Si un homme a commis des paquets de transgressions et voudrait une seule techouva sur toutes comme sur la plus grave, le Chla enseigne qu'il fera plutôt techouva sur chacune séparément. Il se souvient de toutes et les confesse, car la confession est l'un des fondements de l'expiation. Il revient sur la chose même dans laquelle il a péché, et il sait en quoi il a fauté afin d'y faire une barrière, techouva mentionnée au nom du Rokeah contre ce à quoi l'on s'est habitué. Il reconnaît la gravité de chacune, flagellation, karet ou mort, et son cœur s'emplit d'amertume. Rabbenou Yona s'est étendu sur de telles choses dans le Chaar Techouva.
Aussi : revenir d'une transgression douteuse, dont le châtiment dépasse celui du certain ; les fautes légères par l'habitude et l'annulation d'un commandement positif ; une faute privée reste couverte, et peiner son prochain n'obtient pardon qu'en l'apaisant.
עשירית יש לדעת, אם עשה אדם חבילות עבירות קלות וחמורות ובא לעשות תשובה עליהן, והיה רוצה לעשות תשובה אחת על כולן כבחמורה שבהן, כמו מי שנתחייב ב' מיתות קלה וחמורה, דקי"ל בפרק הנשרפים (סנהדרין פא, א) דנידון בחמורה שבהן, הבעל תשובה אין נכון לעשות כן, רק יעשה תשובה על כל אחת ואחת בפני עצמה, ויש בזה כמה תועליות. האחד, שיזכור כל הדברים שחטא בהם ויתודה על כולם, כי הוידוי מעקרי הכפרה כדלקמיה.
הב', כי בדבר עצמו אשר זדה עליו צריך לשוב כדלעיל בהצעה ו'. הג', כי צריך לידע במה שחטא עליהם כדי לעשות גדר להזהר מאותן דברים שנכשל בהן, כי צריך האדם יותר שמירה מאותן עבירות שהורגל בהן שהיא קלה בעיניו לעבור, וזהו תשובת הגדר שזכרתי לעיל בשם הרוקח.
הד', שידע ויכיר גודל כל אחד מעונותיו ובאיזה עבירה יש מלקות או כרת או מיתה, וכשידע גודל החטא ימרד לבו בוידוי ויוסיף הכנעה. וכבר האריך בדברים כאלה החסיד רבינו יונה בשער תשובה, קחם נא אליך ענדם על לוח לבך דברי מוסר והשכל ודרך חיים:
Dixièmement, il faut savoir ceci : si un homme a commis des paquets de transgressions, légères et graves, et qu'il vient à faire techouva sur elles, et qu'il voudrait faire une seule techouva sur toutes comme sur la plus grave d'entre elles - à l'image de celui qui s'est rendu passible de deux peines de mort, une légère et une grave, dont nous tenons pour établi au chapitre Ha-nisrafin (Sanhédrin 81a) qu'il est jugé par la plus grave des deux -, il n'est pas convenable que celui qui fait techouva agisse ainsi ; il fera plutôt techouva sur chacune et chacune séparément, et il y a à cela plusieurs utilités. La première : qu'il se souvienne de toutes les choses par lesquelles il a fauté et qu'il les confesse toutes, car la confession est l'un des fondements de l'expiation, comme il sera dit plus loin.
La deuxième : car c'est sur la chose même dans laquelle il a péché qu'il doit revenir, comme ci-dessus dans la sixième proposition. La troisième : car il doit savoir en quoi il a fauté, afin de faire une barrière pour se garder de ces choses-là dans lesquelles il a trébuché ; en effet l'homme a besoin d'une garde plus grande contre les transgressions auxquelles il s'est habitué, et qui sont légères à ses yeux à transgresser ; et c'est la techouva de la barrière que j'ai mentionnée plus haut au nom du Rokeah.
La quatrième : qu'il sache et reconnaisse la gravité de chacune de ses fautes, et dans quelle transgression il y a la flagellation, ou le karet (le retranchement), ou la mort ; et lorsqu'il connaîtra la gravité de la faute, son cœur s'emplira d'amertume dans la confession et il ajoutera de la soumission. Et le pieux Rabbenou Yona s'est déjà étendu sur de telles choses dans le Chaar Techouva ; prends-les donc pour toi, attache-les sur la tablette de ton cœur, paroles de morale, d'intelligence et de chemin de vie.
