Nous avons appris dans le traité Nedarim : celui qui veut que ses vœux de toute l’année ne prennent pas effet se lève à Roch Hachana et dit qu’ils seront nuls. Le Tour écrit que de là s’est répandue la coutume de Kol Nidré la veille de Kippour, car Kippour aussi est appelé tête de l’année. Le Chla enseigne que les diligents s’y prennent avant Roch Hachana même, pour accomplir deux choses : réparer ce qu’il a gâté, c’est-à-dire l’annulation portant sur le passé, et la remise d’une déclaration préalable, une modaa, pour l’avenir : tout ce par quoi il se liera, il l’arrache à sa racine et l’annule.
Aussi : la mention du Nom en vain et la mise au ban ; un usage qui figure les quatre peines de mort ; le rachat du coq aux pauvres et le repas du neuvième jour compté comme jeûne
עמוד התשובה
Le pilier de la techouva
תנן במסכת נדרים (כג, ב), הרוצה שלא יתקיימו נדריו של כל השנה, יעמוד בראש השנה ויאמר כל הנדרים שאני עתיד לידור בזו השנה יהיו בטלים. וכתב הטור אורח חיים סימן תרי"ט, שמזה נתפשט המנהג לומר כל נדרי בערב יום כפור, כי יום כפור מקרי נמי ראש השנה.
אבל זריזין מקדימין למצוה, וראוי להקדים קודם ראש השנה ממש לעשות שני עניינים ענין אחד שיתקן מה שקילקל, דהיינו התרה על העבר, או אם היה מחויב איזה נידוי ינהוג בעצמו שעה אחת נידוי ואח"כ יבקש מהחכמים שיתירו לו. ענין שני הוא מסירת מודעא אלהבא, שכל מה שיתקשר את עצמו מהיום בשבועה או בחרם או בנידוי וכיוצא בזה שהוא עתה מוסר מודעא מעוקרו ועקרו ומבטלהגה"הוזה לשון ספר החרדים, מכלל היראה שלא להוציא האדם שם שמים מפיו אלא במורא הלב ובצורך גדול ולא לבטלה, כדאמרו במסכת תמורה (ג, ב) אזהרה למוציא שם שמים לבטלה, שנאמר (דברים ו, יג), את ה' א-להיך תירא, והשומע הזכרת השם מפי חבירו לבטלה בשוגג שלא היה יודע שזה אסור מזהירו ומתרה בו שלא יחזור, במזיד חייב לנדותו, ואם לא נדהו הוא בעצמו יהא בנידוי, הכי איתא במסכת נדרים (ז, ב) יש מפרשים הוא עצמו היינו השומע שלא חש לכבוד ה' שהיה לו לנדותו בפומבי, ואם היה מתיירא ממנו היה לו לנדותו בינו לבינו ולהתירו מיד כדי שלא יהא מכשיל לרבים:והרמב"ן פירש בשטת נדרים שלו, הוא עצמו, היינו המזכיר לבטלה, אף כי לא נדהו שום אדם, הוא יחלוץ מנעליו וישב בקרקע בנידוי ויבקש משלשה שיתירו לו, ואז בהכנעתו ונסלח לו.
ואם לאו, עליה אתמר (דברים כח, נט) אם לא תשמור כו' ליראה את השם הנכבד והנורא והפלא ה' את מכותך ואת מכות זרעך. ומצוה זו תמידית.
ואיזו הזכרת השם לבטלה, בכל לשון הוא, בין בשבועת חנם שלא השביעוהו בית דין, בין בשבועת שקר או בקללה או בדברי הבאי, או שבירך ברכה שאינה צריכה, עד כאן לשונו::
Nous avons appris dans le traité Nedarim (23b) : celui qui veut que ses vœux de toute l'année ne prennent pas effet se lève à Roch Hachana et dit : tous les vœux que je ferai cette année seront nuls. Et le Tour a écrit, dans Orah Haim au chapitre 619, que de là s'est répandue la coutume de dire Kol Nidré la veille de Kippour, car Kippour aussi est appelé roch hachana, tête de l'année.
Mais les diligents devancent l'heure pour la mitsva, et il convient de s'y prendre avant Roch Hachana même, afin d'accomplir deux choses. Première chose : réparer ce qu'il a gâté, c'est-à-dire l'annulation portant sur le passé ; ou bien, s'il s'était rendu passible d'une mise au ban, qu'il se conduise lui-même une heure durant comme un banni, puis qu'il demande aux Sages de le lui délier.
