. ומחילה לעון כי שם נשאר שום רושם.
וסליחה שהיא אריכות אף לפושעים הם המורדים כי עליהם יום הכפורים תולה, חזי מאן גברא רבא קא מסהיד עליה דגברא רבא ז"ל וטעמו כצפיחית בדבש, עד כאן לשונו:
L'ordre de la confession : voici les paroles de mon père et maître, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, dans Emek Berakha, page 104. L'ordre de la confession est : nous avons fauté, nous avons commis des iniquités, nous avons transgressé.
Les fautes sont les manquements involontaires, et les transgressions sont les rébellions, du langage de (II Rois 3,7) 'le roi de Moab s'est révolté contre moi'. Le noble homme, élevé dans la bouche de tous, notre maître le rav Rabbi P.
Segal, que son Rocher le garde, de la sainte communauté de Cracovie, a témoigné au sujet de son beau-frère le Maharam Isserles, de mémoire bénie, qu'il avait coutume, dans la confession de Kippour, de dire selon cet ordre : expiation pour les fautes, pardon pour les iniquités, rémission pour les transgressions. Car la faute est involontaire, et l'on prie qu'Il les efface entièrement, comme si elles n'avaient jamais existé ; et tel est le sens du terme kapara, comme dans (Genèse 32,21) 'je couvrirai sa face', etc.
Le pardon, lui, vaut pour l'iniquité, car il y demeure encore quelque trace. Et la rémission, qui est la patience envers les transgresseurs, c'est-à-dire les rebelles, car pour eux le jour de Kippour suspend le châtiment.
Vois quel grand homme témoigne au sujet d'un grand homme, de mémoire bénie, et son goût est comme celui d'un beignet au miel. Jusqu-ici ses paroles.
קבלתי כשמתודה ישוח עד שיתפקקו כל חוליות שבשדרה, ולא ביום כפור בלבד, אלא אף כל ימי השנה כשמתודה יעשה כן. וכבר נודע מי שלא כרע במודים, אז טרדתו נעשית נחש, ומזה נותן השכל כי המתודה על העבירות והם באים מצד זוהמת הנחש והוא מודה ומתודה יכרע עד שיתפקקו כל חוליות שבשדרה ואז ושב ורפא לו.
וכן רמוז בספר נחמיה סימן ח' דכתיב (ו) ויברך עזרא את ה' הא-להים הגדול, ויענו כל העם אמן אמן במעל ידיהם ויקדו וישתחוו לה' אפים ארצה. אחר כותבי זה, מצאתי כן במהרי"ל בהלכות ליל יום כפור.
וזה לשון מהר"י סג"ל, כשהיה מתודה היה עומד בכפיפת הראש כדרך שהיה שוחה באומרו מודים:
J'ai reçu par tradition que, lorsqu'on se confesse, on s'incline jusqu'à ce que toutes les vertèbres de la colonne se détachent ; et non seulement à Kippour, mais tous les jours de l'année, quand on se confesse, on fera ainsi. Et il est déjà connu que celui qui ne s'incline pas à Modim, sa colonne vertébrale devient un serpent.
De là, l'intelligence conclut que celui qui se confesse de ses transgressions, lesquelles viennent du côté de la souillure du serpent, et qui reconnaît et confesse, doit s'incliner jusqu'à ce que toutes les vertèbres de la colonne se détachent, et alors il reviendra et sera guéri. Et cela est suggéré dans le livre de Nehemie, chapitre 8, où il est écrit (verset 6) : 'et Ezra bénit ה' le grand Dieu, et tout le peuple répondit amen, amen, les mains levées, et ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant ה', face contre terre'.
Après avoir écrit cela, j'ai trouvé de même dans le Maharil, dans les lois de la nuit de Kippour. Voici les paroles du Maharil Segal : lorsqu'il se confessait, il se tenait la tête inclinée, de la manière dont il s'inclinait en disant Modim.
בפרק בתרא דיומא (פו, ב) איפליגו ר' יודא בן בבא ור' עקיבא, ריב"ב סבירא ליה צריך לפרש החטא, שנאמר (שמות לב, לא) אנא חטא העם הזה חטאה גדולה ויעשו להם א-להי זהב. ר' עקיבא אומר, (תהלים לב, א) אשרי נשוי פשע כסוי חטאה.