אחד עשר יש לדעת, שצריך הבעל תשובה לפשפש במעשיו ולשוב אפילו מספק עבירה, וכתב הכל בו בסי' ס"ט, (וכן כתב רבינו יונה סביב האלפסי פ"ק דברכות ע"ש), גבי בין השמשות של יום הכיפורים וזה לשונו, ולדברי הכל בין השמשות הוא ספק, וקבלה בידינו שעונש הספק גדול מעונש הודאי, שכן מצינו שעל הודאי מביא אדם חטאת, ואמרינן (זבחים מח, א) דמי חטאת דנקא, כלומר אפי' לא היה לו לאדם דמי כשבה או שעירה שיביא חטאת אלא דנקא ודי לו בכך, פירוש דנקא היא מעה והוא שתות הדינר כדאמרינן ו' מעה כסף דינר. ואם מביא אדם אשם על הספק, כגון שהיו לפניו ב' חתיכות אחת של שומן ואחת של חלב, ואכל אחת מהן ולא ידע איזה אכל, צריך להביא אשם שוה ב' סלעים שהן מ"ח מעין, כי הסלע ד' דינרין והדינר ו' מעין נמצא שב' סלעים הן מ"ח מעין, ועל הודאי די לו במעה אחת בלבד.
מעתה צא ולמד עד היכן מגיע עונשו של ספק. וטעמו של דבר למה החמירו על הספק יותר מן הודאי, מפני שהודאי משים אדם אל לבו ודואג ומתחרט על מה שעשה, וחוזר בתשובה ומבקש רחמים.
אבל על הספק עושה סברות, ואומר אותה חתיכה שאכלתי של שומן היתה ולא ישית אל לבו בכך. ולכך החמירו ז"ל על הספק, והוא הדין לכל ספק שבעולם.
ומכאן אנו יכולים ללמוד לכל הספיקות שראוי לכל אדם להיות חרד וירא להזהר מהם בכל יכלתו, ולא יעשה דבר עד שיצא מכל חשש ויוציא כל ספק מלבו. וכך אמרו חז"ל (אבות א, טז) הסתלק מן הספק.
לא כמו שעושים הרבה מבני אדם שמכניסים עצמם לידי ספק, ואין מקפידים בכך, עד כאן:
Onzièmement, il faut savoir que celui qui fait techouva doit scruter ses actes et revenir même d'une transgression douteuse. Le Kol Bo a écrit au paragraphe 69 (et ainsi a écrit Rabbenou Yona autour du Alfassi, au premier chapitre de Berakhot, vois-y), a propos du crépuscule du jour de Kippour, et voici ses termes : Selon tous, le crépuscule est un doute, et nous avons une tradition que le châtiment du doute est plus grand que le châtiment du certain.
Car nous trouvons que sur le certain l'homme apporte un sacrifice de faute, et nous disons (Zevahim 48a) que le prix du sacrifice de faute est un danka - c'est-à-dire que même si l'homme n'avait pas de quoi payer une brebis ou une chèvre pour apporter un sacrifice de faute, mais seulement un danka, cela lui suffit. Explication : le danka est une maa, soit un sixième de dinar, comme nous disons : six maa d'argent font un dinar.
Et si un homme apporte un sacrifice de culpabilité pour un doute - par exemple s'il avait devant lui deux morceaux, l'un de graisse permise et l'autre de graisse interdite, et qu'il a mangé l'un d'eux sans savoir lequel il a mangé -, il doit apporter un sacrifice de culpabilité valant deux selaim, qui font quarante-huit maa, car le sela vaut quatre dinars et le dinar six maa, il se trouve donc que deux selaim font quarante-huit maa ; tandis que pour le certain une seule maa lui suffit. Désormais, sors et apprends jusqu'où parvient le châtiment du doute.
Et la raison pour laquelle ils ont été plus sévères sur le doute que sur le certain, c'est que sur le certain l'homme met la chose sur son cœur, s'inquiète, se repent de ce qu'il a fait, revient en techouva et demande miséricorde ; mais sur le doute il fait des raisonnements et dit : ce morceau que j'ai mangé était de la graisse permise, et il ne met pas la chose sur son cœur. C'est pourquoi nos maîtres ont été sévères sur le doute, et il en va de même pour tout doute au monde.
De là nous pouvons apprendre, pour tous les doutes, qu'il convient à tout homme d'être tremblant et craintif, de s'en garder de tout son pouvoir, et de ne rien faire avant d'être sorti de toute crainte et d'avoir chassé tout doute de son cœur. Ainsi ont dit nos maîtres (Avot 1,16) : écarte-toi du doute.
