שני לוחות הברית

Chnei Louhot HaBrit (Shlah) — Aseret HaDibrot, Rosh HaShanah, Derekh Chayim (3/8)

Rabbi Yeshayahou Horowitz
En bref

La techouva la plus haute consiste, pour le Chla, en ce que le fauteur répare la faute elle-même : dans la chose où il s’est conduit avec présomption, là même il répare. Il ne suffit pas d’abandonner la faute seulement, il faut encore accomplir des actes contraires aux transgressions commises. Ainsi ont dit nos Sages : les justes, c’est par la chose même dans laquelle ils ont péché qu’ils se rendent agréables. Il rapporte qu’Adam, voyant que la mort avait été décrétée par son fait, jeûna et se sépara de sa femme cent trente ans, afin de se réparer dans la chose où il s’était conduit avec présomption.

Aussi : la techouva par degrés : restitution avant jeûne et tefila ; le regret avant l’étude de la Torah ; la techouva de la pesée, répétée pour chaque union

ששית יש לדעת, שהתשובה המעולה הוא שיתקן החוטא אותו החטא עצמו שעשה, רצונו לומר בדבר אשר זדה עליו יתקן. על דרך משל, אם חטא בלשון הרע או בלשון שקר, אמת יהגה חכו ופיו יפתח בחכמה ותורת חסד על לשונו.

ואם חטא בהרהורים רעים, יצפין ויהרהר אמרי תורה בלבו. ואם חטא בעינים רמות, יהא דכא ושח עינים.

ואם חטא בתאוות המלבוש, ילבש שק ואפר. וכן כל האיברים אשר חטא בהן, ישתדל לקיים בהן המצווה שכנגדן.

ולא יספיק עזיבת החטא בלבד, רק שיעשה מעשים הפך עבירות שעשה. וכן אמרו רז"ל במדרש (תנחומא בשלח כד), הצדיקים באותו דבר שחוטאים בו מתרצים.

ואמרו עוד במדרש ויקרא רבה (כא, ה) כי בתחבולות תעשה לך מלחמה (משלי כד, ו), אם עשית חבילות עבירות וכו'. עד עינים רמות, והיו לטוטפות בין עיניך.

לשון שקר, ולמדתם אותם את בניכם וכו', וכן הרבה. והאריך בזה בעל ראשית חכמה בשער הקדושה פרק י"ז, עיין שם.

ועיין גם כן בספר הישר בזה הענין:

Sixièmement, il faut savoir que la techouva la plus haute consiste en ce que le fauteur répare la faute elle-même qu'il a commise, c'est-à-dire que dans la chose où il s'est conduit avec présomption, là même il répare. Par exemple : s'il a péché par la médisance ou par une langue mensongère, que son palais profère désormais la vérité, que sa bouche s'ouvre avec sagesse et qu'un enseignement de bonté soit sur sa langue.

S'il a péché par de mauvaises pensées, qu'il enfouisse en lui et médite dans son cœur des paroles de Torah. S'il a péché par des yeux hautains, qu'il soit humble et baisse les yeux.

S'il a péché par le désir du vêtement, qu'il se vête de sac et de cendre. Et de même, tous les membres par lesquels il a péché, qu'il s'efforce d'accomplir par eux la mitsva qui leur correspond.

Il ne suffit pas d'abandonner la faute seulement, il faut encore qu'il accomplisse des actes contraires aux transgressions qu'il a commises. Ainsi ont dit nos Sages dans le Midrach (Tan'houma Bechalah 24) : les justes, c'est par la chose même dans laquelle ils ont péché qu'ils se rendent agréables.

Et ils ont dit encore dans le Midrach Vayikra Rabba (21, 5) sur le verset : car c'est par des stratégies que tu feras la guerre (Proverbes 24, 6) - si tu as fait des fagots de transgressions, etc. Jusqu'à : les yeux hautains, elles seront des fronteaux entre tes yeux ; la langue mensongère, vous les enseignerez à vos enfants, etc., et ainsi de beaucoup d'autres.

L'auteur du Reshit 'Hokhma s'est étendu là-dessus dans la Porte de la Sainteté, chapitre 17, voir là-bas. Vois également le Sefer haYashar sur ce sujet.