Deuxième chose : la remise d'une déclaration préalable, modaa, pour l'avenir : tout ce par quoi il se liera désormais, serment, herem, mise au ban ou chose semblable, il déclare dès maintenant, par cette modaa, qu'il l'arrache à sa racine et l'annule. Glose.
Voici les termes du Sefer Haredim. Il fait partie de la crainte du Ciel de ne pas laisser sortir de sa bouche le Nom du Ciel, sinon avec la crainte du cœur et pour un grand besoin, et jamais en vain, comme ils ont dit dans le traité Temoura (3b) : d'où l'avertissement à celui qui prononce le Nom du Ciel en vain ?
Il est dit (Deutéronome 6,13) : tu craindras ה' ton Elokim. Et celui qui entend son prochain mentionner le Nom en vain : si c'est par inadvertance, parce qu'il ignorait que cela est interdit, il l'avertit et le met en garde de ne pas recommencer ; si c'est délibérément, il est tenu de le mettre au ban, et s'il ne l'a pas mis au ban, lui-même sera au ban.
Ainsi est-il dit dans le traité Nedarim (7b). Certains expliquent que lui-même désigne celui qui a entendu, qui n'a pas eu souci de l'honneur de ה' alors qu'il aurait dû le mettre au ban publiquement ; et s'il le craignait, il aurait dû le mettre au ban entre lui et lui seul, puis le délier aussitôt, afin de ne pas faire trébucher le public.
Et le Ramban a expliqué, dans ses novelles sur Nedarim, que lui-même désigne celui qui a mentionné le Nom en vain : même si personne ne l'a mis au ban, qu'il ôte ses chaussures, s'asseye à terre comme un banni et demande à trois personnes de le délier ; alors, par son abaissement, il lui sera pardonné. Sinon, c'est de lui qu'il est dit (Deutéronome 28,58-59) : si tu n'observes pas... pour craindre ce Nom glorieux et redoutable, ה' rendra extraordinaires tes plaies et les plaies de ta descendance.
Et cette mitsva est permanente. Qu'est-ce que mentionner le Nom en vain ?
Cela vaut dans toute langue : que ce soit par un serment gratuit que le tribunal ne lui a pas imposé, par un serment mensonger, par une malédiction, par des paroles futiles, ou en récitant une berakha qui n'était pas nécessaire. Jusqu-ici ses paroles.
וכך הוא המנהג בארץ ישראל, מתאספין בערב ראש השנה בבתי מדרשות עדה קדושה תלמידי חכמים ויראי שמים, ואם אין פנאי בערב ראש השנה, מתאספין בין כסא לעשור ועושין שני העניינים האלה בזה האופן ובזה הנוסח בזה אחר זה, עומד בפני העדה הקדושה ואומר בזה הלשון, שמעו נא רבותי דיינים מומחים, כל נדר או שבועה או איסור או קונם או חרם שנדרתי או נשבעתי בהקיץ או בחלום, ואפילו נשבעתי בשמות הקדושים שאינם נמחקין ובשם ההוי"ה ברוך הוא, וכל מין נזירות שקבלתי עלי ואפילו נזירות שמשון, וכל שום איסור ואפי' איסור הנאה שאסרתי עלי או על אחרים בכל לשון של איסור, בין בלשון איסור או חרם או קונם, וכל שום קבלה ואפילו של מצוה שקבלתי עלי בין בלשון נדר בין בלשון נדבה, או שום מנהג של מצוה שנהגתי את עצמי, וכן כל מוצא שפתי שיצא מפי או שנדרתי וגמרתי בלבי לעשות שום מצוה מהמצות, או איזה הנהגה טובה או איזה דבר טוב שנהגתי ג' פעמים ולא התניתי שיהיה בלי נדר, הן דבר שעשיתי הן על עצמי הן על אחרים, בכולהון אחרטנא בהון מעיקרא ושואל אני התרה עליהן כי יראתי פן אכשל ונלכדתי ח"ו בעון נדרים ושבועות ונזירות וחרמות ואסורין וקונמות והסכמות. ואיני תוהה ח"ו על קיום המעשים הטובים ההם שעשיתי, רק אני מתחרט על קבלת העניינים בלשון נדר או שבועה או נזירות או איסור או חרם או קונם או הסכמת קבלה בלב, ומתחרט אני על זה שלא אמרתי הנני אעשה דבר הזה בלי נדר ושבועה ונזירות וחרם ואיסור וקונם.