Non pas comme font beaucoup de gens, qui se mettent eux-mêmes dans le doute et n'y prennent pas garde. Jusqu'ici.
ובכלל זה ג"כ יש בני אדם שעושין הרבה עבירות, ועשו להם כהיתר מתוך שהורגלו בהם בנעוריהם גם כי יזקינו לא יסורו מהם, כי אינם מרגישים בדבר מכח ההרגל. וכמה בני אדם סבורין שאין אדם נקרא בעל תשובה אלא א"כ בא על אשת איש או על הגויה או יצא לתרבות רעה וכיוצא באלו מעבירות גדולות, אבל בשאר עבירות אין יודעין לשוב עליהם, כי רוב העולם אינם נזהרים מדברים בטלים או לילך בטל, ומלהסתכל בנשים ומלדבר עמהם שלא לצורך.
גם לא נזהרים להתפלל בכוונה ומלדבר בהכ"נ או להזכיר שם שמים לבטלה, או במקום שאינו טהור או בידים שאינם נקיות, ומשחוק ומקלות ראש, או לצער והערמת רבית, לא תחמוד לאינשי בלא דמי משמע להו, אבל האמת אינו כן. וגבהות הלב, וביטול תלמוד תורה, כנגד כולם כל אלו ודומיהם הם נחשבים בעיני קצת אנשים קלים כי לא הורגלו לקיים המצות מנעוריהם ועשו כל ימיהם עבירות, ומתוך ההרגל הם קלים בעיניהם לעשותם:
Entrent aussi dans ce chapitre les gens qui commettent beaucoup de transgressions et se les sont rendues comme permises parce qu'ils s'y sont habitués dans leur jeunesse ; même lorsqu'ils vieilliront ils ne s'en détourneront pas, car ils ne s'en aperçoivent pas, par la force de l'habitude. Et bien des gens pensent qu'un homme n'est appelé baal techouva (celui qui revient) que s'il a eu commerce avec une femme mariée ou avec une non-juive, ou s'il s'est dévoyé, et autres transgressions graves semblables ; mais pour les autres transgressions ils ne savent pas en faire techouva.
Car la plupart des gens ne se gardent pas des paroles vaines ni de rester oisifs, ni de regarder les femmes et de leur parler sans nécessité. Ils ne prennent pas garde non plus à prier avec intention, à ne pas parler à la synagogue, à ne pas mentionner le Nom du Ciel en vain, ou dans un lieu qui n'est pas pur, ou avec des mains qui ne sont pas propres ; ni du rire et de la légèreté de tête, ni de faire de la peine à autrui, ni des artifices pour contourner l'interdit de l'intérêt ; et le 'tu ne convoiteras pas' leur semble ne viser que ce qui est pris sans paiement, mais en vérité il n'en est pas ainsi.
Et l'orgueil du cœur, et l'annulation de l'étude de la Torah qui équivaut à toutes les autres : toutes ces choses et leurs semblables sont tenues pour légères aux yeux de certains, parce qu'ils ne se sont pas habitués à accomplir les mitsvot depuis leur jeunesse et qu'ils ont commis des transgressions tous leurs jours, et par la force de l'habitude elles sont légères à leurs yeux à commettre.
ואמרו רז"ל (בב"מ (נח, ב)) הכל יורדים לגיהנם ועולים, חוץ מאלו שיורדין ואינם עולים, ואלו הם המכנה שם רע לחבירו והמלבין וכו' והבא על אשת איש. היינו מכנה היינו מלבין, לא צריכא אע"ג דדש ביה בשמיה, עד כאן לשונם.
הרי שהשוו המכנה לבא על אשת איש שהוא מן העבירות החמורות שיהרג ואל יעבור, ואנו אין נזהרים ביה כל עיקר, ה' יכפר בעדינו, על כן צריך השב שידע מעשיו כולם, ויהיו העבירות הקלות דומות בעינו כחמורות וישוב על כולם הן דאורייתא הן דרבנן. כי על כל מה שהזהירו רז"ל עליו הוא יותר חמור מדברי תורה, כי כל העובר על דברי חכמים חייב מיתה כדאיתא (פ"ק דברכות (ד, ב)), על כן בין יבין את אשר לפניו ויפשפש בפרטי מעשיו, ומה שנחשב בעיני קצת אנשים קלים יהיו נחשבים לו חמורות מאוד:
Et nos maîtres ont dit (Baba Metsia 58b) : Tous descendent dans la géhenne et remontent, sauf ceux-ci qui descendent et ne remontent pas ; et ce sont : celui qui donne un surnom infamant à son prochain, celui qui le fait pâlir en public, etc., et celui qui a commerce avec une femme mariée. Mais donner un surnom et faire pâlir, n'est-ce pas la même chose ?