וכבר זכרתי בסימן זה בכוונת התקיעות תשר"ת מאמר רז"ל (עירובין יח, ב) כיון שראה אדם שנקנסה מיתה על ידו, ישב בתענית ק"ל שנה, ופירש מן האשה ק"ל שנה וכו'. וכל זה כדי לתקן עצמו בדבר אשר זדה בו, כי ע"י אשה חטא, לכן פירש ממנה.

וע"י תאנה חטא, לכן בא לתקן כדלעיל. והארכתי גם כן קצת בענין זה לקמן בסימן ס"ט בכוונת הארבע מינים בכוונה השניי', עיין שם ויהיו לאחדים בידך:

J'ai déjà rapporté dans le présent chapitre, à propos de l'intention des sonneries tachrat, la parole de nos Sages (Erouvin 18b) : lorsque Adam vit que la mort avait été décrétée par son fait, il resta en jeûne cent trente ans, et il se sépara de sa femme cent trente ans, etc. Tout cela afin de se réparer lui-même dans la chose où il s'était conduit avec présomption : c'est par la femme qu'il a péché, c'est pourquoi il s'est séparé d'elle ; c'est par le figuier qu'il a péché, c'est pourquoi il est venu réparer comme il a été dit plus haut.

Je me suis également étendu quelque peu sur ce sujet plus loin, au chapitre 69, dans l'intention des quatre espèces, à la seconde intention ; vois là-bas, et qu'elles soient unies dans ta main.

שביעית יש לדעת, שיעשה התשובה בהדרגה בענין שלא יקדים המאוחר ולא יאחר המוקדם. על דרך משל, אם הקדים הצום והתפילה להשבת העושק והגזילה וכדומה, לא יצא ידי חובת תשובה.

רק ישוב קודם הוידוי כדי שיתרצה בוידוי. וכן כתב בעל העקידה בשער צ"ז עיין שם.

והוא הדין שיקדים החרטה והתשובה קודם עסק התורה, אף על גב שהתשובה העיקרית היא עסק התורה. כי עוד קשה, נקרא התורה אור שהיא מאירה את האדם, היאך יעשה תשובה כדי שיתכפרו לו עוונותיו.

אפילו הכי צריך שיקדים לו החרטה והתשובה קודם עסק התורה כמו שכתב בעל ראשית חכמה בשער תשובה פ"ב בשם הזוהר (עי' רעיא מהימנא ח"ג קכג, א) וזה לשונו, דלבתר דמתחרט מחובו ועבד תשובה, יתעסק באורייתא. וקודם החרטה והתשובה אין תורתו רצויה ומקובל, כאמרו (תהלים נ, טז) ולרשע אמר א-להים מה לך לספר חקי וכו'.

וכן (עי' ויקרא כא, יז) כל אשר בו מום לא יקריב, ואדם זה בצואת עוונותיו מסריח, היאך יתקרב לפני המלך, אדרבה המלך יתרחק:

Septièmement, il faut savoir qu'il doit accomplir la techouva par degrés, de telle sorte qu'il n'avance pas ce qui est postérieur ni ne retarde ce qui est antérieur. Par exemple : s'il a fait passer le jeûne et la tefila avant la restitution de ce qu'il a extorqué et volé, et choses semblables, il ne s'est pas acquitté de son devoir de techouva.

Il doit plutôt revenir avant la confession, afin d'être agréé par sa confession. Ainsi a écrit l'auteur de la Akeda à la porte 97, voir là-bas.

Il en va de même pour faire précéder le regret et la techouva à l'étude de la Torah, bien que la techouva essentielle soit précisément l'étude de la Torah. Car il y a là une autre difficulté : la Torah est appelée lumière, puisqu'elle éclaire l'homme - comment donc fera-t-il techouva pour que ses fautes lui soient pardonnées ?

Malgré cela, il faut que le regret et la techouva précèdent chez lui l'étude de la Torah, comme l'a écrit l'auteur du Reshit 'Hokhma dans la Porte de la techouva, chapitre 2, au nom du Zohar (voir Raaya Mehemna III, 123a), et voici ses paroles : après qu'il s'est repenti de sa faute et a fait techouva, qu'il s'occupe alors de la Torah. Avant le regret et la techouva, son étude n'est ni désirée ni agréée, comme il est dit (Psaumes 50, 16) : et au méchant D-ieu a dit : qu'as-tu à énumérer mes lois, etc.

De même (voir Lévitique 21, 17) : quiconque a une tare ne s'approchera pas pour offrir ; or cet homme empeste dans la souillure de ses fautes, comment s'approcherait-il devant le roi ? Bien au contraire, le roi s'éloignera.

