Le Chla rapporte le Beit Yosef : le jugement vrai selon sa vérité exige qu'il soit égal dans le cœur du juge que l'un ou l'autre l'emporte ; seul le Saint béni soit-Il en vérifie la réalité. C'est pourquoi une voix céleste a dû témoigner et dire « témoin », sens de « les jugements de Hachem sont vérité ». « Elokim se tient dans l'assemblée divine » lorsqu'on juge selon la vérité absolue ; quiconque rend un jugement vrai selon sa vérité devient associé au Saint béni soit-Il, « ils sont justes tous ensemble », la Che'hina et lui. Tout juge examine son cœur et s'abstient de juger à moins que les deux plaideurs n'y soient égaux.
Aussi : les juges veillent sur leurs huissiers et scribes, et les plaideurs ne plaident pas mensongèrement ; le débiteur ne cherche pas de stratagèmes pour un arrangement ; le jugement d'en haut s'accepte avec amour, par la confession et les souffrances.
ו כתב הבית יוסף בריש טור חושן משפט, דין אמת לאמיתו שיהיה שוה בלב הדיין אם יזכו זה או זה, וזהו דבר המסור ללב אין יוכל להעמיד על זה רק הש"י ברוך הוא היודע המחשבות, ועל כן הוצרך הבת קול להעיד ויאמר עד, וזהו משפטי ה' אמת. א-להים נצב בעדת אל (תהלים פב, א), וכשהוא דן אמת בהחלט דהיינו אמת לאמתו, וכל הדן דין אמת לאמתו נעשה שותף להקב"ה (שבת י, א), וזהו צדקו יחדיו כביכול השכינה והוא:
6. Le Beit Yosef a écrit au début du Tour Hochen Michpat que le jugement vrai selon sa vérité exige qu'il soit égal dans le cœur du juge que ce soit l'un ou l'autre qui l'emporte ; or c'est là une chose remise au cœur, et nul ne peut en vérifier la réalité sinon le Saint béni soit-Il, qui connaît les pensées.
C'est pourquoi il a fallu qu'une voix céleste vienne témoigner et dire "témoin", et c'est le sens de "les jugements de ה' sont vérité" (Psaumes 19,10). "Elokim se tient dans l'assemblée divine" (Psaumes 82,1) : cela vaut lorsqu'il juge selon la vérité absolue, c'est-à-dire le jugement vrai selon sa vérité, et quiconque rend un jugement vrai selon sa vérité devient associé au Saint béni soit-Il (Chabbat 10a).
C'est le sens de "ils sont justes tous ensemble" (Psaumes 19,10) : si l'on peut dire, la Chekhina et lui.
בפרק במה בהמה יוצאה (שבת נו, א) שמואל בר נחמני א"ר יונתן כל האומר בני שמואל חטאו אינו אלא טועה, שנאמר (ש"א ח, א-ג) ויהי כי זקן שמואל ובניו לא הלכו בדרכיו. בדרכיו הוא דלא הלכו, מחטא נמי לא חטאו.
אלא מה אני מקיים (שם) ויטו אחרי הבצע. שלא עשו כמעשה אביהם, שהיה שמואל הצדיק מחזר בכל מקומות ישראל ודן אותם בעריהם, שנאמר (שם ז, טז) והלך מידי שנה בשנה וסבב בית אל והגלגל והמצפה ושפט את ישראל.
והם לא עשו כן, אלא ישבו בעריהם כדי להרבות שכר לחזניהם ולסופריהם, עד כאן. ובפרק תולין (שבת דף קל"ט) (א) אמר רבי מלאי משום ר"א בר שמעון, מאי דכתיב (ישעיה יד, ה) שבר ה' מטה רשעים שבט מושלים.
שבר ה' מטה רשעים, אלו הדיינים שנעשו מקל לחזנים. שבט מושלים, אלו תלמידי חכמים שבמשפחת הדיינים.