ולכן אני שואל התרה על כל הנזכר. הן היו דברים הנוגעים לגוף, הן היו דברים הנוגעים לממון, הן היו דברים הנוגעים אל הנשמה, בכולהון אני מתחרט על לשון נדר ושבועה ונזירות ואיסור וחרם וקונם וקבלה בלב.
והנה מצד הדין המתחרט ומבקש התרה צריך לפרוט הנדר, אך דעו נא רבותי כי אי אפשר לי לפרטם כי רבים הם, ויהיה בעיניכם כאלו הייתי פורטם:
Telle est la coutume en terre d'Israël : la veille de Roch Hachana, une sainte assemblée de talmide hakhamim et d'hommes craignant le Ciel se réunit dans les maisons d'étude ; et s'il n'y a pas le loisir de le faire la veille de Roch Hachana, ils se réunissent entre Roch Hachana et le dix du mois, et accomplissent ces deux choses de cette manière et selon ce texte, l'une après l'autre. Il se tient devant la sainte assemblée et dit en ces termes : écoutez donc, mes maîtres, juges experts, tout vœu, serment, interdit, konam ou herem que j'ai voué ou juré, éveillé ou en songe, et même si j'ai juré par les Noms saints qui ne s'effacent pas et par le Nom du Tétragramme, béni soit-Il, toute forme de nezirout que j'ai prise sur moi, et même la nezirout de Chimchon, tout interdit, et même un interdit de tirer profit, que j'ai imposé à moi-même ou à autrui, dans quelque formule d'interdiction que ce soit, que ce soit par le terme d'interdit, de herem ou de konam, tout engagement, même portant sur une mitsva, que j'ai pris sur moi, soit par le terme de vœu, soit par le terme d'offrande volontaire, ou toute coutume de mitsva que je me suis fixée, de même toute parole sortie de mes lèvres, ou tout ce que j'ai voué et décidé dans mon cœur d'accomplir comme mitsva parmi les mitsvot, ou quelque bonne conduite ou bonne chose que j'ai pratiquée trois fois sans avoir stipulé que ce serait sans vœu, qu'il s'agisse d'une chose que j'ai faite pour moi-même ou pour autrui : de tout cela je me repens depuis l'origine, et je demande l'annulation les concernant, car je crains de trébucher et d'être pris, à D-ieu ne plaise, dans la faute des vœux, des serments, des nezirout, des haramim, des interdits, des konamim et des engagements.
Et je ne regrette pas, à D-ieu ne plaise, l'accomplissement de ces bonnes actions que j'ai faites ; je me repens seulement d'avoir pris ces choses sous la formule de vœu, de serment, de nezirout, d'interdit, de herem, de konam, ou d'un engagement accepté dans le cœur, et je me repens de n'avoir pas dit : voici, je ferai cette chose sans vœu, sans serment, sans nezirout, sans herem, sans interdit et sans konam. C'est pourquoi je demande l'annulation de tout ce qui vient d'être mentionné, qu'il s'agisse de choses touchant au corps, de choses touchant à l'argent ou de choses touchant à la nechama : pour toutes, je me repens de la formule de vœu, de serment, de nezirout, d'interdit, de herem, de konam et d'engagement du cœur.
Or, selon la loi stricte, celui qui se repent et demande l'annulation doit détailler son vœu ; mais sachez, mes maîtres, qu'il m'est impossible de les détailler, tant ils sont nombreux : qu'il en soit à vos yeux comme si je les avais détaillés.
והמתירים משיבים לו שלשה פעמים בזה הלשון, מותרים לך מחולים לך שרוים לך, אין כאן לא נדר ולא שבועה ולא נזירות ולא חרם ולא אסור ולא קונם, אבל יש כאן מחילה וסליחה וכפרה. כשם שמתירין הבית דין שלמטה, כך יהיו מותרים מבית דין שלמעלה:
Et ceux qui délient lui répondent trois fois en ces termes : ils te sont permis, ils te sont remis, ils te sont déliés ; il n'y a ici ni vœu, ni serment, ni nezirout, ni herem, ni interdit, ni konam, mais il y a ici rémission, pardon et expiation. De même que le tribunal d'en bas délie, ainsi seront-ils déliés par le tribunal d'en haut.
