Ce passage poursuit le Rechit ''Hokhma, qui rapporte le Maharam Cordovero : il faut persister dans la techouva année après année, car Lilith se fait payer chaque échauffement. Neuvième point : après une faute unique avec une femme, si la techouva du Rokea'h est achevée, le Chla enseigne qu'il ne plaît pas à son Maître de la recommencer. Mortifier encore l'âme et le corps est sans nécessité : le nazir privé de vin a déjà besoin d'expiation, et cette techouva, comme la mort du beit din, ne s'accomplit qu'une fois. Elle affaiblit Torah et prière, qui n'existent que dans la joie ; dans ces générations faibles elle éloigne les pénitents. Une seule fois suffit, le cœur assuré du pardon.
Aussi : le Maharil sur les trois pas après la prière ; « et ma faute est devant moi constamment » comme regret ou honte, en privé ; la crainte de Rabbenou Yona si la techouva n'est qu'estimée
(כך כתב גם בראשית חכמה בשער הקדוששה פרק י"ז בהבאת דברי אלקי מהר"ם קרדוורא בענין עון הוצאת זרע לבטלה. וכתב בסוף דבריו וזה לשונו, וצריך להתמיד התשובה שנה אחר שנה, ואל ישכח כמה פעמים הכעיס לבוראו, כי כל עונותיו ספורים וכתובים.
ואם לאו, הרי לילית מזומנת ליפרע ממנו סך עונותיו מה שנתחמם בין ירכותיה שם יפול ואין מקים עד יעבור כל הרע, כי הקב"ה נותן כח ברשעים לסבול פורענותם, ועל כל חימום וחימום נפרעים ממנו מחדש, עד כאן לשונו):
(Ainsi a également écrit le Reshit 'Hokhma, dans la Porte de la Sainteté chapitre 17, en rapportant les paroles du divin Maharam Cordovero au sujet de la faute d'émission de semence en vain. Et il écrit à la fin de ses paroles, voici ses termes : il faut persister dans la techouva année après année, et qu'il n'oublie pas combien de fois il a irrité son Créateur, car toutes ses fautes sont comptées et inscrites.
Sinon, voici que Lilith est prête à se faire payer de lui la somme de ses fautes ; là où il s'est échauffé entre ses cuisses, là il tombera, et il n'y aura personne pour le relever jusqu'à ce que tout le mal soit passé, car le Saint béni soit-Il donne aux méchants la force de supporter leur châtiment, et pour chaque échauffement on se paie sur lui à nouveau. Jusqu-ici ses paroles) :
תשיעית יש לדעת, שאם לא חטא באשה כי אם פעם אחת ועל זה עשה תשובה שלימה בכל מיני עינויים וסיגופים הכתובים בספר הרוקח וזמן שקצב הרוקח, ואחר זמן הקצוב חזר ועשה תשובה זו בעצמה, דהיינו ד' מיני תשובות דלעיל בכל תוקף וחומר עינוי וסיגוף הכתובים בה, לא ניחא למריה יתברך דעביד הכי מכמה טעמים. חדא, כי אין נכון לענות נפשו ולסגף גופו שלא לצורך, הואיל ובסיגוף הראשון נזדככה הנפש ונמחל לו על אותו עון, מה לו לעשות עוד.
ואמר בנזיר (במדבר ו, יא) וכפר עליו מאשר חטא על הנפש, ואמרו רז"ל (בפ"ק דתענית (יא, א) ובפ"ק דנזיר (עי' דף יט, א)) וכי על איזה נפש חטא, (על) [אלא] שמנע עצמו מן היין. והלא דברים ק"ו, ומה זה שציער עצמו מן היין צריך כפרה, המצער עצמו מכל דבר ודבר על אחת כמה וכמה, עד כאן:
Neuvième point : il faut savoir que si un homme n'a fauté avec une femme qu'une seule fois, qu'il a fait sur cela une techouva complète avec toutes les sortes de mortifications et d'afflictions écrites dans le livre du Rokeah et pour la durée que le Rokeah a fixée, et qu'après le temps fixé il recommence et refait cette même techouva, c'est-à-dire les quatre sortes de techouva mentionnées plus haut avec toute la rigueur et la sévérité des mortifications et afflictions qui y sont écrites, il ne plaît pas à son Maître béni soit-Il qu'il agisse ainsi, et cela pour plusieurs raisons. Premièrement, car il n'est pas juste d'affliger son âme et de mortifier son corps sans nécessité : puisque par la première mortification l'âme a été purifiée et qu'il lui a été pardonné pour cette faute, que lui reste-t-il encore à faire ?