ולזה כיוון החסיד ר' יודא בר אלעאי ע"ה באמרו (עי' ברכות יז, א) אשרי מי שעמלו בתורה ועושה נחת רוח ליוצרו. פירוש, שהעוסק בה נקי מחטא ועון שאז המלך משתעשע בו ובתורתו.

וזו היתה מעלת הראשונים שהיתה תורתן רצויה כל כך שהיו פטורין אפי' מן התפילה, מפני שהיתה התורה שלהם נקיה. אבל מי שהוא מלא מחסרון צואת עונותיו, אין תורתו נחת לבוראו.

והטעם, כי בעסק התורה האדם מושך השכינה עליו, ובהיותו נקי מחטא מצא השכינה כסא ומושב שבו תשב ותנוח. כמו האדם היושב בכסא מתוקן כראוי שהכסא ההוא נחת רוח לו, כן צריכה התורה נקיה כסא מתוקן למשוך השכינה שתשרה בו.

אבל בהיות האדם מלוכלך בכתם עוונותיו, אין התורה שורה בו, כי אין בו כסא לשרות לא התורה ולא השכינה, כי כל חטא יהיה קוץ מכאיב וסילון ממאיר ליושב על הכסא. ולכן קודם צריך שירחץ צואת עוונותיו בתשובה כראוי, ואח"כ יעסוק בתורה.

ויקח דמיון מהדין הפסוק בגמרא (ברכות כה, א) ובפוסקים (רמב"ם הל' ק"ש ג, ט. שו"ע או"ח עט, א), כי במקום שיש ריח רע אסור לעסוק שם בתורה ובתפילה, וצריך להרחיק ד' אמות ממקום שכלה הריח.

כן הדבר לעוסק בתורה וטומאת צואת עוונותיו עליו, כי כל הקדושים העליונים מתרחקים. והעונות נקראים צואה, דכתיב (ישעיה ד, ד) אם רחץ ה' את צואת בנות ציון וכו':

Telle est l'intention du hassid rabbi Yehouda bar Ilai, la paix sur lui, lorsqu'il disait (voir Berakhot 17a) : heureux celui dont le labeur est dans la Torah et qui procure du contentement à son Créateur. Ce qui veut dire : celui qui s'y adonne étant net de faute et de transgression, car alors le roi se délecte de lui et de sa Torah.

Telle était la grandeur des premiers : leur Torah était si agréée qu'ils étaient dispensés même de la tefila, parce que leur Torah était nette. Mais celui qui est rempli du manque qu'est la souillure de ses fautes, sa Torah n'est pas un contentement pour son Créateur.

La raison en est que, par l'étude de la Torah, l'homme attire sur lui la Chekhina, et lorsqu'il est net de faute, la Chekhina trouve un trône et un siège où s'asseoir et se reposer. De même que l'homme assis sur un siège convenablement disposé y trouve du contentement, ainsi la Torah nette est-elle le trône bien disposé nécessaire pour attirer la Chekhina afin qu'elle y réside.

Mais lorsque l'homme est souillé de la tache de ses fautes, la Torah ne réside pas en lui, car il n'y a pas en lui de trône où puissent reposer ni la Torah ni la Chekhina, puisque chaque faute devient une épine douloureuse et une ronce blessante pour celui qui siège sur le trône. C'est pourquoi il doit d'abord laver la souillure de ses fautes par une techouva convenable, et ensuite seulement s'adonner à la Torah.

Qu'il en prenne l'image dans la loi tranchée dans la Guemara (Berakhot 25a) et chez les décisionnaires (Rambam, lois de la lecture du Chema 3, 9 ; Choulhan Aroukh Orah 'Hayim 79, 1) : dans un lieu où se trouve une mauvaise odeur, il est interdit de s'adonner là à la Torah et à la tefila, et il faut s'éloigner de quatre coudées à partir du lieu où l'odeur cesse. Il en va de même pour celui qui s'adonne à la Torah alors que l'impureté de la souillure de ses fautes est sur lui : tous les êtres saints d'en haut s'éloignent de lui.

Et les fautes sont appelées souillure, comme il est écrit (Isaie 4, 4) : lorsque ה' aura lavé la souillure des filles de Sion, etc.