מר זוטרא אמר, אלו תלמידי חכמים שלומדים הלכות צבור לדייני בור. אמר רבי אלעזר בן מלאי משום ריש לקיש, מאי דכתיב (שם נט, ג) כי כפיכם נגואלו בדם ואצבעותיכם בעון שפתותיכם דברו שקר לשונכם עולה תהגה.
כי כפיכם נגואלו בדם, אלו הדיינין. ואצבעותיכם בעון, אלו סופרי הדיינים.
שפתותיכם דברו שקר, אלו עורכי הדיינים. ולשונכם עולה תהגה, אלו בעלי דינין, עד כאן לשונם:
Au chapitre Bameh behema yotsa (Chabbat 56a) : Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonatan : quiconque dit que les fils de Chmouel ont fauté ne fait que se tromper, car il est dit (I Samuel 8,1-3) "et il advint, lorsque Chmouel fut vieux, que ses fils ne marchèrent pas dans ses voies" : c'est dans ses voies qu'ils ne marchèrent pas, mais de faute ils n'ont pas non plus fauté. Alors comment vais-je expliquer (ibid.) "et ils se détournèrent après le gain" ?
Qu'ils n'ont pas agi comme leur père : Chmouel le juste parcourait tous les lieux d'Israël et les jugeait dans leurs villes, comme il est dit (ibid. 7,16) "et il allait d'année en année et faisait le tour de Beth-El, du Guilgal et de Mitspa, et il jugeait Israël" ; eux n'ont pas fait ainsi, mais sont restés assis dans leurs villes afin d'augmenter le salaire de leurs huissiers (appariteurs du tribunal) et de leurs scribes.
Jusqu'ici. Et au chapitre Tolin (Chabbat 139a) : Rabbi Melai a dit au nom de Rabbi Elazar bar Chimon : que signifie le verset (Isaie 14,5) "ה' a brisé le bâton des méchants, le sceptre des dominateurs" ?
"ה' a brisé le bâton des méchants", ce sont les juges qui sont devenus un bâton dans la main de leurs huissiers ; "le sceptre des dominateurs", ce sont les sages qui appartiennent à la famille des juges. Mar Zoutra dit : ce sont les sages qui enseignent les lois publiques à des juges ignorants.
Rabbi Elazar ben Melai a dit au nom de Rech Lakich : que signifie le verset (ibid. 59,3) "car vos paumes sont souillées de sang et vos doigts par la faute, vos lèvres ont proféré le mensonge, votre langue murmure l'iniquité" ?
"Car vos paumes sont souillées de sang", ce sont les juges ; "et vos doigts par la faute", ce sont les scribes des juges ; "vos lèvres ont proféré le mensonge", ce sont ceux qui préparent les plaidoiries devant les juges ; "et votre langue murmure l'iniquité", ce sont les plaideurs. Jusqu'ici leurs paroles.
על כן צריכין הדיינין נטירותא יתירתא על עצמן ועל חזניהן ועל סופריהן שלא יקחו יותר מהקצוב להם מטובי העיר, וגם יזהירו בכל עוז ויעוררו בדברי מוסר את הבעלי דינין שלא יטענו שקר:
C'est pourquoi les juges ont besoin d'une vigilance particulière sur eux-mêmes, sur leurs huissiers et sur leurs scribes, afin qu'ils ne prennent pas plus que ce qui leur a été fixé par les notables de la ville ; qu'ils avertissent aussi de toutes leurs forces et éveillent par des paroles de morale les plaideurs, afin que ceux-ci ne plaident pas mensongèrement.
מי שתובעין אותו ממון שהוא מוחזק בו אסור לבקש צדדין ותואנות להשמט כדי שיתרצה הלה לעשות עמו פשרה וימחול לו על השאר, תרומת הדשן סימן ש"ו, והאריך שם בביאור תוספות דפרק שור שנגח ד' וה' דלכאורה לא משמע כן. ומהרש"ל בספרו ים של שלמה שם סימן י"ח הביא דברי תרומות הדשן וביאור דברי תוספות בענין אחר, והעלה גם כן בחוב שאדם חייב לחבירו פשיטא דפשיטא דליכא שום צד שריותא לבקש תחבולות כדי שיתפשר:
Celui à qui l'on réclame un bien dont il est détenteur n'a pas le droit de chercher des biais et des prétextes pour se dérober, afin que l'autre consente à transiger avec lui et lui remette le reste : Teroumat HaDéchen, chapitre 306. Il y développe longuement l'explication des Tossefot du chapitre Chor chenagah dalet vehe, dont il ne ressort pas ainsi à première vue.