Et il est dit au sujet du nazir (Nombres 6,11) : et il fera expiation sur lui de ce qu'il a fauté contre l'âme ; et nos maîtres ont dit (au premier chapitre de Taanit (11a) et au premier chapitre de Nazir (voir 19a)) : contre quelle âme donc a-t-il fauté ? Mais c'est qu'il s'est privé lui-même du vin.
Or les choses sont à fortiori : si celui qui s'est privé du vin a besoin d'expiation, celui qui se prive de toute chose, à plus forte raison. Jusqu-ici.
וכבר האריך בזה הרמב"ם ז"ל (בפ"ד מהקדמת פרקי אבות, ובספר המדע בהלכות דעות פ"ג (א)), וספר בגנות אותן אנשים שצערו עצמם בצום ובשאר עינוי נפש ללא צורך, עיין שם:
Et le Rambam a déjà longuement traité de cela (au chapitre 4 de son introduction aux Pirke Avot, et dans le Sefer HaMada, Hilkhot Deot chapitre 3, halakha 1), et il a exposé le blâme de ces hommes qui s'affligent eux-mêmes par le jeûne et par les autres afflictions de l'âme sans nécessité ; voir là-bas.
ובכלל מאשר חטא על הנפש הוא גם כן מי שציער עצמו בעינוי תשובה ללא צורך, כי לפעמים יש תשובה הקשה כמות, כגון שצריך הבעל תשובה לישב בקרח או בשלג. ובימות החמה ישב לפני הזבובים או נמלים או לפני דבורים, כמו שנמצא כתוב בספר הרוקח ובשאר עינוי נפש הכתובים שם, וא"כ מה לו לצרה הזאת לסבול יסורין הקשין לו כמות ללא צורך, הואיל וכבר עשה מה שהיה לו לעשות, ועוכר שארו חנם אכזרי, כי בודאי התשובה שכתב בעל הרוקח לכל עון ולכל חטאת הם דברי קבלה שקולים כנגד דיני בית דין, וזהו תשובת הכתוב שהזכיר הרוקח במקומו, רצה לומר שיהא אדם עושה דין בעצמו ככל הכתוב בתורה.
שאם חטא בדבר שחייבין עליו מלקות, ילקה. ואם בדבר שחייבין עליו מיתה, יסבול צער קשה כמיתה.
וכן שאר תשובות שכתב שם לשאר עבירות, הקל לקלה, והחמור לחמורה, כמו שמפרש שם ואזיל. וכמו שמיתת בית דין מכפרת (כמו שאמרו רז"ל במסכת סנהדרין), כן התשובה מכפרת.
וכמו שמיתת בית דין בתרי קטלא לא קטלינן ליה, כן בתשובה שהיא במקום מיתה עומדת בתרי תשובות שהם קשים כמות כדלעיל לא, הואיל ועשה דין בעצמו יש לו כפרה מיד אחר שעשה תשובה הראשונה, ואם כן תרתי למה ליה, הלא אמרו רבותינו ז"ל (משנה בפ' אלו הן הלוקין (מכות פ"ג מט"ו)) ונקלה אחיך לעיניך (דברים כה, ג), כיון שלקה הרי הוא כאחיך וכו':
Et dans les mots de ce qu'il a fauté contre l'âme est également inclus celui qui s'afflige par des mortifications de techouva sans nécessité. Car il y a parfois une techouva dure comme la mort, par exemple lorsque le pénitent doit s'asseoir dans la glace ou dans la neige, et durant les jours d'été s'asseoir devant les mouches, ou les fourmis, ou devant les abeilles, comme on le trouve écrit dans le livre du Rokeah, ainsi que les autres afflictions de l'âme qui y sont écrites.
S'il en est ainsi, à quoi bon cette détresse, supporter des souffrances qui lui sont dures comme la mort sans nécessité, puisqu'il a déjà fait ce qu'il avait à faire, et celui qui trouble sa propre chair gratuitement est cruel. Car assurément la techouva que l'auteur du Rokeah a écrite pour chaque faute et chaque péché relève de paroles de tradition reçue, équivalentes aux jugements du beit din (tribunal rabbinique).