אחר כך יהיה מוסר מודעא לפניהם ויאמר, הרי אני מוסר מודעא לפניכם ואני מבטל מכאן ולהבא כל נדרים וכל שבועות ונזירות ואסורים וקונמות וחרמות וקבלת הלב הן בהקיץ הן בחלום, ובאם שאשכח לתנאי מודעא זאת ואדור מהיום עוד, מעתה אני מתחרט עליהם ומתנה עליהם שכולן יהון בטלין ומבוטלין לא שרירין ולא קיימין ולא יהו חלין כלל וכלל מעתה ועד עולם:
Ensuite il remet devant eux une déclaration préalable et dit : voici que je remets devant vous une modaa, et j'annule dès maintenant et pour l'avenir tous les vœux, tous les serments, les nezirout, les interdits, les konamim, les haramim et les engagements du cœur, qu'ils soient pris éveillé ou en songe ; et s'il m'arrive d'oublier la condition de cette modaa et de faire encore un vœu à partir d'aujourd'hui, dès maintenant je m'en repens et je stipule à leur sujet qu'ils seront tous nuls et annulés, sans force ni validité, et qu'ils ne prendront absolument pas effet, dès maintenant et pour toujours.
ודבר זה יועיל כשלא יזכור לתנאי בשעת הנדר. שאם הוא זוכר לתנאי ואפילו הכי הוא נודר, הרי הוא מבטל התנאי והנדר קיים.
אבל כשאינו זוכר לתנאי, אז מועיל התנאי. ולכך צריך לומר כולם אחרטנא בהון, כלומר אם אשכח ואדור מעתה אני מתחרט עליהם ומתנה שיהיו בטלין:
Cela n'est efficace que s'il ne se souvient pas de la condition au moment du vœu. Car s'il se souvient de la condition et fait malgré tout le vœu, il annule par là même la condition, et le vœu tient.
Mais s'il ne se souvient pas de la condition, alors la condition est efficace. C'est pourquoi il faut dire : de tous je me repens, c'est-à-dire : si j'oublie et que je fasse un vœu, dès maintenant je m'en repens et je stipule qu'ils seront nuls.
ואחר המודעא יאמר לפניהם, אם עברתי על שום דבר שנתחייבתי נזיפה או ארור או נידוי או חרם או שמתא או קללה בבית דין שלמעלה, בין מפי השכינה בין מפי הבית דין צבא שלמעלה, בין מפי עצמי בין מפי אחרים ובין בעולם הזה, הריני שב בתשובה שלמה ואשב יחף על הארץ כמנודה ואתפלש בעפר בוכה מתחרט ומתודה על כל מה שחטאתי ועויתי ופשעתי ושמריתי ושמרדתי מיום היותי על האדמה עד היום הזה. ואשפוך את נפשי לשאול מחילה וסליחה וכפרה מן השמים ומן הבריות.
ואשאל ממעלתכם שתתירוני מכל הנזיפות והארורים והנידויים והחרמות והשמתות והקללות שנתחייבתי ושנכשלתי בהם עד היום הזה. ואז מתרחק מהעדה הקדושה ד' אמות בחליצת מנעלים, ומתפלש באפר כאבל ומקבל על עצמו נידוי ויושב כמנודה.
ולאחר שישב מעט על הארץ כמנודה וכאבל, אז קורין אותו העדה הקדושה ואומרים לו, אחינו אתה, אחינו אתה, אחינו אתה, מאחר שקבלת עליך את הדין. אז יעמוד מהארץ ומתפלל בדמעות להש"י ואומר, יהי רצון מלפניך ה' א-להינו וא-להי אבותינו, שכל הקללות והארורין והנידויים והחרמות והשמתות שקללתי או שאררתי או שנדיתי או שהחרמתי, או ששמתי את עצמי או את אחרים אשר מזרע ישראל, או אחרים שקללו או שאיררו או שנידו או שהחרימו או ששמתו אותי או את זרעי.