Et le Maharchal, dans son livre Yam chel Chlomo, au même endroit chapitre 18, a rapporté les paroles du Teroumat HaDéchen et expliqué les paroles des Tossefot d'une autre manière ; il a conclu lui aussi que, pour une dette dont un homme est redevable envers son prochain, il est absolument évident qu'il n'existe aucun aspect qui permette de chercher des stratagèmes pour obtenir un arrangement.
בפרק בתרא דכתובות (קה, ב), לא לידון אינש לא למאן דרחים ליה, ולא למאן דסני ליה. דרחים ליה, לא חזי ליה חובתא.
ולדסני לי', לא חזי ליה זכותא. על כן כל דיין יבחן מה שבלבו ויקיים ויראת מא-להים דברים המסורים ללב, וימנע עצמו מהדין אלא א"כ ששני בעלי דינין שוין בלבו.
ומכל שכן אם מקרבא דעתו לאחד מהם מצד הקורבא, אף שכשר מצד הדין, מכל מקום למנע לנפשיה. וכן החיוב מוטל על טובי העיר אם ברור בלבם שזה הדיין מקרבא לזה, שיפסלוהו מלישב על הדין, כי הפסולין לאדם שאמרו החכמים מחמת קורבא ונתנו גבול והתירו יותר מזה זהו בסתם בני אדם.
אבל אם מבורר בדעת בני אדם שעדיין אהבת הקורבא בלבו של זה, אזי ימנעוהו מלישב על הדין ולא ישגיחו בגבול קורבא שנתנו החכמים. ואפילו בלא קורבא אם ידעי ביה שהוא אוהבו במאוד לא יושיבוהו בדין, ולא ישגיחו על מה שכשר מצד דין תורה כי דין תורה לא נאמר אלא מהסתם, ועל דבר כזה נאמר (ב"מ ל, ב) לא חרבה ירושלים אלא שהעמידו דבריהם על דין תורה.
ויען כי ראיתי המכשלה הזאת כמה פעמים, על כן הנני צווח על זה ועומד ומזהיר:
Au dernier chapitre de Ketoubot (105b) : qu'un homme ne juge ni celui qu'il aime ni celui qu'il déteste ; celui qu'il aime, il ne voit pas ce qui lui est défavorable, et celui qu'il déteste, il ne voit pas ce qui lui est favorable. C'est pourquoi tout juge doit examiner ce qui est dans son cœur et accomplir "tu craindras ton Dieu", qui vise les choses remises au cœur, et il doit s'abstenir de juger à moins que les deux plaideurs ne soient égaux dans son cœur.
À plus forte raison, si son esprit est porté vers l'un d'eux en raison d'un lien de parenté, même s'il est valide du point de vue de la loi, il doit malgré tout s'en abstenir. De même, l'obligation incombe aux notables de la ville : s'il est clair dans leur cœur que ce juge est proche de telle partie, ils doivent le déclarer inapte à siéger en jugement, car les parentés disqualifiantes énoncées par les Sages, pour lesquelles ils ont fixé une limite en permettant au-delà, ne concernent que les hommes ordinaires.
Mais s'il est établi dans l'esprit des gens que l'affection de la parenté demeure encore dans le cœur de celui-ci, alors on l'empêchera de siéger en jugement et l'on ne tiendra pas compte de la limite de parenté fixée par les Sages. Et même sans parenté, si l'on sait de lui qu'il aime beaucoup l'une des parties, on ne le fera pas siéger en jugement, et l'on ne se fiera pas à ce qui est valide selon la loi de la Torah, car la loi de la Torah n'a été énoncée que pour le cas ordinaire.