Il fallait l'enseigner même dans le cas où son prochain est déjà accoutumé à ce surnom. Jusqu'ici leurs termes.
Voici donc qu'ils ont mis sur le même rang celui qui donne un surnom et celui qui a commerce avec une femme mariée, laquelle est parmi les transgressions graves pour lesquelles on doit se laisser tuer plutôt que de transgresser ; et nous n'y prenons pas garde du tout, que le Nom nous pardonne. C'est pourquoi celui qui revient doit connaître tous ses actes, et les transgressions légères doivent lui paraître comme des graves, et il doit revenir sur toutes, tant celles de la Torah que celles des maîtres.
Car tout ce sur quoi nos maîtres ont mis en garde est plus grave que les paroles de la Torah, puisque quiconque transgresse les paroles des Sages est passible de mort, comme il est rapporté au premier chapitre de Berakhot (4b). C'est pourquoi qu'il comprenne bien ce qui est devant lui et qu'il scrute le détail de ses actes, et ce qui est tenu pour léger aux yeux de certains sera tenu par lui pour très grave.
וזה לשון בעל ראשית חכמה, וצריך לעולם ליזהר מהקלות, כי יצר הרע לא יכשיל לאדם בתחלה אלא בקלות, עד שמהקלות יבא לחמורות. כמו שפירשו רז"ל (בר"ר כב, ו) על פסוק (ישעיה ה, יח) הוי מושכי העון בחבלי שוא, זה לשונם, א"ר יוסי (לפנינו:
רבי עקיבא) יצר הרע בתחלה דומה לחוט, ולבסוף דומה כעבותות העגלה, עד כאן לשונם:
Et voici les termes de l'auteur du Rechit 'Hokhma : Il faut toujours se garder des fautes légères, car le mauvais penchant ne fait d'abord trébucher l'homme que dans les légères, jusqu'à ce que, des légères, il vienne aux graves. Comme nos maîtres l'ont expliqué (Berechit Rabba 22,6) sur le verset (Isaie 5,18) 'Malheur à ceux qui traînent la faute avec des cordes de vanité' ; voici leurs termes : Rabbi Yossi a dit (dans nos éditions : Rabbi Akiva) : le mauvais penchant ressemble au début à un fil, et à la fin il ressemble aux cordages du chariot.
Jusqu'ici leurs termes.
ואם לא ידע ליזהר, ילך אצל חכם וילמדנו סדר תשובה וטוב לו. ועל זה אמר שלמה המלך ע"ה (משלי יב, טו) דרך אויל ישר בעיניו ושומע לעצה חכם.
רצה לומר, מי שישמע לעצת החכם, חכם, מפני שיודיענו הדרך שהוא ישר באמת, לא אשר יחשבהו הוא ישר, כן פירש הרמב"ם זה הפסוק בפ"ג מהקדמת מסכת אבות:
Et s'il ne sait pas se garder, qu'il aille auprès d'un sage qui lui enseignera l'ordre de la techouva, et ce sera bon pour lui. Sur cela le roi Salomon, la paix soit sur lui, a dit (Proverbes 12,15) : 'La voie de l'insensé est droite à ses yeux, mais celui qui écoute un conseil est sage.' Il veut dire : celui qui écoute le conseil du sage est sage, parce que celui-ci lui fera connaître la voie qui est droite en vérité, et non celle que lui-même tient pour droite.
Ainsi le Rambam a-t-il expliqué ce verset au chapitre 3 de son introduction au traité Avot.
וזה לשון המיימוני בהלכות תשובה פ"ד זה לשונו, כ"ד דברים מעכבים התשובה וכו', עד ומהן חמשה דברים העושה אותן אין חזקתו לשוב מהן, לפי שהן דברים קלים בעיני רוב האדם, ונמצא חוטא והוא ידמה שאין זה חוטא. א' האוכל מסעודה שאינה מספקת לבעליה שזה אבק גזל הוא, והוא מדמה שלא חטא, ויאמר כלום אכלתי אלא ברשותו כו'.
עד המתכבד בקלון חבירו, אומר בלבו שאינו חטא לפי שאין חבירו עומד שם ולא הגיעו לו בושת ולא ביישו, אלא ערך מעשיו הטובים וחכמתו למול מעשה חבירו או חכמתו, כדי שיראה מכללו שהוא מכובד וחבירו בזוי. והחושד בכשרים, אומר בלבו שאינו חטא לפי שהוא אומר מה עשיתי לו, וכי יש שם אלא חשד שמא עשה או לא עשה, והוא אינו יודע שזה עון שמשים אדם כשר בדעתו כבעל עבירות.