יהי רצון מלפניך א-להי השמים והארץ שאל ישלטו בנו ואל יעשו רושם, וכל הקללות יתהפכו עלינו לברכה, כדכתיב ויהפוך ה' א-להיך לך את הקללה לברכה כי אהבך ה' א-להיך:
Et après la modaa il dira devant eux : si j'ai transgressé quoi que ce soit par quoi je me suis rendu passible d'une réprimande, d'un anathème, d'une mise au ban, d'un herem, d'un chamta ou d'une malédiction devant le tribunal d'en haut, que ce soit de la bouche de la Chekhina, de la bouche du tribunal de l'armée d'en haut, de ma propre bouche ou de la bouche d'autrui, ou bien en ce monde-ci, voici que je reviens par une techouva complète : je m'assoirai pieds nus à terre comme un banni, je me roulerai dans la poussière, pleurant, me repentant et confessant tout ce en quoi j'ai fauté, commis des iniquités, transgressé, été récalcitrant et me suis révolté, depuis le jour où je suis sur la terre jusqu'à ce jour. Et je répandrai mon âme pour demander rémission, pardon et expiation, du Ciel et des créatures.
Et je demande à vos éminences de me délier de toutes les réprimandes, anathèmes, mises au ban, haramim, chamtot et malédictions dont je me suis rendu passible et dans lesquels j'ai trébuché jusqu'à ce jour. Alors il s'écarte de la sainte assemblée de quatre coudées, ôte ses chaussures, se roule dans la cendre comme un endeuillé, prend sur lui la mise au ban et s'assoit comme un banni.
Et après qu'il est resté un peu assis à terre comme un banni et comme un endeuillé, la sainte assemblée l'appelle et lui dit : tu es notre frère, tu es notre frère, tu es notre frère, puisque tu as accepté sur toi le jugement. Alors il se relève de terre, prie en larmes devant le Nom, béni soit-Il, et dit : qu'il soit Ta volonté, ה' notre Elokim et Elokim de nos pères, que toutes les malédictions, anathèmes, mises au ban, haramim et chamtot que j'ai prononcés, par lesquels j'ai maudit, frappé d'anathème, mis au ban, frappé de herem ou de chamta moi-même ou d'autres issus de la descendance d'Israël, ou bien que d'autres ont prononcés en maudissant, en frappant d'anathème, en mettant au ban, en frappant de herem ou de chamta moi-même ou ma descendance, qu'il soit Ta volonté, Elokim du ciel et de la terre, qu'ils n'aient aucune prise sur nous et ne laissent aucune trace, et que toutes les malédictions se changent pour nous en bénédiction, comme il est écrit : et ה' ton Elokim a changé pour toi la malédiction en bénédiction, car ה' ton Elokim t'aime (Deutéronome 23,6).
גם העדה הקדושה אומרים לו שלשה פעמים, כולם מותרים, כולם מחולים, כולם שרוים. כשם שמתירים הבית דין שלמטה כו'.
ויהפוך ה' א-להיך לך את הקללה לברכה וגו':
La sainte assemblée lui dit elle aussi trois fois : tous sont permis, tous sont remis, tous sont déliés. De même que le tribunal d'en bas délie, etc.
Et ה' ton Elokim a changé pour toi la malédiction en bénédiction, etc.
והא לך המנהג דק"ק חברון תוב"ב שנה שנה מפי הרב הגדול החכם השלם החסיד העניו מהור"ר מלכיאל אשכנזי זלה"ה
Et voici la coutume de la sainte communauté de Hevron, qu'elle soit rebâtie et rétablie promptement de nos jours, telle qu'elle se pratique année après année, rapportée de la bouche du grand rabbin, le sage accompli, le pieux et l'humble, notre maître le rav Malkiel Achkenazi, que son souvenir soit une bénédiction pour la vie du monde à venir.
מתחילה היה מלקה האיש כפי רצונו ג' או ד' מלקיות או פחות או יותר, ומתירין אזורו. ואח"כ בעודו ערום מלבישין אותו מכף רגלו ועד קדקדו שק ומשכיבין אותו בקרקע וסוחבין וגוררין אותו הולכה והבאה ג' או ד' בחורים, והחכם או ש"ץ מהלך ומכריז ככה יעשה לאיש אשר הכעיס את בוראו, ככה יעשה לאיש אשר הקניט את בוראו.
אוי לנו מיום הדין אוי לנו מיום התוכחה. והעם רואים ובוכים, וכל שכן הנסחב שהוא צועק בקול מר וחמרמר.