C'est à propos d'une telle chose qu'il a été dit (Baba Metsia 30b) : Jérusalem n'a été détruite que parce qu'ils ont fondé leurs décisions sur la loi de la Torah. Et parce que j'ai vu cette faillite bien des fois, voici que je crie à ce sujet, que je me tiens debout et que j'avertis.
ואף אם הדיין יודע בעצמו ששני בעלי דינין שווין בעיניו, רק מבין שבעל דין אחד חושדו שמקריב דעתיה להשני ביותר ימנע את עצמו מלישב בדין. מי לנו גדול ממשה רבינו ע"ה ואמר הזוהר בפרשת פנחס (ח"ג רה, ב) על (במדבר כז, ה) ויקרב משה את משפטן לפני ה' כי משה רבינו ע"ה הבין בדברי בנות צלפחד שחושדין את משה איך שיש לו איזה נטירה בלב על צלפחד, על כן ויקרב את משפטן לפני הש"י, עיין שם:
Et même si le juge sait de lui-même que les deux plaideurs sont égaux à ses yeux, s'il comprend seulement que l'un des plaideurs le soupçonne de pencher davantage vers l'autre, il s'abstiendra de siéger en jugement. Qui est plus grand pour nous que Moche notre maître, la paix soit sur lui ?
Or le Zohar dit dans la paracha Pinhas (III, 205b), sur le verset (Nombres 27,5) "et Moche présenta leur cause devant ה'", que Moche notre maître, la paix soit sur lui, a compris dans les paroles des filles de Tselofhad qu'elles soupçonnaient Moche d'avoir quelque rancune au cœur contre Tselofhad ; c'est pourquoi il présenta leur cause devant le Saint béni soit-Il. Voir là-bas.
בפרק שבועות העדות (שבועות לא, א), ת"ר, מנין לשנים שבאו, אחד לבוש סמרטוטין, ואחד לבוש אצטלא בת מאה מנה, שאומרים לו לבוש כמותו, או הלבישהו כמותך. תלמוד לומר (שמות כג, ז) מדבר שקר תרחק.
ופירש רש"י, לבוש כמותו, שלא תגרום לנו לישא לך פנים, או יסתתמו דברי שכנגדך מפני חשיבותך, ויאמר איך יאמינו בי בית דין על אדם חשוב כזה. מדבר שקר תרחק, וכיון שאיש מדינו מסותם מעמיד זה את שקרו, עד כאן.
והאידנא אין נזהרין בזה, ואפשר שהוא בכלל מה שכתב הרמב"ם (הל' סנהדרין כא, ה), וכבר נהגו בכל בתי דיני ישראל של אחר התלמוד שמושיבין בעלי הדינין והעדים כדי להסיר המחלוקת, שאין בנו כח להעמיד משפטי הדת על תלם, עד כאן לשונו. ומצאתי בשם מהרש"ל ז"ל, שאף שאין בנו כח לומר לבוש כמותו, מכל מקום יאמרו הדיינים להשני לא תירא ולא תחת במה שהוא לבוש אצטלא ודבר דבריך, ואז יתחזק לבו ולא יהיה מסותם:
Au chapitre Chevouot haEdout (Chevouot 31a) : nos maîtres ont enseigné : d'où apprend-on que, lorsque deux hommes se présentent, l'un vêtu de haillons et l'autre vêtu d'un manteau valant cent manes, on dit à ce dernier : habille-toi comme lui, ou bien habille-le comme toi ? De ce qu'il est dit (Exode 23,7) "tu t'éloigneras de toute parole mensongère".
Rachi explique : "habille-toi comme lui", afin que tu ne nous amènes pas à te favoriser, ou que les paroles de ton adversaire ne se trouvent pas bloquées devant ton importance, en sorte qu'il se dise : comment le tribunal me croirait-il contre un homme aussi considérable ? "Tu t'éloigneras de toute parole mensongère" : car, du moment que son adversaire est réduit au silence, celui-ci maintient son mensonge.