ומהן ה' דברים העושה אותן ימשיך אחריהם תמיד וקשים הם לפרוש מהן, לפיכך צריך אדם להזהר מהן שמא ידבק בהן. והן כולן רעות רעות עד מאוד, ואלו הן, רכילות, ולשון הרע, ובעל חימה, ובעל מחשבה רעה, והמתחבר לרשע מפני שהוא לומד ממעשיו.
עד כאן קיצור לשונו המצטרך לעניינינו:
Et voici les termes du Maïmoni dans les lois de la techouva, chapitre 4 ; voici ses termes : Vingt-quatre choses empêchent la techouva, etc., jusqu'à : et parmi elles, cinq choses dont celui qui les fait n'est pas présumé en revenir, parce que ce sont des choses légères aux yeux de la plupart des gens, et il se trouve qu'il est pécheur alors qu'il s'imagine que ce n'est pas un péché. La première : celui qui mange d'un repas qui ne suffit pas à ses maîtres, car c'est une poussière de vol, et il s'imagine n'avoir pas péché, disant : ai-je mangé autre chose qu'avec sa permission ? etc.
Jusqu'à : celui qui s'honore par la honte de son prochain dit en son cœur que ce n'est pas un péché, parce que son prochain ne se tient pas là, qu'aucune honte ne l'a atteint et qu'il ne l'a pas fait rougir ; il n'a fait que mettre en balance ses bonnes actions et sa sagesse face aux actions ou à la sagesse de son prochain, afin qu'il apparaisse de tout cela que lui est honoré et son prochain méprisé. Et celui qui soupçonne les gens honnêtes dit en son cœur que ce n'est pas un péché, car il dit : que lui ai-je fait ?
Il n'y a là qu'un soupçon : peut-être a-t-il fait, peut-être n'a-t-il pas fait ; et il ne sait pas que c'est une faute, car il place dans sa pensée un homme honnête au rang d'un homme de transgressions. Et parmi elles, cinq choses dont celui qui les fait sera entraîné à leur suite continuellement, et dont il est difficile de se séparer ; c'est pourquoi l'homme doit s'en garder, de peur de s'y attacher.
Et toutes sont mauvaises, très mauvaises, et les voici : le colportage, la mauvaise langue, l'homme coléreux, l'homme de mauvaise pensée, et celui qui s'associe au méchant, parce qu'il apprend de ses actes. Jusqu'ici l'abrégé de ses termes, ce qui est nécessaire à notre propos.
זאת ועוד אחרת, כי יש בני אדם שאינם חוששים ליזהר במצות עשה כמו במצות לא תעשה, ואם עברו על מצות עשה אינם חרדים לעשות תשובה כמו שהם חרדים בעברם על מצות לא תעשה. ובזה טעו אותן האנשים החושבים כן, ואתם תלין משוגתם, כמו שכתב בעל ספר המוסר פרק ט"ז זה לשונו שם, לעולם יזהר אדם במצות עשה כמו במצות לא תעשה, ואף עפ"י שעונש מצות לא תעשה גדול כמו שמפורש במקרא, ממנו במלקות ארבעים, ממנו בכרת, ממנו במיתה בידי שמים, ממנו במיתת בית דין, ולא פירש עונש המבטל מצות עשה אלא בפסח ובמילה בלבד שעונשן בכרת, על כן טעו מקצת בני אדם טעות גדול, ונבערה דעתם ורפו ידיהם להחזיק במצות עשה, כמדומה בעיניהם כי המבטל מצות עשה לא יקרנו עון בדבר.
אבל אם עשה, תכתב לו בספר זכיותיו. ואם נתרשל ממנה ובטלה, לא הרויח ולא הפסיד, וגרם להם המחשבה הרעה הזאת בטול המצות.
ואם יזדמן להם מצות בלי טורח יעשו אותם, ואם תקשה בעיניהם יעזבנה, בין מצד טורח גופו בעשייתה, בין מצד חסרון כיס, ואינו מחשב הפסד מצוה כנגד שכרה, ואינו יודע כי גדול עונש מבטל מצות עשה מעונש העובר על מצות לא תעשה. כי המבטל מצות עשה, היא סבת התרשלותו ועצלותו בעשייתה מעוט אמונה שבו, ונמצא פורק מעליו עול שמים ומזלזל במצותיו ועונשו גדול.