שמינית יש לדעת, מה שכתב הרוקח בהלכות תשובה ד' מיני תשובה הם, והביאם הכל בו סימן ס"ז וחד מנהון תשובת המשקל. ופירש הוא, תשובת המשקל שיש לו לשקול צערו כנגד הנאתו.

מי שחטא באשה, כמה נהנה בנשיקה ובשמושה ובהעראה. כן יש לו להצטער בדאגת הלב ובתעניות, עד כאן:

Huitièmement, il faut savoir ce qu'a écrit le Rokeah dans les lois de la techouva : il y a quatre sortes de techouva, et le Kol Bo les a toutes rapportées au chapitre 67, et l'une d'elles est la techouva de la pesée. Il l'explique ainsi : la techouva de la pesée consiste en ce qu'il doit peser sa souffrance en regard de son plaisir.

Celui qui a péché avec une femme : autant il a joui du baiser, de l'union et du contact, autant il doit souffrir par l'angoisse du cœur et par les jeûnes. Jusqu'ici.

ונלע"ד שבכלל זה ג"כ שיהיה שוקל וחושב כמה פעמים שכב אצלה קודם התעוררותו על התשובה, כי בודאי אינו דומה מי שחטא באשה פעם אחת, למי שחטא בה הרבה פעמים. כי מי שחטא בה פעם אחת, אם עשה התשובה כמו שכתב הרוקח דהיינו ד' ענייני תשובה, תשובת הבאה, תשובת הגדר, תשובת המשקל, תשובת הכתוב, בצירוף פירושם הכתובים שם פעם אחת זמן הקצוב שם ונסלח לו.

אבל מי שחטא בה כמה פעמים, צריך לעשות התשובה הכתובה בה כמה פעמים שנה אחר שנה כחשבון הפעמים שחטא בה ושנהנה בה, דמסתמא לא נזדככה הנפש ולא הרצית עונה עד שיקיים תשובת המשקל בשלימותה:

Il me semble, dans ma modeste opinion, que cela inclut aussi qu'il pèse et compte combien de fois il a couché auprès d'elle avant son éveil à la techouva, car assurément celui qui a péché avec une femme une seule fois n'est pas semblable à celui qui a péché avec elle de nombreuses fois. Car celui qui a péché avec elle une seule fois, s'il a accompli la techouva comme l'a écrit le Rokeah, c'est-à-dire les quatre sortes de techouva - la techouva de la venue, la techouva de la barrière, la techouva de la pesée, la techouva de l'écrit - avec les explications qui y sont écrites, une seule fois pour la durée qui y est fixée, il lui est pardonné.

Mais celui qui a péché avec elle plusieurs fois doit accomplir la techouva qui y est écrite autant de fois, année après année, selon le compte des fois où il a péché avec elle et où il en a joui, car vraisemblablement l'âme n'a pas été épurée et sa faute n'a pas été acquittée tant qu'il n'a pas accompli la techouva de la pesée dans sa plénitude.

ולא מיבעיא הבא על נשים הרבה קודם התשובה שחייב לעשות תשובה על כל אחת ואחת, שזה דין גמור הוא, דהא אפילו עשאן שוגג ובהעלם אחת חייב חטאת על כל אחת ואחת, אע"פ שכולן משם אחד הואיל והם גופים מחולקים חייב על כל אחת ואחת, כמו שכתב הרמב"ם בספר תשיעי הוא ספר הקרבנות בהלכות שגגות בפרק ה' (ג) וזה לשונו שם, הבא על עריות הרבה בהעלם אחד, אעפ"י שכולן משם אחד הואיל והן גופים מחולקים חייב על כל אחת ואחת. כיצד, הרי שבעל ה' נשיו נדות, או שבא על ה' אחיותיו או על ה' בנותיו בהעלם אחד, חייב על כל גוף וגוף:

Et il ne s'agit pas seulement de celui qui a eu commerce avec de nombreuses femmes avant sa techouva, lequel est tenu de faire techouva pour chacune d'elles - cela est une loi pleine et entière, puisque même s'il a agi par inadvertance et dans un seul oubli, il est tenu d'un sacrifice pour chacune d'elles : bien qu'elles relèvent toutes d'une même dénomination, puisque ce sont des corps distincts il est tenu pour chacune d'elles, comme l'a écrit le Rambam dans le neuvième livre, qui est le Livre des Offrandes, dans les lois des fautes involontaires, au chapitre 5 (3), et voici ses paroles là-bas : celui qui a eu commerce avec plusieurs femmes interdites dans un seul oubli, bien qu'elles relèvent toutes d'une même dénomination, puisque ce sont des corps distincts, il est tenu pour chacune d'elles. Comment cela ?