Jusqu'ici. De nos jours on n'y prend plus garde, et il se peut que cela entre dans ce qu'a écrit le Rambam (Lois des Sanhédrin 21,5) : déjà tous les tribunaux d'Israël postérieurs au Talmud ont pris l'usage de faire asseoir les plaideurs et les témoins afin d'écarter la dispute, car nous n'avons pas la force de maintenir dans leur droiture les jugements de la loi.
Jusqu'ici ses paroles. Et j'ai trouvé au nom du Maharchal, de mémoire bénie, que, même si nous n'avons pas la force de dire "habille-toi comme lui", les juges diront cependant au second : ne crains pas et ne te laisse pas abattre par le fait qu'il porte un manteau précieux, et dis tes paroles ; alors son cœur s'affermira et il ne sera pas réduit au silence.
מדה טובה היא שהדיין יגיד להחייב טעם הדבר למה מחייבו ויסביר לו הענין, אף במקום שמצד דינא פטור הוא לומר מאיזה טעם דן כמוזכר בטור ובבית יוסף ובשלחן ערוך סי' י"ד, מכל מקום טוב ויפה הוא שיוצא מלב החייב החשד שחושד שעשו לו שלא כדין. וגם אם אין יודע טעם הדבר, הולך בפחי נפש, והתורה אמרה איש על מקומו יבא בשלום.
וכך היה נוהג כבוד אבא מורי זלה"ה:
C'est une bonne mesure que le juge indique à celui qu'il condamne la raison de la chose, pourquoi il le déclare débiteur, et qu'il lui explique l'affaire. Même là où, du point de vue de la loi stricte, il est dispensé de dire pour quel motif il a jugé, comme cela est mentionné dans le Tour, dans le Beit Yosef et dans le Choulhan Aroukh chapitre 14, il est néanmoins bon et beau d'ôter du cœur du condamné le soupçon qu'on lui a fait autre chose que le droit.
De plus, s'il ne connaît pas la raison de la chose, il s'en va l'âme abattue, alors que la Torah a dit "chacun regagnera son lieu en paix" (Exode 18,23). Et ainsi avait coutume d'agir mon père et maître, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir.
ודרך הלצה פירש אבא מורי זלה"ה על זה מה שאמרו (עי' סנהדרין ז, א) מאן דאזל מבי דינא ליזמר וליזל, כלומר מצוה לדיין שיראה שלא ילך בפחי נפש, רק שיזמר ויזיל וזה יהיה בהתודע לו טעם הפסק אז יהיה מרוצה:
Et par manière de boutade, mon père et maître, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, à expliqué par là ce qu'ils ont dit (voir Sanhédrin 7a) : celui qui s'en va du tribunal, qu'il chante et s'en aille. C'est-à-dire : c'est une mitsva pour le juge de veiller à ce que l'homme ne s'en aille pas l'âme abattue, mais qu'il chante et s'en aille ; et cela se produira lorsque la raison de la sentence lui aura été fait connaître : alors il sera satisfait.
כתב מהר"א שטיין בביאורו על הסמ"ג, אהא דדרשינן מפסוק (שמות כג, א) לא תשא שמע שוא בשבועות (לא, א) ובסנהדרין (ז, ב) דאסור לדיין שישמע דברי בעל דין קודם שיבא בעל דין חבירו, כתב מהר"א הנ"ל וזה לשונו, גם בכלל לאו זה שלא יאמר אחד להנדון, הדיין עשה לך שלא כדין במה שחייב אותך, כדאמרינן בהגוזל קמא (ב"ק צט, ב) בההוא מגרומתא דאתא לקמיה דרב:
Le Mahara Stein (Rabbi Avraham Stein) a écrit dans son commentaire sur le Semag, le grand livre des commandements, à propos de ce que l'on déduit du verset (Exode 23,1) "tu ne colporteras pas de faux bruit", dans Chevouot (31a) et dans Sanhédrin (7b), qu'il est interdit au juge d'entendre les paroles d'un plaideur avant que son adversaire ne soit arrivé ; le Mahara mentionné ci-dessus a écrit, et voici ses paroles : entre aussi dans cette interdiction le fait de dire à celui qui a été jugé : le juge a agi envers toi contre le droit en te condamnant, comme nous le disons au chapitre HaGozel Kama (Baba Kama 99b), à propos de cette découpe de chehita qui vint devant Rav.