ואומר הש"ץ, אם אתה חייב הרג לפני המקום יהי רצון שתחשב זאת הגרירה כאלו נהרגת בבית דין הגדול שבלשכת הגזית, הרי הרג שהיא קלה שבכולם לדעת ר"ש:
Au commencement, on flagellait l'homme selon sa volonté, trois ou quatre séries de coups, moins ou plus, et l'on déliait sa ceinture. Ensuite, alors qu'il est encore nu, on le revêt d'un sac de la plante des pieds au sommet du crâne, on l'étend à terre, et trois ou quatre jeunes gens le traînent et le tirent, en allant et en revenant.
Le sage ou l'officiant marche et proclame : ainsi sera-t-il fait à l'homme qui a irrité son Créateur, ainsi sera-t-il fait à l'homme qui a offensé son Créateur. Malheur à nous au jour du jugement, malheur à nous au jour de la réprimande.
Le peuple regarde et pleure, et à plus forte raison celui que l'on traîne, qui crie d'une voix amère et bouleversée. Et l'officiant dit : si tu es passible de la mort par le glaive devant l'Omniprésent, qu'il soit Sa volonté que ce traînage soit compté comme si tu avais été mis à mort par le grand tribunal de la Chambre de la pierre taillée.
Voilà donc la mort par le glaive, qui est la plus légère de toutes selon l'avis de Rabbi Chimon.
אחר כך חונקין אותו בין שניהן באזור אחד על גרונו, או הוא עצמו בשתי ידיו, וכבר הוא יושב על ברכיו ואומר החכם או הש"ץ, אם אתה חייב חנק למקום, יהי רצון שיחשב זה כאלו נחנקת בבית דין הגדול שבלשכת הגזית, הרי חנק שהיא קלה שבכולן לדעת הת"ק דהלכתא כותיה:
Ensuite, deux hommes l'étranglent avec une même ceinture autour de sa gorge, ou bien il le fait lui-même de ses deux mains, alors qu'il est déjà agenouillé, et le sage ou l'officiant dit : si tu es passible de l'étranglement devant l'Omniprésent, qu'il soit Sa volonté que cela soit compté comme si tu avais été étranglé par le grand tribunal de la Chambre de la pierre taillée. Voilà donc l'étranglement, qui est la plus légère de toutes selon l'avis du premier maître anonyme de la michna, dont la halakha suit l'opinion.
אח"כ היה מצוה וסוקלין אותו בשנים או בשלשה אבנים קטנות, וגם המתייסר נוטל בידו אבן גדולה מעט כמלא אגרוף או מעט יותר ומכה בה על לבו, והחכם או הש"ץ אומר אם אתה חייב סקילה לפני המקום, יהי רצון שיחשב זה כאלו נסקלת בבית דין הגדול שבלשכת הגזית:
Ensuite il ordonnait qu'on le lapide avec deux ou trois petites pierres ; celui qui subit la peine prend lui aussi dans sa main une pierre un peu plus grosse, de la taille d'un poing ou un peu plus, et s'en frappe le cœur ; et le sage ou l'officiant dit : si tu es passible de la lapidation devant l'Omniprésent, qu'il soit Sa volonté que cela soit compté comme si tu avais été lapidé par le grand tribunal de la Chambre de la pierre taillée.
ואח"כ היו מדליקין נר של שעוה ומטיפין על גביו מתחת השק ג' או ד' טפות עד שרואין אותו שהוא נרתע, והחכם או הש"ץ אומר אם אתה חייב שריפה לפני המקום, יהי רצון שיחשב זה כאלו נשרפת בב"ד הגדול שבלשכת הגזית. או אם היה רוצה היה מתחיל מלמטה למעלה חנק הרג שריפה סקילה הכל כדעת הת"ק דהלכתא כוותיה בריש פרק ד' מיתות (סנהדרין פ"ז מ"א).
אי נמי, מלמעלה למטה, כדתנן התם סקילה שריפה הרג וחנק:
Ensuite on allumait une bougie de cire et l'on faisait tomber sur lui, sous le sac, trois ou quatre gouttes, jusqu'à ce qu'on le voie tressaillir ; et le sage ou l'officiant dit : si tu es passible du bûcher devant l'Omniprésent, qu'il soit Sa volonté que cela soit compté comme si tu avais été brûlé par le grand tribunal de la Chambre de la pierre taillée. Ou bien, s'il le voulait, il commençait du bas vers le haut : étranglement, glaive, bûcher, lapidation, le tout selon l'avis du premier maître anonyme, dont la halakha suit l'opinion, au début du chapitre des quatre peines de mort (Sanhédrin, chapitre 7, michna 1).