Et c'est là la techouva du verset que le Rokeah mentionne en son lieu, c'est-à-dire que l'homme fasse justice sur lui-même selon tout ce qui est écrit dans la Torah : s'il a fauté d'une chose passible de flagellation, qu'il soit flagellé ; et si c'est d'une chose passible de mort, qu'il supporte une souffrance dure comme la mort. Et de même pour les autres techouvot qu'il a écrites là pour les autres transgressions, la légère pour la faute légère et la grave pour la faute grave, comme il l'explique là au fur et à mesure.
Et de même que la mort par le beit din expie (comme l'ont dit nos maîtres dans le traité Sanhédrin), ainsi la techouva expie. Et de même que pour la mort par le beit din on ne le met pas à mort deux fois, ainsi pour la techouva qui tient lieu de mort on ne l'accomplit pas par deux techouvot dures comme la mort, comme ci-dessus : puisqu'il a fait justice sur lui-même, il obtient expiation aussitôt après avoir fait la première techouva.
Et s'il en est ainsi, pourquoi deux ? N'ont-ils pas dit, nos maîtres (michna au chapitre Elou hen halokin (Makot 3,15)), sur le verset et ton frère sera avili à tes yeux (Deutéronome 25,3) : dès lors qu'il a été flagellé, le voici comme ton frère, etc.
ועוד כי מתוך שמענה נפשו בתעניות ובשאר סיגופים, יחלש לבו ויתערבב מוחו ויהיה הפסדו מרובה כי יבטל מן התורה. ואפילו בשעה שלומד לא יכול לדקדק כראוי ולהבין הענינים, לפי שאין תורה אלא מתוך שמחה.
וגם תפלתו לא תהיה רצויה כשיתפלל אותה מיוסר ומעונה, כי אין להתפלל אלא מתוך שמחה כידוע (ברכות לא, א):
Et de plus, du fait qu'il afflige son âme par des jeûnes et par les autres mortifications, son cœur s'affaiblira, son cerveau se troublera et sa perte sera grande, car il s'annulera de l'étude de la Torah. Et même au moment où il étudie, il ne pourra pas examiner comme il convient ni comprendre les sujets, car il n'y a de Torah que dans la joie.
Et sa prière non plus ne sera pas agréée lorsqu'il la dira souffrant et affligé, car on ne doit prier que dans la joie, comme on le sait (Berakhot 31a).
בפרט בדורות האלה אשר בני אדם חלשים בגופם מאד, שאל יתענה אדם עינוי נפש פן יחלש ולא יוכל לעשות עבודת השם יתברך בשלימות:
En particulier dans ces générations-ci, où les hommes sont très faibles de corps : que l'homme ne s'inflige pas d'affliction de l'âme, de peur qu'il ne s'affaiblisse et ne puisse plus accomplir le service du Nom béni soit-Il dans sa plénitude.
הביטה נא וראה מה שכתבו חכמי התלמודיים (בפרק כיסוי הדם (חולין פד, א)) וזה לשונם, ת"ר כי ירחיב ה' אלקיך את גבולך (דברים יב, כ) למדה תורה דרך ארץ שלא יאכל אדם בשר אלא לתיאבון וכו'. עד אמר רבי אלעזר בן עזריה, מי שיש לו מנה יקח לפסו לטרא ירק וכו'.
עד ואינך אימת מערב שבת לערב שבת. אמר רב, צריכין אנו לחוש לדברי זקן, (פירש רש"י, לחוש ולהסתפק במזונות קלים).
אמר ר' יוחנן אבא (ר"י קרא לרב אבא), ממשפחת בריאים הוה, אבל כגון אנו מי שיש לו פרוטה בתוך כיסו יריצנה לחנוני. אמר רב נחמן, כגון אנו לווין ואוכלין.
ופירש רש"י, כגון אנו שאין אנו בריאים, מי שאין לו אלא פרוטה יריצנו לחנוני וכו' ולא יסגף עצמו בעינוי ויצטרך לבריות יותר. א"ר נחמן כגון אנו, רב נחמן אחר דורו של רבי יוחנן היה, ותמיד העולם הי' משתנה והולך ולא היה ברי כאותן שבימי ר' יוחנן, ולפיכך הוא אומר כגון אנו דאפי' אין לנו הפרוטה עלינו ללוות ולאכול, עד כאן:
Regarde donc et vois ce qu'ont écrit les sages du Talmud (au chapitre Kissouy hadam (Houlin 84a)), voici leurs termes : nos maîtres ont enseigné : lorsque ה' ton D-ieu élargira ta frontière (Deutéronome 12,20), la Torah a enseigné une règle de conduite, que l'homme ne mange de viande que par appétit, etc. Jusqu'à : Rabbi Elazar ben Azaria a dit : celui qui possède une mane, qu'il prenne pour son plat une livre de légumes, etc.