בענין הדין שלמעלה האריכו מאוד רז"ל שאם פגעה באדם איזה מדת הדין, שיקבל באהבה ויחשוב כי הוא יתברך דיין אמת, ויחשוב בלבו שהוא יתברך מענישו מעט על חיוב גדול ברחמיו עליו ובזה עושה עמו חסד, כדגרסינן בפסיקתא (דר"כ כד, כב) אדם נכשל בעבירה והוא חייב עליה מיתה לשמים, מת שורו אבדה תרנגולתו נשברה צלוחיתו נכשל באצבעו, מקצת הנפש ככל הנפש, עד כאן. ויודה את הש"י ויברך אותו ויצדיק עליו את הדין, ויאמר רבש"ע אתה צדיק על כל הבא עלי כי אמת עשית ואני הרשעתי:
Au sujet du jugement d'en haut, nos Sages ont beaucoup développé que, si une mesure de rigueur atteint un homme, il doit l'accepter avec amour et penser que Lui, béni soit-Il, est un juge de vérité ; qu'il pense en son cœur que Lui, béni soit-Il, le punit peu pour une dette lourde, dans Sa miséricorde envers lui, et qu'ainsi Il agit envers lui avec bonté. Ainsi que nous l'apprenons dans la Pesikta (de Rav Kahana 24,22) : un homme trébuche dans une transgression et il est passible de mort par la main du Ciel ; son bœuf meurt, sa poule se perd, sa fiole se brise, il se blesse au doigt : une partie de l'âme vaut comme l'âme tout entière.
Jusqu'ici. Qu'il rende grâce au Saint béni soit-Il, qu'il Le bénisse et reconnaisse la justice du jugement porté sur lui, et qu'il dise : Maître du monde, Tu es juste pour tout ce qui m'advient, car Tu as agi selon la vérité et c'est moi qui ai été coupable.
וזה לשון ראשית חכמה בשער התשובה פ"ג, והיה אומר מורי ע"ה שלענין זה תקנו בוידוי ואתה צדיק על כל הבא עלי כי אמת עשית ואני הרשעתי, והכוונה כי בהתוודותו על עונו מטהר המדות העליונות ומוריד החושך והפגם שהוא הדין עליו, וזהו ועתה צדיק על כל הבא עלי. והבא רצה לומר, מה שבא ומה שיבא.
כי אמת עשית, פירוש בהשפעת הדין שיבא מדת אמת נתקנה והוא הרשיע וראוי הוא לכך. ועוד טעם לקבלתו היסורין הוא, כי העובר עבירה אחת קנה לו קטיגור אחד שעומד ומקטרג עליו לעולם.
וכאשר האדם מתודה, בי דינא בדילין מיניה ואינו מקטרג:
Et voici les paroles du Rechit 'Hokhma, dans la Porte de la techouva chapitre 3 : mon maître, la paix soit sur lui, disait que c'est à cet effet que l'on a institué dans la confession "et Toi Tu es juste pour tout ce qui m'advient, car Tu as agi selon la vérité et c'est moi qui ai été coupable". L'intention est que, en confessant sa faute, il purifie les mesures d'en haut et fait descendre l'obscurité et le défaut qui constituent le jugement pesant sur lui ; et c'est le sens de "et maintenant Tu es juste pour tout ce qui m'advient".
"Ce qui m'advient" veut dire : ce qui est déjà venu et ce qui viendra. "Car Tu as agi selon la vérité" signifie : dans l'influx du jugement qui vient, la mesure de vérité se trouve réparée, tandis que lui a mal agi et mérité cela.
Il y a encore une raison d'accepter les souffrances : celui qui commet une transgression s'acquiert un accusateur qui se tient debout et l'accuse pour toujours ; et lorsque l'homme se confesse, les instances du jugement s'écartent de lui et il ne l'accuse plus.