אלא מהו שאמר משה ויעשו להם א-להי זהב, כדר' ינאי, דאמר ר' ינאי אמר משה לפני הקב"ה כסף וזהב שהרבית לכנסת ישראל עד שאמרו די גרם להם שיעשו א-להי זהב. והרי"ף והרא"ש פסקו הלכה כר' עקיבא, דהא הלכה כר' עקיבא מחבירו (עירובין מו, ב).
וכן הסכים הבית יוסף בטור אורח חיים סימן תר"ז, והולך לסברתו דרגיל לפסוק כתרי משלשה גדולי ההוראה דהיינו הרי"ף והרמב"ם והרא"ש:
Au dernier chapitre de Yoma (86b), Rabbi Yehouda ben Bava et Rabbi Akiva sont en désaccord. Rabbi Yehouda ben Bava estime qu'il faut détailler la faute, car il est dit (Exode 32,31) 'de grâce, ce peuple a commis une grande faute, ils se sont fait des dieux d'or'.
Rabbi Akiva dit : (Psaumes 32,1) 'heureux celui dont la transgression est portée, dont la faute est couverte'. Mais alors, qu'en est-il de ce que Moché a dit, 'ils se sont fait des dieux d'or' ?
Cela s'explique comme Rabbi Yannai ; car Rabbi Yannai a dit : Moché a dit devant le Saint béni soit-Il : l'argent et l'or que Tu as multipliés pour l'assemblée d'Israël jusqu'à ce qu'ils disent assez, voilà ce qui leur a fait faire des dieux d'or. Le Rif et le Roch ont tranché la halakha selon Rabbi Akiva, car la halakha suit Rabbi Akiva contre son collègue (Erouvin 46b).
Et ainsi en a décidé le Beit Yossef dans le Tour Orah Haim, paragraphe 607 ; il suit la son raisonnement habituel, lui qui a coutume de trancher comme deux des trois grands décisionnaires, c'est-à-dire le Rif, le Rambam et le Roch.
אבל הרמב"ם (הל' תשובה ב, ה) פסק כריב"ב, מכל מקום כתב הבית יוסף דיש להרמב"ם ראייה ברורה דהלכה כריב"ב, דמוכח שם דרב יודא אמר רב סבירא ליה כריב"ב. ועוד הביא הבית יוסף ראיה מדאפליגו תנאי בעבירות שהתודה בהם ביוה"כ שעבר אם חוזר ומתודה עליהם ביוה"כ, מכלל מתודה עליהם בפרטיות.
ובאמת ראיות שהביא הבית יוסף הם ראיות חזקות, ואף שלענין פסק הלכה הסכים הבית יוסף עם הרי"ף והרא"ש, מכל מקום כתב וזה לשונו, מכל מקום נראה שאם רצה לפרט החטא הרשות בידו, דר' עקיבא לא אסר לפרט החטא, ולא בא אלא לומר שהוא יותר מאושר מי שאינו מפרט חטאיו. ועוד דאפשר דלא אסר ר' עקיבא אלא דמפרט אותם בקול רם, אבל בלחש שפיר דמי למיפרט כדי שיתבייש יותר, ואכתי כסוי חטאה הוא כיון דאינו נשמע לבני אדם, הכי מוכח מדמשני כאן בחטא מפורסם כו', דבמתודה לפני בני אדם בקול רם מיירי.
דאי בלחש, כי אינו מפורסם מאי הוי, הא אע"פ דמפרט אכתי מכוסה הוא. מה שכתב רבינו בסמוך בשם הרא"ש שהעבירות שהתודה עליהם ביום הכפורים שעבר יוכל להתודות עליהם אף ע"פ שלא שנה בהם, ובמתודה בפרטות מיירי וכמו שהוכחתי בסמוך, עכ"ל.
הרי שלכולי עלמא יפרט החטא בלחש:
Mais le Rambam (Lois de la techouva 2,5) a tranché comme Rabbi Yehouda ben Bava. En tout cas, le Beit Yossef a écrit que le Rambam dispose d'une preuve claire que la halakha suit Rabbi Yehouda ben Bava, car il ressort de là-bas que Rav Yehouda a dit au nom de Rav qu'il estime comme Rabbi Yehouda ben Bava.