S'il a eu commerce avec ses cinq femmes en état de nidda, ou avec ses cinq sœurs, ou avec ses cinq filles, dans un seul oubli, il est tenu pour chaque corps.

עוד שם תכף (הלכה ד), האשה שהביאה עליה בהמות הרבה בהעלם אחת, חייבת חטאת על כל בהמה ובהמה, שהרי גופים מחולקים והרי נבעלת לאנשים הרבה בהעלם אחד שהיא חייבת חטאת על כל איש ואיש. עוד שם (ה), האשה שהלך בעלה למדינת הים ושמעה שמת בעלה, או שבאו עדים שמת ונשאת בין ע"פ עצמה בין על פי בית דין, ונודע שבעלה קיים, חייבת קרבן אחד.

ואם נשאת לאנשים הרבה, או שזינתה עם אנשים הרבה, חייבת חטאת על כל איש ואיש, מפני שהן גופים מחולקים, ואעפ"י שהכל בשגגה אחת, עד כאן לשונו. וכן כתב הסמ"ג במ"ע הלכות קרבן שגגות סי' רי"ג.

(ואם זה נאמר גבי שוגג והוא לא ידע ואשם להביא חטאת על כל אחת ואחת, כל שכן אם יזיד איש לעשות תועבות הרבה עם נשים הרבה שצריך לעשות תשובה הכתובה ברוקח על כל אחת ואחת, ואפילו מאה פעמים עד תום המספר שחטא עמהם. ואפילו מת מתוך אותה התשובה כמו שמצינו ברבי אלעזר בן דורדיא (ע"ז יז, א) כדלעיל בהצעה ד').

אלא אפילו חטא עם אשה אחת כמה פעמים, אעפ"י ששם עבירה אחת היא והגופין אינם מחולקים, דכוותא גבי שוגג אינו חייב אלא חטאת אחת, כמו שכתב הרמב"ם במקום הנזכר (ה, א) זה לשונו, הבא על ערוה אחת ביאות הרבה בהעלם אחד, אעפ"י שהיה בין בעילה ובעילה ימים הרבה, הואיל ולא נודע לו בנתים והרי הוא גוף אחד, הרי הכל שגגה אחת ואינו חייב אלא חטאת אחת כו', עד כאן לשונו. אפילו הכי גבי מזיד אם בא לעשות תשובה חייב לעשות תשובה על כל אחת ואחת מכח תשובת המשקל שכתב הרוקח שצריך לשקול צערו כנגד הנאתו, רצה לומר לפי ערך הנאתו שהיה נהנה באשה חיבוק ונישוק ותשמיש אם מעט ואם הרבה, כן יעשה לו צער בגופו.

וממילא שמעינן מזה, אם בעל כמה בעילות עמה שצריך לשקול צער התשובה כמספר הנאת הבעילות שהיה נהנה ממנה, כך נראה לי מכח שיקול הדעת:

Il est écrit là, immédiatement après (halakha 4) : la femme qui a fait venir sur elle plusieurs bêtes dans un seul oubli est tenue d'un sacrifice pour chaque bête, car ce sont des corps distincts, tout comme celle qui s'est unie à plusieurs hommes dans un seul oubli est tenue d'un sacrifice pour chaque homme. Il est écrit encore là (halakha 5) : la femme dont le mari est parti pour un pays d'outre-mer et qui a entendu dire qu'il était mort, ou devant qui des témoins ont déposé qu'il était mort, et qui s'est remariée soit de sa propre initiative soit sur décision du tribunal, puis il s'est su que son mari était vivant, elle est tenue d'une seule offrande.

Mais si elle a épouse plusieurs hommes, ou si elle s'est prostituée avec plusieurs hommes, elle est tenue d'un sacrifice pour chaque homme, parce que ce sont des corps distincts, et cela bien que tout ait été accompli dans une seule inadvertance. Jusqu-ici ses paroles.