Jusqu'à : et les autres, quand ? D'une veille de Chabbat à l'autre veille de Chabbat.
Rav a dit : nous devons tenir compte des paroles de l'ancien (Rachi explique : tenir compte et se contenter de nourritures légères). Rabbi Yo'hanan a dit : Abba (Rabbi Yo'hanan appelait Rav du nom d'Abba) était d'une famille de gens robustes ; mais nous autres, celui qui a une perouta dans sa bourse, qu'il l'envoie vite chez l'épicier.
Rav Nahman a dit : nous autres, nous empruntons et nous mangeons. Et Rachi explique : nous autres qui ne sommes pas robustes, celui qui n'a qu'une perouta, qu'il l'envoie vite chez l'épicier, etc., et qu'il ne se mortifie pas par l'affliction au point d'avoir davantage besoin des créatures.
Rav Nahman a dit : nous autres. Rav Nahman était postérieur à la génération de Rabbi Yo'hanan, et le monde allait toujours en s'altérant, et il n'était pas robuste comme ceux des jours de Rabbi Yo'hanan ; c'est pourquoi il dit nous autres, car même si nous n'avons pas la perouta, il nous faut emprunter et manger.
Jusqu-ici.
ואם בימיהם היה חשו לחולשה, ק"ו בזמנינו זה שראוי שניחוש על חולשתינו ועל תשות כחינו, כי מה אנו ומה כחינו לסבול יסורים יותר מן הראוי. הלא אפי' בהיות בית דין בירושלים בלשכת הגזית, והיו דנין דיני נפשות ומלקיות, היו אומדים במלקיות כפי כח האיש הנלקה.
וצערא דגופא הכתוב ברוקח, במקום מיתה או לפחות במקום מלקות עומד, ופן יוסיף ונקלה אחיך לעיניך שייך ג"כ כאן, וק"ל:
Et si de leur temps déjà ils tenaient compte de la faiblesse, à plus forte raison de nos jours : il convient que nous tenions compte de notre faiblesse et de l'épuisement de nos forces, car que sommes-nous et quelle est notre force pour supporter des souffrances plus qu'il ne convient. Voici que même lorsque le beit din siégeait à Jérusalem, dans la Chambre de la pierre taillée, et qu'il jugeait les affaires capitales et les cas de flagellation, on évaluait la flagellation selon la force de l'homme qui devait être flagellé.
Or la souffrance corporelle écrite dans le Rokeah tient lieu de mort, ou tout au moins de flagellation ; et de peur qu'il n'ajoute, le verset et ton frère sera avili à tes yeux s'applique ici aussi, et cela est facile à comprendre.
ועוד מפני תקנת השבים אין נכון לעשות כן, כי כשיראו שהבעלי תשובה עושין תשובה, וחוזרין ועושים אותה תשובה עצמה על חטא אחד כאשר היא כתובה ברוקח, יסברו שהדין נותן כן שהנפש החוטאת היא תמות ביסורים קשים כמות כל ימיו לעולם, ומתוך כך יפרשו מלעשות תשובה, כי יכאב עליו בשרו ונפשו עליו תאבל לסבול ייסורי התשובה שהיא קשה כמות על עבירה אחת כמה וכמה פעמים בלי שיעור וקצבה. ומתוך כך רבים נמנעים מאליהם ונשארים בחטא, וא"כ חטא הרבים תלוי בו.
ומפני זה הטעם עצמו אמרו רבותינו ז"ל , אם בא מלוה רבית לעשות תשובה ולהחזיר הריבית, אם רוב עסקו ומחייתו בריבית אין מקבלין ממנו כדי לפתוח לו דרך לתשובה. וכל המקבל ממנו, אין רוח חכמים נוחה הימנו, כדאיתא בפרק הגוזל (ב"ק צד, ב).
וכן הוא אומר לענין גזלן שכתב בחושן משפט בסימן שס"ג זה לשונו, גזלן מפורסם שעסקיו בכך ותשובתו קשה הבא לעשות תשובה מעצמו, אם אין הגזילה קיימת אין מקבלין ממנו, כדי שלא ימנע מלעשות תשובה וכו':
Et de plus, en raison de l'amendement institué en faveur des pénitents, il n'est pas juste d'agir ainsi. Car lorsqu'on verra que les pénitents font techouva, puis recommencent et refont cette même techouva pour une seule faute, telle qu'elle est écrite dans le Rokeah, on pensera que telle est la loi : que l'âme qui a fauté doit mourir dans des souffrances dures comme la mort, tous ses jours et à jamais.