Et le Beit Yossef a encore apporté une preuve du fait que les Sages de la Michna sont en désaccord au sujet des transgressions dont on s'est confessé le Kippour passé, pour savoir si l'on revient s'en confesser à ce Kippour : d'où il ressort que l'on s'en confesse en détail. En vérité, les preuves qu'a apportées le Beit Yossef sont des preuves fortes ; et bien que, quant à la décision halakhique, le Beit Yossef se soit rangé avec le Rif et le Roch, il a néanmoins écrit, voici ses paroles : en tout cas il semble que, s'il veut détailler la faute, il en a le droit, car Rabbi Akiva n'a pas interdit de détailler la faute, et il est venu seulement dire que celui qui ne détaille pas ses fautes est plus heureux.
De plus, il est possible que Rabbi Akiva n'ait interdit que de les détailler à voix haute, mais qu'à voix basse il soit tout à fait convenable de les détailler, afin qu'il ait davantage honte ; et c'est encore une faute couverte, puisqu'elle n'est pas entendue des hommes. Ainsi ressort-il de ce que la Guemara répond 'ici il s'agit d'une faute publique', etc., ce qui montre qu'il s'agit de celui qui se confesse devant les hommes à voix haute ; car s'il s'agissait d'une confession à voix basse, qu'importerait qu'elle ne soit pas publique, puisque, même s'il détaille, elle demeure couverte.
Et ce que notre maître a écrit plus loin au nom du Roch, à savoir que les transgressions dont il s'est confessé le Kippour passé, il peut s'en confesser à nouveau bien qu'il ne les ait pas répétées, cela parle de celui qui se confesse en détail, comme je l'ai prouvé plus haut. Jusqu-ici ses paroles.
Il ressort donc que, de l'avis de tous, on détaillera la faute à voix basse.
והנה לפום ריהטא מה שרצה לומר שאף לר"ע יפרט בלחש, יש להקשות על זה, אם כן למה מוקי תלמודא הפסוק דויעשו א-להי זהב אליבא דר' עקיבא כדר' ינאי כו' כדלעיל, יפרש הפסוק כריב"ב ועל כל זה לא יהיה קשה על ר' עקיבא, דהא ר' עקיבא מודה באם אינו נשמע לבני אדם דיפרט חטאו. וגם משה כשהתפלל לא היה נשמע לבני אדם זולתי להש"י, שהרי התפלל בהר כמו שכתוב (שמות לב, לא) וישב משה אל ה' וגו'.
אמנם אין זה קושיא, דודאי אותו אדם שחטא יפרט החטא בלחש אף לר' עקיבא, כדי שיתלבש בבושה כשמודה על חטאיו. אבל איש אחד שמתפלל בעד אחר, כמו כאן משה שלא חטא והתפלל בעד חוטאי ישראל, אפשר שהוא בכלל כסוי חטאה שלא יפרטם, כי אצלו לא שייך כדי שיתבייש מאחר שהוא לא היה החוטא, על כן הוצרך לר' עקיבא הפסוק ויעשו להם א-להי זהב כדר' ינאי:
Or, à première vue, ce qu'il a voulu dire, que même selon Rabbi Akiva on détaille à voix basse, appelle une objection : s'il en est ainsi, pourquoi le Talmud établit-il le verset 'ils se sont fait des dieux d'or', selon Rabbi Akiva, comme Rabbi Yannai, etc., comme ci-dessus ? Qu'il explique le verset comme Rabbi Yehouda ben Bava, et malgré tout cela il n'y aurait pas de difficulté sur Rabbi Akiva, puisque Rabbi Akiva concède que, lorsque ce n'est pas entendu des hommes, on détaille sa faute.
Et Moché aussi, lorsqu'il pria, n'était pas entendu des hommes mais seulement du Nom béni, car il pria sur la montagne, comme il est écrit (Exode 32,31) 'et Moché revint vers ה'', etc. Toutefois ce n'est pas une objection : car assurément, l'homme qui a fauté détaillera sa faute à voix basse, même selon Rabbi Akiva, afin qu'il se revête de honte en reconnaissant ses fautes.
Mais un homme qui prie pour un autre, comme ici Moché, qui n'avait pas fauté et qui priait pour les fauteurs d'Israël, il est possible qu'il soit compris dans 'la faute couverte', c'est-à-dire qu'il ne les détaille pas ; car chez lui il n'y a pas lieu de dire 'afin qu'il ait honte', puisque ce n'est pas lui qui a fauté. C'est pourquoi Rabbi Akiva a eu besoin d'expliquer le verset 'ils se sont fait des dieux d'or' comme Rabbi Yannai.