Ainsi a écrit également le Sémag, dans les commandements positifs, lois du sacrifice pour faute involontaire, chapitre 213. (Et si cela est dit à propos de celui qui a agi par inadvertance, qui ne savait pas et se trouve coupable, et qui doit apporter un sacrifice pour chacune d'elles, à plus forte raison si un homme a agi avec présomption et a commis de nombreuses abominations avec de nombreuses femmes : il doit accomplir la techouva écrite dans le Rokeah pour chacune d'elles, et même cent fois, jusqu'à épuisement du nombre de celles avec lesquelles il a péché.

Et même s'il devait mourir au milieu de cette techouva, comme nous l'avons trouvé à propos de rabbi Elazar ben Dordaya (Avoda Zara 17a), ainsi qu'il a été dit plus haut dans la quatrième introduction.) Mais bien plus : même s'il a péché avec une seule femme plusieurs fois, bien qu'il s'agisse d'une seule dénomination de transgression et que les corps ne soient pas distincts - et dans un cas semblable, pour celui qui a agi par inadvertance, il n'est tenu que d'un seul sacrifice, comme l'a écrit le Rambam à l'endroit mentionné (5, 1), voici ses paroles : celui qui a eu commerce avec une seule femme interdite en de nombreuses unions dans un seul oubli, même s'il s'est écoulé de nombreux jours entre une union et l'autre, puisqu'il n'a rien su dans l'intervalle et qu'il s'agit d'un seul corps, tout cela est une seule inadvertance et il n'est tenu que d'un seul sacrifice, etc., jusqu-ici ses paroles - malgré cela, pour celui qui a agi avec présomption, s'il vient faire techouva, il est tenu de faire techouva pour chaque fois, en vertu de la techouva de la pesée écrite par le Rokeah, selon laquelle il faut peser sa souffrance en regard de son plaisir, c'est-à-dire qu'à la mesure du plaisir qu'il a pris avec cette femme dans l'étreinte, le baiser et l'union, peu ou beaucoup, ainsi doit-il infliger à son corps de la souffrance. Il s'ensuit de là que, s'il a eu avec elle plusieurs unions, il doit peser la souffrance de la techouva selon le nombre des plaisirs qu'il a pris avec elle.

Ainsi me paraît-il, en vertu du jugement de la raison.

ועוד דלא דמי מזיד לשוגג דלעיל שכתב הרמב"ם הבא על ערוה אחת ביאות הרבה בהעלם אחד וכו' הואיל ולא נודע לו בנתים וכו' אינו חייב אלא חטאת אחת. דשוגג בהעלמה תליא מילתא, דונעלם כתיב.

והא ראייה, דאפילו אם היה שוגג והיה לו ידיעה בנתים היה חייב חטאת על כל אחת ואחת. וזה הזיד וידע קודם החטא ובשעת החטא ולאחר החטא בשכבו ובקומו עשותו המזמתה ידע רבונו ומכוין להנות מן האיסור, מים גנובים ימתקו וגו' (משלי ט, יז).

ואפשר דאפילו דין גמור הוא שחייב לעשות תשובה על כל שכיבה ושכיבה ששכב עמה, הואיל ושונה בחטא במזיד:

De plus, celui qui agit avec présomption ne ressemble pas à celui qui agit par inadvertance dont il a été question plus haut, à propos duquel le Rambam a écrit : celui qui a eu commerce avec une seule femme interdite en de nombreuses unions dans un seul oubli, etc., puisqu'il n'a rien su dans l'intervalle, etc., il n'est tenu que d'un seul sacrifice. Car pour la faute involontaire, tout dépend de l'oubli, puisqu'il est écrit : et cela lui aura échappé.

La preuve en est que, même s'il avait agi par inadvertance mais qu'il ait eu connaissance dans l'intervalle, il aurait été tenu d'un sacrifice pour chaque fois. Or celui-ci a agi avec présomption : il savait avant la faute, au moment de la faute et après la faute ; en se couchant et en se levant, en accomplissant son dessein, il connaissait son Maître et visait à jouir de l'interdit - les eaux dérobées sont douces, etc.

(Proverbes 9, 17). Il se peut même que ce soit une loi pleine et entière, et qu'il soit tenu de faire techouva pour chaque couche où il a couché avec elle, puisqu'il répète la faute avec présomption.