אבל העובר על מצות לא תעשה, אם התגבר עליו יצרו והשיאתו תאות העבירה ועבר, אם יחזור בתשובה מוחלים לו. אבל אם בטל מצות עשה הוא הפסד שאין חלף וחסרון שאינו מתמלא ואבידה שאינו יכול להשיבה.
נמצא כי גדול עונש המבטל מצות עשה מן העובר על מצות לא תעשה, כי העולם הזה עולם המעשה, והעולם הבא הוא עולם הגמול, שנאמר (קהלת ט, י) כל אשר תמצא ידך לעשות בכחך עשה, כי אין מעשה וחשבון ודעת וחכמה בשאול אשר אתה הולך שמה. רצה לומר, כל אשר תמצא ידך לעשות בעולם הזה מן המצות עשה קודם שתפטר ממנו, כי לאחר פטירתך לא תוכל למצוא אפי' מצוה אחת ממה שאבדת בעולם הזה וכו':
Ceci, et encore autre chose : il y a des gens qui ne se soucient pas de se garder dans les commandements positifs comme dans les commandements négatifs, et s'ils ont transgressé un commandement positif ils ne tremblent pas de faire techouva comme ils tremblent lorsqu'ils transgressent un commandement négatif. En cela ces gens qui pensent ainsi se sont trompés, et leur erreur demeure sur eux, comme l'a écrit l'auteur du Sefer HaMoussar au chapitre 16 ; voici ses termes là-bas : L'homme doit toujours se garder dans les commandements positifs comme dans les commandements négatifs.
Et bien que le châtiment des commandements négatifs soit grand, comme c'est explicite dans l'Écriture - il y en a par la flagellation de quarante, il y en a par le karet, il y en a par la mort du fait du Ciel, il y en a par la mort du tribunal -, et qu'elle n'ait explicité le châtiment de celui qui annule un commandement positif que pour le sacrifice de Pessa'h et pour la circoncision seulement, dont le châtiment est le karet, c'est pourquoi une partie des gens se sont trompés d'une grande erreur : leur pensée s'est abrutie et leurs mains se sont relâchées de tenir ferme les commandements positifs, leur semblant que celui qui annule un commandement positif n'encourt aucune faute en la chose ; mais que s'il l'accomplit, elle sera écrite pour lui dans le livre de ses mérites, et que s'il s'en est relâché et l'a annulée, il n'a ni gagné ni perdu. Et cette mauvaise pensée leur a causé l'annulation des commandements.
Si des commandements se présentent à eux sans peine, ils les accomplissent, et s'ils leur sont difficiles, ils les abandonnent, que ce soit du côté de la peine du corps à les accomplir ou du côté du manque à la bourse ; il ne calcule pas la perte de la mitsva face à sa récompense, et il ne sait pas que le châtiment de celui qui annule un commandement positif est plus grand que le châtiment de celui qui transgresse un commandement négatif. Car pour celui qui annule un commandement positif, la cause de son relâchement et de sa paresse à l'accomplir est le peu de foi qui est en lui, et il se trouve qu'il rejette de dessus lui le joug du Ciel et méprise Ses commandements, et son châtiment est grand.
Mais celui qui transgresse un commandement négatif, si son penchant l'a dominé et que le désir de la transgression l'a entraîné et qu'il a transgressé, s'il revient en techouva on lui pardonne. Tandis que s'il a annulé un commandement positif, c'est une perte sans échange, un manque qui ne se remplit pas et un objet perdu qu'il ne peut pas rendre.
Il se trouve donc que le châtiment de celui qui annule un commandement positif est plus grand que celui de celui qui transgresse un commandement négatif, car ce monde-ci est le monde de l'action et le monde à venir est le monde de la rétribution, ainsi qu'il est dit (Ecclésiaste 9,10) : 'Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le selon ta force, car il n'y a ni action, ni compte, ni connaissance, ni sagesse dans le Cheol où tu vas.' Il veut dire : tout ce que ta main trouve à faire en ce monde parmi les commandements positifs, avant que tu ne le quittes ; car après ton départ tu ne pourras plus trouver même un seul commandement parmi ceux que tu as perdus en ce monde, etc.
שנים עשר יש לדעת, שאל יפרסם אדם חטאו שאין מפורסם שבין אדם למקום, וכמו שאמרו רז"ל (בפרק יוה"כ (יומא פו, ב)) אמר רב יודא רב רמי, כתיב (משלי כח, יג) מכסה פשעיו לא יצליח וגו', וכתיב (תהלים לב, א) אשרי נשוי פשע כסוי חטאה. לא קשיא, כאן בחטא מפורסם, כאן בחטא שאינו מפורסם.