נמצא לפירוש הרמב"ם הלכה כריב"ב לגמרי, ואף לר' עקיבא יפרט חטאיו בלחש, ורוב המחברים בענייני תשובה מסכימים לפרט החטא כדעת ריב"ב, וכן כתב הכלבו. וכך כתב מהרי"ל בהלכות יו"כ זה לשונו, כל מה שאדם חטא בכל השנה יהיה כולל תוך וידויו ויתודה עליו.
כגון אם ח"ו אכל דבר איסור, יאמר על חטא שחטאתי לפניך באכילת איסור, וכל כהאי גוונא, עד כאן לשונו. וכן מצאתי בספר חסידים סימן כ"א זה לשונו, חסידים הראשונים היו כותבין באגרת עונותיהם כשהיו חוטאים כדי להתוודות על חטאתם וכדי שיזכור ויתחרט ויעשה תשובה, ולפיכך טוב לכתבם לקיים מה שנאמר (תהלים נא, ה) וחטאתי נגדי תמיד, וזוכר יום המיתה וגיהנם ויום הדין, ולבסוף אהבת שמים, כי היא מובחרת.
אך ברמז יכתבם שלא ימצאם שום אדם. ומה שאמרו חצוף מאן דמפרש חטאיו, וזהו שמגיד לכל אשר חטא, אבל מותר להגיד לאדם צדיק וצנוע אחד עונותיו כדי שיורה לו היאך יעשה תשובה.
או ישאל לו סתם אדם שעשה עון זה ובא לשוב היאך יעשה תשובה, עד כאן. ודבר זה מביא להחוטא לידי בושה כשמזכיר חטאיו בפירוש לפני מלך מוחל וסולח לעונים, ויזכירם באימה וביראה וברתת ובזיע ובבושה והכנעה ובקול בכיה ותמרורים.
מכל מקום טוב שיפרטם בלחש שלא יהיו נשמעים לאחרים ואז יוצא ידי כולם:
Il se trouve donc que, selon l'explication du Rambam, la halakha suit entièrement Rabbi Yehouda ben Bava, et que même selon Rabbi Akiva on détaillera ses fautes à voix basse. La plupart des auteurs qui traitent de la techouva s'accordent à détailler la faute, comme l'avis de Rabbi Yehouda ben Bava, et ainsi a écrit le Kol Bo.
Et ainsi a écrit le Maharil dans les lois de Kippour, voici ses paroles : tout ce dont l'homme a fauté durant toute l'année, qu'il l'inclue dans sa confession et s'en confesse. Par exemple, si, à Dieu ne plaise, il a mangé une chose interdite, qu'il dise : 'pour la faute que j'ai commise devant Toi en mangeant une chose interdite', et de même pour tout le reste.
Jusqu-ici ses paroles. Et j'ai trouvé de même dans le Sefer Hassidim, paragraphe 21, voici ses paroles : les premiers hommes pieux écrivaient leurs iniquités sur une feuille lorsqu'ils fautaient, afin de se confesser de leur faute, et afin de s'en souvenir, de le regretter et de faire techouva ; c'est pourquoi il est bon de les écrire, pour accomplir ce qui est dit (Psaumes 51,5) 'et ma faute est constamment devant moi'.
Et il se souviendra du jour de la mort, du Guehinam et du jour du jugement, et pour finir de l'amour du Ciel, car c'est là le meilleur. Mais il les écrira par allusion, afin que nul ne les trouve.
Et ce qu'ils ont dit, qu'est effronté celui qui détaille ses fautes, cela vise celui qui raconte à tous ce qu'il a fauté ; mais il est permis de dire ses iniquités à un homme juste et discret, afin qu'il lui enseigne comment faire techouva. Ou bien il l'interrogera de manière générale : un homme a commis telle iniquité et vient à se repentir, comment fera-t-il techouva ?
Jusqu-ici. Et cette chose amène le fauteur à la honte, lorsqu'il mentionne ses fautes expressément devant le Roi qui pardonne et remet à ceux qui ont commis des iniquités ; il les mentionnera avec effroi, avec crainte, avec tremblement, avec frisson, avec honte et soumission, et d'une voix de pleurs et d'amertume.
En tout cas, il est bon qu'il les détaille à voix basse, afin qu'elles ne soient pas entendues des autres, et alors il s'acquitte selon tous les avis.