וכן הבנתי ממה שכתוב בתשובת רבינו יונה שער א' וזה לשונו, תדע כי השונה עבירה אחת עשר פעמים אעפ"י שנזהר מכל שאר העבירות הנה הוא נחשב כעובר על עבירות חלוקות, וכן אמרו רז"ל (נזיר לח, ב) כי אם יאמרו לנזיר אל תשתה כו' והוא שותה, לוקה באחרונה על כל אחד וכו':

Ainsi ai-je compris de ce qui est écrit dans les réponses de rabbenou Yona, porte 1, et voici ses paroles : sache que celui qui répète une même transgression dix fois, bien qu'il se garde de toutes les autres transgressions, est considéré comme s'il avait transgressé des transgressions distinctes. Ainsi ont dit nos Sages (Nazir 38b) : si l'on dit au nazir ne bois pas, ne bois pas, etc., et qu'il boit, il reçoit les coups à la fin pour chacun des avertissements, etc.

אחר כתבנו את כל הרשום בכתב אמת, מצאנו מעיר לעזור ממה שכתב המיימוני בספר קדושה הלכות איסורי ביאה פ"ג (יב) בהדיא כדברי, וזה לשונו שם, הבא על ערוה מן העריות ביאות הרבה, חייב כרת או מיתות בית דין על כל ביאה וביאה, אעפ"י שאין בית דין יכולים להמית אלא מיתה אחת, הרי הביאות נחשבות לו כעבירות הרבה, עד כאן. תא חזי מאן גברא רבה מסהיד עלי הרמב"ם ז"ל, שכתב בהדיא מי ששנה בחטא אעפ"י ששם עבירה אחת היא והגופים אינם מחולקים, אפילו הכי אם היה אפשר להמית אותו בשתי מיתות היינו ממיתין באחרונה על כל ביאה וביאה אשר חטא בה, אך הואיל והוא מת במיתה ראשונה למה לן לעשות לו מיתה שניה, הואיל וכבר מת גברא קטילא קטיל, מכל מקום אם אין תשלום דין למטה יש לו למעלה ונחשב לו כעבירות הרבה לענין עונש עולם הבא:

Après que nous avons écrit tout ce qui est consigné en écrit de vérité, nous avons trouvé de quoi renforcer notre propos dans ce qu'a écrit le Maimonide dans le Livre de la Sainteté, lois des unions interdites, chapitre 3 (12), explicitement conformément à nos paroles, et voici ses paroles là-bas : celui qui a eu commerce avec l'une des femmes interdites en de nombreuses unions est passible de retranchement ou des peines capitales du tribunal pour chaque union, et bien que le tribunal ne puisse le mettre à mort que d'une seule mort, ces unions lui sont comptées comme de nombreuses transgressions. Jusqu'ici.

Viens et vois quel grand homme témoigne en ma faveur : le Rambam, de mémoire bénie, qui a écrit explicitement que celui qui répète la faute, bien qu'il s'agisse d'une seule dénomination de transgression et que les corps ne soient pas distincts, malgré cela, s'il était possible de le mettre à mort par deux morts, nous le mettrions à mort à la fin pour chaque union par laquelle il a péché ; mais puisqu'il meurt de la première mort, pourquoi lui infliger une seconde mort, puisqu'il est déjà mort et qu'on tuerait un homme déjà tué. Quoi qu'il en soit, si le paiement du jugement n'a pas lieu ici-bas, il a lieu en haut, et cela lui est compté comme de nombreuses transgressions quant au châtiment du monde à venir.

וממילא מדחייב כרת על כל ביאה וביאה כדלעיל, אם בא לצאת ידי שמים ולהנצל מעונש עולם הבא פשיטא דצריך לעשות תשובה על כל כרת וכרת בפני עצמה, כי לא תנקה הנפש בסיגוף אחת, ובלתי טהורה היא עד שיסגף עצמו בתשובה הכתובה ברוקח סיגוף אחר סיגוף כמספר הכריתות שעבר בהן כדלעיל, ואז נסלח לו. והכרת הוא אף בלא עדים והתראה כמו שכתב הסמ"ג בהדיא בהלכות אישות:

Il s'ensuit de là que, puisqu'il est passible de retranchement pour chaque union comme il a été dit plus haut, s'il vient s'acquitter devant le Ciel et échapper au châtiment du monde à venir, il est évident qu'il doit faire techouva pour chaque retranchement en particulier, car l'âme ne sera pas innocentée par une seule mortification, et elle demeure impure tant qu'il ne s'est pas mortifié, par la techouva écrite dans le Rokeah, mortification après mortification, selon le nombre des retranchements qu'il a encourus comme il a été dit plus haut ; alors seulement il lui est pardonné. Et le retranchement est encouru même sans témoins ni avertissement préalable, comme l'a écrit le Sémag explicitement dans les lois du mariage.