Et de ce fait ils s'abstiendront de faire techouva, car sa chair lui fera mal et son âme s'endeuillera sur lui à supporter les souffrances de la techouva, dure comme la mort, pour une seule transgression, tant et tant de fois, sans mesure ni limite. Et de ce fait beaucoup s'abstiennent d'eux-mêmes et demeurent dans la faute ; s'il en est ainsi, la faute du grand nombre dépend de lui.
Et pour cette même raison nos maîtres ont dit : si un prêteur à intérêt vient faire techouva et rendre l'intérêt, si l'essentiel de son négoce et de sa subsistance est dans l'intérêt, on n'accepte pas de lui, afin de lui ouvrir un chemin vers la techouva ; et quiconque accepte de lui, l'esprit des sages n'est pas satisfait de lui, comme il est rapporté au chapitre HaGozel (Baba Kama 94b). Et de même il est dit au sujet du voleur, ce qui est écrit dans le Hochen Michpat au paragraphe 363, voici ses termes : un voleur notoire dont c'est là le négoce et dont la techouva est difficile, qui vient faire techouva de lui-même, si l'objet volé n'existe plus, on n'accepte pas de lui, afin qu'il ne s'abstienne pas de faire techouva, etc.
והדומה לדומה כתב בח"ה בהקדמתו, והכל בו (בסימן ס"ז) וזה לשונו, ואל יחשוב השב בנפשו למה זה הבל איגע ולריק כחי אכלה, כי איך תועיל תשובתי כנגד עונותי, וכל מה שאוכל לעשות עוד איך יעמוד כנגד כובד העונות שעשיתי. מי שלבו נקפו ואין תשובתו שלימה אומר כן.
אבל השבים בלב ותוהים על העוונות הראשונים, כבר הבטיחנו הש"י על ידי יחזקאל הנביא כי פשעיהם לא יזכרו, שנאמר (יחזקאל יח, כא-כב) והרשע כי ישוב מכל חטאתיו אשר עשה ושמר את כל חקותי ועשה משפט וצדקה חיה יחיה לא ימות. כל פשעיו אשר עשה לא יזכרו לו בצדקתו אשר עשה יחיה.
ועוד כתיב בפסוק מלא על הנבהלים (שם לג, י), אמור אל [בית] ישראל כה אמרתם לאמר, כי פשענו וחטאתנו (אתנו) [עלינו] ובם אנחנו נמוקים ואיך נחיה. [אמור] (עליהם) [אליהם] חי אני נאם ה' כי לא אחפוץ במות המת, כי אם בשובו מדרכיו וחיה שובו שובו מדרכיכם הרעים ולמה תמותו בית ישראל וכו'.
ולשון במות המת יורה על שכבר מת, ורצה לומר לא אחפוץ במיתת הנפש שמת כבר, והוא נפש הרשע שאפילו בחייו נקרא מת. אבל כשישוב מדרכו וחיתה נפשו בגלל התשובה וכו'.
ואע"ג דאין עניין זה עניינינו ממש, מכל מקום טעם אחד לשניהם כדי שלא יתייאשו מלשוב, וק"ל:
Et dans le même ordre d'idées, il est écrit dans le Hovot Halevavot, dans son introduction, ainsi que dans le Kol Bo (paragraphe 67), voici ses termes : que le pénitent ne se dise pas en lui-même : pourquoi donc me fatiguerais-je en vain et consumerais-je ma force pour rien, car comment ma techouva servira-t-elle face à mes fautes, et tout ce que je pourrai encore faire, comment tiendra-t-il face au poids des fautes que j'ai commises ? C'est celui dont le cœur le remord et dont la techouva n'est pas complète qui parle ainsi.
Mais ceux qui reviennent de tout cœur et qui regrettent les fautes premières, le Nom béni soit-Il nous a déjà promis par le prophète Ye'hezkel que leurs transgressions ne seront pas rappelées, il est dit (Ezechiel 18,21-22) : et le méchant, s'il revient de toutes les fautes qu'il a commises, qu'il garde tous mes décrets et pratique le droit et la justice, il vivra certainement, il ne mourra pas ; toutes les transgressions qu'il a commises ne lui seront pas rappelées, par la justice qu'il a pratiquée il vivra. Et il est encore écrit, en un verset entier, au sujet de ceux qui sont accablés (là-bas 33,10) : dis à la maison d'Israël : ainsi avez-vous parlé, disant, nos transgressions et nos fautes sont sur nous et par elles nous dépérissons, et comment vivrons-nous ?