רב זוטרא בר טוביא אמר, כאן בעבירות שבין אדם למקום, כאן בעבירות שבין אדם לחבירו. ופירש רש"י, בחטא מפורסם, טוב לו שיודה ויתבייש ולא יכפור בו.
בחטא שאינו מפורסם, לא יגלה חטאו וכבוד השם הוא שכל מה שאדם חוטא בפרהסיא מעוט כבוד שמים הוא. עבירות שבין אדם לחבירו יגלה לרבים, שיבקשו ממנו שימחול לו, עד כאן:
Douzièmement, il faut savoir qu'un homme ne doit pas rendre publique une faute qui n'est pas publique et qui est entre l'homme et l'Omniprésent. Ainsi ont dit nos maîtres (au chapitre Yom HaKippourim, Yoma 86b) : Rav Yehouda a dit : Rav a soulevé une contradiction : il est écrit (Proverbes 28,13) 'Celui qui couvre ses transgressions ne réussira pas' etc., et il est écrit (Psaumes 32,1) 'Heureux celui dont la transgression est enlevée, dont la faute est couverte'.
Ce n'est pas une difficulté : ici il s'agit d'une faute publique, là d'une faute qui n'est pas publique. Rav Zoutra bar Toviya a dit : ici il s'agit de transgressions entre l'homme et l'Omniprésent, là de transgressions entre l'homme et son prochain.
Et Rachi a expliqué : 'une faute publique' - il vaut mieux pour lui qu'il l'avoue et qu'il ait honte, et qu'il ne la nie pas ; 'une faute qui n'est pas publique' - qu'il ne dévoile pas sa faute, et c'est là l'honneur du Nom, car tout ce que l'homme pèche en public est un amoindrissement de l'honneur du Ciel ; 'les transgressions entre l'homme et son prochain' - qu'il les dévoile devant tous, afin qu'ils lui demandent de lui pardonner. Jusqu'ici.
שלשה עשר יש לדעת, אם ציער את חבירו אפי' בדברים, אפי' אם יתן לו מלא ביתו כסף וזהב אין לו מחילה עולמית עד שירצה את חבירו ומוחל לו, כדאמרינן במשנה (בפ' החובל (ב"ק צב, א)) זה לשונה, אף ע"פ שהוא נותן לו, אין נמחל לו עד שיבקש ממנו וכו'. שם (בגמרא), ת"ר כל אלו שאמרו דמי בשתו (פירש רש"י, כל אלו שאמרו סלע מנה ומאתים וד' מאות, דמי בושת הם.
אבל צער שדואג על בושתו, אינו נמחל לו). אבל צערו, אפילו הביא כל אילי נביות שבעולם אין נמחל לו עד שיבקש ממנו וכו':
Treizièmement, il faut savoir que si l'on a fait de la peine à son prochain, même seulement par des paroles, même si l'on donnait à celui-ci sa maison pleine d'argent et d'or, il n'y a pour soi aucun pardon à jamais, jusqu'à ce qu'on apaise son prochain et que celui-ci pardonne. Ainsi disons-nous dans la michna (au chapitre HaHovel, Baba Kama 92a) ; voici ses termes : Bien qu'il lui donne le paiement, il ne lui est pas pardonné jusqu'à ce qu'il le lui demande, etc.
Et là-bas, dans la Guemara : Nos maîtres ont enseigné : tous ces montants dont ils ont parlé sont le prix de sa honte (Rachi a expliqué : tous ces montants dont ils ont dit un sela, une mane, deux cents et quatre cents, ce sont les prix de la honte ; mais la peine, du fait qu'il s'afflige de sa honte, ne lui est pas pardonnée) ; mais pour sa peine, même s'il apportait tous les béliers de Nevayot qui sont au monde, il ne lui est pas pardonné jusqu'à ce qu'il le lui demande, etc.
וזה לשון רוקח בהלכות תשובה, המצער את חבירו בין בדברים בין בממון בין בחבלה בין בהכאה בין באונאת דברים, אין לו כפרה אם לא ירצה את חבירו ומוחל לו, כדאמרינן (בפ' החובל (ב"ק צב, א)). ואפילו נתן לו כל ממון שבעולם, אין נמחל לו עד שיבקש ממנו מחילה.