ועוד נראה לעניות דעתי יש ראיה לזה מתשובת ר"י ווייל בסימן י"ב, על ששאלוהו על אשה המנאפת תחת בעלה. והשיב, שתשובתה קשה מאוד וגדול כים שברה מי ירפא לה הואיל ונשתרשה בחטא י"ח שבועות, אם באנו לדקדק אחריה לא תהא מספקת לעשות תשובה שלימה על כל פשעיה, אפילו לא עברה אלא חדא זימנא הוי דינה לקבל יסורים, ואפשר שלא יהא לה כח לקבל יסורים קשין ולשוב בתשובה שלימה כיון שהיא ילדה ורך בשנים, האריך בזה קצת.

וכתב לבסוף, וחזרתי על דברי הראשונים שאין אנו יכולין להכביד עליה ביסורים כדינא מטעם הידועה, כי גדול עונה מנשוא. שתים רעות עשתה, זנתה תחת בעלה בנידותיה, והולידה ממזר.

ואי לא זנתה אלא פעם אחת וכו', והי' דינה לישב בקרח ושלג בכל יום ויום, ובימות החמה לפני זבובים כו' כמו שכתב רבי אליעזר בעל הרוקח ורבי יהודא החסיד. ועל ששימשה בנידותה היה לה להתענות לכל הפחות מ' יום אפילו לא עברה רק פעם אחת.

וכתב הרמב"ן, הבא על הנידה צריך להתענות שס"ה ימים לבד שאר יסורים שכתבו, ואם באנו לדון על כל עבירה ועבירה אין אנו מספיקים וכו', עד כאן. הרי לפנינו דסבירא ליה ג"כ דמדינא הייתה חייבת לעשות תשובה על כל ביאה וביאה כדלעיל, רק שלא רצה להכביד עליה כיון שהיא ילדה ורך בשנים לא יהא לה כח לקבל יסורים קשה הרבה פעמים:

Il me semble encore, dans ma modeste opinion, qu'il y a une preuve de cela dans la réponse de rabbi Yaakov Weil au chapitre 12, à propos d'une question qui lui fut posée au sujet d'une femme adultère sous son mari. Il répondit que sa techouva est très difficile et que sa brisure est grande comme la mer - qui la guérira ? - puisqu'elle s'est enracinée dans la faute pendant dix-huit semaines ; et si nous voulions la juger avec rigueur, elle ne pourrait suffire à accomplir une techouva complète pour toutes ses transgressions.

Même si elle n'avait transgressé qu'une seule fois, son jugement serait de recevoir des souffrances, et il se peut qu'elle n'ait pas la force de recevoir des souffrances dures et de revenir par une techouva complète, puisqu'elle est jeune et tendre en années ; il s'est un peu étendu là-dessus. Et il écrit à la fin : je me suis reporté aux paroles des premiers, selon lesquelles nous ne pouvons pas l'accabler de souffrances selon la stricte loi, pour la raison connue, car sa faute est trop grande pour être portée.

Elle a commis deux maux : elle s'est prostituée sous son mari alors qu'elle était nidda, et elle a enfanté un enfant illégitime. Et si elle ne s'était prostituée qu'une seule fois, etc., son jugement eût été de s'asseoir dans la glace et la neige chaque jour, et durant les jours chauds devant les mouches, etc., comme l'ont écrit rabbi Eliezer auteur du Rokeah et rabbi Yehouda le Hassid.

Et pour avoir eu commerce en état de nidda, elle aurait dû jeûner au moins quarante jours, même si elle n'avait transgressé qu'une seule fois. Or le Ramban a écrit : celui qui a commerce avec une femme nidda doit jeûner trois cent soixante-cinq jours, outre les autres souffrances qu'ils ont écrites ; et si nous voulions juger pour chaque transgression séparément, nous n'y suffirions pas, etc.

Jusqu'ici. Voilà donc devant nous qu'il tient lui aussi que, selon la stricte loi, elle aurait été tenue de faire techouva pour chaque union comme il a été dit plus haut, sinon qu'il n'a pas voulu l'accabler, puisqu'elle est jeune et tendre en années et qu'elle n'aurait pas la force de recevoir des souffrances dures un grand nombre de fois.

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