Ou encore du haut vers le bas, comme il est enseigné là : lapidation, bûcher, glaive et étranglement.
אח"כ אומרים לו בעור השק על גופו, שאם הוא חייב חרם או נידוי למקום שיקבל על עצמו, ובודלים ממנו העדה לכל הפחות ד' אמות והוא יושב מרחוק בקרן זוית מעוטף בשק ראשו בין ברכיו. ואח"כ מעמידין אותו ומתירין לו כל הדיינים את נידויו ולובש בגדיו וסר עונו וחטאתו תכופר.
והחכם העושה הסדר, מקבל כל היסורין הללו בגופו קודם הכל משום (צפניה ב, א. ב"מ קז, ב) התקוששו וקושו, וממנו יראו וכן יעשו.
זה הסדר נכתב אלי מק"ק חברון תוב"ב, וירא שמים יוצא ידי שניהם, וכל המרבה הרי זה משובח:
Ensuite on lui dit, alors que le sac est encore sur son corps, que s'il est passible d'un herem ou d'une mise au ban devant l'Omniprésent, qu'il les prenne sur lui ; l'assemblée s'écarte de lui d'au moins quatre coudées, et il reste assis à l'écart dans un coin, envelope du sac, la tête entre les genoux. Ensuite on le fait se lever, tous les juges lui délient sa mise au ban, il remet ses vêtements, sa faute s'écarte et son péché est expié.
Et le sage qui conduit cet ordre reçoit toutes ces souffrances sur son propre corps avant tous les autres, en raison du verset (Sophonie 2,1 ; Baba Metsia 107b) : rassemblez-vous et rassemblez, que l'on lit ainsi : corrige-toi toi-même avant de corriger autrui ; et de lui les autres verront et feront de même. Cet ordre m'a été envoyé par écrit depuis la sainte communauté de Hevron, qu'elle soit rebâtie et rétablie promptement de nos jours ; celui qui craint le Ciel s'acquitte des deux usages, et quiconque fait davantage est digne de louange.
בערב יום כפור כשאוחז התרנגול להתכפר בו לאחר שיאמר הפסוקים והבקשה, יסמוך ידיו עליו ותכף לסמיכה שחיטה ויתנו לעניים. או יתן פדיונו לעניים וזה טוב יותר, לפי שמתביישין כשנותנים להם התרנגולים, כך דרש מהרי"ל.
ומי שנזהר תמיד ליתן מעשר מכל ריוח ומחלק בין עניים, אזי זה הפדיון לא יקח ממעות מעשר רק ממעות של עצמו:
La veille de Kippour, lorsqu'il tient le coq pour obtenir par lui l'expiation, après avoir dit les versets et la supplication, il pose ses mains dessus, et aussitôt après cette imposition on l'abat, puis on le donne aux pauvres. Ou bien il donnera aux pauvres son prix de rachat, ce qui vaut mieux, car ils ont honte lorsqu'on leur donne les coqs.
Ainsi a enseigné le Maharil, notre maître le rav Yaakov Molin. Et celui qui prend toujours soin de donner la dîme de tout gain et de la répartir entre les pauvres ne prélèvera pas ce rachat sur l'argent de la dîme, mais uniquement sur son propre argent.
ובזה שכתבתי שצריך ליתן הפדיון לעניים, ניחא מה שכתב הטור סימן תר"ה וזה לשונו, ועוד שמענו מחכמים הראשונים, שאעפ"י שבהמה דמיה יקרים יותר מתרנגול, אף על פי כן תרנגול מובחר גבר תחת גבר. ולפום ריהטא קשה, לענין כפרה מה תלוי ביוקר.
ולפי מה שכתבתי ניחא, דכשהיה ביוקר אז מרויחים העניים, והדבק במצות הצדקה יתן לעניים ויוסיף כהנה וכהנה בתשלומי כפל:
Et par ce que j'ai écrit, à savoir qu'il faut donner le rachat aux pauvres, s'éclaire ce qu'a écrit le Tour au chapitre 605, en ces termes : nous avons encore entendu des premiers Sages que, bien que le prix d'un animal soit plus élevé que celui d'un coq, le coq est néanmoins préférable, car il est un guever (גבר, mot qui désigne à la fois le coq et l'homme) à la place d'un homme. À première vue c'est difficile : pour ce qui est de l'expiation, en quoi cela dépend-il du prix ?