Dis-leur : par Ma vie, dit ה', je ne désire pas la mort du mort, mais qu'il revienne de ses voies et vive ; revenez, revenez de vos voies mauvaises, et pourquoi mourriez-vous, maison d'Israël, etc. Et l'expression la mort du mort indique qu'il est déjà mort ; il veut dire : je ne désire pas la mort de l'âme qui est déjà morte, à savoir l'âme du méchant, qui même de son vivant est appelée morte ; mais lorsqu'il reviendra de sa voie, son âme vivra grâce à la techouva, etc.
Et bien que ce sujet ne soit pas exactement le nôtre, en tout cas la raison est la même pour les deux : afin qu'ils ne désespèrent pas de revenir, et cela est facile à comprendre.
ועוד דאם החוטא עשה תשובה שלימה כאשר היא כתובה ברוקח ולזמן הקצוב שם, והוא חוזר ועושה אותה התשובה עצמה יותר מהקצוב כמה פעמים, מראה עצמו מקטני הבטחון כאלו איננו בוטח על גדולות סליחות הש"י שהוא נושא עון ועובר על פשע, והזכירו על זה (תהלים לא, יט) תאלמנה שפתי שקר. וזה הטעם עצמו מ"ש ראב"י (בפרק יום הכפורים (יומא פו, ב)), עבירות שהתורה עליהן ביום כפור זה, אינו חוזר ומתודה עליהם ביום כפור אחר וכו', כמו שנמצא זה בשערי תשובה של רבינו יונה עיין שם:
Et de plus, si le fauteur a fait une techouva complète telle qu'elle est écrite dans le Rokeah et pour la durée qui y est fixée, et qu'il recommence et refait cette même techouva au-delà de ce qui est fixé, plusieurs fois, il se montre de ceux dont la confiance est petite, comme s'il ne se fiait pas aux grands pardons du Nom béni soit-Il, qui supporte la faute et passe sur la transgression ; et l'on a mentionné à ce sujet le verset (Psaumes 31,19) : que soient rendues muettes les lèvres de mensonge. Et c'est cette même raison qui vaut pour ce qu'a dit Rabbi Elazar ben Yaakov (au chapitre Yom haKippourim (Yoma 86b)) : les transgressions dont on s'est confessé en ce Yom Kippour, on ne revient pas s'en confesser un autre Yom Kippour, etc., comme on le trouve dans les Chaarei Techouva de Rabbenou Yona ; voir là-bas.
ודמיא להא מה שנמצא כתוב בליקוטי מהרי"ל על מה שאמרו ז"ל (יומא נג, ב), הממהר לחזור לתפילתו אחר שפסע אחוריו הג' פסיעות, דומה לכלב ששב על קיאו, זה לשונו שם, אמר מהרי"ל, דנפל מחלוקת בין ההמון ליישב המשל הזה. ונראה אליו ליישב מהא דאיתא בכמה דוכתי מי ששב מחטאו יהא נדמה עליו כאלו לא חטא מעולם, יהיה בטוח במחילה גמורה ולא יחשוב אולי לא נתכפרו עונותיו.
ויגמור בדעתו שלא לחזור לחטוא לעולם. והשתא כשאדם סיים תפילתו ופסע אחוריו, ישאר עומד שם וידמה אל לבו שתפילתו נתקבל ונתכפר ונפטר מכל וכל.
ואם חוזר מיד, נראה כאלו ממהר לבקש להתפלל על שיחזור לחטוא עוד. משל לכלב דכבר קץ ומאס במאכל שבמעיו עד שהקיאו, ושוב חוזר עליהם ומתוקים לו כדבש ואוכלם, עד כאן לשונו:
Et semblable à cela est ce qu'on trouve écrit dans les Likoutei Maharil sur ce qu'ont dit nos maîtres (Yoma 53b) : celui qui se hâte de retourner à sa place après avoir reculé des trois pas ressemble à un chien qui revient à son vomissement. Voici ses termes là-bas : le Maharil a dit qu'une controverse s'est élevée parmi le public pour expliquer cette parabole, et il lui a paru bon de l'expliquer à partir de ce qui est rapporté en plusieurs endroits : celui qui revient de sa faute, qu'elle soit à ses yeux comme s'il n'avait jamais fauté ; qu'il soit assuré d'un pardon complet et ne pense pas : peut-être mes fautes n'ont-elles pas été expiées ; et qu'il décide en son esprit de ne plus jamais retourner à la faute.