וכן פירשו בזוהר (ח"ג פג, ב) בענין דוד כשאמר (ש"ב יב, יג) חטאתי ואמר לו הנביא גם ה' העביר חטאתך ולא תמות, שהענין קשה, שהרי אם הקב"ה העביר חטאתו למה עשה דוד כל כך סיגופין ותעניות. אלא במה שפירשו שם מתורץ, שהכוונה העביר אותו מלפני הקב"ה שלא יקטרג עליו.
זה לשונו, תא חזי, בר נש דעביד מצוה ההוא מצוה סלקא וקיימא קמי' קוב"ה ואמרה אנא מפלניה דעביד לי, וקב"ה מני לה קמיה לאשגחא בה כל יומא לאוטביה ליה בגינה. עבר על פתגמי אורייתא, ההיא עבירה סלק קמיה ואמר אנא מפלניא דעביד לי, וקב"ה מני לה קמיה וקיימא תמן לאשגחא בה לשיצאה ליה, הדא הוא דכתיב (דברים לב, יט) וירא ה' וינאץ מכעס בניו ובנותיו.
מהו וירא, ההוא דקיימא קמיה תב בתשובה מה כתיב גם ה' העביר חטאתך ולא תמות, דאעבר ההוא חובא מקמיה בגין דלא יסתכל ביה לאוטבא ליה, ועל דא כתיב (שם ט, כז) אל קשי העם הזה ואל רשעו ואל חטאתו, עד כאן לשונו. הרי שעל ידי העון נברא מקטרג אחד, ולכן צריך לקבל עליו היסורין כדי למרק עונותיו, שנאמר (תהלים פט, לג) ופקדתי בשבט פשעם ובנגעים עונם, ועל ידי כך מתכפרין עונותיו, עד כאן לשונו:
Ils ont expliqué de même dans le Zohar (III, 83b) au sujet de David, lorsqu'il dit (II Samuel 12,13) "j'ai péché" et que le prophète lui répondit "ה' aussi a fait passer ta faute, tu ne mourras pas". La chose est difficile : car si le Saint béni soit-Il avait fait passer sa faute, pourquoi David a-t-il accompli tant de mortifications et de jeûnes ?
Mais par ce qu'ils ont expliqué là, la difficulté est résolue : l'intention est qu'Il l'a fait passer de devant le Saint béni soit-Il, afin qu'elle ne l'accuse plus. Voici ses paroles : viens et vois, un homme qui accomplit une mitsva, cette mitsva monte et se tient devant le Saint béni soit-Il et dit : je viens d'un tel qui m'a faite ; et le Saint béni soit-Il la place devant Lui pour la regarder chaque jour et lui faire du bien grâce à elle.
S'il transgresse les paroles de la Torah, cette transgression monte devant Lui et dit : je viens d'un tel qui m'a faite ; et le Saint béni soit-Il la place devant Lui, et elle se tient là pour qu'Il la regarde et le retranche. C'est ce qui est écrit (Deutéronome 32,19) "et ה' vit et Il rejeta, par la colère de Ses fils et de Ses filles" : que signifie "et Il vit" ?
Celle qui se tenait devant Lui. S'il revient par la techouva, qu'est-il écrit ?
"ה' aussi a fait passer ta faute, tu ne mourras pas", car Il a fait passer cette faute de devant Lui afin qu'Il ne la regarde pas pour lui faire du bien ; et à ce sujet il est écrit (ibid. 9,27) "à la dureté de ce peuple, à sa méchanceté et à sa faute".
Jusqu'ici ses paroles. Voilà donc que, par la faute, un accusateur est créé ; c'est pourquoi il faut accepter sur soi les souffrances afin de nettoyer ses fautes, ainsi qu'il est dit (Psaumes 89,33) "je punirai leur transgression par la verge et leur faute par des plaies" ; et par ce moyen ses fautes sont expiées.
Jusqu'ici ses paroles.
נשלם פרק נר מצוה מן ראש השנה ומן עמוד הדין
Fin du chapitre Ner Mitsva, tiré de Roch Hachana et de la colonne du Jugement.