Mais selon ce que j'ai écrit, cela s'éclaire : lorsque le prix était élevé, ce sont les pauvres qui y gagnaient ; et celui qui s'attache à la mitsva de la tsedaka donnera aux pauvres et ajoutera encore et encore, en payant au double.
כל האוכל ושותה בתשיעי, מעלה עליו הכתוב כאלו התענה תשיעי ועשירי (ר"ה ט, א). כלומר, כאלו היה מצווה להתענות תשיעי ועשירי והיה מתענה בהם היה לו שכר רב, כך מקבל שכר האוכל בתשיעי ומתענה בעשירי.
כי אכילת התשיעי הוא בשביל תענית העשירי, נמצא האכילה כלולה מהתענית. וענין הזה כתב הטור לפי פשטן של דברים, כדי שיהיה חזק ונוכל לסבול עינוי של מחר של העשירי.
ולפי טעם זה, הסעודה העיקרית היא סעודת הערב. ואפשר לטעם זה מי שלא ירצה לאכול עד סעודת הערב הרשות בידו.
וכן נראה לי לפי טעם האכילה על פי הסוד שכתב האלה"י מהר"ם קורדוורא שיובא דבריו לקמן בפרק שני. וכן משמע קצת במשנה פרק ח' דנדרים (ו), אמר קונם בשר שאיני טועם עד שיהא הצום, אינו אסור אלא עד לילי צום, שלא נתכוון זה אלא עד שעה שדרך בני אדם לאכול בשר.
פירוש, לילי הצום ליל צום כפור שמצוה להרבות בסעודה בערב יום כפור. הרי שסעודה העיקרית היא בערב סמוך ללילה.
מכל מקום נראה דאסור להתענות עד הערב, דאפילו תענית שעות מקרי תענית. ואף שסעודת הערב היא עיקרית, מכל מקום האכילה היא כמו העינוי.
ומה עינוי כל היום, אף אכילה צריך לראות כל היום שלא יהיה מעונה:
Quiconque mange et boit le neuvième jour, le verset le lui compte comme s'il avait jeûné le neuvième et le dixième (Roch Hachana 9a). C'est-à-dire : de même que s'il avait été ordonné de jeûner le neuvième et le dixième et qu'il eût jeûné ces deux jours, il aurait eu une grande récompense, ainsi reçoit une récompense celui qui mange le neuvième et jeûne le dixième.
Car le fait de manger le neuvième est en vue du jeûne du dixième ; il se trouve donc que le manger est inclus dans le jeûne. Le Tour a exposé cette chose selon le sens simple des mots : afin qu'il soit fort et que nous puissions supporter l'affliction du lendemain, celle du dixième.
Et selon cette raison, le repas principal est celui du soir. Et selon cette raison il serait possible que celui qui ne veut pas manger avant le repas du soir en ait le droit.
Et il me semble qu'il en va de même selon la raison du repas d'après le secret, qu'a écrite le divin rabbi Moche Cordovero, dont les paroles seront rapportées plus loin, au chapitre deux. C'est aussi ce qui ressort quelque peu de la michna, au chapitre 8 de Nedarim (michna 6) : celui qui a dit konam, que je ne goûte pas de viande jusqu'à ce que soit le jeûne, n'est interdit que jusqu'à la nuit du jeûne, car il n'a eu en vue que le moment où les gens ont coutume de manger de la viande.
Explication : la nuit du jeûne désigne la nuit du jeûne de Kippour, car c'est une mitsva de faire un repas abondant la veille de Kippour. Voilà donc que le repas principal a lieu le soir, à l'approche de la nuit.
Quoi qu'il en soit, il semble qu'il soit interdit de jeûner jusqu'au soir, car même un jeûne de quelques heures est appelé un jeûne. Et bien que le repas du soir soit le principal, le manger est néanmoins à l'image de l'affliction : de même que l'affliction dure tout le jour, ainsi, pour le manger, il faut veiller tout au long du jour à ne pas rester dans la privation.