Or maintenant, lorsqu'un homme a achevé sa prière et a reculé de quelques pas, qu'il demeure debout là et se représente en son cœur que sa prière a été reçue, qu'il a obtenu expiation et qu'il est quitte de tout. Mais s'il revient aussitôt, il apparaît comme s'il se hâtait de demander à prier pour pouvoir retourner encore à la faute.
Parabole du chien, qui déjà s'était dégoûté et avait pris en aversion la nourriture qui était dans ses entrailles au point de la vomir, puis y revient, et elle lui est douce comme le miel et il la mange. Jusqu-ici ses paroles.
שמענו מכל זה, מי שעשה עבירה גדולה או קטנה ועשה תשובה גמורה כמו שהיא כתובה ברוקח ובשאר ספרים, מאז יהיה לבו נכון בטוח שסר ממנו חטאתו ועוונו תכופר. ולא יכניס ספק בלבו אולי לא נמחל העוון.
רק יחשוב בודאי נמחל לו בכח התשובה שעשה:
Nous avons entendu de tout cela que celui qui a commis une transgression grande ou petite et a fait une techouva complète telle qu'elle est écrite dans le Rokeah et dans les autres livres, des lors son cœur doit être ferme et assuré que sa faute s'est écartée de lui et que son iniquité est expiée. Et qu'il n'introduise pas de doute en son cœur : peut-être la faute n'a-t-elle pas été pardonnée.
Qu'il pense plutôt : assurément elle m'a été pardonnée par la force de la techouva que j'ai faite.
ומה שנמצא כתוב במקצת ספרי המפרשים האחרונים ז"ל והבאתי בחיבורי הקטן אשר קראתיו ברית אברהם בפ' י"ב וזה לשונו, שם וידאג תמיד אולי הוא מקצר בחובות התשובה בצער ובמרירות ובבכי ובצום. וגם כי הרבה צער והרבה בכה, יזחיל ויירא אולי לא כלה חקו, וכדהוה ליה למעבד לא עבד, כמו שכתב רבינו יונה ז"ל בשערי תשובה ז"ל אשרי אדם מפחד תמיד, אע"פ שהוא מודה ועוזב, יש עליו לפחד תמיד אולי לא השלים חוק התשובה, כי היא צריכה למדריגות רבות, ויוסיף אומץ בכל יום להשיג המדריגות.
גם כי יפחד אולי יתחדש עליו יצרו, וישמור ממנו בכל עת ויוסיף יראת ה' בנפשו תמיד, ויתפלל תמיד אל ה' לעוזרו אל התשובה. ומקשה לבו יפול ברעה, האומר בלבו השלמתי חוק תשובתי ואיננו משתדל תמיד להשיג מדריגות התשובה ולהוסיף בנפשו יראה יענש על זה וכו', עד כאן לשונו שם.
זה מיירי כשעשה תשובה לפי אומדנא כאשר יעריכנו לפי אומד דעתו, ולא ידע בבירור אם כלה מלאכת התשובה כאשר היא כתובה בספרים, או לא. אבל אם עשה התשובה הכתובה בספרים עד גמירא, ובפרט בספר הרוקח, כי כל דבריו דברי קבלה הם כנזכר, ודאי יספיק פעם אחת:
Et quant à ce qu'on trouve écrit dans quelques livres des commentateurs derniers, que j'ai rapporté dans mon petit ouvrage que j'ai appelé Berit Avraham, au chapitre 12, voici ses termes là-bas : et qu'il s'inquiète toujours, peut-être manque-t-il aux devoirs de la techouva quant à la souffrance, à l'amertume, aux pleurs et au jeûne ; et même s'il a beaucoup souffert et beaucoup pleuré, qu'il tremble et craigne, peut-être n'a-t-il pas accompli ce qui lui incombe, et ce qu'il aurait dû faire il ne l'a pas fait, comme l'a écrit Rabbenou Yona dans les Chaarei Techouva, voici ses termes : heureux l'homme qui craint toujours (Proverbes 28,14) ; même s'il confesse et abandonne la faute, il lui faut craindre toujours, peut-être n'a-t-il pas accompli le devoir de la techouva, car elle requiert de nombreux degrés, et qu'il redouble de vigueur chaque jour pour atteindre ces degrés. Qu'il craigne aussi que son penchant ne se renouvelle contre lui, qu'il s'en garde en tout temps, qu'il augmente toujours en son âme la crainte de ה', et qu'il prie toujours ה' de l'aider dans la techouva.