א"ר יצחק, המקניט את חבירו אפי' בדברים, צריך לפייסו וירבה עליו רעים. ואמרינן (פ"ב דיומא (פה, ב)) את זו דרש ר"א, מכל חטאתיכם לפני ה' וגומר (ויקרא טז, ל), עבירות שבין אדם למקום יוה"כ מכפר וכו':
Et voici les termes du Rokeah dans les lois de la techouva : Celui qui fait de la peine à son prochain, que ce soit par des paroles, par de l'argent, par une blessure, par des coups ou par une parole offensante, n'a pas d'expiation s'il n'apaise pas son prochain et que celui-ci lui pardonne, ainsi que nous disons au chapitre HaHovel (Baba Kama 92a). Et même s'il lui donnait tout l'argent du monde, il ne lui est pas pardonné jusqu'à ce qu'il lui demande pardon.
Rabbi Yitshak a dit : celui qui irrite son prochain, même seulement par des paroles, doit l'apaiser et multiplier auprès de lui des amis. Et nous disons (au deuxième chapitre de Yoma, 85b) : Rabbi Elazar a exposé ceci : 'de toutes vos fautes, devant le Nom' etc.
(Lévitique 16,30) - les transgressions entre l'homme et l'Omniprésent, Kippour les expie, etc.
וזה לשון המיימון בהלכות תשובה פ"ב, אין התשובה ויוה"כ מכפרין אלא על עבירות שבין אדם למקום, כגון מי שאכל דבר אסור או בעל בעילה אסורה וכיוצא בהן. אבל עבירות שבין אדם לחבירו, כגון החובל את חבירו או המקלל את חבירו או גוזל לו וכיוצא בהן, אין נמחל לעולם עד שיתן לחבירו מה שהוא חייב לו וירצהו, אף ע"פ שהחזיר לו ממון שהוא חייב לו, צריך לרצותו ולשאול לו ממנו שימחול לו.
ואפי' לא הקניט את חבירו אלא בדברים, צריך לפייסו ולפגוע בו עד שירצהו וכו'. וגרסינן בירושלמי (במסכת יומא) שהעולב עצמו ילך לפייס הנעלב ולא ע"י אמצעי וכו':
Et voici les termes du Maïmon dans les lois de la techouva, chapitre 2 : La techouva et Kippour n'expient que les transgressions entre l'homme et l'Omniprésent, comme celui qui a mangé une chose interdite ou qui a eu une union interdite, et leurs semblables. Mais les transgressions entre l'homme et son prochain, comme celui qui blesse son prochain, qui le maudit ou qui le vole, et leurs semblables, ne sont jamais pardonnées jusqu'à ce qu'il donne à son prochain ce qu'il lui doit et qu'il l'apaise.
Et bien qu'il lui ait rendu l'argent qu'il lui devait, il doit l'apaiser et lui demander qu'il lui pardonne. Et même s'il n'a irrité son prochain que par des paroles, il doit l'apaiser et le presser jusqu'à ce qu'il l'apaise, etc.
Et nous lisons dans le Talmud de Jérusalem (au traité Yoma) que celui qui a offensé doit aller lui-même apaiser l'offensé, et non par un intermédiaire, etc.
וזה לשון מנורת המאור בנר ה' ח"ב פ"ד, ואם החטא הוא בדברים שבגופו, אע"פ שישלם לו כל חיובו צריך לבקש ממנו מחילה, כדגרסינן במסכת ב"ק פרק החובל, אף ע"פ שהוא נותן לו כו' עד שיבקש ממנו מחילה וכו'. עד ת"ר, כל אלו שאמרו דמי בושתו אבל דמי צערו אפי' נותן לו כל אילי נביות אינו נמחל לו עד שיבקש ממנו מחילה, שנאמר ועתה השב את אשת האיש כו':
Et voici les termes de la Menorat HaMaor, dans la cinquième lampe, deuxième partie, chapitre 4 : Et si la faute porte sur des choses qui touchent son corps, bien qu'il lui paie tout ce qu'il lui doit, il doit lui demander pardon, ainsi que nous lisons au traité Baba Kama, chapitre HaHovel : Bien qu'il lui donne, etc., jusqu'à ce qu'il lui demande pardon, etc. Jusqu'à : Nos maîtres ont enseigné : tous ces montants dont ils ont parlé sont le prix de sa honte ; mais pour le prix de sa peine, même s'il lui donne tous les béliers de Nevayot, il ne lui est pas pardonné jusqu'à ce qu'il lui demande pardon, ainsi qu'il est dit : 'Et maintenant, rends la femme de cet homme' etc.
(Genèse 20,7).