Et celui qui endurcit son cœur tombera dans le mal : celui qui dit en son cœur, j'ai accompli le devoir de ma techouva, et qui ne s'efforce pas toujours d'atteindre les degrés de la techouva et d'ajouter la crainte en son âme, sera puni pour cela, etc. Jusqu-ici ses paroles là-bas.
Cela parle du cas où il a fait techouva selon une estimation, telle qu'il l'évalue d'après son appréciation, et où il ne sait pas avec certitude s'il a achevé l'œuvre de la techouva telle qu'elle est écrite dans les livres, où non. Mais s'il a accompli jusqu'au bout la techouva écrite dans les livres, et en particulier dans le livre du Rokeah, car toutes ses paroles sont paroles de tradition reçue comme il a été dit, assurément une seule fois suffit.
ומה שאמר דוד המלך ע"ה (תהלים נא, ה) וחטאתי נגדי תמיד, הכי קאמר, אני תמיד בחרטה על חטאתי זאת. וכן פירש הקמחי במקומו.
ולזה ראוי שהבעלי תשובה יעלה החטא אל לבו תמיד, ויודעו ומכירו כדי שלא ישוב עוד לחזור בו ולכיוצא בו. אבל לא לקבל צער ויסורין וסיגוף הגוף פעמים ושלש אם לא שנה בחטא:
Et quant à ce qu'a dit le roi David, que la paix soit sur lui (Psaumes 51,5) : et ma faute est devant moi constamment, voici ce qu'il veut dire : je suis constamment dans le regret de cette faute que j'ai commise. Et ainsi l'a expliqué le Kimhi en son lieu.
Et pour cela il convient que le pénitent fasse constamment monter la faute à son cœur, qu'il la connaisse et la reconnaisse, afin de ne plus y revenir ni à ce qui lui ressemble ; mais non pas de recevoir souffrance, tourments et mortification du corps deux et trois fois, s'il n'a pas répété la faute.
או נוכל לומר, זה שאמר דוד המלך ע"ה וחטאתי נגדי תמיד הוא אמור לעניין בושה, שהיה מעלה על לבו אותה תמיד ומתבייש ממנה, וכשאדם מתבייש מחטאו אשר עשה לא ישוב עוד לחזור בו ולכיוצא בו. וכן אמר עזרא (עזרא ט, ו) אלקי בושתי ונכלמתי להרים אלקי פני אליך וכו'.
ומי האיש הבעל תשובה הירא ורך הלבב מעבירות, ותתפעם רוחו בקרבו על העבירות שעשה ואינו רוצה לעזוב התשובה כל ימיו לעולם לאהבת הש"י, על כן ילך וישוב בתשובה בביתו בלב נשבר ונדכה במקום אין רואה, ולא ימס את לבב העם שאר בעלי תשובה כלבבו, דאם יעשה בפרהסיא תנעול הדלת בפני השבים מטעם דלעיל, וק"ל:
Ou bien nous pouvons dire que ce qu'a dit le roi David, que la paix soit sur lui, et ma faute est devant moi constamment, est dit quant à la honte : il la faisait constamment monter à son cœur et en avait honte ; et lorsqu'un homme a honte de la faute qu'il a commise, il n'y revient plus, ni à ce qui lui ressemble. Et ainsi a dit Ezra (Esdras 9,6) : mon D-ieu, j'ai honte et je suis confus de lever, mon D-ieu, ma face vers Toi, etc.
Et l'homme pénitent qui craint, dont le cœur est timoré devant les transgressions, dont l'esprit s'agite en lui à cause des transgressions qu'il a commises, et qui ne veut pas abandonner la techouva tous ses jours et à jamais par amour du Nom béni soit-Il, qu'il aille donc faire techouva chez lui, le cœur brisé et broyé, en un lieu où nul ne le voit ; et qu'il ne fasse pas fondre le cœur du peuple, celui des autres pénitents, comme son propre cœur ; car s'il agit en public, il fermera la porte devant les pénitents, pour la raison exposée plus haut, et cela est facile à comprendre.